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mercredi 17 février 2010

Haarp, Glurp, Beuark… C’est un complot ! Cherchez l’erreur

par Ayman EL KAYMAN, Coups de dent  n°126, 16/2/2010
Le 13 janvier 2010, Haïti a été frappé par un tremblement de terre. Le 13 est un chiffre magique qui dénote la main d’une puissance occulte derrière le séisme. Ne cherchez pas, la puissance occulte, ce sont les USA, le Pentagone, et derrière eux, les Illuminati, et derrière ceux-ci, les…Envahisseurs (venus d’une planète non déterminée).
Avant Haïti, la puissance occulte a déclenché les tremblements de terre en Iran, en Turquie, en Chine, le tsunami en Asie du Sud-est, le cyclone Katrina et tous les autres cyclones qui ont ravagé la Caraïbe. La preuve ? Dans le ciel au-dessus des territoires frappés par les séismes, on a chaque fois vu les mêmes nuages colorés. Et ces nuages portent la signature… HAARP !
HAARP ? Non, ce n’est pas une interjection de personnage de BD. C’est l’acronyme du High frequency Active Auroral Research Project, un projet de recherche financé par le Pentagone, tellement obscur et incompréhensible pour les profanes qu’il alimente depuis des années tous les délires possibles. Un des objectifs de HAARP est de détecter les tremblements de terre. Certains ont vite fait d’en conclure qu’il peut les déclencher.
Je ne vous en dis pas plus. Il vous suffit de taper « haarp» sur Google et vous aurez le choix entre  630 000 pages. Ma préférée du moment est celle-ci : http://www.bibleetnombres.online.fr/haarp.htm dont voici un extrait pour vous allécher :


Cliquer sur l'image pour l'agrandir
Œil de l'ouragan Isabel le 12 Septembre 2003« Ce pentagramme inscrit à l'intérieur d'un cercle, dans l'œil de l'ouragan Isabel par la NASA en milieu de journée du 12 Septembre 2003 est à lui seul suffisamment explicite pour éveiller de justes inquiétudes sur la nature des temps que nous vivons sur le plan eschatologique. La taille de cette figure satanique est d'environ 70 kilomètres.
Il est donc salutaire de connaître la nature des nouvelles armes qui font l'objet d'expériences en grandeur réelle, la planète servant de laboratoire comme on nous y a habitués depuis l'invention de la bombe atomique. » (sic)
Que penser de ces délires ? J’avoue ma perplexité. Non pas que je ne croie pas le Pentagone capable des pires saloperies, mais j’ai du mal à suivre les délires des illuminés qui sévissent sur Internet et diffusent tous les bobards possibles, repris par des sites et blogs qui se veulent anti-impérialistes mais néanmoins sérieux.  De quoi fournir des armes aux « Voix de Son Maître » qui partent en guerre contre les « théories du complot ». « Main basse sur l’info », la dernière soirée Thema d’ARTE, le 9 février, présentée et préparée par le consternant Daniel Leconte, nous en a donné un exemple éclatant. Toute la soirée a consisté à nous asséner  qu’Internet était plein de fous furieux absolument pas crédibles, et qu’il fallait garder sa confiance à la « vraie » presse et aux « vrais » journalistes, du Spiegel à France2, en passant par Charlie Hebdo et autres Point.
À propos du tremblement de terre d’Haïti et du projet HAARP, une des plus grosses manipulations qui a circulé sur le Net n’émanait pas de blogueurs fous, mais du très respectable quotidien espagnol ABC. Celui-ci a titré faussement un article publié le 20 janvier 2010 Chávez acusa a EE.UU. de provocar el seísmo de Haití (Chávez accuse les USA d’avoir provoqué le séisme d’Haïti). L’article ne contenait aucune indication d’une quelconque déclaration de Chávez, mais se contentait de citer un article publié le 18 janvier sur le site de la télévision d’État vénézuélienne  vive,  "Terremoto experimental" de Estados Unidos devastó Haití (Un "tremblement de terre expérimental » des USA a ravagé Haïti), qui rendait compte d’un rapport émanant de la flotte russe et émettant des hypothèses sur la responsabilité du projet HAARP dans divers tremblements de terre. Petit détail : cet article n’était qu’une reprise d’une dépêche de l’agence de presse espagnole EFE. On peut se demander pourquoi ABC a jugé nécessaire de reprendre  la version vénézuélienne de cette « info » sans citer sa première source – russe et espagnole – et en l’attribuant à Chávez.
« Crois ce que tu vois et pas ce que tu entends », disait mon papa. Mais c’était dans des temps reculés, avant la télé et internet. Aujourd’hui, il dirait : « Crois ce que tu vois toi-même dans le ciel réel et pas dans des photos du ciel diffusées sur Internet »

Ayman El Kayman, délégué du FILCI (Front Intergalactique de Lutte contre la Conjuration des Imbéciles)

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à la semaine prochaine !

Le Maroc met la gomme contre le caricaturiste Khalid Gueddar

Par La Rédaction de Bakchich, 17/2/2010
Notre dessinateur Khalid Gueddar, condamné en novembre dernier à trois ans de prison avec sursis pour avoir représenté un membre de la famille royale marocaine, a été interdit de quitter le territoire à l’enclave espagnole de Ceuta.

En fait, Bakchich, sa rédaction et l’ensemble des dessinateurs de France et de Navarre qui l’ont soutenu dans son combat se sont trompés. Le Royaume enchanté du Maroc adore ses dessinateurs de presse et autres caricaturistes. Et la liberté d’expression dans son ensemble. Oubliées les remises au pas des journaux, la fermeture du Journal Hebdomadaire, le titre le plus abouti du pays, les condamnations qui volent bas sur les directeurs de publication et journalistes ou encore les plumitifs cisaillés dès lors qu’ils osaient tremper leur encre dans l’entourage du roi.
Oui, oui, promis, le califat chérifien adore ses gratte-papiers. Au point qu’il ne veut plus les voir s’exporter. Et Khalid Gueddar, notre caricaturiste a pu goûter les délices de cet amour.
Sa famille fut d’abord harcelée, aux touts débuts de Bakchich.info, pour les dessins drolatique que le gribouilleux produisait sur notre site. La DST marocaine ne trouvait pas les crobards à son goût. Puis ce fut l’avalanche de procès fin 2009 contre cet amoureux de la liberté que reste Khalid.
Des attaques pour diffamation, outrage au drapeau, à la famille royale que Bakchich a largement répercuté et médiatisé au début de l’automne. Des procédures qui ont finalement abouti à une condamnation à…3 ans de prison avec sursis. Bien déjà la preuve que le pouvoir de sa Grâcieuse Majesté Mohammed VI voulait conserver ce bijou de dessineux sur son sol…
Mais il n’est d’amour que des preuves d’amour. Et le Makhzen en a encore délivré une ce 16 février. Tout spécialement pour Khalid Gueddar. A la frontière marroco-espagnole, plus précisément aux abords de l’enclave de Ceuta, le caricaturiste de Bakchich s’est vu signifier une interdiction de sortir du territoire. Impossible de poser le pied en Espagne, et aucun moyen de discuter. Ni même d’obtenir une explication sur cet empêchement.
L’amour a ses raisons que le droit ou la liberté de la presse doivent ignorer…

mardi 16 février 2010

Justice pour le petit Élias torturé au centre de détention secrète de Témara !

