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vendredi 12 août 2016

Lettre à Farida. Ali Aarrass, agressé et blessé à la prison de Salé II ! La Belgique attend-t-elle l’irréparable ?




dans LA PRISON AU MAROC/Lettres/Letters/Brieven par


Farida Aarrass : « Cet après midi, vers les 15h et quelques minutes, Ali Aarrass m’a appelé et à peine il m’a saluée que je ne l’entendais plus….ne me parvenait plus qu’un bruit de fond auquel je ne comprenais rien. Je ne cessais de dire allô…en vain…la ligne fut coupée au bout d’un moment.
Il m’a rappelée plus tard.
En fait il a été agressé. Un coup violent lui a été donné au dos et alors qu’il perdait l’équilibre un second coup lui a été porté au visage, sur les lèvres. 
Ali s’est retrouvé par terre…il avait perdu connaissance
. Voici son récit : » 
 » Ce matin ils m’ont signalé que je devais aller au tribunal à 9h, juste après l’appel.
J’y ai été amené avec le détenu qui a déposé plainte contre moi. Il s’agit du prisonnier avec qui j’avais plaisanté, qui a monté tout un scénario basé sur des mensonges. Celui qui n’a pas accepté mes excuses parce que c’est autre chose qu’il voulait.
Nous avons été jusqu’au tribunal où j’ai dû attendre mon tour de 9h30 à 13h45.
Une fois à moi, le vice président du procureur général m’a posé une série de questions : (j’ai eu droit à un interprète)
– Est-il vrai que tu as incité tel prisonnier à se révolter contre l’établissement ?
Non ce n’est pas vrai.
– Est ce que c’est vrai que tu as essayé de le recruter comme terroriste ?
Je ne suis pas un terroriste je ne vois donc par l’intérêt.
– Résidez vous dans le même quartier ?
Oui.
– Est ce que vous partagez la même cellule ?
Non, chacun a la sienne.
– Bon je te donne un conseil, évite le, essaie de ne plus lui adresser la parole.
Oui, mais aujourd’hui ce gars a menti contre moi éhontément. Étant donné qu’on est dans le même quartier, demain il pourrait très bien remettre ça pour me porter à nouveau, préjudice. Le problème subsiste donc.
– Tu n’as qu’à introduire une demande de changement de quartier.
Je ne vais pas faire une demande de changement de quartier alors que je n’ai rien fait. Par contre s’il y a une justice quelque part, faites la valoir.

J’ai du ensuite signer un document rédigé en arabe, et on m’a ramené de nouveau en prison.
Une fois à Salé 2, je me dépêchais de t’appeler pour t’informer de tout cela, mais voilà que surgit le détenu qui a déposé plainte contre moi, et alors que je venais à peine de te saluer, il passe par derrière et m’assène un coup très violent dans le dos. J’ai senti que je m’écroulais je n’arrivais pas à respirer, mais je tenais à voir qui avait fait ça. Je me retournais donc tant bien que mal en sentant que je tombais, mais tentant coûte que coûte de voir le coupable, le voilà qui m’assomme d’un deuxième coup porté sur la bouche. Je me suis écroulé.
Les prisonniers m’ont pris et amené à l’infirmerie où j’ai reçu les premiers soins. J’ai demandé un rapport, mais on me dit que c’est au médecin de le faire. 
L’agresseur lui, a été arrêté et amené je ne sais où.

Aucun chef de quartier sur place lors des faits, un peu comme si tous avaient déserté les lieux. Tout ça est très étrange !
Je retourne au téléphone car je savais que tu devais être morte d’inquiétude, en m’y approchant, deux détenus parmi ceux qui ont signé le pv contre moi, des faux témoins, me menacent et me narguent à la fois, me disant de me dépêcher d’appeler. « Vas-y appelle ! Vas-y ! » en me menaçant du poing et d’autres signes.
Alors, figure toi qu’il n’y avait personne dans le quartier ce qui est incroyable !
Aucun chef de quartier, ni fonctionnaire sur place. Je trouve ça plus qu’étrange et inquiétant surtout. Certainement voulu.
Je repose le cornet du téléphone et m’en vais à la recherche d’un chef de quartier ainsi que du conseiller du directeur, qui apparaissent et me disent, nous allons t’amener voir un médecin. Je leur dis que je dois passer un coup de fil d’abord, sachant que tu devais angoisser.
Que signifie toute cette histoire, une vraie mascarade !
Ils ont tout manigancé contre moi. Tout ça se passe sous les caméras de surveillance et ne semble pourtant pas inquiéter ceux qui m’agressent.
Ce n’est pas normal.
Je compte demander le rapport médical au médecin. Un constat de lésions, afin de faire suivre toute cette affaire.  
Demande aux avocats s’ils peuvent demander à avoir une copie de ce rapport. 
A part ça, je continuerai à tenir bon, ne vous inquiétez pas.»




