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lundi 20 mars 2017

Le Maroc sans gouvernement ? Le FMI assure le job jusqu’en 2021

par Salaheddine Lemaizi CADTM 20/3/2017

 

Essaouira, Maroc ( CC - Flickr - Juan Antonio F. Segal )

Dans la lutte des places, en cours, pour la formation du prochain gouvernement marocain, la politique économique du pays pour les cinq prochaines années semble décidée d’avance par le FMI. A ATTAC Maroc, nous refusons cette servitude économique volontaire.
Le Maroc est sans gouvernement depuis plus de cinq mois. Les tractations pour la formation du prochain exécutif sont au point mort. Le Parti justice et développement (PJD) [Islamiste, pro-monarchie], est sorti vainqueur des élections législatives du 7 octobre 2016. Depuis ce jour-là, ce parti fait face à un chantage de la part de partis affiliés au Makhzen |1|. Pendant que les négociations s’enlisent, un acteur habitué aux situations de crise politique s’immisce dans la gestion économique du pays. Le Fonds monétaire international (FMI) s’offre un boulevard pour « accélérer le rythme des réformes structurelles ».
Aidé par un ministre des Finances par intérim |2| aligné sur les positions du FMI et de la Banque mondiale et un directeur de la Banque centrale, artisan de l’ajustement structurel permanent au Maroc depuis trois décennies |3|, ainsi que par la haute technocratie du département des Finances, le FMI obtient gain de cause sur quasiment toutes ses demandes. Ainsi tout le processus de démocratie électorale se trouve vidé de son sens. Avant d’analyser le contenu de ce programme, deux remarques s’imposent sur le manque de transparence du Maroc et la nature anti-démocratique du FMI.

Sur l’absence de transparence gouvernementale
À travers le suivi de la relation FMI-Maroc depuis quatre ans par ATTAC Maroc |4|, nous ne pouvons qu’être scandalisés par le manque de transparence des autorités marocaines sur ce dossier. Au moment de la signature de la première Ligne de précaution et de liquidité (LPL) en juillet 2012, les représentants de l’État marocain ont nié s’être engagés sur des réformes précises. Or, ils seront démentis par leur partenaire, le FMI. L’institution financière publiait la lettre d’intention signée par le ministre des Finances marocain et le directeur de la banque centrale, mentionnant des engagements chiffrés sur quatre ans |5|.
Précisons que le LPL n’est pas un prêt mais simplement « une assurance contre les chocs externes » destinée aux pays « dont l’économie est foncièrement solide et qui ont fait leurs preuves en appliquant une politique économique avisée, mais qui restent exposés à certains facteurs de vulnérabilité », selon le FMI. Ce que ne dit pas cette institution c’est que cette assurance comprend deux niveaux de conditionnalités et a couté aux contribuables 540 millions de DH (dirham marocain) en quatre ans |6|, sans que le Maroc ne reçoive un seul dirham.
Dans un pays qui respecte ses citoyens et leur intelligence, le minimum aurait été de publier ces informations sur les sites officiels marocains, accompagné d’une traduction de ce document vers l’arabe, langue officielle du pays. Au lieu de cela, l’État marocain préfère la stratégie de l’autruche.

De l’anti-démocratique FMI
Il ne faut pas se leurrer non plus sur la nature du FMI. Cette institution est le contraire d’une institution démocratique. « Le FMI s’est vu adjoindre un mode de fonctionnement proche de celui d’une entreprise » |7|, décrivent Damien Millet et Éric Toussaint. Entre les État-actionnaires du FMI les rapports de force sont fortement déséquilibrés. Les États-Unis disposent, à eux seuls, de 17 % des droits de vote au sein du Conseil d’administration du FMI, contrôlant de facto cette institution et ses choix. Ce pouvoir est démesuré si on le compare à celui des Pays en voie de développement dont les droits de vote sont ridiculement réduits eu égard à la taille des populations qu’ils représentent (voir graphique ci-dessous). Les réformes apportées à cette répartition des votes n’ont pas changé l’ADN anti-démocratique du FMI. 

