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Affichage des articles dont le libellé est gouvernement Benkirane. Afficher tous les articles
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jeudi 12 septembre 2013

Violences contre les migrants : le cabinet royal tacle le gouvernement Benkirane, le CNDH réagit après coup.


Le roi Mohammed VI et le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane

Le jour même où le gouvernement présente à Genève son rapport sur les droits des migrants, le cabinet royal valide publiquement un rapport du CNDH qui dénonce les «nombreuses violations des droits des migrants en situation irrégulière».
Le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Abdelouahed Souhail, et le délégué interministériel aux droits de l'Homme, Mahjoub El Haiba, étaient à Genève aujourd'hui pour défendre devant un comité de l'ONU le rapport du gouvernement sur les droits des migrants au Maroc.
Dans ce rapport, les autorités persistent à nier toute infraction commise par les forces de l'ordre, et ce malgré les nombreux témoignages recueillis. «Les informations accusant les autorités marocaines de recours à la violence et mauvais traitements à l'encontre des migrants en situation irrégulière sont infondées», rapporte le texte.
Or, aujourd'hui, le cabinet royal a publié de son côté un communiqué indiquant que le roi Mohammed VI «a pris connaissance» d'un nouveau rapport du CNDH sur les migrants, qui dénonce notamment «de nombreuses violations des droits» et appelle le gouvernement marocain à «bannir toute forme de violence exercée contre les migrants en situation irrégulière lors des opérations d'interpellation».
Le communiqué du cabinet royal indique que «le Souverain a pris note des recommandations pertinentes du CNDH».

Qui dirige la DGSN, les forces auxiliaires et la Gendarmerie royale ?
Après le discours royal sur l'éducation du 20 août dernier, dans lequel le roi a critiqué directement – et pour la première fois de son règne – l'actuel gouvernement, Mohammed VI tacle donc une nouvelle fois l'équipe Benkirane, cette fois sur la question des migrants. La responsabilité des violences exercées par les forces de l'ordre contre les migrants en situation irrégulière incombe pourtant à la DGSN, aux forces auxiliaires et à la Gendarmerie royale, dont les responsables, Bouchaïb Rmail et les généraux Haddou Hajjar, Hamidou Laânigri, Hosni Benslimane, sont nommés par le roi et répondent directement au Palais. Les associations locales dénoncent depuis plusieurs années l'approche sécuritaire adoptée par Rabat (et soutenue par l'UE) pour traiter la question migratoire.
Quant au rapport gouvernemental présenté aujourd'hui à Genève, il faut rappeler qu'il est attendu par l'ONU depuis... 2004. La première mouture n'a finalement été envoyée qu'en juillet 2012 par l'actuel gouvernement, avec huit ans de retard.

Le «timing» du CNDH
La position du CNDH est elle aussi sujette à interrogation. Le rapport gouvernemental initial envoyé à Genève en 2012 indique en introduction que l'organisme dirigé par Driss El Yazami a participé à son élaboration. Si le CNDH n'était pas d'accord avec le contenu validé par le gouvernement l'année dernière, ou s'il n'avait pas réussi à faire entendre sa voix, pourquoi avoir attendu aujourd'hui pour publier les conclusions de son propre rapport ?
Cela rappelle l'épisode Gdim Izik en février dernier. Le CNDH avait attendu la fin du procès des activistes sahraouis – et leur condamnation à de lourdes peines de prison - avant de publier un rapport demandant à ce que les civils ne soient plus jugés devant un tribunal militaire, conformément à la constitution et aux engagements internationaux du royaume. Mohammed VI s'était alors «félicité» du rapport du CNDH.

http://fr.lakome.com/index.php/maroc/1337-violences-contre-les-migrants-le-gouvernement-benkirane-tacle-par-le-cabinet-royal
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Maroc Hebdo récidive : « Le Maroc pris au piège » des Subsahariens

