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lundi 9 mai 2016

Benkirane est-il corrompu ?

Benkirane est-il corrompu ?

Par Naïm Kamal //mai, 07 à 12:53
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20% des Marocains interrogés dans une enquête de Transparency considèrent le chef du gouvernement comme corrompu. Ce n’est pas beaucoup, mais ce n’est pas rien et subitement moins rigolo.

« Le manque de satisfaction vis-à-vis de dirigeants et régimes corrompus était un catalyseur clé du désir de changement dans la région, en particulier lors des manifestations du Printemps arabe. Cinq ans plus tard, l’étude montre que les gouvernements n’ont fait que peu pour mettre en œuvre les lois contre la corruption », relève Transparency International. Tranparency n’a pas tort sur tous les points, mais se goure au moins une fois : Il n’y a pas eu de printemps arabe. Sinon la Libye serait un champ de blé, la Syrie un jardin de coquelicots, l’Egypte un enclos de tulipes et le Yémen heureux un Eden tout court. L’Irak n’en parlons pas. Partout les indicateurs de la corruption sont au rouge. C’est vrai qu’il s’agit d’un sondage et donc d’une simple perception ou impression, mais globalement pratiquement partout ils sont nombreux les sondés qui considèrent que la corruption s’est aggravée. Au Maroc, ils sont 24% contre 42% qui estiment que la prévarication est restée au même niveau et en conséquence n’a connu aucune amélioration sous ce gouvernement dirigé par les islamistes du PJD, chantres de la rectitude.

samedi 28 juin 2014

Pourquoi la France est devenue la complice du Makhzen




M6 à l'Elysée avec le président Hollande (Photo AFP)
                          M6 à l’Elysée avec le président Hollande (Photo AFP)
Plusieurs incidents diplomatiques survenus en France ont empoisonné le « partenariat d’exception » entre les deux pays, forçant Paris à faire du zèle.
Rien ne va plus entre Rabat et Paris. Déjà ternie par la convocation en février dernier du chef de la DST marocaine par la justice française, l’idylle entre le Maroc et la France a subi la semaine dernière un nouvel accroc. De passage à Paris mercredi pour être hospitalisé au Val-de-Grâce, le général marocain Abdelaziz Bennani aurait reçu une lettre de menace. « Une lâche agression morale », affirme le royaume dans un communiqué.
Son auteur, Mustapha Adib, ancien capitaine de l’armée, a été emprisonné par le passé au Maroc après avoir porté des accusations de corruption au sein de l’institution, notamment de détournement de carburant par des officiers. Contacté par l’Agence France-Presse, l’homme confirme qu’il a voulu rendre une visite au général hospitalisé. « Mais elle n’a pas été autorisée et j’ai remis des fleurs et un mot », précise-t-il. Placé en garde à vue par la police, il a annoncé vendredi, par le biais de son avocat, qu’il avait porté plainte contre le roi du Maroc, Mohammed VI, et le général Abdelaziz Bennani pour « traitements cruels et dégradants ».

Fureur du Maroc

L’incident a en tout cas provoqué la fureur de Rabat. Dans un communiqué publié par l’agence de presse marocaine MAP, le Premier ministre Abdelilah Benkirane dénonce un « acte de provocation », soulignant que le général Bennani et sa famille ont été « outrageusement provoqués et agressés moralement dans l’enceinte de l’hôpital ». Mais loin de se cantonner à l’ancien capitaine, qualifié de « repris de justice notoire et connu des autorités françaises », le chef du gouvernement marocain incrimine également la France, dont l’ambassadeur au Maroc a été convoqué jeudi pour se voir signifier « le vif mécontentement du royaume ».
Le Premier ministre marocain en est convaincu : l’affaire n’est « pas isolée et survient à la suite d’actes de provocation ayant visé, à Paris, de hauts responsables sécuritaires et diplomatiques marocains ». « Cette succession d’actes graves, qui traduisent un réel acharnement, interpelle le gouvernement marocain sur les intentions et la volonté des autorités françaises », conclut son communiqué. Pointée du doigt par Rabat, la France préfère obtempérer et annonce qu’elle a ouvert une enquête et pris les « mesures de protection nécessaires » pour les officiels marocains.

« Complicité de torture »

« Il est totalement anormal qu’une haute personnalité marocaine, qui vient en France pour des traitements médicaux, se voie délivrer des lettres menaçantes », souligne le Quai d’Orsay, tout en expliquant que « ce qui s’est passé au Val-de-Grâce est un incident isolé ». Ce n’est sûrement pas l’avis de l’avocat de Mustapha Adib, maître Moutet, pour qui « la garde à vue de Mustapha Adib, orchestrée en urgence absolue par la diplomatie française à la demande de Rabat, est une réponse totalement démesurée, qui prend évidemment sa source dans d’autres dossiers, dont M. Adib est aujourd’hui la victime collatérale ».
En d’autres termes, son client serait otage de la crise diplomatique qui oppose Paris et Rabat depuis quatre mois. Le 20 février dernier, Abdellatif Hammouchi, chef de la DST marocaine, de passage à Paris avec son ministre de l’Intérieur, est interpellé par la police à la résidence de l’ambassadeur du Maroc en France. Le patron du contre-espionnage marocain se voit remettre une convocation devant la justice française pour « complicité de torture » après une plainte déposée en 2013 par l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat).