Lire l'article : http://www.cadtm.orghttp://www.cadtm.org/Le-Maroc-sans-gouvernement-Le-FMI/Le-Maroc-sans-gouvernement-Le-FMI

mardi 8 septembre 2015

La « crise » migratoire : l’effet boomerang

  par Lucile Daumas, 7/9/2015
 

Aggraver les inégalités, piller les ressources du tiers-monde, refuser de prendre des mesures pour stopper le réchauffement climatique, déstabiliser toute la région du Moyen-Orient, multiplier les guerres et les conflits, tout cela a un coût que paient depuis des décennies les populations, et tout particulièrement celles du Sud. En nombre de morts, de déplacés, d’affamés, de désespérés. Et cela met des populations sur les routes, à la recherche simplement d’un endroit où survivre. Massivement, puisque l’UNHCR (l’Agence des Nations unies pour les réfugiés) estime à 50 millions le nombre de réfugiés dans le monde.

La plupart du temps, cette route de l’exode s’arrête à la région voisine, au sein du même pays, ou au territoire du pays voisin. C’est ce qui s’est passé lors de la crise du Rwanda ou de la RDC, c’est ce qui se passe en ce moment avec la guerre qui ravage la Syrie.
Pour ne prendre que ce dernier exemple, le nombre de réfugiés est aujourd’hui estimé à environ 4 millions (sur une population totale de 20 millions, 1/5 de la population !) Et plus de la moitié est accueillie dans les pays de la région : Turquie, 2 millions (pour une population totale de 75 millions) ; Liban, 1,1 million (sur une population de 5,8 millions), Jordanie, 500 000. Aux réfugiés syriens proprement dit, il faut ajouter les réfugiés que la Syrie avait accueillis au cours des décennies précédentes : Palestiniens - installés de longue date dans ce pays, ainsi qu’au Liban et en Jordanie et Irakiens - rappelons que la Syrie avait accueilli, après la chute de Saddam Hussein 1,5 million de réfugiés.
L’Europe, les États-Unis devaient bien savoir qu’un tel exode était inévitable. En envahissant l’Irak, en déstabilisant toute la région, en jouant les apprentis-sorciers avec les mouvements islamistes, pensaient-ils vraiment être à l’abri de toute répercussion ? Certes, ils subissent de loin en loin quelques attentats terroristes, amplement médiatisés. Mais qu’est-ce que cela représente par rapport à ce que vivent les populations des pays arabes, devant affronter au quotidien l’obscurantisme ? Pendant des années, ils ont laissé les pays limitrophes se dépatouiller avec ce problème, continuant à lever toutes sortes de barrières tout autour de l’Europe, renforçant de jour en jour le caractère militaire du mécanisme de défense des frontières européennes, appelé Frontex, et sommant les pays limitrophes de l’Union, qualifiés de bons voisins, de relayer la surveillance des frontières européennes, au mépris du respect des droits humains et au mépris de la Convention de Genève et du droit d’asile.
Cela fait des années que la Méditerranée s’est transformée en véritable cimetière humain sans que cela n’émeuve les responsables européens qui continuaient leur politique de blindage du bunker européen. Il aura fallu donc l’arrivée massive de réfugiés sur le territoire européen, venant notamment de Syrie, pour que les gouvernements réagissent et nous livrent, le cœur sur la main, des discours lénifiants sur les principes du droit d’asile et la nécessité d’un accueil humain des réfugiés. Qu’en sera-t-il exactement ? Les prochains jours, les prochaines semaines nous le diront. Mais ce n’est pas l’établissement de quotas par pays, ce n’est pas le tri entre migrants réfugiés et migrants économiques qui apporteront des solutions durables à cet exode massif de populations ne pouvant plus vivre dans leurs pays.
Preuve en est que de nouveaux fronts de migration sont en train de s’ouvrir. Ainsi, face à la crise, les Grecs sont aussi de plus en plus nombreux à chercher un emploi hors de leur pays. Pas moins de 300 000 se sont exilés depuis les sept dernières années, portant à près de 6 millions la population grecque émigrée. Les Espagnols eux aussi ont repris la route de la migration, au Maroc, dans les pays d’Amérique latine ou ailleurs.
Nul doute : ni les murs, ni les armes ne permettront de résoudre ce que les médias appellent la crise migratoire. Car elle n’est que l’effet boomerang des politiques néolibérales imposées depuis des décennies aux peuples du monde. Cet effet, les populations du Sud le connaissent bien, mais voilà, il s’invite aujourd’hui au cœur de l’Europe, qui tout d’un coup se rend compte qu’il n’est pas si facile d’accueillir des réfugiés.
Les solutions de fond, elles résident donc dans l’arrêt des ventes d’armes à des bandes armées de tout acabit, l’arrêt du soutien à des régimes comme celui de l’Arabie saoudite qui après avoir fomenté la création de l’État islamique se voit confier la tâche de son éradication.
Elles résident dans la fin du pillage des ressources des pays du Sud et des confrontations armées qui n’ont d’autre but que de permettre l’intervention militaire des pays occidentaux.
Elles résident dans l’annulation du système de la dette qui ne fonctionne aujourd’hui que comme mécanisme de pompage des richesses des peuples au bénéfice des banques.
Elles résident dans la dénonciation des accords de libre-échange qui, eux aussi, bafouent la souveraineté des peuples et renforce le pillage des richesses du Sud au bénéfice des banques et des multinationales du Nord.
Et en attendant, l’urgence est dans le respect des droits et des conventions relatifs à la migration et à l’asile, la mise en place de mécanismes d’accueil et d’insertion permettant d’instaurer des rapports d’humanité et de respect de la dignité.

