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Solidarité Maroc Archives
التضامن المغرب

Archives 2009-2017 du blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental et d'ailleurs(RSPMSOA), créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala. Rejoignez-nous! Nous écrire: solidmarO5[at]gmail.com

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vendredi 7 septembre 2012

Indignons-nous ! Les autorités refusent de déclarer le deuil national , mais répriment ceux qui veulent se solidariser avec les victimes et les familles des victimes

maroc_beau, mamfakinch, 6/9/2012

D’après une source locale de Mamfakinch, les autorités de Zagora auraient réprimé aujourd’hui un sit-in de deuil des habitants et des familles des victimes de l’accident du car dans le col de Tichka.

Le car accidenté qui avait à son bord 69 personnes, soit une surcharge de 15 personnes a pu passer 5 barrages routiers sans aucun problème. Fait assez courant pour les déplacements en car. Après une chute de 150 mètres, le car a fait 42 morts et une vingtaine de blessés.
Les habitants de la ville, dont une grande partie des victimes est originaire, ont déploré l’absence d’assistance aux familles pour se déplacer à l’hôpital de Marrakech pour reconnaître les cadavres de leurs proches.
Selon notre source, le jour même, le préfet de Zagoura aurait procédé à des inaugurations et assisté à des évènements festifs sans afficher de deuil devant le malheur qui a frappé la région. Ce qui a fini par excéder les habitants qui se sont alors rassemblés lors d’un sit- in hier devant le local de l’AMDH. L’association a mis en place une tente de deuil publique et a déclaré un deuil de 3 jours.
Aujourd’hui vers midi les occupants de la tente ont été surpris par l’intervention des forces de l’ordre , qui les ont réprimés d’une manière violente pour disperser leur rassemblement et saisir leur matériel : tapis etc..

À l’heure qu’il est, un sit-in organisé par le M20Feb Rabat, en hommage aux victimes et en solidarité avec leurs familles, a lieu aux Oudayas à Rabat. Ce rassemblement s’est vite fait disperser par la police qui a interdit au manifestants l’accès au lieu de rassemblement.
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  La police démonte violemment une khaima de solidarité avec les victimes du drame de N’Tichka

  Par Thami Afailal, Demain 6/9/2012

Rabat.- L’imbécilité et la violence d’Etat à l’état pur. Les forces de l’ordre ont démonté violemment aujourd’hui une khaima (tente) de solidarité avec les victimes de l’accident d’autocar de lundi dernier qui a fait 42 morts et des dizaines de blessés. Cela s’est passé à Zagora, à quelques encablures du lieu de l’accident.
Cette khaima était le symbole de la solidarité de la population locale avec les très nombreuses victimes de ce grave accident de la route.
Qu’est-ce que cela veut dire ? Que personne à part l’Etat, qui est mis en cause dans cet accident pour être l’un des pays où il y a le plus d’accidents mortels de la route, ne peut se solidariser avec les victimes ?
Cela rappelle une autre affaire. Après le séisme qui avait frappé en 2004  la région d’Al Hoceima, dans le Rif, et qui avait également fait de nombreuses victimes mortelles, les autorités locales avaient prohibé aux ONGs marocaines et internationales la distribution de l’aide aux victimes en arguant que l’opération devait commencer seulement après l’arrivée du roi dans la zone. Et donc, seulement après l’arrivée du souverain et la distribution de sa « harira » devant les caméras de télévision (Choufouni, choufouni !) que ces ONGs ont pu faire leur travail.
Le problème c’est que comme le sultan n’a pu se déplacer que plusieurs jours après le drame, les victimes ont dû attendre longtemps avant d’être secourus.
C’est ce qu’on appelle la « primauté » de l’action sultanienne. Même dans le malheur…
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Salah Elayoubi
Régime schizophrène, régime paranoïaque !
Les forces de l'ordre de Zagora ont dispersé le sit-in improvisé par des associations locales et détruit une tente dressée en solidarité avec les parents des victimes de l'accident du col de Tichka !
Voilà que même le deuil et la solidarité sont à présent assimilés à une tentative de déstabilisation du régime scélérat du makhzen !!!

 Ne vous inquiétez pas Cher compatriotes ! Vous pouvez mourir par paquets entiers, le gr and prédateur devant l'éternel qui vous prend tant et tant d'une main de votre vivant, vous en donnera de l'autre avec parcimonie pour vous mettre en terre !
Ça ressemble à l'histoire de Jeha qui invite ses amis à manger, leur vole leurs chaussures, et s'en va les vendre au marché pour les frais du repas !
- "Mangez, mes amis, vous ne mangez jamais que ce qui vous appartient !" leur criait-il, pendant qu'ils mangeaient en le remerciant
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Par Aziz Enhaili, du Bled du Makhzenistan:

Le Makhzen est bête et méchant. Chaque jour (ou presque) qui passe en apporte de nouvelles illustrations.

Vous rappelez-vous de ce qui s'est passé hier sur la route Zagoura-Marrakech?
Une quarantaine de morts et nombre de blessés.

Dans un pays ''normal'', la population serait sortie dans les rues pour demander des comptes au gouvernement, le ministre en charge du secteur concerné aurait présenté sa démission et le chef du gouvernement aurait diligenté une commission d'enquête publique pour savoir ce qui s'était passé, en identifier les causes structurelles et conjoncturelles et proposer des recommandations pour qu'un tel carnage ne se reproduise plus.
Le même gouvernement aurait décrété 3 jours de deuil national et son chef aurait été sur les lieux de la tragédie dans les heures qui ont suivi l'accident.

Ce genre de choses se passent dans un pays ''normal''.

Ce qui s'est en réalité passé dans notre pays montre que le Maroc n'est pas ce genre de pays ''normal''.

Même pas une minute à la mémoire de la quarantaine de disparus. C'est comme si les morts étaient de simples mouches;

À la place d'un travail d'enquête, on blâme le chauffeur et le destin;

Pas la moindre trace de la visite d'Abdelillah Benkirane;

Le ministre des Transports est toujours là dans son bureau, comme si de rien n'était;

Quand les familles des victimes de Tichka se sont regroupés pour manifester aujourd'hui, qu'a-t-il fait le Makhzen pour montrer sa sensibilité à leur drame? Il a dépêché ses forces pour les réprimer et les empêcher d'exprimer incompréhension et tristesse.

Tout cela n'est pas une nouveauté totale sous les cieux du Makhzen. C'est plutôt une piqure de rappel de plus.

