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mardi 17 février 2015

Les pièges des microcrédits. Projection-débat avec Souad Guennoun à Gap le 24 février 2015

Souad Guennoun, photographe, membre  d’ATTAC-Maroc-CADTM,  viendra à Gap pour parler des dérives et des tromperies du système des microcrédits tels qu’ils sont pratiqués dans la région d’Ouarzazate (au sud du Maroc)
 
Son remarquable film à l’appui (" Micro-crédit au Maroc: la grande arnaque"), elle nous racontera, comment, depuis plusieurs années des familles de cette région se sont organisées dans des associations pour se défendre contre ces organismes de microcrédits qui profitent de leur pauvreté et parfois de leur analphabétisme pour les noyer de dettes. Les personnes victimes sont en majorité des femmes.
Souad a tourné la vidéo lors de la Caravane Internationale de Solidarité du 24  au 27 avril 2014. Des  femmes sont venues du Bénin, du Mali, de Côte d'Ivoire, du Cameroun, du Burkina Faso, d'Argentine, de Belgique et de Haïti pour soutenir cette lutte qui dure depuis plus de 3 ans et briser le silence qui l'entoure.
Souad est déjà venue à Gap  nous parler du mouvement du 20 février 2011 au Maroc. Elle répondra aux questions sur la situation au Maroc.
Nous la retrouverons
Mardi 24 février 2015 à 20h30
Centre social du centre ville
rue Pasteur Prolongée
05000 GAP 

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 Marc Ollivier, (Maroc Solidarités Citoyennes)22/5/2015
 
Bonjour à toutes et tous

Voici une bonne nouvelle à partager: notre amie Souad Guennoun est à nouveau parmi nous pour quelques temps. Elle va d'abord faire une petite tournée chez nos amis de Gap et de Forcalquier 

et sera de retour à Grenoble pour participer au IVème Forum des Désobéissants 
qui s'ouvrira à Fontaine le 28 février.
Je vous annonce dès à présent qu'elle animera 

une projection-débat  le 2 février prochain au cinéma "Le Club" .
 Il s'agira de faire connaître le mouvement social des femmes de la région de Ouarzazate au Maroc en lutte contre les dérives de certaines institutions financières du microcrédit, qui ne font qu'appauvrir les pauvres au lieu de les aider.
Le reportage de Souad Guennoun retrace le parcours d'une caravane internationale de solidarité qui s'est déroulée de Ouarzazate à Rich en avril 2014 pour soutenir ce mouvement de résistance.

Salutations amicales,


 

jeudi 5 décembre 2013

Titres des articles parus sur http://blogspot.com du 24 au 30 novembre 2013.



 Par solidarité Maroc, 30/11/2013



  • samedi 30 novembre 2013

    Micro-crédit, macro-arnaque

      par Lucile Daumas, 22/11/2013
     
    Du travail et de l’emploi pour les femmes. Pas des dettes.