Maroc Hebdo publie, cette semaine, un dossier titré, en Une : « Le Maroc pris au piège » en référence aux immigrés subsahariens. Nouveau dérapage pour l'hebdomadaire qui avait déjà titré, il y a un an : « Le péril noir ». Yabiladi a voulu analyser le contenu du dossier et la démarche du journaliste.
10 mois après la fameuse Une de Maroc Hebdo sur « Le péril noir », l’hebdomadaire marocain récidive et publie en Une de son numéro du 13 au 19 septembre, « Le Maroc pris au piège » sur fond de Subsahariens assis et abattus, la tête entre les mains. Dans le numéro de cette semaine, il fait référence à la première polémique en encadré : « le titre de la Une avait suscité une grosse polémique poussant de nombreuses personnes à nous traiter de racistes », pour conclure, comme une revanche, « toujours est-il que l’histoire nous a donné raison, malheureusement, pour les Subsahariens. Ceux-ci vivent dans de très mauvaises conditions. »
L’ensemble du dossier est ambigu comme cette dernière phrase. Le titre laisse entendre que les immigrés Subsahariens posent un grave problème au Maroc. « Le Royaume pays d’accueil, malgré lui, d’immigrés subsahariens. Une charge dont il n’a pas les moyens », indique le sous-titre. Pourtant, la quasi-totalité de l’article principal du dossier fait l’éloge du rapport du CNDH, rendu public lundi 9 septembre qui propose une politique migratoire nouvelle et généreuse de la part du Maroc.
Quel piège ?
Quels arguments légitiment alors l’intitulé du dossier ? Où se trouve le « piège », dernière version du « péril » noir ? « En quelques années, le nombre d’immigrés subsahariens a quadruplé. Et il va crescendo », note le journaliste, sans se donner la peine de préciser un seul chiffre, ni sa source. « Pour le Maroc, ce déferlement massif d’immigrés est une charge supplémentaire dont il n’a pas besoin, ajoute-il plus loin. « Comme pour boucler la boucle nos voisins algériens nous mettent sur le dos les immigrés qui viennent de leur vaste contrefort saharien. Ils les acheminent, avec une diligence infinie, jusqu’à nos frontières orientales », tient-il à souligner pour renvoyer une nouvelle fois la responsabilité vers l’Algérie.
Le nombre d’immigrés subsahariens arrivés dans le royaume est le seul est unique argument venu appuyer l’utilisation du mot « piège ». Début août, le Conseil de la communauté marocaine de l’étranger (CCME), l’Institut de recherche sur les politiques publiques (IPPR, institut britannique) et l’Union Européenne publiaient une étude selon laquelle, le nombre de Subsahariens sans papiers n’excédait pas, en réalité, les 10 000 pour 32 millions d’habitants que compte le Maroc, soit 0,031% de la population marocaine.
Une revanche
Trois hypothèses peuvent néanmoins expliquer le choix éditorial de Maroc Hebdo : un esprit de revanche « nous vous parlions des Subsahariens et nous avions raison, voyez, il s’agit bien d’un problème puisque le roi lui-même exige une nouvelle politique », aurait pu écrire le directeur de publication ; un manque de professionnalisme qui rend la rédaction incapable de titrer de façon pertinente un article ; l’envie de voir se répéter le pic de ventes dont a bénéficié le magazine en novembre dernier grâce à la polémique.
Le Maroc félicité par l’ONU et la France
La France a assuré le Maroc de son « soutien à la mise en place de sa nouvelle politique d'asile et d'immigration, qui organise le statut de réfugié et garantit le principe de non-refoulement », par la voix de son porte- parole au ministère des Affaires étrangères Philippe Lalliot. « Nous avons entendu ses appels à la coopération internationale, adressés aux pays partenaires du Maroc et à l'Union européenne », a-t-il ajouté, hier, jeudi 12 septembre.
« Secrétaire général [des NU, Ban Ki-moon, ndrl] encourage vivement le gouvernement marocain à mettre en œuvre notamment les recommandations du Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH) », indique le bureau du Porte-parole de l'ONU, vendredi 13 septembre. Il « a formé le vœu qu'une fois mises en œuvre, ces mesures feront progresser la protection des droits de tous les migrants indépendamment de leur statut au Maroc. »
http://www.yabiladi.com/articles/details/19589/maroc-hebdo-recidive-maroc-pris.html?utm_source=footer_fr_news&utm_medium=footer&utm_campaign=footer_news_html