« Partenariat d’exception »

Pour apaiser la colère de Rabat, Paris va jusqu’à empiéter sur le terrain de la justice, en demandant que « toute la lumière soit faite » sur cet « incident regrettable ». Une remise en cause du principe de séparation des pouvoirs, juge à l’époque l’Acat. Et une action inutile. François Hollande a beau appeler en personne le roi du Maroc pour apporter des « clarifications », rien n’y fait. Une semaine plus tard, le royaume suspend sa coopération judiciaire avec la France.
Premières victimes, le million de Marocains habitant en France, ainsi que les 80 000 ressortissants français du royaume, dont les procédures judiciaires (litiges parentaux, versements de pensions, demandes d’extradition, transferts de prisonniers, auditions de témoins) demeurent désormais bloquées. Soulignant le « partenariat d’exception » qui lie les deux pays (la France est le premier partenaire commercial du Maroc), le Quai d’Orsay dit aujourd’hui « travailler activement pour que la coopération judiciaire puisse reprendre rapidement ».
Or, faute d’avancée concrète sur les pourparlers, aucune rencontre politique à haut niveau entre les deux États n’est à l’ordre du jour. Au contraire, de nouveaux incidents sont venus ternir encore plus la relation bilatérale. Fin février, l’acteur espagnol Javier Bardem a attribué à l’ambassadeur de France à l’ONU des propos selon lesquels le Maroc serait la « maîtresse » de la France. Nouveau couac un mois plus tard, à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle : contrairement aux usages diplomatiques, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, subit une fouille approfondie lors d’un contrôle policier, amenant Laurent Fabius à présenter publiquement ses excuses au Maroc.
Source : Le Point avec AFP
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Bassima Hakkaoui entre le marteau et l’enclume



Ecartelée entre ses propres convictions et un ministère 
plus honorifique que politique, Bassima Hakkaoui fait 
l’objet de nombreuses critiques. Explications.

Deux ans et demi après sa prise de fonction, Bassima Hakkaoui continue, à tort ou à raison, de faire couler beaucoup d’encre. Lors d’une visite à Guelmim, le 30 mai dernier, la ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et du Développement social aurait été la cible d’un lancer de chaussure raté. Quelques jours plus tôt, la presse évoque des démissions au sein de son ministère. Une rumeur démentie par son cabinet. Encore une occasion pour ses détracteurs de critiquer ouvertement son idéologie conservatrice, à défaut de pouvoir lui reprocher son appartenance au PJD. Le mouvement féministe, estampillé progressiste, se plaint de devoir jouer des coudes avec un parti au pouvoir « qui s’était opposé à la réforme de la Moudawana », lâche d’emblée Khadija Rougani, avocate et membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). D’autres, à l’instar de Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique des droits des femmes, déplore « la propension de la ministre à exclure la société civile lorsqu’il s’agit d’élaborer des programmes ou des projets de loi en faveur des femmes ». Une fâcheuse habitude dont Bassima Hakkaoui est parfois capable de se défaire, à en croire Fatim-Zahra Alami, porte-parole du collectif Kafala Maroc : « Si la ministre s’y prend assez mal lorsqu’il s’agit des femmes, elle a en revanche créé le consensus autour du Plan de politique intégrée pour la protection de l’enfance, adopté en avril 2014, et pour lequel elle a sollicité l’ensemble des acteurs travaillant sur cette thématique ».

Ikram, le plan de la discorde

C’est le Plan Ikram pour l’égalité homme-femme qui a définitivement déterré la hache de guerre entre Hakkaoui et la majorité des ONG féministes. Initié par Nouzha Skalli (PPS) en 2011, il est devenu, en 2012, l’un des plus grands chantiers lancés par l’actuelle ministre. Sauf qu’il aurait été « amputé et conformé à ses convictions islamistes plutôt qu’à l’article 19 de la Constitution», tonne Saïd Saâdi, ex-ministre des Affaires sociales et de la Famille. Parmi les mesures supprimées par Bassima Hakkaoui, le droit à l’avortement partiel et « tout un volet consacré à la diffusion de la culture de l’égalité », poursuit Saâdi. Quelques mois plus tard, Bassima Hakkaoui a aussi élaboré un projet de loi contre les violences faites aux femmes. « Un texte primordial », selon Fouzia Assouli, qui regrette cependant « une loi trop généraliste, aux airs de mesurette, où aucun mécanisme de protection des femmes n’est prévu et où le viol conjugal n’est toujours pas pénalisé ». Interrogée sur la non-pénalisation du viol conjugal, Bassima Hakkaoui nous explique que « ce projet de loi punit le harcèlement sexuel de deux ans de prison ferme. Une peine qui peut aller jusqu’à cinq ans lorsque l’auteur est un parent ou un tuteur de la victime ».
Parmi les autres réalisations concrètes du Plan Ikram, la création de l’Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discriminations (APLCD), un mécanisme prévu par la Constitution de 2011. « Là encore, Bassima Hakkaoui a constitué sa propre commission sans nous consulter. Ce travail a été rendu il y a un an, et nous n’en avons plus jamais entendu parler depuis », affirme Fouzia Assouli. Cette instance, « élaborée en étroite collaboration avec la délégation interministérielle aux Droits de l’homme, est en circuit de validation », rétorque pour sa part la ministre.

Vraiment libre, la ministre ?

