Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est Khalid Jamaï خالد الجامعي. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Khalid Jamaï خالد الجامعي. Afficher tous les articles

mardi 16 février 2010

LE SACRE DE LA BETISE

Par Khalid Jamaï, 11/2/2010
Ils ont jailli en plein nuit, comme au temps des « années de plomb », années qui tendent à se transformer en « années d’acier » avec leur Dar Al Mokri (1) qui porte le nom de centre de Témara, cité dans les rapports de l’ONU, d’ Amnesty international et autres organisations des droits humains comme un lieu où l’on torture y compris pour le compte de la CIA.
Ils voulaient l’embarquer, lui le directeur du quotidien Arabophone « Akbar Al Youm », Tawfik Bouachrin.
Celui-ci commençait à peine à se remettre du procès que lui avait intenté le cousin du roi Mohamed VI, Moulay Ismail à cause d’une caricature qui aurait porté atteinte au « respect dû à un prince ».
Mr. Bouachrine refusa d’obtempérer.
Qu’à cela ne tienne.
On le cueillera le lendemain.
Et le voici interrogé par la police judiciaire.
Quel crime a-t-il encore commis ?
Et bien, il avait écrit dans un article « que Le Journal Hebdomadaire (2) avait vu le jour sous le règne du feu Hassan II, et a rendu l’âme sur le règne de Feu Mohamed VI ».
Erreur d’impression bien entendu.
Mais pour ceux qui ont commandité cette arrestation l’erreur est d’une gravité extrême, du fait qu’elle serait de nature à « porter la poisse » au souverain et qu’elle aurait été faite intentionnellement.
Incroyable et pourtant vrai.
Il faut dire que le bêtisier des responsables du « plus beau pays du monde » est plein à rebord.
Que l’on se rappelle « le procès de la pierre sacrée », les juges ayant considéré que tout matériel utilisé dans la construction d’un édifice royale, acquiert une sacralité !
Que l’on se rappelle aussi le procès de le « ammaria sacrée », espèce de plateau où l’on installe les mariés, la nuit des noces.
Que l’on se rappelle enfin que, sous le règne de Hassan II, un élève avait relaté dans sa rédaction, qu’i lavait rêvé que le monarque était mort. Le professeur fut effrayé à la lecture d’une telle « ignominie ». Il en informa le directeur lequel alerta les autorités et l’on vit débarquer au collège une brigade de la police politique. L’élève fut arrêté, interrogé d’une manière musclée, traduit en justice et condamné pour atteinte au respect dû au souverain car son rêve constituait un mauvais présage.
L’histoire est tout ce qu’il y a de vrai.
Sacré pays !
1- centre De torture sous le règne d’Hassan II
2- Hebdomadaire francophone qui a été mis en liquidation par les autorités marocaines car jugé « politiquement incorrecte »

mercredi 9 septembre 2009

40 heures d'interrogatoire

Par Khalid Jamaï, 9/9/2009

Très chers confrères, ALI ET BOUCHRA
« A MOULA NOUBA »
40 heures d’interrogation pour chacun de vous.
Je ne savais pas que vous étiez de si dangereux terroristes.
Plus d’une vingtaine de policiers, tous services confondus.
Et même un sous-secrétaire d’Etat à l’intérieur.
Et là, j’ai compris que nous étions, nous autres journalistes de très dangereux « malfrats », doublés de subversifs, armés jusqu’au dents d’armes, de surcroît de « Destruction Massive »
Bref, que nous serions de la graine des Saddam Hussein et autre Ben Laden.
Et ces armes ont pour noms : lettres, mots, adverbes, phrases, paragraphes, titres, sous titres, encadrés, sans oublier la ponctuation et surtout les points d’interrogation et suspension. En fait, notre arsenal se limite à deux alphabets : l’arabe avec ses 28 lettres et le français avec se 26 lettes.
En tout et pour tout : 56 lettres qui causent tant de cauchemars à nos gouvernants.
Je ne savais pas que, désormais, nos limiers sont devenus des experts en sémantique, en sémiologie, en sémiotique, en analyse du discours politique.
Il faut croire qu’ils sont devenus des adeptes de Roland Barth, de Derrida, de Freud, de Germas et autre Jakobson.
Mais, revenons à notre chère langue arabe, nos limiers linguistes ont dû potasser les ouvrages des grammairiens d’ « El Koufa » et de « Bassora » et approfondi les écrits d’ « El Jahid », de « Sibawaih », de « Zamakhchari », de « Abou Nawass » et devenus des spécialistes dans les sciences de l’exégèse du Coran, dans « Le Tafsir d’Ibnou Katir », dans la rhétorique.

