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jeudi 15 juillet 2010

Haïti : Chapeau de paille et chemise rouge ils refusent Monsanto

Petite leçon des crève-la-dalle d’Haïti, qui préfèrent envoyer bouler le géant des OGM Monsanto que se soumettre à leurs diktats génétiques. 
Un tremblement de terre !
Par Fabrice Nicolino, Bakchich, 13/7/2010
Dément. Sublime. Les mots sont pauvres, et trop souvent lus, hélas. Dément. Sublime. J’ai devant les yeux la photo d’une foule de paysans haïtiens, chapeau de paille sur la tête et chemise rouge au torse, réunis à l’appel du Mouvman Peyizan Papay (MPP). Le mouvement des paysans de Papaye, en créole de l’île. Combien sont-ils sur cette place de Hinche, dans la région du plateau central d’Haïti ? Des milliers. Et que veulent-ils, eux, les gueux absolus de notre planète malade ? Ils ne veulent rien.
Ils refusent, sans discuter, sans transiger, comme on jette un crachat à qui vient de vous insulter. Ils refusent, ils refusent un « don » de la transnationale Monsanto, celle de l’« agent orange » dispersé sur le Vietnam des années 60, celle de toutes les manoeuvres en coulisse, celle des OGM et des contrats léonins imposés aux paysans de la terre entière.
Leçon haïtienne
On ne sait pas toute la vérité sur cette offrande « philanthropique ». Un point semble acquis : c’est en janvier dernier, au Forum mondial de Davos – juste après le tremblement de terre qui a tué 250 000 personnes –, que la décision aurait été prise. Le patron de Monsanto, Hugh Grant, et son vice-président, Jerry Steiner, auraient eu l’idée d’une aide « désintéressée » de 475 tonnes de semences destinées aux paysans. OGM ou non ? Monsanto jure que non. Le ministère haïtien de l’Agriculture assure de son côté avoir bloqué un envoi de semences génétiquement modifiées. Mais le sens profond de cette histoire est, de toute façon, ailleurs. Les paysans si pauvres de Hinche ont brûlé en place publique des semences Monsanto parce qu’elles étaient des hybrides. Ce qui signifie qu’elles perdent d’une année sur l’autre une bonne part de leurs qualités. Il faut donc en racheter, sans fin. Que les semences américaines aient été OGM ou non est, dans ces conditions, secondaire. Monsanto, comme elle le fait partout où elle le peut, a tenté, par le biais humanitaire, de s’implanter dans un pays dévasté, qui compte à ce jour 1,3 million de sans-abris solides. Ceux de Hinche ont simplement compris la loi réelle qui régit les hommes, et envoyé se faire foutre la surpuissante compagnie du Nord. Cessons d’avoir peur du moindre mot. Se faire foutre, oui. Notre Occident, gavé d’objets matériels, ivre de technologie, sourd aux craquements de la crise écologique, semble désormais incapable de la moindre rupture. Nous pérorons, nous mimons des scènes 1 000 fois jouées. Sarkozy, DSK , Aubry, Bayrou ? Ceux de Hinche se battent.


Signez la pétition des Cyber@cteurs : Solidarité Maroc du 11/6/2010 
"Le cadeau empoisonné..."

