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vendredi 20 mars 2015

TVLIBERTES.COM : libérer l'information !

 
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Découvrez toute l'actualité que vous avez raté cette semaine, sur www.tvlibertes.com. Et n'oubliez-pas, si dimanche prochain vous ferez un vote pour libérer la France, faites dès à présent un don pour libérer l'information !
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Aux abonnés Youtube : Nous avons migré de chaîne il y a trois semaines suite à un blocage intempestif de YouTube qui nous empêche de mettre en ligne des vidéos après des attaques de médias pour atteinte à la réputation et à l'image. 
Cela va de concert avec un article de l'Express qui dressait la liste des médias alternatifs à abattre.
 
Faites passer l'information autour de vous, et plus que jamais, aidez-nous financièrement afin de soutenir l'information libre !
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Lecture et musique avec Younes Benkirane

L’élection de Netanyahou : un défi pour la communauté internationale


AFPS, jeudi 19 /3/2015
Netanyahou a donc gagné son pari en s’imposant comme champion de son camp d’extrémistes aux dépens de ses proches alliés.
Dans les derniers moments de la campagne, il a « réussi » son « coup politique » et dit clairement non à l’Etat palestinien, oui au blocus permanent de Gaza, oui à l’extension sans limite de la colonisation. 
Le jour même de l’élection, il sonnait l’alarme en direction des colons à coup de tweets racistes : « Attention les Arabes votent en masse ! ». Auprès de l’électorat de droite, il est celui qui a osé s’inviter et s’imposer aux côtés de François Hollande le 11 janvier, celui qui a réussi à défier Barack Obama devant le Congrès américain en appelant au refus de tout accord sur le nucléaire iranien. L’homme fort auquel personne ne peut résister, le symbole d’un Israël dans la toute puissance.
Il n’y avait certes pas d’alternative sérieuse pour un règlement du conflit sur la base du droit avec, au « centre gauche », une « Union sioniste » qui reprochait à Netanyahou de n’avoir pas réglé le « problème de Gaza » l’été dernier, et nous n’avions pas grand chose à attendre de ces élections. Sinon de savoir à quelle hauteur se jouerait l’entrée en scène de la coalition judéo-arabe. Son réel succès mérite d’être souligné et salué et contribuera à changer la donne pour ceux que la société marginalise, Palestiniens d’Israël et victimes de la crise sociale.
Ces élections auront au moins le mérite d’avoir apporté une véritable clarification. On ne peut plus désormais faire mine de ne pas savoir ce que cherche Netanyahou : empêcher la solution à deux Etats et annexer l’essentiel de la Palestine.
La France, comme ses partenaires de l’UE, est désormais au pied du mur. Elle voit tous les jours où conduit l’ivresse de la force qui fait refuser, le lendemain même de l’élection, l’entrée à Gaza d’une délégation de parlementaires européens et détruire une vingtaine de structures agricoles dans la vallée du Jourdain.
Elle n’a d’autre alternative, sauf à céder devant la force, que de sanctionner une politique qui méprise le droit international comme le droit des peuples et ne peut mener qu’à l’abîme.
La France va devoir très vite dire par exemple si elle laisse des entreprises françaises, Safege et Poma, aider les colons à faire main basse sur la ville de Jérusalem. Et si elle accepte de faire comme si elle n’avait pas entendu Netanyahou dire non à l’Etat de Palestine. Elle doit au contraire reconnaître immédiatement l’Etat de Palestine sur les frontières du 4 juin 1967.
Le Bureau National

Report du procès de prisonnier politique sahraoui Abelkhalek El Morkhi

El Aaiun (les territoires occupés du Sahara occidental), 16 mars 2015 (SPS) La Cour coloniale marocaine d’El Aaiun a ajourné lundi ,  le procès du prisonnier politique sahraoui,  Abdelkhalek El Morkhi jusque le 23 mars 2015, a-t-on appris de source judiciaire sahraouie.

Le  prisonnier politique sahraoui avait comparu  devant la même cour le 16 février 2015 en grève de la faim scandant des  slogans exigeant l'autodétermination et condamnant son procès inéquitable.

