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mercredi 13 avril 2016

Médiapart : Live spécial "Nuit Debout", et maintenant?

 

Live spécial "Nuit Debout", et maintenant?

 
Nous vous donnons rendez-vous jeudi 14 avril dès 18h et jusqu'à 23h pour une émission spéciale en direct de la rédaction de Mediapart. Au menu : quelles suites donner au mouvement «Nuit Debout», comment les «Panama Papers» illustrent le poids des paradis fiscaux et pourquoi le cinéma est (re)devenu un outil de lutte.
 
Jeudi 14 avril : Live spécial Nuit debout, et maintenant ?
 
Au programme de votre soirée spéciale :
1 -   18h-19h : Les particularités d'un mouvement social inédit
avec : Robi Morder, président du Germe (Groupe d’études et de recherche sur les mouvements étudiants) et Julian Mischi, sociologue, spécialiste des mobilisations syndicales
2 -   19h-20h : Combattre les paradis fiscaux mais aussi le secret des affaires
avec : Pascal Durand, eurodéputé EELV, Martin Pigeon, militant de l'ONG Corporate Europe Observatory (CEO), Sophie Binet, UGIT-CCT, et Lucie Watrinet du CCFD-Terre Solidaire
3 -   20h30-22h : Mouvement social, «Nuit Debout» et maintenant ?
    1. Comment ça marche ?
    2. Le cinéma comme outil de lutte et de mobilisation
    3. Comment ça peut s'étendre ?
Pour plus d'informations, consultez le programme complet de l'émission
 
 
 
L'émission "En direct de Mediapart" de demain sera en libre accès. Profitez-en pour faire découvrir Mediapart autour de vous !
 
 
J'invite des proches à regarder le live de demain :
 
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jeudi 12 novembre 2015

La COP21, une machine à blanchir les pollueurs


MEDIAPART
Mer. 11 Novembre 2015 — La lettre de Mediapart (quotidienne)

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LE CLUB


PAR JADE LINDGAARD
Le bouleversement du climat, c’est nous qui le causons. Mais une mécanique de déresponsabilisation est en marche : la construction du climat comme un sujet extérieur à nous-mêmes, sans rapport avec nos politiques publiques, nos modes de vie, nos choix électoraux, notre vision du développement.
+3° C: portrait d'une planète en surchauffe
PAR MICHEL DE PRACONTAL
L'objectif affiché de la COP21 est de maintenir la température globale de la planète à un maximum de +2° C par rapport à la moyenne pré-industrielle. On en est loin. Si l'on s'en tient aux annonces des États, on se dirige vers +3° C, ou plus. A ce niveau, les conséquences seront catastrophiques.
En Chine, l'

eau et les sols sont dans une situation critique
PAR GILLES TAINE
Depuis les années 1970, le PIB chinois a augmenté de façon exponentielle. Mais ce développement rapide a été accompagné de difficultés nouvelles, telles que des inégalités croissantes et une situation environnementale catastrophique. Premier volet de notre série « La Chine avant la COP ».
Climat : la course contre la montre des 2 °C est perdue d'avance
PAR MICHEL DE PRACONTAL
Éviter un réchauffement planétaire supérieur à 2 °C par rapport à la période pré-industrielle est l'un des enjeux majeurs de la COP21. Mais les analyses des scientifiques montrent qu'il ne reste plus qu'une chance infime d'y parvenir. Et encore, pour les plus optimistes.
Clive Hamilton: «L’anthropocène est l’événement le plus fondamental de l’histoire humaine»
PAR JADE LINDGAARD
Simple hypothèse pour les géophysiciens, l’idée d’une nouvelle ère géologique causée par les activités humaines et leurs ravages sur le système Terre remporte un succès spectaculaire dans le monde intellectuel. Pour le philosophe Clive Hamilton, « il ne s’est rien produit de comparable dans l’histoire humaine ».
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Lire aussi : 
 http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/cop-21-les-raisons-dun-echec-programme-ou-pourquoi-la-conference-sur-le-climat-naura-pas-lieu/7397051

lundi 24 août 2015

En défense des lanceurs d’alerte

Julian Assange a été ovationné aux Journées d’été d’EELV lors d’un débat sur les lanceurs d’alerte que j’animais. Retour en vidéos sur une cause fondatrice de Mediapart : le droit de savoir sans lequel il n’est pas de démocratie véritable. 
Le virtuel, c’est du réel (bis, voir ici un précédent billet, de 2014). Journal indépendant et participatif, c’est-à-dire ne vivant que de ses lecteurs et, de ce fait, leur devant des comptes, Mediapart va régulièrement à la rencontre du public. Ce fut notamment le cas ces temps derniers à propos des bouleversements induits par la révolution numérique dans le paysage des médias, avec le surgissement de ces nouveaux héros de la liberté de l’information que sont les lanceurs d’alerte, ces citoyens qui prennent leur risque et assument leur responsabilité pour dénoncer des atteintes aux droits fondamentaux commises à l’abri de la puissance, financière ou étatique.
C’est donc tout naturellement que j’ai accepté l’invitation de la députée européenne Eva Joly à animer, vendredi 21 août à Lille, une table-ronde sur le thème : « Lanceurs d’alerte, ils protègent la démocratie, protégeons les ». Y participaient le député socialiste Yann Galut et les lanceuses d’alerte Stéphanie Gibaud et Nicole Marie Meyer. Mais aussi, en duplex depuis l’ambassade de l’Equateur à Londres, Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. Ce fut l’occasion d’un moment rare, de rassemblement et de ferveur autour d’une cause commune essentielle pour l’avenir de nos démocraties :

Lanceurs d'alerte, protégeons les ! aux Journées d'été EELV le 21/08/2015
La pétition, lancée par EELV, pour que la France accorde l’asile à Julian Assange peut être signée ici. J’aurais évidemment accepté de la même façon un tel débat sous d’autres parrainages politiques, tant cette cause n’a pas de frontières partisanes. 

jeudi 27 novembre 2014

Au Maroc, les principales associations boycottent le Forum mondial des droits de l'homme




|  Par Ilhem Rachidi, 27/11/2014
Le régime marocain accueille le Forum mondial des droits de l'homme alors qu'il réactive ses vieux réflexes sécuritaires et multiplie les procès après une « parenthèse » de trois ans, liée au Mouvement 20 Février.