    Depuis le début de l’année 2011, des femmes principalement, organisées dans l’Association de Protection Populaire pour le Développement Social , et dont le nombre atteint aujourd’hui près de 4500, mènent une lutte à Ouarzazate et toute la vallée du Dadès, dans le Sud du Maroc, contre des institutions de micro-crédit pour abus de confiance et conditions de crédit insoutenables.
    Profitant de la crise qui a particulièrement touché le secteur hôtelier de cette région touristique, les organismes de micro-crédits se sont implantées dans la région et ont distribué largement des crédits en ciblant tout particulièrement les femmes. Prévus à l’origine pour financer des micro-projets et des micro-entreprises, ils ont souvent été attribués sans réelles vérifications, à la fois parce que les courtiers sont payés en fonction du nombre de clients qu’ils obtiennent et aussi parce que les Institutions de la Micro finance (IMF) et les Associations de microcrédits (AMC) reçoivent des dons et des subventions (de l’USAID, l’ UE, des Fondations, du PNUD, etc.) en fonction de leur clientèle, dans un contexte de concurrence exacerbée entre les organismes. Et de fait, ces sommes ont été utilisées comme crédit à la consommation, (pour s’acheter une mobylette, assurer la rentrée scolaire des gosses, payer un frigo...) ou pour pallier des services publics devenus payants en ces temps de néolibéralisme et inaccessibles pour les couches les plus pauvres de la population (notamment pour des soins de santé). De surcroit, de nombreux crédits ont été contractés pour payer les précédents.
    Or, même si l’argent prêté provient de dons, de subventions ou de prêts à taux réduits, les taux d’intérêts que doivent payer les « bénéficiaires » de ces prêts sont exorbitants. Officiellement entre 14 et 18% (soit disant pour financer des frais de gestion lourds en raison des petites sommes prêtées), mais dans la pratique, les femmes de Ouarzazate citent des taux pouvant aller jusqu’à 40%.
    En outre, il n’y a pas de rééchelonnement des dettes. Aucun des évènements pouvant survenir dans la vie des personnes endettées n’est pris en compte. Pire encore, un système de prêts solidaires a été mis en place, un groupe de femmes servant de caution pour chacune d’entre elles et les recouvrements peuvent être violents, pressions, chantages, agressions sont monnaie courante.
    Derrière le discours caritatif larmoyant de lutte contre la pauvreté et la précarité des femmes, se cache donc une extrême violence vis-à-vis des pauvres. On profite de leur analphabétisme pour leur faire signer des contrats qu’elles ne peuvent pas lire et ensuite, pas de pitié.

    Quel intérêt pour les institutions financières de monter des opérations de micro-crédits ?
    Les IMF fonctionnent avec du capital bon marché revendu au prix fort aux catégories les plus pauvres : c’est un grand business ! Tellement juteux que les associations de micro-crédits présentes à l’origine se transforment en Institution de Micro-finance, tandis que les plus grosses banques de la place s’intéressent de plus en plus au secteur. Les pauvres ont bien peu d’argent mais ils sont si nombreux...
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    Source FNAM (Fédération nationale des associations de micro-crédit)
    La même Fédération prévoit 3 millions de clients en 2020, annonce des taux de 15% à 24 % sur des sommes exonérées d’impôts et provenant de subventions, dons et fonds de la coopération étrangère et constate que les prêts sont globalement bien remboursés. Ainsi pour El Amana, l’une des IMF de la place, le taux de recouvrement avoisine les 99%. |1|
    C’est donc déjà en soit une excellente opération.

    Bancarisation de nouveaux secteurs
    Mais de surcroît cela permet de bancariser de nouveaux secteurs de la population.
    « Ce marché constitue un réservoir de croissance très important pour les banques et autres intermédiaires financiers qui souhaitent se diversifier et développer leurs parts de marché. »
    « Ce segment de clientèle du secteur privé échappe encore largement aux circuits financiers traditionnels »
    « Ces entreprises se trouvent souvent contraintes à se tourner vers des sources de financement informelles (amis, famille, tontines...), voire vers un autofinancement inadapté. » dit l’AFD (Agence Française de Développement) |2|
    Ces micro-crédits constituent en outre une forme de « filets sociaux » évoqués dans les accords de partenariat euro-méditerranéen, face à la crainte que la marginalisation et la paupérisation de larges secteurs de la population, induites par la mise en place du libre-échange, n’accentuent la pression migratoire aux portes de l’Europe.
    « De par leur structure et leur flexibilité, elles peuvent également être un élément déterminant d’absorption des crises économiques et financières. » (Ibid.)