Si c’est le cas, quel progrès ! Quelle révolution !
Ces « limiers » de l’analyse des textes, ces « spécialistes » de la dénotation et de la connotation, de Chomsky et sa grammaire générative, possèdent désormais tous les « instruments » pour nous « soumettre à la question » comme au moyen âge et ses tribunaux d’inquisition.
Les Torquemada de la nouvelle ère.
Les policiers loghayiwiun.
Bref, le ridicule ne tue plus et Kafka règne, désormais, en maître absolu, soutenu par Ubu roi, (voir Alfred Jarry).
Et tout cela pour un banal article sur la maladie du Roi.
Il faut dire que nous touchons là au sacré.
Je ne condamne, ni incrimine les policiers qui ont eu à subir, eux aussi, ces longues heures d’interrogatoire.
Et qui sont aussi victimes que toi Ali, que toi Bouchra.

C’est leur job, mais qu’ils on accompli dans le respect le plus total.
Ce que j’incrimine, par contre, ce sont ces « donneurs d’ordres » qui n’ont pas le courage, d’assumer leurs actes, je dirai, leurs forfaits.
Ils ont agi comme s’il s’agissait d’un quelconque secret d’Etat, alors que ce n’était que secret de Polichinelle.
Ces commanditaires voulaient savoir qui vous aurait informé, qui vous aurez briffé ?
S’ils avaient consulté Googel, ils auraient appris tout ce que la science connait de ce rétrovirus.
Par ailleurs, nous savons, nous autres journalistes, et bien d’autres que nous sommes sur écoute 24h sur 24h, donc, en principe, ils devaient tous ceux à qui vous vous étiez adressés. Alors de là à localiser votre ou vos informateurs, ce n’était que jeu d’enfant.
Mais, il fallait que vous « crachiez » le morceau. Vous étiez les invités de « l’hôtel » de police, et il vous demandait de « vous mettre » à table !!!!!!!.
En fait, ce que vous avez enduré était, peut-être, destiné à transmettre, à nous et à vous, le message suivant: nous vous avons à l’œil et « à l’oreille ».
Ils voulaient nous intimider, nous faire peur et surtout développer en nous l’autocensure et nous rappeler les ignobles lignes rouges.
Ils voulaient nous rappeler aussi les pires années de plomb et nous faire savoir qu’elles continuent et que leur page ne sera jamais tournée, car il y va du système de gouvernance dans ce pays, de leur avenir et surtout de leurs intérêts.
Ils ont des armes, des commissariats, des fallaka ; mais nous avons les mots, ceux que l’histoire incruste dans la mémoire des temps futurs.
Il faut dire que nous, nous sommes rentré dans l’ère de « Amoula nouba ».
Ce fut le « Journal », « Telquel », « EL Ayam », « Nichan », « Wijhat Nadar » et des dizaines d’autres quotidiens et Hebdomadaire qui eurent à subir les affres de la censure, des interdictions, des procès, des amendes faramineuses, uniques dans l’histoire de la presse.
Demain à qui le tour…
Pourtant : au début ce fut le mot. Le mot que l’on ne peut mettre derrière les barreaux, ni assassiner

De tout cœur cher Ali, chère. Bouchera

N.B : Au moment où ces lignes sont écrites, nous apprenons que la police a convoqué trois confrères d’ »El Ayam » et trois autres du « Mechaal » à qui nous apportons un soutient total et à qui nous disons « Apres qu’on entre, il ne reste que sortir»
Nous ne vous avons pas dit au début de cet article, que « Demain est proche » et que nous sommes entrés dans l’ère de « A qui le tour »,

Khalid Jamai Le 02/09/2009, publié en arabe dans « El Jarida El Oula »