Selon la même source Abdelkhalek El Merkhi a participé   à plusieurs  manifestations pacifiques réclamant  l’autodétermination et l’indépendance du peuple sahraoui .
Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme avaient dénoncé l’arrestation de Morkhi, estimant que c’est une violation des droits de l’homme en raison de ses opinions politiques en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui, a rappelé la même source. (SPS).
97/90/TRD
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jeudi 19 mars 2015

Violente agression et arrestation du chef de projets de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI),


Mardi 17 mars 2015 vers 10h30, une dizaine d’agents de la police en civil ont effectué une intrusion illégale en cassant la porte du domicile du chef de projets de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI), Hicham Mansouri, situé au quartier Agdal à Rabat. Suite à cela, ils ont procédé l’arrestation arbitraire de M. Mansouri après l’avoir déshabillé et battu sur son visage et sur la tête.
Le bureau exécutif d’AMJI dénonce cette attaque contre M. Mansouri, qui a déjà fait l’objet d’une agression le 24 septembre 2014 à 22H15 par deux personnes sortant d’une voiture noire aux vitres fumés, le chauffeur restant au volant.
Ces attaques, de plus en plus fréquentes, contre les défenseurs des droits humains et des libertés interviennent dans un contexte de régression sans précédent sur le plan du respect des dispositions de la Constitution dans le domaine des droits civils et politiques..
AMJI appelle les autorités marocaines à mettre fin à ces agissements tout en respectant leurs engagements internationaux en matière de protection des défenseurs des droits humains.
Signé
Le bureau exécutif d’AMJI (association marocaine pour le journalisme d'investigation)

Conférence-débat : Jérusalem-Est colonisée, souffrance et résistance des Palestiniens

Association France Palestine Solidarité 05
Soirée du jeudi 2 avril 2015
salle Dum'Art rue Cdt Dumont GAP

18h-19h Assemblée générale de l'AFPS05
19h-20h Repas partagé sorti des sacs
20h-22h Conférence-Débat :

 Jérusalem-Est colonisée, souffrance et résistance des Palestiniens
Conférence-Débat
de Jacques Picard, conseiller régional Île-de-France, initiateur de la coopération décentralisée entre l’Île-de-France et le gouvernorat palestinien de Jérusalem-Est
Jeudi 2 avril 2015 à 20h
salle Dum'ART 14 av. Cdt Dumont à Gap

En 1967, Jérusalem-Est était occupée militairement par l’armée israélienne et en 1980, elle était purement et simplement annexée par Israël. Cette occupation et cette annexion, qui durent jusqu’à aujourd’hui, sont illégales, condamnées par l’ONU et toute la communauté internationale. Cela n’empêche pas Israël d’y mener une politique de judaïsation et d’apartheid à l’encontre des Palestiniens qui y vivent (démolition, confiscation de maisons, retrait du droit de séjour, restriction à la circulation, impossibilité de vivre en famille etc.). Une pression permanente à l’expulsion des Palestiniens de Jérusalem. La politique de judaïsation vise aussi à anéantir la dimension chrétienne et musulmane de la ville.
Jacques Picard est Conseiller régional d’Île-de-France. Dans ce contexte difficile d’occupation et de colonisation, il a été l’initiateur et est aujourd’hui l’élu référent de la première coopération décentralisée entre une collectivité française, la Région Île-de-France, et le gouvernorat palestinien de Jérusalem-Est, ce qui est historique. Il nous expliquera en quoi cette « diplomatie des territoires » peut être un levier important de la solidarité avec le peuple palestinien, afin que celui-ci puisse, un jour, vivre libre et en paix avec le peuple israélien.

La conférence est organisée par :
l’Association France Palestine Solidarité (AFPS05), Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement Terre solidaire (CCFD), E'Changeons le Monde, le Mouvement de la Paix,
IPNS

Avortement : Louardi retrouve le professeur Chraïbi autour d’un débat

Aufait, 17/3/2015

Un peu plus d’un mois après avoir été limogé de son poste à la direction de la maternité des Orangers de Rabat, le professeur Chafik Chraïbi a retrouvé le ministre de la Santé Houcine Louardi, autour d’un débat sur l’avortement, organisé par l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin.

Le ministre de la Santé, Houcine Louardi a été pointé du doigt sur le limogeage du professeur Chafik Chraïbi à la tête de la maternité des Orangers de Rabat, suite à un reportage de France Télévisions sur l’avortement au Maroc. M. Louardi avait affirmé que son département soutenait l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC), dirigée par le même professeur Chraïbi. Ce lundi à Rabat, il en a apporté encore la preuve en prenant part à un débat organisé par ladite association sur le thème : « Pour un amendement de la loi sur l’avortement ».