vendredi 11 juin 2010

Le cadeau empoisonné fait à HaÏti par les Etats Unis

Cyber @ction N°361 : Haïti manifeste contre le séisme Monsanto 
Par Alain Uguen,Association Cyber @cteurs et Nadège Le Mabec, Combat Monsanto, 10/6/2010
Un seul clic suffit :
Le vendredi 4 juin, entre 8 et 12 000 paysans haïtiens se sont réunis à Hinche au centre du pays pour protester contre le gouvernement haïtien à qui ils reprochent de distribuer des semences hybrides de la firme multinationale Monsanto.
L'introduction de semences hybrides entrainera une dépendance accrue des paysans vis à vis de Monsanto, puisque les semences hybrides produisent des grains qui ne sont pas réutilisables. Les semences doivent donc être rachetées tous les ans aux firmes semencières en l’occurrence Monsanto. De plus, les paysans devront y associer des engrais de synthèse et des pesticides. Ce don constitue donc une opération commerciale juteuse pour Monsanto qui aurait un retour sur investissement rapide grâce à ces ventes.
Jean Baptiste Chavannes, coordinateur de du mouvement Paysan Papay (MPP) souligne les menaces pour la biodiversité et les semences locales qui pourraient être amenées à disparaitre du fait de l’introduction de semences hybrides. Le don de Monsanto est « une attaque contre l’agriculture paysanne, contre les fermiers, contre la biodiversité, contre les semences locales, contre ce qui reste de notre environnement en Haïti […] Nous devons nous battre pour nos semences locales »
« Les Etats Unis doivent nous aider à produire, mais pas en nous donnant de la nourriture et des semences. En faisant cela, ils sont en train de ruiner nos chances d’être autosuffisants » conclut Jonas Duronzil, paysan haïtien travaillant au sein de la coopérative paysanne de la région des Verettes.
Nous vous proposons de faire connaître notre soutien aux agriculteurs haïtiens
Alain Uguen,Association Cyber @cteurs et Nadège Le Mabec, Combat Monsanto
COMMENT AGIR ?
Cette cyber @ction est signable en ligne
Par cette action, vous ferez connaître votre opinion aux ambassadeurs d'Haîti et des Etats Unis à Paris, à Monsanto France et à Cyber @cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.Contenu de la lettre :
Monsieur l'Ambassadeur des Etats Unis en France
Monsieur l'Ambassadeur d'Haïti en France
copie à Monsanto France
Par la présente, je tiens à m'associer à la protestation des agriculteurs haîtiens contre les dons de semences par la firme Monsanto qui affirme sur son site que l'opération est financée par le Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis.
« Les Etats Unis doivent nous aider à produire, mais pas en nous donnant de la nourriture et des semences. En faisant cela, ils sont en train de ruiner nos chances d’être autosuffisants » conclut Jonas Duronzil, paysan haïtien travaillant au sein de la coopérative paysanne de la région des Verettes.
Veuillez agréer, Monsieur l'Ambassadeur, l'expression de mes salutations distinguées.
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Haïti manifeste contre le séisme Monsanto
http://www.combat-monsanto.org/spip.php?article651&var_mode=calcul
Dans le cadre du programme Winner, une initiative de l’agence publique américaine d’aide au développement USAID, Monsanto a déclaré donner 475 tonnes de semences hybrides de mais et de légumes à Haïti. Le ministère de l’agriculture haïtien a accepté ce « cadeau ». Au moins 130 tonnes de semences hybrides ont déjà débarquées sur l’île. [1]
Les semences hybrides sont des semences obtenues par croisements en vue d’augmenter les rendements, l ’utilisation d’engrais de synthèse et de pesticides y est associée. Ces semences hybrides produisent des grains qui ne sont pas réutilisables car cette semence de seconde génération a perdu ses caractéristiques Les semences doivent donc être rachetées tous les ans aux firmes semencières en l’occurrence Monsanto. Ce don constitue donc une opération commerciale juteuse pour Monsanto qui aurait un retour sur investissement rapide grâce à ces ventes.