زملائي الأعزاء علي و بشرى
"أملا نوبة"
أربعون ساعة من الاستنطاق لكل واحد منكم...
ما دار بخلدي يوما أنكم إرهابيون، يسكن أعماقكم شر مستطير وخطر عظيم داهم...
كيف؟
ما يزيد عن عشرين شرطي باختلاف انتماءاتهم، بل وحتى شخص "مهم" برتبة نائب لكاتب الدولة في الداخلية، اجتمعوا جميعهم عليكم كما يجتمع النمل على طعم معزول؟
إذن، آن الأوان لكي نفهم بأننا نحن معشر الصحفيين، أننا مجرد "مجرمين في منتهى الشر والخطورة".
نعم،" مجرمون ثوريون" مسلحون حتى أعناقنا بأسلحة الدمار الشامل، ويجري في عروقنا نفس الدم الذي كان يغلي في عروق صدام حسين، والذي لا زال يفور إلى اليوم في عروق بن لادن...
وهذه الأسلحة المدمرة الفتاكة اللسانية الصنع، التي تزرع الرعب والهلع أينما حلت وارتحلت تسمى: الحروف ...الكلمات...الجمل... الفقرات...و خصوصا، نقط التعجب ونقط الاستفهام...
من؟ كببف؟ لماذا؟
وبعبارة أوجز، فإن ترسانتنا المهولة أيها السادة، تتشكل مدافعها من 28 حرفا باللغة العربية، و26 حرفا باللغة الفرنسية. أي ما مجموعه 56 حرفا، كل حرف هو كابوس مفجع لحكامنا "الموقرين"، يقظ مضاجعهم ويطرد نوم الراحة والسكينة عن أجفانهم.
وفي الحقيقة، إذا ما ابتعدنا قليلا عن السخرية ورجعنا إلى جادة الجد فسوف نقول بأن مطاردينا البسال قد أصبحوا متضلعين في علم الدلالة، وعلم الأعراض، وعلم نظرية الرموز والدلالات، وكل العلوم الأخرى المتعلقة بتحليل الخطاب السياسي في "أجمل بلد في العالم".
وينبغي علينا الاقتناع فوق ذلك، بأنهم أمسوا من أتباع رونالد بارث، ودريدا وفرويد وجرماس وجكبسون وهلم جرا...
أما إذا ما رجعنا إلى لغتنا العربية الأم، فسوف نؤكد على أن" لغويينا المتمكنين" قد حفظوا عن ظهر قلب كل كتب نحويي ولغويي الكوفة والبصرة، ونهلوا من أسفار سبويه، والجاحظ، وأبا نواس والزمخشري، وتعمقوا في تفسير ابن كثير وغيرههم من أساطين اللغة والبلاغة والبيان، فأصبحوا بذلك فطاحل لا يشق لهم غبار في علوم التفسير والبلاغة وإعجاز القرآن..
إذن، إذا كان الأمر كذلك حقا فلا يسعنا إلا أن نصفق تقديرا وإعجابا بهذه الثورة الفكرية المباركة التي غزت عقول "حجاجنا الميامين" الذين بعثهم الله ليحسبوا علينا أنفاسنا الصاعدة والهابطة.
أجل، لقد أصبح هؤلاء" الصيادون" المتمرسون على اصطياد الطرائد السهلة والصعبة في غابات تحليل المقالات، أصبحوا من محترفي البحث في طيات التلميح والتعريض والاستعارة مما جعلهم يمتلكون جميع أدوات "الحرفة" لإخضاعنا نحن الصحفيين المشاكسين لشتى أنواع الإستنطاقات الشاقة الطويلة، تماما كما كان عليه الشأن في القرون الوسط و محاكمها التفتيشية، وما أقربها على بعد أمدها منا اليوم....
فمرحى إذن وألف مرحى بعهد جهابذة البوليس اللغويي، وفطاحلة الأمن البياني، من أستاذ مبرز، وعالم علامة، وشيخ فهامة، تركع أمامهم البلاغة وينحني البيان...
وبما أن السخافة لا تقتل، كما يقول المثل الفرنسي السائد، فإن كافكا سيسود ويحكم مدعوما ب"إيبو" الملك. (أنظر إلى ما كتبه ألفريد دي جاري).
وإذا تساءلنا عن السبب الذي قامت من أجله هذه القيامة الهوجاء التي جرت وراءها كل تلك الزلازل والأعاصير، فسوف نعلم ياعجبا أنه لمجرد مقال عادي جدا تكلم عن مرض الملك.