    Pourquoi les femmes sont-elles ciblées en priorité ?
    « Fini le temps où le père ramenait la paie au logis et la remettait à la mère pour qu’elle élève ses enfants. La conséquence de l’ajustement structurel a été le chômage massif, la flexibilisation du travail, la précarisation de l’emploi. Face à ces politiques, le père est entré en crise et la femme est sortie dans la rue pour trouver de quoi survivre, donnant par là un nouveau visage à l’économie, à la ville et à la structure même et au sens de la famille. ... C’est toute cette énergie sociale que développent les femmes dans leur lutte pour la survie qui est instrumentalisée et utilisée par la Banque et le système de la micro-finance par le biais du microcrédit. » |3|
    Ces propos de Maria Galindo, animatrice de l’association bolivienne Mujeres creando, donne des pistes de réflexion tout à fait intéressantes pour le Maroc. En effet, le néolibéralisme a massivement poussé les femmes à s’insérer dans le marché de l’emploi, notamment dans les secteurs tournés vers l’exportation (zones franches, textile, agriculture sous serre) profitant de leur absence de tradition sur le marché du travail, du manque d’acquis concernant leurs droits, de leur analphabétisme. La crise de la famille élargie et la crise de la famille tout court, exacerbée par un chômage structurel de masse, a transformé les femmes en chefs de foyer et en actrices de premier plan dans la lutte pour la survie.
    Ce sont donc ces mêmes caractéristiques qu’exploitent aujourd’hui les IMF, proposant, dans le meilleur des cas des activités génératrices de revenus, ce degré zéro de l’emploi, ni travail, ni emploi, ni salaire, au nom d’un développement-bidon (ce n’est pas ainsi qu’un pays peut se développer) et provoquant des souffrances accrues pour les femmes. Les femmes de Ouarzazate parlent du stress qui est le leur, de leurs angoisses, des saisies, des procès. Aux problèmes de pauvreté vécus précédemment, que l’accès aux micro-crédits n’a pas résolus, s’ajoutent l’endettement et les pressions pour le remboursement qui détruisent les familles, amènent les femmes à la prostitution ou au suicide.
    Ce que les femmes de Ouarzazate ont compris c’est que le micro-crédit n’est pas un outil de lutte contre la pauvreté mais un pillage supplémentaire des maigres revenus des familles pauvres. Elles ont aussi compris que l’endettement n’était pas un problème individuel, mais un problème social et collectif qui doit trouver des solutions sociales et collectives, en termes d’accès à des services publics gratuits et de qualité, en termes de création d’emplois, en termes de droit du travail et de droits économiques et sociaux.
    Elles ont compris l’intérêt de s’auto-organiser et de lutter ensemble contre ces nouveaux vampires qui avancent masqués derrière un discours d’altruisme et de féminisme. Elles réclament l’annulation de dettes qu’elles ont déjà remboursées.
    Amina Mourad y Benasser Ismaini, deux des animateurs du mouvement contre le micro-crédit, sont assignés devant le tribunal de Ouarzazate. Cinq organismes de micro-crédits avaient déposé une plainte contre eux. Quatre d’entre eux ont retiré leur plainte. Il en reste donc une. Mais le véritable procès, c’est celui qu’intentent par leur action, les femmes victimes de la rapacité des organismes de micro-crédits, faisant de la pauvreté un grand business.
    Rabat, le 6 septembre 2013
    En complément de cet article, voir le film réalisé par Souad Guennoun                            http://youtu.be/lO8EVO2BrjU

    Notes

    |1| Malgré le peu de risqué pris par les IMF, ells se prémunissent contre le non-remboursement de diverses manières, micro-assurance qui garantit le remboursement en cas d’invalidité ou de décès ; prêts solidaires par groupes ; banques de données commune pour éviter le multi-endettement ; mutualisation des recouvrements par voie judiciaire.
    |2| Cf http://www.entreprendre-mediterrane...
    |3| La pobreza, un gran negocio. Análisis crítico sobre oenegés, microfinancieras y banca, La paz, Mujeres creando, 201 ?

    ^

    vendredi 7 décembre 2012

    Procès reportés des victimes des micro-crédits : suite

    Par Souad Guennoun, 7/12/2012


    Nouveau et 10ème  report du procès au 27 décembre 2012

    Le procès de Amina Mourad et Benasser Ismaini  qui devait se dérouler le 6 décembre 2012 au tribunal de Ouarzazate a été reporté pour la 10ème fois, cette fois au 27 décembre 2012.

    Une marche des victimes des micro-crédits, majoritairement des  femmes, sont venues des différentes région de Ouarzazate: Agdz, Skoura, pour dénoncer ce procès fabriqué de toutes pièces contre les coordinateurs de leur mouvement et soutenir Amina Mourad et Ismaini Benasser.

    Un sit in s'est tenu devant le Tribunal de Ouarzazate, les slogans scandés : "Stop corruption, stop vol de biens publics, vous discréditez notre pays !", "les tribunaux du Maroc sont un marché aux enchères, la Justice est vendue au plus offrant, le riche plein de fric peut racheter sa peine!"

