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samedi 6 juillet 2013

Maroc : Procès du journaliste qui a voulu débattre des absences du roi Mohammed VI


Par: Ignacio Cembrero 28/6/2013
Traduction de l’espagnol par Ahmed Benseddik

 Ali Anouzla, directeur du journal Lakome numérique, a été inculpé de diffusion de fausses informations sur une rixe tribale.
 « Le roi Mohammed VI, qui accumule de nombreux pouvoirs (Commandeur des croyants, Commandant en Chef des Forces Armées Royales, Président du Conseil des ministres, Président du Conseil supérieur de la magistrature et du Conseil supérieur des Oulémas, etc.), a-t-il le droit de s’absenter si souvent et si longtemps sans même annoncer la date et la durée de ses voyages à l’étranger ? Cette habitude royale pose un vrai problème constitutionnel, politique et moral. »
 Le seul journaliste marocain qui a osé poser cette question et apporter une réponse a été, le 4 Juin, Ali Anouzla, directeur du site numérique indépendant Lakome, dans un éditorial intitulé «De l’absentéisme royal». Il a publié le 4 Juin quand le souverain était en vacances en France. Au total, le monarque a consacré, depuis le début de l’année 2013, dix semaines à des voyages privés à l’extérieur du Maroc, en particulier au château qu’il possède à Betz, au nord de Paris.
 Ali Anouzla a été convoqué mardi 25 Juin par la police judiciaire de Fès et, le mercredi, par le procureur de la même ville. Il a été auditionné et accusé de «publication et diffusion, de mauvaise foi» de «fausses informations» et «faits inexacts» de nature à troubler l’ordre public. Il risque une condamnation en vertu de l’article 42 du code de la presse marocaine, à une peine allant d’un mois à un an de prison et une amende comprise entre € 110 et € 9.500.
   Quelle fausse information Anouzla a-t-il publié ? Le lundi 17 Juin vers 13h30, Lakome a repris une information publiée par RASSD, un journal numérique de Fès récemment crée, qui faisait état d’affrontements tribaux près de la ville ayant causé sept morts. A 14h, n’ayant pas pu vérifier la véracité de l’information, Lakome a retiré l’article en question, et peu après après 17h le site s’est excusé  auprès de ses lecteurs suite à cette erreur.
 Le directeur du site local à Fès a également été convoqué par le procureur. Il a avoué avoir inventé l’histoire en vue d’induire en erreur les autres journaux numériques d’information. Mais le parquet n’a pas convoqué les responsables des autres sites numériques qui ont publié la même information fictive, parfois pendant des jours, et qui n’ont pas pris la peine de s’en excuser.
    « Je me demande si mon inculpation pour diffusion de fausses informations n’est qu’un prétexte, et si les motivations sont ailleurs », explique Anouzla au téléphone. Le procureur était pressé. Il a fixé l’audience pour le 16 Juillet. S’il est reconnu coupable, Anouzla ira en prison. En 2009, un tribunal l’avait déjà condamné à une peine d’un an de prison avec sursis, conformément à l’article 42 du code de la presse. Comme il s’agit de récidive, il devrait cumuler les deux peines.
    À la fin Août 2009, le palais royal marocain a publié un communiqué expliquant que le roi avait attrapé une infection dite rotavirus, une maladie qui affecte les intestins et qui l’a obligé à «une convalescence de cinq jours.» «L’état de santé de Sa Majesté le Roi n’est pas préoccupant», conclut le texte de ce communiqué.
 Anouzla, qui dirigeait à l’époque le quotidien Al Jarida Al Oula, avait publié un article intitulé: « La maladie royale retarde les causeries religieuses et son déplacement à Casablanca ». Un autre article signé par la journaliste Bouchra Eddou, signalait, en citant un médecin anonyme, que « l’origine du rotavirus contracté par le roi est due à la consommation de corticoïdes contre l’asthme qui causent l’enflure du corps  et diminuent l’immunité». Ce commentaire médical lui a valu  la condamnation.
 Étouffé par le manque de publicité Al Jarîda Al Oula a fermé en mai 2010, mais huit mois plus tard, Anouzla, infatigable, lance le site numérique arabophone Lakome. Plus tard, il lance avec Aboubakr Jamai une version  francophone. Leur seule source de revenus pendant  des mois fut la publicité de Google. Mais le site a connu un succès indéniable. Quand il a appris qu’il était poursuivi, Anouzla a déclaré : « La ligne éditoriale de Lakome ne changera pas d’un iota. ». Ceux qui connaissent la presse marocaine savent tous qu’ Anouzla est sans doute le journaliste le plus indépendant.
 Lorsqu’il n’est pas poursuivi par la justice, Anouzla est l’objet de harcèlement de la part des médias proches des autorités. Lorsqu’en Avril, le Conseil de sécurité de l’ONU a renoncé à élargir le mandat des casques bleus au Sahara occidental (MINURSO), afin qu’ils puissent surveiller les droits de l’homme, plusieurs médias proches des officiels avaient annoncé que le journaliste avait tenté de se suicider et avait été hospitalisé dans un état grave.