مقال مثل آلاف المقالات، لكن أساطين العلم الرباني فسروه على أنه ملامسة للمقدس وسقوط متهور في المحظور...
أنا لن أدين ولن أجرم هؤلاء الأمنيين الذين كان عليهم هم الآخرين أن يتحملوا عناء هذا الاستنطاقات المارطونية الرهيبة، فكانوا بالتالي ضحايا مثلك أنت ياعلي ومثلك أنت يابشرى سواء بسواء...
إنه عملهم الذين يكسبون من ورائه لقمة العيش الضامنة لحياتهم وحياة ذويهم، وقد قاموا به على أكمل وجه، عملا بقول النبي محمد صلى الله عليه وسلم: "كل ميسر لما خلق له".
ولكني أدين أولائك "الآمرين" الذين يتحركون من وراء الحجب ويجبنون أن يتحملوا أوزار تبعات أوامرهم، أو بالأحرى كبائرهم.
لقد تصرفوا وكأن الأمر يتعلق بسر خطير من أسرار الدولة، بينما هو سر تافه شائع يعرفه كل من هب ودب كسر" بولشلين".
هؤلاء "الآمرون" المتسترون وراء الحجب يودون معرفة المصادر التي استقيتم منها أخباركم...
أولا، كان عليهم أن يسألوا العم المطلع الخبير"كوكل" ليدركوا كل ما يعرفه العلم البشري حول ذاك الفيروس الارتدادي.
ثانيا، نحن معشر الصحفيين وآخرين من غيرنا، نعلم علم اليقين".
بأن هواتفنا تخضع للتصنت 24 ساعة على 24 .
إذن، هم يعرفون الأشخاص الذين توجهتم إليهم لاستقاء الأخبار، وبالتالي فإن تحديد المصدر بالنسبة إليهم هو مجرد لعب أطفال.
غير أن هذا لا يهمهم، بقدر ما يهمهم أن يروكم تقذفون ما بجعبتكم أنتم الذين نزلتم بين ظهرانيهم" كضيوف منعمين" في "فندق" الشرطة.
إنهم يطلبون منكم أن تجلسوا ملتفين حول مائدتهم و أن تفوحوا بكل ما "تكتمون"
وعلى كل حال، فإن ما تعانونه موجه إليكم وإلينا جميعا من أجل تمرير كذبة مؤداها:
" لا تخفى علينا منكم خافية، فنحن نطاردكم بالسمع والبصر وباقي الحواس الأخرى"...
أي بمعنى آخر: إن "الآمرون المتسترون" يريدون تخويفنا وتهويلنا وترويعنا، وبالخصوص، تثبيت وترسيخ الرقابة الذاتية في أرواحنا وعقولنا حتى لا نتجاسر مرة أخرى على تخطي ما يسمونه بالخطوط الحمراء.
إنهم يريدون كذلك أن يذكرونا بالسنوات التي كانت ذهبا عليهم ورصاصا علينا، ليفهمونا بأن تلك الحقبة المشؤومة لم تندثر كما يتوهم السذج، وإنما هي مسترسلة بانتظام وثبات، وأن صفحتهم التي تماثلوا بطيها لن تطو أبدا
لأن الأمر يتعلق بطريقة الحكم في هذا البلد، ويتعلق بالخصوص بمستقبل "الآمرون المتسترون" ومصالحهم التي يعظون عليها بالنواجذ، ويتشبثون بها كما يتشبث العلق باللحم الرخو الطري.
فلديهم الرصاص، ولديهم الكوميسيريات، ولديهم الفلقة، أما نحن، فما لدينا سوى الكلمات... الكلمات التي يحفرها التاريخ على ذاكرة الأزمنة المقبلة كما يحفر الناحت الحكيم آيات الحق على الصخر الجلمد.
فينبغي التأكيد أيها السادة على أننا دخلنا في حقبة إسمها: آمولا نوبة"، حقبة "على من سيأتي الدور؟" وإن غدا لناظره لقريب...
فبالأمس، كان دور "لوجرنال" ثم "تيل كيل" ثم "الأيام" ثم "نيشان" ثم "وجهات نظر" عشرات من الجرائد والمجلات، عانت جميعها من المنع والحجز والمحاكمات والغرامات الخرافية الفريدة من نوعها في تاريخ الصحافة عبر هذا العالم العاج بالعجائب والغرائب.
إذن، غدا على من سيكون الدور؟
بيد أنه في بدء البدء، كانت الكلمة ولا زالت، خالدة كخلود الأبد، لا يقوى أحد على شنقها ولا اغتيالها ولا حبسها وراء قضبان المعتقلات...
من أعماق القلب أحييكما، أخي علي وأختي بشرى.

