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mercredi 21 avril 2010

Bougrine Adieu et grand MERCI!



Par Mohamed Belmaïzi,20/4/2010
Je reviens d’une longue absence et j’apprends le décès du grand Mohamed Bougrine. Affligé et meurtri par cette injuste révoltante perte de l’un des nôtres, je lui décline ici toute mon admiration et mon respect.

Un homme de cette dignité si rare de nos jours. Toujours élégant et la noblesse transparaît de son visage rayonnant de bonté, complice des opprimés, avec une posture qui nargue les injustices, l’arrogance, la bêtise et le totalitarisme de ces pouvoirs étêtés prétendant à l’éternité. Un militant modèle, sans nul doute.
Je le mets dans la race humaine des Mandela dont la grande sagesse ouvre un nouveau chapitre sur des hommes loyaux et désintéressés qui se méfient du « Pouvoir », rejettent sans détour la folle aspiration de le monopoliser à vie… ainsi que les ravages qu’il provoque sur « l’élite » toujours prête à trahir, pour quelques dirhams, la parole donnée et les idéaux affichés et tant partagés.
Mohamed Bougrine nous lègue cette noble leçon de rester vigilants vis-à-vis de tout pouvoir aux leviers redoutables menant aux prestiges et corrompant si aisément l’éthique et la responsabilité morale propres aux combattants pour la liberté et la justice.
Mohamed Bougrine aurait pu, s’il voulait, mettre sa tête entre les autres têtes pour dire « je veux qu’on reconnaisse mes mérites et qu’on me donne la part du gâteau qui me revienne » ! Mais Mohamed Bougrine était un visionnaire et ne s’était pas laissé patauger dans de telles considérations si viles et si dévastatrices. Prisonnier sous les Trois Rois, notre grand Mohamed Bougrine savait que l’immobilisme makhzanien qui opprime et terrorise les citoyens n’était pas fatalement indécrottable et qu’il suffira d’une éthique intraitable pour le déraciner d’une simple chiquenaude.
Ton message mon cher Mohamed restera planté au fond de nos cœurs. Et mille mercis pour avoir été l’enfant miraculeux de ce pays du Couchant et le compagnon de lutte des militants sincères et amoureux d’un véritable changement dans ce pays qui se refuse à décoller.
Mon cher Mohamed, repose enfin en paix ! Un grand mérite pour un homme parti en jardinant !
Mes condoléances à ta famille et à tes amis.
Cordial,
Belmaïzi








dimanche 21 février 2010

La disparition du « Journal Hebdomadaire » et les fossoyeurs de la conscience vive du Maroc

Par Mohamed Belmaïzi, 13/2/2010
Constamment, et de plus en plus clairement, nous touchons du doigt, et surtout du cœur, la tragédie qui se prépare dans le pays du Couchant.
Un État qui pointe son collimateur sur la contestation pour l’étouffer, la punir et l’anéantir. Un État qui terrorise les forces de la Nation qui pensent, qui critiquent et qui proposent. Un État sourd aux interpellations constructives et non destructrices « haddama » comme le pense son élite. Un État qui prétend s’accaparer des principes des droits humains en imposant un « Conseil Consultatif des Droits de l’Homme » (CCDH), pour mieux détruire de l’intérieur ce combat légitime, essentiel, indispensable et consubstantiel à la société civile. Un État qui se refuse à se structurer autour d’une Constitution démocratique. Un État qui glorifie la sacro-sainte Impunité et qui célèbre les bienfaits de la Corruption. Un État qui brise la vie de 850 familles (travailleurs à l’OCP) en les licenciant sans indemnité ni couverture sociale, pour avoir osé se syndicaliser. Un État qui autorise les siens de semer le désordre et le désarroi contre une population démunie de tout État de Droit, à Khénifra, à Sidi Ifni ou ailleurs. Un État avec un dossier noir des violations très longues à détailler ici…
Cet État-là, est un État sans perspectives modernes, ni visions clairvoyantes qui projettent le pays dans un avenir vivable et enviable. Cet État-là est dépourvu de gouvernance.
Les interdictions et les censures sont devenues dans ce pays, un sport national. L’Histoire de notre pays est jalonnée de censures, de disparitions de journaux, de brutalités et torture contre les intellectuels récalcitrants qui n’ont pas la langue dans leurs poches. L’Histoire ne pardonnera jamais à cet État qui a interdit, entre autres, la revue « Souffles » dans les années soixante. Une honte d’avoir jeté en prison des intellectuels d’une race de penseurs inédite dans notre pays et à l’échelon mondial, par leur apport original et si précieux.
Et aujourd’hui, sous nos yeux, un journal unique par sa grandeur et sa contribution si frétillante d’idées neuves, qui dessillent les yeux et posent les fondements d’un débat mirifique, en vue de sortir notre pays du tunnel de l’archaïsme et du féodalisme, vient d’être terrassé, et avec lui tout un mouvement d’éveil, une sorte de Nahda (renaissance)… et quelle Nahda salvatrice !
En interdisant le « Journal Hebdomadaire », l’État porte atteinte à toute une génération qui est née, s’est émancipée et a grandi avec ce souffle novateur qui a structuré toute une démarche responsable et tout un système d’analyse des plus performants. Cette génération aura tant à dire sur l’Histoire prometteuse et promise de ce journal.
Car, au sujet de ce dernier, des témoignages, des écrits et des thèses paraîtront. Et nul doute, que la génération cultivée et formée par le « Journal Hebdomadaire », prendra le maquis de l’Internet, si ce n’est déjà fait depuis belles lurettes. Et ainsi, ce journal, non seulement il ne mourra jamais, mais il reviendra nous éclairer quand le pays sombre au fond de la nuit, puisqu’il est à prévoir une cascade d’interdiction-déluge… un tsunami balayant tout un édifice rédempteur.
L’ensemble des chancelleries, ainsi que l’opinion nationale et internationale, ont noté, avec dégoût et écœurement, la désastreuse disparition du « Journal Hebdomadaire ». Car leur conviction basée sur la reconnaissance d’un contrepouvoir destiné à faire avancer la démocratie et l’État de Droit, se trouve exterminée par les rouages d’une élite parvenue, imbue de ses prestiges et de son extrême monopolisation des richesses et du pouvoir. Et tout devient plus clair comme le jour : le Maroc de ces nantis ennemis de la démocratie et de l’État de Droit, se refuse à décoller !
« Le Journal Hebdomadaire » nous a formés et nous sommes ses enfants et ses redoutables témoins. Car notre dette de sens est immense envers ce journal qui nous a tant donné.
Mais qui pourrait nous bâillonner, sans risquer de combattre les moulins invisibles ?

vendredi 22 janvier 2010

Le CCDH, pourquoi faire ?