Communiqué
Par Abderrahim Mouhtad, 14/2/2010

   La mère de l’enfant Elias EL MEJJATI a assigné en justice l’Etat marocain.  Le juge rapporteur a considéré que le dossier est prêt pour être mis en délibéré. Le verdict est prévu pour le mardi 16/02/2010 à 10h AM, salle 1 au Tribunal Administratif à Rabat. 
   L’affaire consiste à rendre justice à cet enfant qui a été kidnappé par les services secrets saoudiens le 23/03/2003. Il avait alors 10 ans et demi !!! Il a dû passer 3 mois en prison ! puis il a été,  secrètement déporté au Maroc le 20/06/2003 dans l’un des vols secrets de la CIA.  Aussitôt arrivé, il a été kidnappé par les services secrets marocains!   La nuit, les yeux bandés, il a été conduit au centre de détention  secrète de Témara où il a passé 9 mois de son enfance ! Malgré son jeune âge, il a subi des tortures physiques et morales dont il garde encore les séquelles : maladie psychiatrique, dérèglement hormonal…
   Pour  cette raison éminemment  humaine, nous interpellons toutes les Associations des droits de l’Homme, les organismes politiques et les médias afin  de soutenir Elias dont l’enfance a été volée/violée pour que justice soit rendue.
Casablanca: 14/02/2010
 بسم الله الرحمن الرحيم
توصلت جمعية النصير لمساندة المعتقلين الإسلاميين  بهذا البلاغ من والدة الطفل إلياس المجاطي.
بــــلاغ
           رفعت والدة الطفل إلياس المجاطي دعوى قضائية ضد الدولة المغربية. و لقد صدر قرار بالتخلي في هذا الملف يعني أنه أصبح جاهزا للحكم. و بعد شهر من المداولة  سيتم النطق بالحكم في جلسة يوم الثلاثاء 16 فبراير 2010 على الساعة 10 صباحا القاعة رقم 1 بالمحكمة الإدارية بالرباط.
           و تتمثل فصول هذه القضية في كون الطفل إلياس المجاطي الذي اختطفته المخابرات السعودية بالرياض يوم 23/03/2003. و كان عمره آنذاك 10 سنوات و نصف. و قبع في سجون المخابرات السعودية 3 أشهر و خاصة في سجن عليشة. و بعد ذلك تم ترحيله إلى المغرب يوم 20/06/2003 عبر إحدى رحلات السي آي إي السرية. و فور وصوله إلى أرض الوطن, اختطفته المخابرات المغربية حيث اقتيد ليلا معصب العينين إلى المعتقل السري بتمارة حيث قبع إلى غاية 17/03/2004 أي 9 أشهر. هنالك أذيق أنواعا من التعذيب النفسي و الجسدي رغم صغر سنه  مما أدى إلى إصابته بعدة أمراض يعاني منها إلى غاية الآن : مرض عقلي و خلل هرموني و ...
           وعليه فإننا نهيب بكل الجمعيات الحقوقية  والهيآت السياسية ووسائل الإعلام أن تقف إلى جانب الحقوق المشروعة لهذا الطفل الذي اغتصبت طفولته ونيل من براءته.
الدار البيضاء: 14 فبراير 2010

Dubaï lance des mandats d'arrêt contre 11 Européens soupçonnés du meurtre de Mahmoud Al Mabhouh

par Al Quds Al Arabi, 16/2/2010
altLa police de Dubaï a lancé des mandats d'arrêt internationaux contre onze Européens, dont une femme,  soupçonnés d'avoir tué Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh le 20 janvier dernier sur le territoire de l'émirat.

Un commando de 11 membres, tous munis de passeports européens, est soupçonné d'avoir assassiné le commandant du Hamas retrouvé mort le mois dernier dans un hôtel de luxe de Dubaï, a annoncé lundi le chef de la police de Dubaï, sans impliquer directement Israël.

L’émirat du Golfe a diffusé les photos, les noms, nationalités et numéros de passeports des 11 suspects. Les informations fournies par le général Dahi Khalfan Tamim constituent les accusations les plus détaillées portées par les autorités de Dubaï depuis la découverte du corps de Mahmoud al-Mabhouh le 20 janvier dernier dans la chambre d'un hôtel de luxe proche de l'aéroport international de Dubaï.


Le défunt a été traqué dès son arrivée à l’aéroport de Dubaï le 19 janvier dernier et les membres du commando ont été déguisés en tennismans et se sont rendus à différents hôtels de la région pour faire diversion.

La police de Dubaï a arrêté deux Palestiniens accusés d’avoir fourni une aide logistique aux assassins.

Le commando est arrivé à Dubaï par groupes et l’a quitté en 24 heures, le crime n’a pas duré plus de 20 minutes depuis l’entrée de Mabhouh à l’hôtel jusqu’à ce que ses meurtriers quittent l’hôtel.

L’Etat des émrats refuse, par la voix de Dahi Khalfan Tamim, que "son territoire soit utilisé pour régler des comptes quelles qu’en soient la nature, les causes et l’appartenance des éléments qui y sont impliqués".

Le mouvement Hamas a accusé les hommes du Mossad, le service du renseignement israélien, d'être derrière l'assassinat de Mahmoud al-Mabhouh, l'un des fondateurs de la branche armée du mouvement islamiste palestinien, les Brigades Ezzedine al-Qassam, et promis de venger sa mort.

D'après le général Tamim, il est possible que les "dirigeants de certains pays aient donné l'ordre à leurs agents du renseignement de tuer" ce leader du Hamas. Mais il n'a pas cité de pays.
Parmi les assassins présumés, six étaient munis de passeports britanniques, trois de passeports irlandais, un d'un passeport français et le dernier d'un passeport allemand, selon le chef de la police de Dubaï.

Il a décrit une opération hautement organisée, dont les auteurs avaient visiblement connaissance à l'avance des déplacements de la victime. Selon le général Tamim, les suspects ont réalisé toutes leurs dépenses en liquide et ont laissé des preuves derrière eux, mais il n'a pas donné de détails. Il a exhorté les pays liés aux assassins présumés à collaborer à l'enquête.