mercredi 9 septembre 2009

40 heures d'interrogatoire

Par Khalid Jamaï, 9/9/2009

Très chers confrères, ALI ET BOUCHRA
« A MOULA NOUBA »
40 heures d’interrogation pour chacun de vous.
Je ne savais pas que vous étiez de si dangereux terroristes.
Plus d’une vingtaine de policiers, tous services confondus.
Et même un sous-secrétaire d’Etat à l’intérieur.
Et là, j’ai compris que nous étions, nous autres journalistes de très dangereux « malfrats », doublés de subversifs, armés jusqu’au dents d’armes, de surcroît de « Destruction Massive »
Bref, que nous serions de la graine des Saddam Hussein et autre Ben Laden.
Et ces armes ont pour noms : lettres, mots, adverbes, phrases, paragraphes, titres, sous titres, encadrés, sans oublier la ponctuation et surtout les points d’interrogation et suspension. En fait, notre arsenal se limite à deux alphabets : l’arabe avec ses 28 lettres et le français avec se 26 lettes.
En tout et pour tout : 56 lettres qui causent tant de cauchemars à nos gouvernants.
Je ne savais pas que, désormais, nos limiers sont devenus des experts en sémantique, en sémiologie, en sémiotique, en analyse du discours politique.
Il faut croire qu’ils sont devenus des adeptes de Roland Barth, de Derrida, de Freud, de Germas et autre Jakobson.
Mais, revenons à notre chère langue arabe, nos limiers linguistes ont dû potasser les ouvrages des grammairiens d’ « El Koufa » et de « Bassora » et approfondi les écrits d’ « El Jahid », de « Sibawaih », de « Zamakhchari », de « Abou Nawass » et devenus des spécialistes dans les sciences de l’exégèse du Coran, dans « Le Tafsir d’Ibnou Katir », dans la rhétorique.

Si c’est le cas, quel progrès ! Quelle révolution !
Ces « limiers » de l’analyse des textes, ces « spécialistes » de la dénotation et de la connotation, de Chomsky et sa grammaire générative, possèdent désormais tous les « instruments » pour nous « soumettre à la question » comme au moyen âge et ses tribunaux d’inquisition.
Les Torquemada de la nouvelle ère.
Les policiers loghayiwiun.
Bref, le ridicule ne tue plus et Kafka règne, désormais, en maître absolu, soutenu par Ubu roi, (voir Alfred Jarry).
Et tout cela pour un banal article sur la maladie du Roi.
Il faut dire que nous touchons là au sacré.
Je ne condamne, ni incrimine les policiers qui ont eu à subir, eux aussi, ces longues heures d’interrogatoire.
Et qui sont aussi victimes que toi Ali, que toi Bouchra.

