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mardi 16 février 2010

Maroc: Le blogueur Bachir Hazzam libéré

Par Ibrahima Koné, Yabiladi.com, 14/2/2010
Reporters sans frontières (RSF) a accueilli avec soulagement, l’annonce de la libération du blogueur Bachir Hazzam. En revanche, RSF a dénoncé une fois de plus, le maintien en détention du propriétaire de cybercafé, Abdullah Boukfou et du blogueur Boubaker Al-Yadib, condamné récemment.
À l’issue du procès en appel de Bachir Hazzam et d’Abdullah Boukfou, le 8 février, leurs peines ont été réduites, respectivement à deux et huit mois de prison. Pour rappel, les deux personnes ont été condamnées le 15 décembre 2009 à quatre mois et à un an de prison ferme. Bachir Hazzam ayant déjà passé plus de deux mois en détention (incarcéré avant le procès du 15 décembre), a été libéré lundi soir.
"Si nous sommes soulagés de savoir Bachir Hazzam enfin libre, l’affaire ne s’arrête pas là : il doit être blanchi. La mobilisation doit continuer. Abdullah Boukfou va passer les six prochains mois en prison. Il doit être libéré au plus vite, tout comme le blogueur Boubaker Al-Yadib (…)" a déclaré l’organisation internationale pour la liberté de la presse et d'expression dans le monde.
S’agissant de Boubaker Al-Yadib, il a été condamné à 6 mois de prison et à 500 dirhams d’amende, par le tribunal de première instance de Guelmim pour "participation à une manifestation illégale", "dégradation des biens de l’Etat", et "atteinte à un agent de l’Etat".
Les trois "net-citoyens" ont été arrêtés pour avoir couvert et diffusé des informations sur des manifestations étudiantes du 1er décembre 2009 dans la ville de Taghjijte (200 km au sud d’Agadir).

vendredi 18 décembre 2009

Nouveau coup dur pour la liberté d’expression au Maroc

par Léa-Lisa Westerhoff, RFI,Rabat, 17/12/2009
Mardi, un blogueur et un propriétaire d’un café Internet ont été condamnés respectivement à quatre mois et un an de prison ferme pour « diffusion de fausse information portant atteinte à l’image du royaume concernant les droits de l’homme ». Mercredi, Reporter sans frontières dénonçait une régression de la liberté d'expression sur le net ces derniers mois.
Les deux personnes ont été directement envoyées en prison. En un an et demi, c’est la cinquième fois qu’un blogueur est condamné à une peine de prison. À chaque fois, pour diffamation de la famille royale ou publication de fausses informations. Les délits sont passibles de trois mois à cinq ans de prison, selon le code de la presse marocain.
Concernant le dernier accusé, Bachir Hazzam, il a été arrêté après avoir publié sur son blog un communiqué diffusé par des étudiants. Les jeunes y dénonçaient la répression musclée selon eux, d’une manifestation d’étudiants à 200 km au sud d’Agadir. Le propriétaire du café internet, est, pour sa part, accusé d’avoir envoyé des informations et des photos sur ces mêmes manifestations.
Pour l’association Reporters sans frontières, ces condamnations révèlent, une fois de plus, que la liberté d’expression s’arrête dès que l'on critique les autorités. Il est vrai que la blogosphère marocaine est particulièrement dynamique et renvoie régulièrement les autorités à ce qu’elles sont capables de tolérer ou non.
Pourtant, il y a un an le Maroc a proposé un plan pour améliorer l’accès à internet dans le pays. En janvier dernier, le roi Mohamed VI avait appelé les ministres de l’Information des pays islamiques à a adopter un discours médiatique rénové et objectif.
Ces signes d’ouverture n’ont pas pour autant réglé le débat sur l’intérêt de punir par la prison des actes de diffamation.