Par Mohamed Belmaïzi, 22/1/2010

Maintenant que cet organisme étatique donne signe de vie et fait entendre de lui –toujours en mauvais et en négatif– nous devons toujours garder à l’esprit, dans quel contexte historique, il a été créé : l’opinion nationale et internationale a fait pression sur ce régime coupable de tant d’exactions, de torture, d’assassinats et de disparitions. Le livre déterminant de Gilles Perrault « Notre ami le roi » a joué son rôle pour agiter l’opinion française et secouer l’hypocrisie d’une certaine élite française au pouvoir, bien habituée aux Zarda somptueuses dans les palais et les hôtels prestigieux du Maroc.


Et nous voilà devant une histoire rocambolesque : un Etat qui a toujours violé la paix sociale et piétiné les libertés fondamentales, se proclame, soudainement, détenteur des valeurs suprêmes des droits humains. Une audace unique dans l’histoire de l’humanité et de la répression. Une conversion miraculeuse qui, apparemment, a subjugué tant de militants politiques marocains qui étaient, eux-mêmes, victimes de la tyrannie des décennies qui n’en finissent pas de nous poursuivre, comme un mauvais sort.
Une aberration historique s’est déclenchée et nombre de militants se sont piégés par cupidité et profit (ta3mir achkayr) ou par naïveté et « bonne volonté ».

Le fameux Premier ministre de l’Alternance Abderrahmane Youssoufi qui qualifiait les exactions du régime d’Hassan II, de « crime contre l’humanité », est une figure monumentale qui a donné le ton à cette aberration unique dans l’histoire de la répression. D ’autres militants du côté de la cause du peuple marocain, sincères ou naïfs, se sont laissés aller dans le sillage d’une moussala7a « chi bass ma kayne », pourvu que les choses changent !!! Et en catimini… que leur salaires faramineux se versent régulièrement…

Parmi eux, il y en a qui sont allés jusqu’à gérer les contentieux d’un Etat coupable et aux abois, pour le défendre et enterrer sciemment les revendications qu’ils n’ont cessé de crier (Une Constitution nouvelle ; Séparation des pouvoirs ; un Etat de Droit). Mais que dit l’instable Harzenni à ce sujet ?

Des militants d’antan sont devenus des tyrans à leur manière, noyant le pays dans une impunité ravageuse (disparitions non élucidées : Ben Barka comme exemple !) qui n’en finit pas de ruiner notre pays.

Maintenant que les années de plomb reviennent et tentent de nous sombrer dans la déprime, les injustices, l’arbitraire des arrestations et violations… et ce dossier ne finit pas de s’amplifier…, on ne comprend pas pourquoi des militants « de bonne volonté » au sein du CCDH, qui ont, peut-être, cru bien faire, ne démissionneraient- ils pas ??!!!

En tout cas, la conscience vive de notre pays et les énergies de la société civile plus alerte que jamais, ne désarmeront pas, et restent toujours vigilantes et critiques, avec nos yeux pointus sur les méfaits des opportunistes et des incultes arrogants qui n’ont aucune vision, et donc aucun avenir.

dimanche 29 novembre 2009

Conflit OCP : La Commission européenne doit rappeler à l'ordre les autorités marocaines

Par Mohamed Belmaïzi, 27/11/2009

Le 19/10/2009, Mohamed Belmaïzi a demandé à la commission européenne « d’enquêter sur la situation dramatique et horriblement inhumaine pour rappeler à l’ordre les autorités marocaines qui opèrent un retour vertigineux à l’esclavagisme d’antan » : le licenciement de 850 ouvriers remplacés par des retraités, condamnant à la misère autant de familles avec femmes et enfants.
« Un état de maltraitance que nos sociétés européennes ont combattu pour la dignité et l'émancipation de l'Homme. Il ne peut y avoir deux poids deux mesures. Ces valeurs sont universelles et en tant qu'européens, nous ne pouvons tolérer la confiscation des droits et fermer les yeux sur des comportement que nous avions combattu et continuons à le faire »

Réponse de Madame Janssen, le 11/11/2009
Cher Monsieur Belmaizi,
Je vous remercie de votre mail du 19 octobre dernier, par lequel vous attirez notre attention sur la situation de 850 ouvriers licenciés pour avoir fondé un syndicat en vue de protéger leurs intérêts.
Nous vous assurons suivre cette affaire de près, via notre Délégation à Rabat qui est en contact avec différentes organisations non gouvernementales dans le domaine des droits de l'homme, et notamment l'Association Marocaine des Droits de l'Homme.
Par ailleurs, nous soutenons la liberté syndicale au Maroc via l'Initiative européenne pour la démocratie et les droits de l'homme. En effet, nous avons octroyé à ce titre une subvention d'un montant de 124.000 € au projet du syndicat Organisation Démocratique du Travail, qui est en cours d'exécution. (...)

De Mohamed Belmaïzi, 27/11/2009
Chère Madame Janssen,
Je vous suis bien reconnaissant pour l’intérêt que vous portez à ce qui se déroule au Maroc. Les litiges se multiplient et l’Etat, concentré dans les mains d’une seule personne, en sa qualité de roi, supporté par une élite inculte qui l’entoure. Le Parlement marocain n’a aucune utilité, puisque l’ensemble du levier du pouvoir est entre les mains du roi qui décide de tout. Cette « démocrature » a assez duré. 
 Et il vous revient d’aider la société civile à instaurer un État de Droit dans ce pays qui a une grande et noble histoire avec l’Europe. Votre soutien est effectif, mais la déliquescence de la gouvernance est telle que tout acquis est menacé de disparaître. Alors que la résistance et la bataille pour les principes universels des Droits Humains sont hautement constructives et bien structurées.
A ce propos, permettez-moi d’attirer votre attention sur le fait que les militants de l’Association des Droits Humains (l’AMDH) sont les premiers exposés, aujourd’hui, aux arrestations, aux intimidations et aux emprisonnements sans motifs valables. Parler des Droits Humains au Maroc, devient un délit de lèse-majesté.
C’est pourquoi, un Comité de soutien à l’AMDH, dont je suis membre, s’est constitué ici à Bruxelles pour informer l’opinion et être partenaire utile pour contribuer à l’Etat de Droit au Maroc.(...)

mardi 20 octobre 2009

Quel sens donner au non-sens de ces licenciements (850 ouvriers sans couvertures sociales) ?