Tunisie, FSM : NON A LA PEUR !




TUNISIE



La Tunisie , les tunisiennes et les tunisiens sont toujours debout !
En direct de l'avenue Bourguiba (centre ville de Tunis)




TERRORISME DÉGAGE ! : Les terroristes veulent créer un climat de peur à la veille du Forum Social Mondial qui se déroule en Tunisie du 24 au 28 mars. Les citoyens Tunisiens aspirent à la liberté et disent non à la peur.
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 Une réaction à chaud de Fethi Benslama  sur le massacre au Musée du Bardo:

- La Tunisie est malheureusement au début du calvaire, nous le savions, du moins certains en avaient pleinement conscience.
- Lors de la dernière conférence que j'ai donné à la Bibliothèque Nationale à Tunis le 28 février dernier (publié dans "La presse de Tunisie"), j'avais fait état du chiffre que le secrétaire d'Etat à la jeunesse m'a donné quelques jours auparavant : il y a un million de jeunes tunisiens (1 sur 4) qui sont sortis du système scolaire, qui sont au chômage, qui n'ont aucune couverture sociale. Il s'agit là, à n'en pas douter, d'un vivier du désespoir qui alimentera le salafisme, le jihadisme, la délinquance, le suicide, etc.
- Le gouvernement de la troïka et particulièrement le parti islamiste, qualifié de "modéré" qui la dominait, a tout fait pour favoriser le terrorisme jihadiste. Les preuves sont nombreuses et accablantes.
- Malgré la mobilisation des services de sécurité dans les derniers mois, le fait que le Musée national du Bardo, qui jouxte le parlement, soit sans protection, indique assez l'état de carence de ces services.
- Les Tunisiens dans leur majorité ne sont pas conscients que la Tunisie est exposée à de très graves dangers, à la fois de l'extérieur et de l'intérieur. Sans la conscience de ces dangers, sans la mobilisation de moyens et de forces considérables, bref, sans une MOBILISATION GENERALE, la Tunisie vivra une tragédie comparable à celle de l'Algérie, et probablement pire encore, car l'Algérie n'avait pas à l'époque un pays voisin en guerre, sans Etat, en proie aux milices, comme la Libye. Il faut que le gouvernement dise la vérité aux tunisiens. 

Il faut que les Etats européens arrêtent de tergiverser stupidement, en ne cherchant qu'à se protéger eux-mêmes, en croyant que la Tunisie c'est ailleurs."

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lire aussi :  http://www.humanite.fr/tunisie-contre-la-terreur-un-peuple-debout-568962?IdTis=XTC-FT08-ACJV54-DD-DXXED-DYR8
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 http://www.france24.com/fr/20150319-attaque-terroriste-tunis-condamnation-communaute-internationale-france-japon-etats-unis-washington-presse-video/





Le makhzen perd la bataille de Dakhla

 

Le forum de Forum de Crans Montana qui se tient depuis le 12 mars à Dakhla, ville du Sahara Occidental occupé, s’avère être un cuisant échec pour le Maroc. Boycotté par la communauté internationale, « l’évènement » n’a attiré que quelques sociétés attirées par des contrats.Le Maroc a fait chou blanc avec cette nouvelle opération diplomatique.

La participation au Forum   de Crans Montana s’est finalement réduite à sa plus simple expression. Après avoir échoué à convaincre la communauté internationale de la justesse de sa démarche, le Maroc s’est rabattu sur des compagnies et des entreprises sans grande envergure.
Pour s’assurer de leur présence, le Maroc leur a fait miroiter des affaires juteuses qui peuvent être conclues au Sahara Occidental occupé. En effet, ni les grands pays d’Europe, ni d’Afrique ni encore moins d’Asie n’ont fait le déplacement à Dakhla.
La représentativité de ces pays est nulle aussi bien au niveau économique qu’institutionnel. Les organismes internationaux de l’envergure de l’ONU, de l’UE, de l’UNESCO, de la FAO et de la CDAO ont également boudé le forum organisé dans une logique de déni de fait colonial et de la spoliation systématique, par le Maroc, des ressources naturelles du Sahara Occidental.
M.B
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Le Maroc claironne qu'il l'a gagné !

http://www.medias24.com/tr153640Zapatero-a-Dakhla-une-victoire-politique-pour-le-Maroc.html

Campagne pour faire pression sur le Conseil de sécurité pour la tenue d'un référendum

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Sahara occidental, 17/3/2015

L'ONG Western Sahara Action Forum (WSAF) a lancé une campagne pour la signature d'une pétition pour la libération des prisonniers politiques sahraouis et la tenue du référendum d'autodétermination du peuple du Sahara occidental.

