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samedi 12 juillet 2014

Les dix voitures et les poissons du général Abdelaziz Bennani




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Une partie de la presse marocaine semble se laisser aller à dire certaines vérités qui dérangent sur le général Abdelaziz Bennani en particulier et l’armée en général.
Ainsi dans son édition de cette semaine, l’hebdomadaire Al Ousboue a publié une information qui sous d’autres cieux aurait scandalisé la classe politique : Quand le général Bouchaïb Arroub, nouvel inspecteur général des forces armées royales, a visité Laâyoune, au Sahara, il aurait refusé de prendre dans son avion militaire des caisses de poissons offertes par des caciques locaux de la pêche.
A ce qu’il paraît cette pratique était une habitude parfaitement assumée par le général Bennani, dont la rumeur veut que son fils soit titulaire de plusieurs licences de pêche.
De même, selon le même hebdomadaire, qui n’est pas une publication dissidente ni en froid avec le régime, et encore moins anti-monarchiste, le général Arroub aurait refusé de recevoir en « héritage » le parc automobile du général Bennani composé d’une dizaine de véhicules. 

Sûrement un véhicule pour chaque destination. Un pour Agadir, un autre pour Tanger, un autre pour Cabo Negro, un autre pour Marbella, etc…
Mais la cerise sur le gâteau vient du site Goud qui se demande qui va contrôler les prébendes et passe-droits de l’armée marocaine. « Bien entendu, pas le gouvernement d’Abdelilah Benkirane », répond-il malicieusement.
Il faut dire que la révélation maintenant de ces potins militaires est tout sauf fortuite.
La décision du général Arroub de ne pas prendre de caisses de poissons dans son avion militaire à Laâyoune, ou celle de se débarrasser de l’encombrant parc automobile de son prédécesseur, n’est pas le genre d’informations qui arrive habituellement dans les salles de rédaction des journaux marocains.
Badr Soundouss 
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=3292

samedi 28 juin 2014

Pourquoi la France est devenue la complice du Makhzen




M6 à l'Elysée avec le président Hollande (Photo AFP)
                          M6 à l’Elysée avec le président Hollande (Photo AFP)
Plusieurs incidents diplomatiques survenus en France ont empoisonné le « partenariat d’exception » entre les deux pays, forçant Paris à faire du zèle.
Rien ne va plus entre Rabat et Paris. Déjà ternie par la convocation en février dernier du chef de la DST marocaine par la justice française, l’idylle entre le Maroc et la France a subi la semaine dernière un nouvel accroc. De passage à Paris mercredi pour être hospitalisé au Val-de-Grâce, le général marocain Abdelaziz Bennani aurait reçu une lettre de menace. « Une lâche agression morale », affirme le royaume dans un communiqué.
Son auteur, Mustapha Adib, ancien capitaine de l’armée, a été emprisonné par le passé au Maroc après avoir porté des accusations de corruption au sein de l’institution, notamment de détournement de carburant par des officiers. Contacté par l’Agence France-Presse, l’homme confirme qu’il a voulu rendre une visite au général hospitalisé. « Mais elle n’a pas été autorisée et j’ai remis des fleurs et un mot », précise-t-il. Placé en garde à vue par la police, il a annoncé vendredi, par le biais de son avocat, qu’il avait porté plainte contre le roi du Maroc, Mohammed VI, et le général Abdelaziz Bennani pour « traitements cruels et dégradants ».

Fureur du Maroc

L’incident a en tout cas provoqué la fureur de Rabat. Dans un communiqué publié par l’agence de presse marocaine MAP, le Premier ministre Abdelilah Benkirane dénonce un « acte de provocation », soulignant que le général Bennani et sa famille ont été « outrageusement provoqués et agressés moralement dans l’enceinte de l’hôpital ». Mais loin de se cantonner à l’ancien capitaine, qualifié de « repris de justice notoire et connu des autorités françaises », le chef du gouvernement marocain incrimine également la France, dont l’ambassadeur au Maroc a été convoqué jeudi pour se voir signifier « le vif mécontentement du royaume ».
Le Premier ministre marocain en est convaincu : l’affaire n’est « pas isolée et survient à la suite d’actes de provocation ayant visé, à Paris, de hauts responsables sécuritaires et diplomatiques marocains ». « Cette succession d’actes graves, qui traduisent un réel acharnement, interpelle le gouvernement marocain sur les intentions et la volonté des autorités françaises », conclut son communiqué. Pointée du doigt par Rabat, la France préfère obtempérer et annonce qu’elle a ouvert une enquête et pris les « mesures de protection nécessaires » pour les officiels marocains.