Par Mohamed Belmaïzi,20/10/2009
Il est clair pour l’observateur que le contexte, dans lequel ces licenciements ont été décidés, n’est pas anodin.
D’abord, il s’enracine dans la crise financière internationale. Le capitalisme criminel a conduit toute la planète dans un gouffre sans fond, en portant atteinte aux plus fragilisés des terriens : des licenciements tout azimut partout dans le monde ; paupérisations et misères dans le Sud ; désarroi et suicide au Nord. Des usines ferment partout dans les pays riches ; leurs succursales font de même dans les pays pauvres. Alors que les prix de produits de premières nécessités augmentent en flèche pour affamer et asservir les êtres humains…
Ensuite, les petits nantis de nos contrées croient retenir la leçon pour échafauder – en se basant sur une analyse biscornue et barbare – une alliance criminelle avec les méfaits d’un capitalisme aux abois, décrié de toutes parts. C’est ainsi qu’ils croient s’autoriser impunément de licencier les 850 ouvriers de l’OCP.
Or, ces nantis incultes occultent les conséquences incalculables de ces licenciements. Sur fond d’une culture makhzénienne basée sur l’arbitraire et la Hogra, ces nantis sont décidément aveugles pour mener le pays à sa perte, en menaçant la stabilité – déjà si fragile – et la paix sociale au Maroc.
Car, non seulement ils licencient les 850 ouvriers pour avoir organisé un syndicat défendant leurs droits et leurs intérêts… mais nos obscurantistes nantis vont parfaire leur vision diabolique en engageant des retraités pour les laminer et leur sucer le sang, au su et au vu du droit et des valeurs universelles !!
Mais, il faut ajouter à ce climat macabre édifié par l’Etat-de-Non- Droit, que ces 850 ouvriers n’ont ni couverture sociale, ni indemnité au chômage, à l’instar des ouvriers du Nord…
Ce mauvais calcul d’une gouvernance sans éthique et qui devient illégitime, par la force des choses, aura du sens et de la consistance dans les combats que les 850 ouvriers, alliés objectifs de la majorité des citoyens laissés pour compte dans notre pays, vont mener.
Et tout dépendra du rapport des forces qui penche clairement pour les revendications légitimes des ouvriers. Toute autre logique répressive mènera à la catastrophe

samedi 18 juillet 2009

Débat - Le bilan de 10 ans de règne est nul, d'accord, et après ?

L'approche du 10ème anniversaire de l'accession au trône de M6 (30 juillet 1999) appelle naturellement des bilans. Le quotidien français Le Monde consacre une série d'articles à ce bilan. Oublions l'article consternant de l'ex-gauchiste Driss El Yazami, qui est un véritable hymne à la gloire du Palais sur le thème : "Tout Va Bien mais ça pourrait aller encore mieux" pour aller directement à celui d'Aboubakr Jamaï, qui interpelle la gauche de Sa Majesté : "La balle est largement dans le camp de cette élite de gauche qui a pactisé avec Hassan II. Promouvoir les valeurs progressistes ne peut se faire en se cachant dans les jupes d'une monarchie peu respectueuse de l'Etat de droit. Le temps est venu d'un grand débat, en fait de ce que les constitutionnalistes appellent "un moment constitutionnel" : les élites progressistes doivent accepter la souveraineté populaire ; elles ne doivent plus exclure la possibilité (non acquise d'ailleurs) de voir les nouveaux acteurs dits islamistes gagner les élections et accéder aux manettes de l'Etat."
SOLIDMAR ouvre le débat avec deux premières contributions. Envoyez vos contributions à solidmar05@gmail.com

Le bilan institutionnel étant "nul", le temps est venu d'un grand débat
par Aboubakr Jamai, Le Monde, 15/07/2009
Le Royaume du Maroc n'est pas une démocratie. Pour s'en convaincre, il suffit d'en lire la Constitution ou d'en observer les us et coutumes politiques. Deux points de vue sur l'intérêt d'une libéralisation politique dominent. Pour les uns, les Marocains ne sont pas mûrs pour la démocratie : la stabilité et le développement du royaume requièrent une main de fer. C'est le mythe du despotisme éclairé. Et puis il y a ceux qui estiment que la construction d'institutions démocratiques passe par une phase de transition. Au cours de celle-ci, le roi doit mettre une partie de son pouvoir au service d'une libéralisation graduelle et apaisée des institutions. Avec cette deuxième catégorie, on est toujours dans le concept du despote éclairé. Sauf que le souverain, désintéressé et soucieux d'agir pour le bien commun, est censé contribuer activement à la démocratisation du pays. Il existe un consensus tacite, datant des années 1990 : la structure autocratique des institutions est acceptée, mais seulement en contrepartie d'un engagement de la monarchie en faveur d'une ouverture du système - graduelle, certes, mais réelle. C'est dans cet esprit qu'Hassan II a offert à l'opposition socialiste d'intégrer le gouvernement et que celle-ci a accepté. Dix ans après son intronisation, Mohammed VI a-t-il respecté les termes de ces engagements ? Une analyse sérieuse des faits ne permet qu'une seule réponse : non. La modernisation politique du Maroc se mesure à l'aune de deux paramètres : la réforme des institutions et l'élargissement de l'espace public - les acteurs sociaux devenant autonomes et libres de parole. Pour ce qui est des institutions, le bilan de ces dix dernières années est tout simplement nul. Rien n'a été fait pour entamer une réforme constitutionnelle. Pis encore, aux yeux de la monarchie : évoquer la réforme de la Constitution confine au blasphème et expose ses promoteurs à la marginalisation politique et aux foudres des médias aux ordres. Pour ce qui est de l'élargissement de l'espace public, le bilan du "nouveau" règne est au mieux médiocre. Une société civile jugée trop dynamique et autonome a vu son espace vital se réduire. L'arme de la monarchie ? La Fondation Mohammed V. Cette organisation fondée par Hassan II en 1997 a vu sa puissance décuplée par l'organisation annuelle d'une campagne dite de solidarité nationale. Les Marocains sont invités à y faire leurs donations directement, à charge pour cette fondation de redistribuer cette manne aux ONG "méritantes". Inutile d'ajouter que les ONG aux vues un peu trop indépendantes en sont exclues. Même processus dans le monde des affaires, un autre domaine dans lequel le fils a surpassé le père. Le roi est aujourd'hui, à titre privé, le premier banquier, le premier industriel et le premier assureur du pays. Son statut de chef d'Etat, intouchable de par la Constitution, fait réfléchir à deux fois ceux qui seraient tentés de le concurrencer. Tant pis pour la libre entreprise et les effets bénéfiques de la concurrence pour le consommateur. Ce n'est pas tout. Un des phénomènes principaux apparus lors des dernières années du règne d'Hassan II : le processus d'autonomisation du patronat marocain, est aujourd'hui inversé par la mise au pas de sa principale organisation, la Confédération générale des entreprises marocaines. L'agora s'est rétrécie : les Marocains lisent moins de journaux, participent moins aux élections. Faut-il donc tout jeter de ces dix années de règne de Mohammed VI ? Peut-être pas. Il a eu des poussées modernisatrices. Mais, pour chacune de ces initiatives, que d'accès d'autoritarisme ! Les effets bénéfiques de la réforme du statut de la femme, réforme importante, où la sincérité et l'engagement de Mohammed VI ont été au-dessus de tout soupçon, sont sérieusement atténués par un système judiciaire profondément corrompu.