ملحوظة:
في هذا الوقت الذي تكتب فيها هذه السطور، علمنا باستدعاء البوليس لثلاثة من صحفي الأيام وثلاثة من صحفي المشعل.الذين نشد على أياديهم و الذين نقول لهم "من بعد ادخل ما كابن غير اخرج"
ألم نقل ضمن هذا المقال:
إن غدا لناظره لقريب؟ و إنا دخلنا في عهد "أملا نوبة"؟

خالد الجامعي
ترجمة أحمد المرزوقي

jeudi 16 juillet 2009

رسالة مفتوحة من خالد الجامعي إلى الملك محمد السادس Lettre ouverte au Roi

2009/07/11,Khalid Jamai خالد الجامعي


لقد طفح الكيل. . وبلغ السيل الزبا. . ولم يبق في قوس الصبر منزع

سيدي،

تُطارد كلماتنا.

تُصلب جملنا.

يحاولون تقييد أفكارنا بالأغلال من خطوط حمراء.

تُسَفَّه كتاباتنا.

تُلاحق جرائدنا، أسبوعياتنا ومجلاتنا.

عدد منا عرف السجن وحتى بعض أشكال التعذيب.

كلنا أصبحنا تقريبا "سجناء" افي سراح مؤقت.

وهذا منذ سنوات.

نُتهم بأننا عدميون وأنه ليست لدينا إلا نظرة وخطاب سلبيين حول ما يجري في بلد يزعمون أنه "أجمل بلد في العالم".

ننعت كطابور خامس يزرع اليأس وسط الشعب ويحبطه.

سيدي،

محاكمات تتعاقب بسرعة غير مسبوقة

لم تشهد المملكة قط نظيرا لها

محاكمات هزلية، سخيفة، جعلت المغرب عرضة لسخرية الأمم.

"محاكمة الحجرة المقدسة"، "محاكمة العمارية المقدسة" "محاكمة المدونين"، فؤاد مرتضى وحسن برهون الذين تعبأ من أجلهم آلاف من مستعملي الانترنت من مختلف مناطق العالم.

"محاكمات بدعوى المس بالاحترام الواجب لشخصكم" والتي تعطي الانطباع بأن المواطنين المغاربة لا يولون أدنى احترام لكم وللعائلة الملكية.

والعكس هو الصحيح.

أضف إلى ذلك المؤامرة التي دبرها الهمة على "لوجورنال إيبدومادير" (قضية الرسوم الكاريكاتورية للنبي) وتوظيف كلود مونيك* في محاكمة أخرى ضد نفس الأسبوعية.

محاكمات أدارها بعض القضاة مفرطين في الحماس، رغبة منهم في أن يكونوا ملكيين أكثر من الملك.

محاكمات يقف أمامها المرء مذهولا.

محاكمات لا تتوفر فيها الشروط التي يجب أن تتوفر في المحاكمة العادلة.

محاكمات أجبرتم فيها، أنتم بأنفسكم، على التدخل، أكثر من مرة، مستعملين فيها حقكم في العفو لتجنيب هذا البلد سخرية أكبر.

سيدي،

عدد من الجرائد والأسبوعيات لم تنشر البارحة افتتاحياتها، تاركة البياض يعم المكان المخصص لها.

وهذا يذكرنا، للأسف، بفترات سوداء من تاريخنا.

ولم تصل هذه الجرائد والأسبوعيات إلى هذا الموقف إلا مجبرة.

إنها صرخة إنذار.

سيدي،

خلال السنوات الأخيرة، لجأ مضطهدونا، مستأصلو الصحافة المستقلة، إلى توظيف العدالة، مخترعين سلاحا جديدا:

سلاح الغرامات التي انطلقت من 50 مليون سنتيم مع الدعوى القضائية التي رفعها وزير الشؤون الخارجية السابق ضد "لوجورنال إيبدومادير"، لتتجاوز، اليوم، 500 مليون، دون الحديث عن "تعليمات" مملاة على عالم الأعمال من أجل عدم إعطاء أي إشهار لصحف اعتبرت "سياسيا غير صحيحة"، بل تخريبية، معللة ذلك بتعليمات آتية "من الأعلى".

خصومنا، أعداء أي دمقرطة حقيقية في هذا البلد، يبدو أنهم وقعوا على قرار موتنا، وقد يكونون بصدد تنفيذه.

لكن إعدامنا لن يخفي الحقائق ولن يحل المشاكل التي تعاني منها بلادنا، بل على العكس من ذلك.

هذا الهجوم ضد حرية الصحافة والرأي ليس إلا دليلا إضافيا عن النقص في الديمقراطية التي يعاني منها البلد. بلد لم يعد شعبه يثق في شيء والذي أبان، خلال الانتخابات الأخيرة، عن رفضه لطبقة سياسية حولت المشهد السياسي المغربي إلى "سوق دلالة" مع "شانقيه"و سماسرته ووسطائه.

سيدي،

هذه اليوميات، هذه الأسبوعيات بصحافيها ومسؤوليها، طرقت جميع الأبواب، وتوجهت إلى كل المسؤولين لتصون حقوقها وتضمن حريتها في التعبير و لكن بدون جدوى.

إن المتغنين بالأمس بحرية التعبير هذه، زعماء أحزاب "الكتلة": الاستقلال، الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية والتقدم والاشتراكية أصبحوا جلاّدي و "توركيمادا" هذه الصحافة ومطاريدها بدون هوادة. ناهيك عن الأمنيين.