Auteur

Lucile Daumas membre d’Attac/Cadtm Maroc

vendredi 17 juillet 2015

CADTM « Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord »

Par Zoe Konstantopoulou, 13/7/2015
 
Discours de Zoé Konstantopoulou, présidente du parlement grec, sur le projet soumis par le gouvernement aux créanciers le 11/07/2015
Mesdames et messieurs, chers collègues,
En de pareils instants, nous devons agir et parler avec sincérité institutionnelle et courage politique.
Nous devons assumer chacune et chacun la responsabilité qui nous revient.
Protéger, comme notre conscience nous y oblige, les causes justes et les droits sacrés, inviolables et non négociables de notre peuple et de notre société.
Sauvegarder l’héritage de ceux qui ont donné leur vie et leur liberté pour que nous vivions aujourd’hui libres.
Préserver l’héritage des nouvelles générations et celles à venir ainsi que la civilisation humaine, de même que ces valeurs inaliénables qui caractérisent et donnent un sens à notre existence individuelle et collective.
La façon dont chacun choisit de décider et d’agir peut varier, mais personne n’a le droit de se moquer, de dégrader, de dénigrer ou d’utiliser à une fin politique les décisions qui sont issues d’un processus et d’une épreuve qui touchent au cœur de notre existence.
Nous toutes et tous sommes et serons jugés au regard de notre attitude et de nos décisions, de nos oui et de nos non, de nos actes et de nos omissions, de notre cohérence, de nos résistances, de notre abnégation et de notre désintéressement.
Depuis cinq mois, le Gouvernement, qui a comme tronc la Gauche et comme noyau les forces anti-mémorandum, livre un combat inégal dans des conditions d’asphyxie et de chantage contre une Europe qui a trahi les objectifs inscrits dans ses statuts, à savoir le bien-être des peuples et des sociétés, une Europe qui utilise la monnaie commune, l’euro, non pas comme moyen d’atteindre le bien-être social, mais comme levier et instrument d’assujettissement et d’humiliation des peuples et des gouvernements rebelles, une Europe qui est en train de se transformer en une prison cauchemardesque pour ses peuples alors qu’elle a été construite pour être leur maison hospitalière commune.
Le peuple grec a confié à ce Gouvernement la grande cause de sa libération des chaînes du mémorandum, de l’étau de la mise sous tutelle et de la mise sous surveillance qui a été imposée à la société sous le prétexte de la dette, une dette illégale, illégitime, odieuse et insoutenable, dont la nature, comme l’ont démontré les conclusions préliminaires de la Commission pour la Vérité de la Dette Publique, était déjà connue par les créanciers depuis 2010.

mercredi 4 mars 2015

Attac - Pays d’Arles - Projection / Rencontre avec Souad Guennoun - les pièges des microcrédits



Attac - Pays d’Arles et Longo Maï - Mas de Granier vous invitent
Jeudi 12 mars 2015 - 18h30
Atrium de la maison de la vie associative, bd des Lices, Arles
à la projection d’un

Reportage de Souad Guennoun : la résistance des femmes face aux dérives du micro-crédits dans le sud marocain.