« Complicité de torture »

« Il est totalement anormal qu’une haute personnalité marocaine, qui vient en France pour des traitements médicaux, se voie délivrer des lettres menaçantes », souligne le Quai d’Orsay, tout en expliquant que « ce qui s’est passé au Val-de-Grâce est un incident isolé ». Ce n’est sûrement pas l’avis de l’avocat de Mustapha Adib, maître Moutet, pour qui « la garde à vue de Mustapha Adib, orchestrée en urgence absolue par la diplomatie française à la demande de Rabat, est une réponse totalement démesurée, qui prend évidemment sa source dans d’autres dossiers, dont M. Adib est aujourd’hui la victime collatérale ».
En d’autres termes, son client serait otage de la crise diplomatique qui oppose Paris et Rabat depuis quatre mois. Le 20 février dernier, Abdellatif Hammouchi, chef de la DST marocaine, de passage à Paris avec son ministre de l’Intérieur, est interpellé par la police à la résidence de l’ambassadeur du Maroc en France. Le patron du contre-espionnage marocain se voit remettre une convocation devant la justice française pour « complicité de torture » après une plainte déposée en 2013 par l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat).

« Partenariat d’exception »

Pour apaiser la colère de Rabat, Paris va jusqu’à empiéter sur le terrain de la justice, en demandant que « toute la lumière soit faite » sur cet « incident regrettable ». Une remise en cause du principe de séparation des pouvoirs, juge à l’époque l’Acat. Et une action inutile. François Hollande a beau appeler en personne le roi du Maroc pour apporter des « clarifications », rien n’y fait. Une semaine plus tard, le royaume suspend sa coopération judiciaire avec la France.
Premières victimes, le million de Marocains habitant en France, ainsi que les 80 000 ressortissants français du royaume, dont les procédures judiciaires (litiges parentaux, versements de pensions, demandes d’extradition, transferts de prisonniers, auditions de témoins) demeurent désormais bloquées. Soulignant le « partenariat d’exception » qui lie les deux pays (la France est le premier partenaire commercial du Maroc), le Quai d’Orsay dit aujourd’hui « travailler activement pour que la coopération judiciaire puisse reprendre rapidement ».
Or, faute d’avancée concrète sur les pourparlers, aucune rencontre politique à haut niveau entre les deux États n’est à l’ordre du jour. Au contraire, de nouveaux incidents sont venus ternir encore plus la relation bilatérale. Fin février, l’acteur espagnol Javier Bardem a attribué à l’ambassadeur de France à l’ONU des propos selon lesquels le Maroc serait la « maîtresse » de la France. Nouveau couac un mois plus tard, à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle : contrairement aux usages diplomatiques, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, subit une fouille approfondie lors d’un contrôle policier, amenant Laurent Fabius à présenter publiquement ses excuses au Maroc.
Source : Le Point avec AFP
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samedi 21 juin 2014

Quand l’ambassadeur américain à Rabat dénonçait la « corruption » du général Bennani





Thomas T. Riley & le général Abdelaziz Bennani (Photos DR)
Thomas T. Riley & le général Abdelaziz Bennani (Photos DR)
Dans un très long câble signé par l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique à Rabat entre 2003 et 2009, Thomas T. Riley, le diplomate expliquait sans fioritures à ses supérieurs du Département d’Etat le lamentable état de l’armée marocaine, « marginalisée et inefficace ».
Dans le même texte, il tirait à vue sur le général de corps d’armées Abdelaziz Bennani, considéré comme un « homme du roi ».
« Des rapports dignes de foi signalent que le lieutenant général Benanni tire justement profit de son poste de commandant en chef du secteur sud ». Il en tire « des revenus des contrats militaires et exerce son influence sur les décisions du monde des affaires ». « Une rumeur très répandue veut qu’il soit le propriétaire d’une bonne partie des pêcheries au Sahara Occidental ». « Comme d’autres officiers vétérans Benanni possède une fastueuse résidence familiale qui fut probablement construite avec l’argent recouvré des pots de vin ».
Le diplomate américain accusait le militaire marocain d’avoir fait de sa fonction, la défense du territoire marocain et la lutte contre le Front Polisario, un juteux filon pour s’enrichir personnellement, et de manière outrageuse.
« Une position de leader dans une région est, pour la hiérarchie militaire, une source importante de revenus non légaux », dénonçait l’ambassadeur. Et de rajouter : 
« Il y a même des rapports sur les élèves de l’académie militaire marocaine qui soudoient pour améliorer leur classement scolaire et obtenir ainsi [à leur sortie d'école] des postes militaires lucratifs ». « Des postes de commandement dans le secteur sud, c’est-à-dire au Sahara Occidental, sont considérés parmi les plus lucratif étant donnée la concentration, là bas, de l’activité militaire (…) ». « Le Gouvernement du Maroc semble chercher des formules pour freiner la corruption dans les rangs des militaires en formation, en commençant par les colonels et jusqu’au bas de la hiérarchie ».
Le câble est daté d’août 2008, et l’ambassadeur expliquait que gêné par tant d’accusations, le gouvernement marocain, c’est-à-dire le Makhzen, n’attendait que la bonne occasion pour se débarrasser de Bennani et le remplacer par le général Bouchaïb Arroub. Une prédiction qui ne s’est conclue que très récemment.
Quand il a rédigé ce câble confidentiel, Riley ne savait pas que ces accusations seraient aussi rapidement portées à la connaissance du public.
Mais Wikileaks est passé par là.
Demain reproduit, le câble (en anglais) dans lequel l’ambassadeur Riley dit toutes ces fâcheuses choses sur le général Bennani et l’armée. Repos ! 
Demain