سيدي،

أنتم تسودون وتحكمون.

ولقد اخترتم ملكية تنفيذية وصرحتم بذلك علنا.

اليوم، أنتم السلطة، وكالمالك الوحيد لهذه السلطة، نتوجه إليكم من أجل إيقاف هذا الهجوم العسفي وهذا الإضطهاد الذي يلاحق الصحافة المستقلة.

إننا لا نتسول امتيازا، بل نطالب بحق.

أتينا إلى العالم وصرخنا صرختنا الأولى، صرخة لا يمكن لأحد أن يقيدها.

كان الخليفة عمر يقول: "الحرية حق تعلنه ساعة الميلاد".

سيدي،

لسنا سلطة رابعة.

إننا سلطة مضادة.

سلطة مضادة لفضح انحرافات واختلالات حكامة يبدو أنها أخذت منعطفا خطيرا.

مجبرين ومضطرين، تحولنا إلى مؤرخين،وسوسيولوجيين،و سياسيين، واقتصاديين من أجل تحليل ونقد واقع يصبح ، يوما بعد يوم، أكثر إيلاما، أكثر ضررا، محاولين تغطية النواقص وملأ فراغ وهزالة الأحزاب السياسية.

لقد تمكنت أنظمة الحكم، بفضل عمل الصحافة، أن تتحصن ضد أضاليل و أكاذيب بعض مسؤوليها.

سيدي،

لا يمكن أن توجد أي حرية حقيقية للصحافة والرأي الديمقراطية بدون عدالة حرة ومستقلة.

إنها ضمانتنا الوحيدة.

ولكن نحن مضطرون،

اليوم أن نسجل أن هذه العدالة أصبحت في خدمة السلطة التنفيذية والتشريعية، وذالك ما أقر به عدد من المسؤولين، ومن بينهم الوزير الأول، عباس الفاسي، الذي صرح منذ زمن ليس بالطويل : "يجب أن ينصت القضاة إلى ضميرهم وليس إلى هواتفهم النقالة".

إن أولئك الذين يخوضون المعركة ضدنا لا يختلفون عن "الدون كيشوت" وحربه ضد المطاحن العاملة بالرياح لأنهم لا يفقهون شيئا في التاريخ و تحولاته.

وهكذا ينسون أننا في حضارة جديدة، حضارة تعدد فيها وسائط الإتصال، الانترنت، الهاتف النقال ، الحاسوب: أدوات لا يمكن أن تلجم والتي مكنت الملايين من متابعة، تقريبا "بالمباشر"، أحداث إيران والهندوراس كاشفة، في نفس الوقت، عن أعمال القمع والتزوير والاستغلال التي تقوم بها الأنظمة في هذه البلدان.

في المغرب كذلك،إن أحد المواطنين هو الذي أتى بالدليل القاطع على القمع الوحشي التي تعرض له سكان سيدي إفني، مفندا تصريحات عباس الفاسي وشكيب بنموسى وذالك بالبث على موقع "يوتوب" تسجيلا حيا يفضح، بالصورة و الصوت، هذا القمع الوحشي .

كما إن قناصة "سيدي إفني" "وتارغيست"، هم الذين أتوا بالحجة الدامغة عن ارتشاء بعض رجال الدرك والشرطة.

وهكذا، عرف المغرب، على غرار دول أخرى، وبفضل الهاتف النقال، ذي آلة تصويره المصغرة، والانترنت بزوغ "المواطن الصحافي".

اليوم، هم عشرات، غدا سيكونون مئات وفي غضون بضع سنوات سيغدون ملايين.

وهكذا أصبحت الدولة وأجهزتها، ومن الآن فصاعدا، تحت حراسة عالية.

وهكذا كذلك قد يتحول كل مقهى انترنت إلى وكالة للأنباء توفر المعلومات بالمباشر وتعري أشكال الاستغلال والقمع التي تحدث في الجهات الأكثر نائية في المملكة..

ومع ذلك سيدي، الصحافة في هذا البلد سند لكم، لأنها غالبا ما تقول ما يُخفى عنكم وما يكتم عليكم.

بدون هذه الصحافة المستقلة ، هل كنتم ستسمعون يوما عن بوشتى البودالي وموته الرهيب، عاريا مقيدا إلى قضبان زنزانته؟

وقد جالت صورته المرعبة العالم.