Tout cela montre le MÉPRIS que le Makhzen cultive à l'égard du peuple marocain et son déni de son droit à manifester pacifiquement et à exprimer ses opinions de manière civilisée.
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Samad Iach : 
Le 4 septembre 2012, 46 marocains ont rendu l'âme dans un accident de route à Tizi N'Tichka au sud du Maroc.
Le deuil national n'a pas été déclaré malgré les revendications populaires, sur la toile ou par des sit-in dans la rue, tous réprimés. Ne n'oublions pas que le deuil national est récemment déclaré après le décès d'un membre de la famille royale.
Les réactions des officiels marocains ont été irrespectueuses et insultantes au peuple marocain et à la mémoire des victimes. Le ministre tuteur a déclaré que la responsabilité revient aux victimes.
Indignons-nous !
à 17:49 0 commentaires
Libellés : deuil interdit, familles des victimes de l'accident, RÉPRESSION

Dérision marocaine : Le ministère de l'Intérieur et de la police condamnés à 1dh pour violence envers un militant du M20F

Par Younes Derraz :
 "Le tribunal administratif de Fès a condamné le ministère de l'intérieur et la police pour torture et usage de la violence vis à vis d'un militant du M20 (Ayoub Hajjouji) qui a été très salement amoché (tête et tout le corps avec un certificat médical de 25 jours d'arrêt) suite à une manif ... 
La police a donc été condamnée à payer ........ 1 Dh symbolique !!!!! Merci la justice !!!!
 Allez la police, tabassez, torturez, cassez du citoyen !!! Ça ne vous coute qu'1 Dh par tête de Marocain khoroto, en plus, c'est l'administration de la police qui paye, ça veut dire nous !!! Parfois, le réalité dépasse la fiction !!!!"

Signalons quand même le courage du médecin qui a délivré le certificat.
à 17:15 0 commentaires
Libellés : condamnation, justice marocaine, M20F, VIOLENCE POLICIÈRE

La femme marocaine en 2012



  • Samira Kinani, 22/8/20123
    Réponses aux questions de « Ousra Magazine »
    Khadija Ryadi
    Le 22 aout 2012

    1) que pensez vous de l’actuel état des femmes au Maroc ?
    Le Maroc a été classé, par le sommet économique mondial, 129ème sur 135 pays dans le monde, en ce qui concerne l’égalité des chances entre les femmes et les hommes. Cet indicateur est la résultante de plusieurs autres concernant aussi bien les droits civils et politiques des femmes que leurs droits économiques et sociaux. Le Maroc a même régressé à ce niveau là, puisque il occupait le 125ème rang quelques années auparavant. C’est très significatif surtout quand les responsables marocains défendent leurs politiques publiques en présentant le Maroc comme l’exemple dans le monde arabe en matière des droits des femmes. La situation détériorée des droits des femmes au Maroc est reflétée par plusieurs aspects.
    La violence au sein de la famille à l’égard des femmes est un fléau qui touche les femmes de toutes les classes sociales, tout age confondu et appartenant à différentes catégories socioprofessionnelles, à laquelle s’ajoute la violence économique pour les femmes défavorisées à cause de la pauvreté, l’analphabétisme et les dures conditions de travail.
    Les lois, malgré les quelques avancées réalisées ne suffisent pas pour garantir l’égalité et la dignité des femmes, et les lois ne sont pas harmonisées avec les conventions internationales des droits des femmes ratifiées par le Maroc.
    L’image de la femme véhiculée par les ouvrages scolaires, les médias, la culture dominante dans la société, est une image négative qui ne reflète pas sa participation à la création de la richesse du pays. Les inégalités dans les droits à l’enseignement, la santé, le travail, et autres sont souvent reflétées par les rapports des différentes ONG agissant dans le domaine.
    La situation de la femme, malgré les acquis législatifs réalisés est encore très en retard, et en déphasage avec les discours officiels qui sont souvent démentis par les différents indicateurs sexo-spécifiques.

    2) Certes, une avancée a eu lieu avec notre nouveau code de la moudawana mais est-ce suffisant ?
    Le nouveau code de la famille (NCF) - qui est d’ailleurs déjà vieux de 8 ans, une durée largement suffisante pour régler tous les problèmes d’interprétation, de décrets d’applications, de formation des parties intervenantes…- n’a pas eu d’impact tangible sur la vie des femmes comme le prétendaient ceux qui l’ont mis en place. Lorsque le NCF était sorti en 2004, l’AMDH avait salué les quelques avancées qu’il a apportées par rapport à l’ancienne Moudawana, mais elle a également exprimé ses critiques disant que le nouveau code contient toujours plusieurs aspects de discrimination et d’atteinte aux droits des femmes, qui entraveront toute amélioration de la situation des femmes dans la famille (tels que le mariage des filles mineures qui n’est pas abolie, la polygamie non plus, l’égalité entre le père et la mère dans le domaine de la tutelle matrimoniale sur les enfants n’est pas garantie, Le NCF n’autorise pas aux femmes marocaines musulmanes de se marier à un non musulman à l’instar de l’homme qui peut se marier à une non musulmane, et aussi la discrimination dans le domaine de l’héritage puisque la femme continue à hériter la moitié de la part de l’homme… etc). La cause de l’incapacité du NCF à changer les conditions de vie des femmes provient aussi de la grande marge de manœuvre donnée aux juges, d’où les interprétations rétrogrades de cette loi y compris les aspects estimés positifs du code. Ceci est encore aggravé par la situation globale de la justice telle que décrite dans différents rapports d’évaluation publiés par les ONG spécialisées dans le domaine, justice corrompue, débordée, incompétente, non indépendante, … et bien d’autres maux…

    3) Avec les islamistes aux commandes, pensez-vous que les droits de la femme va en s’améliorant ou au contraire en régressant ?
    D’abord les islamistes ne sont pas aux commandes, ils ne font que gérer et exécuter les politiques décidées loin du gouvernement, ceci ne les mets nullement à l’abri de l’entière responsabilité des résultats de ces politiques, puisqu’ils ont bien accepté de jouer le jeu en toute connaissance de cause.
    D’autant plus que déjà dans les aspects qu’ils détiennent entièrement, ils ont marqué une régression scandaleuse, puisque parmi tous les postes de responsabilité gouvernementale et territoriale nommés, il n’y a pas eu plus de deux femmes qui ont été désignées.
    Mais en général on ne s’attend pas à une amélioration des droits des femmes avec un gouvernement islamiste puisqu’il est dirigé par un des partis qui se sont le plus opposés aux différents projets visant l’amélioration des droits des femmes et qui se sont toujours érigés contre le mouvement féministe et celui des droits humains en général quand il revendiquent l’égalité et les droits aux femmes. Même dans les aspects ou l’opposition des islamistes est moins virulente, tels que le droit à la santé, ou encore la lutte contre la pauvreté au milieu des femmes, il s’avère qu’ils sont actuellement incapables de mettre en place des mesures susceptibles d’améliorer la vie des femmes, car ceci nécessiterait des décisions courageuses dans différents domaines tels que la mise en place d’une société égalitaire, d’un État de droit ou les lois s’appliquent et où l’impunité est bannie par une justice indépendante et efficace, et par des politiques basées sur les droits humains et les libertés. Ceci est loin de la politique poursuivie actuellement par le gouvernement.