L'ONG a appelé, à cet effet, a faire pression sur le Conseil de sécurité des Nations unies pour agir vite face à la situation au Sahara occidental, pour la libération des prisonniers politiques sahraouis, ainsi que pour l'organisation durant l'année en cours du référendum d'autodétermination du peuple sahraoui.
Dans cette pétition, l'organisation non gouvernementale a appelé, également, à une action immédiate contre les violations des droits de l'homme exercées «en toute impunité» par les autorités marocaines à l'encontre des populations sahraouies dans les territoires occupés.
WSAF met, à cet effet, l'accent sur la nécessité d'élargir le mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) à la surveillance des droits de l'homme, comme elle appelle à l'arrêt de l'exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental.
Inscrit depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux,
le Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, est occupé depuis 1975 par le Maroc avec le soutien de la France.
Dans ses différentes résolutions, l'ONU a toujours appelé les deux parties en conflit (le Maroc et le Front Polisario) à continuer à œuvrer sous son égide, à travers des négociations directes et sans préalable, à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, garantissant le droit du peuple du Sahara occidental à l'autodétermination. 
R. N.
 


Autodétermination au Sahara Occidental : campagne pour la tenue d’un référendum

L’ONG Western Sahara Action Forum (WSAF) a lancé une campagne pour la signature d’une pétition pour la libération des prisonniers politiques sahraouis et la tenue du référendum d’autodétermination du peuple du Sahara Occidental. L’ONG a appelé, à cet effet, a faire pression sur le Conseil de sécurité des Nations unies pour agir vite face à la situation au Sahara Occidental, pour la libération des prisonniers politiques sahraouis, ainsi que pour l’organisation durant l’année en cours du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. Dans cette pétition, l’organisation non gouvernementale a appelé, également, à une action immédiate contre les violations des droits de l’homme exercées «en toute impunité» par les autorités marocaines à l’encontre des populations sahraouies dans les territoires occupés.
WSAF met, à cet effet, l’accent sur la nécessité d’élargir le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (Minurso) à la surveillance des droits de l’homme, comme elle appelle à l’arrêt de l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara Occidental. Inscrit depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, est occupé depuis 1975 par le Maroc avec le soutien de la France. Dans ses différentes résolutions, l’Onu a toujours appelé les deux parties au conflit (le Maroc et le Front Polisario) à continuer à œuvrer sous son égide des Nations unies, à travers des négociations directes et sans préalable, à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, garantissant le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination.


mercredi 18 mars 2015

Clichy-sous-Bois : « On ne veut pas que nos petits frères soient morts pour rien » Ixchel Delaporte


Par Ixchel Delaporte,L'Humanité, 15/3/2015


27 octobre 2006 : un an jour pour jour après leur mort, marche silencieuse, à Clichy-sous-Bois, en hommage à Zyed et Bouna. Aujourd’hui, soit dix ans plus tard, l’ensemble des policiers sont encore en fonction.
Photo Sébastien Ortola/REA
Le 27 octobre 2005, Zyed et Bouna mouraient électrocutés sur un site EDF de Clichy-sous-Bois où ils s’étaient réfugiés. S’ensuivront trois semaines de révoltes sociales et dix ans de combat judiciaire. Ce lundi, comparaissent à Rennes deux gardiens de la paix accusés de « non-assistance à personne en danger ».
C’est une bien trop longue attente. Dix ans de procédure judiciaire pour qu’un épais dossier fait de charges et d’indices graves puisse enfin se transformer en procès. Dix ans, délai irraisonnable pour une démocratie digne de ce nom, pendant lesquels les familles de Zyed Benna et Bouna Traoré n’ont jamais cessé de croire en la justice. Ces deux adolescents de Clichy-sousBois, âgés de dix-sept et quinze ans, ont péri le 27 octobre 2005 sur un site EDF où ils s’étaient engouffrés après une course-poursuite de cinquante minutes avec des policiers. Ces morts ont déclenché la plus importante vague de révoltes urbaines jamais connue en France depuis 1968. Pour la première fois depuis la guerre d’Algérie, il était recouru à l’état d’urgence, le 8 novembre 2005, prolongé trois semaines.