samedi 6 avril 2013

Prisons au Maroc : 1000 nouveaux détenus par mois

La population carcérale ne cesse d’augmenter, 1000 nouveaux détenus arrivent chaque mois. C’est le principal constat du rapport de l’Observatoire Marocain des Prisons. Hafid Benhachem, le patron de l’administration des centres pénitenciers, renvoie la balle au gouvernement Benkirane qui n’a pas répondu favorablement à sa demande de renforcer son équipe de 1600 nouvelles recrues en 2013.
 
 La situation des prisons du royaume est toujours si préoccupante. Les ONG des droits de l’Homme sont unanimes à sonner le tocsin. Le rapport présenté, hier, par l’Observatoire marocain des prisons n’a point dérogé à cette règle. L’OMP pointe du doigt le surpeuplement dans les 73 centres pénitenciers que compte le pays. Fin septembre 2012, le nombre des détenus a atteint les 70.675 contre 64.833 une année auparavant. L’association estime que la population carcérale se renforce mensuellement par l’arrivée de 1000 personnes.
Selon le document de l’Observatoire, cette promiscuité n’épargne aucune prison. L’OMP a établi un classement des centres qui connaissent un surpeuplement : le haut du podium est occupée par le pénitencier de Marrakech avec 168,14% de plus de sa capacité autorisée, la seconde position est revenue  au centre de Tiznit et ses 121,43% alors que la troisième place est attribuée au tristement célèbre prison d’Ain Kadouss de Fès avec 103,20%. L’OMP constate, également, que 68% des détenus sont âgés entre 21 et 50 ans, 8% entre 13 et 20 ans et 6% ont dépassé la cinquantaine.

Les propositions de l’OMP
Le surpeuplement est un fait. En vue de limiter son impact, l’Observatoire marocain des prisons proposent quelques solutions, en voici quelques exemples : la réduction de l'année carcérale à dix mois seulement, au calcul de l'incarcération nocturne en tant que demi-journée d'emprisonnement, la rationalisation de la détention provisoire (plus de 46% des détenus), réduire sa durée, de mettre en œuvre le contrôle judiciaire, d'œuvrer à abolir les peines d'emprisonnement pour certains délits dont notamment les petits et de les remplacer, comme cela est en vigueur sous d’autres cieux, par des travaux d’intérêt général pour la société, également une sanction pénale.

La réponse de Benhachem
Au Salon du Livre de Casablanca, le patron de la délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion, , a profité d’un point presse pour répondre aux critiques de l’Observatoire marocain des prisons. Le quotidien Al Ahdath Al Maghribia rapporte que Hafid Benhachem a porté la responsabilité du surpeuplement au gouvernement Benkirane. Selon cet ancien collaborateur de Driss Basri, le personnel actuel dont il dispose n'est pas suffisant. Et de rappeler que sa Délégation avait demandé 1.500 postes budgétaires au titre de l'exercice 2013, mais elle n'en a obtenu que 600. Dans sa plaidoirie, Benhachem a invité le ministère de la justice et des libertés à une révision du procédé de détention provisoire.
La délégation générale de l'administration pénitentiaire et de la réinsertion est placée sous la tutelle du chef de gouvernement.
URL Source : http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/04/que-peut-hollande
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Prisons : 1/3 des détenus condamnés à de longues peines sont des malades mentaux


"Dortoir" de prison marocaine


Le président de l'OMDH a fait ce constat lors d'un colloque organisé ce vendredi sur la justice et la santé mentale.