Les militantes de l'AMDH : combattantes de l'espoir

Par Ali Fkir, 14/2/2010

Les militantes de l'AMDH n'ont pas manqué leur rendez-vous national. Les différentes sections de l'AMDH ont désigné leurs représentantes à cette "rencontre nationale", qui a eu lieu au centre estival de la CNSS à Mohammedia. Les militantes sont venues de tous les coins du Maroc. Le programme était riche, variant et vivant.
L'après-midi du samedi 13 février: après l'allocution de la militante Khadija Ryadi (présidente de l'AMDH), les présentes ont discuté, critiqué, enrichi...les 5 exposés faits par des invités sur la condition des femmes marocaines....
Après le dîner, les militantes ont eu rendez-vous avec de la musique/chants engagés. Les militantes de l'AMDH ont tenu à rendre hommage au militant Abdelhamid Amine, ancien président de l'AMDH et actuellement vice-président. Elles ont tenu à rappeler/souligner son rôle déterminant dans le combat pour les droits de la femme et dans l'organisation de ce type de rencontres nationales.
Le dimanche matin, 14 février, les militantes, regroupées dans des ateliers, s'étaient penchées sur tous les aspects de la condition de la Femme en général et de la femme marocaine en particulier.
Les débats au sein des ateliers étaient très fructueux. Espérons qu'ils soient rendus publics dans un avenir proche.
Après le déjeuner les militantes se sont séparées après des embrassades émouvantes.
Bravo la femme marocain ! Bravo l'AMDH !
Signalons que pour la première fois des ouvrières et des ouvriers ont assisté en grand nombre à ce type de rencontres (de Tanger à Khouribga, en passant par Mohammedia). Rappelons que ce sont les travailleuses en général et les militantes communistes en particulier qui, pour la première fois à l'échelle planétaire, ont défendu la cause de la femme dans sa globalité, ont expliqué la précarité de sa condition par les rapports sociaux de production, par l'idéologie dominante, par l'ordre social, politique et juridique établi. Rappelons aussi que les combattantes communistes internationalistes étaient les premières à proposer une journée mondiale de la FEMME ( le 8 mars d'aujourd'hui), et cela en 1913.

Maroc: Le blogueur Bachir Hazzam libéré

Par Ibrahima Koné, Yabiladi.com, 14/2/2010
Reporters sans frontières (RSF) a accueilli avec soulagement, l’annonce de la libération du blogueur Bachir Hazzam. En revanche, RSF a dénoncé une fois de plus, le maintien en détention du propriétaire de cybercafé, Abdullah Boukfou et du blogueur Boubaker Al-Yadib, condamné récemment.
À l’issue du procès en appel de Bachir Hazzam et d’Abdullah Boukfou, le 8 février, leurs peines ont été réduites, respectivement à deux et huit mois de prison. Pour rappel, les deux personnes ont été condamnées le 15 décembre 2009 à quatre mois et à un an de prison ferme. Bachir Hazzam ayant déjà passé plus de deux mois en détention (incarcéré avant le procès du 15 décembre), a été libéré lundi soir.
"Si nous sommes soulagés de savoir Bachir Hazzam enfin libre, l’affaire ne s’arrête pas là : il doit être blanchi. La mobilisation doit continuer. Abdullah Boukfou va passer les six prochains mois en prison. Il doit être libéré au plus vite, tout comme le blogueur Boubaker Al-Yadib (…)" a déclaré l’organisation internationale pour la liberté de la presse et d'expression dans le monde.
S’agissant de Boubaker Al-Yadib, il a été condamné à 6 mois de prison et à 500 dirhams d’amende, par le tribunal de première instance de Guelmim pour "participation à une manifestation illégale", "dégradation des biens de l’Etat", et "atteinte à un agent de l’Etat".
Les trois "net-citoyens" ont été arrêtés pour avoir couvert et diffusé des informations sur des manifestations étudiantes du 1er décembre 2009 dans la ville de Taghjijte (200 km au sud d’Agadir).

Au Maroc il se vend plus de voitures que de livres...

