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mardi 25 août 2015

Maroc : Demande de poursuites contre les Juifs qui vont s’entraîner dans l’armée israélienne

 

Des ONG demandent au gouvernement marocain de prendre les mêmes dispositions concernant les jeunes juifs qui partent s’entraîner dans l’armée israélienne 
que celles prises contre ceux qui se rallient à Daesh.
Le récent voyage effectué par une trentaine de jeunes juifs marocains en Israël dans le cadre d’un programme sous le patronage du ministère de la Défense a relancé la campagne des milieux anti-normalisation au royaume. Ils demandent dans une lettre adressée au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane d’ordonner l’ouverture d’une enquête « sincère » et « transparente » sur cette affaire.

samedi 20 octobre 2012

Laissez la religion à Dieu et chargez-vous du pays qui appartient à tous



« M. Saïd Lekhal n’est pas un homme pieux ». Ainsi s’exprimait Madame la ministre lors d’une émission télévisée diffusée en direct et regardée par des millions de téléspectateurs (« Moubachara maâkoum » du mercredi 10 octobre, une émission qui, par ailleurs, était d’excellente facture). On peut tenir cette saillie pour une gaffe, et on peut penser que la langue n’a pas été tournée sept fois dans la bouche avant de dire quelque chose, comme nos grands-mères nous disaient jadis… mais ce fait marginal, cette « gaffe » que d’aucuns tiennent pour insignifiante, suscite nombre d’interrogations.
D’abord et avant tout, quand donc certains de nos ministres se rendront-ils à l’évidence qu’ils sont responsables gouvernementaux et qu’à ce titre, leurs déclarations et leurs propos ont un poids et un sens aux yeux des gens ? Quand donc ces mêmes ministres de notre très respectable gouvernement admettront-ils, enfin, qu’ils représentent tout un pays, et le peuple qui le peuple, dont même les gens qui n’ont pas voté pour leur parti ? Ainsi, le ministre de l’Education a, semble-t-il, lancé à une fillette dans une école : »Que fais-tu encore là, toi, il te faut maintenant te trouver un homme » ; son collègue à l’Enseignement supérieur, lui, a déclaré que dans un futur proche, « les écoles d’ingénieurs et les facultés de médecine et de pharmacie seront désormais payantes, mais cela ne s’appliquera pas aux facultés de Sciences et de Lettres » et, ce faisant, le ministre consacre ce qui ressemble fort à une sorte d’apartheid social aussi réfléchi qu’irresponsable… Le chef du gouvernement, lui, affirme à tous qu’il n’est pas dans « le hammam pour femmes » (bain maure), et que « Dieu pardonne ce qui est passé » en s’entretenant de la lutte contre la corruption ; le ministre de la Justice considère que le mariage des filles mineures par la simple lecture de la Fatiha (sourate du Coran) est une réalité avec laquelle nous devons composer (sic) et que Marrakech reçoit des touristes qui n’y viennent que pour s’adonner à la débauche (re-sic) ; la ministre de la Famille et de la Solidarité pense que les épousailles d’une femme violée avec son violeur n’est pas toujours chose mauvaise… Et les exemples sont encore nombreux. Ces ministres ne se rendent-ils pas compte que leurs déclarations les engagent et engagent leurs responsabilités ? Certains de nos ministres devraient enfin comprendre qu’ils n’en sont plus au militantisme dans les rangs de leurs partis, mais qu’ils sont aujourd’hui des femmes et des hommes d’Etat dont chaque mot est pesé et décortiqué et dont les propos engagent vis-à-vis des populations…
Ensuite, comment donc une ministre peut-elle se permettre d’émettre un jugement sur la religiosité d’une personne donnée, sur sa piété ou sa non-piété ? Même dans le cas où nous accepterions les explications apportées plus tard par elle, qui a dit pour se justifier que M. Lekhal « n’est pas pieux dans le sens où il n’appartient à aucun courant ou association islamique », même dans ce cas, rien ne saurait justifier la gaffe commise. Depuis quand l’appartenance à une structure islamique est-elle un signe ou un critère de piété ? Pour prendre l’exacte mesure de la gravité de cette bévue, procédons à une petite comparaison : imaginons donc une émission télévisée dans un des pays les plus ancrés dans la démocratie, le Royaume-Uni par exemple… Ainsi, le journaliste reçoit sur son plateau un responsable gouvernemental pour évoquer un sujet qui concerne l’ensemble de la société ; et puis, soudain, dans le feu de la discussion, le ministre en question déclare : « Telle personne n’est pas assidue dans sa fréquentation de l’église le dimanche »… Franchement, est-il possible à un esprit démocratique ou à n’importe quelle autre logique d’accepter de tels propos ?