lundi 19 octobre 2015

L’écrivain Abdellatif Laâbi victime d’une mystérieuse agression





jeudi 23 juillet 2015

Quand un marchand ambulant est piétiné, puis enchaîné, par des agents publics sur la voie publique… (vidéo)


Publié le 23/7/2015


Mardi 21 juillet, 10 heures, Mohammedia, près de la gare routière… un marchand ambulant, vendeur de figues de barbarie (lhandia) est pris à partie par deux auxiliaires d’autorité, ou moqaddems, tabassé, piétiné et entravé par une lourde chaîne et deux cadenas, en attendant l’arrivée des forces de police pour son incarcération. Il aura fallu un mouvement de foule pour le sauver…
La scène se passe de commentaires, et la colère des gens ayant assisté au tabassage du marchand est éloquente. Le vendeur de figues officiait à son habitude, quand des moqaddems (et non des policiers) sont arrivés et ont commencé à bousculer son voisin. L’un d’eux a dit aux autres de ne pas inquiéter ce dernier et de s’en prendre à celui d’à côté.
Coups de poings, gifles… l’homme est à terre, et les deux auxiliaires le piétinent, partout sur son corps, tête comprise. Puis ils l’entravent à sa charrette avec une chaîne et deux cadenas. Lorsque les passants sont intervenus, les moqaddems ont expliqué que le vendeur avait brandi un couteau pour se défendre, mais pour l’un des témoins, « le couteau est un outil de travail de cet homme, il est donc tout à fait normal qu’il en ait eu un en mains ».
Face au mouvement de foule et à la grogne, des responsables sont arrivés sur place et ont contribué à baisser la tension. L’homme à terre, inconscient, a été conduit à l’hôpital puis, interviewé par nos confrères de Kifach, a expliqué qu’il avait perdu connaissance et que ce n’est qu’une fois réveillé que les gens lui ont relaté ce qui s’est passé. « Ils m’ont frappé, m’ont piétiné comme un chien, parce que je ne voulais pas leur donner l’argent qu’ils réclamaient. Je vais maintenant déposer plainte auprès du procureur du Roi, et j'ai tous les témoins nécessaires », raconte le vendeur qui a quitté l’hôpital avec un certificat médical lui accordant deux semaines d’arrêt de travail.
Un journaliste d’al Ahdath al Maghribiya a contacté les services du 2nd arrondissement qui « ont catégoriquement nié que le vendeur ait été frappé, piétiné ou enchaîné… mais on nous a confirmé qu’un moqaddem a appelé deux de ses collègues sans autorisation de l’autorité locale, et qu’il est aujourd’hui suspendu en attendant qu’il soit déféré devant le conseil de discipline de la préfecture de Mohammedia ».
« Nié catégoriquement »… fort bien, donc les images sont truquées et les témoins ont, tous, menti. On se demande bien pourquoi, et pour quelle raison aussi le passer devant le conseil de discipline ?
Selon le quotidien al Massae qui a également rapporté l'information et qui a interrogé des responsables de la préfecture de Mohammedia, le vendeur est un individu "marginal, qui a un casier judiciaire et qui a tenté de fuir, ne répondant pas à l'interpellation des moqaddems". Est-ce une raison pour l'enchaîner et le piétinier ? N'est-il pas un citoyen qui, quand bien même il aurait un casier judiciaire, bénéficie de droits ?
Ces dernières semaines, la société dite civile s’enflamme pour un homosexuel lynché, pour deux jeunes femmes elles aussi exposées à la vindicte de la foule, pour une adolescente portant short dans un souk de Safi et invectivée… Tout cela aurait un sens si la même société civile s’intéressait également à ce genre d’exactions d’agents (auxiliaires ou officiels) vivant dans un autre temps et usant de mœurs qu’on croyait révolues, mais qui ne le sont pas toujours. La société civile, pour ne pas perdre sa crédibilité, dans les deux camps en opposition et qui s’affrontent par faits divers interposés, avec leurs armées d’internautes, serait grandie en pointant tous ces dérapages et en suivant ces affaires jusque dans les salles de tribunaux.
Saluons au passage l’action du caïd qui est intervenu et a mis un terme à cette grave atteinte des droits de l’Homme, ainsi que celle des agents (et officier) de police) que l’on voit sur la vidéo et qui ne sont pas intervenus pour disperser l’attroupement, se contentant de faire la circulation, et laissant les gens exprimer leur colère.
AAB

vendredi 27 mars 2015

Ecrire pour la libération de Hicham Mansouri de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation


L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Maroc.