Bassima Hakkaoui dispose-t-elle réellement de toute la liberté nécessaire pour mener une politique publique en faveur du droit des femmes ? Le projet de loi contre la violence faite aux femmes, par exemple, « erre toujours dans le cimetière des projets de loi », fait remarquer Ghizlane Benachir, parlementaire USFP. « Je l’ai présenté dans un Conseil de gouvernement le 7 novembre 2013. J’espère qu’il sera adopté très prochainement », se contente de répondre Bassima Hakkaoui. Depuis que le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, s’est saisi du dossier, il est bloqué dans l’une des commissions du secrétariat général. « Il est certain que la ministre manque de flexibilité. Son propre camp n’hésite pas à la court-circuiter, comme Benkirane, qui a mis en doute les statistiques sur la violence envers les femmes », assure Fouzia Assouli. Et, surtout, « son ministère est transversal et partage toutes ses compétences avec d’autres ministères et institutions », poursuit-elle. En matière de femmes et de familles, Bassima Hakkaoui dépend fréquemment de Mustafa Ramid, ministre de la Justice et autre mastodonte de son parti. Un duo qui fait froid dans le dos des féministes caressant le rêve d’une réforme pénale. « Mais en dernier recours, il y a toujours le roi », déclare Fouzia Assouli.  «  Quant aux autres compétences de Bassima Hakkaoui, notamment le volet solidarité et développement social, elle doit partager le gâteau avec les ministres de la Santé, de l’Education ou encore des Finances. Et pour ne rien vous cacher, en matière de politiques sociales, c’est plutôt l’INDH qui tient le haut du pavé », détaille Saïd Saâdi. « Son ministère est un fourre-tout », résume-t-il. Au-delà des petites victoires de Hakkaoui, comme la mise à niveau de 1500 centres de protection sociale, ou encore l’élaboration d’un projet de politique publique en faveur des personnes handicapées, son ministère fait partie des parents pauvres de la Loi de Finances 2014, avec seulement un peu plus de 632 millions de dirhams de crédit ouvert au titre des dépenses. A défaut d’avoir une véritable marge de manœuvre, Bassima Hakkaoui ne peut que s’accrocher à ses espoirs.
http://telquel.ma/2014/06/24/bassima-hakkaoui-marteau-lenclume_140081

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samedi 21 juin 2014

Benkirane se solidarise avec le général Bennani mais pas avec les victimes de la torture

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Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane s’est senti obligé de se solidariser avec le général de corps d’armée Abdelaziz Bennani après « l’agression morale » qu’a subie ce dernier mercredi dans sa chambre d’hôpital.
Mercredi dernier, alors qu’il faisait sa séance de kinésithérapie (il n’est pas moribond !) à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce, le général Bennani a vu comment l’ex-capitaine Mustapha Adib s’introduisait dans sa chambre d’hôpital pour lui remettre une lettre dans laquelle il le traitait d’« assassin ».
Après un échange de mots aigres entre la belle-fille de l’officier supérieur qui était accompagné d’un médecin militaire, Adib se retira.
Mais le chef du gouvernement, l’islamiste light Benkirane a sauté sur l’occasion pour faire montre du « sens des responsabilités » qui est propre au Makhzen et se solidariser avec le militaire « agressé moralement ».
Dans un communiqué, le chef du gouvernement a dénoncé un « acte de provocation ». Le général Bennani et sa famille ont été « outrageusement provoqués et agressés moralement dans l’enceinte de l’hôpital », a-t-il dit.
Pourtant, le bouffon en chef du royaume ne s’est jamais solidarisé avec une seule victime des forces de l’ordre, même pas avec les militants, journalistes et même un député de son parti, le PJD, quand ils ont été agressés, cette fois-ci physiquement, par les forces de l’ordre.
A croire que dans la tête de Benkirane, surtout depuis qu’il est à la tête du gouvernement, les seules victimes sont les victimaires et non les citoyens.
Ce type-là, Benkiki, cet islamiste de pacotille qui a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’interdirait pas la vente d’alcool, alors qu’il le promettait quand il était dans l’opposition, serait capable de participer à une Gay Pride si le roi le lui demandait.
Histoire de ne pas se faire éjecter du fauteuil provisoire que lui a prêté le Makhzen pour faire semblant de diriger le pays.
Demain
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jeudi 17 avril 2014

"Journal du prince banni": Benkirane répond à Moulay Hicham

  • H24info, 15/4/2014
Abdelilah Benkirane a réagi à la sortie de Moulay Hicham, notamment sur France 24, pour défendre "son" Maroc. "Nous ne sommes certes pas la Suisse, mais nous avons notre démocratie, qui se construit pas à pas", a déclaré le chef du gouvernement, qui intervenait samedi lors des travaux du 3e congrès du Forum marocain des professionnels.  

Benkirane, dont la formation a eu droit à bien des critiques dans l'ouvrage du prince, a affirmé que le Maroc aujourd'hui est un pays sécurisé, stable et...démocratique. "Je sais ce que je dis... Sinon, comment expliquer que cette même personne puisse s'exprimer en toute liberté et que son livre soit autorisé au Maroc", a-t-il dit. "À ceux qui ne veulent pas investir l'espace démocratique (allusion faite à la confrérie Justice et bienfaisance, présentée par Moulay Hicham comme la "vraie" formation islamiste du pays) je conseille de faire vite, sinon ils seront atteints de ménopause politique", ajoute Benkirane.

samedi 27 avril 2013

Agée de 80 ans, en grève de la faim contre sa pension de 175 DH/mois

    Agée de 80 ans, en grève de la faim contre sa pension de 175 DH/mois (environ 17€)


      Fatoum Jazouli

      Fatoum Jazouli, âgée d'environ 80 ans, a entamé le 18 avril une grève de la faim à Fès pour protester contre sa maigre pension qui ne dépasse pas 175 dirhams par mois.
      Sa petite-fille Nabila Ankoud a expliqué à Lakome que sa grand-mère Fatoum Jazouli, qui a perdu la vue, est la première femme âgée qui entame une grève de la faim au Maroc, et qu'elle est la veuve d'un soldat des forces armées royales.
      La jeune fille a expliqué que sa grand-mère loge chez ses enfants dans le quartier Narjis à Fès. Elle s'était adressée par lettre, avant la grève de la faim, au substitut du procureur général du roi  auprès de la Cour d'appel mais ce dernier aurait refusé sa demande.
      Selon le texte de sa lettre, elle avait frappé aux portes de toutes les institutions pour la régularisation de sa situation et lui permettre de bénéficier d'une retraite complémentaire, mais en vain. La lettre mentionnait qu'elle recevait uniquement une pension de 175 dirhams par mois, ce qui l'obligeait à loger chez ses filles mariées.
      Nabila Ankoud a indiqué que sa grand-mère a finalement décidé d'entamer une grève de la faim jusqu'à ce que sa revendication soit satisfaite. Elle a été aujourd'hui transportée à l'hôpital Ghassani dans un état grave, après avoir cessé de boire de l'eau depuis jeudi 25 avril.
      Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a affirmé à plusieurs reprises qu'aucun Marocain ne percevait désormais une retraite inférieure à 1000 DH, grâce aux mesures entreprises par l'actuel gouvernement.