C’est leur job, mais qu’ils on accompli dans le respect le plus total.
Ce que j’incrimine, par contre, ce sont ces « donneurs d’ordres » qui n’ont pas le courage, d’assumer leurs actes, je dirai, leurs forfaits.
Ils ont agi comme s’il s’agissait d’un quelconque secret d’Etat, alors que ce n’était que secret de Polichinelle.
Ces commanditaires voulaient savoir qui vous aurait informé, qui vous aurez briffé ?
S’ils avaient consulté Googel, ils auraient appris tout ce que la science connait de ce rétrovirus.
Par ailleurs, nous savons, nous autres journalistes, et bien d’autres que nous sommes sur écoute 24h sur 24h, donc, en principe, ils devaient tous ceux à qui vous vous étiez adressés. Alors de là à localiser votre ou vos informateurs, ce n’était que jeu d’enfant.
Mais, il fallait que vous « crachiez » le morceau. Vous étiez les invités de « l’hôtel » de police, et il vous demandait de « vous mettre » à table !!!!!!!.
En fait, ce que vous avez enduré était, peut-être, destiné à transmettre, à nous et à vous, le message suivant: nous vous avons à l’œil et « à l’oreille ».
Ils voulaient nous intimider, nous faire peur et surtout développer en nous l’autocensure et nous rappeler les ignobles lignes rouges.
Ils voulaient nous rappeler aussi les pires années de plomb et nous faire savoir qu’elles continuent et que leur page ne sera jamais tournée, car il y va du système de gouvernance dans ce pays, de leur avenir et surtout de leurs intérêts.
Ils ont des armes, des commissariats, des fallaka ; mais nous avons les mots, ceux que l’histoire incruste dans la mémoire des temps futurs.
Il faut dire que nous, nous sommes rentré dans l’ère de « Amoula nouba ».
Ce fut le « Journal », « Telquel », « EL Ayam », « Nichan », « Wijhat Nadar » et des dizaines d’autres quotidiens et Hebdomadaire qui eurent à subir les affres de la censure, des interdictions, des procès, des amendes faramineuses, uniques dans l’histoire de la presse.
Demain à qui le tour…
Pourtant : au début ce fut le mot. Le mot que l’on ne peut mettre derrière les barreaux, ni assassiner

De tout cœur cher Ali, chère. Bouchera

N.B : Au moment où ces lignes sont écrites, nous apprenons que la police a convoqué trois confrères d’ »El Ayam » et trois autres du « Mechaal » à qui nous apportons un soutient total et à qui nous disons « Apres qu’on entre, il ne reste que sortir»
Nous ne vous avons pas dit au début de cet article, que « Demain est proche » et que nous sommes entrés dans l’ère de « A qui le tour »,

Khalid Jamai Le 02/09/2009, publié en arabe dans « El Jarida El Oula »