LE SILENCE ET LES COMPROMISSIONS
L'impact du travail de l'Instance équité et réconciliation, censée faire la lumière sur les atteintes aux droits de l'homme durant le règne d'Hassan II, est largement dilué. D'une part par les limites imposées à sa mission - telles que la non-divulgation des rapports d'enquête et l'interdiction de nommer les tortionnaires, encore moins de les poursuivre en justice. Et, d'autre part, par la persistance de la pratique de la torture. Amnesty International et Human Rights Watch ont publié des rapports révélant l'existence d'un centre de torture secret situé à quelques kilomètres du palais royal, à Rabat. Il y a, enfin, la guerre enragée contre la presse indépendante, faite d'interdictions, de répression judiciaire et de boycottage publicitaire. Cet hégémonisme royal commence à sérieusement inquiéter. Comment moderniser le pays et assurer sa stabilité avec des intermédiaires sociaux aussi décrédibilisés et en l'absence de compétences dans l'environnement de la monarchie ? Réponse : il faut que les élites retrouvent leur crédibilité. Qu'elles soient politiques ou économiques, elles doivent abandonner leur attitude passive vis-à-vis de la monarchie, lui signifier ses manquements. Car si la monarchie s'est accaparée autant d'espace, c'est que les élites et les partis politiques le lui ont permis par leur silence et leurs compromissions. Il leur faut aussi cesser d'attendre de la monarchie qu'elle arbitre les débats fondamentaux : agissant d'abord pour préserver sa toute-puissance, elle ne peut pas être désintéressée. La balle est largement dans le camp de cette élite de gauche qui a pactisé avec Hassan II. Promouvoir les valeurs progressistes ne peut se faire en se cachant dans les jupes d'une monarchie peu respectueuse de l'Etat de droit. Le temps est venu d'un grand débat, en fait de ce que les constitutionnalistes appellent "un moment constitutionnel" : les élites progressistes doivent accepter la souveraineté populaire ; elles ne doivent plus exclure la possibilité (non acquise d'ailleurs) de voir les nouveaux acteurs dits islamistes gagner les élections et accéder aux manettes de l'Etat. Les islamistes doivent, eux, s'engager à préserver les libertés politiques, religieuses et culturelles des Marocains. Dans le meilleur des mondes, ce processus bénéficierait du soutien de la monarchie. Espérons que cela reste possible.
Aboubakr Jamai est journaliste, ancien directeur du "Journal hebdomadaire" .


Premières réactions

Saïd Sougty,17/07/2009
Boubker Jamai est une des figures qui ont brillé ses dernières années dans "la presse indépendante" des partis politiques. Ce qui lui a valu son installation aux USA pour garder la liberté de sa plume.

Cette introduction est pour vous exprimer ma déception à la lecture de son texte. Il est totalement décalé dans le temps. De nouveaux éléments d’analyse s’imposent aujourd’hui à tout commentateur de la scène politique marocaine :
Ø le PJD est un mouvement totalement domestiqué, et devient un paramètre pour résoudre les équations du régime. Donc, nous sommes loin de sa conquête du pouvoir,
Ø La création du Parti Authenticité et Modernité n’est pas à négliger. Ce support publicitaire, qui devait amener les citoyens à croire aux institutions en perte de vitesse, s’est vu faire du réchauffé des plats du FDIC. Sa mission a totalement échoué devant le fort taux de boycott.
Ø L'ex-Koutla ne suscite plus d'espoir populaire; elle est réduite à une roue de secours. Pire encore, ses dirigeants transformés en notables sont prêts à tout type d’alliance, pourvu qu’ils restent à leur place. Ses partis, par manque de combativité, produisent, peu ou prou, de militants.
Ø L’'émergence de nouvelles forces politiques qui répondent aux aspirations populaires soient ponctuelles, locales ou nationales, et acquièrent le statut d’un pôle de changement, forçant le respect par leur lutte sans compromissions aucune. Je cite haut et fort les enchômagéEs, les étudiants de base, la grande AMDH et tout naturellement la Voie Démocratique, ATTAC, l’Alternative…
Je dirais que le texte de Boubker Jamai ci-dessous manque de toute investigation dont il nous a souvent habitué. Est-ce que le régime gagne des points en obligeant au départ des journalistes (le cas de Ali Lamrabet aussi), ou tout simplement c’est une réponse d'un fils désobéissant répondant à Khalid JAMAI qu'il n'a rien à attendre de sa lettre adressée à Mohamed VI, car le roi est mouillé jusqu'à l'ONA dans les écueils formulés ??
Said Sougty

Au Maroc
Par Belmaïzi, 17/07/2009
Voilà plus de 50 ans que les cris d’alarme retentissent sans interruption. Au moins trois générations ont inscrit valablement leurs griefs vis-à-vis de ce régime qui, sottement, se croit puissant et immuable. La loyauté de la critique et de la contestation constructives sont remarquablement orchestrées, par les véritables voix encadrant les aspirations de la majorité des citoyens. Elles visent, sans détour, l’élaboration d’une société juste, émancipée et démocratique. En somme un État de Droit.

Depuis l’Indépendance, l’idée fondamentale qui surgissait et continue aujourd’hui à s’exposer au refus catégorique et agressif du roi et de son institution (l’entourage des béni oui-oui), est celle qui exige que le monarque règne et ne gouverne pas.