Mohamed Nachnach, président de l'OMDH (Organisation Marocaine des Droits de l'Homme) a affirmé qu'au Maroc, le tiers des prisonniers condamnés à de longues peines ainsi que les condamnés à mort souffrent de déséquilibres psychologiques et mentaux. Il estime nécessaire que les organes de la justice soient assistés par un médecin spécialisé en expertises médicales, lors des différents stades de la poursuite pénale, dès les premières heures chez la police judiciaire jusqu'à l'emprisonnement, en passant par la détention provisoire et les séances au tribunal.
Lors de son intervention à un colloque sur le thème «Responsabilité pénale,  expertise médicale et psychologique et procès équitable », tenu ce vendredi, Mohamed Nachnach a déclaré : "Nous aspirons à la création d'une future commission indépendante, avec le pouvoir d'effectuer des visites aux lieux de détention, pour assurer la prévention contre la torture et s'assurer du respect du droit des prisonniers et des détenus », tout en rappelant que l'organisation qu'il préside a contribué aux ateliers organisés par le Ministère de la justice et des libertés pour réformer le système judiciaire.
Pour sa part, le secrétaire général du Conseil national pour les droits de l'homme, Mohammed Sebbar, a évoqué les rapports thématiques, dont une étude sur l'état de la médecine légale au Maroc, qui sera publiée dans les prochains jours.
Sebbar a rappelé que le CNDH a publié les résultats d'une étude sur le terrain, dont un chapitre a concerné la question de la relation entre la justice et la santé mentale, qui a révélé la situation désastreuse des malades mentaux qui sont exemptés de toute responsabilité pénale, et a noté que l'on continue à emprisonner les malades mentaux auteurs de crimes. Le CNDH a observé également que les périodes passées en cours de traitement n'étaient pas déduites de la durée d'emprisonnement dans les cas de la responsabilité partielle de l'auteur du crime.
URL Source : http://fr.lakome.com/index.php/societe/607-prisons-1-3-des-detenus-condamnes-a-de-longues-peines-sont-des-malades-mentaux

dimanche 18 novembre 2012

Votre Majesté, votre budget est méprisant !

par Salaheddine Lemaizi, 17/11/2012
Lettre au roi Mohammed VI:
Votre Majesté, votre budget est méprisant !