زملائي الأعزاء علي و بشرى
"أملا نوبة"
أربعون ساعة من الاستنطاق لكل واحد منكم...
ما دار بخلدي يوما أنكم إرهابيون، يسكن أعماقكم شر مستطير وخطر عظيم داهم...
كيف؟
ما يزيد عن عشرين شرطي باختلاف انتماءاتهم، بل وحتى شخص "مهم" برتبة نائب لكاتب الدولة في الداخلية، اجتمعوا جميعهم عليكم كما يجتمع النمل على طعم معزول؟
إذن، آن الأوان لكي نفهم بأننا نحن معشر الصحفيين، أننا مجرد "مجرمين في منتهى الشر والخطورة".
نعم،" مجرمون ثوريون" مسلحون حتى أعناقنا بأسلحة الدمار الشامل، ويجري في عروقنا نفس الدم الذي كان يغلي في عروق صدام حسين، والذي لا زال يفور إلى اليوم في عروق بن لادن...
وهذه الأسلحة المدمرة الفتاكة اللسانية الصنع، التي تزرع الرعب والهلع أينما حلت وارتحلت تسمى: الحروف ...الكلمات...الجمل... الفقرات...و خصوصا، نقط التعجب ونقط الاستفهام...
من؟ كببف؟ لماذا؟
وبعبارة أوجز، فإن ترسانتنا المهولة أيها السادة، تتشكل مدافعها من 28 حرفا باللغة العربية، و26 حرفا باللغة الفرنسية. أي ما مجموعه 56 حرفا، كل حرف هو كابوس مفجع لحكامنا "الموقرين"، يقظ مضاجعهم ويطرد نوم الراحة والسكينة عن أجفانهم.
وفي الحقيقة، إذا ما ابتعدنا قليلا عن السخرية ورجعنا إلى جادة الجد فسوف نقول بأن مطاردينا البسال قد أصبحوا متضلعين في علم الدلالة، وعلم الأعراض، وعلم نظرية الرموز والدلالات، وكل العلوم الأخرى المتعلقة بتحليل الخطاب السياسي في "أجمل بلد في العالم".
وينبغي علينا الاقتناع فوق ذلك، بأنهم أمسوا من أتباع رونالد بارث، ودريدا وفرويد وجرماس وجكبسون وهلم جرا...
أما إذا ما رجعنا إلى لغتنا العربية الأم، فسوف نؤكد على أن" لغويينا المتمكنين" قد حفظوا عن ظهر قلب كل كتب نحويي ولغويي الكوفة والبصرة، ونهلوا من أسفار سبويه، والجاحظ، وأبا نواس والزمخشري، وتعمقوا في تفسير ابن كثير وغيرههم من أساطين اللغة والبلاغة والبيان، فأصبحوا بذلك فطاحل لا يشق لهم غبار في علوم التفسير والبلاغة وإعجاز القرآن..
إذن، إذا كان الأمر كذلك حقا فلا يسعنا إلا أن نصفق تقديرا وإعجابا بهذه الثورة الفكرية المباركة التي غزت عقول "حجاجنا الميامين" الذين بعثهم الله ليحسبوا علينا أنفاسنا الصاعدة والهابطة.
أجل، لقد أصبح هؤلاء" الصيادون" المتمرسون على اصطياد الطرائد السهلة والصعبة في غابات تحليل المقالات، أصبحوا من محترفي البحث في طيات التلميح والتعريض والاستعارة مما جعلهم يمتلكون جميع أدوات "الحرفة" لإخضاعنا نحن الصحفيين المشاكسين لشتى أنواع الإستنطاقات الشاقة الطويلة، تماما كما كان عليه الشأن في القرون الوسط و محاكمها التفتيشية، وما أقربها على بعد أمدها منا اليوم....
فمرحى إذن وألف مرحى بعهد جهابذة البوليس اللغويي، وفطاحلة الأمن البياني، من أستاذ مبرز، وعالم علامة، وشيخ فهامة، تركع أمامهم البلاغة وينحني البيان...
وبما أن السخافة لا تقتل، كما يقول المثل الفرنسي السائد، فإن كافكا سيسود ويحكم مدعوما ب"إيبو" الملك. (أنظر إلى ما كتبه ألفريد دي جاري).
وإذا تساءلنا عن السبب الذي قامت من أجله هذه القيامة الهوجاء التي جرت وراءها كل تلك الزلازل والأعاصير، فسوف نعلم ياعجبا أنه لمجرد مقال عادي جدا تكلم عن مرض الملك.