    4) La femme marocaine, est de plus en plus indépendante financièrement et dans ses libertés, à quoi cela est-il dû ?
    Il ne faut pas analyser la situation des femmes marocaine à travers les acquis réalisés par l’élite composée d’une minorité de femmes qui ont pu, dans une société misogyne et sous des politiques discriminatoires, s’imposer et accéder à leur liberté et indépendance financière. La majorité des femmes n’ont accédé au marché du travail que sous la pression de la crise économique et le besoin des familles aux revenus des femmes pour affronter cette crise. L’accès des femmes au travail rémunéré n’a pas été accompagné par des changements législatifs adéquats, et une politique dans l’éducation, l’information et la culture pour changer les mentalités, et des infrastructures qui permettraient aux femmes de travailler dans des conditions de dignité, d’égalité et de justice sociale. Les femmes se concentrent encore dans des secteurs les plus précaires, dans l’informel, ou dans des secteurs sociaux qui reproduisent les rôles traditionnels des femmes dans la famille… En général elles travaillent plus et touchent moins. Donc, les femmes sont de plus en plus sur le marché du travail mais elles sont toujours handicapées par la place d’infériorité qu’elles occupent dans la société et dans la famille. Par exemple, bien que le code du travail sorti en 2003 stipule dans son article 9 que les femmes et les hommes sont égaux dans les droits qui y sont déclarés, ledit code prive, par son article 4, les travailleurs domestiques et les salariés du secteur artisanal (là ou une concentration de la main d’œuvre féminine est remarquable) de la protection du code, en disant qu’une loi spécifique leur sera consacrée, 9 ans après, cette loi n’est toujours pas sortie. En plus, pour les autres secteurs réglementés par ce code, ses autres articles sont complètement bafoués par plus de 80% des employeurs qui sont pourtant obligés de les appliquer. Donc malgré l’augmentation de la participation des femmes dans l’économie, elles profitent le moins des résultats de leur travail. Et vu les conditions inhumaines où elles l’exercent, et la discrimination qu’elles subissent dans les salaires et autres droits, il serait difficile de dire qu’elles jouissent de l’indépendance financière.

    5) dernièrement vous avez eu le courage de soulever un sujet qui touche dramatiquement la femme marocaine (la liberté sexuelle) Pensez vous qu’un débat responsable sera-t-il possible ?
    D’abord il s’agit des libertés individuelles en général, dont les droits sexuels de tout citoyen et citoyenne, droit à une vie sexuelle saine et digne. Et puis Il ne s’agit nullement de courage, c’est une question de respect du référentiel universel des droits humains, que toute personne ou organisation prétendant l’adopter devrait défendre ces libertés, sinon elle serait d’une hypocrisie aussi flagrante que celle de notre société qui défend des idées qu’elle est loin de pratiquer.
    Par ailleurs, vous avez raison de dire que le déni des libertés individuelles touche les femmes beaucoup plus que les hommes, car si on voit le nombre de mères célibataires, le nombre de viols, d’inceste, de femmes exploitées sexuellement, de victimes des maladies sexuellement transmissibles dont les femmes sont particulièrement touchées, et que l’on en trouve beaucoup moins dans des sociétés ouvertes ou les libertés sont respectées et où l’éducation sexuelle fait partie intégrante des programmes de formation de jeunes et dans les médias, on sent l’importance du sujet et sa relation immédiate avec les droits des femmes.
    Dans notre société, la lutte est encore à l’état primaire car elle ne vise pour le moment qu’ouvrir un débat calme et serein. La position et la réaction de l’Etat et des islamistes bien coordonnée à ce niveau comme à plusieurs autres niveaux, est souvent un refus de débat. Ils optent pour les accusations violentes et la déformation complète du sujet et des termes du débat.
    Les forces appelées modernistes s’effacent devant ce genre de sujet comme ils le font dans d’autres sujets délicats et tabous, tels que l’appel à abolir les traditions makhzaniennes rétrogrades revendiqué dernièrement, seuls les défenseurs de droits humains dans leur diversité défendent ces libertés et scandent de telles revendications. On est encore loin d’un débat responsable. Mais il aura certainement lieu, car dans tous les sujets sensibles et tabous il y a toujours une minorité qui commence et c’est par sa persévérance que les choses avancent.

    6) Nous savons tous que les marocains n’attendent pas d’être mariés pour avoir des rapports charnels alors pourquoi tant d’hypocrisie ?

    Les statistiques l’ont bien montré, les jeunes qui ont des rapports sexuels avant le mariage sont majoritaires, et ces mêmes personnes se dressent souvent contre la dépénalisation de cet acte. La question sur l’hypocrisie de la société relève du domaine de la sociologie et peut être la psychologie. Mais à mon niveau je parlerai de l’absence d’éducation aux libertés et droits humains, et la crise de valeurs que traverse la société marocaine. Il y a 3 ou 4 décennies, la société marocaine était plus ouverte, plus tolérante, et les gens s’assumaient et acceptaient leur diversité et leurs différences. Il y avait beaucoup moins d’extrémisme religieux, et d’instrumentalisation de la religion dans la politique, et aussi beaucoup moins de violence et de malversation. Par contre, les valeurs d’honnêteté, de sincérité, de confiance, de solidarité, de respect de la femme, de respect de la différence étaient plus partagées. C’est une crise de valeurs qui est liée évidemment à la crise économique et sociale mais aussi à la détérioration des valeurs du champs politique, et à la régression du camp des démocrates et progressistes qui avaient diffusé ces valeurs et qui sont actuellement appelés à les retrouver et à les défendre. Mais une bonne partie de ce camp démocratique a malheureusement même abondonné ces valeurs qui reflétaient son identité. La lutte pour les libertés individuelles fait donc partie intégrante de la lutte pour ces valeurs progressistes et humaines que nous devons réinstaurer, promouvoir et divulguer.

    7) Parlons un peu de la violence conjugale : les chiffres sont de plus en plus alarmants. On parle de 82 % de femmes battues au Maroc, est ce possible ?
    Il ne s’agit pas seulement de femmes battues mais de femmes victimes de violence aussi bien physiques que psychologiques. La déclaration universelle pour l’élimination de toutes forme de violence à l’égard des femmes parle de violences physiques, psychiques et sexuelles.
    Le pourcentage des femmes concernées au Maroc est de 62,8 % de femmes. En chiffre absolu c’est six millions de femmes sur une population de 9,5 millions de femmes âgées de 18 à 64 ans. Ce sont les chiffres qui ressortent de l’enquête nationale sur la violence contre les femmes réalisée par le Haut commissariat du Plan, la première du genre d’ailleurs. Ce sont donc des chiffres officiels qui ont été publiés en janvier 2011. Il est clair qu’on est très loin d’une société qui préserve la dignité de ses femmes.
    La violence contre les femmes est un vrai fléau. La place d’infériorité réservée aux femmes dans la société et les rôles stéréotypés des deux sexes alimentent cette violence et la « normalisent ». La violence liée au genre n’est pas seulement le résultat de cette situation d’inégalité mais c’est aussi la cause de sa perpétuation. C’est donc une spirale infernale ou vivent les femmes et que seule une réelle volonté politique des décideurs pourrait casser ce cercle vicieux. Or, cette volonté tarde à se manifester puisque cela fait presque 15 ans que nous entendons parler de loi pour la protection des femmes contre la violence et de stratégie de lutte contre la violence faite aux femmes, sans résultats concrets malgré les quelques actions réalisées. L’Etat demeure loin de ses engagements dans le domaine de la protection des femmes contre cette atteinte flagrante à leurs droits en toute impunité. C’est pour cela que le Maroc se retrouve parmi les cancres dans les classements des États en matière d’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Et c’est pour cela aussi que la lutte pour l’égalité et pour la dignité des femmes est encore longue.