Voila l’une des raisons pour lesquelles, les paysans haïtiens dénoncent vivement ce « don » comme étant un nouveau séisme pour le pays. Cette crainte est aussi relayée par des organisations paysannes ou environnementales à travers le monde.
Les paysans alertent sur les conséquences
Jean Baptiste Chavannes, coordinateur de du mouvement Paysan Papay (MPP) souligne les menaces pour la biodiversité et les semences locales qui pourraient être amenées à disparaitre du fait de l’introduction de semences hybrides. Le don de Monsanto est « une attaque contre l’agriculture paysanne, contre les fermiers, contre la biodiversité, contre les semences locales, contre ce qui reste de notre environnement en Haïti […] Nous devons nous battre pour nos semences locales »
Cela conduirait indéniablement à une dépendance accrue des paysans haïtiens vis-à-vis de Monsanto. Selon Chavannes "Le gouvernement haïtien utilise le séisme pour vendre le pays aux multinationales".
Un « Cheval de Troie » ? [2] Dans un premier temps l’offre de Monsanto au ministère de l’agriculture haïtien était un don de semences OGM. Haïti n’a aucune loi réglementant leur utilisation, par conséquent le ministère de l’agriculture a décliné cette offre.
Néanmoins, l’absence de loi encadrant la culture d’OGM n’a pas toujours été un obstacle pour Monsanto à l’introduction de ses OGM. La Via Campesina au Brésil nous rappelle que dans les années 90, Monsanto a initié un marché de contrebande de semences et ainsi introduit clandestinement des semences OGM au Brésil [3] . Autre pays d’Amérique Latine, la Paraguay a connu le même sort, ces deux pays sont aujourd’hui respectivement 2ème et 7ème producteur d’OGM au monde [4] .
On peut donc légitimement craindre au vue de l’historique de Monsanto que ce « don » constitue une étape vers l’introduction future d’organismes génétiquement modifiés.
Des solutions existent
Au cours de cette journée, les manifestants vêtus de chemises rouges et des chapeaux de paille ont dénoncé l’action de leur gouvernement et de la firme Monsanto à coups de « A bas Monsanto » ou encore « A bas Préval » chef de l’actuel gouvernement haïtien. Au terme de leur marche et pour témoigner de leur opposition et de leur refus du cadeau empoisonné de Monsanto, ils ont brulé des graines de mais hybrides de Monsanto.
Pour voir des photos de la manifestation.
http://www.viacampesina.org/en/index.php?option=com_content&view=frontpage&Itemid=1
Les manifestants ont aussi symboliquement semé des grains de mais créoles pour témoigner de leur attachement aux semences locales véritable clé de voute de la souveraineté alimentaire du pays. Il y a moins de 30 ans, Haïti produisait 81% de sa nourriture et exportait même les surplus de riz. Les paysans haïtiens savent ce qu’ils doivent faire pour restaurer la souveraineté alimentaire du pays. Haïti doit pouvoir « définir ses propres politiques agricoles. Ces politiques doivent développer une agriculture vivrière pour nourrir les familles puis les marchés locaux, cultivant des produits sains dans le respect de l’environnement » selon Chavannes.
« Les Etats Unis doivent nous aider à produire, mais pas en nous donnant de la nourriture et des semences. En faisant cela, ils sont en train de ruiner nos chances d’être autosuffisants » conclut Jonas Duronzil, paysan haïtien travaillant au sein de la coopérative paysanne de la région des Verettes.
Pour plus d’infos
Consultez le site de la Vía campesina
Source : Combat Monsanto, le 7 juin 2010
[1] Thalles Gomes, « Haiti : Monsanto et le programme Winner »
http://www.combat-monsanto.org/spip.php ?article642&var_recherche=haiti
[2] Jérôme Brisson, Le futur agricole d’Haiti selon l’américain Monsanto », Rue 89
http://www.combat-monsanto.org/spip.php ?article646&var_mode=calcul
[3] http://www.viacampesina.org/sp/index.php ?option=com_content&view=article&id=1027:haiti-marcha-contra-monsanto-y-por-la-soberania-alimentaria&catid=47:no-a-las-transnacionales&Itemid=80
[4] Lire aussi « L’introduction clandestine des OGM au Brésil et au Paraguay », http://www.combat-monsanto.org/spip.php ?article36&var_recherche=paraguay
la réponse de Monsanto
http://www.monsanto.fr/actualites/2010/detail_actualite78.asp