      mercredi 10 avril 2013

      Maroc : Entre 70 et 90 000 fonctionnaires fantômes

       

      A l’heure où l’économie marocaine cherche encore le bout du tunnel. Dans l’obscurité elle tâtonne avec incertitude. Et pourtant, une des solutions à même de réduire les dépenses publiques serait de stopper les virements aux fonctionnaires fantômes dont le nombre est estimé entre 70 et 90 000. A fin février, les salaires des agents publics ont atteint 18,5milliards dh. Une somme qui serait inférieure au cas où le gouvernement stopperait le robinet au FF.
      Combien sont-ils ? Difficile de donner leur nombre avec précision. Eux, ce sont les fonctionnaires fantômes qui reviennent, encore une fois, à la Une de l’actualité après la publication, la semaine dernière, par le ministre de l’Education nationale, Mohamed El Ouafa, d’une liste de plus de 500 salariés, y compris un ex-parlementaire, entrant dans cette catégorie. Dans des déclarations au quotidien Assabah d’aujourd’hui, Mohamed Meskaoui, le président du réseau marocain de protection des biens publics, estime leur nombre à 84 000.
      Le ministre des Affaires générales du gouvernement, Mohamed Najib Boulif, lors d’un meeting politique du PJD à Tanger, en avril 2012, parlait de l’existence de 70 à 90 000 fonctionnaires fantômes. Rien qu'à Casablanca, ils seraient 2000 fonctionnaires fantômes dûment payés par les conseils communaux que compte la métropole. C’est énorme pour une économie qui bat de l’aile et qui cherche à réduire son train de vie.

      Aucun effet des circulaires des chefs de gouvernements  sur les fonctionnaires fantômes 
      Le 15 novembre dernier, le chef du gouvernement adressait une circulaire aux ministres les incitant à sévir contre les fonctionnaires absentéistes dont le nombre n’a cessé, au fil des années, d’augmenter. Bien avant lui, Driss Jettou (2002-2007) s’était cassé les dents, en 2005, en voulant s’attaquer aux fonctionnaires fantômes.  « La solution ne réside pas dans une circulaire ou une correspondance de la primature mais d’une part en une opération de sensibilisation des fonctionnaires louant les valeurs de la citoyenneté, la probité et le travail, d’autre part, par l’instauration de stricts mécanismes de contrôle propre à chaque administration », nous indique Mohamed Meskaoui.
      Dans sa circulaire, Abdelilah Benkirane attribuait l’échec de la tentative de Jettou à « la non-adhésion effective et continuelle de certaines administrations dans l’opération de contrôle de la présence des fonctionnaires ».

      Peopolisation du phénomène des fonctionnaires fantômes
      Depuis une quinzaine d’années, nous assistons à une peopolisation des fonctionnaires fantômes avec l’arrivée de nouveaux profils, notamment des acteurs, lauréats de l’ Institut Supérieur d'Art Dramatique et d 'Animation Culturelle, et des sportifs de haut niveau. Les premiers à la différence des artistes des années 60, 70 et 80 vivent assez bien grâce aux salaires qu’ils touchent mensuellement même s’ils  jouent une pièce de théâtre ou participe au tournage d’un film marocain ou étranger.
      Quant aux seconds, ils sont des fonctionnaires fantômes alors qu’ils passent le plus clair de leurs temps sur les pistes d’athlétisme en Europe en short et espadrilles. Sur les réseaux sociaux, des noms bénéficiant de cette largesse ont été révélés au grand public, travaillant pour les ministères de la Culture, la Jeunesse et le Sport sans qu'ils aient la moindre sanction.
      URL Source : http://www.yabiladi.com/articles/details/16574/maroc-entre-fonctionnaires-fantomes.html

      jeudi 15 novembre 2012

      Benkirane invite l’Europe à réduire son train de vie


      ''Après le speech du frère du roi, de la femme du roi voici le discours du fou du roi!
      Le 1er ministre islamiste marocain conseille aux Européens de se serrer la ceinture! sans blagues! Le pire c'est qu'il se prend pour un leader du printemps arabe: "Vous avez été nos colonisateurs, vous avez accompagné nos colonisateurs, vous avez accueilli nos révolutionnaires et aujourd’hui, vous accueillez les leaders du printemps arabe".
       Ilham Iznassen

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      Benkirane invite l'Europe à réduire son train de vie

      Le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a conseillé aux pays européens en crise, de se montrer moins soucieux de leurs "intérêts économiques", lors du Forum mondial de la démocratie devant le Conseil de l’Europe à Strasbourg.