    8) Les lectrices d’OUSRA MAGAZINE applaudissent vos initiatives quand à la liberté que vous prônez, qu’aimeriez-vous leur dire ?

    Je les remercie d’abord pour leurs encouragements et je voudrais leur dire, comme elles le savent certainement déjà que leur participation à la lutte est primordiale pour le changement de la condition de la femme marocaine, car les femmes dans l’histoire ont toujours été dans les premiers rangs des batailles les plus difficiles, dans les révolutions des peuples, la révolution tunisienne a d’ailleurs commencé par le cri d’une femme qui n’est autre que la mère du martyr Bouazizi. Les femmes ont été au cœur des luttes contre le colonialisme, contre l’esclavage, mais aussi pour la paix, pour la laicité. Leur rôle pour les libertés au Maroc reste à jouer par toutes les femmes éprises de liberté et de dignité. Cette place qu’elles sont appelées à occuper est la leur. Elles sont les plus touchées par le manque de ces libertés et sont les plus aptes à militer pour les acquérir. Ces libertés ne sont pas un luxe, elles sont le pilier de la démocratie et de l’Etat de droit, car leur déni entrave l’égalité des hommes et des femmes et jamais la démocratie ne se fera sans les femmes.
    fin
à 16:12 0 commentaires
Libellés : AMDH, femme marocaine, gesticulation et hypocrisie, inégalité hommes-femmes, Khadija Ryadi, moudawana, Ousra Magazine

Communiqué des détenus militants du M20F de Casablanca

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Libellés : Casablanca الدار البيضاء, changement, Détenus politiques, dignité, justice sociale, lutte. liberté, M20F, procès fabriqués

Khalid Gueddar ne s’est pas présenté à son procès, et il a raison

Par Demain, 6/9/2012

Rabat.- Le caricaturiste Khalid Gueddar ne s’est pas présenté cette semaine à son procès. Il a fait faux bond au tribunal qui devait le juger pour une sombre affaire d’arrestation « en état d’ébriété »  selon les autorités (au pays du commandeur des croyants » vendant de l’alcool à ses sujets dans ses supermarchés, elle est marrante cette accusation…), alors que l’intéressé réfute cette accusation et affirme qu’il n’avait pas bu cette nuit et que cette histoire relève d’un complot du Makhzen pour saborder le lancement de son site Baboubi.com
Dans un billet publié sur son site, il explique les raisons qui l’ont poussé à ne pas se rendre au tribunal. Procès truqués, juges corrompus et justice aux ordres, le dessinateur donne un large éventail des maux qui frappent notre justice.
Khalid a raison de ne pas se rendre devant ce tribunal. Boycotter cette « institution » dont les Marocains se méfient est un acte citoyen qui devrait être suivi par d’autres.
La sentence de Khalid Gueddar ? Les gens d’en haut la connaissent avant le juge parce que c’est eux qui la lui ont dictée.
Alors pourquoi perdre son temps dans une parodie de justice ? Quand la justice marocaine sera enfin indépendante, prévenez-nous SVP !

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=20903
à 09:29 0 commentaires
Libellés : Khalid Gueddar, parodie de justice marocaine, procès fabriqués

France - Centrale de Fessenheim : à quand la fin !




  Par Greenpeace France 6/9/2012

 L’incident qui s’est produit hier à 15 heures à la centrale de Fessenheim est désormais clos, a informé mercredi soir EDF dans un communiqué.


Image CC - Florival fr 

Ce qu’il s’est produit
Selon les informations fournies par l’Autorité du sûreté nucléaire, “Lors d’une manipulation d’eau oxygénée, produit chimique non radioactif, un déversement a provoqué un dégagement de vapeur, qui a déclenché les capteurs de détection incendie. Conformément à la convention entre les services publics et la centrale, les pompiers ont été dépêchés sur place. Il n’y a pas eu d’incendie.”
Pourtant, à 16h30, les premières informations faisaient état d’un incendie chimique et de plusieurs blessés graves à la centrale. L’alarme incendie s’est activée vers 15h, dans un bâtiment connexe aux deux réacteurs, situé en zone nucléaire. Au cours de l’après-midi, des informations contradictoires n’ont cessé de circuler, alors que les canaux d’information des autorités ou de l’opérateur restaient très silencieux.
Notons que le ministère de l’environnement a communiqué extrêmement rapidement, avec des propos très rassurants, mais sans donner de détails sur l’incident.
Il est essentiel qu’une information claire et transparente soit diffusée en temps réel en cas d’incident, même jugé mineur, sur une installation nucléaire. Il est indispensable que les riverains soient tenus au courant de la situation, et que les autorités de sûreté informent de manière transparente. Car l’objectif n’est pas celui de communiquer pour rassurer. C’est d’informer, afin que les citoyens puissent se faire une idée précise de la situation.
Fessenheim, fermez la !

Cet incident a eu lieu le jour même de la rencontre de représentants des associations antinucléaires alsaciennes au ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, avec pour objectif de repartir avec un calendrier précis de la fermeture de la centrale de Fessenheim, annoncée par François Hollande.

La centrale de Fessenheim est la plus ancienne du parc nucléaire français, promise par le candidat Hollande à la fermeture d’ici à 2017. Sa construction a commencé en 1970 et elle a été mise en service en 1977, pour un fonctionnement prévu à l’origine d’une durée de3 0 ans. Elle comporte deux réacteurs à eau pressurisée, d’une puissance de près de 900 mégawatts (MW) chacun. Le 25 avril dernier, elle a déjà été le théâtre d’un incident, un incendie. Il s’agissait d’un départ de feu sur l’alternateur du réacteur n°2 de la centrale.

Fessenheim doit faire l’objet de travaux gigantesques
Les travaux en question doivent être effectués par EDF avant juillet 2013 sans quoi l’ASN fermera le site pour des raisons de sûreté. Il s’agit notamment d’épaissir le radier, dalle de béton qui soutient le réacteur et qui est beaucoup plus mince à Fessenheim que sur les autres centrales françaises. Mais ces travaux ont un coût absolument prohibitif! Le sénateur du Haut-Rhin Jean-Marie Bockel, interrogé par l’AFP ce matin a évoqué des investissements de l’ordre de 200 millions d’euros. Alors qu’EDF les évalue à 20 millions d’Euros.