مقال مثل آلاف المقالات، لكن أساطين العلم الرباني فسروه على أنه ملامسة للمقدس وسقوط متهور في المحظور...
أنا لن أدين ولن أجرم هؤلاء الأمنيين الذين كان عليهم هم الآخرين أن يتحملوا عناء هذا الاستنطاقات المارطونية الرهيبة، فكانوا بالتالي ضحايا مثلك أنت ياعلي ومثلك أنت يابشرى سواء بسواء...
إنه عملهم الذين يكسبون من ورائه لقمة العيش الضامنة لحياتهم وحياة ذويهم، وقد قاموا به على أكمل وجه، عملا بقول النبي محمد صلى الله عليه وسلم: "كل ميسر لما خلق له".
ولكني أدين أولائك "الآمرين" الذين يتحركون من وراء الحجب ويجبنون أن يتحملوا أوزار تبعات أوامرهم، أو بالأحرى كبائرهم.
لقد تصرفوا وكأن الأمر يتعلق بسر خطير من أسرار الدولة، بينما هو سر تافه شائع يعرفه كل من هب ودب كسر" بولشلين".
هؤلاء "الآمرون" المتسترون وراء الحجب يودون معرفة المصادر التي استقيتم منها أخباركم...
أولا، كان عليهم أن يسألوا العم المطلع الخبير"كوكل" ليدركوا كل ما يعرفه العلم البشري حول ذاك الفيروس الارتدادي.
ثانيا، نحن معشر الصحفيين وآخرين من غيرنا، نعلم علم اليقين".
بأن هواتفنا تخضع للتصنت 24 ساعة على 24 .
إذن، هم يعرفون الأشخاص الذين توجهتم إليهم لاستقاء الأخبار، وبالتالي فإن تحديد المصدر بالنسبة إليهم هو مجرد لعب أطفال.
غير أن هذا لا يهمهم، بقدر ما يهمهم أن يروكم تقذفون ما بجعبتكم أنتم الذين نزلتم بين ظهرانيهم" كضيوف منعمين" في "فندق" الشرطة.
إنهم يطلبون منكم أن تجلسوا ملتفين حول مائدتهم و أن تفوحوا بكل ما "تكتمون"
وعلى كل حال، فإن ما تعانونه موجه إليكم وإلينا جميعا من أجل تمرير كذبة مؤداها:
" لا تخفى علينا منكم خافية، فنحن نطاردكم بالسمع والبصر وباقي الحواس الأخرى"...
أي بمعنى آخر: إن "الآمرون المتسترون" يريدون تخويفنا وتهويلنا وترويعنا، وبالخصوص، تثبيت وترسيخ الرقابة الذاتية في أرواحنا وعقولنا حتى لا نتجاسر مرة أخرى على تخطي ما يسمونه بالخطوط الحمراء.
إنهم يريدون كذلك أن يذكرونا بالسنوات التي كانت ذهبا عليهم ورصاصا علينا، ليفهمونا بأن تلك الحقبة المشؤومة لم تندثر كما يتوهم السذج، وإنما هي مسترسلة بانتظام وثبات، وأن صفحتهم التي تماثلوا بطيها لن تطو أبدا
لأن الأمر يتعلق بطريقة الحكم في هذا البلد، ويتعلق بالخصوص بمستقبل "الآمرون المتسترون" ومصالحهم التي يعظون عليها بالنواجذ، ويتشبثون بها كما يتشبث العلق باللحم الرخو الطري.
فلديهم الرصاص، ولديهم الكوميسيريات، ولديهم الفلقة، أما نحن، فما لدينا سوى الكلمات... الكلمات التي يحفرها التاريخ على ذاكرة الأزمنة المقبلة كما يحفر الناحت الحكيم آيات الحق على الصخر الجلمد.
فينبغي التأكيد أيها السادة على أننا دخلنا في حقبة إسمها: آمولا نوبة"، حقبة "على من سيأتي الدور؟" وإن غدا لناظره لقريب...
فبالأمس، كان دور "لوجرنال" ثم "تيل كيل" ثم "الأيام" ثم "نيشان" ثم "وجهات نظر" عشرات من الجرائد والمجلات، عانت جميعها من المنع والحجز والمحاكمات والغرامات الخرافية الفريدة من نوعها في تاريخ الصحافة عبر هذا العالم العاج بالعجائب والغرائب.
إذن، غدا على من سيكون الدور؟
بيد أنه في بدء البدء، كانت الكلمة ولا زالت، خالدة كخلود الأبد، لا يقوى أحد على شنقها ولا اغتيالها ولا حبسها وراء قضبان المعتقلات...
من أعماق القلب أحييكما، أخي علي وأختي بشرى.