      Le chef du gouvernement a entamé son élocution sur un ton ironique : "Messieurs les Européens, nous vous admirons, nous vous trouvons à chaque fois en face de nous. Vous avez été nos colonisateurs, vous avez accompagné nos colonisateurs, vous avez accueilli nos révolutionnaires et aujourd’hui, vous accueillez les leaders du printemps arabe".
      Abordant la crise économique, Benkirane a affirmé "Moi, je n’ai pas peur de votre crise économique", rappelant que dans le monde arabe 30 à 50% de la population ne possède presque rien, puis a conseillé aux Européens de se serrer la ceinture : "S’il faut diminuer un peu votre façon de vivre, faites-le. C’est tout et vous aurez réglé tous vos problèmes". Il a ensuite qualifié la répartition des richesses entre le nord et le sud d’inégale.
      Abdelilah Benkirane qui veut amorcer un nouveau dialogue avec les pays européens, a expliqué à ses interlocuteurs qu’ils ne pourront plus délocaliser au Maroc quand ça les arrange, et relocaliser "parce qu’il y a un petit son de cloche de crise".
      Lors du forum placé sous le thème "Les marchés ont-ils besoin de la démocratie et réciproquement ?" Benkirane a conclu en affirmant que le monde est contraint de revoir ses modèles économique et politique.

      samedi 20 octobre 2012

      Laissez la religion à Dieu et chargez-vous du pays qui appartient à tous



      « M. Saïd Lekhal n’est pas un homme pieux ». Ainsi s’exprimait Madame la ministre lors d’une émission télévisée diffusée en direct et regardée par des millions de téléspectateurs (« Moubachara maâkoum » du mercredi 10 octobre, une émission qui, par ailleurs, était d’excellente facture). On peut tenir cette saillie pour une gaffe, et on peut penser que la langue n’a pas été tournée sept fois dans la bouche avant de dire quelque chose, comme nos grands-mères nous disaient jadis… mais ce fait marginal, cette « gaffe » que d’aucuns tiennent pour insignifiante, suscite nombre d’interrogations.
      D’abord et avant tout, quand donc certains de nos ministres se rendront-ils à l’évidence qu’ils sont responsables gouvernementaux et qu’à ce titre, leurs déclarations et leurs propos ont un poids et un sens aux yeux des gens ? Quand donc ces mêmes ministres de notre très respectable gouvernement admettront-ils, enfin, qu’ils représentent tout un pays, et le peuple qui le peuple, dont même les gens qui n’ont pas voté pour leur parti ? Ainsi, le ministre de l’Education a, semble-t-il, lancé à une fillette dans une école : »Que fais-tu encore là, toi, il te faut maintenant te trouver un homme » ; son collègue à l’Enseignement supérieur, lui, a déclaré que dans un futur proche, « les écoles d’ingénieurs et les facultés de médecine et de pharmacie seront désormais payantes, mais cela ne s’appliquera pas aux facultés de Sciences et de Lettres » et, ce faisant, le ministre consacre ce qui ressemble fort à une sorte d’apartheid social aussi réfléchi qu’irresponsable… Le chef du gouvernement, lui, affirme à tous qu’il n’est pas dans « le hammam pour femmes » (bain maure), et que « Dieu pardonne ce qui est passé » en s’entretenant de la lutte contre la corruption ; le ministre de la Justice considère que le mariage des filles mineures par la simple lecture de la Fatiha (sourate du Coran) est une réalité avec laquelle nous devons composer (sic) et que Marrakech reçoit des touristes qui n’y viennent que pour s’adonner à la débauche (re-sic) ; la ministre de la Famille et de la Solidarité pense que les épousailles d’une femme violée avec son violeur n’est pas toujours chose mauvaise… Et les exemples sont encore nombreux. Ces ministres ne se rendent-ils pas compte que leurs déclarations les engagent et engagent leurs responsabilités ? Certains de nos ministres devraient enfin comprendre qu’ils n’en sont plus au militantisme dans les rangs de leurs partis, mais qu’ils sont aujourd’hui des femmes et des hommes d’Etat dont chaque mot est pesé et décortiqué et dont les propos engagent vis-à-vis des populations…
      Ensuite, comment donc une ministre peut-elle se permettre d’émettre un jugement sur la religiosité d’une personne donnée, sur sa piété ou sa non-piété ? Même dans le cas où nous accepterions les explications apportées plus tard par elle, qui a dit pour se justifier que M. Lekhal « n’est pas pieux dans le sens où il n’appartient à aucun courant ou association islamique », même dans ce cas, rien ne saurait justifier la gaffe commise. Depuis quand l’appartenance à une structure islamique est-elle un signe ou un critère de piété ? Pour prendre l’exacte mesure de la gravité de cette bévue, procédons à une petite comparaison : imaginons donc une émission télévisée dans un des pays les plus ancrés dans la démocratie, le Royaume-Uni par exemple… Ainsi, le journaliste reçoit sur son plateau un responsable gouvernemental pour évoquer un sujet qui concerne l’ensemble de la société ; et puis, soudain, dans le feu de la discussion, le ministre en question déclare : « Telle personne n’est pas assidue dans sa fréquentation de l’église le dimanche »… Franchement, est-il possible à un esprit démocratique ou à n’importe quelle autre logique d’accepter de tels propos ?
      Non, Madame la Ministre, nous ne nous intéressons absolument pas de savoir si M. Saïd Lekhal est un homme pieux ou non. Et ce n’est pas à cela que nous jugerons son intervention. Non, Madame la Ministre… Qu’un homme soit membre d’une association islamique n’en fait pas un homme à la piété plus marquée qu’un autre ou que les autres. De même que le défaut d’appartenance à une quelconque structure islamique, association, Jamaâ ou parti, ne fait de personne un être moins pieux, ou même moins croyant. Il ne vous appartient absolument pas, Madame la Ministre, pas plus qu’à votre parti, de monopoliser la religion et de vous accaparer tout débat autour d’elle. Vous n’êtes pas les tuteurs, ou censeurs ou contrôleurs de la piété des Marocains ; personne ne vous a confié la mission de mesurer la pratique religieuse de vos prochains, ou pour expédier les gens au paradis céleste, ou en enfer. Et nul ne vous a mandatée, Chère Madame, pour estimer en fonction de vos critères le degré de piété ou de non-piété des gens que vous êtes supposée seulement administrer.
      Laissez donc ce peuple, je vous prie, pratiquer ou non sa religion en paix. Laissez-le faire erreur, s’il le souhaite, laissez-le hésiter ou trébucher si telle est sa volonté et laissez-le surtout chercher sa propre vérité, sa voie, comme il l’entend. Ne nous rangez pas en citoyens pieux ou non, mais plutôt en personnes qui font l’apprentissage de la citoyenneté ou en contrevenants aux conditions de cette même citoyenneté.
       Voilà donc une occasion de plus de crier, de hurler de toute la force de nos déceptions politiques et de nos désillusions en termes de droits : Seule la laïcité est à même de nous prémunir de ces tribunaux d’inquisition, officiels soient-ils ou non ! Oui, seule la laïcité confèrera à Saïd Lekhal et à nous tous le droit de ne pas être jugés pour notre piété ou notre non-piété (ou même selon la vision de l’Autre sur nous, en fonction de ses critères propres, ce qui est encore plus dangereux). Rappelons encore une fois, si besoin est, que la laïcité est bien ce système qui permet aux musulmans dans des contrées démocratiques de pratiquer leurs cultes avec un minimum de liberté, sans que personne n’ose ni ne songe à les juger ou à leur demander des comptes sur leur choix de l’islam. Oui, c’est bien au nom de la laïcité et grâce à elle que nous entendons, chaque jour, qu’un Français, un Espagnol ou un Britannique se sont convertis à l’islam. Ils font cela au nom et grâce aux libertés en vigueur dans leurs pays respectifs… Alors pourquoi n’aurions-nous pas les mêmes libertés que ces gens-là sur leurs terres ? Au nom de la laïcité, nous édifions des mosquées sur les Ancien et Nouveau Continents, mais accepterions-nous de voir ériger des églises dans notre pays (hors celles qui y existent déjà) ? Imaginons encore une fois que les démocraties occidentales décident un jour d’appliquer la réciprocité en considérant que leurs sociétés sont d’abord et avant tout chrétiennes et qu’il n’est pas souhaitable, ni toléré, que l’on y ébranle la foi des chrétiens… On y interdirait alors la construction de nouvelles mosquées et on interdira aux non musulmans de le devenir, et chaque chrétien ou juif qui se convertirait à l’islam serait jeté en prison, de même que chaque imam qui aurait veillé à le convertir serait à son tour embastillé pour avoir ébranlé la foi juive et chrétienne…
      Les sociétés occidentales, laïques, estiment que leurs citoyens sont des gens mûrs et matures. Elles ne leur apprennent pas, dans les écoles, les cultes, rites et pratiques de religions particulières, dans une logique discriminatoire, mais bien au contraire, elles leur donnent des leçons sur l’ensemble des religions, elles leur inculquent les principes de la citoyenneté, puis elles les laissent opérer leurs choix à leurs convenances. Elles les laissent chercher leurs propres vérités et choisir ce qu’ils veulent, selon leurs propres convictions. Les gens choisissent l’islam, ou un autre culte qui leur siérait. Ils choisissent d’embrasser une religion, ou non, le principal étant qu’ils puissent choisir et choisir en toute liberté… Et ensuite, il n’y a pas un seul responsable gouvernemental qui vient leur chercher querelle, les juger sur le degré de leur piété et sur le nombre de fois où ils se rendent à l’église, et leur distribuer de bons et de mauvais points en fonction de leurs bonnes, ou mauvaises, actions.
      Madame la Ministre… il existe dans ce pays bien des problèmes, et des problèmes encore qui attendent qu’on leur trouve des solutions ; il existe tant de rêves que nous voudrions voir un jour concrétisés ; il existe tant de déceptions et de désillusions dont nous aimerions nous défaire. Il existe une génération montante qui attend d’être éduquée et formée… Laissez-nous donc la religion, nous nous en occupons en la pratiquant, comme vous, avec maturité, après réflexion et non sous l’emprise et la pression d’une tutelle, quelle qu’elle soit. Ayez pitié de cette nation qui appartient aussi bien aux pratiquants qu’aux non pratiquants, et laissez le Créateur décider de notre religiosité…