En présence de la réalisatrice, Souad Guennoun, photographe, membre d’Attac-Maroc, qui parlera des dérives et des tromperies du système des microcrédits tels qu’ils sont pratiqués dans la région d’Ouarzazate (au sud du Maroc).
Son remarquable film à l’appui, elle nous racontera, comment, depuis plusieurs années des familles de cette région se sont organisées dans des associations pour se défendre contre les organismes de microcrédits qui profitent de leur pauvreté et parfois de leur analphabétisme pour les noyer de dettes. Les personnes victimes sont en majorité des femmes.
Souad a enregistré la vidéo lors de la Caravane Internationale de Solidarité du 24 au 27 avril 2014. Des femmes venues du Bénin, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Burkina Faso, d’Argentine, de Belgique et de Haïti pour soutenir cette lutte qui dure depuis plus de 3 ans et briser le silence qui l’entoure.




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Présentation de Souad Guennoun
Architecte de formation, photographe renommée, vivant à Casablanca, Souad Guennoun témoigne depuis plusieurs années des crises sociales du Maroc d’aujourd’hui : émigration clandestine, enfants des rues, situation des femmes, luttes ouvrières, etc…
Par ses reportages vidéos, elle a documenté plusieurs aspects concrets des luttes sociales qui ont éclaté au Maroc du fait de la concentration des richesses qui se perpétue, des restructurations d’entreprises provoquées par le néo libéralisme et des choix du régime monarchique visant à soumettre la population aux exigences de la mondialisation financière.
Par son reportage sur la résistance des femmes du sud marocain aux dérives du microcrédit et de ses instituions, soutenues par les banques privées et le gouvernement, Souad Guennoun nous présente un aperçu de la situation des femmes au Maroc, entre tradition et modernité, pesanteurs et luttes pour l’émancipation.
Publications (albums de photographies et textes associés) : 
- Les Incendiaires, Coédition Tarik éditions et les Editions de l’œil, 2000
- L’ultime parcours de Jean Genet, Tarik éditions et Paris Méditerranée, 2001
- Casablanca en mouvement en coll. avec Zakia Daoud, éd. Autrement, Paris 2005
Une liste de ses reportages vidéo est disponible à l’adresse marc.oll@wanadoo.fr
Souad Guennoun était également présente le 24 février à Gap (05) et le 28 février à Fontaine (38)
Voir en ligne : https://local.attac.org/13/arles/Pr...

mercredi 28 janvier 2015

« L’Histoire de l’Europe est en train de basculer »


Par Jean-Luc Mélenchon, 26/1/2015

La victoire de Syriza est un évènement historique. L’ère de la toute-puissance arrogante des néo-libéraux en Europe commence sa fin. Une occasion extraordinaire se présente pour refonder l’Europe, c’est-à-dire une occasion d’abolir les traités qui en ont fait ce monstre libéral monétariste. A partir de notre victoire en Grèce on peut imaginer un effet domino. Ce serait comparable à celui qui a touché l’Amérique latine. Là bas c’est ce qui s’est passé après qu’un premier pays se soit débarrassé de son gouvernement du PS ou de la droite, ou des deux en coalition, qui obéissaient au doigt et à l’œil du FMI. En effet, les mêmes le font ici avec la Troïka et madame Merkel ! La vague commencée là-bas vient d’arriver en Europe en passant par le sud de celle-ci qui en est le plus proche culturellement.

Evidemment, les puissants et le système cherchent la parade. 
 L’opération de la BCE en est une illustration dont je parlerai la prochaine fois. Dans l’immédiat, un premier barrage idéologique se met en place. Son objectif est de dénaturer le sens de ce qui vient de se passer. Hier infréquentable et qualifié de « Mélenchon grec » pour mieux le diaboliser, Tsipras semble faire désormais l’unanimité. La description à présent veut en faire un quasi membre du PS quand bien même les électeurs grecs ont pourtant envoyé dans les poubelles de l’Histoire le lamentable président de l’Internationale socialiste Georges Papandréou et son parti clanique, le PASOK.