Une revendication logique, moderne et pleine de bon sens. D’ailleurs le roi Mohamed V, à l’aube de la décolonisation allait s’y résoudre s’il n’avait pas été happé par la pesanteur, la pression et les complots de coulisses – (jusqu’à sa mort… : dans le livre de Ignace Dalle « Les Trois Rois », l’auteur signale que Mohamed V, sous pression et las d’être roi, était sur le point de quitter le Maroc en emportant avec lui tout un butin…) – des mafieux à l’appétit dévoreur. Ils ont réussi à semer l’immoralité dans les rapports entre l’Etat et le Citoyen. La Hogra et la répression sont devenues un système de valeur.

La société civile, aujourd’hui plus outillée que jamais, est une force de proposition et de changement pour garantir un pays paisible, géré par une morale politique et une bonne gouvernance. Tout y est, mais le régime, enfoncé dans une lourde surdité, continue dans sa culture de mépris et de cécité.

Lorsqu’un pouvoir n’écoute pas les forces vives de la nation et qu’il ne fournit aucun effort pour canaliser les énergies en vue de la construction d’un véritable État de Droit. Et lorsque la gouvernance est gangrenée par la corruption de tout genre, par l’empire de l’impunité, par l’arbitraire de la féodalité (on a vu l’exemple de la terreur semée à Khénifra par la famille royale), par la violence répressive, gratuite et superbement inutile (Ifni et sa population martyre), par les bastonnades des manifestants paisibles (force de proposition) , par les emprisonnements à tout bout de champ… et pour n’importe quelle franchissement de lignes rouges… Lorsque les citoyens n’ont plus le goût de participer à la mascarade des élections, blasés qu’ils sont par la dérive et la perversion des cupides et des opportunistes…

Bref lorsque toutes les portes du futur sont fermées et que les horizons s’avèrent sombres et sans espoir, on peut commencer honnêtement à dire tout haut que ce pays n’appartient qu’à une certaine élite bornée qui va le précipiter dans les abîmes abyssaux.

Et du coup, ouvrir le débat sur un questionnement juste et dialectique, s’avère légitime : ce régime et cet État sont-ils fondamentalement légitimes, vu la profondeur du fossé entre une minorité écervelée par le prestige et le pouvoir, et les aspirations légitimes, ancrées dans l’Histoire et la tradition de notre pays ?

On ne peut continuer de tourner indéfiniment autour du pot.


jeudi 16 juillet 2009

رسالة مفتوحة من خالد الجامعي إلى الملك محمد السادس Lettre ouverte au Roi

2009/07/11,Khalid Jamai خالد الجامعي


لقد طفح الكيل. . وبلغ السيل الزبا. . ولم يبق في قوس الصبر منزع

سيدي،

تُطارد كلماتنا.

تُصلب جملنا.

يحاولون تقييد أفكارنا بالأغلال من خطوط حمراء.

تُسَفَّه كتاباتنا.

تُلاحق جرائدنا، أسبوعياتنا ومجلاتنا.

عدد منا عرف السجن وحتى بعض أشكال التعذيب.

كلنا أصبحنا تقريبا "سجناء" افي سراح مؤقت.

وهذا منذ سنوات.

نُتهم بأننا عدميون وأنه ليست لدينا إلا نظرة وخطاب سلبيين حول ما يجري في بلد يزعمون أنه "أجمل بلد في العالم".

ننعت كطابور خامس يزرع اليأس وسط الشعب ويحبطه.

سيدي،

محاكمات تتعاقب بسرعة غير مسبوقة

لم تشهد المملكة قط نظيرا لها

محاكمات هزلية، سخيفة، جعلت المغرب عرضة لسخرية الأمم.

"محاكمة الحجرة المقدسة"، "محاكمة العمارية المقدسة" "محاكمة المدونين"، فؤاد مرتضى وحسن برهون الذين تعبأ من أجلهم آلاف من مستعملي الانترنت من مختلف مناطق العالم.

"محاكمات بدعوى المس بالاحترام الواجب لشخصكم" والتي تعطي الانطباع بأن المواطنين المغاربة لا يولون أدنى احترام لكم وللعائلة الملكية.

والعكس هو الصحيح.

أضف إلى ذلك المؤامرة التي دبرها الهمة على "لوجورنال إيبدومادير" (قضية الرسوم الكاريكاتورية للنبي) وتوظيف كلود مونيك* في محاكمة أخرى ضد نفس الأسبوعية.

محاكمات أدارها بعض القضاة مفرطين في الحماس، رغبة منهم في أن يكونوا ملكيين أكثر من الملك.

محاكمات يقف أمامها المرء مذهولا.

محاكمات لا تتوفر فيها الشروط التي يجب أن تتوفر في المحاكمة العادلة.

محاكمات أجبرتم فيها، أنتم بأنفسكم، على التدخل، أكثر من مرة، مستعملين فيها حقكم في العفو لتجنيب هذا البلد سخرية أكبر.

سيدي،

عدد من الجرائد والأسبوعيات لم تنشر البارحة افتتاحياتها، تاركة البياض يعم المكان المخصص لها.

وهذا يذكرنا، للأسف، بفترات سوداء من تاريخنا.

ولم تصل هذه الجرائد والأسبوعيات إلى هذا الموقف إلا مجبرة.

إنها صرخة إنذار.

سيدي،

خلال السنوات الأخيرة، لجأ مضطهدونا، مستأصلو الصحافة المستقلة، إلى توظيف العدالة، مخترعين سلاحا جديدا:

سلاح الغرامات التي انطلقت من 50 مليون سنتيم مع الدعوى القضائية التي رفعها وزير الشؤون الخارجية السابق ضد "لوجورنال إيبدومادير"، لتتجاوز، اليوم، 500 مليون، دون الحديث عن "تعليمات" مملاة على عالم الأعمال من أجل عدم إعطاء أي إشهار لصحف اعتبرت "سياسيا غير صحيحة"، بل تخريبية، معللة ذلك بتعليمات آتية "من الأعلى".

خصومنا، أعداء أي دمقرطة حقيقية في هذا البلد، يبدو أنهم وقعوا على قرار موتنا، وقد يكونون بصدد تنفيذه.

لكن إعدامنا لن يخفي الحقائق ولن يحل المشاكل التي تعاني منها بلادنا، بل على العكس من ذلك.

هذا الهجوم ضد حرية الصحافة والرأي ليس إلا دليلا إضافيا عن النقص في الديمقراطية التي يعاني منها البلد. بلد لم يعد شعبه يثق في شيء والذي أبان، خلال الانتخابات الأخيرة، عن رفضه لطبقة سياسية حولت المشهد السياسي المغربي إلى "سوق دلالة" مع "شانقيه"و سماسرته ووسطائه.