De notre correspondante au Maroc.-  « It's a SHAM(e) ! » « C'est une farce, une honte ! » C'est ce jeu de mots (anglophone) qu'un groupe d'activistes a choisi pour nommer sa campagne contre la tenue du Forum mondial des droits de l'homme au Maroc, une manifestation organisée par le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), qui s’ouvre jeudi 27 novembre au Maroc. Cette seconde édition – le Brésil avait accueilli le forum l'an dernier – devrait rassembler plus de 5 000 personnes représentant 94 pays, mais le choix du pays hôte est très contesté.
Car cette rencontre a lieu dans un contexte particulièrement tendu au Maroc, marqué par un net recul en matière de libertés et un retour aux réflexes sécuritaires, après la parenthèse du Mouvement 20 Février, né dans la foulée des révolutions tunisienne et égyptienne.

Une affiche du groupe d'activistes SHAM(e).
Une affiche du groupe d'activistes SHAM(e).

jeudi 6 novembre 2014

Ce soir 9/11Soirée spéciale sur le barrage de Sivens et les alternatives, en direct de Mediapart dès 18h

Ce soir, François Hollande interviendra sur TF1 à l'occasion de son bilan à mi-mandat. Les alternatives s'esquisseront sur Mediapart en direct depuis la rédaction, dès 18h, lors de notre émission spéciale : Après Sivens, oui, il y a des alternatives !

Dès maintenant notre dossier sur le barrage de Sivens est exceptionnellement en accès libre, toute la journée. Faites-le découvrir autour de vous !


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Dès 18h, le live commence. Nous vous attendons nombreux : réagissez et commentez sur les réseaux sociaux.

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samedi 21 juin 2014

Trois Français d'origine maghrébine en vacances au Maroc arrêtés, torturés, condamnés

La routine au Maroc : ARRESTATION, TORTURE, AVEUX, CONDAMNATION pour trois jeunes Français d’origine maghrébine venus passer des vacances au Maroc !

 « Aidez-nous s'il vous plait à savoir auprès de quel organisme, nous pouvons  nous retourner, afin d'avoir un recours. Pour que mon frère et ses amis soient  relâchés et que ceux qui leur ont fait subir ces tortures  soient punis.
Je suis désespérée,  svp répondez-moi ! »

Le 28 mai 2014 nous avons reçu cet appel sur notre blog solidmar.  Souad R., franco-algérienne, nous fait part de son angoisse en expliquant ce qui est arrivé à son frère Abdel-Aziz parti en voyage au Maroc avec des amis. Abdel-Aziz Redaouia , 33 ans, est franco-algérien, son ami Yassine est franco-tunisien et Tayeb est franco-marocain. Un quatrième compagnon, marocain,  se trouvait avec eux à ce moment.
Abdel-Aziz  et ses amis étaient assis tranquillement dans un billard à Tanger lorsqu’ils voient des membres de la DST sortir d’un 4x4, se diriger vers eux et les arrêter brutalement. Motif : "détention d'armes à feu". Le seul des quatre amis qui était de nationalité marocaine est relâché, mon frère et ses amis sont de nationalité française.
Les policiers leur ont bandé les yeux, attaché les mains et les pieds et les ont amenés au commissariat de Casablanca à 200 km, où ils les ont torturés durant 5 jours.
« Ils les ont tabassés,  leur ont mis la tête sous l'eau, leur ont envoyé des décharges électriques dans les parties intimes à l'aide de batterie de voiture,  leur ont craché dessus. Ils les ont pendus par les pieds, et j'en passe.
Accusés sans la moindre preuve de culpabilité  les inspecteurs de polices les ont forcés à s'accuser les uns et les autres afin d'obtenir des aveux sous contraintes.
Ils ont ensuite été ramenés à Tanger, à la prison où on leur a fait savoir qu’ils sont condamnés à 2 ans de prison. Leur garde-à-vue n’a été déclarée que deux jours plus tard ... au cas où les tortures leur auraient été fatales ?
Mon frère est asthmatique, ils l'ont traité comme un chien.
Aujourd'hui il se trouve incarcéré avec ses amis dans la prison de Tanger pour trafic de stupéfiants, alors qu'ils n'ont même pas été arrêtés pour ce motif au départ ! Les inspecteurs les ont torturés,  afin de leur faire avouer n'importe quoi. »
Ma sœur a pu se rendre à Tanger pour le rencontrer et lui apporter ses médicaments pour l'asthme.
Le jugement en appel est fixé au 9 juin. On leur a dit qu’il serait  probablement reporté au 16.