Non, Madame la Ministre, nous ne nous intéressons absolument pas de savoir si M. Saïd Lekhal est un homme pieux ou non. Et ce n’est pas à cela que nous jugerons son intervention. Non, Madame la Ministre… Qu’un homme soit membre d’une association islamique n’en fait pas un homme à la piété plus marquée qu’un autre ou que les autres. De même que le défaut d’appartenance à une quelconque structure islamique, association, Jamaâ ou parti, ne fait de personne un être moins pieux, ou même moins croyant. Il ne vous appartient absolument pas, Madame la Ministre, pas plus qu’à votre parti, de monopoliser la religion et de vous accaparer tout débat autour d’elle. Vous n’êtes pas les tuteurs, ou censeurs ou contrôleurs de la piété des Marocains ; personne ne vous a confié la mission de mesurer la pratique religieuse de vos prochains, ou pour expédier les gens au paradis céleste, ou en enfer. Et nul ne vous a mandatée, Chère Madame, pour estimer en fonction de vos critères le degré de piété ou de non-piété des gens que vous êtes supposée seulement administrer.
Laissez donc ce peuple, je vous prie, pratiquer ou non sa religion en paix. Laissez-le faire erreur, s’il le souhaite, laissez-le hésiter ou trébucher si telle est sa volonté et laissez-le surtout chercher sa propre vérité, sa voie, comme il l’entend. Ne nous rangez pas en citoyens pieux ou non, mais plutôt en personnes qui font l’apprentissage de la citoyenneté ou en contrevenants aux conditions de cette même citoyenneté.
 Voilà donc une occasion de plus de crier, de hurler de toute la force de nos déceptions politiques et de nos désillusions en termes de droits : Seule la laïcité est à même de nous prémunir de ces tribunaux d’inquisition, officiels soient-ils ou non ! Oui, seule la laïcité confèrera à Saïd Lekhal et à nous tous le droit de ne pas être jugés pour notre piété ou notre non-piété (ou même selon la vision de l’Autre sur nous, en fonction de ses critères propres, ce qui est encore plus dangereux). Rappelons encore une fois, si besoin est, que la laïcité est bien ce système qui permet aux musulmans dans des contrées démocratiques de pratiquer leurs cultes avec un minimum de liberté, sans que personne n’ose ni ne songe à les juger ou à leur demander des comptes sur leur choix de l’islam. Oui, c’est bien au nom de la laïcité et grâce à elle que nous entendons, chaque jour, qu’un Français, un Espagnol ou un Britannique se sont convertis à l’islam. Ils font cela au nom et grâce aux libertés en vigueur dans leurs pays respectifs… Alors pourquoi n’aurions-nous pas les mêmes libertés que ces gens-là sur leurs terres ? Au nom de la laïcité, nous édifions des mosquées sur les Ancien et Nouveau Continents, mais accepterions-nous de voir ériger des églises dans notre pays (hors celles qui y existent déjà) ? Imaginons encore une fois que les démocraties occidentales décident un jour d’appliquer la réciprocité en considérant que leurs sociétés sont d’abord et avant tout chrétiennes et qu’il n’est pas souhaitable, ni toléré, que l’on y ébranle la foi des chrétiens… On y interdirait alors la construction de nouvelles mosquées et on interdira aux non musulmans de le devenir, et chaque chrétien ou juif qui se convertirait à l’islam serait jeté en prison, de même que chaque imam qui aurait veillé à le convertir serait à son tour embastillé pour avoir ébranlé la foi juive et chrétienne…
Les sociétés occidentales, laïques, estiment que leurs citoyens sont des gens mûrs et matures. Elles ne leur apprennent pas, dans les écoles, les cultes, rites et pratiques de religions particulières, dans une logique discriminatoire, mais bien au contraire, elles leur donnent des leçons sur l’ensemble des religions, elles leur inculquent les principes de la citoyenneté, puis elles les laissent opérer leurs choix à leurs convenances. Elles les laissent chercher leurs propres vérités et choisir ce qu’ils veulent, selon leurs propres convictions. Les gens choisissent l’islam, ou un autre culte qui leur siérait. Ils choisissent d’embrasser une religion, ou non, le principal étant qu’ils puissent choisir et choisir en toute liberté… Et ensuite, il n’y a pas un seul responsable gouvernemental qui vient leur chercher querelle, les juger sur le degré de leur piété et sur le nombre de fois où ils se rendent à l’église, et leur distribuer de bons et de mauvais points en fonction de leurs bonnes, ou mauvaises, actions.
Madame la Ministre… il existe dans ce pays bien des problèmes, et des problèmes encore qui attendent qu’on leur trouve des solutions ; il existe tant de rêves que nous voudrions voir un jour concrétisés ; il existe tant de déceptions et de désillusions dont nous aimerions nous défaire. Il existe une génération montante qui attend d’être éduquée et formée… Laissez-nous donc la religion, nous nous en occupons en la pratiquant, comme vous, avec maturité, après réflexion et non sous l’emprise et la pression d’une tutelle, quelle qu’elle soit. Ayez pitié de cette nation qui appartient aussi bien aux pratiquants qu’aux non pratiquants, et laissez le Créateur décider de notre religiosité…