سيدي،

هذه اليوميات، هذه الأسبوعيات بصحافيها ومسؤوليها، طرقت جميع الأبواب، وتوجهت إلى كل المسؤولين لتصون حقوقها وتضمن حريتها في التعبير و لكن بدون جدوى.

إن المتغنين بالأمس بحرية التعبير هذه، زعماء أحزاب "الكتلة": الاستقلال، الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبية والتقدم والاشتراكية أصبحوا جلاّدي و "توركيمادا" هذه الصحافة ومطاريدها بدون هوادة. ناهيك عن الأمنيين.

سيدي،

أنتم تسودون وتحكمون.

ولقد اخترتم ملكية تنفيذية وصرحتم بذلك علنا.

اليوم، أنتم السلطة، وكالمالك الوحيد لهذه السلطة، نتوجه إليكم من أجل إيقاف هذا الهجوم العسفي وهذا الإضطهاد الذي يلاحق الصحافة المستقلة.

إننا لا نتسول امتيازا، بل نطالب بحق.

أتينا إلى العالم وصرخنا صرختنا الأولى، صرخة لا يمكن لأحد أن يقيدها.

كان الخليفة عمر يقول: "الحرية حق تعلنه ساعة الميلاد".

سيدي،

لسنا سلطة رابعة.

إننا سلطة مضادة.

سلطة مضادة لفضح انحرافات واختلالات حكامة يبدو أنها أخذت منعطفا خطيرا.

مجبرين ومضطرين، تحولنا إلى مؤرخين،وسوسيولوجيين،و سياسيين، واقتصاديين من أجل تحليل ونقد واقع يصبح ، يوما بعد يوم، أكثر إيلاما، أكثر ضررا، محاولين تغطية النواقص وملأ فراغ وهزالة الأحزاب السياسية.

لقد تمكنت أنظمة الحكم، بفضل عمل الصحافة، أن تتحصن ضد أضاليل و أكاذيب بعض مسؤوليها.

سيدي،

لا يمكن أن توجد أي حرية حقيقية للصحافة والرأي الديمقراطية بدون عدالة حرة ومستقلة.

إنها ضمانتنا الوحيدة.

ولكن نحن مضطرون،

اليوم أن نسجل أن هذه العدالة أصبحت في خدمة السلطة التنفيذية والتشريعية، وذالك ما أقر به عدد من المسؤولين، ومن بينهم الوزير الأول، عباس الفاسي، الذي صرح منذ زمن ليس بالطويل : "يجب أن ينصت القضاة إلى ضميرهم وليس إلى هواتفهم النقالة".

إن أولئك الذين يخوضون المعركة ضدنا لا يختلفون عن "الدون كيشوت" وحربه ضد المطاحن العاملة بالرياح لأنهم لا يفقهون شيئا في التاريخ و تحولاته.

وهكذا ينسون أننا في حضارة جديدة، حضارة تعدد فيها وسائط الإتصال، الانترنت، الهاتف النقال ، الحاسوب: أدوات لا يمكن أن تلجم والتي مكنت الملايين من متابعة، تقريبا "بالمباشر"، أحداث إيران والهندوراس كاشفة، في نفس الوقت، عن أعمال القمع والتزوير والاستغلال التي تقوم بها الأنظمة في هذه البلدان.

في المغرب كذلك،إن أحد المواطنين هو الذي أتى بالدليل القاطع على القمع الوحشي التي تعرض له سكان سيدي إفني، مفندا تصريحات عباس الفاسي وشكيب بنموسى وذالك بالبث على موقع "يوتوب" تسجيلا حيا يفضح، بالصورة و الصوت، هذا القمع الوحشي .

كما إن قناصة "سيدي إفني" "وتارغيست"، هم الذين أتوا بالحجة الدامغة عن ارتشاء بعض رجال الدرك والشرطة.

وهكذا، عرف المغرب، على غرار دول أخرى، وبفضل الهاتف النقال، ذي آلة تصويره المصغرة، والانترنت بزوغ "المواطن الصحافي".

اليوم، هم عشرات، غدا سيكونون مئات وفي غضون بضع سنوات سيغدون ملايين.

وهكذا أصبحت الدولة وأجهزتها، ومن الآن فصاعدا، تحت حراسة عالية.

وهكذا كذلك قد يتحول كل مقهى انترنت إلى وكالة للأنباء توفر المعلومات بالمباشر وتعري أشكال الاستغلال والقمع التي تحدث في الجهات الأكثر نائية في المملكة..

ومع ذلك سيدي، الصحافة في هذا البلد سند لكم، لأنها غالبا ما تقول ما يُخفى عنكم وما يكتم عليكم.

بدون هذه الصحافة المستقلة ، هل كنتم ستسمعون يوما عن بوشتى البودالي وموته الرهيب، عاريا مقيدا إلى قضبان زنزانته؟

وقد جالت صورته المرعبة العالم.

بدون هذه الصحافة المستقلة ، هل كنتم ستسمعون، يوما، الحديث عن التعذيب المروع الذي ألق بزهرة بودكور، هذه الطالبة البالغة عشرين ربيعا، والتي تُركت عارية لمدة ثلاثة أيام في زنزانة بمفوضية الشرطة جامع الفنا، تنزف دم حيضها ، والتي رفض السماح لها بطبيب لعلاج مرض من أمراض النساء ألم بها نتيجة المعاملة السيئة التي تلقتها؟

بدون هذه الصحافة المستقلة، هل كنتم ستسمعون ،يوما، عن مأساة "أنفكو" الذين أحطتم ساكنتها بعنايتكم؟

بدون هذه الصحافة المستقلة، هل كنتم ستسمعون، يوما، عن حفصة أمحزون التي شوهت وجه مواطنة على مرأى ومسمع من العالم مستغلة روابطها مع العائلة الملكية؟

واللائحة أبعد ما تكون عن الحصر.

سيدي،

يلاحقوننا باسمكم.

وباسمكم يضطهدوننا.

وباسمكم يقاضوننا.

وباسمكم يحكمون علينا.

وباسمكم ينطقون بالأحكام:سنوات سجن، وغرامات مذهلة.

سيدي،

يقول الله تعالى "إن جاءكم فاسق بنبإ فتبينوا أن تصيبوا قوما بجهالة فتصبحوا على ما فعلتم نادمين" سورة الحجرات. فلا ثقة في الذين يوسوسون ضدنا.