Mardi Souad nous écrit : «  Le procès n’a pas été reporté, il a eu lieu hier.   En appel le verdict n’a pas été modifié : 2 ans de prison. Pourquoi ? Désespéré, mon frère a tenté de se suicider, les prisonniers qui sont dans sa cellule l’en ont empêché.
 Ils continuent leur grève de la faim. »

Rappelons que ces amis étaient venus au Maroc pour passer des vacances !
Aux dernières nouvelles nous aprenons que la peine pour Tayeb n’est “que” d’un an, mais deux ans pour Abdel-Aziz et Yassine.
Nous avons pu obtenir le nom de l'avocate qui s'occupe de leur cas : Djamila Moualdi. L'AMDH de Tanger a été contactée pour rendre visite et servir de liaison avec ces trois garçons qui n'ont aucun lien familial dans ce pays. Pour le moment aucune réponse.
Ils poursuivent la grève de la faim. Souad a écrit à François Hollande.(à suivre)
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 Maroc le plus beau pays du monde ou les droits de l'homme sont bafoués , piétinés du pied par des sécuritaires qui se croient encore à l'époque des années de plomb...Qu'on arrête de nous faire croire que le Maroc évolue ...il n'y a pas de progrès sans un réel respect des droits de l'homme et de la liberté de chacun et chacune. On continue à arrête, torturer, garder au secret, sans aucune forme de procès les personnes souvent innocentes, au seul tort qu'elles ne partagent pas l'idéologie ambiante dans ce pays où l'injustice et la "hogra" sont le lot quotidien de tout marocains qui n'a pas les moyens d'avoir des relations haut placées et de l'argent pour lui ouvrir certaines portes...
Pendant ce temps là, des généraux tels que ce Bennani qui détient le monopole de la pêche au Maroc, vient se faire soigner en France dans un hôpital militaire...c'est à dire public...c'est à dire payé par nos impôts...c'est à dire par moi, toi et vous tous qui participez à payer le séjour médical de ce multimillionnaire...
 

jeudi 27 mars 2014

Municipales 2014, dimanche 30 à 19h30 : Soirée exceptionnelle «En direct de Mediapart»



Mediapart Live

Municipales 2014, dimanche 30 mars à 19h30 :
Soirée exceptionnelle «En direct de Mediapart»

Offre spéciale anniversaire : 2 mois offerts

Enfin ! Vous pourrez échapper aux pénibles soirées électorales des télévisions, dimanche soir. De 19h30 à 22h30, nous vous proposons une édition spéciale «En direct de Mediapart», diffusée en streaming sur notre site, pour rebondir sur les résultats du second tour des municipales depuis la rédaction.

La soirée sera animée par Frédéric Bonnaud et Edwy Plenel.


Analyse du scrutin, ses conséquences, accélération de la crise de la représentation politique... La rédaction de Mediapart reviendra sur les principaux résultats et débattra avec plusieurs spécialistes.

Rendez-vous sur ce billet de blog pour plus de précisions sur notre soirée live et ses invités.

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e blog pour plus de précisions sur notre soirée live et ses invités.


 

Municipales 2014: le fil de la soirée du 1er tour





Municipales 2014: le fil de la soirée du premier tour

|  Par La rédaction de Mediapart

C’est le premier enseignement du scrutin : les élections municipales, d’ordinaire les plus mobilisatrices avec l’élection présidentielle, affichent cette année une abstention record. Le Front national semble en bénéficier dans les villes où il présentait des candidats. 

 Premiers résultats et analyses.
C’est le premier enseignement du scrutin : les élections municipales, d’ordinaire les plus mobilisatrices avec l’élection présidentielle, affichent cette année une abstention record. Qu’on en juge : selon le ministère de l’intérieur, la participation finale ce dimanche était de 64,13 %, contre 66,54 % en 2008 et 67,38 % en 2001. C'est le plus mauvais résultat de toute la Ve République pour des élections municipales.
Les résultats de ce premier tour semblent indiquer que cette abstention a davantage profité à l'UMP qu'au PS au pouvoir, comme les états-majors des partis le prévoyaient ces dernières semaines. Une chose est sûre, le FN, bien que ne présentant des listes que dans près de 600 villes, semble tirer profit de cette abstention, en se plaçant en tête à Hénin-Beaumont, Béziers, Avignon ou Perpignan.

Grenoble. Coup de tonnerre à gauche. Avec 29,4%, l'écologiste Éric Piolle, soutenu par le PG et des collectifs citoyens, devance de quatre points le socialiste Jérôme Safar (25,3%), successeur désigné du maire sortant Michel Destot. Le candidat UMP arrive derrière avec 20% des voix. « Tout ce que nous avions dit autour de la nécessité de réinventer la gauche est en train de s’incarner dans ce résultat, explique à Mediapart la n°2 de la liste EELV/PG, Élisa Martin. Notre score est important pour la gauche, et je dirais même pour la France. Le PS ici est bien en-deçà de ce qu’il espérait ». Pour la suite, l'incertitude reste encore de mise, quant à une fusion éventuelle des listes. « On a toujours été clair : on proposera au PS de construire une coalition pour gouverner Grenoble, sur la base des résultats du premier tour. Maintenant, c’est à Jérôme Safar de décider ».
Lire notre reportage : A Grenoble, écologistes et PG veulent «réinventer la gauche»

Toulouse. Autre séisme à gauche : avec 37,7%, le candidat UMP-UDI-MoDem, Jean-Luc Moudenc, devance assez largement le maire PS sortant Pierre Cohen (31,6%). Le candidat FN, Serge Laroze, arrive en troisième position avec 8,3%. En ballottage défavorable, Pierre Cohen devrait bénéficier des reports de voix des candidats EELV, Antoine Maurice (7,5%), et PG, Jean-Christophe Sellin, qui a obtenu 5,6%.

Quelques personnalités élues au premier tour. 