mercredi 17 février 2010

Surréaliste : des bulles pour l'ambassadeur en Haïti !

 Par Laurent Macabies, Bakchich, Port au Prince, 16/2/2010
Scène surréaliste en Haïti. Au beau milieu des décombres de l’ambassade de France, les secouristes dépêchés sur place ont mené à bien une mission périlleuse : sauver le champagne de notre beau pays.
« Comment expliquerions-nous à des familles que leur fils ou époux est mort en sauvant du vin, du champagne ou du whisky ? » Le 29 janvier, devant le regard indigné des médecins et infirmiers du Samu 21 de Dijon détachés à Port-au-Prince, une dizaine de sapeurs-pompiers « spéléos » spécialistes des décombres, ont mené une dernière opération de sauvetage avant de regagner leurs pénates. Objectif : la cave de monsieur l’ambassadeur français !
Une opération risquée à cause de l’instabilité du bâtiment mais drôlement bien organisée : deux secouristes ont été envoyés dans les ruines, pendant qu’une dizaine réceptionnait le butin. Le « trésor » méritait bien cette attention particulière. La cave de l’ambassadeur Didier Bret abritait des dizaines de caisses de champagne, cognac, whisky et grands vins.
L’État français ne perd pas une occasion de choyer ses représentants. 

Dans son dernier numéro, Le Canard Enchaîné (10/02) décrit une autre mission de sauvetage réussie, cette fois par Arno Klarsfeld.
chat perché
Envoyé par Matignon en Haïti pour « identifier les problèmes prioritaires à résoudre », l’avocat est rentré au bout de quinze jours avec Voltaire, le chat du numéro deux de l’ambassade, Christophe Quentel. Le haut fonctionnaire et sa famille avaient dû quitter l’île à la hâte, en laissant le félin.
D’après Klarsfeld, contacté par Le Canard, « Voltaire manquait cruellement à sa petite fille de 5 ans ». 
Cette fois, c’est le pinard miraculé qui a pu être transporté, sous bonne escorte, dans les locaux de l’état-major de la cellule de crise… Ouf, les soirées de monsieur l’ambassadeur sont sauvées.

Haarp, Glurp, Beuark… C’est un complot ! Cherchez l’erreur

par Ayman EL KAYMAN, Coups de dent  n°126, 16/2/2010
Le 13 janvier 2010, Haïti a été frappé par un tremblement de terre. Le 13 est un chiffre magique qui dénote la main d’une puissance occulte derrière le séisme. Ne cherchez pas, la puissance occulte, ce sont les USA, le Pentagone, et derrière eux, les Illuminati, et derrière ceux-ci, les…Envahisseurs (venus d’une planète non déterminée).
Avant Haïti, la puissance occulte a déclenché les tremblements de terre en Iran, en Turquie, en Chine, le tsunami en Asie du Sud-est, le cyclone Katrina et tous les autres cyclones qui ont ravagé la Caraïbe. La preuve ? Dans le ciel au-dessus des territoires frappés par les séismes, on a chaque fois vu les mêmes nuages colorés. Et ces nuages portent la signature… HAARP !
HAARP ? Non, ce n’est pas une interjection de personnage de BD. C’est l’acronyme du High frequency Active Auroral Research Project, un projet de recherche financé par le Pentagone, tellement obscur et incompréhensible pour les profanes qu’il alimente depuis des années tous les délires possibles. Un des objectifs de HAARP est de détecter les tremblements de terre. Certains ont vite fait d’en conclure qu’il peut les déclencher.
Je ne vous en dis pas plus. Il vous suffit de taper « haarp» sur Google et vous aurez le choix entre  630 000 pages. Ma préférée du moment est celle-ci : http://www.bibleetnombres.online.fr/haarp.htm dont voici un extrait pour vous allécher :


Cliquer sur l'image pour l'agrandir
Œil de l'ouragan Isabel le 12 Septembre 2003« Ce pentagramme inscrit à l'intérieur d'un cercle, dans l'œil de l'ouragan Isabel par la NASA en milieu de journée du 12 Septembre 2003 est à lui seul suffisamment explicite pour éveiller de justes inquiétudes sur la nature des temps que nous vivons sur le plan eschatologique. La taille de cette figure satanique est d'environ 70 kilomètres.
Il est donc salutaire de connaître la nature des nouvelles armes qui font l'objet d'expériences en grandeur réelle, la planète servant de laboratoire comme on nous y a habitués depuis l'invention de la bombe atomique. » (sic)
Que penser de ces délires ? J’avoue ma perplexité. Non pas que je ne croie pas le Pentagone capable des pires saloperies, mais j’ai du mal à suivre les délires des illuminés qui sévissent sur Internet et diffusent tous les bobards possibles, repris par des sites et blogs qui se veulent anti-impérialistes mais néanmoins sérieux.  De quoi fournir des armes aux « Voix de Son Maître » qui partent en guerre contre les « théories du complot ». « Main basse sur l’info », la dernière soirée Thema d’ARTE, le 9 février, présentée et préparée par le consternant Daniel Leconte, nous en a donné un exemple éclatant. Toute la soirée a consisté à nous asséner  qu’Internet était plein de fous furieux absolument pas crédibles, et qu’il fallait garder sa confiance à la « vraie » presse et aux « vrais » journalistes, du Spiegel à France2, en passant par Charlie Hebdo et autres Point.
À propos du tremblement de terre d’Haïti et du projet HAARP, une des plus grosses manipulations qui a circulé sur le Net n’émanait pas de blogueurs fous, mais du très respectable quotidien espagnol ABC. Celui-ci a titré faussement un article publié le 20 janvier 2010 Chávez acusa a EE.UU. de provocar el seísmo de Haití (Chávez accuse les USA d’avoir provoqué le séisme d’Haïti). L’article ne contenait aucune indication d’une quelconque déclaration de Chávez, mais se contentait de citer un article publié le 18 janvier sur le site de la télévision d’État vénézuélienne  vive,  "Terremoto experimental" de Estados Unidos devastó Haití (Un "tremblement de terre expérimental » des USA a ravagé Haïti), qui rendait compte d’un rapport émanant de la flotte russe et émettant des hypothèses sur la responsabilité du projet HAARP dans divers tremblements de terre. Petit détail : cet article n’était qu’une reprise d’une dépêche de l’agence de presse espagnole EFE. On peut se demander pourquoi ABC a jugé nécessaire de reprendre  la version vénézuélienne de cette « info » sans citer sa première source – russe et espagnole – et en l’attribuant à Chávez.
« Crois ce que tu vois et pas ce que tu entends », disait mon papa. Mais c’était dans des temps reculés, avant la télé et internet. Aujourd’hui, il dirait : « Crois ce que tu vois toi-même dans le ciel réel et pas dans des photos du ciel diffusées sur Internet »