Melenchon-Tsipras 2En France, comme madame Le Pen était absente du tableau une fois de plus, les commentateurs ont repris leur ritournelle pour la ramener dans le débat à n’importe quel prix. Elle soutient la victoire de Syriza ! Pas un commentateur qui ne relaie la question stupide qu’elle a réussi à leur imposer : « ça ne vous dérange pas ? ». Avec le gros sous-entendu : « les deux extrêmes se rejoignent gnagnagna… ». Il y a même eu un commentaire joyeux pour dire qu’elle avait réussi à me « couper l’herbe sous le pied » et que cela expliquerait l’annulation de mon séjour prévu à Athènes et au meeting d’Héraklion ! Naturellement, le rédacteur n’en croit pas un mot. Il s’agit seulement de provoquer une réaction outrée de ma part et une de ces bonnes indignations créatrices de buzz sans lequel les médias ne peuvent plus vivre. En fait, les enquêtes montrent que personne ne croit à cette thèse. « L’opinion » mesurée par les sondages y voit plus clair que les perroquets du système !

lundi 26 janvier 2015

Victoire de Syriza :« Un moment historique ! »

  Mélenchon : "L'Histoire de l'Europe est en train de basculer" 

 L’effet domino, vite !

26/1/2015

La victoire de Syriza est un évènement historique. L’ère de la toute-puissance arrogante des néo-libéraux en Europe commence sa fin. Une occasion extraordinaire se présente pour refonder l’Europe, c’est-à-dire une occasion d’abolir les traités qui en ont fait ce monstre libéral monétariste. A partir de notre victoire en Grèce on peut imaginer un effet domino. Ce serait comparable à celui qui a touché l’Amérique latine. Là bas c’est ce qui s’est passé après qu’un premier pays se soit débarrassé de son gouvernement du PS ou de la droite, ou des deux en coalition, qui obéissaient au doigt et à l’œil du FMI. En effet, les mêmes le font ici avec la Troïka et madame Merkel ! La vague commencée là-bas vient d’arriver en Europe en passant par le sud de celle-ci qui en est le plus proche culturellement.
Evidemment, les puissants et le système cherchent la parade. L’opération de la BCE en est une illustration dont je parlerai la prochaine fois. Dans l’immédiat, un premier barrage idéologique se met en place. Son objectif est de dénaturer le sens de ce qui vient de se passer. Hier infréquentable et qualifié de « Mélenchon grec » pour mieux le diaboliser, Tsipras semble faire désormais l’unanimité. La description à présent veut en faire un quasi membre du PS quand bien même les électeurs grecs ont pourtant envoyé dans les poubelles de l’Histoire le lamentable président de l’Internationale socialiste Georges Papandréou et son parti clanique, le PASOK.

Melenchon-Tsipras 2En France, comme madame Le Pen était absente du tableau une fois de plus, les commentateurs ont repris leur ritournelle pour la ramener dans le débat à n’importe quel prix. Elle soutient la victoire de Syriza ! Pas un commentateur qui ne relaie la question stupide qu’elle a réussi à leur imposer : « ça ne vous dérange pas ? ». Avec le gros sous-entendu : « les deux extrêmes se rejoignent gnagnagna… ». Il y a même eu un commentaire joyeux pour dire qu’elle avait réussi à me « couper l’herbe sous le pied » et que cela expliquerait l’annulation de mon séjour prévu à Athènes et au meeting d’Héraklion ! Naturellement, le rédacteur n’en croit pas un mot. Il s’agit seulement de provoquer une réaction outrée de ma part et une de ces bonnes indignations créatrices de buzz sans lequel les médias ne peuvent plus vivre. En fait, les enquêtes montrent que personne ne croit à cette thèse. « L’opinion » mesurée par les sondages y voit plus clair que les perroquets du système !
  