 À l'UMP, Jean-François Copé, président du parti, obtient 64,3 % des voix à Meaux (Seine-et-Marne). Laurent Wauquiez recueille 67 % des suffrages au Puy-en-Velay; contre 56% il y a six ans. Alain Juppé est largement réélu à Bordeaux, avec 59,35 % des voix, loin devant le socialiste Vincent Feltesse (23,73 %). Bernard Accoyer réalise 60,98 % à Annecy-le-Vieux (Haute-Savoie). François Baroin est réélu à Troyes (Aube) avec 62,57 % des voix. Christian Jacob, patron des députés UMP, est également réélu avec 73,36 % des voix à Provins (Seine-et-Marne). Guillaume Peltier, porte-parole du courant La Droite forte, recueille 62 % des voix à Neung-sur-Beuvron (Loir-et-Cher). Hubert Falco est réélu à Toulon (Var), avec 58 % des suffrages. Même chose à Saint-Quentin (Oise), où Xavier Bertrand est réélu avec 52,73 % des voix. Philippe Marini, président de la commission des finances du Sénat, est réélu à Compiègne (Oise) avec 64,76 % des suffrages exprimés. Éric Woerth, l'ancien ministre du budget, a réalisé un score de 75,3 % à Chantilly (Oise). Franck Riester est réélu à Coulommiers (Seine-et-Marne) avec 67 % des voix.
À l'UDI, à Épaignes (Eure), Hervé Morin (UDI) est réélu dès le premier tour avec 71,79 % des voix. Yves Jégo obtient 77 % des voix à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne). André Santini est réélu à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) avec 67 % des voix, un score de dix points supérieur à 2008.

Toujours à droite, Éric Besson, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, a été confortablement réélu à Donzère (Drôme) sous l'étiquette divers droite, avec 61,49 % des voix. Nicolas Dupont-Aignant, président de Debout la République, est réélu à Yerres (Essonne).
À gauche, le ministre du travail, Michel Sapin, numéro trois sur la liste socialiste à Argenton-sur-Creuse (Indre), dont il avait abandonné la mairie en entrant au gouvernement, a été élu. Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a été élu au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) sur la liste de Gérard Cosme, dont il était numéro trois. À Tulle, dans l'ancien fief de François Hollande, le candidat du PS Bernard Combes n'a également eu aucune difficulté à emporter la mairie dès le premier tour (65 %). À Bègles, le député (ex-EELV) Noël Mamère a été réélu avec 51,75 % des voix.
Marseille. Dans la cité phocéenne, où le PS est en troisième position avec 20%, derrière le FN (23%%) et l'UMP Jean-Claude Gaudin (38%), et où Patrick Mennucci est seulement deuxième dans son secteur du centre-ville, les militants PS se font rares au QG du candidat socialiste. « C'est la cata», a lancé en arrivant un groupe de militants. « Il va falloir analyser très finement les différences avec les sondages des derniers jours », a expliqué Jean-Paul Giraud, membre de l'équipe de campagne du candidat PS et ex-directeur de cabinet du président de la communauté urbaine.
Lyon. Le maire PS de Lyon Gérard Collomb est en ballottage favorable avec 46%. Dans son arrondissement, le 9e, Gérard Collomb ne totalise que 46% des suffrages, loin devant la liste de son challenger UMP Michel Havard (22%) et celle du FN (13,78%).
Corbeil-Essonnes. Le maire UMP sortant Jean-Pierre Bechter, mis en examen dans l’affaire des achats présumés de voix dans la ville de l’Essonne (lire nos enquêtes sur le scandale Dassaut), arrive en tête avec 45% des voix. En deuxième position, le candidat communiste Bruno Piriou réunit 23% des voix, juste devant le candidat socialiste Carlos Da Silva (22%).

Limoges. Le maire sortant PS Alain Rodet, soutenu par EELV, devra affronter un second tour pour la première fois depuis 1995, à l'issue du premier tour où il s'effondre à 30,11% des voix, un séisme politique dans la métropole limousine où le FN réussit une percée à près de 17%. Le candidat de l'UMP obtient 23,79%, celui de l’UDI 12,32%. La liste emmenée par Gilbert Bernard (PCF) qui recueille 14,15% des voix, peut également se maintenir, menaçant encore davantage le maire sortant.
Strasbourg. La candidate UMP Fabienne Keller arrive légèrement en tête à Strasbourg avec 32,4% des voix devant le maire PS sortant Roland Ries (31,4%). Le FN est en mesure de se maintenir au second tour (10,8% des voix), selon une estimation Ipsos-Steria.
Rennes. La candidate PS Nathalie Appéré arrive en tête avec 35,56 % des voix, devant la tête de liste UMP-UDI Bruno Chavanat, ancien membre du cabinet de Jean-Pierre Raffarin, qui réunit 30,12 %. Le candidat EELV-Front de gauche Matthieu Theurier obtient 15,09 % des suffrages.

Amiens. La gauche peut espérer conserver la mairie. Le PS ne réunit que 24,65% des voix. Mais le maintien du candidat FN (15,55%) prive le candidat de l’UDI (44,80%) de possibles reports au second tour.
Clermont-Ferrand. Le candidat du parti socialiste Olivier Bianchi réunit 30,72%, en retrait de 17% par rapport à 2008. Il devance le candidat de l’UMP (24,24%), le candidat FN Antoine Rechagneux (13%) et le candidat divers gauche Alain Laffont (12%).