بدون هذه الصحافة المستقلة ، هل كنتم ستسمعون، يوما، الحديث عن التعذيب المروع الذي ألق بزهرة بودكور، هذه الطالبة البالغة عشرين ربيعا، والتي تُركت عارية لمدة ثلاثة أيام في زنزانة بمفوضية الشرطة جامع الفنا، تنزف دم حيضها ، والتي رفض السماح لها بطبيب لعلاج مرض من أمراض النساء ألم بها نتيجة المعاملة السيئة التي تلقتها؟

بدون هذه الصحافة المستقلة، هل كنتم ستسمعون ،يوما، عن مأساة "أنفكو" الذين أحطتم ساكنتها بعنايتكم؟

بدون هذه الصحافة المستقلة، هل كنتم ستسمعون، يوما، عن حفصة أمحزون التي شوهت وجه مواطنة على مرأى ومسمع من العالم مستغلة روابطها مع العائلة الملكية؟

واللائحة أبعد ما تكون عن الحصر.

سيدي،

يلاحقوننا باسمكم.

وباسمكم يضطهدوننا.

وباسمكم يقاضوننا.

وباسمكم يحكمون علينا.

وباسمكم ينطقون بالأحكام:سنوات سجن، وغرامات مذهلة.

سيدي،

يقول الله تعالى "إن جاءكم فاسق بنبإ فتبينوا أن تصيبوا قوما بجهالة فتصبحوا على ما فعلتم نادمين" سورة الحجرات. فلا ثقة في الذين يوسوسون ضدنا.

وحدكم بإمكانكم أن تضمنوا لهذه الصحافة حقوقها، في انتظار ان تضمنها عدالة مستقلة ، عندما تدخل السياسة قاعة المحكمة تخرج العدلة من هذه القاعة.

سيدي،

إن صحافة كاملة الحرية هي الضمانة الحقيقية لديمقراطية حقة والحصانة المنيعة ضد الخروقات والشطط في ممارسة السلطة وتفاشي الرشوة والحد من اللاعقاب. كما يمكنها أن تكون آلة ناجعة في النمو الإقتصادى.

سيدي

"لقد طفح الكيل. . وبلغ السيل الزبا. . ولم يبق في قوس الصبر منزع"


Mon cher ami Khalid,

Si j’étais le Roi, j’aurais été ébahi par ta lucidité et je t’aurais pris pour mon meilleur Conseiller. Je t’aurais écouté et j’aurais obéi illico à ta lumineuse vision ancrée dans l’Histoire et entre les aisselles perlées de sueur de ceux qui feront le Maroc de demain.

Si j’étais le Roi, je mettrai ta Lettre Ouverte sur un écran géant pour la consulter nuit et jour, m’imprégnant de son souffle éthique qui n’a pour intérêt que la paix, la démocratie, l’émancipation d’un pays appelé à devenir, tôt ou tard, beau et liiiiiiiiiiiiiiiiiiibre !!!

Si j’étais le Roi, à force de lire ta Lettre Ouverte, je me serais rendu compte qu’un homme comme moi ne peut rester indéfiniment otage d’une institution qui l’emprisonne. Je serais allé jusqu’à annoncer par « décret » que le Roi « règne » et « ne gouverne pas ». Sachant d’ailleurs que je ne suis pas issu d’un suffrage universel… Et quand je dis « règne », ce n’est pas que je défends mon trône bec et ongles, à vie (car je sais qu’aucun pourvoir ni dynastie ne sont éternels), mais seulement pour jouer le modérateur, le fédérateur, le garant de la démocratie et de l’Etat de Droit. En somme, je ferai comme mes autres collègues rois et reines des pays du nord.

Si j’étais le Roi, à force de lire ta Lettre Ouverte, j’aurais fait table rase de tout ce système qui m’emprisonne et nous emprisonne tous. J’aurais opté fermement pour un Maroc nouveau où jamais l’on emprisonne les gens pour leurs opinions, ou l’on va cabosser les jeunes diplômés mis au chômage, pour la justice sociale et l’égalité des chances qu’ils revendiquent.

Si j’étais le Roi, j’aurais déserté les encombrantes infos du journal télévisé où l’on ne voit que Moi partout, ubiquité d’un personnage surnaturel. J’aurais dit aux journalistes : assez de mentir et travaillons le pays ensemble et que chacun apporte sa pierre à l’édifice de notre maison. Pourquoi c’est toujours Moi qu’on affuble du ciment et de la pierre que je dois inaugurer ? Je leur dirais aussi : Assez de ces « tables ronde » qui nous aveuglent et n’aboutissent jamais à rien de concret.

Mais comme je ne suis pas le Roi, je t’invite, mon cher Khalid, à manger avec moi des sardines magistralement grillés, accompagné d’un pain croustillant qui vient de sortir du four de notre quartier… Sardines à manger en face de la mer, cet océan qui nous appartient, et que personne ne peut nous le retirer... Quoique…

Nous sommes nés Rois, même devant le braséro qui siffle et nous prévoit un thé chaud et bien monté d’odeur de menthe fraîche qui nous soule d’espoir et d’amour.