Ayman El Kayman, délégué du FILCI (Front Intergalactique de Lutte contre la Conjuration des Imbéciles)

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à la semaine prochaine !

mercredi 27 janvier 2010

Deux Haïtiens reconduits à la frontière sismique


Malgré la récente déclaration d’Eric Besson, la préfecture du Val-de-Marne a émis, le 22 janvier, un arrêté de reconduite à la frontière à l’encontre de deux Haïtiens.
Par Anaëla Verzaux, Bakchich, 26/1/2010
On a failli le prendre pour un humaniste, Eric Besson. Il avait donné, mercredi 13 janvier, le lendemain du séisme en Haïti, « instruction à ses services de suspendre immédiatement toutes procédures de reconduite dans leur pays d’origine des ressortissants haïtiens en situation irrégulière sur le territoire national », selon un communiqué du ministère.
Le séisme a fait officiellement 112.226 morts, 194.000 blessés et un million de sans-abri.
Mais chassez le naturel… En dépit de la récente déclaration d’Eric Besson, la préfecture du Val-de-Marne à émis, le 22 janvier, un arrêté de reconduite à la frontière à l’encontre de deux Haïtiens.
Le couple s’est présenté muni d’un passeport à la douane d’Orly sud. Les deux ressortissants Haïtiens ont été interpellés à la suite de soupçons sur leur photo d’identité.
Alerté, le parquet de Créteil a botté en touche en demandant à la direction centrale de la PAF (Police aux frontières) de prendre la responsabilité de renvoyer deux Haïtiens dans leur pays dévasté.
C’est finalement le préfet du Val-de-Marne qui a signé l’arrêté de reconduite à la frontière.

samedi 23 janvier 2010

Haïti : la France doit aider à récupérer l'argent volé par Duvalier pour reconstruire le pays

Par Pierre Villard, mouvement de la Paix, 20/1/2010

Suite au séisme qui a ravagé Haïti le 12 janvier, le Mouvement de la Paix exprime sa compassion et sa solidarité au peuple d’Haïti, aux victimes et familles de victimes, à tous ceux qui sont toujours dans l’attente angoissée de nouvelles de leurs proches. Bien qu’incomplets, les premiers chiffres de plus 100 000 morts annoncent un désastre humanitaire pour cette île qui est l’une des plus pauvres du monde. La situation de catastrophe se trouve renforcée par les conséquences dramatiques de plusieurs siècles d’esclavage, du pillage des ressources, du colonialisme qui ne dit pas son nom, d’une occupation militaire et de gouvernement dictatoriaux et corrompus. 
La France continue d’accueillir l’ancien dictateur Duvalier dont la fortune indue, bien supérieure à la dette du pays, aurait probablement permis de construire des bâtiments anti-sismiques. Notre pays doit aider Haïti à récupérer l’argent volé.