Salon du Livre :  l’édition de loisir sinistrée
Par Nadia Belkhayat, L'économiste, 13/2/2010
· Activité peu rentable, faible production annuelle
· Le lectorat estimé à quelques milliers de personnes
·Un secteur appelé à se développer, avec le recul de l’analphabétisme
LE secteur du livre se porte mal, mais la situation est stationnaire depuis de nombreuses années. La tenue du 16e Salon international du livre et de l’édition est une occasion de dresser un état des lieux et de réfléchir aux moyens de redynamiser ce volet primordial de la culture et du développement humain.
Chaque année, le SIEL draine des milliers de visiteurs, qui viennent de Casablanca, mais aussi des autres villes, pour acheter des livres (ouvrages jeunesse, romans locaux ou importés, encyclopédies…).
Ce qui prouve que les Marocains s’intéressent au livre et qu’ils consacrent un budget à ce poste de dépenses. Bien entendu, le facteur prix joue un rôle primordial et ce sont les collections aux prix étudiés qui trouvent le plus facilement preneur. En tout cas, les libraires, éditeurs et distributeurs de livres, qu’ils soient locaux ou importés, seront présents en force, car c’est l’occasion rêvée pour booster un peu leurs ventes et être visibles sur cette grande fête du livre et de la lecture.
Malheureusement, le roman littéraire marocain est le parent pauvre du secteur, selon les professionnels. Il se vend difficilement et laborieusement, ce qui fait souffrir des éditeurs amoureux et passionnés du livre, qui poursuivent leurs efforts pour faire entrer le livre de loisir dans les habitudes de vie des Marocains, malgré les résistances…
C’est la même remarque que l’on entend auprès de tous les professionnels interrogés: «Les Marocains lisent de moins en moins, ils achètent très peu de livres», «Nous sommes dans une situation dramatique, où la lecture n’est pas du tout valorisée». D’après Bichr Bennani, patron de Tarik Editions, «il se vend au Maroc davantage de voitures que de livres». Pour lui, le constat est alarmant!
Il y aurait, d’après les professionnels, une trentaine d’éditeurs sur le marché, dont certains sortent régulièrement des ouvrages et d’autres seulement de manière épisodique. Une étude réalisée récemment a révélé que la production d’ouvrages au Maroc atteint les 2.000 titres par an, dont la moitié de romans et essais littéraires. C’est un très faible score en comparaison à d’autres pays. En France par exemple, la production de livres est très dynamique. Près de 60.000 titres y sont édités par an! En Angleterre, la production est encore plus prolifique (90.000 titres par an). Au Maroc, seulement quelques milliers de personnes par an achètent et lisent. Difficile d’estimer le chiffre exact. Et pourtant, le marché potentiel, (constitué de toutes les personnes capables de lire en français ou en arabe) est évalué à 7 ou 8 millions de personnes. Alors pourquoi ce désamour pour la lecture?
D’après Camille Hoballah, patron des éditions Afrique-Orient, «l’achat de romans est considéré comme un luxe, qui passe après de nombreux autres besoins». Bichr Bennani pour sa part estime que la majorité ne lit pas, préférant acheter des vêtements, bijoux ou accessoires de mode. D’après lui, la lecture n’est pas suffisamment valorisée. «Il faudrait qu’il y ait des campagnes d’encouragement à la lecture et que nos responsables se montrent en train de feuilleter des ouvrages dans des émissions télévisées».
Pour Abdelkader Retnani, patron des éditions «La Croisée des Chemins», il faudrait produire davantage d’émissions télévisées littéraires. En France, il y en aurait une trentaine, contre seulement une pour le Maroc.
Le manque de bibliothèques et de librairies est également mis en cause. Il y a trop peu de bibliothèques sur le territoire. Quant aux librairies, elles se comptent sur le bout des doigts. Même pas trente sur tout le territoire! La plupart des petites villes (Dakhla, Tétouan, Larache…) n’ont aucune librairie ou bibliothèque….
Le prix du livre en librairie peut bien évidemment constituer une barrière. Ainsi, d’après Nisrine Chraïbi, de la Librairie des Ecoles, la demande est presque nulle pour les livres à plus de 250 DH. Mais quand les prix varient entre 30 et 50 DH, il y a un marché. Et ça, quelques éditeurs l’ont bien compris, comme Le Fennec Editions par exemple, qui édite des collections à prix modérés, tout en sauvegardant un niveau de qualité satisfaisant. Ce dosage qualité/prix est parfois difficile à réaliser.
Pour ce qui est des tirages, ils ne dépassent pas 1.000 à 2.000 exemplaires par ouvrage édité. Des exemplaires qui s’écoulent en général laborieusement, après plusieurs années de présence en librairie. «L’édition de romans littéraires n’est pas rentable. C’est seulement pour une question de prestige que je suis encore présent sur ce marché», souligne Camille Hoballah d’Afrique-Orient.
Face à ces tristes constats, les éditeurs avancent des idées, qu’ils souhaiteraient voir se concrétiser. Ils proposent par exemple de construire des petites librairies ou bibliothèques, mitoyennes à chaque mosquée, sachant qu’il existe dans le pays 50.000 mosquées. Ils préconisent aussi d’encourager les enseignants à choisir eux-mêmes les romans à lire en classe, au lieu qu’ils leur soient imposés par le ministère de l’Education nationale. Enfin, ils proposent d’allouer aux communes un budget qui serait dédié à l’aménagement de petites bibliothèques au sein de leurs locaux… Les idées existent, maintenant, il faut qu’elles soient mises en pratique.
Pour François Larbre, responsable du bureau du livre au service de Coopération et d’Action culturelle de l’ambassade de France au Maroc, «avec le recul progressif de l’analphabétisme, le secteur du livre est appelé à se développer au Maroc. Tous les enfants aujourd’hui scolarisés sont de potentiels lecteurs». Selon lui, il est primordial de faire aimer la lecture aux plus petits. Car l’amour du livre doit se transmettre aux enfants dès leurs premières années de vie. François Larbre préconise donc de lire aux enfants des histoires avant de les faire dormir. Dès qu’ils apprennent l’alphabet, ils comprennent qu’ils peuvent lire par eux-mêmes ces belles histoires qui les font rêver. Et d’ajouter qu’il faut garder «une vision optimiste et volontariste, et rendre le livre présent dans les salons, les bibliothèques, les librairies, en expliquant aux parents que l’amour de la lecture s’apprend à la maison et pas uniquement à l’école». L’Institut français de Meknès organise dans ce sens un événement les 9, 10 et 11 avril prochain. Il s’agit du «Printemps des livres jeunesse de Meknès», dont le thème est «Lire pour apprendre, se former et s’ouvrir au monde». Pendant trois jours, des auteurs marocains et étrangers animeront des conférences et des séances de lecture destinées aux enfants de 7 à 12 ans et à leurs parents. Ils vont expliquer pourquoi et comment encourager la lecture dès le plus jeune âge et donner le goût de la lecture à l’enfant. Car, comme chacun sait, la lecture est un gage de développement intellectuel, humain et social et il ne faut surtout pas se priver de ce plaisir!

Le beau livre, un segment à risque…
PLUSIEURS éditeurs se sont lancés ces dernières années dans l’édition de beaux livres. La production de ces livres de luxe est estimée entre six et dix par an. D’après Abdelkader Retnani, patron des éditions La Croisée des Chemins, c’est une prise de risque car l’édition d’un beau livre coûte environ 500.000 DH (pour 1.000 à 1.500 exemplaires). Eleana Marchesani, patronne de Senso Unico Editions précise que le coût peut atteindre 800.000 à 1.200.000 DH, en fonction des matériaux utilisés et du nombre d’exemplaires imprimés. Si c’est un flop, l’éditeur perd donc beaucoup d’argent.
La plupart des éditeurs de beaux livres font donc appel aux sponsors et mécènes, qui leur achètent une partie des livres imprimés. En général, il s’agit d’ouvrages imprimés à l’étranger et les matériaux utilisés sont nobles: papier luxueux, soie blanche, cuir… De ce fait, les prix peuvent parfois être très élevés. Comme l’explique Eleana Marchesani, c’est un segment qui pourrait être rentable, à condition d’avoir des sponsors et de vendre la totalité les livres imprimés. En tout cas, de beaux thèmes y sont traités…