ملحوظة:
في هذا الوقت الذي تكتب فيها هذه السطور، علمنا باستدعاء البوليس لثلاثة من صحفي الأيام وثلاثة من صحفي المشعل.الذين نشد على أياديهم و الذين نقول لهم "من بعد ادخل ما كابن غير اخرج"
ألم نقل ضمن هذا المقال:
إن غدا لناظره لقريب؟ و إنا دخلنا في عهد "أملا نوبة"؟

خالد الجامعي
ترجمة أحمد المرزوقي

mardi 8 septembre 2009

Liberté de la presse vs. sacralité de la santé du Roi

par Mounir Bensalah, Des maux à dire, 7/9/2009
Dans un geste progressiste, un communiqué du palais royal, premier du genre ( Cf communiqué sur la bonne santé du Roi ), informe les Marocains que « SM LE ROI EST EN CONVALESCENCE DE 5 JOURS, MAIS SON ÉTAT DE SANTÉ NE JUSTIFIE AUCUNE INQUIÉTUDE ». Nous ne pourrons que nous féliciter d’un acte de transparence de haute qualité et souhaiter un prompt rétablissement au Roi.
Le cœur du communiqué parle de « Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’Assiste, présente une infection à rotavirus avec signes digestifs et une déshydratation aiguë nécessitant une convalescence de cinq jours ».. Voilà ce qui donne envie au commun des mortels, de savoir ce que c’est ce
rotavirus.
La presse écrite marocaine s’est saisie de l’occasion de l’ouverture et de la transparence affichée par l’institution centrale du pays, et a cru, comme tout le monde, naïvement que « l’information est sacrée, le commentaire est libre ». Chaque publication fera son affaire pour donner le scoop, commenter l’événement de transparence inédit et surtout expliquer ce que veut dire ce mot bizarroïde de rotavirus.
Premier acte après la publication des dossiers, « Le parquet près le tribunal de première instance de Rabat a ordonné à la police judiciaire de diligenter une enquête minutieuse avec le directeur de publication du journal “Al Jarida Al Oula”, suite à la publication, le 27 août 2009, d’un article intitulé “la maladie du Roi reporte les causeries religieuses et Son déplacement à Casablanca”, ainsi qu’avec toute personne impliquée dans cette affaire ». Ali Anouzla et Bouchra Addou passent plus de 80 heures d’interrogatoires, notamment sur la source qui leur avait révélé que le Roi « était atteint d’asthme et qu’il est traité de médicaments à base de corticoïdes ». Mieux encore, le parquet ne se satisfait pas de deux journalistes. Il interpelle les journaux Alayam et Almichal.
Alayam a titré « la vérité de la maladie de Mohamed VI ». Dans son dossier, la publication se demande si le Roi « souffre d’une maladie de l’asthme » et martèle que « seul Dr Maouni, médecin du Roi, est capable de répondre ». Abdelkrim Elmanouzi, spécialiste de l’appareil digestif, figure de gauche de l’USFP, explique que le fait que « le Roi soit atteint du rotavirus est une chose normale, parce que c’est une maladie démocratique » ! Il ajoute « que c’est une maladie normale qui ne nécessite pas plus d’une semaine de convalescence ».
Almichal, quant à lui, a consulté un autre spécialiste, Boubekri Mohamadine, membre du PSU et président du syndicat libre des médecins. Le pauvre toubib de gauche a subi un interrogatoire pointu de plusieurs heures. Fait rapporté par Le soir Echos dans sa livraison du mardi 08 Septembre.
Dernier développement dans l’affaire, « Le directeur de publication du journal "Al Jarida Al Oula", Ali Anouzla et la journaliste Bouchra Edaou, auteur de l'article "La maladie du Roi reporte les Causeries religieuses et Son déplacement à Casablanca", publié par le journal, comparaîtront le 29 septembre devant le tribunal de première instance de Rabat », selon
un communiqué de la MAP.
Récapitulons : 10 journalistes ont subi des interrogatoires marathon, un médecin interpellé. Le communiqué officiel initial a parlé de « fausses informations concernant la santé du Roi » qui n’ont pas de lien avec « la vérité » que contient le communiqué. Je ne suis peut-être pas spécialiste de la presse, mais je ne comprends pas qu’il puisse exister, avec mon background, « une vérité » que la presse serait obligée de relayer. Bien sûr, comme d’habitude, quand tu fais taire ta presse, celle des autres, qui généralement n’a aucun souci national, profite pour te donner des leçons, ne serait-ce qu’
ici, ici et . Fekha yamen we7eltiha. Je pense à notre camarade khalidov, qui me traitera de tous les noms. Tout simplement, vous faites gaffe, après vous venez crier, au nom du patriotisme, que l’on soit solidaire face à cette presse, qui si vous la contrôliez, sera aussi sous le verrou. Et remarquez que je n’ai aucune sympathie pour cette presse, je défends tout simplement un principe universel, qui s’appelle la liberté d’expression, qui, selon l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme, veut dire « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. ». Je suis sûr que le Roi, comme il l’avait montré dans de précédent cas, fera signe d’indulgence et abandonnera la poursuite collective des journalistes !
Remarque qui n’a rien à voir avec ce qui précède. Le journal arabophone du parti du Premier ministre titre à sa une samedi dernier : « La campagne agressive contre ce chef d’Etat [Cf Kadhafi] frère est la cause de la convocation du président du Polisario en Libye ». Cela ne mérite pas une poursuite, dans la même logique, pour information abrutissante touchant la sacralité de la cause nationale !