    Une des victime a témoigné des pressions exercées  par le procureur pour l'inciter à témoigner contre les militants du mouvement Amina Mourad et Ismaini Benasser. Il a déclaré publiquement  rejoindre le mouvement des victimes contre les micro-crédits.

    Une nouvelle fois,  les représentants des associations qui ont porté plainte contre Amina et Benasser ne se sont pas présentés à l'audience. Le juge a annoncé le report du procès au  27 décembre 2012 . Il a laissé comprendre que le dossier sera examiné ... Affaire à suivre. Voilà qui nous laisse plus de temps pour mobiliser, exprimer notre solidarité envoyer des observateurs ... La lutte continue.

    La nouvelle du parrainage par l'ASDHOM des coordinateurs du mouvement contre les micro-crédit de Ouarzazate Amina Mourad et Benasser Ismaini est reçu avec beaucoup d'espoir par les militants dans leur lutte,  pour briser le silence,ouvrir une enquête sur ce scandale, rendre justice aux démunis contre l'injustice, la complicité des autorités avec ces associations de micro-crédits.

    vendredi 19 octobre 2012

    La section de l'AMDH Tiflet organise une table ronde

    Par Ali Fkir,Tiflet le 18/10/2012.

    La section de l'AMDH Tiflet organise une table ronde ayant pour thèmes:
    - La crise économique et ses répercussions, animé par Mehdi Lahlou, membre du BP du PSU
    - Le micro-crédit comme "tranquilisant social", animé par Ali Fkir membre du CN d'ANNAHJ ADDIMOCRATI
    — 

     Album sans titre (5 photos)

    jeudi 8 mars 2012

    Caravane de solidarité avec les femmes victimes du micro-crédit à Ouarzazate


    Par Badiltawri.wordpress, 8/3/2012

    Un appel a été initié par l’association Attac/Cadtm pour organiser la solidarité avec les femmes victimes des politiques de micro-crédits.Ces dernières présentées comme le moyen essentiel de lutte contre la pauvreté ont révélé leur vraies visages: un moyen d’intégration formelle dans les circuits de l’économie de marché, source de rentabilité pour les organismes prêteurs mais dont la conséquence est un endettement structurel dont les femmes des classes populaires sont les premières victimes.
     Le témoignage vidéo montre clairement les mécanismes d’appauvrissement et la complicité des pouvoirs pour exiger le remboursement quitte à plonger des milliers de femmes dans la pauvreté la plus absolue. Mais aussi la disponibilité de la lutte pour répondre à cette forme d’exploitation particulièrement cynique.Ci joint l’appel

    “Plus de 2000 femmes victimes de la paupérisation, conséquence des politiques publiques mènent un combat courageux contre les organismes de micro-crédit qui ont exploité la pauvreté de ces femmes pour accumuler des profits, par le biais de prêts à taux très élevés (20 % dans certains cas), entraînant par là un approfondissement de l’appauvrissement des femmes, dépourvues de toute source de revenus.

    Les femmes d’Ouarzazate sont l’illustration criante de la réalité des politiques étatiques dites de “développement” , des programmes de lutte contre la pauvreté et de l’ impact sur les femmes des politiques libérales en vigueur, qui leur refuse l’accès à la santé, à l’éducation, à l’emploi et à l’alimentation.

    Pour élargir le mouvement de solidarité et de soutien à cette lutte des femmes de Ouarzazate contre l’enfer du micro-crédit et à l’occasion du 8 mars, journée mondiale des femmes, l’association ATTAC/CADTM Maroc organise une caravane de solidarité les 10 et 11 mars prochain sous le slogan: « Renforçons les luttes des femmes contre le micro-crédit, outil de paupérisation des femmes »

    Afin de soutenir la lutte commune des femmes pour l’égalité et la dignité, nous appelons toute les militantes et les militants et toutes les organisations à participer à cette caravane de solidarité avec les femmes victimes du micro-crédit.

    ATTAC/CADTM Maroc

    lien témoignage version arabe Amina à Ouarzazate :