jeudi 18 septembre 2014

Solidarité avec les 595 femmes de ménage grecques

  par ATTAC/CADTM Maroc, 12/9/2014
 
L’association Attac Maroc salue le courage des 595 femmes de ménage grecques de la Fonction publique, en lutte depuis 11 mois contre leur licenciement et les mesures d’austérité et de dégraissage de la Fonction publique imposées par le gouvernement grec sous tutelle des Institutions financières internationales et de l’Union européenne.
Ces mêmes politiques, nous les connaissons ici aussi au Maroc et elles nous ont été imposées, tout comme en Grèce, par les plans d’ajustement structurel mis en place par le FMI et la Banque mondiale, qui nous ont d’abord artificiellement endettés afin de nous imposer les privatisations, le démantèlement de la fonction publique et la libéralisation des services. Ici comme chez vous, ce sont les femmes qui en paient le prix fort et elles aussi ont mené d’importantes luttes, notamment contre la libéralisation de la santé publique.
Ici, comme en Grèce, les ministères délèguent de plus en plus les services de nettoyage, de maintenance, de sécurité, etc. à des entreprises privées extérieures qui bafouent les quelques droits acquis par les employés de la fonction publique.
C’est pourquoi nous nous sentons très concernés par la lutte des 595 femmes de ménage grecques, exemplaires pour tous et toutes les salariéEs de la fonction publique et pour tous et toutes les employéEs des entreprises de sous-traitance.
Nous saluons votre combat, votre détermination, votre créativité en tant que femmes et en tant que travailleuses. Que votre lutte soit exemplaire pour toutes les femmes qui pensent qu’il y en a assez d’être écrasées, piétinées, licenciées et corvéables à merci.
Avec vous, nous demandons au gouvernement grec de revenir sur ses mesures de licenciements et de sous-traitance. Réintégration de toutes les femmes de ménage licenciées et paiement des journées non travaillées.
Avec vous, nous demandons aux Institutions financières internationales et aux instances de l’Union européenne de cesser d’imposer aux peuples, au mépris de toutes les règles démocratiques, des politiques anti-populaires qui ne constituent en aucune manière des voies de sortie de la crise qu’elles ont-elles-mêmes provoquée. Avec vous, nous réclamons l’annulation de la dette illégitime grecque, qui n’est qu’un levier pour appauvrir et asservir le peuple grec.

Solidarité avec les femmes de ménage grecques, solidarité avec toutes les travailleuses, solidarité avec les femmes du monde entier !

Contact :
Omar Aziki, secrétaire général d’ATTAC/CADTM Maroc
00 212 6 61 17 30 39

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mardi 16 septembre 2014

Le Maroc gèle la coopération judiciaire avec la France, mais il continue à lui emprunter de l’argent

Le Maroc gèle la coopération judiciaire avec la France, mais il continue à lui emprunter de l’argent
Le président français François Hollande avec le chef du gouvernement marocain, Benkiran Alifpost - Alifpost, 13/9/ 2014
 
Le Maroc vient d’emprunter à l’Agence française de développement plus d’un demi-milliard de dirhams (50 millions d’euros) qui seront alloués pour financer des programmes d’emploi professionnel, de qualification et d’insertion des compétences dans le marché du travail. Le Maroc a déjà signé récemment un accord similaire avec le Fonds monétaire international.
Le contrat de prêt a été signé mercredi dernier, à l’occasion de la visite au Maroc de Mme Anne Paugam, directrice de l’Agence française de développement, qui a été reçue par le Chef de gouvernement marocain Abdelilah Benkirane.
A l’occasion de la signature de l’accord, le ministre des Finances Mohammed Boussaid a déclaré que les fonds ce prêt seront destinés à réduire le chômage dans le contexte du développement des compétences, en améliorant la qualité de la formation professionnelle, selon le plan que le gouvernement a élaboré pour la promotion de l’emploi professionnel et la réhabilitation des formations industrielles à l’horizon 2020.
A cette occasion, Benkirane a tenu à saluer le travail de l’Agence française de développement, avec laquelle le Maroc n’a pas songé à geler la coopération, pour continuer à recevoir de l’argent, alors qu’il a bel et bien gelé la coopération judiciaire avec la France.
 En relation avec les prêts, ce dernier prêt de l’Agence française de développement s’ajoute à d’autres contrats similaires signés par le gouvernement Benkirane avec les institutions internationales telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, destinés à la promotion de l’emploi.
 Il est à noter que le gouvernement Benkirane a battu le record en matière d’emprunts à l’étranger, par rapport aux gouvernements précédents. Certains contrats de prêts sont signés dans la discrétion, comme celui de l’Agence française de développement, dont les médias officiels n’ont pas parlé.

samedi 2 août 2014

Maroc : Ce que va nous coûter la nouvelle ligne de crédit du FMI?