LE SACRE DE LA BETISE

Par Khalid Jamaï, 11/2/2010
Ils ont jailli en plein nuit, comme au temps des « années de plomb », années qui tendent à se transformer en « années d’acier » avec leur Dar Al Mokri (1) qui porte le nom de centre de Témara, cité dans les rapports de l’ONU, d’ Amnesty international et autres organisations des droits humains comme un lieu où l’on torture y compris pour le compte de la CIA.
Ils voulaient l’embarquer, lui le directeur du quotidien Arabophone « Akbar Al Youm », Tawfik Bouachrin.
Celui-ci commençait à peine à se remettre du procès que lui avait intenté le cousin du roi Mohamed VI, Moulay Ismail à cause d’une caricature qui aurait porté atteinte au « respect dû à un prince ».
Mr. Bouachrine refusa d’obtempérer.
Qu’à cela ne tienne.
On le cueillera le lendemain.
Et le voici interrogé par la police judiciaire.
Quel crime a-t-il encore commis ?
Et bien, il avait écrit dans un article « que Le Journal Hebdomadaire (2) avait vu le jour sous le règne du feu Hassan II, et a rendu l’âme sur le règne de Feu Mohamed VI ».
Erreur d’impression bien entendu.
Mais pour ceux qui ont commandité cette arrestation l’erreur est d’une gravité extrême, du fait qu’elle serait de nature à « porter la poisse » au souverain et qu’elle aurait été faite intentionnellement.
Incroyable et pourtant vrai.
Il faut dire que le bêtisier des responsables du « plus beau pays du monde » est plein à rebord.
Que l’on se rappelle « le procès de la pierre sacrée », les juges ayant considéré que tout matériel utilisé dans la construction d’un édifice royale, acquiert une sacralité !
Que l’on se rappelle aussi le procès de le « ammaria sacrée », espèce de plateau où l’on installe les mariés, la nuit des noces.
Que l’on se rappelle enfin que, sous le règne de Hassan II, un élève avait relaté dans sa rédaction, qu’i lavait rêvé que le monarque était mort. Le professeur fut effrayé à la lecture d’une telle « ignominie ». Il en informa le directeur lequel alerta les autorités et l’on vit débarquer au collège une brigade de la police politique. L’élève fut arrêté, interrogé d’une manière musclée, traduit en justice et condamné pour atteinte au respect dû au souverain car son rêve constituait un mauvais présage.
L’histoire est tout ce qu’il y a de vrai.
Sacré pays !
1- centre De torture sous le règne d’Hassan II
2- Hebdomadaire francophone qui a été mis en liquidation par les autorités marocaines car jugé « politiquement incorrecte »

lundi 15 février 2010

Sahara Occidental : l'assistanat, une soumission forcée

Par Diaspora sahraouie, 28/1/2010
La population marocaine est bombardée constamment avec des slogans sur le niveau de développement et de confort atteint dans ce qu’ils appellent "les provinces du sud", en allusion aux territoires occupés du Sahara Occidental.
Les citoyens marocains ont développé une imagination fantastique et comptent parmi les conteurs les plus doués. Chaque jour des histoires sont inventées et circulent vite. La bouche et les oreilles sont les organes les plus populaires et les plus utilisés. Écouter l’histoire inventée par le Makhzen, lui ajouter de petits détails qui manquent et en faire une deuxième édition pour la diffuser, l’autre fait de même et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on vous dise que la NASA va construire une station de lancement de fusées à El Aaiun à cause du vent qui y souffle et qui aide les fusées à partir vite dans l’espace.
En arrivant au territoire sahraoui, tout visiteur est immédiatement frappé par tous ces militaires, ces contrôles de police, de gendarmerie, jusqu’à ce qu’un sentiment d’inquiétude l’envahisse. Chaque lieu public a un garde en faction à l’entrée et les bonnes manières ne font pas partie de ses directives. En plus de la présence militaire, le Sahara enregistre une forte concentration de services de sécurité et de départements administratifs en tout genre.
Les agents de l’État ne sont pas issus des territoires sahraouis, et le déplacement de la population marocaine a été intense ces trois dernières décennies. El Aaiun a grandi à une vitesse effrénée grâce aux encouragements de l’État à travers les avantages fiscaux incitant les Marocains à s’y installer. Ceux-ci sont devenus les maîtres dans le tissu économique, notamment dans le secteur le plus rémunérateur, celui de la pêche.
Les Sahraouis ont assisté la rage au cœur à l’installation et l'enrichissement des Marocains alors qu’eux sont soumis à une politique d’assistanat, moyennant le budget dit de "Promotion Nationale", un système de distribution de la carte, dite “cartiya”, l’équivalent de 1350 DH. Un système qui a vite dérapé donnant lieu à des détournements et au favoritisme. Ainsi, les autorités locales mènent la belle vie aux frais de la population démunie.
Il y a aussi des subventions additionnelles appliquées à certaines denrées alimentaires : le sucre, la farine, l’huile et les hydrocarbures qui coûtent moins cher qu’au Maroc. Mais la quasi-totalité des produits subventionnés sont détournés par l’armée, responsable de sa distribution. Ainsi vous pouvez trouver de l’essence moins cher vendu à Agadir, en provenance d’El Aaiun.
La population locale a toujours été ignorée et marginalisée lors de la distribution des parcelles et de logement dont ont bénéficié les camps Al-Wahda qui abritaient les contingents embrigadés par Rabat pour être inclus dans les listes électorales pour le fameux référendum qui se trouve toujours dans la salle d’attente. La brochette de béni-oui-oui censée représenter la population sahraouie était occupée plus à s’enrichir qu’à défendre les intérêts de la population autochtone. Les activités économiques sont limitées à la pratique de la pêche, l’extraction du phosphate et le petit commerce, ce qui offre très peu de création d’emplois. En 34 ans d’occupation, le Makhzen a été occupé plus à consolider sa présence qu’à créer des infrastructures sociales et économiques.
Ainsi, les Sahraouis sont maintenus sous perfusion pour empêcher toute autonomie. Ceux qui osent s’exprimer contre l’occupation sont immédiatement radiés de la liste des bénéficiaires de cette subvention et seront condamnés à vivre de la solidarité de leurs proches et voisins. Ceux qui refusent de participer aux élections auront le même sort. Même les parents des jeunes qui participent aux manifestations et aux sit-in sont menacés de ne plus recevoir ce petit salaire de survie. Le colonisateur marocain a fait des Sahraouis des mendiants qui implorent la charité au lieu de construire pour eux des infrastructures à même de leur permettre de gagner leurs vies avec dignité et respect.
Pour dissimuler la spoliation démesurée des ressources sahraouies et le grand gâchis pratiqué, les moyens de propagande marocains ne cessent de répéter que le Sahara est devenu un fardeau lourd pour l’Etat. Ce qui est faux. Les prix des phosphates ont été multipliés presque par huit les derniers 14 mois. Le revenu annuel généré par les mines de phosphates situées au Sahara Occidental approche les 1,2 milliards $US. Pendant de nombreuses années, la tonne de minerai de phosphates valait environ 50 à 60 dollars sur le marché international. A la suite d’une demande mondiale en rapide augmentation, celle-ci approche maintenant les 400 dollars. Ces trois dernières années, la production annuelle de la mine de Boucraa a été d’environ trois millions de tonnes.
Le secteur marocain de la pêche maritime a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires de plus de 7,88 milliards de dirhams (985 millions de dollars). Rien que la pêche aux couteaux dans la ville de Dakhla apporte 200 tonnes en trois semaines, ce qui est horrifiant pour la population locale qui est obligée d’assister à une telle surexploitation de ses ressources sans pouvoir en profiter.