Laval. En 2008, le socialiste Guillaume Garot avait arraché Laval à la droite, qui contrôlait la ville depuis 13 ans. Cette année, elle pourrait bien à nouveau basculer. François Zocchetto, candidat d'union de la droite et du centre, pourrait en effet l'emporter d'une courte tête face au maire PS sortant Jean-Christophe Boyer. François Zocchetto réunit plus de 46% des suffrages. Le PS est à 34%. Le FN peut se maintenir (10,12%). Le candidat socialiste peut compter sur les reports du Front de gauche (7,27%) et d’un candidat d’extrême gauche (1,69%). Insuffisant?

Parti socialiste. Harlem Désir a adressé un message qu'il veut « sans ambiguïté » : « Nous ferons tout pour qu’à l’issue de ces élections municipales, aucune ville ne soit dirigée par le Front national. » Peu avant sa déclaration, Hénin-Beaumont a d'ores et déjà basculé dans le giron de Marine Le Pen. À Marseille, Patrick Mennucci devrait terminer le premier tour en troisième position, peu derrière le FN et très loin derrière Jean-Claude Gaudin. Une situation similaire à Nîmes, où droite et FN distancent PS et Front de gauche. Malgré quelques résultats positifs à Tarbes, Guéret, Limoges, Bourges ou Vesoul (entre 15 et 18%), le Front de gauche reste le plus souvent cantonné entre 5 et 10%, et ne profite guère du désaveu socialiste.

Quimper. L’ami du président est menacé. Le PS le redoutait, les électeurs l’ont confirmé : le maire sortant, Bernard Poignant, conseiller de François Hollande à l’Élysée, arrive en deuxième position derrière l’UMP Ludovic Jolivet, soutenu par l’UDI (29,32% pour l’UMP, contre 27,91 % pour le PS). Le MoDem, qui réalise souvent des scores importants dans la préfecture du Finistère, est qualifié pour le second tour avec 14,93% des suffrages pour Isabelle Le Bal. Le FN, qui n’avait pas présenté de liste depuis 2001, réalise plus de 8 % des voix. À gauche, les écologistes se sont effondrés avec 7,6%, contre près de 17 % lors des dernières municipales de 2008, au profit d’une liste de la « Gauche bretonne », avec des régionalistes et des EELV en rupture de ban (6,06%). La gauche radicale dépasse la barre des 5% (5,77 %). Le taux de participation s'élève à 59,64%, soit cinq points de moins qu'en 2008, rappelle Ouest-France.
Avant le premier tour, Poignant s’inquiétait de la démobilisation et du risque d’abstention à gauche (lire notre reportage).

Matignon. Le premier ministre Jean-Marc Ayrault appelle à distinguer entre la volonté de sanctionner le gouvernement et l'enjeu local. Le premier tour « s’est déroulé dans un contexte économique et social difficile pour les Français. La France est engagée dans une politique de redressement indispensable mais exigeante. Certains électeurs, soit par l’abstention, soit par leur vote, ont exprimé leurs inquiétudes voire leurs doutes. La campagne va se poursuivre pour le second tour. La priorité est de se rassembler. L’heure est au rassemblement le plus large et le plus vite possible ». Il a également rappelé la consigne nationale du PS de jouer le front républicain en cas de triangulaires. « Là où le FN est en mesure de l’emporter, l’ensemble des forces démocratiques ont la responsabilité de créer les conditions pour l’en empêcher », a dit l'ancien maire de Nantes. De son côté, Jean-François Copé et François Fillon, pour l'UMP, ont refusé de donner une consigne de vote ou de désistement. 

Lille. La maire sortante, Martine Aubry, (PS) réunit 35 % des voix au premier tour, un chiffre en baisse de 10 % par rapport à 2008. L'ancienne secrétaire du parti socialiste devance le candidat de la droite Jean-René Lecerf (23 %). En troisième position, le candidat du FN Éric Dillies réunit 17 % des suffrages, provoquant une triangulaire pour le second tour.

Nantes. La socialiste Johanna Rolland arrive en tête avec 36,49 % des suffrages exprimés, devant son adversaire UMP Laurence Garnier (21,60 %) et la candidate écologiste Pascale Chiron (12,83 %). Un deuxième tour aura lieu à Nantes dimanche prochain, une chose inédite depuis 1989 et la première élection de Jean-Marc Ayrault.
Fréjus. Le candidat d’extrême droite David Rachline (FN) arrive en tête au premier tour avec 40 % des suffrages. Il devance le candidat UMP-UDI Philippe Mougin, qui réunit 18 %, selon les premières estimations. Derrière le duo de tête, Élie Brun (divers droite) réunit 17,8 % et le candidat PS, Élie Di Meo, 16,4 %. Une quadrangulaire pourrait avoir lieu au second tour.

Cavaillon. Le maire sortant Jean-Claude Bouchet (UMP) est en ballotage favorable avec 41,58 % des voix. Le candidat du FN arrive deuxième avec 35,67 %. Le candidat EELV, qui représente la gauche, atteint seulement 17,56 % des suffrages.

Hénin-Beaumont. Le candidat Front national Steeve Briois est élu au premier tour avec 50,15 % des voix.

Perpignan. Louis Aliot (FN) est en tête à Perpignan avec 33,8 %, un score en hausse de 20 % par rapport à 2008, selon les premières estimations. Le candidat divers droite Jean-Marc Pujol réunit 30 % des voix. En troisième position, le candidat PS-PCF Jacques Cresta provoque une triangulaire avec 12 %. La liste divers droite obtiendrait 9,9 % et ne pourrait donc pas se maintenir, pas plus que la liste EELV (6,1 %).