وحدكم بإمكانكم أن تضمنوا لهذه الصحافة حقوقها، في انتظار ان تضمنها عدالة مستقلة ، عندما تدخل السياسة قاعة المحكمة تخرج العدلة من هذه القاعة.

سيدي،

إن صحافة كاملة الحرية هي الضمانة الحقيقية لديمقراطية حقة والحصانة المنيعة ضد الخروقات والشطط في ممارسة السلطة وتفاشي الرشوة والحد من اللاعقاب. كما يمكنها أن تكون آلة ناجعة في النمو الإقتصادى.

سيدي

"لقد طفح الكيل. . وبلغ السيل الزبا. . ولم يبق في قوس الصبر منزع"


Mon cher ami Khalid,

Si j’étais le Roi, j’aurais été ébahi par ta lucidité et je t’aurais pris pour mon meilleur Conseiller. Je t’aurais écouté et j’aurais obéi illico à ta lumineuse vision ancrée dans l’Histoire et entre les aisselles perlées de sueur de ceux qui feront le Maroc de demain.

Si j’étais le Roi, je mettrai ta Lettre Ouverte sur un écran géant pour la consulter nuit et jour, m’imprégnant de son souffle éthique qui n’a pour intérêt que la paix, la démocratie, l’émancipation d’un pays appelé à devenir, tôt ou tard, beau et liiiiiiiiiiiiiiiiiiibre !!!

Si j’étais le Roi, à force de lire ta Lettre Ouverte, je me serais rendu compte qu’un homme comme moi ne peut rester indéfiniment otage d’une institution qui l’emprisonne. Je serais allé jusqu’à annoncer par « décret » que le Roi « règne » et « ne gouverne pas ». Sachant d’ailleurs que je ne suis pas issu d’un suffrage universel… Et quand je dis « règne », ce n’est pas que je défends mon trône bec et ongles, à vie (car je sais qu’aucun pourvoir ni dynastie ne sont éternels), mais seulement pour jouer le modérateur, le fédérateur, le garant de la démocratie et de l’Etat de Droit. En somme, je ferai comme mes autres collègues rois et reines des pays du nord.

Si j’étais le Roi, à force de lire ta Lettre Ouverte, j’aurais fait table rase de tout ce système qui m’emprisonne et nous emprisonne tous. J’aurais opté fermement pour un Maroc nouveau où jamais l’on emprisonne les gens pour leurs opinions, ou l’on va cabosser les jeunes diplômés mis au chômage, pour la justice sociale et l’égalité des chances qu’ils revendiquent.

Si j’étais le Roi, j’aurais déserté les encombrantes infos du journal télévisé où l’on ne voit que Moi partout, ubiquité d’un personnage surnaturel. J’aurais dit aux journalistes : assez de mentir et travaillons le pays ensemble et que chacun apporte sa pierre à l’édifice de notre maison. Pourquoi c’est toujours Moi qu’on affuble du ciment et de la pierre que je dois inaugurer ? Je leur dirais aussi : Assez de ces « tables ronde » qui nous aveuglent et n’aboutissent jamais à rien de concret.

Mais comme je ne suis pas le Roi, je t’invite, mon cher Khalid, à manger avec moi des sardines magistralement grillés, accompagné d’un pain croustillant qui vient de sortir du four de notre quartier… Sardines à manger en face de la mer, cet océan qui nous appartient, et que personne ne peut nous le retirer... Quoique…

Nous sommes nés Rois, même devant le braséro qui siffle et nous prévoit un thé chaud et bien monté d’odeur de menthe fraîche qui nous soule d’espoir et d’amour.

Mon cher Khalid,

Comme je ne suis pas le Roi, je me cantonne dans les mains de mes semblables d’infortune que tu cites dans ta Lettre Ouverte, pour résister à leur côté… et je te dis : heureusement que tu es toujours là, au bon moment !!

Cordial,
Belmaïzi

lundi 13 juillet 2009

Les scandales des tantes du roi

Par Belmaïzi, 13/07/2009

Encore une fois, ce dossier sent l’arbitraire et la violation de la liberté de la presse. Pire, ce qui est visé c’est l’anéantissement de toute presse qui dépasse les lignes rouges. Or ces lignes rouges c’est la prohibition stricte de dénoncer la terreur semée sur toute une région par quelques personnages se réclamant de la Maison Royale.

● A ce sujet, les témoignages sont édifiants. Ce sont les ONG de la défense des Droits de l’Homme, qui devraient déposer conjointement plainte et suivre ce dossier en Justice.

● Dans un Etat de Droit et chez les démocraties du Nord, il y a ce qu’on appelle le « Droit de Réponse ». La fameuse association de la famille « AMEHZOUNE » aura tout le loisir de disposer d’un « Droit de Réponse », si elle se revendique innocente et au-delà de tout soupçon… alors que tout indique que c’est une bande de voyous et de terroristes !

● Exemple : j’ai été moi-même cité en Justice par un énergumène marocain pour l’avoir traité d’opportuniste et d’Amicaliste dans un journal belge. Il a été débouté et sa requête rejetée... justement pour le motif qu’il existe un « Droit de Réponse » et qu’en démocratie, on ne cite pas les gens en Justice pour avoir critiqué un régime, ou les gens qui sont obséquieux à ce régime. Et le directeur de ce journal n’a jamais été inquiété. Ça aurait été un ENORME scandale si on lui avait interdit d’accomplir son métier !!!

● La Justice ne peut devenir un souk RENTABLE de marchandage et une machine à ruiner les citoyens. Elle ne peut interdire l’exercice du journalisme au directeur d’ALMICHAAL Driss Chahtane, ni accorder cette somme faramineuse (100 000 €) qu’on lui demande de payer… somme qui est, elle-même, une preuve de la rapine qu’opèrent les requérants dans cette région.