Description de la situation :
L’Observatoire a été informé de sources fiables de l’agression, de la détention et du harcèlement judiciaire, de M. Hicham Mansouri, chargé de projet à l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI). L’AMJI promeut la liberté d’expression et le droit à l’information, encourage le journalisme d’investigation et œuvre pour la protection des journalistes.
Selon les informations reçues, le 17 mars 2015, vers 10 heures 30, au moins dix policiers en tenues civiles ont forcé la porte d’entrée de la résidence de M. Mansouri dans le quartier d’Adgal à Rabat. Aucun mandat d’arrêt n’a été présenté au moment de l’arrestation. M. Mansouri a été passé à tabac, déshabillé puis arrêté avant d’être placé en détention dans un poste de police de la ville.
De plus, il a été rapporté que M. Mansouri n’a pu accéder à son avocat pendant les premières vingt-quatre heures de sa détention. Il a été présenté au procureur le 18 mars à la mi-journée.
Le procès d’Hicham Mansouri a été fixé au 26 mars 2015 devant le Tribunal de première instance de Rabat.
L’Observatoire rappelle que le 24 septembre 2014, M. Mansouri avait déjà été victime d’une agression, qui ne semblait viser qu’à le punir pour ses activités de défense des droits humains.
L’Observatoire condamne l’agression, l’arrestation et la détention de M. Mansouri, en ce qu’elles ne semblent viser qu’à d’entraver ses activités de défense des droits humains. L’Observatoire appelle ainsi les autorités marocaines à relâcher immédiatement et inconditionnellement M. Mansouri.
Actions requises :
L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités marocaines en leur demandant de :

i.Libérer immédiatement et inconditionnellement M. Hicham Mansouri ;
ii.Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Hicham Mansouri, ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc ;
iii.Mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre de M. Hicham Mansouri ainsi qu’à celle de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc, afin qu’ils puissent exercer leurs activités de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;
iv.Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement :
- son article 1 qui stipule que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales aux niveaux national et international » ;
- et son article 12.2 qui prévoit que « l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration » ;
v.Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Maroc.
Adresses :
· Sa Majesté Le Roi Mohamed VI du Maroc - Palais royal, Rabat, Royaume du Maroc, Fax : + 212 37 76 85 15
· Son Excellence Abdel-Ilah Benkiran, Premier Ministre du Maroc - Fax : +212 37 76 99 95/37 76 86 56
· Son Excellence Salaheddine MEZOUAR, Ministre des affaires étrangères et de la co-opération - Fax : +212 - 37-76-55-08 / 37-76-46-79, Email : ministere@maec.gov.ma
· Son Excellence El Mustafa Ramid, Ministre de la justice - Place El Mamounia, Rabat, Morocco, Fax : +212 37 72 68 56, Email : ccdh@ccdh.org.ma
· Son Excellence Monsieur Mohamed Auajjar, Ambassadeur, Représentant Permanent du Royaume du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et des autres Organisations Internationales en Suisse - 18a Chemin François Lehmann, 1218 Grand Saconnex, Téléphone :+ (41) 022 791 81 81, Fax : + (41) 022 791 81 80, mission.maroc@ties.itu.int

Prièred’écrireégalementauxreprésentationsdiplomatiquesdu Maroc dans vos pays respectifs.
***
Paris-Genève, le 25 mars 2015
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

jeudi 19 mars 2015

Violente agression et arrestation du chef de projets de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI),