  • Nous saluons le courage de la population haïtienne qui fait face courageusement. La solidarité internationale se met en place sur le terrain avec peine, dans une situation cauchemardesque où les communications et l’acheminement de l’aide sont difficiles. La population manque de tout, même d’eau. Ce sont plus de 60 pays qui apportent leur concours.
  • En France, c’est l’ensemble de la société qui s’est mobilisée dès les premières heures. Nous saluons cet immense mouvement et souhaitons qu’il ne donne pas lieu à des récupérations politiciennes, ni à la recherche d’enjeux de pouvoir ou de dominations militaires. Cette tragédie doit permettre d’ouvrir de nouveaux dialogues pour que les citoyens d’Haïti accèdent à plus de justice et de démocratie. En ce domaine, loin de tout hégémonisme humanitaire de quelque pays que ce soit, l’ONU doit jouer tout son rôle de coordination des secours et d’aide à la reconstruction du pays.
  • Le Mouvement de la Paix appelle toute la population à participer à l’élan de la solidarité lancée par de nombreuses organisations.

mercredi 20 janvier 2010

Haïti, quand l'ONU épinglait la communauté internationale

Par Louis Cabanes, Bakchich, 19/1/2010

Si l’heure est aux millions accordés aux sinistrés haïtiens, des rapports de l’ONU et du ministère Haïtien de l’Environnement pointaient du doigt, il y a un an les liens entre conditions naturelles, pauvreté et inaction des États.
Toute idée de cause à effet serait exagérée et trompeuse. Le séisme qui a frappé Haïti il y a une semaine ne peut trouver d’explications dans quelques fumeuses théories qui le lieraient aux aléas du changement climatique. Il permet en revanche (tardivement) de sortir de l’ombre des documents qui pointent la corrélation si sensible entre extrême pauvreté et conditions naturelles extrêmes.
Comme le révèle un rapport du Ministère de l’environnement Haïtien de 2009, « L’expérience vécue en Haïti montre clairement qu’il y a un lien inextricable entre les changements climatiques, et le phénomène de la pauvreté » dont « les répercussions de ces phénomènes sont encore beaucoup plus sévères pour les Petits Etats Insulaires en Développement (PEID), comme Haïti, confrontés déjà à un ensemble de défis économiques et structurels ». Ce qui, rappelle le document, se « traduit concrètement dans la vie du citoyen haïtien, par la baisse considérable des revenus, les inondations dévastatrices qui emportent récoltes et vies humaines, bref, un recul de l’espérance de vie. »
Pays ou 76% de la population survit avec moins de 2 dollars par jour, classé au 149ème rang sur 182 du développement humain dressé par le PNUD, l’inaction évaluée par l’administration « pourrait coûter au pays entre 10 et 15% de son économie ». Depuis l’ouragan Jeanne en 2004 qui fit plus de 5000 morts, la Commission Nationale sur la Sécurité Alimentaire (CNSA) prévoyait pour 2009 une « augmentation exponentielle du nombre d’haïtiens qui souffriront de faim et de malnutrition ».
127 millions de dollars d’aides requis, la moitié collectée

A cet état des lieux connu de tous, le Conseil de sécurité de l’ONU, dans son rapport du 14 mars dernier, dénonçait « les insuffisances de la communauté internationale face à la série de tempêtes et d’ouragans qui a dévasté Haïti en 2008 pour répondre aux besoins humanitaires urgents du pays. » Allant jusqu’à critiquer, peu commun des langues diplomatiques, « l’appel éclair visant à mobiliser 127 millions de dollars pour apporter une assistance Humanitaire immédiate qui n’a généré qu’environ la moitié des fonds requis. » Constatant que « Trois millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire modérée ou extrême, soit près d’un tiers de la population totale du pays ». La conclusion dudit rapport sonne comme un aveu d’impuissance, à savoir que « les niveaux actuels d’extrême pauvreté sont manifestement incompatibles avec la stabilité à long terme du pays. » Le gouvernement haïtien, et son président René Préval, en prennent aussi pour leur grade, accusés de ne pas avoir « établi de plan d’action ciblé détaillant les priorités du pays en matière de développement à court, moyen et long terme. »
Un second rapport, de septembre dernier, évaluait « l’impact dévastateur d’une série d’ouragans, la gravité de la situation socioéconomique » en faisant de nouveau remarquer la défaillance de la communauté internationale dont « Les subventions mises en place après les émeutes d’avril 2008 pour faire face à la hausse des prix alimentaires et de ceux de l’énergie ont été supprimées » et qu’« Il n’existe toujours pratiquement pas de filet de protection sociale. » L’appel de l’ONU visant à récolter les 562 millions de dollars ne fera pas taire les manquements du passé.