Aujourd’hui, deux policiers devront s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Rennes pour « non-assistance à personne en danger ». Ils risquent cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Une dizaine d’adolescents reviennent du stade de Livry-Gargan « Il y a le temps du mensonge, puis de la vérité et, enfin, le temps long de la procédure. » C’est ainsi que maître Mignard, avocat des familles, a résumé les étapes de l’instruction, mardi dernier.

Le premier temps, en effet, fut celui du mensonge. 
 Dès le lendemain de la mort de Zyed et Bouna, Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’Intérieur, et Dominique de Villepin, premier ministre, dégageaient la police de toute responsabilité et justifiaient à demi-mot la mort des jeunes par leur tentative de fuite, à la suite d’une supposée effraction sur un chantier. Faux.
Le 27 octobre 2005, à 17 h 20, un véhicule de police est appelé à intervenir à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), sur un vol de matériel et des dégradations. Dans le même temps, une dizaine d’adolescents, âgés de quatorze à dix-sept ans, reviennent à pied du stade Marcel-Vincent de Livry-Gargan, où ils ont passé l’après-midi à jouer au football. Lorsqu’ils voient arriver la police, leur réflexe est de s’enfuir, sans savoir pourquoi. Parmi eux, Muhittin Altun, Bouna Traoré et Zyed Benna courent en direction d’un bois, puis escaladent l’enceinte du site EDF de Clichy-sous-Bois protégé par un mur en parpaings d’environ quatre mètres.
À 18 h 12, Bouna Traoré et Zyed Benna sont victimes d’un arc électrique déclenché par une trop grande proximité avec une réactance. Muhittin Altun, grièvement brûlé par l’effet de chaleur, parvient à rejoindre le quartier du Chêne Pointu. Et alerte les secours, qui découvrent sur place les corps des deux enfants , morts par électrocution.
Mais, dès le début de l’affaire, la justice ne suivra pas son cours normal. Il faudra attendre le 3 novembre, soit près de huit jours après les faits, pour que le parquet de Bobigny ouvre enfin une information judiciaire contre X, à la suite du dépôt de plainte des familles pour « non assistance à personne en danger ».
Un an plus tard, une plainte avec constitution de partie civile pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui » est jointe à l’information judiciaire. Une accusation qui ne sera pas retenue par les juges d’instruction de Bobigny. Néanmoins, en octobre 2010, ils renvoient deux policiers en correctionnelle sous le chef d’accusation de « non-assistance à personne en danger ». Le premier fonctionnaire, âgé de trente-deux ans, poursuivait les enfants et avait émis le message radio : « En même temps, s’ils entrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau. » La deuxième, une policière stagiaire de vingt-huit ans, opératrice radio à la station directrice de LivryGargan, a réceptionné cet appel. Mais le parquet ne l’entend pas de cette oreille. Pour lui, il n’y a aucune infraction constituée. Le procureur de la République fait appel de l’ordonnance de renvoi. Et obtiendra gain de cause.

Le 27 avril 2011, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris prononce un non-lieu pour les deux policiers… « Je n’ai jamais vu, dans aucun dossier, un parquet de la République solliciter un non-lieu alors que les témoins, les juges et les policiers enquêteurs étaient d’accord pour caractériser des faits qui pouvaient être examinés par une juridiction plénière », dénonce Me Mignard. La défense des familles se pourvoit en cassation. Le 31 octobre 2012, la haute juridiction annule le non-lieu et renvoie le dossier pour réexamen devant le cour d’appel de Rennes. « La Cour de cassation a écarté toute espèce de malentendu », estime Me Mignard. Ce qui n’empêche pas, en juin 2013, le parquet général de Rennes de requérir, comme son homologue parisien, un non-lieu des deux policiers… Demande qui, cette fois, ne sera pas suivie par la cour d’appel de Rennes, qui renvoie finalement les deux policiers en correctionnelle.