Mardi 17 mars 2015 vers 10h30, une dizaine d’agents de la police en civil ont effectué une intrusion illégale en cassant la porte du domicile du chef de projets de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation (AMJI), Hicham Mansouri, situé au quartier Agdal à Rabat. Suite à cela, ils ont procédé l’arrestation arbitraire de M. Mansouri après l’avoir déshabillé et battu sur son visage et sur la tête.
Le bureau exécutif d’AMJI dénonce cette attaque contre M. Mansouri, qui a déjà fait l’objet d’une agression le 24 septembre 2014 à 22H15 par deux personnes sortant d’une voiture noire aux vitres fumés, le chauffeur restant au volant.
Ces attaques, de plus en plus fréquentes, contre les défenseurs des droits humains et des libertés interviennent dans un contexte de régression sans précédent sur le plan du respect des dispositions de la Constitution dans le domaine des droits civils et politiques..
AMJI appelle les autorités marocaines à mettre fin à ces agissements tout en respectant leurs engagements internationaux en matière de protection des défenseurs des droits humains.
Signé
Le bureau exécutif d’AMJI (association marocaine pour le journalisme d'investigation)

vendredi 20 février 2015

MAROC : Intrusion dans les locaux de l’AMDH et agression d’une militante

MAROC : Intrusion dans les locaux de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et agression d’une militante
Paris – Genève – Copenhague, le 19 février 2015 –

 L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la FIDH et de l’OMCT, ainsi que le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et la Fédération Euro-méditerranéenne contre les Disparitions Forcées (FEMED), condamnent l’intrusion des autorités marocaines dans les locaux de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) ainsi que l’agression de l’une de ses militantes.
Le dimanche 15 février 2015 au soir, les forces de l’ordre marocaines, accompagnées d’une quarantaine de personnes en civil et armées d’instruments en fer, ont fait irruption dans les locaux de l’AMDH, encerclés depuis la matinée. À cette occasion, une membre de l’administration centrale et de la commission administrative de l’AMDH, Mme Rabea Bouzidi, a été physiquement et verbalement agressée. Cherchant à lui arracher les clefs de son logement et des locaux de l’association, quatre personnes se sont en effet précipitées sur elle et l’ont mise à terre, l’empêchant de respirer. Mme Bouzidi a été transférée à l’hôpital dans un état préoccupant. Plus tôt dans la journée, les forces de l’ordre marocaines avaient déjà tenté de pénétrer dans les locaux de l’AMDH, ce que M. El Haij, président de l’association, avait refusé en l’absence de mandat officiel.
Cette intrusion dans les locaux de l’AMDH visait deux journalistes français, Jean Louis Perez et Pierre Chautard, de l’agence Première Ligne, venus proposer à des membres de l’AMDH de les interviewer au sujet du « mouvement du 20 février ». Les deux journalistes étaient au Maroc dans le cadre d’un tournage pour le compte de France 3 sur l’économie marocaine.
Les autorités ont procédé à la confiscation de leur matériel, y compris de leurs téléphones, au motif qu’ils ne disposaient pas encore d’une autorisation officielle en dépit d’une demande formulée plusieurs semaines auparavant auprès des autorités marocaines[1]
 Ces derniers ont été renvoyés du sol marocain le 16 février, sans pouvoir récupérer leur matériel ni le contenu de leur tournage.
L’Observatoire, le REMDH et la FEMED condamnent l’agression de Mme Rabea Bouzidi et l’intrusion des forces de l’ordre dans les locaux de l’AMDH, qui constituent une grave entrave à la liberté d’association. Nos organisations s’inquiètent des actes de violence perpétrés par les forces de l’ordre à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme, et déplorent plus généralement la recrudescence des entraves à la liberté d’information, d’association et de réunion au Maroc depuis plusieurs mois[2].
Nos organisations appellent les autorités marocaines à garantir la liberté d’association des défenseurs des droits de l’Homme en toutes circonstances, ainsi que la sécurité des membres et locaux des ONG de défense des droits de l’Homme, notamment ceux que les journalistes ont pu rencontrer, conformément à l’article 29 de la Constitution marocaine, à l’article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), et à l’article 5.b de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998.
Pour plus d’informations, merci de contacter :


[1]     Les journalistes, qui avaient formulé une demande d’autorisation auprès des autorités, pensaient toutefois exercer dans la légalité, leur requête n’ayant pas reçu de réponse. Ils s’apprêtaient à faire le suivi de leur demande d’autorisation le 16 février auprès des autorités.
[2]     Cf. communiqués de presse de l’Observatoire du 29 juillet 2014 et du 7 octobre 2014 et du REMDH du 2 octobre 2014, ainsi que la lettre ouverte du REMDH au Ministre de l’intérieur Mohamed Hassad du 26 Novembre 2014 et la lettre ouverte du REMDH à l’Union européenne du 5 décembre 2014.
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 L'autre manière de voir les évènements...Mais ce n'est pas la faute de la police, bien sûr!