mercredi 23 décembre 2009

La problématique du judaïsme marocain et le sionisme (Abraham Serfaty, 1969)

Dossier Jordanie et Maroc : Additif
Par René Naba | 20/12/2009 | Paris

Le mandat d’arrêt lancé le 14 décembre 2009 par la justice britannique à l’encontre de Mme Tzipi Livni pour sa responsabilité dans la guerre de destruction israélienne de Gaza a retenti comme un désaveu du Maroc pour l’accueil que le Royaume avait réservé en novembre à l’ancien ministre israélien des affaires étrangères, un camouflet d’autant plus cinglant que le souverain chérifien, le Roi Mohamed VI préside le comité «Al Qods», le comité chargé de préserver les Lieux saints musulmans de Jérusalem, une ville en voie de judaïsation rampante et quasiment annexée par Israël.
Le laxisme traditionnel marocain à l’égard d’Israël, à contre-courant de la position officielle arabe, est généralement expliqué par les rapports historiques qu’entretient la dynastie alaouite avec le judaïsme marocain.
En complément au dossier «Jordanie et Maroc, les voltigeurs de pointe de la diplomatie occidentale» dans la sphère arabe www.renenaba.com publie, en additif, au titre d’annexe documentaire, des extraits d’une étude de M. Abraham Serfaty sur la problématique du judaïsme marocain et son rapport au sionisme. Une étude parue dans la Revue Souffles numéro spécial 15, 3e trimestre 1969 et toujours d’actualité:
La problématique du judaïsme marocain et le sionisme

jeudi 23 juillet 2009

Fête du trône : la Maroc 10 ans après.

Par Chems Eddine Chitour, 23/07/2009

«Il n’y a pas de juifs au Maroc, il y a seulement des sujets marocains», avait répondu le roi au représentant de Vichy, lui demandant de «prévoir 150 étoiles jaunes supplémentaires pour les membres de la famille royale».Sa Majesté Mohammed V