Exécutif. Sur les plateaux télé, les ministres du gouvernement reprennent les mêmes éléments de langage. En résumé : les électeurs ont envoyé un message à l'exécutif, mais les municipales relèvent d'un enjeu local et les sympathisants de gauche doivent se mobiliser pour le deuxième tour. « Il y a des inquiétudes, des attentes, peut être du mécontentement. Le gouvernement a engagé une politique de redressement difficile, mais les résultats vont mettre encore du temps. Mais nous sommes en train de parler d’une élection municipale – donc ce qui se joue c’est la mobilisation des électeurs la semaine prochaine. Des villes gérées par la droite et des villes gérées par la gauche, ce n’est pas la même chose. Il s’agit de se mobiliser la semaine prochaine », a ainsi expliqué Marisol Touraine sur TF1. Un peu plus tôt, sur France 2, Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, avait dit la même chose « L'électorat de gauche a envoyé un message. Il est parfaitement compris. Mais la première chose, le soir du premier tour, c’est d’appeler à la mobilisation du 2e tour. » « Le 2e tour doit être l’occasion d’une mobilisation pour porter des idées et une action au niveau local », a-t-il insisté. 

Pau. Le leader du MoDem François Bayrou, soutenu par l’UMP, est en ballotage favorable avec 41 % des suffrages, selon les premières estimations. « Être à ce point soutenu par les électeurs, (…) c’est pour moi une émotion très grande », a déclaré l’ancien candidat à la présidence de la République. En deuxième position, le député PS David Habib obtient 26 % des voix, un score inférieur de 13 % aux résultats de 2008. Le FN est troisième avec 7 % des suffrages.
Notre reportage à Pau : À Pau, Bayrou mise sur sa notoriété et fustige le «socialisme municipal»

Front de gauche. Un communiqué du Parti de gauche affirme que « les premiers résultats et estimations qui nous parviennent montrent les très belles performances des listes FdG autonomes »« Les scores à deux chiffres dans de nombreuses villes traduisent un enracinement et une nette progression, faisant ainsi du FdG l'alternative dynamique à un PS en déconfiture », ajoute le texte, qui donne quelques résultats :  Grabels (Herault) : 49,97 %; Épernay (Marne) : 12,3 %; Limoux (Aude) : 11,37 %; Lanester (Morbihan) : 16 %…
Mulhouse. Le maire sortant UMP Jean Rottner réunit 44 % des voix, suivi par le candidat PS Pierre Freyburger (33 %) et la candidate FN Martine Binder (22 %). Le score du parti d’extrême droite augmente de 12 % par rapport à 2008. Une triangulaire en perspective pour le deuxième tour.

Marseille. Dans la salle de presse à la permanence de Patrick Mennucci, candidat PS, les journalistes ont les yeux rivés sur TF1 où tombent les résultats du FN : 50 % à Hénin-Beaumont, en tête à Avignon, à Fréjus, etc. Pas de chiffres à Marseille avant 20h45. « Mais on sait à peu près quels vont être les résultats quand on voit ce qui se passe ailleurs », grimace une attachée de presse de l'équipe Mennucci. « C'est la cata», lance un groupe de militants. Selon les premières estimations à l'échelle de la ville, le FN devance le PS. À 22 heures, Patrick Mennucci s'est enfin décidé à s'adresser aux journalistes : « C'est un jour sombre pour la France. » « Je suis convaincu que le changement auquel aspire les Marseillais ne passera pas par le FN, ni par l'immobilisme de la mairie sortante », a déclaré le candidat PS lors d'une rapide allocution, devant les mines abattues des rares militants présents. Dans les arrondissements du 4e et 5e secteur, la ministre Marie-Arlette Carlotti arriverait en troisième position, derrière le sénateur UMP Bruno Gilles et le FN. « Il va falloir analyser très finement les différences avec les sondages des derniers jours », dit une source au sein de l'équipe de campagne du candidat PS. « C'est la claque, mais pas qu'ici », dit Jacques Boulesteix, astrophysicien et candidat dans les quartiers Nord.

Nîmes. Selon les premières estimations, le maire sortant Jean-Paul Fournier (UMP) totalise 35,84 % des suffrages, devant le candidat FN Yoann Gilet qui réunit 20,41 % des voix, triplant son score par rapport à 2008. Suivent la candidate PS Françoise Dumas avec 15,68 % et le candidat du Front de gauche avec 12,30 %. Le candidat divers gauche réunit 10,39 %.
Orange. Le maire sortant d’extrême droite Jacques Bompard est réélu avec 59 % des suffrages.

National. Les premières données et résultats laissent entrevoir un profond recul des listes socialistes, une abstention à peu près aussi forte qu'en 2008 et une nette progression du FN. Certaines villes paraissent déjà perdues pour les maires socialistes sortants, comme Saint-Étienne, Amiens, Pau ou Nancy. À Niort, ville socialiste depuis 60 ans, la ville a basculé à droite dès le premier tour. À Nîmes, Perpignan, Béziers, Saint-Gilles ou Fréjus, le FN paraît proche de l'emporter. À Hénin-Beaumont, Steeve Briois l'emporte au premier tour… De nombreuses triangulaires avec le FN, estimées autour de 200, vont avoir lieu dimanche prochain.
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 Trouvé sur facebook

vendredi 28 février 2014

La justice française est-elle indépendante (incident diplomatique avec le Maroc) ?

La réponse est oui si l’on examine ce qui s’est passé ce jeudi 20 février, lorsque 7 policiers sont venus à Neuilly-sur-Seine à la Résidence de l’ambassadeur du Maroc en France pour notifier à Monsieur Abdellatif Hammouchi, Directeur général de la Surveillance du territoire marocain (contre-espionnage) alors de passage à Paris, une convocation émanant d’un juge d’instruction français.