Par Fahd Iraqi, le 360,  31/7/2014 
 
Cover Video - Christine Lagarde 1
© Copyright : Le360
 
Pour les 5 milliards de dollars mis à sa disposition par le FMI, le royaume devra payer pour plus de 23 millions de dollars de commission d’engagement.
Moins conséquente, mais plus coûteuse. Ainsi peut être qualifiée la nouvelle Ligne de précaution et de liquidités (LPL) accordée par le Fonds monétaire international (FMI) au Maroc. En début de semaine, le conseil d’administration de l’institut de Bretton Woods a renouvelé cet outil de financement au profit du Maroc, mais avec des modalités différentes… Un tantinet plus contraignantes. Alors que l’ancien accord (ratifié en 2012) prévoyait un montant de 6,2 milliards de dollars mobilisables sur deux ans, le nouveau contrat réduit ce montant à 5 milliards seulement. Malgré cela, la commission d’engagement perçue par le FMI (commission payée au début de chaque période de douze mois qu’il y ait eu tirage ou pas), reste quasiment intacte. Elle s’élèvera à environ 23 millions de dollars pour les deux prochaines années. Cela s’explique par le fait qu'elle permet de mobiliser 90% du montant dès la première année, alors que l’engagement de 2012 ne permettait de réaliser des tirages qu’à hauteur de 58%.

Du côté de la direction du Trésor et des Finances extérieures, on se veut rassurant. "Il faut y voir un signal positif, nous affirme un haut responsable. Nous comptons rétablir nos équilibres macroéconomiques et mettre en œuvre les mesures préconisées pour ne plus avoir à recourir à cet instrument". Entre temps, il va bien falloir passer à la caisse !

vendredi 3 janvier 2014

« La dette : l’une des arnaques les plus ingénieuses de manipulation sociale jamais créée ! »



La dette existe depuis bien longtemps. Cependant, peu d'entre nous en connaissent l'origine. Actuellement on parle beaucoup de la dette publique que les citoyens et pays doivent s'efforcer de rembourser. Elle est apparue à cause de nombreux facteurs complexes. Mais il existe un grand facteur qui a amorcé celle-ci. Elle ne fera que s'alourdir si on ne change pas radicalement de système bancaire.
Tout d’abord il est intéressant de nous poser ces questions suivantes ;
- Pourquoi travaillons-nous ? Pour avoir de l'argent pour se nourrir et acquérir des biens.
- Mais qui détient et contrôle l'argent ? Les réserves fédérales et les banques commerciales.
- Comment est apparu l’argent (=les billets de banques actuels) ? Lorsque les orfèvres du 17ème siècle ont proposé de rendre un reçu (= devenu les billets d’aujourd’hui) aux clients qui leur confiait leur or destiné au coffre-fort (de l’orfèvre).
- Comment les réserves et les banques d’aujourd’hui créent cet argent ? Lorsque que l'on demande un emprunt.
- A partir de quoi crée-t-elle cet argent ? A partir de rien ! (c'est là que le système bloque).
- Que signifie donc alors l'argent ? C’est une dette, plus on fait d'emprunts, plus il y a dettes, plus l'argent circule, moins cet argent a de la valeur et la vie coûte plus cher. Tout cela fait apparaître l'inflation.
- Et les intérêts demandés par la banque dans tout cela ? C'est un système frauduleux de la banque pour gagner encore plus d’argent, et il n'existe pas assez d'argent permettant de couvrir tous ces intérêts. (Les intérêts excèdent toujours l'argent mis en circulation).
Pourtant il faut savoir qu’il n'existe aucune loi dictant que l'argent peut être créé à partir de rien. Ce n'est donc pas obligatoirement de l'argent qui appartient à une banque qui sera mise en circulation lorsqu'on demande un emprunt. Le système s'effondrerait directement si tout le monde reprenait l'argent des banques. De plus elle s'octroie le droit de nous saisir nos biens si l'on ne peut rembourser les intérêts. Alors que ces derniers proviennent d'un argent dont la banque n’a elle-même jamais eu en sa possession. C’est ce qu'on appelle « l'esclavage moderne ».
Une proposition de loi a été soumise dans le passé proposant une monnaie indépendante, sans création de dette (la green back). Mais le système bancaire à cette époque (et encore aujourd’hui) préconisait que le capital doit contrôler le travail en contrôlant les salaires et donc l’argent. Il refusa alors cette demande.
Les banques sont de véritables calomnies car elles nous soustraient à notre réelle liberté. Si tout le monde prend conscience de cette immense arnaque on pourrait faire changer les choses. L’argent est resté un sujet tabou trop longtemps il est temps que cela change. Je vous invite à en parler autour de vous, à vos proches et votre famille.
  http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/la-dette-l-une-des-arnaques-les-143362
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samedi 12 janvier 2013