Dix ans de procédure et d’obstacles qui seront, à chaque fois, une épreuve pour les avocats comme pour les familles. « La volonté a été de ne pas juger cette affaire et de se dire que le temps ferait son œuvre, déplore Me Mignard. Une volonté d’exténuer cette procédure qui a failli réussir. Dix ans, c’est un temps immense pour nos sociétés de droit démocratique, où chacun a accès à un juge dans un délai raisonnable. » Immense aussi pour des familles avec peu de moyens matériels. « Ce procès est très important pour nous, relève Siyahka Traoré, grand frère de Bouna. Toutes ces années, ce n’était pas évident. J’attends un jugement avec impartialité et transparence. J’ai un sentiment de colère et d’incompréhension. On ne veut pas que nos petits frères soient morts pour rien. Nous voulons pouvoir faire notre deuil. On a des droits et des devoirs, mais on espère que la loi arrêtera d’en privilégier certains. »

Rassemblement contre les violences policières

À la veille de l’ouverture 
du procès de Clichy-sous-Bois, plusieurs dizaines 
de personnes se sont rassemblées hier après-midi sur le parvis des Droits-de-l’Homme, à Paris, 
à l’occasion de la Journée internationale contre 
les violences policières. « Ce dont ne se rend pas compte l’État, c’est qu’en ne réglant pas la question des discriminations et des abus, c’est les policiers qui sont les premiers à payer ça sur le terrain, puisqu’il y a une méfiance, un ressentiment qui s’installe », explique Sihame Assbague, porte-parole de Stop le contrôle au faciès, l’une des organisations présentes. « On a le sentiment qu’il y 
a une justice pour 
les citoyens et une justice qui protège la police. 
Ce n’est pas normal au pays des droits de l’homme », 
a déploré, de son côté, Amal Bentounsi, porte-parole d’Urgence 
notre police assassine.

Une plongée dans le Maroc des femmes oubliées

"Dos de femme, dos de mulet" 

de Hicham Houdaïfa (INTERVIEW)

WOMEN MOROCCO

ENQUÊTES – Ouvrières clandestines, mariages de mineures, tragique destin des mères célibataires… Dans son livre "Dos de femme, dos de mulet", le journaliste Hicham Houdaïfa, invité au Salon du Livre de Paris du 20 au 22 mars, s’est penché sur la condition de centaines de femmes, les "oubliées du Maroc profond", à travers huit enquêtes de terrain. Interview. 

HuffPost Maroc: Pourquoi vous-êtes vous intéressé aux femmes oubliées du Maroc?
Hicham Houdaïfa: C’est un sujet transversal que j’ai traité à plusieurs reprises au cours de mes 20 ans de journalisme. Quand nous avons créé une maison d’édition avec Kenza Sefrioui, l’objectif était de faire des livres d’enquêtes journalistiques, et le sujet des femmes en situation de précarité s’est donc imposé tout naturellement. Les enquêtes présentes dans le livre ont été réalisées d’octobre 2014 à janvier 2015. 

Comment avez-vous mené ces enquêtes?
Il y a d’abord l’expérience d’avoir travaillé sur des sujets ayant trait à la précarité, dans ce qu’on qualifie de Maroc profond, et il y a aussi l’expérience que j’ai eue avec des femmes et des hommes qui forment le tissu associatif local, comme les sections locales de l’AMDH, qui m’ont permis de m’inviter dans l’intimité de ces femmes.

Avez-vous rencontré des difficultés à parler avec ces femmes, mères célibataires, victimes de tortures, etc.?
Il est toujours difficile d’aborder des sujets aussi graves. Mais il y a une manière de procéder, d’être à l’écoute de ce terrain-là, de ne pas brusquer les choses et d’établir une relation de confiance pour que les femmes sachent que je suis venu pour faire entendre leur voix et les faire témoigner, sans pathos, misérabilisme ou sensationnalisme, et j’ai eu la chance que ces femmes-là aient témoigné de la sorte.

Certaines de leurs histoires vous ont-elles particulièrement marqué au cours de ces enquêtes?
Un de mes reportages était dédié au barmettate (barmaids) de Casablanca, qui vivent une situation tragique: ces mères célibataires sont exploitées dans tous les sens du terme, elles font face à des tragédies pour pouvoir faire grandir leurs enfants. Cela m’a énormément touché.
De même que les témoignages de ces femmes qui habitent dans le village de Ksar Sountate, à côté d’Imilchil, et qui ont été victimes de tortures et d’exactions en 1973, du temps des années de plomb. Elles n’ont jamais oublié ces histoires-là, et ne pardonnent pas encore parce qu’elles estiment ne pas avoir été respectées. Certaines n’ont pas fait le deuil de leurs parents disparus, parce qu’elles ne savent pas où leurs corps reposent.