Rappelons que lors de son audition par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale début Juillet, Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), a quant à lui expliqué que “si une pollution du Rhin survenait à la suite d’un accident à Fessenheim“, sans même parler de catastrophe avec des conséquences humaines, “le coût serait gigantesque pour le pays”.

La question fondamentale qui se pose au regard de ces éléments est la suivante : allons-nous continuer à essayer de maintenir en vie une centrale manifestement dangereuse en dépensant des centaines de millions d’euros ou allons-nous enfin nous décider à fermer Fessenheim ?

A dix jours de l’ouverture de la conférence environnementale, cet incident vient montrer, si c’était nécessaire, l’urgence d’engager la France dans une transition énergétique.

à 08:39 0 commentaires
Libellés : centrale nucléaire, fermeture, Fessenheim

jeudi 6 septembre 2012

LEGALISATION DE L'AVORTEMENT AU MAROC


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Par le M.A.L.I ( Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles - MAROC )

Parce qu’une femme décède toutes les dix minutes des suites d'un avortement clandestin. Parce que nous recensons de 600 à 800 avortements clandestins chaque jour au Maroc. Parce que l’avortement clandestin est une cause majeure de la mortalité maternelle. Parce que les femmes ont toujours avorté et continueront d'avorter, parce que l’interdiction de l’avortement n’empêche pas sa pratique dans l’illégalité, parce que l’obligation de poursuivre une grossesse non désirée en fait une grossesse à risque. Parce que nous n'avortons pas par hasard, ni par plaisir, ni à la légère. Parce que notre corps et notre santé nous appartiennent et parce que nous sommes des femmes libres, nous défendons le droit à l'avortement… 

 Demandons l’abrogation des articles 449 à 458 du Code Pénal marocain qui condamnent toute femme ayant recours à l'avortement ou qui tente de le faire, comme quiconque l'aide et l'encourage, médecins compris. Mettons fin aux pratiques clandestines qui comportent de nombreux dangers en offrant des moyens d’avortement légaux, contrôlés et sanitaires afin de sauver des vies.

Because a woman dies every ten minutes from the consequences of unsafe abortion. Because we count from 600 to 800 illegal abortions every day in Morocco. Because unsafe abortion is a major cause of maternal mortality. Because women have always aborted and will continue to have an abortion, because abortion ban does not prevent an illegal practice and because the obligation to continue an unwanted pregnancy makes it a high-risk pregnancy. Because we do not have an abortion by chance, by pleasure, lightly. Because our bodies and our health are our property, because we are free women, we defend the right to abortion ...

 We ask the repeal of sections 449 to 458 of the Moroccan Penal Code which condemn any woman who has an abortion or attempts to do so, as anyone who aid and encourage, including doctors. Put an end to illegal practices that have many dangers by providing access legal abortion, health checked to save lives.

لأن كل عشر دقائق تموت امرأة بسبب عملية الإجهاض الغير القانوني. لأن المغرب يعرف 600 إلى 800 عملية إجهاض غير قانونية كل يوم. لأن الإجهاض الغير القانوني هو من أحد الأسباب الرئيسية لوفيات الأمهات. لأن النساء ستسمر في الإجهاض،لأن حظر الإجهاض لن يمنع ممارسته غير الشرعية، لأن اللتزام بالاستمرار في الحمل غير المرغوب فيه يجعل منه حملا خطيرا، لأننا لا نجهض بالصدفة، و لا عن متعة. لأن أجسامنا و صحتنا هي ممتلكاتنا و لأننا نساء حرّات، ندافع عن الحق في الإجهاض...
 
ندعوا إلى إلغاء الفصول 449 إلى 458 من القانون الجنائي المغربي الذي يدين أي امرأة قامت بلإجهاض أو حاولت القيام به و من شارك فيه بما في ذلك الأطباء.
لنضع حدّا لهاته الممارسات الغير القانونية التي تسبب في الكثير من المخاطر و ذلك بتوفير وسائل الإجهاض القانونية، المراقبة و الصحية لإنقاذ الأرواح.

Pour signer :  http://www.petitions24.net/legalisation_de_lavortement_au_maroc
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Libellés : Code pénal marocain, l’avortement clandestin, Maroc, PÉTITION

Le prince Hicham, ce grand défenseur du trône marocain

Par Ali Amar, Slate, 6/9/2012

Pour l'écrivain et journaliste Ali Amar, le cousin germain du roi du Maroc, réputé pour être son contradicteur intime, se révèle comme son meilleur allié objectif. Est-ce vraiment une surprise?


Le prince Hicham devant le cercueil du roi Hassan II, 25 juillet 1999, Rabat, AFP/MANOOCHER DEGHATI

S’il avait quelque inquiétude à l’endroit du trublion de la famille royale, le roi Mohammed VI devrait plutôt s’en réjouir.
Son cousin germain, le prince Hicham Ben Abdallah El Alaoui, avec qui les liens sont officiellement coupés depuis son intronisation en 1999, vient de lui donner le meilleur des gages à son attachement à la Couronne.

Un hymne subliminal à la monarchie

Preuve en est la tribune qu’il publie dans le New York Times intitulé «Morocco is on the path to Change» (Le Maroc est sur la voie du changement). Un hymne subliminal à la monarchie alaouite.
Il y estime d’emblée que «le Maroc est sur la voie du changement», en expliquant de quelle manière les monarchies arabes ont résisté à la déferlante révolutionnaire contrairement aux régimes tutélaires de Tunisie, d’Egypte, voire de Syrie, nonobstant leurs différences.
La manne des pétrodollars pour les royaumes et sultanats du Golfe et une forme de dextérité politique pour le Maroc et la Jordanie les ont, selon le prince, sauvés de la dévastation.
Le prince Hicham explique notamment que, à part les monarchies pétrolières du Golfe qui ont acheté la paix sociale grâce à la richesse de leur sous-sol, le Maroc et la Jordanie, dépourvus de cette rente, «n’ont pas eu d’autres choix que de libéraliser le système plutôt que de le rendre plus démocratique». 
 En clair, le rendre plus permissif à certains égards tout en le maîtrisant à travers un système forcément sécuritaire.

Un chauvinisme génétique assumé

Malgré toute la subtilité du texte et la minutie de son auteur, réputé pour le doigté dont il revêt chacune de ses expressions écrites, son verbe est révélateur.
Le contenu de l’article confirme l’aveu, après tout sincère, de ce prince au sang bleu. En 2011, interrogé sur la question monarchique, alors que les régimes arabes étaient tous secoués d’une manière ou d’une autre par le big bang tunisien, il répondait par un chauvinisme génétique consubstantiel à son lignage:
«Je reste convaincu qu'un changement dans le cadre d'une monarchie réformée représente la solution la moins coûteuse pour le Maroc. Je mentirais si j'affirmais que la biologie est étrangère à cette conviction.»
La biologie justement. Ici réside l’indépassable dans la réflexion du prince depuis qu’il a endossé très tôt les habits de l’intellectuel politique réformateur. L’ADN pour légitimité, le savoir en science politique pour se frotter à l’agora. Tels sont les deux versants de son charisme, mais aussi de ses limites.  