L’AMDH, un voisin indésirable

Par Khalid Mesfioui, le 360,  le 21/02/2015
 
Les habitants de l’immeuble abritant le siège de l’AMDH ont adressé une pétition au wali de Rabat pour se plaindre du préjudice moral causé par les activités de l’association.
Pas moins de 14 habitants de l’immeuble qui abrite le siège central de l’AMDH, au quartier «Les Orangers» à Rabat, ont signé une pétition pour se plaindre des activités organisées par cette ONG, apprend Le360 de sources proches de la Wilaya de Rabat qui a reçu cette missive le 19 février dernier. Ces habitants estiment qu’ils subissent un préjudice moral. Tapage nocturne, réunions tardives, rassemblements permanents devant l’entrée et le hall de la bâtisse sont autant de nuisances que les copropriétaires de l’immeuble de l’AMDH mettent en avant. «Ils estiment que leur liberté se retrouve limitée et réclament l’intervention du Wali de Rabat pour mettre fin à cette situation».

Les revendications des habitants sont quelque part justifiées. Les activités de l'association ont souvent pour effet une intervention policière au sein de siège de l'association. Pas plus tard que dimanche dernier, le quartier a connu un déploiement policier assez impressionnant après que deux journalistes français qui tournaient clandestinement au Maroc se sont réfugiés au siège de l'association et ont hésité à se rendre pour être expulsés.

samedi 11 octobre 2014

Une femme voilée avec ses enfants frappée dans le bus à Savigny Le Temple

C'est vraiment ignoble ! L'Islamophobie propagée insidieusement par les médias grand public, et la haine distillée par certains homme politiques, y compris au plus haut niveau de l'Etat français ont ouvert la boite de Pandore d'où est sorti un antisémitisme d'un nouveau genre. La France a perdu son âme, celle de Mauriac et de Malraux, celle de Sartre et Hessel, celle de Montaron et de Maspéro, celle de toute ces grandes figures qui se sont toujours insurgés à chaque fois que la bête immonde tentait de ressurgir des tréfonds de l'histoire. La République française est en train de nourrir en son sein la propre destruction des valeurs qui l'ont constituées !
La mosquée de Savigny Le Temple vient d’annoncer l’agression d’une mère de famille alors qu’elle prenait le bus avec ses trois enfants dont l’un en poussette. 
 
islametinfo.fr

vendredi 18 avril 2014

Un parti norvégien exhorte son pays de reconnaitre par la république sahraouie

SPS, Oslo, 15 /4/2014

 Le Conseil national des Verts Norvégien  a adopté une   demandant au son  gouvernement de reconnaître par la république arabe sahraouie démocratique , la  (RASD) en tant qu'Etat souverain, a rapporté un communiqué de presse de la représentation du Polisario à Oslo .

La motion  adoptée intitulé  sur "non à l'agression et de pillage au Sahara occidental", a condamné les graves violations des droits  humaine au Sahara occidental et l'exploitation illégale et irrationnelle des ressources naturelles par le Maroc, a ajouté la même source.

Cette  motion a demandé aussi le  soutien de la direction norvégienne a  l'initiative d’un mécanisme onusien pour la protection et la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental,  ainsi elle a également demandé que l'Union des propriétaires de bateaux de pêche et de l'industrie norvégiens éviter de devenir un   partenaire de mettre l'Union dans l’exploitation illégale des ressources du Sahara Occidental (SPS).
97/90/TRD 150930 AVRIL 2014

mardi 8 octobre 2013

"Hiba et Jihane": Les familles des victimes, cible d'agressions. Procès reporté.

Par Bouthaina Azami le 07/10/2013 
 
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La prochaine audience du procès des agresseurs de Hiba et Jihane aura lieu le 28 octobre. Mais le sit-in du lundi a été perturbé par une contre-manifestation. Les accusés resteront néanmoins en détention, la demande de libération provisoire ayant été une nouvelle fois rejetée. 
La prochaine audience du procès des agresseurs de Hiba et Jihane aura lieu le 28 octobre, et une demande de libération provisoire a été déposée auprès du tribunal. Le sit-in annoncé pour soutenir lundi, devant la cour d’appel de Rabat, les victimes et leur famille, a réuni beaucoup de monde. Mais, à ce mouvement de solidarité et de lutte contre le viol, est venu s’opposer un petit groupe de manifestants réclamant la libération des accusés en scandant un slogan qui en a choqué plus d’un : "Eduquez vos filles, libérez nos enfants". Ce groupe en question rassemblaient en particulier des membres de la famille des deux garçons incriminés dans cette affaire.

