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jeudi 8 août 2013

Nouveau printemps arabe

Mohammed VI, le prochain sur la liste ?

par Afriquinfos RABAT, 8/8/2013

Le Maroc connaît une crise politique encore relativement jugulée, mais qui pourrait virer au drame d’un moment à l’autre. Entre oppositions au sein du pouvoir, indignation du peuple et troubles dans les pays voisins, la situation est des plus sensibles…

Le roi du Maroc est-il en danger ? Mohammed VI, jusqu’ici, a été un monarque très populaire. Il a surtout réussi à traverser des périodes de crise potentiellement très dangereuses pour lui avec un certain brio, comme lors du printemps arabe de 2011. Mais ces derniers temps, on dirait que le vent tourne.
Hier, des centaines de personnes ont manifesté devant le Parlement de Rabat, en protestation à la grâce du pédophile espagnol Daniel Galvan. Là même où, vendredi dernier, la première manifestation en réponse à l’affaire avait été violemment réprimée par les forces de l’ordre. Avant-hier, un rassemblement similaire a eu lieu à Casablanca.
Nouveau printemps arabe : Mohammed VI, le prochain sur la liste ?Même si le roi a annulé son pardon officiel et que le criminel a été arrêté à nouveau, la colère du Maroc gronde encore.
 Pourquoi ? Le peuple réclame une plus grande transparence de la politique, une justice véritablement indépendante de toute influence et le nom des responsables de cette énorme erreur.
Mohammed VI est sur un trône instable
Sans aucun doute, le nom de Mohammed VI est entaché. Certes, le palais royal a clamé haut et fort qu’il ne savait rien de rien. Certes, il a annulé sa grâce royale, mesure éminemment exceptionnelle. Certes, il a destitué le directeur de l’administration pénitentiaire, pour l’exemple. Et certes, il s’est empressé d’exprimer sa « compassion » et son « empathie » aux familles des victimes. Mais il n’en reste pas moins que la figure sacrée du souverain tant aimé est partiellement désacralisée à la suite du scandale.

Derrière l’affaire Galvan, c’est une crise d’une toute autre ampleur qui se dessine ; et elle arrive au pire moment, sur toile de fond d’économie en berne. Sans compter la situation politique elle-même qui, discrètement mais sûrement, est au plus mal. Mohammed VI a fait tout son possible pour museler au mieux des islamistes au pouvoir, mais le départ du gouvernement de l’Istiqlal et la démultiplication des critiques contre sa personne sont loin de renforcer sa position.
Pour certains, l’affaire Galvan est donc un prétexte, une fenêtre ouverte permettant au Maroc de déverser le trop-plein de mécontentement et d’indignation. Reste à savoir si les manifestations se changeront ou non en véritable soulèvement, plongeant le Royaume dans un nouveau printemps arabe que, jusqu’ici, il avait su éviter.
Afriquinfos
  http://www.afriquinfos.com/articles/2013/8/8/nouveau-printemps-arabe-mohammed-prochain-liste-228325.asp

vendredi 19 octobre 2012

La section de l'AMDH Tiflet organise une table ronde

Par Ali Fkir,Tiflet le 18/10/2012.

La section de l'AMDH Tiflet organise une table ronde ayant pour thèmes:
- La crise économique et ses répercussions, animé par Mehdi Lahlou, membre du BP du PSU
- Le micro-crédit comme "tranquilisant social", animé par Ali Fkir membre du CN d'ANNAHJ ADDIMOCRATI
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 Album sans titre (5 photos)

mardi 16 octobre 2012

L’hiver marocain: Sept Marocains sur dix disent ne pas être pas heureux.

 
Rabat, capitale du Maroc.
  Bousculé, mais relativement épargné par les
 soulèvements du monde arabe, le Maroc n'en est pas moins aujourd'hui menacé par une grave crise économique et sociale. 

Des notes alarmistes sont parties ces dernières semaines des chancelleries étrangères. L'une d'elle souligne "l'impatience, voire l'exaspération, (...) dans la population, dont une grande partie souffre de déficits sociaux prononcés en matière d'habitat, d'accès à la santé, de protection sociale, de pouvoir d'achat...". Et d'ajouter : "La question de l'emploi des jeunes est ici, comme dans les autres pays de la région, une véritable bombe à retardement." Selon la Banque mondiale, le taux de chômage des jeunes atteindrait 30 %

Touché de plein fouet par la crise de la zone euro, le Maroc subit une nette dégradation de son économie. Jeudi 11 octobre, l'agence de notation Standard & Poor's a modifié en "négative" la perspective de la note de la dette à long terme du pays (BBB-), indiquant qu'elle pourrait l'abaisser si le royaume ne réduisait pas ses déficits et s'inquiétant également de possibles troubles sociaux.  "Si le chômage reste obstinément élevé, si le coût de la vie monte en flèche, ou si les réformes politiques déçoivent les attentes de la population, il y a un risque de troubles durables et à grande échelle", note l'agence.

Le 8 octobre, invité du Forum mondial de la démocratie qui s'est tenu à Strasbourg, le premier ministre marocain, Abdelillah Benkirane, s'est fait l'écho des difficultés que son gouvernement rencontre. "Chez vous, les gens forts ont beaucoup, et les autres un peu. Chez nous, les gens forts ont tout, presque plus que les vôtres, mais ceux qui n'ont rien, ils n'ont rien, a-t-il déclaré. Quand il n'y a pas d'équilibre, ça finit par exploser."

Interpellant les Européens, le chef du gouvernement islamiste marocain les a exhortés à se comporter en "partenaires honorables". "Chaque fois qu'il y a un petit son de cloche de grève, vous repartez, a-t-il lancé. Si vous êtes venus chez nous quand ça marchait bien, nous serions très confortés de vous voir rester avec nous, même si ça marche très mal !"

90 millions d'euros pour subventionner le pain
En quête d'investissements, le roi Mohammed VI devrait lui-même se rendre sous peu dans les monarchies du Golfe, au Koweït, mais aussi en Arabie saoudite, dans les Emirats arabes unis, ou au Qatar. Le Maroc souhaite réduire son déficit à 4,8 % du PIB en 2013 contre 6,1 % en 2011, mais les perspectives de croissance (inférieure à 3 % en 2012) ont été revues à la baisse et, pour faire face à l'urgence, le gouvernement a débloqué, fin septembre, une enveloppe de 90 millions d'euros pour subventionner le prix du pain, quelques semaines après avoir dû démentir des rumeurs d'augmentation. Au même moment, la Banque mondiale a lancé un programme d'appui de 300 millions de dollars (230 millions d'euros) en faveur d'un projet visant à réduire la pauvreté au Maroc.

Êtes-vous pleinement heureux ? A cette question, sept Marocains sur dix ont répondu "non", selon une étude inédite rendue publique le 1er octobre par le Haut Commissariat au plan (HCP), un organisme officiel. "Près de deux Marocains occupés sur trois sont peu, ou pas, satisfaits de leur revenu du travail", relève cette étude. Un taux d'insatisfaction qui monte à 74 % en milieu rural.

Près d'un an après leur victoire électorale, en novembre 2011, les islamistes du Parti justice et développement (PJD), qui dirige désormais et pour la première fois le gouvernement, sont ainsi confrontés à une situation délicate. Engagés dans une sorte de cohabitation plus ou moins sereine avec le Palais, ils doivent faire face à des critiques grandissantes sur l'immobilisme de l'Etat en matière de réformes sociales et de lutte contre la corruption.