Le Maroc à fêté en grande pompe la fête du trône et la «bay’a» à l’occasion du Xe anniversaire de l’accession au trône de Mohammed VI. Dix ans après, un bilan en demi-teinte laisse l’observateur impartial sur sa faim.«Dix ans après son intronisation, écrit le rédacteur du journal Le Point, le roi Mohammed VI du Maroc reste une énigme pour la plupart de ses compatriotes, qui dressent un bilan contrasté d’une décennie marquée par des réformes importantes et la persistance de points noirs. (..) En accédant au trône alaouite, le 23 juillet 1999 à l’âge de 35 ans, le nouveau roi avait signifié qu’il voulait poursuivre la politique d’ouverture amorcée à la fin du règne de son père Hassan II. (...). Une bouffée d’air frais avait alors soufflé sur un pays anxieux de tourner la page des "années de plomb". En 2008, le pays a obtenu de l’UE le précieux "statut avancé", qui lui permettra à terme d’accéder librement au marché européen, et se dote d’infrastructures sans égales au Maghreb».(1)«Les victimes des "années de plomb" ont été indemnisées à l’issue d’un travail courageux - à défaut d’être complet, puisque les tortionnaires n’ont pas été inquiétés - de l’Instance équité et réconciliation (IER). Un nouveau Code de la famille (Moudawana) a également été adopté en 2004, donnant aux femmes (presque) les mêmes droits qu’aux hommes. Et ce, malgré l’hostilité des islamistes radicaux. (...) Enfin, malgré quelques incidents de parcours irritants, les journaux peuvent écrire à peu près ce qu’ils veulent dès lors qu’ils ne remettent pas en cause le rite sunnite malékite officiel, la monarchie et l’intégrité territoriale. (...) Et, en dépit des efforts des autorités, la corruption reste largement pratiquée à tous les niveaux. Environ 40 pour cent de la population est encore analphabète. De fait, la misère la plus noire côtoie souvent l’opulence la plus insolente».(1)Misère et opulenceD’une façon générale les médias occidentaux ne tarissent pas d’éloge sur le Maroc qui jouit d’un préjugé favorable à la fois des gouvernements, des médias et des communautés juives qui, à raison, se souviennent de la position exemplaire de Mohammed V. Amale Samie écrit: «Le 26 janvier 2005, Serge Berdugo, secrétaire général du conseil des communautés israélites du Maroc, évoquait devant l’agence Associated press ´´l’éternelle reconnaissance´´ des juifs envers le sultan Mohammed V, qui avait protégé la communauté juive marocaine des vexations du régime de Vichy, pendant la Seconde Guerre mondiale. ´´Il n’y a pas de juifs au Maroc, il y a seulement des sujets marocains´´, avait répondu le roi au représentant de Vichy, lui demandant de ´´prévoir 150 étoiles jaunes supplémentaires pour les membres de la famille royale´´. Voilà pourquoi le Maroc ne disparaîtra jamais de la mémoire des juifs jusqu’à la énième génération. Les juifs du Maroc ont le Maroc au coeur, ils l’ont prouvé quand il avait besoin d’un lobby politique fidèle à la mémoire de ses ancêtres».(2)Pourtant un vent d’espoir maghrébin était né lors de l’intronisation de Mohammed VI qui tournait la page de 30 ans de règne de feu Hassan II, caractérisé par la répression sans pitié des opposants, comme le rapporte Gilles Perrault dans son ouvrage «Notre ami le roi» paru en 1990. Ce livre fait le bilan accablant de 30 ans de règne et de torture. Gilles Perrault ne s’est pas contenté de dénoncer les exactions du roi du Maroc de l’époque, il s’est aussi interrogé sur la complaisance à son égard de certains membres des élites françaises...«Son règne est bientôt trentenaire et il est l’ami de la France, de ses dirigeants, de ses industriels, de ses élites de droite et de gauche. Roi du Maroc, Hassan II symbolise pour nombre d’Occidentaux le modernisme et le dialogue en terre d’lslam. Mais ces apparences avenantes dissimulent le jardin secret du monarque, l’ombre des complots et des prisonniers, des tortures et des disparus, de la misère. Il règne, maître de tous et de chacun, brisant par la répression, pourrissant par la corruption, truquant par la fraude, courbant par la peur. S’il n’a pas inventé le pouvoir absolu, son génie aura été de l’habiller des oripeaux propres à tromper ceux des étrangers qui ne demandent qu’à l’être. Sa "démocratie" connaît une moyenne de quatre procès politiques par an, plus de cent depuis l’indépendance, avec, chaque fois, une fournée de militants condamnés à mort ou à des siècles de prison. Tortures du derb Moulay Cherif, morts-vivants de Tazmamart, calvaire des enfants Oufkir, nuit des disparus sahraouis...La peur est l’armature de son système. Comme l’enfer, elle a ses cercles. Chacun, quelle que soit l’horreur de son sort, peut être assuré qu’un