Après l'agression des victimes, l'agression des familles

"Ces personnes nous ont agressés, mais nous avions à nos côtés le Comité national de soutien aux victimes de viol et d’agressions sexuelles, les associations des syndicats et les politiques", nous a déclaré Ilham Lahreche, qui fait partie du Comité. Pire, ces personnes s’en sont pris aux mères des victimes. "Jamila Sayouri a été sifflée et prise à partie sous mes yeux et ceux de plusieurs militants et photographes. Elle est restée digne et a tourné les talons à la vindicte d'une poignée d'allumés. Fatima Zahra Yaacoubi a été insultée par le grand-père et la tante d'un des présumés coupable en pleine audience et empêchée, par le groupe vociférant devant la cour d'appel, d'emprunter la sortie principale pour sortir", rapporte encore Ilham Lahreche. La mère de Jihane a elle-même déclaré qu'on avait essayé de le "traîner hors de tribunal". "Elle a du se rabattre sur une porte de service. Même devant l'attitude de ces mères qui traduisait celle de la force de la justice, ces furies s'en sont pris à elles, et à d'autres, avec un langage ordurier assumé...

Aujourd'hui, on a vu le harcèlement et l'agression poursuivre les mères. Le 28 octobre, nous nous devons plus que scander notre soutien : les protéger, car aujourd'hui ces "autres" ont essayé et sont revenus toute la journée à la charge pour les intimider mentalement et physiquement". Concernant la demande de libération provisoire qui a été déposée, elle a été rejetée par la cour, comme lors de la précédente audience. Les accusés resteront donc en détention.

Rappelons que les jeunes gens interpelés sont "de bonnes familles" ndlr

lundi 24 juin 2013

Agression d'une femme voilée à Argenteuil : le silence ahurissant des féministes





Avatar de Laura-Maï Gaveriaux

  La semaine dernière, une jeune femme enceinte et portant le voile a déposé plainte, expliquant avoir été agressée à Argenteuil par deux hommes qui lui ont coupé un bout de son vêtement. Quelques jours plus tôt, une autre femme voilée avait dénoncé une agression similaire. Dans les deux cas, silence radio des féministes françaises, quel que soit leur courant. Notre contributrice s'en indigne.

Édité par Hélène Decommer 
Une femme voilée à Marseille, en 2011 (Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA)
Une femme voilée à Marseille, en 2011 (Rafael Ben-Ari/Cham/NEWSCOM/SIPA)

Certains silences sont plus assommants que le son de la bêtise.

Alors qu’une tribune scientifique sur le féminisme me valait hier une volée de bois vert en cascade, j'apprenais que la jeune femme victime (ou plutôt présumée comme telle, pour la terminologie juridique) d’une agression à Argenteuil jeudi dernier, avait perdu son bébé. Une jeune femme voilée, qui a raconté avoir été agressée par deux hommes à la sortie d’un laboratoire médical : ils lui ont arraché son voile, ont découpé un bout de son vêtement, et l’ont traînée de force en la tirant par les cheveux.

Il est bien évident que la prudence est de mise. On ne pouvait d’ailleurs pas la rater, la prudence des médias, dans leur compte-rendu des faits. Incertitudes sur le déroulé de l’agression, incohérences dans le récit de la victime présumée, que l’on était pourtant bien enclins à attribuer au choc subi... on est tout de même empathiques, on a bon cœur...

Mais il va de soi que ces situations sont délicates et qu’on ne saurait se précipiter sans un minimum de complément d’informations objectives et certaines. Une prudence que n’eurent pas les commentateurs concernant la mort de Clément Méric. Mais Clément n’était pas une femme voilée.

Silence radio des féministes

Où sont donc passées les féministes, d’habitude si promptes à agiter leurs banderoles d’indignation à la moindre occasion ? Et pendant que les passionarias de la cause étaient occupées, hier, à m’envoyer critiques et messages d’insultes parce que j’osais dire que la terminologie de la théorie du genre présente dans les argumentaires du féminisme français était révolue, me faisant traiter d’universitaire (comme si c’était une tare) et d’élitiste (par des gens qui restent à l’abri de leur écran d’ordinateur), que n’eurent-elles trouvé le temps de dire un mot sur cette femme ?