Avez-vous observé, depuis la révision du code de la famille il y a dix ans, des avancées ou des améliorations de la condition des femmes ?
Dans les régions où je suis parti, les femmes, bien souvent, n’ont pas été sensibilisées. Le texte de la Moudawana existe depuis janvier 2004, mais aujourd’hui, on a encore 11% des mariages des mineures qui sont prononcés par les juges. Beaucoup de populations ne savent même pas que la Moudawana existe, des dizaines de milliers de femmes sont toujours mariées selon le mariage coutumier.
Dans ce sens-là, je pense que la Moudawana est un échec. Il devrait y avoir des campagnes de sensibilisation en amazigh, pour que ces femmes prennent conscience de leurs droits. Les juges qui statuent dans nos tribunaux ne sont pas animés par les idées féministes: ils marient parfois des filles de 14 ou 15 ans. Il faut criminaliser le mariage des mineures, et cela passe par une réforme de la Moudawana.

LIRE AUSSI:

Sahara Occidental: Le 19eme Séminaire international appelle à l'élargissement du mandat de la MINURSO

Mexico — Plus de 138 organisations et représentants des partis politiques de gauche et progressiste à travers le monde ont adopté à l'unanimité une résolution appelant à l'élargissement du mandat de la MINURSO pour la protection des droits de l'homme au Sahara occidental, durant la clôture des travaux du 19eme Séminaire international du parti du travail mexicain, organisé du 12 au 14 mars 2015 à Mexico.
Les participants au Séminaire, tenus sous le titre "Les Partis et une nouvelle société", ont appelé les organisations internationales, en particulier le Conseil de sécurité de l'ONU à élargir le mandat de la MINURSO pour surveiller et protéger les droits de l'homme au Sahara Occidental et à l'ouverture du territoire devant les journalistes et les observateurs internationaux.
Ils ont également exhorté leurs gouvernements à exercer des pressions sur le gouvernement marocain afin de respecter les droits de l'homme et les pays qui n'ont pas encore reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à la reconnaitre et établir des relations diplomatiques avec elle.
La RASD a été représentée lors de ce séminaire par le diplomate Moulaye Ahmed Ali, qui a informé les participants de la situation actuelle qui prévaut au Sahara occidental, en particulier les violations des droits de l'homme commises par l'occupant marocain contre les civils sahraouis dans les territoires occupés.

"Lutter au Sahara", le sommaire

Par APSO, 1/8/3/2015

"Lutter au Sahara", le sommaire

L'ouvrage collectif "Lutter au Sahara" à paraitre au 15 avril dévoile son sommaire...
Vous pouvez aider à son édition en l’achetant dès maintenant, la souscription est de 15 euros, ce qui sera le prix du livre… mais nous offrons les frais d'envoi aux souscripteurs.
Pour les modalités : par virement les coordonnées sont là, pour les autres modes de paiement, svp, contactez nous par APSOlument@yahoo.fr

Nouveau rapport WSRW : les importateurs de phosphate du Sahara

Le Maroc, deuxième importateur d'armes en Afrique et premier client de la France



Le Maroc, deuxième importateur d'armes en Afrique et premier client de la France

Parution de l’ouvrage “La prodigieuse histoire de la philosophie des droits de l’homme”


La prodigieuse histoire de la philosophie des DROITS de L’HOMME
PRÉFACE DE LIA MALHOUITRE-FERRATON

Pour comprendre les droits de l’homme, il faut remonter aux origines de l’humanité et entreprendre un fascinant périple passant par la Cité antique, le christianisme, l’humanisme, les Lumières, les bouleversements politiques et sociaux, et les multiples visages de l’Église catholique, tout à la fois protectrice et persécutrice, libéra trice et tyrannique. De la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, ces droits ont été contestés, bafoués, mais sont toujours en évolution et s’étendent : les droits de l’homme en Asie, en Afrique; les droits de l’homme et l’islam… 
Aujourd’hui, où en est-on de l’abolition de l’esclavage, de la peine de mort ? Qu’en est-il du droit d’asile, du racisme, des sans-papiers ? Et le système Google, les écoutes téléphoniques… ?
Dans un rythme soutenu, Jean Ducret traverse le temps et les lieux pour repérer, analyser, expliquer les droits de l’homme. Il s’appuie sur quantité de références historiques, philosophiques, politiques et religieuses. Un livre fort et nécessaire.