autre a connu pire.Si l’on ajoute à cela l’enrichissement personnel, on a une idée de la condition de la société marocaine. Au pouvoir depuis dix ans, le souverain marocain serait, selon le magazine financier Forbes, l’un des hommes les plus riches du monde. Et sa fortune aurait doublé au cours des dernières années (..) Il est à la tête d’un joli pactole s’élevant à 2,5 milliards de dollars [1,8 milliard d’euros] et il caracole à la septième place des rois les plus aisés du monde sur une liste comprenant quinze souverains. (...) Rappelons que le Maroc est toujours à la 126e place dans le classement du rapport mondial sur le développement humain du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et que le taux de pauvreté au Maroc est passé à 18,1%. La dette extérieure publique du Maroc a enregistré une augmentation de 10% par rapport à 2007, pour atteindre la somme de 11,9 milliards d’euros. Cela représente 20% du PIB et 39% des recettes courantes de la balance des paiements». ´´Jamais Hassan II ni la famille royale ne sont apparus dans les classements des fortunes mondiales, établis notamment par le magazine américain Forbes´´, ajoute cet observateur. Alors qu’elle était estimée à 500 millions de dollars au début des années 2000, la fortune de Mohammed VI a en effet été multipliée par cinq, à en croire le magazine américain. Et encore, ce n’est que la partie visible de l’iceberg(3)Justement à propos d’inégalité, la ville de Casablanca est déchirée par ses contradictions. Dans cette ville écrit, Chafaâ Bouaïche, les autorités ont confié presque tous les services à des entreprises étrangères. «On fait appel à des étrangers pour gérer les affaires de la collectivité, comme si nous étions incapables de le faire nous-mêmes», regrette un cadre marocain. Le service de propreté de la ville est dirigé depuis 2004 par trois entreprises espagnoles. Par ailleurs, tout comme à Alger, c’est une société française - la Lyonnaise des eaux - qui gère l’eau et l’électricité de la ville de Casablanca. «C’est vraiment malheureux de voir notre pays confier la gestion de son eau, donc de sa vie, à un pays qui nous a colonisés!» nous confie un journaliste marocain. «A Casablanca, même les autobus sont gérés par une société française», poursuit-il. Casablanca n’arrive pas à cacher la misère de sa population.(4)On l’aura compris, les Marocains ne profitent pas des fruits de la croissance que l’on dit de 5%. On apprend que dans la plus pure tradition esclavagiste, les Espagnols recrutent des femmes. Hicham Houdaïfa écrit: «(...) Il s’agit de 12.000 ouvrières marocaines qui doivent être recrutées dans des exploitations agricoles espagnoles en 2008. Fatema fait partie des milliers de postulantes à ce nouveau type de migration. ´´Ils ne veulent que des femmes, parce qu’ils sont sûrs qu’elles reviendront au Maroc´´, explique-t-elle. Ces futures ouvrières vont quitter hommes et enfants afin de pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles. Contrairement aux hommes, qui sont toujours heureux de décrocher un visa pour travailler ailleurs, ces femmes affichent une mine d’enterrement. Les ´´mmimates´´ (mères de famille, dans le jargon populaire) ont le coeur lourd. Ces femmes doivent être en bonne santé, ni grosses ni maigres, avec une dentition parfaite. Elles doivent non seulement être mariées mais également avoir des enfants âgés de moins de 14 ans! En acceptant toutes les conditions posées par les Européens en matière d’immigration, le gouvernement participe à une nouvelle forme d’esclavagisme»(5)
Le Sahara occidental, pierre d’achoppement pour l’UMASitué à l’ouest du Maghreb, sa superficie est de 266.000 km². A l’époque de son occupation par l’Espagne en 1884, le territoire du Sahara occidental est essentiellement occupé de tribus guerrières, maraboutiques et tributaires, organisées et indépendantes entre elles. La décolonisation bâclée a amené le roi à faire une marche verte sous les yeux des garnisons espagnoles qui quitteront le pays en février 1975. Le Maroc a souvent joué le rôle de gendarme des intérêts de la France en Afrique, ainsi que celui de temporisateur dans le Proche-Orient. Naturellement, ce pays fait l’objet de convoitise. Outre le Maroc, «côté américain, écrit Denise Sollo, il est important de gagner le marché marocain par l’établissement d’une zone franche entre les deux pays. Cette attitude s’inscrit dans la politique américaine de conquête du marché africain. Pour l’Union européenne, il s’agit surtout de garder les marchés déjà acquis.Le Maghreb, de par sa proximité et ses richesses, représente pour l’Europe un marché à préserver et à développer. Néanmoins, pour les Etats-Unis comme pour les Européens, l’instabilité actuelle du Maghreb directement liée au conflit du Sahara occidental ne permet pas un bon déroulement du commerce. Raison pour laquelle ils sont tous pour un retour à la paix au Sahara. (...) On comprend donc pourquoi le Maroc se présente aujourd’hui pour les Occidentaux, comme un allié important face aux doubles fléaux que sont le terrorisme et l’intégrisme.