Le plus ironique, c’est que dans mon papier d’hier, je parlais de la nécessité de concevoir un féminisme global, conscient de la réalité multiculturelle du monde, à l’image de ce que fait la philosophe américaine Martha Nussbaum.

Or cette histoire horrifiante et le silence ahurissant des féministes à son sujet nous mettent devant l’un des défis les plus aigus du féminisme français actuel : la question du voile. C’est comme si, parce que cette femme était voilée, elle ne mériterait pas notre compassion et notre énergie à défendre ses droits à la dignité et à la sécurité. Finalement, les élitistes ne sont pas toujours là où l’on s’attend à les trouver... et les misogynes ne sont peut être pas ceux qu’on croit.

Les précaires, les Roms, les migrantes... C'est ça aussi, le féminisme

Cette agression soulève cette question parce qu’elle s’inscrit dans une tendance qui voit augmenter les agressions islamophobes contre les femmes voilées. Le féminisme français qui doit, je le répète, faire son aggiornamento, n’a tout simplement rien à dire de rationnel et de justifié sur cette question.

Mais savent-elles même, ces féministes low-cost qui se repaissent de leurs certitudes parce qu’elles ont lu Judith Butler, qu’il existe des féminismes non-occidentaux avec lesquels nous devons dialoguer ? Je dis bien féministes low-cost car à mes yeux, il est facile de pousser des cris d’orfraies sur internet parce qu’une philosophe a osé dire que le premier âge de la pensée féministe française était révolu... mais je n’ai pas souvent vu ces soi-disant féministes (celles qui ne sont pas élitistes, donc) aux côtés des femmes précaires dans les structures d’accueil où les côtoient les travailleurs sociaux... Que savent-elles des difficultés concrètes que rencontrent les femmes migrantes, des problématiques de santé à proprement parler féminines dans les camps de Roms, des obstacles socio-économiques des familles monoparentales où le chef de famille est la femme, des problématiques féminines de la précarité rurale ?

Caroline de Haas est très forte pour s’exprimer sur DSK et l’abolition de la prostitution, mais je ne l’ai pas souvent vue dans les structures sociales auprès des putes pour les accompagner dans l’accès aux soins... Et aux attaques agressives dont j’ai été hier l’objet, et qui disaient en substance "c’est quoi au juste votre féminisme avec des mots compliqués?", je réponds : voyez-vous, mon féminisme c’est ça. Ce féminisme que nous sommes quelques unes à essayer de promouvoir, consiste en cela. Et parfois nous écrivons des articles philosophiques savants pour justifier notre action, mais nous savons remonter nos manches et aller sur le terrain auprès de ces femmes fragiles ; parce que c’est cela le coeur du problème français aujourd’hui. Certainement pas de savoir si Judith Butler a été bien traduite en français.

Toutes femmes, toutes sœurs

Cette femme, quand bien même est-elle voilée, c’est notre soeur. Toutes femmes, toutes soeurs. Que les féministes françaises commencent par assumer ce principe et nous pourrons reparler d’élitisme. Que l’on produise des propositions théoriques substantielles sur la question du voile et je considérerai que la discussion est lancée. La question du voile doit être traitée sans condescendance, sans préjugés, ni filtre idéologique. Nous devons pouvoir résoudre ce conflit normatif qui ne manque de surgir dès lors que l’on voudrait produire des principes à portée universelle sans rester sourds à la diversité culturelle du monde, et aux revendications culturelle des femmes à travers le monde. Je n’ai pas entendu beaucoup de propositions à ce sujet ces dernières années. Féminisme low-cost parce qu’après tout, ça ne coûte rien de s’indigner à la petite semaine, sans jamais prendre le risque de se mouiller sur ces questions qui surgissent pourtant de notre présent.

Où qu’elle soit, je voudrais dire à cette jeune femme d'Argenteuil que je pense à elle, que je pleure pour elle et je sais que je ne suis pas la seule. J’écris pour toutes celles qui ont partagé leur tristesse avec moi hier, ainsi que leur incompréhension face au silence des féministes françaises. Je leur ai promis d’écrire aujourd’hui pour porter leur tristesse, et je suis heureuse d’avoir la chance de pouvoir le faire.

Toutes femmes, toutes soeurs.
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