Des thèses presque officielles

Derrière quelques artifices de mise en garde, le cousin germain du roi, troisième dans l’ordre de succession monarchique —ne l’oublions pas—, déclare dans sa tribune du New York Times deux postulats que la propagande chérifienne ne renierait pas:
—D'une part, les monarchies arabes, dont celle du Maroc, ont survécu à la déferlante des révolutions. Elles y sont parvenues grâce à leur enracinement dans l’identité nationale de leurs Etats, leur combat contre le colonialisme et du fait de l’importance historique de leur institution.
—D'autre part, les monarchies ont traditionnellement arbitré les conflits entre les différents groupes et classes, agissant en tant que gardiens bienveillants de la société. Ils ont également permis à d'autres institutions, comme les parlements, de représenter le peuple, restant ainsi au-dessus de la mêlée politique.
Voilà un démenti cinglant à ceux qui voulaient entrevoir dans la posture politique du «Prince rouge» des caractères réminiscents d’un Philippe-Egalité en France à la fin du XVIIIe siècle.
Le prince Hicham adopte à l’évidence un ton qui tranche avec la plupart de ses précédentes sorties médiatiques, notamment lorsqu’il déclarait en janvier 2011 au journal espagnol El Pais, au sujet des révoltes arabes:
«Le Maroc n’est pas encore touché mais il ne faut pas se leurrer sur ce fait: pratiquement tous les systèmes autoritaires vont être atteints par la vague de contestation et le Maroc ne fera probablement pas exception.»
Reste que moins d’un an plus tard, il disait déjà à L’Express que l’instauration d'une assemblée constituante au Maroc serait irréaliste:
«Cela signifierait la fin du régime. Historiquement, les assemblées constituantes servent à consommer la fin d'un régime.»
 Et surtout que:
«L'institution monarchique est à la fois une institution d'arbitrage et le symbole de l'identité de la nation. Les populations de ces pays adhèrent majoritairement à ce concept.»
«Mais cela pourrait bien, à terme, ne plus être le cas si ces monarchies ne prennent pas en compte l'aspiration des peuples au changement. Or elles peinent à faire face à cette urgence, notamment lorsqu'il s'agit de monarchies de droit divin.»
Le cousin du roi avait donc déjà tout dit. Avec cependant ce bémol —que l’on retrouve à l’identique dans sa contribution au New York Times—, à savoir la nécessité d’un changement dont il ne définit jamais la nature.

Des idées passéistes et révisionnistes

Mais enfin de quel changement parle au juste le prince? Mystère et boule de gomme. Revenons donc à son dernier texte pour mieux comprendre son idée. Et là, les problèmes surgissent.
Le premier est que les assertions du prince Hicham sont empreintes de révisionnisme historique doublé d’une vision passéiste des événements qui secouent depuis plus d’un an cette partie du monde.
Quel historien peut aujourd’hui sérieusement accréditer la thèse que la dynastie alaouite a été le rempart contre l’occupation française du Maroc? L’a-t-elle été plus tard avec le sultan Mohammed V, choisi par la France, déposé par la France et réintronisé roi, toujours avec la bénédiction de la France? Faut-il croire encore à l’hagiographie officielle qui pollue encore de nos jours les manuels scolaires?
Les historiens marocains sont pour la plupart encore très frileux pour s’aventurer dans de telles recherches, leur carrière universitaire en dépend. Le Graal des archives coloniales de Nantes et plus encore l’accès à la sacro-sainte bibliothèque royale est réservé aux adoubés. 
En réalité, la légitimation même de la royauté telle qu’elle existe aujourd’hui a été plutôt le résultat d’un façonnage idéologique, politique, culturel et religieux, voulu et imaginé par la France. Et cela se voit jusque dans ses attributs de sacralité et dans le moindre détail de son décorum et de son faste, que Hassan II a poussé jusqu’à son paroxysme durant ses 38 années de règne. De ce point de vue, Mohammed VI est depuis treize ans dans un moment d’inertie.
Aussi, toute évocation de transition démocratique au Maroc confine à de la complicité avec un régime qui ravale sa façade, mais maintient en l’état sa nature féodale.

Un mythe prêt à être déconstruit

Cette idée d’une monarchie indélébile à l’identité nationale évoquée par le prince Hicham est née de la fabrication d'une certaine conscience historique dans le Maroc postcolonial. Un mythe que les générations actuelles sont désormais prêtes à déconstruire.
Autre idée fallacieuse du prince, celle de ce fameux arbitrage des royautés agissant avec «bienveillance entre les groupes et classes». Au Maroc, sans parler du passé lointain ou le sultan portait le fer pour régner et se cloîtrait pour survivre, cela s’est traduit par un demi-siècle de violentes répressions contre tout dissident. Une damnation de toute une génération, que le régime ne reconnaît qu’à demi-mots, jouant sur une ouverture factice pour assurer sa perpétuation.
Comment parler de mansuétude du pouvoir quand les cultures plurielles de ce pays ont été anéanties au nom d’une idéologie excluant les identités majoritaires amazighes, sans parler des minorités juives et autres, rabaissées à de la figuration folklorique au nom d’un arabo-islamisme politique et nationaliste (qui renie même de facto son héritage andalou) et dont la norme politique actuelle est un résidu de conservatisme religieux et d’infâmie politique?
Les monarchies arabes se seraient donc ainsi élevées et sauvées de la berezina en autorisant la création d’institutions et de parlements représentant le peuple. Qui peut croire encore en une telle fable?
Le multipartisme à la sauce marocaine, avec ses joutes oratoires creuses, sa corruption institutionnalisée et ses rendez-vous manipulés aux urnes, serait-il alors plus immunisé contre les soulèvements que ne l’a été le règne du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique) de Ben Ali et de son clan en Tunisie? Pures fadaises.
Le prince Hicham prend pour acquis que les printemps arabes ont épargné les monarchies pour ces raisons, même s’il reconnaît que ce momentum n’est pas éternel. Il croit encore que la société civile, les syndicats et certains partis politiques, plus téméraires au Maroc qu’ailleurs, jouent toujours le rôle de soupape sociale, voire d’alibi du régime. En cela, il se trompe lourdement.