Le mouvement des sans droits de Casablanca continue avec détermination

Par Ali Fkir, 11/2/2010
Comme cela a été décidé au cours du rassemblement du samedi 6 février2010 (ayant eu lieu à la grande salle des meetings de la CDT), des dizaines de représentant-es (essentiellement des femmes) des habitant-es des quartiers populaires à logement insalubre, se sont retrouvé-es au siège central d'ANNAHJ Addimocrati (la Voie Démocratique) le mercredi 10 février 2010 pour débattre de la situation et élaborer le programme d'actions des jours à venir.
Au cours de cette réunion, les victimes de l'exclusion et des politiques de l'Etat, ont décidé:
- D'organiser un sit in de protestation devant l'Agence Urbaine de Casablanca (avenue Rachidi).
- D'organiser une marche populaire de protestation (le "Comité de Suivi" a été chargé de fixer et d'annoncer la date le moment venu).
- D'organiser un sit in au douar Skouila. Rappelons que ce douar est l'un des plus pauvres( sinon le plus pauvre) du grand Casablanca. Les victimes ont insisté à ce que soit organisé ce sit in, pour contrecarrer les tentatives de certains partis politiques (le parti de l'istiqlal, le RNI, le PAM...) qui ont essayé de briser le mouvement légitime des habitant-es. Selon les dires des habitant-es, ces politiciens venus d'ailleurs ont été obligés de rebrousser le chemin bredouilles.
Condamnons l'attitude de l'Etat
Dénonçons les magouilles des politiciens ayant leur part de responsabilité dans ce qui arrive aux masses populaires en général et aux sans logement de dignité en particulier.
Exprimons notre solidarité avec les sans droits de citoyenneté
Encourageons les mouvements contestataires: la lutte pour la dignité est un droit. C'est un devoir. Pas de droits sans lutte.

dimanche 14 février 2010

Le NPA soutient la lutte des 850 ouvriers licenciés

Communiqué du NPA 37
De Le Rebelle 83,10/2/2010
Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) d’Indre et Loire exprime son soutien inconditionnel à la lutte légitime des 850 ouvrier-e-s de la SMESI à Khouribga (Maroc), contre leur licenciement abusif et pour leur réintégration.
Les ouvrier-e-s de la SMESI ont été licenciés après avoir créé une section syndicale de l'Union Marocaine du Travail (UMT), ce qui est leur droit le plus élémentaire pour défendre leurs intérêts face à leur employeur: l'Office Chérifien des Phosphates, groupe étatique marocain qui domine le marché mondial du phosphate.
Le NPA 37 soutient la lutte des travailleurs pour leur réintégration, leur titularisation et le respect des droits et libertés syndicales; et dénonce l'attitude du pouvoir marocain qui use de son appareil répressif pour casser leur lutte légitime.

Opération Moshtarak : une nouvelle étape dans la tentative d’afghanisation de la guerre

L'éditorial de Basta ! 14/2/2010
L’Opération Moshtarak a été déclenchée le samedi 13 février à 4 heures du matin dans la province du Helmand par les forces d’occupation occidentales appuyées par des soldats et des policiers du régime fantoche de Kaboul. 15 000 hommes sont engagés, pour moitié occidentaux (US, Britanniques, Canadiens, Danois et Estoniens) et pour moitié afghans.
« Mosthtarak » signifie « ensemble » e
n  arabe et en langue dari, la variante afghane du persan. Le général de brigade britannique James Cowan, commandant de la 11ème Brigade légère, a déclaré lors du briefing précédant l’opération  :
« Je ne peux imaginer de meilleur nom pour décrire cette opération. Car nous sommes ensemble dans cette affaire : nous l’avons planifiée ensemble, nous la combattrons ensemble, nous allons la traverser ensemble. Afghans avec Alliés, soldats avec civils, le gouvernement avec son peuple. »
L’opération vise à reprendre le contrôle du chef-lieu de la province,  Lashgar Gah, au cœur de la vallée du fleuve Helmand, ainsi que de son hinterland. Le Helmand est un des bastions de la résistance afghane, qui a échappé au contrôle du régime de Kaboul depuis longtemps. Dans la propagande des Alliés, le but est de « nettoyer » la zone des « insurgés talibans » pour « restaurer l’autorité du gouvernement » de Kaboul et permettre la « reconstruction ».
Les troupes attaquantes se sont dans un premier temps heurtées à très peu de résistance, ce qui a semblé étonner leur commandement.  Celui-ci semble n’avoir toujours pas tiré les leçons de la guerre du Vietnam ni de celle d’Irak. La résistance a en effet appliqué un des principes de base de la guerre populaire : « l’ennemi attaque, nous reculons, l’ennemi se concentre, nous nous dispersons ».
Tombeau des empires, l’Afgahanistan le sera aussi  pour la tactique adoptée par Obama, McCrystal et Gordon Brown, « l’afghanisation » de la guerre, qui sera un échec cuisant. Tout aussi cuisant que l’avait été la « vietnamisation » de la guerre au Vietnam à parti de 1968. Il a fallu 15 ans aux occupants US pour essuyer une défaite stratégique au Vietnam. Il en faudra moins en Afghanistan.
FG

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MAROC • Le cauchemar des enfants d’islamistes