Salaheddine Lemaizi"A Sa majesté, le roi Mohammed VI,
Sire,
Votre ascension au trône était synonyme pour moi et pour beaucoup d’autres, de l’avènement d’une démocratie au Maroc. Douze ans après, votre bilan me laisse perplexe. L’espoir d’une réforme dans le cadre de la monarchie laisse place à une désillusion et un désir de changement radical. Votre refus de rendre le pouvoir au peuple à travers une monarchie parlementaire est une preuve de plus de l’absence de volonté réelle de réforme profonde du système politique marocain. Pire, la monarchie exécutive dirigée par un despote «éclairé» et aidé par un dream team de conseillers veut contrôler tout.
Le gouvernement Benkirane, hélas, vous rend la tâche facile. Une nouvelle preuve de sa servilité est le budget du Palais qui vous est «accordé» dans le Projet de Loi de Finances (PLF) 2013. Au mépris du peuple et de sa situation socio-économique difficile, votre monarchie absolue s’offre plus de 2,5 milliards de DH. C’est méprisant ! Et je n’ai pas d’autres mots pour décrire ce montant. Certes, en une année il n’a connu «qu’une légère» hausse de 2 318 000 de DH, il demeure que votre budget global devrait-être au contraire réduit fortement.
Le 18 novembre 2012, des citoyens marocains ont décidé de manifester leur désaccord sur le fond et la forme du budget du palais. Dans ce qui suivra, je vais tenter de vous expliquer les raisons de notre démarche.
Permettez-moi de rappeler aux lecteurs de ces lignes quelques chiffres[1] :
-         Le budget accordé à la Cour royale dans le PLF2013 est de : 2,576 milliards de DH (soit 7 millions de DH/jour).
-         Ce montant dépasse le budget alloué à deux ministères : la Culture et la Solidarité, la femme, la famille et le développement social (MSFDS). Ces deux départements totalisent 1, 265 milliards de DH.
-         Ce montant est 4 fois et demi le budget du ministère de la Culture qui ne dépasse pas 571 millions de DH.
-          Ce budget équivaut à 3,7 fois l’enveloppe allouée au ministère de la Solidarité qui est de 694 millions de DH.
-         La rubrique «achat de matériels et autres dépenses» de votre budget dépasse celles de départements stratégiques comme l’Equipement, l’Agriculture ou encore la Justice.
Majesté, je m’arrête là, car à partir de votre budget on peut tirer des aberrations économiques à l’infini. Là n’est pas mon propos, car il s’agit d’une économie de rente et de prédation où les théories économiques laissent place au «bon vouloir» du Prince.
Loin de tout populisme, je le dis clairement. Ces 2 milliards de DH, qui vous sont attribués sur l’argent du contribuable, s’ils étaient versés au budget de l’Etat ne résoudraient pas les problèmes économiques ou sociaux du Maroc. Ces deux milliards ne sont que peanuts dans un budget général de l’Etat de 345,9 milliards DH. Que l’Etat vous consacre 2, 3 ou même 10 milliards ce n’est pas ça qui va ruiner le pays davantage ou le sauver d’une crise économique très plausible, vu que les indicateurs économiques sont tous au rouge. Mon propos est politique.
Dans un premier temps, pourquoi votre budget, ainsi que celui des Forces armées royales, ne sont pas objet de discussion –même formelle- au Parlement ? Comme vous le savez, TOUS les budgets ministériels et sectoriels passent devant les commissions spécialisés des deux chambres pour discussion, révision et adoption. Pourquoi ces deux budgets font-ils exception ?
Je vois déjà les zélateurs et les opportunistes me rétorquer : «ce sont deux budgets de souveraineté nationale. En plus, comment peux-tu oser demander des comptes à Sa Majesté». Je suis navré pour les effarouchés, maintenant, nous demandons des comptes, de la reddition des comptes sur TOUT. Sur le Budget de l’armée ou du Palais, nous souhaitons en savoir plus. C’est le chemin pour la construction d’une démocratie dans notre pays.
Votre Majesté, permettez-moi de le faire depuis cette tribune que je vous adresse et à travers vous mes concitoyens. Je sais que cet exercice sera pénible pour vous. Courage.
  1. La rubrique «équipement et investissement» comprend-t-elle la rénovation des palais ? Ces palais ne sont-ils pas restaurés et entretenus par les autorités locales de chaque région ? Alors pourquoi consacrer autant d’argent à ce poste ?
  2. Peut-on savoir, dans le détail, votre plan d’investissements justifiant ce montant conséquent ? Comptez-vous construire de nouvelles résidences royales ?  
  3. L’article 45 de la Constitution résume à merveille l’absence de toute volonté d’informer sur ce sujet : «Le Roi dispose d'une liste civile», dit l’article sans plus de détails. Passons.
  4. Si cet article constitutionnalise cette partie du budget du palais qui comprend – probablement- votre salaire et ceux des autres membres de la famille royale, il est nécessaire d’en savoir davantage sur votre salaire et les détails de cette liste vu qu’elle est constitutionnelle…
  5. Cette liste vous accorde dans le PLF 2013, 26 millions de DH. Mais le que gros de votre budget (517 millions de DH) est inscrit sous la rubrique «Dotations de souveraineté». Un titre aussi vague qu’énigmatique. Peut-on en savoir davantage sur ce sujet de votre part ?  
Ces points sont parmi les multiples zones d’ombre que comprend votre budget. Ces non-dits desservent l’accès à l’information et un meilleur contrôle des finances publiques et renforcent la monarchie absolue. Pourtant dans d’autres  monarchies, le budget des palais n’a rien de tabou,  il conforte même la transparence et la solidarité du système politique.
A ce propos, permettez-moi de comparer votre budget avec celui de d’autres monarchies dans le monde :
  1.        I.            L’Espagne. 114 millions de DH est le budget pour 2013 accordé à la monarchie, soit 24 fois moins que celui de la monarchie marocaine. Le salaire du roi Juan Carlos est 18 fois moindre que celui de votre Majesté. En plus, face à la crise en Espagne, la monarchie  a dû revoir à la baisse son budget pour 2013 en solidarité avec le peuple !  
En ces temps de crise économique mondiale, les excès financiers du roi (un voyage de chasse au Botswana) lui ont valu de vives critiques de la part des citoyens de son pays. Le souverain espagnol a dû même présenter des excuses. Alors que chez nous les dépenses sont hors du commun et les fastes rappellent les Mille et une nuits. Le tout étant payé par nous, les contribuables.
  1.     II.            La Grande Bretagne. 486 millions de DH sont les fonds publics accordés à la famille royale pour 2014-2014. En 2011, le gouvernement britannique avait décidé de baisser le budget de la Cour de 9% pour ses déplacements officiels et engagements d'ici 2015. Votre budget dépasse celui de la couronne britannique de 5 fois !
  2.  III.            Pays-Bas et Norvège. La reine Beatrix des Pays-Bas coûte à l’Etat hollandais 440 millions DH. Le budget de la Norvège consacre au roi Harald de Norvège 300  millions de DH annuellement. On est donc bien loin des 2,5 milliards de DH/an dans le cas marocain. 
C’est sans commentaire.                    
Dimanche prochain, nous serons devant le parlement pour dire qu’il est inconcevable pour nous que les choses puissent continuer de la sorte. Ce parlement votera un PLF qui ne se limitera pas à vous octroyer des moyens financiers considérables mais offrira en outre et surtout des cadeaux fiscaux à votre riche holding, ONA-SNI. Ainsi ce PLF propose de reconduire l’exonération du secteur agricole, une mesure dont vous êtes le premier bénéficiaire. La Loi de finances 2013 devra reconduire une autre exonération très avantageuse pour vos affaires, elle concerne les opérations de fusions, cessions et acquisitions d’entreprises. Vu qu’il est en phase de réorganisation, ONA-SNI profite à plein régime de ce cadeau.
Face à ces constats et ces faits, l’heure de dire NON à ces mesures et à ce que représente votre budget est venue. Rendez-vous est pris le 18 novembre 2012 à 16h.
La démocratie est la solution 
Salaheddine Lemaizi, membre du Mouvement du 20 février (M20F)
Casablanca, 15 novembre 2012