Un contrat social obsolète

Il ne semble pas saisir que les termes du contrat social avec la monarchie alaouite se sont dématérialisés avec le temps et l’accélération de l’Histoire. Il ne reste peut-être qu’une empathie réelle chez certains, une foi en un talisman chez les démunis qui face à la hogra croient encore à la munificence du «roi sauveur». Mais rien de plus. La dépolitisation voulue par la monarchie joue contre elle aujourd’hui.
Hicham Ben Abdallah El Alaoui semble léviter intellectuellement par rapport à la rupture qui s’est faite irrémédiablement entre le trône, ses apparatchiks et les plus conscientisés des jeunes Marocains d’aujourd’hui.
Ceux qui justement battent le pavé jour après jour, brisant ce plafond de verre qu’est l’ordre établi, faisant fi des codes et des usages, traquant la tyrannie jusque dans ses coutumes et son apparat, appelant à la chute du régime. Un régime en qui ils ne se reconnaissent plus. Trop lointain, trop ringard, trop guindé et si autiste à leur soif de liberté.
Même si ceux-ci sont à l’évidence encore groupusculaires, le prince Hicham tend à minimiser les effets vivifiants de la transmission d’idées radicales d’une élite, hier gauchiste et romantique, à une jeunesse avide de dignité et de liberté dont les référents intellectuels, culturels et politiques sont désormais véhiculés par la mondialisation des médias et de la connaissance universelle, à défaut de terreau local, tant l’éducation publique a été le parent pauvre du Maroc moderne.
Faut-il être surpris de voir émerger une lame de fond contestaire, révolutionnaire, plus déterminée et surtout plus nombreuse à être bardée de savoirs que celle des années 70 où le panarabisme et le marxisme inquiétait davantage les pouvoirs régaliens arabes?

Un schéma de pensée révolu

Le prince s’oublie dans un schéma de pensée révolu. Il croit encore dans la quiétude des classes moyennes marocaines. Selon lui, elles demeurent certes insatisfaites de ce pluralisme politique de façade et de cette exclusion des institutions participatives, mais leurs revendications s’arrêteraient aux marches du Palais.
«Ils ne veulent pas la révolution, mais la réforme vers la monarchie constitutionnelle, un nouveau système de gouvernance qui incarne l'esprit de la démocratie, tout en conservant le rôle historique du monarchisme dans ces sociétés» écrit-il dans le New York Times.
Le prince Hicham a un train de retard. Et de conclure ainsi sa tribune:
«C’est une route qui promet d’être chaotique mais le processus est bel et bien enclenché.»
 Mais encore une fois de quel processus parle-t-il? Celui qu’il imagine sauvegardant la monarchie pour ce qu’elle est par la grâce de la tradition?
Si les classes moyennes sont conservatrices et légitimistes aujourd’hui et aspirent effectivement à la sécurité, à un certain confort de vie, elles ne seront demain que les suiveuses du changement quel qu’il soit. Celui de la voie démocratique ou celui du vrai chaos.
Et dans ce schéma, la monarchie n’aura plus sa place, faute justement d’avoir initié le vrai changement. Celui de se désincarner de la féodalité pour entrer dans le nouveau siècle.

A lire aussi
In bed with Hassan II
Moulay Hicham, le prince qui voulait reformer la monarchie
L'exil des Alaouites, la vraie histoire
L'exode des juifs marocains, une histoire taboue qui sort de l'oubli

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 Par Ahmed Benani

Merci Ali pour ce papier lumineux! L'ADN vole au secours du Prince Hicham; après 13 années de duperie, de louvoiement et de "discorde" avec l’Autiste, savamment entretenue, Monseigneur rejoint enfin le cousin prédateur. Il fait bien de le dire clairement; la conclusion qui s’impose à tous est tout aussi limpide que son propos: la monarchie est entrée dans la phase finale de son existence. Hicham a un mérite dorénavant à mes yeux, il refuse de se mentir à lui-même, la biologie autant que ses intérêts l’ont amenés à cette confession publiée dans le New York Times intitulé «Morocco is on the path to Change» (Le Maroc est sur la voie du changement). Parole princière et en somme sacrée, oui, le Maroc va changer de régime ! Ahmed Benani
PS: L'article d'Ali est à lire et relire, merci de lui assurer la plus grande diffusion parmi vos contacts
à 06:47 0 commentaires
Libellés : Ali Amar, Hassan II, le prince Hicham Ben Abdallah El Alaoui, Mohammed VI, monarchie parlementaire, Prince Rouge, réformes

mercredi 5 septembre 2012

Le Maroc de la modernité et celui de la tradition

Le Maroc de la modernité et celui de la tradition

par Salah Elayoubi, 5/9/2012
 
 

« Ils » auront beau se fendre de déclarations lacrymatoires, prier pour le repos de l’âme des martyrs, condoléancer  les familles, décréter un deuil national ou tenter d’imputer à Dieu, ou au destin, la tragédie qui a eu pour théâtre la route Zagora Marrakech, ils ne nous ôteront pas de l’esprit qu’ils sont responsables de ce gâchis !
Une choses me revient en mémoire : Ce discours de Hassan II, qui circule sur la toile et où le dictateur défunt prétendait que nous n’étions pas un pays du tiers-monde. Une fanfaronnade de plus, destinée à impressionner le petit peuple et une preuve supplémentaire que le Maroc fonctionne depuis toujours à deux vitesses.
Alors pour se dédouaner du saccage de son pays, et du retard qu’il lui a infligé de tant de pillage, le dictateur aura eu cette formule cocasse qui n’aura trompé que ceux qui l’auront bien voulu, du Maroc alliant modernité et tradition.
Le premier de ces deux visages est pour le dictateur, son clan et l’administration qui les sert fidèlement, selon la formule consacrée.
C’est celui dont les publicitaires de la monarchie aiment le plus faire étalage dans ces brochures « attrape-couillons » qui ont servi à bâtir le mythe du « plus beau pays du monde ». Un mythe aussitôt pondu, aussitôt passé à la trappe et gommé des tabelles,  tant il nous a valu de quolibets.  Une main perfide semble, comme par hasard, avoir superposé le calque de son  emprise géographique sur  celle d’un Maroc utile. Celui des plaines côtières,  agricoles, touristiques et industrielles, complétées de quelques enclaves, lorsque l’intérêt du prédateur  qui préside aux destinées du pays y trouve son compte !
Dans ce Maroc qu’ils veulent moderne, tout est bon pour faciliter leur vie et leur épanouissement: routes, autoroutes, ports, aéroports, écoles, universités…… Il y a même ce projet de Train à Grande Vitesse, comme s’il s’agissait d’aller encore plus vite, pour s’éloigner de cet autre Maroc, celui qu’ils ont qualifié avec cette pudeur qui sied si bien au mensonge d’Etats de Maroc traditionnel. Un pays de misère, d’archaïsmes, de vieilleries et d’injustices. Ils ont à ce point manqué de vergogne qu’ils l’ont même photographié sous toutes les coutures pour l’exposer dans les mêmes revues que le premier. Le plus ahurissant dans cette entreprise, est que rien ne semble avoir interpellé les censeurs, d’habitude si pointilleux sur les réalités du pays.
Ni  les labours qui se font encore à coup de charrues et de socs antédiluviens, tirés par des bêtes de somme empruntées à un lointain voisin.
Ni ces vies misérables venus s’échouer dans les dédales de ruelles sombres aux odeurs pestilentielles et où s’entassent des existences et meurent des destinées par paquets de douze.
Ni ces routes de l’impossible, sans revêtements perchées à effrayer les cœurs les plus accrochés, qui tuent tous les jours dans l’indifférence de « Ceux des plaines ».