      mardi 16 octobre 2012

      L’hiver marocain: Sept Marocains sur dix disent ne pas être pas heureux.

       
      Rabat, capitale du Maroc.
        Bousculé, mais relativement épargné par les
       soulèvements du monde arabe, le Maroc n'en est pas moins aujourd'hui menacé par une grave crise économique et sociale. 

      Des notes alarmistes sont parties ces dernières semaines des chancelleries étrangères. L'une d'elle souligne "l'impatience, voire l'exaspération, (...) dans la population, dont une grande partie souffre de déficits sociaux prononcés en matière d'habitat, d'accès à la santé, de protection sociale, de pouvoir d'achat...". Et d'ajouter : "La question de l'emploi des jeunes est ici, comme dans les autres pays de la région, une véritable bombe à retardement." Selon la Banque mondiale, le taux de chômage des jeunes atteindrait 30 %

      Touché de plein fouet par la crise de la zone euro, le Maroc subit une nette dégradation de son économie. Jeudi 11 octobre, l'agence de notation Standard & Poor's a modifié en "négative" la perspective de la note de la dette à long terme du pays (BBB-), indiquant qu'elle pourrait l'abaisser si le royaume ne réduisait pas ses déficits et s'inquiétant également de possibles troubles sociaux.  "Si le chômage reste obstinément élevé, si le coût de la vie monte en flèche, ou si les réformes politiques déçoivent les attentes de la population, il y a un risque de troubles durables et à grande échelle", note l'agence.