N.B : Nous espérons que, même si notre démarche vous déplait, vous aurez l’intelligence de ne pas appliquer le «nouveau concept d’autorité», en l’occurrence les coups de matraques et arrestations.


[1] Retrouvez d’autres chiffres dans l’excellent édito de Ali Anouzla, directeur de Lakome.com, voir : http://www.lakome.com/%D8%B1%D8%A3%D9%8A/106-editorial/19073-%D9%83%D9%84%D9%81%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%84%D9%83%D9%8A%D8%A9-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%BA%D8%B1%D8%A8.html

  photo de El Houari Ghoubari.
الميزانية المخصّصة للملك والقصر بالأرقام.....الله يدومها نعمة لسيدنا ويحفظو من العين وكما قالت فاطمة البلطجية نموتو حنا ويعيش سيدنا

jeudi 15 novembre 2012

Maroc : Les travailleurs étrangers dénoncent leur exclusion de la société


Suite à la parution de la une du 2 Novembre du magazine Maroc Hebdo traitant les subsahariens de « Péril Noir », la colère a été intense chez les travailleurs immigrés subsahariens. Regroupés au sein de l’Organisation Démocratique des Travailleurs Immigrés au Maroc, ils ont rejoint les rangs des militants de l’Organisation Démocratique du Travail qui manifestaient hier Dimanche à Rabat leur « ras-le-bol général du gouvernement Benkirane ». 
Une manière pour ces travailleurs étrangers de lancer un signal fort au gouvernement et de rappeler qu’ils sont des acteurs du développement économique du Royaume.
« Égalité, justice et liberté », « non à l’exploitation », « y’en a marre », « nous sommes tous Africains », « différences = richesses », « oui à l’éducation des enfants immigrés » : voilà les principaux slogans qui ont retentis aux abords du centre-ville de Rabat. Dès 10 heures, ils étaient tous ensembles Marocains et étrangers, sur le pied de guerre pour braver la pluie de cette matinée et manifester leur indignation et leur colère suite à la parution d’un article jugé « haineux » publié dans l’hebdomadaire Maroc Hebdo International.
Dans un communiqué rendu public, l’Organisation Démocratique des Travailleurs Immigrés au Maroc « s’insurge contre ce traitement médiatique à l’encontre de cette communauté et qualifie les sous-titres dudit hebdomadaire de racistes, de xénophobes et de négrophobes en particulier ». Ainsi, « le chapeau de la publication généralise et traite toute la communauté noire de mendiants, de prostituées et de dealers de drogues », s’indigne Marcel Amiyeto, Secrétaire Général de l’Organisation Démocratique des Travailleurs Immigrés au Maroc (ODTIM), organisation affiliée à l’Organisation Démocratique du Travail (ODT).