Une deuxième chose me revient en mémoire. Elle m’avait d’abord stupéfié, avant de me révolter. Sur les murs d’un ami, j’ai découvert cet article intitulé : « Bref, hier j’ai été à Casa », émanant d’une autre facebookienne, une Fassi-Fihri. Je tairais son prénom pour ne pas l’accabler plus qu’elle ne le fait elle-même !  Sur le site où elle exhibe fièrement son wissam de Chevalier de l'Ordre du Trône, vous savez, cette bimbeloterie récompensant le silence et les indignités, la dame  écrit :  

« Habitant Rabat depuis presque toujours, j'entendais parler de Casablanca.  Les rares fois où je m'y suis rendue étaient en général liées à des événements particuliers (séminaires ou invitations ponctuelles)……………..»

Le reste est à l’avenant. Madame Fassi-Fihri qui occupe, pourtant un poste important  dans la fonction publique,  fait montre d’une méconnaissance totale de la capitale économique. On n’ose imaginer ce qu’il en est du reste du pays et de cette route où se sont tués quarante deux de ses compatriotes.
Un peu plus loin, dans le texte, elle bascule carrément dans le registre du mépris :

« J'ai pris le train "Aouita", pensant me retrouver dans celui de mes souvenirs de fin des années 80. Mon Dieu! je n'ai rien compris à ma vie. Tout a changé! Pourquoi autant de manque de goût!  La population a changé le nombre a augmenté. Mais pourquoi des trains à deux étages, pourquoi cette odeur nauséabonde: qui a décidé que le Maroc ressemblerait plus à l'Inde qu'à l'Europe……………….. »

Une envie folle me taraude de répliquer que si le Maroc ressemble tant à ça, c’est parce que des gens comme « ça »,  le dirigent, se servant au passage et ne servant à rien d’autre qu’à dilapider ses budgets, piller ses ressources et donner quitus au despote pour sa mauvaise gouvernance.
Enfin, S’il vous arrivait d’aller un peu plus loin que lire son article, feuilletez le tissu de niaiseries que constituent ses pages Facebook, vous y apprendrez que notre amie qui est, vous l'avez compris, originaire du "Maroc de la modernité", passe ses vacances aux Maldives. Pas étonnant pour quelqu’un dont on sait que les membres de sa famille ont pour habitude de programmer leur shopping, en même temps que leurs missions professionnelles,  dans les boutiques parisiennes,  quand ils n’y font pas des acquisitions immobilières.
 

Pendant ce temps au Maroc de la tradition, celui qui paie le plus lourd tribu à la désolation, à la misère et à l’injustice, une quarantaine de familles pleure les siens, happés par la montagne, tandis qu’une vingtaine d’autres  panse les blessures des survivants,  en désespérant de pouvoir un jour, faire partie de la civilisation !
 
 
https://www.facebook.com/notes/zineb-fassi-fihri/bref-hier-jai-%C3%A9t%C3%A9-%C3%A0-casablanca/10150837510549307


à 23:38 0 commentaires
Libellés : col de Tichka, grave accident, Modernité, tradition

Tunnel de Tichka : un projet qui coûterait entre le tiers et la moitié du coût projeté du TGV Tanger-Casablanca.

Blog de Omar El Hyani, 4/9/2012
Tunnel de Tichka : un improbable projet pour le Maroc “inutile”

In nihilismus veritas



Si vous n’avez jamais pris la route Ouarzazate-Marrakech via Tizi-N-Tichka, vous pouvez difficilement imaginer à quelle point le tronçon montagneux est dangereux. Si les paysages qu’elle offre sont à couper le souffle, elle reste une route étroite, sinueuse sur 120 kilomètres, avec des virages à angles morts et des ravins dont on ne voit même pas le fond. Ajoutez à cela une signalisation faible et un entretien approximatif, et vous obtiendrez probablement la route la plus dangereuse au Maroc. Et si jamais vous envisagez de traverser cette route l’hiver, prévoyez des vivres et de bonnes couvertures. Il est très fréquent que la route soit coupée suite aux chutes de neige.

Si on ne connaît pas, pour le moment, la cause exacte du dramatique accident d’autocar de Tichka, on peut, vu la nature de la route, se demander si celle-ci n’est pas la cause directe de l’accident, ou au moins une cause aggravante, vu que le car a chuté dans un ravin de 150 mètres.
On pourra toujours dire que le conducteur roulait trop vite, avait sommeil, ou a manqué d’attention au moment de l’accident, ou que l’autocar était surchargé et que son état mécanique était défectueux, mais la question de la responsabilité de la qualité de la route dans le nombre effroyable de victimes est légitime.
La construction de la route du Tichka a commencé en 1924, sur initiative du Général Daugan, dans le cadre de la campagne de “pacification” du Maroc, après la signature du traité de protectorat français en 1912.

Elle fut essentiellement utilisée pour transporter le matériel et les troupes militaires.
Les découvertes minières dans la région, ont incité le protectorat à trouver des solutions pour faciliter le transport du manganèse, et de baisser ainsi son coûts de revient. Deux solutions ont été étudiées : celle d’un téléphérique utilisé pour acheminer le précieux minerai d’un flanc à l’autre, ou celle d’un tunnel sous l’Atlas. La première solution fut adoptée et celle du tunnel temporairement abandonnée (même si selon certaines sources, le creusement avait déjà commencé).

En 1974, des études ont été réalisées pour la faisabilité d’un tunnel de 11 Km sous l’Atlas, réduisant la longueur du trajet de 25 Km et économisant 40 minutes. D’autres études ont suivi en 1996 et 2002 et 2004. mais ont connu toutes le même sort : moisir dans un tiroir.
Pour quelles raisons le projet a-t-il été remis aux calendes grecques? Si les italiens, suisses, français ou islandais ont parfaitement réussi des challenges aussi difficiles que la construction du tunnel du Mont Blanc, du Fréjus , du Simplon ou du Hvalfjörður, en quoi le tunnel de Tichka serait-il plus difficile à construire? La seule raison qui parait aujourd’hui freiner le projet, est son coût de financement. Il est estimé aujourd’hui entre 7 et 10 milliards de dirhams, soit entre le tiers et la moitié du coût projeté du TGV Tanger-Casablanca.
Nous vivons donc dans un pays qui s’efforce de trouver les moyens de financer un petit joujou pour le Maroc “utile”, mais bute sur le financement d’un ouvrage capable de changer l’avenir de millions de personnes vivant dans les régions “inutiles” de Deraa, Todgha et Dades. Cette dichotomie si chère au Maréchal Lyautey, continue donc de prévaloir chez les dirigeants du Maroc au 21ème siècle.

Les attentes des habitants de cette région sont énormes, et la construction d’un tel ouvrage constituerait une véritable révolution pour ses habitants, habitués à vivre à la marge du Maroc de “l’autre coté” de la montagne, celui où on jouit de leurs richesses sans véritable retour.

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Libellés : col de Tichka, grave accident, Maroc à deux vitesses, TGV, Tunnel
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