 Des faits de torture attestés par de nombreuses victimes
Ce courageux juge le convoquait pour une audition dans le cadre d’une plainte pour faits de torture, plainte déposée par l’ONG française Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), en défense du Franco-marocain Adil Lamtalsi, torturé dans le centre de détention secret de Temara, QG de la DGST au Maroc justement, dont les autorités marocaines nient l’existence. Pourtant, des dizaines de témoignages de torturés attestent du contraire, y compris ceux de détenus étrangers qui y ont été interrogés et torturés à la demande des États-Unis de George Bush. Voir ci-dessous l’article de Slate Afrique :

La légalité de la démarche entreprise par le juge
Le Maroc en a fait une crise de nerfs, exigeant « avec insistance que des explications urgentes et précises soient données à cette démarche inadmissible et que les responsabilités soient identifiées ».
Rien que de tout-à-fait légal pourtant : les policiers sont seulement venus notifier à Abdellatif Hammouchi une convocation à une audition, dans le cadre d’une plainte pénale déposée au nom d’une victime française, ils ne se sont pas emparés de l’accusé ! Et l’ on imagine bien que le Ministère des Affaires étrangères français, qui s’est confondu en excuses, a permis à A. Hammouchi de faire valoir une immunité diplomatique pour échapper à l’audition réclamée par le juge…

 Une mascarade diplomatique efficace ?
Personne n’est dupe. Si ce sont 7 policiers qui ont apporté la notification à A. Hammouchi, alors que le ministre de l’Intérieur du Maroc était en réunion à la résidence de l’ambassadeur avec plusieurs journalistes, ce n’est certainement pas pour passer inaperçus ! Une telle action avait besoin d’une grande visibilité.
L’impunité d’A. Hammouchi n’est pas entamée, malheureusement. Mais son nom a couru dans tous les médias. Il ne pourra pas revenir si tranquillement en France, ni peut-être ailleurs, dans d’autres pays qui pratiquent la compétence universelle dont on va parler plus loin. La justice a bien fait son travail.

 La torture aussi contre les militants sahraouis
D’autres plaintes ont d’ailleurs été déposées dans le même sens, dont une ce jeudi 20 février (pure coïncidence !) auprès du doyen des juges d’instruction de Paris par le militant sahraoui Naama Asfari et son épouse Claude Mangin, de nationalité française, pour les sévices que Naama a subis en détention préventive au Maroc, au cours des 27 mois qui ont précédé son procès. Depuis, le militant sahraoui a été condamné par un tribunal militaire à 30 ans de prison en février 2013, alors qu’il avait été arrêté la veille des faits qui lui sont reprochés… 21 autres activistes sahraouis militant pour le droit de leur peuple à l’autodétermination ont été condamnés par ce tribunal militaire à des peines allant de 20 ans à perpétuité, après les mêmes 27 mois de préventive, avec pour seule preuve des aveux extorqués sous la torture....
Pour Maître Joseph Breham, avocat de Naama Asfari et de sa femme, « la plainte déposée en France doit amener la justice française à identifier les auteurs et donneurs d’ordre des tortures fréquemment infligées aux militants sahraouis. Actuellement, l’État de droit est tel au Maroc qu’une telle enquête n’y est pas possible. »
En dépit de ses protestations de vertu offensée, l’État marocain n’a en effet « jamais enquêté sérieusement sur les graves violations des droits de l’homme perpétrées à l’encontre des militants sahraouis » au long du règne de Mohammed VI, et ce « malgré les dénonciations réitérées et documentées tant de la société civile que de la communauté internationale » (citation de l’ACAT).
Plus, le dernier rapport de Human Rights Watch sur Maroc/Sahara Occidental, en date du 21 janvier 2014, précise : « Au cours des deux ans et demi qui se sont écoulés depuis que le Maroc a approuvé une nouvelle Constitution, le gouvernement n’a adopté aucune législation pour donner force de loi aux fortes protections des droits humains de la Constitution. » Et Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW, ajoute : « Quand il s’agit des droits humains, le Maroc ressemble à un vaste chantier où les autorités annoncent à grand bruit de vastes projets, mais retardent ensuite la finition des fondations… »