vendredi 28 août 2009

Alerte rouge au Maroc : Rotavirus au Palais !


Par Pedro Canales,28/8/2009

L'alerte a été donnée dans les ambassades étrangères à Rabat à cause de l'état critique du roi Mohamed VI. Une information publiée ce matin par le journal espagnol El Imparcial. Voici son contenu :

Le roi du Maroc souffre d'une infection étrangère par rotavirus, selon le Palais royal. La Maison royale marocaine a émis ce jeudi un communiqué dans lequel elle rapporte que Mohamed VI a besoin d'une récupération de cinq jours, pour faire face aux "dérangements digestifs et à la déshydratation" provoqués par "un rotavirus".
Bien que dans le même communiqué le Palais royal affirme que son état de santé "ne suscite aucune inquiétude", les alarmes se sont déchaînés au Maroc et dans les ambassades occidentales à Rabat. "Il n'y a pas de précédents dans lesquels la Maison Royale informe des traitements médicaux qui affectent le Roi, et beaucoup moins dont elle donne des précisions sur l'origine virale de sa maladie", a déclaré à El Imparcal une source politique marocaine. "Si maintenant c'est fait, c'est parce que l'affaire peut être grave et ils veulent préparer l'opinion publique à une annonce postérieure".
"L'infection par rotavirus" a causé une grande surprise dans les milieux scientifiques et médicaux. "Le rotavirus affecte presque exclusivement les bébés. C'est la cause principale de la déshydratation et de la diarrhée. En Espagne des traitements sont ordonnés pour combattre le rotavirus depuis l'âge une année et demie", déclare Alfred Cuadrado à El Imparcial, un pédiatre avec des années d'expérience. "Qu'un adulte présente des symptômes d'infection aigue par rotavirus est exceptionnellement rare. En premier lieu parce que les adultes ont déjà créé le système de défenses immunitaire. Et en deuxième lieu, parce qu'en cas de contamination par ce virus, la symptomatologie est toujours légère".
Le Communiqué de la Maison Royale marocaine n'a fait que tirer les alarmes. "Ce qui est possible c'est que le traitement pour faire face à la diarrhée et une déshydratation ait pu se tromper dans les rythmes ou dans les doses", affirment des milieux scientifiques espagnols. En cas d'un traitement précipité et à cause d'un excès d'injection de sodium, le patient peut subir un oedème cérébral. Les premières impressions qui prévalent dans quelques milieux scientifiques espagnols ce sont que Mohamed VI soit victime des conséquences néfastes d'un traitement incorrect.
"Il est possible que le régime soit en train de préparer l'annonce d'une mesure qui touche au fonctionnement des institutions, et même à la régence même", a déclaré le journaliste marocain Mustapha Hairan à El Imparcial.
Dans les milieux diplomatiques on n'exclut pas la possibilité que le Palais Royal annonce la constitution d'un "conseil royal" qui assume, provisoirement, les fonctions de régence. Le frère du roi, Moulay Rachid, qui n'exerce aucune fonction institutionnelle officielle, pourrait s'occuper de "mener les affaires d'État", en attendant que le prince héritier, Moulay Hassan, le fils de Mohamed VI, arrive à la majorité nécessaire pour la succession. Le cousin du roi, Moulay Hicham, avait déjà proposé la création d'un "Conseil de famille" en suivant l'exemple de l'Arabie Saoudite. Ce serait un organisme capable de maintenir la continuité dynastique et d'éviter le vide de pouvoir qui peut dériver de l'absence prématurée du Roi ou d'une convalescence prolongée.

Traduction :
Diasposa Sahraouie