      Le 8 octobre, invité du Forum mondial de la démocratie qui s'est tenu à Strasbourg, le premier ministre marocain, Abdelillah Benkirane, s'est fait l'écho des difficultés que son gouvernement rencontre. "Chez vous, les gens forts ont beaucoup, et les autres un peu. Chez nous, les gens forts ont tout, presque plus que les vôtres, mais ceux qui n'ont rien, ils n'ont rien, a-t-il déclaré. Quand il n'y a pas d'équilibre, ça finit par exploser."

      Interpellant les Européens, le chef du gouvernement islamiste marocain les a exhortés à se comporter en "partenaires honorables". "Chaque fois qu'il y a un petit son de cloche de grève, vous repartez, a-t-il lancé. Si vous êtes venus chez nous quand ça marchait bien, nous serions très confortés de vous voir rester avec nous, même si ça marche très mal !"

      90 millions d'euros pour subventionner le pain
      En quête d'investissements, le roi Mohammed VI devrait lui-même se rendre sous peu dans les monarchies du Golfe, au Koweït, mais aussi en Arabie saoudite, dans les Emirats arabes unis, ou au Qatar. Le Maroc souhaite réduire son déficit à 4,8 % du PIB en 2013 contre 6,1 % en 2011, mais les perspectives de croissance (inférieure à 3 % en 2012) ont été revues à la baisse et, pour faire face à l'urgence, le gouvernement a débloqué, fin septembre, une enveloppe de 90 millions d'euros pour subventionner le prix du pain, quelques semaines après avoir dû démentir des rumeurs d'augmentation. Au même moment, la Banque mondiale a lancé un programme d'appui de 300 millions de dollars (230 millions d'euros) en faveur d'un projet visant à réduire la pauvreté au Maroc.

      Êtes-vous pleinement heureux ? A cette question, sept Marocains sur dix ont répondu "non", selon une étude inédite rendue publique le 1er octobre par le Haut Commissariat au plan (HCP), un organisme officiel. "Près de deux Marocains occupés sur trois sont peu, ou pas, satisfaits de leur revenu du travail", relève cette étude. Un taux d'insatisfaction qui monte à 74 % en milieu rural.

      Près d'un an après leur victoire électorale, en novembre 2011, les islamistes du Parti justice et développement (PJD), qui dirige désormais et pour la première fois le gouvernement, sont ainsi confrontés à une situation délicate. Engagés dans une sorte de cohabitation plus ou moins sereine avec le Palais, ils doivent faire face à des critiques grandissantes sur l'immobilisme de l'Etat en matière de réformes sociales et de lutte contre la corruption.

      vendredi 27 juillet 2012

      La Honteuse déclaration de Benkirane Monsieur le chef du gouvernement,

      Par Ahmed Damghi, Mamfakinch, 26/7/2012

      Lors de votre entretien avec Ahmed Mansour le 25 Juillet 2012, vous avez déclaré que l’ensemble des personnes qui ont pillé, volé ou détourné des fonds par le passé, ne seront pas poursuivis par la justice car « Allah a pardonné ce qui est passé; mais quiconque récidive, Allah le punira.» (94- Sourat Al Maida). 

      Je vous écris cette lettre pour exprimer combien je trouve votre déclaration absurde, dangereuse et illégitime. 

      Absurde est la manière avec laquelle vous vous référez à la religion pour justifier votre incapacité à appliquer la loi. Vous n’êtes pas sans savoir que la religion appelle à un traitement égal pour tout le monde et ainsi par votre même logique, vous devriez libérer toutes les personnes que « Dieu a pardonné » pour ce qu’elles avaient commis. Nous pouvons évoquer en première intention M. Alioua ou M. Ibrahimi que vous venez justement de faire arrêter. Soyons clairs, Dieu et la religion n’ont rien à faire ici et je me demande sérieusement ce que pense la communauté musulmane en constatant votre abjecte utilisation de la religion pour protéger des criminels. 

      Dangereux est le chèque en blanc signé à l’ensemble des mal intentionnés qui ont violé la loi ou qui seront tenté de le faire. Aujourd’hui ils ont la protection gouvernementale et vous, au lieu de garantir l’application de la loi, vous vous êtes fait leur défenseur. 

      Étrange est votre logique de gouverner quand on connait votre électorat, qui a cru en vos promesses, espérant par la même un vrai changement dans le cadre de ce qu’on appelle désormais le « printemps arabe ». A la place ils ont eu une politique encourageant le néolibéralisme -une de plus- et usant pour cela de toutes les méthodes légales et illégales. 

      Illégitime car vous n’avez pas le droit de gracier les personnes, qui à vos yeux sont dignes de pardon et poursuivre celles qui méritent la punition. Clarifions les choses, vous ne représentez pas la justice et vous n’êtes pas chef de l’Etat heureusement, vous êtes le chef du gouvernement et votre rôle est d’appliquer la loi. Imaginez une seconde que l’agent de police refuse d’incarcérer un criminel condamné par un juge, ou encore qu’il souhaite rendre sa liberté à un prisonnier … au final lui aussi il peut croire en Dieu et invoquer des versets pour se défendre. Enfin, Les marocains qui ont voté pour vous ne vous ont pas confié leur vie, ni légué leurs biens, ni livré leurs droits civiques ! Ainsi, si une victime, souhaite poursuivre un de vos « pardonnés divins », vous avez le devoir en principe de la protéger et faire en sorte que justice lui soit rendue. Je dis bien en principe car la réalité est toute autre. 

      Vos ambitions politiques constituent une aubaine pour l’escroquerie, la prévarication et la corruption. Cela dit, comme toute aubaine, elle est éphémère… elle durera le temps de votre mandat ou peut être un peu plus, mais pas éternellement car les gouvernements se succèdent mais le Peuple reste. Honte à tous ces dirigeants qui ne rendent pas justice aux enfants du peuple !
       
        Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la ligne éditoriale de Mamfakinch 

      samedi 10 mars 2012

      Maroc et Sahara Occidental - Prisonniers politiques : M. Juppé est-il capable d'admettre des vérités ?



      Prison et raison d'état, comment convaincre ?

      Nous venons de recevoir deux lettres adressées à M.Juppé, Ministre des Affaires étrangères, par Claude Mangin Asfari et par Michel Mangin, son père.

      Avec ces deux lettres très émouvantes, Claude comme épouse et Michel, comme beau-père s'adressent au Ministre qui va rendre visite aux "amis marocains", pour essayer de retenir son attention sur la situation faite à leur mari et gendre Anaama Asfari, en prison depuis 17 mois à Salé, comme 22 autres Sahraouis dans cette prison et comme 80 autres dans d'autres prisons marocaines.

      Peut-il entendre un tel message, notre Ministre, qui rivalise de complaisance à l'égard d'un régime érigé en modèle,
      Alain Juppé et Abdelillah Benkirane
      qu'il avoue même admirer ! Cet assaut de complaisances, de la part d'un homme politique qui fut en d'autres temps plus réservé, est-il simplement raison d'état et défense obligatoire de nos intérêts économiques et financiers ?

      Notre Ministre, s'honorerait d'un peu moins de complaisance, en écoutant ce qui se dit dans les associations des droits de l'homme ou à la porte des prisons et dans les courriers que nous lui adressons si d'aventure ses conseillers lui transmettent !

      Peut-on l'espérer de Mme Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, qui elle aussi se rend au Maroc, le lendemain du retour de M.Juppé. Son programme sera sans doute assez voisin ! Elle pourra si elle en a la conviction et la volonté, interroger ses interlocuteurs sur les prisonniers d'opinion au Maroc, les Sahraouis tout particulièrement, puisqu'elle a également reçu avant son départ, ces deux lettres disant la douleur et la colère d'une famille. Contrairement à M.Juppé qui défend à l'ONU la solution d'autonomie proposée par le Maroc, le Parti socialiste défend depuis 1976 l'autodétermination du peuple sahraoui. Il serait sans doute important de tout de suite le rappeler pour lever toute ambiguïté avant les prochains résultats électoraux.

      Deux livres, parus ces derniers jours, interdits au Maroc, ne manquent pas de nourrir la connaissance du fonctionnement du royaume et de ses relations avec notre pays. Nous en conseillons vivement la lecture à tous ceux, hommes politiques, journalistes, artistes qui se plaisent tant dans ce "royaume enchanté" et en admirent l'exception et la démocratie.

      A lire de suite et à faire lire:
      -"Paris -Marrakech" Luxe, pouvoirs et réseaux
      de Ali Amar et Jean-Pierre Tuquoi / éditeur Calmann-Lévy
      -"Le roi prédateur" Main basse sur le Maroc
      de Catherine Graciet et Eric Laurent/ Editeur Le Seuil

      Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
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       D'autres courriers  lui ont été adressés par plusieurs députés pour l'avertir de la situation des étudiants marocains prisonniers politique sen danger de mort à Taza et de Fès... 
      Le 10 mars 2012
      N/Réf. : SP
      Monsieur le Ministre d’État,
      Je souhaite vous alerter sur le grave danger dans lequel se trouvent cinq étudiants marocains détenus dans les prisons de Taza près de Fès au Maroc et notamment Ezedine Eroussi.
      Arrêté le 1er décembre 2011 pour son appartenance à la mouvance des Basistes de l’Union nationale des étudiants marocains (UNEM), centrale syndicale arbitrairement interdite, la vie d’Ezedine est gravement menacée.
      En effet, après son arrestation, il a été enfermé à Taza dans une petite cellule avec des dizaines de prisonniers de droit commun dont la majorité relève de la psychiatrie. Il est victime de tortures tant physiques que morales et de coups et blessures.
      Il a entamé une grève de la faim depuis le 19 décembre 2011 et son état de santé est jugé très préoccupant. Ses parents, qui ont fait part de leurs craintes à ce sujet, sont actuellement menacés.
      A 120 km de là, quatre autres étudiants de l’université de Fez : Ibrahim Saidi, Mohamed Ghaloub, Mohamed Fettal et Mohamed Esaghdidi sont détenus à la prison d’Aïn Kadouss. Ils ont également entamé une grève de la faim depuis le 23 janvier dernier pour protester contre leurs conditions de détentions inhumaines et indignes.
      L’un d’entre eux, Mohamed Ghaloud, a subi de graves sévices sexuels lors de son interrogatoire. Ils étaient d’ailleurs perceptibles pendant son audience devant le juge.
      Les autorités marocaines n’ont pas encore réagi devant ces graves violations des droits humains.
      Le seul crime de ces cinq étudiants marocains est d’avoir un engagement militant au sein de l'UNEM et d’être des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc.
      C’est pourquoi je vous demande d’user de tout votre pouvoir auprès des autorités marocaines afin que ces cinq jeunes soient libérés au plus tôt, il en va de leur vie.
      Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre d’État, l’expression de mes salutations les meilleures.
       André GERIN, député
      Malheureusement, il n'y a eu aucune réactions à toutes ces lettres. M. Juppé continue à proclamer son admiration pour ce Maroc vraiment exemplaire...Lire cette littérature de palais ...
      M. Juppé continue à apporter des subventions et n'a certainement pas lu "Le Roi prédateur", sinon il saurait que ces continuelles nobles subventions françaises et européennes n'améliorent en rien le quotidien du peuple marocain de plus en plus paupérisé alors que le "roi des pauvres" caracole parmi les plus riches de la planète, mais qu'elles vont augmenter la colossale fortune personnelle de son ami le roi...ce qui peut-être ne ne dérangerait même pas !