Un poids économique non négligeable
« Notre syndicat regroupe 260 travailleurs étrangers qui participent au développement économique du Maroc. Ces personnes paient chaque mois un loyer très cher et s’acquittent de leurs factures d’eau, d’électricité et d’internet. Ils envoient leurs enfants dans des écoles privées chères puisqu’ils n’ont pas droit à l’école publique. Nous ne pouvons être ignorés indubitablement ». Toutes ces dépenses participent ainsi au tissu économique du Royaume.
« Nous sommes des travailleurs honnêtes, même si je reconnais que certains s’adonnent à des pratiques peu orthodoxes. Cela ne peut s’étendre à toute une communauté. Pour preuve, le frère de Rachida Dati, ex-ministre de la Justice française avait été arrêté pour trafic de drogue. Cela n’a pas écorné l’image des Maghrébins en France », poursuit Marcel Amiyeto.
« Traiter les subsahariens de la sorte nous a écœurés, raison pour laquelle nous avons convenu de manifester notre désapprobation en compagnie de nos amis et frères marocains, de marcher pour dire non au racisme et à la xénophobie, non à la discrimination et à l’exploitation des travailleurs immigrants. Nous demandons aux parlementaires de faire respecter les conventions et accords internationaux ratifiés par le Maroc et d’arrêter les expulsions arbitraires vers le désert ».
Marcel Amiyeto, SG du 1er syndicat de travailleurs immigrés au Maroc, originaire de la République Démocratique du Congo vit au Maroc depuis 2004. Formé en audiovisuel, il a effectué plusieurs stages à la Soread 2M mais aussi à la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision. Malgré ses compétences il confie n’avoir malheureusement pas été embauché, contrairement à ses camarades de classe qui occupent tous un poste dans le secteur. La loi marocaine en effet ne lui permet pas d’exercer dans le Royaume. « J’avais eu la chance d’être engagé dans une boite de production mais les choses se sont compliquées puisqu’il m’était impossible de signer le contrat à l’ANAPEC. J’ai été mis à la porte ».
Marcel Amiyeto qui avait assisté au Forum Social Mondial en 2011 à Dakar a ainsi eu l’idée de créer de retour au Maroc un syndicat propre aux étrangers. Il a par la suite contacté des syndicats marocains pour une affiliation possible, puisqu’il est impossible selon la loi marocaine de former une centrale syndicale qui regrouperait des étrangers. Les dirigeants marocains font savoir au militant qu’ils « ont déjà assez de problèmes à gérer pour s’occuper encore des étrangers ». Se sentant « abandonné à son propre sort », Marcel Amiyeto ne se décourage pas pour autant. Il rencontre bien plus tard un ami marocain dont il avait fait la connaissance à Dakar qui l’invite à rejoindre l’Organisation Démocratique du Travail. C’est ainsi que l’Organisation Démocratique des Travailleurs Immigrés au Maroc a vu le jour le 1er Mai 2012. L’association ne regroupe pas seulement des subsahariens mais plutôt l’ensemble des étrangers résidant au Maroc.
http://www.yabiladi.com/articles/details/13834/maroc-travailleurs-etrangers-denoncent-leur.html