Ils ont en commun de vivre dans un bidonville et d’avoir un père incarcéré pour terrorisme. Humiliés et rejetés par la société, ils vivent avec la haine chevillée au corps.
Par Hicham Bennani, Le Journal hebdomadaire,11/2/2010
Les enfants du bidonville des carrières Thomas, en périphérie de Casablanca, vivent dans des conditions précaires. Mais, pour certains, la vie est plus dure que pour d’autres. En ce lieu qu’on appelle Kariane Toma, un grand nombre de présumés terroristes ont été arrêtés par la police, après les attentats de Casablanca du 16 mai 2003.
Selma Mouhim avait 5 ans lorsque son père, Abdelhak, a été arrêté à son domicile, puis condamné à trente ans de prison ferme. “Je m’en souviens comme si c’était hier”, témoigne la jeune fille aujourd’hui âgée de 12 ans. “Une vingtaine d’hommes en civil ont pénétré par la force dans la maison. En nous injuriant, ils nous ont demandé où était mon père. L’un d’eux m’a violemment frappée à la jambe.” 
Selma a continué de se rendre à l’école. “Les premiers mois, mes camarades m’insultaient et me traitaient de fille de terroriste, raconte-t-elle. Une institutrice m’a aussi reproché de porter le voile. On me disait : ‘Comment se fait-il que tu aies de très bonnes notes alors que tu es fille de terroriste ? Tu ne le mérites pas !’ Lorsque je rentre à la maison, je me réfugie dans le travail et je pleure. Je veux que l’innocence de mon père soit reconnue par la justice.”
Pour acheter leurs livres et leur matériel scolaire, les enfants de ceux qui ont été incarcérés après les attentats de Casablanca font avec les moyens du bord, car leurs familles ne perçoivent aucune aide. Et personne n’a le droit de leur porter assistance. “Nous sommes surveillés en permanence, les voisins sont solidaires, mais on leur passerait les menottes s’ils nous donnaient quoi que ce soit”, assure Khamissa Rtimi, sœur d’Abderazak Karaoui, condamné à trente ans de prison ferme. Sous prétexte que ces enfants sont “fils de terroristes”, ils ne bénéficient pas des mêmes avantages, déplore aussi Khamissa Rtimi. “Avant les attentats, la préfecture nous convoquait régulièrement pour nous donner de la nourriture, assure-­t-elle. Mais, depuis les condamnations, nous n’en bénéficions plus alors que nous faisons partie des habitants des bidonvilles les plus défavorisés du pays.” Naïma Karaoui habite aussi à Kariane Toma. Elle est l’épouse d’Abderazak Karaoui, qui purge sa peine à la prison de Kénitra. Cette femme de 50 ans est mère de sept enfants. L’un d’eux, Othman, 22 ans, a arrêté ses études. “Une enseignante le traitait d’enfant de terroriste. Il était pénalisé dans ses notes et ne supportait pas le regard de ses camarades”, raconte-t-elle.
“A l’entrée de la prison, une de mes filles a été dénudée dans une petite pièce et fouillée, assure Khamissa Rtimi. Les enfants sont traumatisés par la police. Ils ne peuvent pas voir un policier sans changer de trottoir.” 
“Un petit garçon dont je ne vous dirai pas le nom nous a dit : ‘Quand je serai grand, ma mission sera de tuer les policiers pour me venger !’” atteste Naïma Najari, mère d’Abdel­aziz Chafai, condamné à trente ans de prison. “Nos enfants ne peuvent que devenir des voyous, des terroristes et maudire l’Etat, vu ce que l’on nous inflige”, conclut Naïma Karaoui.
Rachid Mesli, directeur juridique du Forum Al-Karama, association de défense des droits de l’homme dans les pays arabes installée à Genève, partage cet avis. D’après lui, la situation concernant les enfants dont les pères sont incarcérés pour des liens avec des organisations terroristes serait la même dans tout le monde arabe. “Lorsque le principal soutien de famille est arrêté et détenu, les familles sont systématiquement marginalisées. Cela a des conséquences sur la situation matérielle de ces familles et engendre de graves problèmes pour la société”, constate Rachid Mesli, qui explique qu’une fois devenus adultes les enfants suivent les traces de leur père. Pour Fatiha Mejjati, veuve de Karim Mejjati, soupçonné d’être l’un des organisateurs des attentats de Madrid, tous ces enfants restés sans père sont de véritables “bombes à ­retardement”.

La MINURSO doit pouvoir contrôler le respect des droits de l'Homme au Sahara Occidental


Agissez pour la surveillance des droits de l’Homme au Sahara Occidental !
Publié par APSO, 14/2/2010
Merci beaucoup de vos efforts pour Aminatou Haidar, dont le retour à El Aaiun est, selon ses propres mots, une victoire pour "le droit international, pour les droits humains, pour la justice internationale ». La courageuse action d’Aminatou Haidar à Lanzarote a contribué à faire la lumière sur la terrible situation des droits de l'homme au Sahara occidental.
Maintenant que cette question qui a été ignorée pendant si longtemps a enfin été mise en lumière, nous devons profiter de l'élan et agir pour mettre fin aux violations des droits humains au Sahara Occidental occupé.
On s'inquiète particulièrement actuellement pour les 7 prisonniers d'opinion actuellement en attente de procès, et qui risquent la peine de mort à la suite à leur arrestation pour trahison : la visite à leurs familles et leurs amis dans les campements.
La surveillance indépendante du respect des droits de l’homme sera un outil clé dans la lutte contre les violations des droits humains.
La MINURSO, la mission de l'ONU au Sahara Occidental est la seule mission de maintien de la paix mais sans un mandat de surveillance des droits de l'Homme.
Les organisations de droits de l'Homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, aux côtés du Polisario ont demandé à plusieurs reprises la surveillance des droits de l'Homme dans la région. Cela a été bloqué par les autorités marocaines, la puissance occupante.
Le renouvellement du mandat de la MINURSO en avril fournit une occasion privilégiée de mettre ce mécanisme de surveillance en œuvre.
A vous d’agir !
1. Écrivez au Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon:
• En le remerciant pour son action dans le cas d'Aminatou Haidar et en le félicitant de ses commentaires sur la nécessité d'un règlement sur la question.
• En mettant l'accent sur les violations des droits humains contre ceux qui luttent pacifiquement contre l'occupation marocaine - en particulier le cas des 7 prisonniers de conscience en attente de jugement, qui risquent la peine de mort.
• Déclarez que la MINURSO est la seule mission de maintien de la paix sans mandat de surveillance des droits de l'Homme
• Faites appel à elle pour instaurer un mécanisme indépendant de surveillance des droits de l'Homme
• Insistez pour que le référendum qui inclut l’option d'indépendance soit mis en œuvre sans délai.
2. Assurez-vous que votre pays appuie surveillance des droits humains
Contactez vos députés et demandez-leur d'écrire à votre ministre des Affaires étrangères :
• Pour expliquer les atteintes aux droits de l'Homme contre les personnes qui s'opposent pacifiquement à l'occupation marocaine.
• Déclarez que la MINURSO est la seule mission de maintien de la paix sans mandat de surveillance des Droits de l'Homme
*Si votre pays est membre du Conseil de sécurité des Nations Unies : exigez que votre pays insiste sur la surveillance des droits de l'Homme, par la prorogation du mandat de la MINURSO, ou par un autre organe indépendant de surveillance.
* Si votre pays n'est pas membre du Conseil de sécurité: demandez que votre pays fasse une déclaration publique appelant à la surveillance des droits de l'Homme
Détails utiles
Le Conseil de sécurité
Les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU sont les suivants: Chine, France, Fédération de Russie, Royaume-Uni, États-Unis;
Les membres non permanents: Allemagne, Autriche, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Gabon,Japon, Liban, Mexique, Nigéria, Ouganda et la Turquie
L'adresse de Ban Ki Moon
The Honourable Ban Ki-Moon
Secretary General
760 United Nations Plaza
United Nations
New York, NY 10017
Si vous le pouvez, merci d’envoyer les copies de vos lettres et réponses à coordinator@wsahara.org.uk
Autres actions
Amnesty International mène actuellement 2 actions urgentes sur le Sahara occidental http://www.amnesty.org/en/library/info/MDE29/005/2010/en
http://www.amnesty.org/en/library/info/MDE29/004/2010/en
Plus d’informations
Amnesty International UNSC members should support independent human rights monitoring in Western Sahara and the Tindouf camps, 28 April 2009
Human Rights Watch Letter to the UNSC urging human rights monitoring in Western Sahara 17 April 2009
Exemple de lettre à Ban ki Moon
Monsieur Ban Ki-Moon,
Nous, signataires de ce courrier, vous remercions de vos efforts, qui ont permis à la défenseure des droits de l’homme Aminatou Haidar de rentrer dans son pays auprès de ses enfants, après avoir été interdite d’entrée dans son pays par les autorités marocaines. Nous sommes satisfaits de ce que pour une fois dans la question du Sahara Occidental, la justice et le droit international aient prévalus.
Mais nous savons que cela ne constitue pas la fin des violations des droits de l’Homme dirigés contre ceux qui s’opposent à l’occupation marocaine du Sahara Occidental. Aminatou Haidar n’est qu’une des nombreuses victimes des violations des droits de l’Homme. D’autres défenseurs sahraouis des Droits de l’Homme sont prisonniers d’opinion, détenus dans des conditions inacceptables et soumis à des abus condamnés par le droit international, quand d’autres vivent dans la peur constante d’arrestations arbitraires et de torture.
La MINURSO est la seule mission de maintien de la paix onusienne contemporaine sans mandat pour surveiller le respect des droits de l’Homme. L’évidence de la nécessité de cette compétence ne peut plus être ignorée maintenant. Il est indispensable d’élargir le mandat de la MINURSO à l’observation des droits de l’Homme.
Nous pensons que sans cette extension du mandat de la MINURSO, le peuple sahraoui ne pourra pas voter lors d’un référendum d’autodétermination, libre et équitable, qui est leur droit selon le droit international.
Nous demandons que l’observation des droits de l’Homme devienne un des mandats de la MINURSO, lors de son renouvellement en avril 2010, afin que les Nations Unies s’acquittent de leurs obligations dans l’organisation du référendum d’autodétermination pour résoudre définitivement le conflit du Sahara Occidental.
Sincères salutations.