Urgent, à diffuser, en parler : l'Islande, un exemple à suivre !

De Abdou Aoufi  vidéo publiée le 29 avril 2012
 
C'est le moment ou jamais ! Il faut rediffuser cette vidéo et parler autour de soi de ce qui se passe en Islande.

 Ce qui se passe est historique et j'espère que la contagion gagnera le reste du monde soit-disant libre. Cette vidéo est la preuve que nous pouvons changer les choses et je remercie Peter de "The Plot 911" de l'avoir mise en ligne. 

C'est par soucis de maximisation de sa diffusion que je me permets de la mettre à nouveau en ligne. N'hésitez pas à faire comme moi en changeant le titre pour que cette vidéo se propage comme un virus, vous participerez ainsi à la libération !
http://youtu.be/9rGNF-C6Xek
Original:
https://www.youtube.com/watch?v=PId9igNyXoM

mardi 10 janvier 2012

Journée des alternatives :« Leur dette, notre démocratie »

Les dirigeants européens veulent imposer en urgence un nouveau traité pour rassurer les marchés. Ceux-ci viennent de nommer directement des banquiers à la tête des gouvernements grec et italien. Les agences de notation pèsent lourdement sur la campagne présidentielle française, où les candidats à la victoire du second tour font assaut de « responsabilité » pour rassurer les spéculateurs.

C'est dans ce contexte qu'Attac organise en partenariat avec Médiapart une journée des alternatives le 15 janvier « Leur dette, notre démocratie », de 9h30 à 18h, à l'Espace Reuilly (21 rue Hénard, Paris 12ème, métro Montgallet).

Plusieurs tables rondes rassembleront des animateurs des luttes sociales et citoyennes et des chercheurs venus de France, d'Europe et d'ailleurs, pour mettre en débat la dette publique, sa légitimité, les mouvements sociaux qui émergent et les stratégies pour refonder l'Europe sur des bases démocratiques.

Déroulé de la journée (pour plus d'info, lire le programme complet) :

- 9h30-12h30 La dette publique contre les peuples: pour l'audit citoyen

- 14h-15h30: Indignation et pouvoir des citoyens: refonder la démocratie ?

- 15h45-16h30: Le tribunal populaire des banques
(une coproduction théâtrale Attac-Compagnie NAJE)

- 16h30-18 h30: Crise européenne: peut-on encore éviter le pire ?

Avec notamment des participant-e-s aux mouvements indignés : Raquel Freire (Movimento 12 março, Portugal), Cristina Asensi (Movimiento 15M, Espagne), Isham Christie (Occupy Wall Street, USA), Manolis Glezos (Grèce) et les réalisateurs de Debtocracy…

Mais aussi : Stéphane Hessel, Frédéric Lordon (Economistes atterrés), Dominique Plihon (Attac), Yves Sintomer (politiste), Eric Toussaint (CADTM), Aurélie Trouvé (Attac), Thomas Coutrot (Attac), Susan George, Bernadette Groison (FSU), Nicolas Haeringer (Attac), Jean-Marie Harribey (Attac), Pierre Khalfa (Fondation Copernic), Geneviève Azam (Attac), Marie Laurence Bertrand (CGT), Philippe Corcuff (sociologue) et bien d’autres.