Mon cher Khalid,

Comme je ne suis pas le Roi, je me cantonne dans les mains de mes semblables d’infortune que tu cites dans ta Lettre Ouverte, pour résister à leur côté… et je te dis : heureusement que tu es toujours là, au bon moment !!

Cordial,
Belmaïzi

jeudi 18 juin 2009

Le tortionnaire, le doyen et le médecin

par Khalid Jamai, 17/6/2009

« Je vais te violer, puis te mettre dans une cellule où te passeront dessus plus d'un ».

Ainsi s'adressa un policier à un membre de la famille de Zahra Boudkour, cette étudiante torturée de la manière la plus abjecte et jetée dans une cellule pissant le sang de ses menstrues pendant trois jours, puis incarcérée, depuis plus d'une année, dans des conditions inhumaines à la prison de Boulmaharez à Marrakech.
« Il me prit par les cheveux, me traîna par terre, puis s'est mis à me tabasser », raconte un autre membre de la famille d'un des détenus de ce groupe des étudiants.
« Ils nous ont embarqués dans une estafette et nous ont intimés de nous s'asseoir à même le plancher ».
Puis ce fut le commissariat, l'humiliation, les coups.
Et pour quel crime ?
Ces membres des familles du groupe de Zahra Boudkour ont eu l'outrecuidance, de vouloir assister au procès de leurs enfants.
Un droit que garantit, pourtant, la loi.
Mais, dans ce simulacre de procès, il n'y a qu'une loi, celle des tortionnaires et les sécuritaires et où les témoins sont interdits de pénétrer dans la salle d'audience. Un procès où juge, procureur flics font bloc, ne font qu'un.
Zahra Boudkour est malade, très malade.
Il y a quelques jours, à son réveil, elle tombe évanouie.
Elle souffre d'une maladie gynécologique contractée lorsqu'elle fut soumise à la torture.
On lui refuse de voir un gynécologue.
Le médecin de l'hôpital la traite comme une mer.... En cela, rien ne le différencie des tortionnaires de la jeune fille qui malgré, tout cela, essaye de poursuivre ses études.
Mais, là aussi, le doyen de la fac où elle est inscrite , s'est juré d'avoir sa peau et de faire en sorte qu'elle soit exclue, inventant, à chaque fois, un prétexte pour atteindre son ignoble objectif . Et elle n'est pas la seule. Il en est de même pour Alea Ederbali.
Alors, elle a décidé de se mettre en grève une fois encore. La première avait duré 45 jours.
Plutôt mourir que de continuer à subir ces humiliations, ces privations, ces tortures physiques et morales.
Au siège de l'AMDH à Rabat, les familles des étudiants détenus racontent le calvaire de leurs enfants ainsi que le leur.
L'assistance est tétanisée devant ces mères courage qui osent parler sans fioritures avec des mots drus.
Des mots qui font mal, terrifient, scandalisent, vous glace la sang des les veines.
Et si c'était de vos enfants qu'il s'agissait ?
Courage aussi de nommer leurs tortionnaires : Abdelhak El Yacoubi et Ahmed Tawal.
Plus, ils sont décidés à les poursuivre.
Des témoignages qui confirment que nous vivons encore au Moyen-âge où la force fait loi.
Pendant ce temps, les Abbas ELlFassi, les Himma et autres Radi mènent une campagne électorale toute quiétude de conscience.
Alea Ederbali , Abdellah Rachidi, Jalal Elkotbi, Khalid Miftah, Mohamed Jamili, Mourad Chouini, Otman Chouini, Toufik Chouini, Mohamed Jaddi, Youssef Elaloui, Youssef Machdoufi.
Ne connais pas

Il faut dire qu'il y a longtemps « nos leaders politiques » ont décidé d'être aveugles et sourds aux malheurs, aux souffrances de ces torturés et de la nouvelle ère.
Un silence qui fait d'eux des complices d'un Tawal, d'un Yacoubi, d'un doyen de la fac, d'un médecin.
Au fait, les étudiants dont il s'agit n'ont pas plus de 23 ans.
Zahra en a 22 ans.
Et ce sont ces jeunes contre lesquels le gouvernement El Fassi mobilise tous ces moyens car font trembler leur gouvernance.
Pendant les années les plus noires du Protectorat, pendant les années les plus dures du règne de Hassan II, un tel acharnement contre des prisonniers d'opinion et leurs familles était inconcevable...