Le MODEM sélectionne l'attaquant Chamakh en 13ème position

Le MODEM-Centre, le parti démocrate-chrétien de François Bayrou, a sélectionné l'international de football Marouane Chamakh, qui figurera en 13ème position (donc non éligible) sur sa liste aux élections régionales du 14 mars en Aquitaine. Après le Lyonnais d'origine algérienne Azouz Begag en Rhône-Alpes, le MODEM continue son ouverture aux basanés, dans l'espoir de recueillir des voix dans l'électorat d'origine maghrébine.
Marouane Chamakh, né à Aiguillon, dans le Lot-et-Garonne, en 1984, est entré chez les Girondins à l'âge de 16 ans; Il a poursuivi une carrière ascendante comme attaquant du club bordelais, tout en jouant dans les Lions de l'Atlas en 2003-2004, où il portait le n°17. Actuellement en tractations avec Arsenal et Liverpool, il aurait opté pour le club londonien, qui lui proposerait un salaire hedomadaire de 70 000 € pour les cinq années à venir. Arsène Wenger a démenti cette information mardi après-midi.

Chamakh, du centre de l'attaque à celui de l'échiquier politique

AFP, 13.02.2010, 10h12
Jouant en pointe au centre de l'attaque des , champions de de , le Franco-Marocain Marouane Chamakh a choisi de rejoindre celui de l'échiquier politique en s'associant à la liste du MoDem Jean Lassalle pour les régionales en Aquitaine.
La rencontre entre les deux hommes est intervenue il y a une quinzaine de jours et très vite le courant est passé entre Lassalle "le montagnard et moi le campagnard", a confié le l'un des joueurs-vedette de Bordeaux, qui a acquis une exploitation agricole à Aiguillon (Lot-et-Garonne), où travaille son père.
"J'ai eu avec Jean un accueil authentique. C'est plus sa personne qui m'a plu", a reconnu Chamakh, né à Tonneins (Lot-et-Garonne) il y a 26 ans, puis formé aux Girondins, qu'il devrait quitter la saison prochaine après dix ans pour rejoindre un club anglais.
"Sans vouloir dénigrer les autres candidats, je pense qu'il est le plus franc, le plus sincère", a poursuivi le joueur de la sélection nationale marocaine, dont Jean Lassalle a vanté le parcours.
"Rien n'a été facile pour lui, comme pour moi", a déclaré le député MoDem des Pyrénées-Atlantiques lors de la présentation à la presse devant un parterre de journalistes dignes des grandes rencontres de football.
Jean Lassalle a rappelé que le père de Marouane Chamakh est arrivé en France en provenance du Maroc après un passage par le Portugal et qu'il lui a fallu se battre pour trouver sa place.
"Dès notre première rencontre quand il a parlé de sa vie, il m'a fait penser à moi", a poursuivi le meilleur buteur des Girondins, pour qui la décision de rejoindre les joutes politiques ne s'est pas faite sur "un coup de tête".
S'il n'a "pas le sentiment de prendre un engagement politique - pour la politique il faut demander à Jean", a-t-il dit en souriant, le Bordelais a dit être "un citoyen" et "croire à certaines valeurs" comme "le respect et la solidarité".
La solidarité et l'engagement, Marouane Chamakh en a déjà fait preuve en parrainant l'association "1001 sourires" pour laquelle il n'hésite pas à motiver quelques-uns de ses équipiers afin de venir en aide aux enfants défavorisés du Maroc.
Quand on l'interroge sur le danger d'être une caution de la liste "Forces Aquitaine" - où il figure en 13e position (non éligible) - en direction des populations issues de la diversité, Chamakh assure n'être "absolument pas instrumentalisé".
"J'ai des convictions et je voudrais rendre ce dont j'ai bénéficié, notamment du conseil régional d'Aquitaine, quand j'étais jeune", a-t-il fait valoir en évoquant notamment ses trajets entre Aiguillon, sa ville, et Bordeaux.
"Maintenant si je peux apporter une petite valeur ajoutée...", conclut-il avant de rougir quand l'élu béarnais vante à son propos l'"excellent exemple d'une réussite", "un homme pétri d'humanité et de réflexion".
Un Jean Lassalle qui a décidé de faire appel à plusieurs sportifs pour constituer sa liste pour les régionales de mars, avec entre autres François Gelez, le joueur de rugby d'Agen, et Thierry Gadou, l'ancien joueur de Pau-Orthez (basket-ball).