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lundi 24 août 2015

En défense des lanceurs d’alerte

Julian Assange a été ovationné aux Journées d’été d’EELV lors d’un débat sur les lanceurs d’alerte que j’animais. Retour en vidéos sur une cause fondatrice de Mediapart : le droit de savoir sans lequel il n’est pas de démocratie véritable. 
Le virtuel, c’est du réel (bis, voir ici un précédent billet, de 2014). Journal indépendant et participatif, c’est-à-dire ne vivant que de ses lecteurs et, de ce fait, leur devant des comptes, Mediapart va régulièrement à la rencontre du public. Ce fut notamment le cas ces temps derniers à propos des bouleversements induits par la révolution numérique dans le paysage des médias, avec le surgissement de ces nouveaux héros de la liberté de l’information que sont les lanceurs d’alerte, ces citoyens qui prennent leur risque et assument leur responsabilité pour dénoncer des atteintes aux droits fondamentaux commises à l’abri de la puissance, financière ou étatique.
C’est donc tout naturellement que j’ai accepté l’invitation de la députée européenne Eva Joly à animer, vendredi 21 août à Lille, une table-ronde sur le thème : « Lanceurs d’alerte, ils protègent la démocratie, protégeons les ». Y participaient le député socialiste Yann Galut et les lanceuses d’alerte Stéphanie Gibaud et Nicole Marie Meyer. Mais aussi, en duplex depuis l’ambassade de l’Equateur à Londres, Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. Ce fut l’occasion d’un moment rare, de rassemblement et de ferveur autour d’une cause commune essentielle pour l’avenir de nos démocraties :

Lanceurs d'alerte, protégeons les ! aux Journées d'été EELV le 21/08/2015
La pétition, lancée par EELV, pour que la France accorde l’asile à Julian Assange peut être signée ici. J’aurais évidemment accepté de la même façon un tel débat sous d’autres parrainages politiques, tant cette cause n’a pas de frontières partisanes. 

samedi 22 août 2015

TAFTA : RENCONTRE AVEC JULIAN ASSANGE


“ Plus près des jetables que des notables. ”




QUI VEUT GAGNER CENT MILLE EUROS TOUT EN

 DÉTRUISANT LE CAPITALISME ?

Le
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"Si Wikileaks révelait des secrets nords-coréens, Julian Assange se verrait attribuer le Prix Nobel de la Paix..."
C’est facile, il vous suffit de faire parvenir le texte du TAFTA à Wikileaks. L’organisation de Julian Assange vient de lancer un appel pour récolter 100.000 euros comme prime à celui qui fera fuiter le texte du TAFTA. Et ça marche, le jour même plus de 21.000 euros étaient déjà versés. Des personnalités comme Yanis Varoufakis, l’ex-ministre grec des finances, ou Daniel Ellsberg, qui avait divulgué les "Pentagon Papers" à la presse américaine en 1971, s’associent à l’opération. Mais pourquoi faut-il percer ce secret ?
TAFTA (ou TTIP) c’est le petit nom du Traité de commerce transatlantique qui va faire de l’Europe et des États-Unis un seul grand super marché commun pour 820 millions d’heureux consommateurs. Finies les barrières douanières et les différentes réglementations, nous roulerons bientôt nos caddies dans la plus grande zone de libre-échange au monde. Engagées en juillet 2013, les négociations devraient passer à la vitesse supérieure cet automne, selon la Commissaire européenne au commerce, Cécilia Malmström. Pour ces veinards d’européens, TAFTA va être à l’économie ce que l’OTAN est à la défense.

samedi 11 juillet 2015

Lettre à François Hollande à propos du refus d'asile pour Julian Assange

Monsieur François HOLLANDE
Président de la République
Palais de l’Élysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS

Le 10 juillet 2015
Affaire suivie par l’UGICT-CGT

Monsieur le Président de la République,

Julian Assange vous a adressé le 3 juillet dernier une demande d’asile en France. Julian Assange n’a pas choisi la France par hasard. Cette demande procède certes de raisons familiales, mais surtout du rapport historique particulier qu’entretient notre pays avec les droits de l’homme. Sa demande est une marque de confiance pour notre pays, qui pose des questions fondamentales que l’on ne peut évacuer de façon expéditive. Nous sommes donc interpellés de la réponse négative apportée par vos services moins de 24 heures après l’expression de la demande de Julian Assange. La question est trop grave pour en rester à un classement sans suite, d’autant que ceci arrive après les difficultés rencontrées par Edward Snowden et reflète une problématique qui se reposera à l’avenir.
Julian Assange, vous le savez, vit reclus dans 5m2 à l’Ambassade d’Equateur à Londres, sans aucun accès à l’extérieur, au jardin ni même à une terrasse. Il est séparé de sa famille et de ses proches, dont certains se trouvent en France. L’origine de ses difficultés ? Avoir eu le courage de rendre publics des documents qui révèlent les abus criminels de l’armée américaine, les mensonges de l’administration ou encore les écoutes de la NSA. Et c’est précisément pour cette raison que la France devrait répondre favorablement à la demande d’asile de Julian Assange. Les documents que Wikileaks a révélés démontrent que l’ensemble des acteurs politiques et économiques français sont écoutés par la NSA. Ceci interroge sur la réalité de la souveraineté de notre pays, et attaque de plein fouet nos intérêts économiques, que vous placez d’ailleurs au coeur de votre politique étrangère. Plutôt que de brider les libertés en adoptant une directive sur le secret des affaires ou une loi sur le renseignement, nous ferions mieux au niveau français comme européen, de faire vivre les libertés fondamentales qui sont notre marque de fabrique et de mettre en place des mesures communes pour protéger nos intérêts face aux écoutes de la NSA. Il ne nous appartient pas de juger de la réalité des faits qui sont reprochés à Julian Assange en Suède, nous souhaitons que la justice suédoise puisse faire son travail. Cependant, au vu de la situation particulière de M. Assange, il nous parait tout à fait légitime pour garantir sa sécurité qu’il puisse être entendu à distance.
La voix de la France porte dans le monde lorsqu’elle incarne les valeurs des Lumières, de la Révolution Française et de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est en vertu du préambule de notre constitution qui prévoit que « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République » que nous vous demandons d’accorder l’asile à Julian Assange. La France s’est honorée en 2003, lorsqu’elle a refusé le chantage à la guerre en Irak et a marqué son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. L’histoire nous donne aujourd’hui malheureusement raison. 
La question posée par la demande d’asile d’un lanceur d’alerte comme Julian Assange est politiquement comparable à celle qui nous était posée en 2003. La révolution numérique et ses potentialités seront-elles récupérées au service de la surveillance généralisée ou ouvriront-elles sur de nouveaux espaces dedémocratie et d’expression des libertés ?
Il incombe au Président de la République de se placer au-dessus des considérations de politique intérieure, des intérêts économiques ou encore des   partenariats internationaux pou que la France se positionne à la hauteur de ses valeurs et de son histoire. Nous comptons sur votre sens des responsabilités pour donner une suite favorable à la demande de Julian Assange.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.
 Bertrand Bocquet, président de la Fondation Sciences Citoyennes ; Vincent Brossel, directeur de Peuples Solidaires ; Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac ;   Antoine Deltour, lanceur d’alerte de LuxLeaks ; Françoise Dumont, présidente de la LDH ; Stéphanie Gibaud, lanceuse d’alerte d’UBS ; Cécile Gondard-Lalanne et Eric Beynel, co-délégué-es généraux de l'Union syndicale Solidaires ; Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU ; Marie-José Kotlicki, secrétaire générale et Sophie Binet, secrétaire générale adjointe de la CGT des Ingénieurs, Cadres et Techniciens ; Bruno     Lamour, président du Collectif Roosevelt ; Severine Tessier, présidente d'Anticor ;  Emmanuel Vire, secrétaire général du Syndicat National des Journalistes CGT.

samedi 5 octobre 2013

France : solidarité avec Ali Anouzla lors de la soirée Mediapart-RSF sur la liberté de l'information


La grande réunion publique organisée dimanche soir à Paris par Mediapart et Reporters sans Frontières a été l'occasion d'expliquer l'affaire Ali Anouzla et de mobiliser les soutiens en faveur du co-fondateur de Lakome et directeur de sa version arabophone, détenu depuis le 17 septembre dernier.
Le journal électronique français Mediapart et l'organisation Reporters sans frontières ont organisé dimanche soir une grande réunion publique au Théâtre de la Ville, à Paris, également retransmise en direct en vidéo. Une soirée dédiée à la liberté d'information avec une pléiade d'invités prestigieux comme Julian Assange (WikiLeaks, en duplex), le grand reporter Florence Aubenas (RSF) et l'intellectuel Edgar Morin.
Le co-fondateur de Lakome et directeur de sa version francophone, Aboubakr Jamai, y a également participé et a profité de la tribune pour expliquer l'affaire Anouzla. 

Vidéo de l'intervention d'Aboubakr Jamai
http://youtu.be/EwVEqZKpimc



Edwy Plenel, fondateur et directeur de Mediapart (crédit Ghali Bensouda)
Florence Aubenas, grand reporter et ex-otage en Irak (crédit Ghali Bensouda)

Edgar Morin, ancien résistant et intellectuel français (crédit Ghali Bensouda)