 De la compétence universelle…
La loi française (articles 689-1 et 689-2 du code de procédure pénale) prévoit, en application des conventions internationales, que toute personne qui s’est rendue coupable hors du territoire de la République de faits de « torture ou autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants » « peut être poursuivie et jugée par les juridictions françaises, si elle se trouve* en France » (* : « si elle se trouve » ne signifiant pas si elle y habite, mais si elle y est de passage).
On parle ici de « compétence universelle », qui permet à la justice d’un État, telle la France, de poursuivre les auteurs de certains crimes, quel que soit le lieu où le crime a été commis, et sans égard à la nationalité des auteurs.
Le but d’une pareille disposition est d’empêcher l’impunité des crimes les plus graves. Robert Badinter le développait lors de débats au Sénat en juin 2008 : « Pour certains crimes qualifiés d’‟internationaux” dont la gravité est si évidente qu’elle alerte les consciences et mobilise la communauté internationale, la position du législateur français a toujours été constante […] : si l’auteur présumé se trouve sur le territoire français, alors il y a compétence de la justice française. »
Tel était le cas de M. Abellatif Hammouchi, responsable de la DSGT dont les agents avaient été vus à plusieurs reprises lors des séances de torture des militants sahraouis.
Quand ils ont appris que le directeur de la DSGT était sur le territoire français, ce jeudi matin 20 février, le défenseur de Naama Asfari et l’ACAT ont immédiatement déposé une nouvelle plainte sur le fondement de la compétence universelle auprès du Pôle spécialisé dans les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et la torture du tribunal de Paris.
 Revenons à l’incident diplomatique Maroc-France…
Vu le contexte du passage des policiers à la résidence de l’ambassadeur du Maroc, ce fut l’emballement médiatique autour de cette nouvelle plainte (une troisième plainte a d’ailleurs été déposée dimanche 23 février contre le patron du contre-espionnage marocain par l’avocat de Zakaria Moumni, un ancien sportif qui lui aussi est passé par le centre de Temara où il affirme avoir subi des sévices, dont une séance en présence d’A. Hammouchi lui-même).
Au-delà des gesticulations marocaines – dont le « report » d’une visite de Nicolas Hulot, « envoyé spécial du président français pour la planète », qui était prévue pour lundi 24 et mardi 25 au Maroc –, le problème est bien celui des relations franco-marocaines. Maître Breham l’exprimait lors du dépôt de plainte contre A. Hammouchi au nom de Naama Asfari : « Nous espérons que le parquet ne sacrifiera pas la nécessité de lutter contre la torture sur l’autel des bonnes relations avec le Maroc ».
 …et à l’indépendance de la justice française
Car, malheureusement, le sauvetage des « bonnes relations avec le Maroc » a déjà eu des effets pervers sur l’exercice de la justice dans notre pays. Un exemple récent en est ce qui s’est passé en France autour de l’affaire Ben Barka. Voir l’article de Michel Deléan publié le 16 février 2014 sur Mediapart :
En résumé, Me Maurice Buttin, qui défend la famille de Mehdi Ben Barka depuis 1966, soit depuis près de 50 ans, est passé devant la justice mardi 18 février 2014 à Lille pour violation du secret professionnel… sur plainte de l’un des suspects de l’enlèvement du célèbre opposant marocain justement, un homme toujours recherché et réfugié au Maroc. Cette « violation du secret professionnel » concerne la diffusion d’un reportage de France 3 annonçant, le 22 octobre 2007, l’émission par un juge français de plusieurs mandats d’arrêt internationaux contre des ressortissants marocains impliqués dans la disparition de M. Ben Barka (juste au moment, il est vrai, où Nicolas Sarkozy et Rachida Dati arrivaient pour une visite officielle de trois jours au Maroc…). En janvier 2009, Me Buttin reconnaissait sans difficulté devant le tribunal de grande instance de Lille avoir donné des informations sur l’émission des mandats d’arrêt internationaux aux journalistes de France 3. Le parquet de Lille avait requis le non-lieu, mais le juge d’instruction a renvoyé Me Buttin devant le tribunal correctionnel pour le même motif de violation du secret professionnel par une ordonnance du 5 juillet 2013. Pourquoi pas : il n’y a pas plus indépendant qu’un juge d’instruction. Le verdict est attendu pour le 15 avril.
Mais, tandis que la justice s’exerce jusqu’au bout pour répondre à un dépôt de plainte venant du Maroc contre un avocat français à la probité reconnue, elle est remarquablement empêchée de poursuivre des Marocains inculpés dans l’enlèvement en France et la disparition (pour ne pas dire l’assassinat) de Mehdi Ben Barka.
En effet, les mandats d’arrêt internationaux émis en 2007 par le juge d’instruction Ramaël dans le cadre de cette affaire l’ont été contre 5 personnes, dont le général Hosni Benslimane, 78 ans, actuel chef de la gendarmerie royale marocaine. Or ces mandats d’arrêts internationaux n’ont toujours pas été diffusés !! En octobre 2009, après plusieurs interventions auprès du ministère de la justice, quatre de ces mandats étaient sur le point d’être lancés… mais ils furent aussitôt gelés car Interpol et le parquet de Paris demandaient plus de précisions. Absolument rien depuis.
On sait que le général Benslimane a dû quitter précipitamment Londres où il était pour assister aux Jeux Olympiques en 2012, suite à une réquisition du juge Ramaël. Scotland Yard a préféré le faire partir plutôt que de l’arrêter… Il arrive aussi à H. Benslimane de se promener en Espagne, où il tombe pourtant là aussi sous le coup d’une inculpation pour la disparition forcée (crime contre l’humanité) de plusieurs dizaines de Sahraouis de nationalité espagnole, en 1976, lorsque l’armée marocaine a envahi le Sahara Occidental. 

Impunité totale.
 Un scandale qui concerne les responsables politiques français
Devant les rodomontades du pouvoir marocain – et tandis que celui qui devait être auditionné est tranquillement retourné au Maroc –, on peut espérer que les responsables politiques français, qui ont hérité de cette situation de la période Sarkozy et antérieure, sauront discriminer, c’est-à-dire permettre à la justice de faire son travail, et faire valoir auprès du Maroc que l’impunité est inacceptable.
 Pour finir en élevant le débat, je citerai Hélène Legeay, la responsable Maghreb-Moyen Orient de l’ACAT, ONG qui a aussi déposé une plainte auprès du Comité contre la torture de l’ONU pour les sévices subis par Naama Asfari, le militant sahraoui condamné à 30 ans de prison en février 2013 : « À travers le cas de Naama Asfari, nous appelons le CAT et les Nations Unies à condamner le phénomène tortionnaire et l’impunité au Maroc. Le royaume, soucieux de son image sur la scène internationale, sera amené à rendre des comptes s’il est condamné. Une condamnation par le Comité contre la torture serait un premier pas significatif dans la lutte contre l’impunité et encouragerait les autres victimes sahraouies et marocaines à porter plainte devant l’ONU, jusqu’à ce que la justice marocaine décide de rendre justice elle-même. »