(...) Les enjeux d’ordre économique relèvent des richesses contenues dans le sous-sol du territoire, ainsi que celles contenues au large des côtes et dans les fonds marins. En effet, des compagnies pétrolières y effectuent actuellement de la prospection, sous l’autorisation de l’Etat marocain. Il s’agit des multinationales française et américaine TotalFinaELf et Keer Mc Geer. Finalement, le conflit du Sahara occidental qui, si on part de la perception première de l’ONU et du droit international, se veut un conflit de décolonisation. La négociation demeure toutefois la démarche la plus réaliste pour espérer parvenir à une situation de paix dans cette partie de la région du Maghreb (...)»(6)Dans cet ordre d’idées, un espoir: on apprend que la première rencontre informelle entre le Maroc et le Front Polisario sur la question du Sahara occidental est prévue à partir du 9 août en Autriche. Pour qu’un Maghreb de l’intelligence puisse émerger, il est bon que les pays en question fassent définitivement la paix avec leur histoire et s’acceptent dans leurs frontières actuelles pour aller progressivement, à l’instar de l’Europe, vers une Union maghrébine dans le plein sens du terme. Dans ce cadre et sans vouloir refaire l’historique des attaques récurrentes, qu’il nous suffise de rappeler la fameuse phrase des Romains: «Flumen malva dirimit mauretenias duas» Le fleuve Moulaya sépare les deux Maurétanie (la Tingitane et la Césarienne). Malgré cela la Moulaya est en territoire marocain et le traité signé le 18 mars 1845 par le Maroc et la France, marque la frontière entre le Maroc et l’Algérie occupée par la France.L’Emir Abdelkader ne pouvant plus avoir de base arrière préfère se rendre en terre algérienne. Il faut aussi rappeler que la frontière algérienne était au méridien de Tabarka et que pendant la Régence d’Alger qui avait la tutelle morale sur les Régences de Tunis et de Tripoli, les pêcheurs de corail de Tabarka payaient un tribut au bey de Constantine.Le pouvoir tunisien a vainement tenté de remettre en cause le tracé des frontières. De Gaulle en parle dans ses mémoires. Bourguiba au plus fort des négociations avec le Gpra, se déplace à Paris et tente de convaincre le général de l’appartenance d’une zone autour de la borne 33 qui serait tunisienne, n’était-ce un tracé flou et problématique qui donnerait indument à l’Algérie un territoire qui n’est pas le sien.L’analyse pertinente du journaliste marocain Ali Lmrabet des dix ans de règne peut à certains égards être étendue à tout le Maghreb, tant il est vrai que les pays le composant ne sont pas acteurs de leurs destins. Ecoutons-le: «Peut-on vivre au Maroc d’aujourd’hui en faisant omission de cette réalité qui veut que tout doit tourner autour du roi? Peut-on se défaire de ce sentiment diffus qui veut que nous devons être, de par la loi, les fils respectueux d’un père bienveillant qui a réponse à tout, est présent partout, dans le politique, le religieux, l’économique, les affaires, le social et même dans l’action caritative et spectaculaire? (...) Et il est paradoxal de constater que ceux qui font leur cette analyse, en particulier les Français, les voisins espagnols et les lointains Américains (avant et avec Obama), ceux-là mêmes qui tiennent bec et ongles à leurs institutions et à leurs chères libertés, veulent nous garder en cage et nous pressent, indirectement bien entendu, de rester sages et d’accepter d’être gentiment conduits par le prince. (...) Nous ne serions pas prêts pour la démocratie, se lamentent ces hypocrites. Mais enfin, de quoi ont-ils peur? Que nous commencions à penser par nous-mêmes? A nous émanciper? Que nous trouvions des solutions à nos besoins, matériels et autres? Que veulent-ils, enfin, ces lointains Occidentaux? On a du mal à croire qu’ils veulent que notre région continue à être la grande fabrique d’extrémistes - qui se nourrissent, justement, des dictatures, des injustices faites aux gens et du manque de liberté criant qui sont notre pain quotidien».(7) Tout est dit.(*) Ecole nationale polytechnique

1.Le bilan contrasté du roi marocain Mohammed VI-Le Point.fr 12/07/20092.Amale Samie - Etre juif au Maroc aujourd’huihttp://www.maroc-hebdo.press.ma/

. Un roi en or massif Courrier international n° 977 23.07.20094.Chafaâ Bouaïche