Maroc/France: nouvel incident diplomatique : un ex-officier porte plainte contre le roi






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    Par Ahmed Benseddik

    Affaire du capitaine Mustapha Adib et sa visite au Général Abdelaziz Bennani hospitalisé à Paris : C'est bien Adib (qui a refusé de se taire face à tant de corruption dans l'armée) qui a obtenu en l'an 2000 le " Prix de l’Intégrité de Transparency International ". Ce prix n'a pas été décerné au Général Bennani, ni à Yassine Mansouri, ni à Chakib Benmoussa, ni à Abdelilah Benkirane, ni à Mohammed VI.

    Cette affaire est une vraie épreuve de vérité pour les médias marocains. Alors que les journaux français qui citent l'AFP écrivent que le capitaine a porté plainte contre le Roi, ici le site H24INFO écrit qu' Adib a porté plainte contre le Palais... Est-ce qu'ils n'osent pas écrire " plainte contre le Roi" ?






Et la version officielle :

Maroc/France: nouvel incident diplomatique

Le Maroc a exprimé aujourd'hui son "vif mécontentement" à la suite d'une "lâche agression morale", selon Rabat, dont a été victime la veille à Paris un général marocain hospitalisé dans la capitale française, dans un nouvel incident diplomatique entre les deux pays alliés.

L'ambassadeur de France à Rabat, Charles Fries, a été reçu par un haut responsable marocain "pour lui faire part du vif mécontentement du royaume à la suite de la lâche agression morale dont a été victime, la veille, le général de corps d'armée Abdelaziz Bennani dans sa chambre de l'hôpital parisien du Val-de-Grâce", a rapporté l'agence officielle MAP. L'auteur est identifié comme étant "Mustapha Adib". Il s'agit d'un ex-capitaine de l'armée emprisonné par le passé après avoir porté des accusations de corruption au sein de l'institution.

Dans un communiqué, le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a dénoncé un "acte de provocation". Le général Bennani et sa famille ont été "outrageusement provoqués et agressés moralement dans l'enceinte de l'hôpital", a-t-il dit.
Contacté, Adib a de son côté affirmé avoir voulu rendre visite au général hospitalisé. "Mais elle n'a pas été autorisée et j'ai remis des fleurs et un mot", a-t-il avancé. Selon l'agence MAP, les autorités françaises ont exprimé leur "sincère émotion par rapport à ce qui s'est produit et annoncé l'ouverture d'"une enquête par le ministère de la Défense". Sollicité depuis Paris, le ministère français des Affaires étrangères n'a pas réagi.

Cet incident intervient dans un contexte déjà tendu depuis plusieurs mois entre Paris et Rabat, deux pays alliés à la relation traditionnellement bien cadrée. Les accords de coopération judiciaire ont été suspendus en début d'année par le Maroc à la suite du dépôt de plaintes à Paris, pour "torture" et "complicité de torture", visant le patron du contre-espionnage marocain, Abdelattif Hammouchi.

Rabat s'est notamment montré furieux de la venue, le 20 février, de policiers à la résidence de l'ambassadeur du Maroc pour apporter à  Hammouchi - dont la présence à Paris avait été rapportée - une convocation d'un juge d'instruction.
Malgré un échange téléphonique entre le président français François Hollande et le roi Mohammed VI, le Maroc avait décidé dans la foulée la suspension des accords, dans l'attente de leur révision. "L'acte inadmissible" de mercredi "risque de compliquer davantage le processus de normalisation des relations bilatérales", a estimé l'agence MAP.