● Quant au président de l’AMDH de Khénifra, Mustapha Addari, il a fait son devoir de dénonciation et a répondu aux plaintes de nombreux citoyens, victimes de cette mafia ravageuse de Khénifra. C’est un homme modèle de probité, et défend les valeurs qui caractérisent l’Etat de Droit…

● Si la Justice marocaine se met du côté de la bande citée plus haut, ce pays se ridiculisera de plus en plus et affichera son insolente tare d’une République Bananière… !

jeudi 2 juillet 2009

Jugement des sept militants d'Annahj

par Belmaïzi, le 2 juillet 2009

Le jugement des sept militants d’ANNAHJ, demain (vendredi 3/7/2009), est, non seulement une stupidité, mais il est anachronique et sans fondements. Anachronique, parce que les Marocains ont bien changé et évoluent vers la modernité politique, alors que l’Etat et ses élites sont restés au stade de la féodalité et du totalitarisme makhzanien. Sans fondements, parce que, qui dit vote dit que la société est régie par un système démocratique. Et donc tout citoyen appelé aux urnes vote ou ne vote pas, ou vote blanc. Mais si la campagne électorale a été couverte par les médias qui donnent la parole à l’ensemble des partis, tout parti doit donc jouir de son droit à l’expression libre et sans contraintes. L’Egalité des chances est, dans ce sens, un concept obligé pour la paix et le « contrat social ». Les partis qui appellent des voix pour être élus, ne peuvent être distingués ou privilégiés devant les partis comme ANNAHJ qui appellent au boycott des élections. D’ailleurs depuis que le Maroc est « indépendant », toutes les élections n’ont strictement rien apporté à notre société, comme le dit si bien Farid Halli. Les magouilles à profusion, la corruption à coup de walima et de couscous, de paires de balgha et de dirhams. Et que l’on se rappelle les massacres et les violences du temps de la tyrannie (un Front (« ajjabha » par-ci un autre Front par-là) avec les chaînes des vélos ou des motos. Aujourd’hui la barbarie a changé de visage, elle n’est plus ce qu’elle était. La triche se fait « light » et mieux civilisée. Mais on ne peut tromper indéfiniment les Marocains.

Un parti ne peut être jugé pour avoir appelé au boycott des élections. La démocratie – si démocratie il y a au Maroc – lui assure sa plage d’expression dans les médias, et le débat contradictoire devient un signe de bonne santé d’une société. D’ailleurs ANNAHJ sait très bien que nombre de citoyens sont blasés de cette éternelle mascarade des élections. Et que le boycott est de fait une réalité spontanée et palpable chez beaucoup. Mais l’appel au boycott de la part d’ANNAHJ est motivé par l’instauration d’un débat productif sur ce qui se passe dans ce pays qui dérive et se refuse à décoller…

Un parti ne peut être jugé que s’il appelle à la haine, au racisme et à la violence. On ne peut juger les militants d’ANNAHJ que si la Constitution marocaine stipule que les élections sont obligatoires et que tous les citoyens doivent accomplir ce devoir, comme le fait la Constitution belge, par exemple, où tous les Belges sont obligés de voter…

Le dossier est bourré de vide et ne peut tenir la route. C’est un procès politique qui renie et bâillonne toute parole qui n’obéit pas au « consensus ». C’est pourtant la voix de la majorité, silencieuse y compris. Et s’il y a infraction du code électoral, elle est du côté de l’Etat qui prive, par un déficit flagrant d’organisation administrative au niveau des inscriptions, nombre de citoyen de voter. Légalement c’est le système makhzanien qui doit être condamné – et je ne parle même pas, ici, des fraudes et des marchandages. Alors, qui doit juger qui ???

Si l’on condamne les sept militants d’ANNAHJ, le monde entier saura que le Maroc s’enfonce dans les dérives et les contentieux graves qui s’accumulent, s’accumulent, s’accumulent !!

Quant à certains militants de la gauche qui rêvent de changer les choses de l’intérieur en participant à la mascarade électorale, ils savent bien maintenant que c’est chose impossible. Cette gauche non seulement, elle doit tirer les leçons de son errance, mais elle a le devoir de se solidariser avec ANNAHJ et travailler pour constituer un pôle de gauche productif. Cette gauche s’est fait avoir à maintes reprises, à cause de ses analyses erronées et qui ne tiennent pas la route. « Le loup » dit le proverbe, « on ne la lui joue qu’une seule fois ». A bon entendeur salut !

Les militants à l’étranger pensent fortement aux militants d’ANNAHJ en regardant dans les yeux El Yazami qui trahit les idéaux pour lesquels nous restons fidèles…

vendredi 26 juin 2009

Un bateau ivre ou un bateau drogué qui chavire… ?!

par Belmaïzi

Décidément, l’Etat marocain et son élite persistent et signent. Aucun décollage ne sera prévu pour que notre pays puisse voir une éclaircie. Tout concorde à obscurcir tous les horizons et à insulter nos mémoires et nos espoirs.

Le chapitre des violations des droits de l’Homme s’enrichit de jour en jour. De contentieux en contentieux, de provocation en provocation, l’élite au pouvoir se range fermement du côté de la politique de la terre brûlée, et par conséquent du mépris de l’Histoire et des aspirations des citoyens.

Les emprisonnements des étudiants à Marrakech, à Fès, Meknès et diverses villes. Chakib Khyari, un homme intègre avec un dessein de moralité et de démocratie pour son pays, contre la corruption et l’enrichissement illégale à travers la drogue, vient d’écoper de 3 années de prison. Le nombre d’arrestations, de procès et d’intimidations deviennent monnaie courante. La répression conjuguée à l’arbitraire et à l’injustice semés par une caste au-dessus de la loi, déshonorent les partis politiques qui participent à la mascarade des élections et la cosmétique démocratique.

Par-ci, à la ville de Khénifra la valeureuse, meurtrie par la barbarie d’une Hafsa Amahzoune, tante maternelle du Roi, qui répand la terreur dans la population. Par-là le cas de la jeune journaliste Fatima Abouzzit agressée par un individu au-dessus de la loi, puisque protégé par son frère haut placé… ou zid ou zid ou zid…

Cette liste macabre est certainement bien succincte. Mais elle indique clairement que notre combat pour l’établissement d’un Etat de Droit, est plus que jamais une nécessité et une urgence, toujours au diapason du souffle contestataire. Notamment celui qui a régné dans la vaillante ville martyre de Sidi Ifni.

Oui, Sidi Ifni – une révolte qui rappelle ce qui se passe en Iran – tient le flambeau de tous nos espoirs de changer ce pays qui nous est cher, en véritable Etat de Droit. Et l’AMDH qui fête ses 30 années de combat et de résistances prouve bien que la lutte peut être longue… mais à la mesure de nos espoirs, notre patience et de notre pertinence.

samedi 13 juin 2009

Quelle que soit l'issue de ces fameuses élections communales...

par Belmaïzi
Quelle que soit l’issue de ces fameuses élections communales, le signe, claire et sans ambiguïté, est donné par les mouvements sociaux qui contestent le mensonge, la manipulation, le féodalisme, la monopolisation des richesses et le gaspillage des deniers publics, et qui demandent une nouvelle gouvernance, une démocratie participative, un Etat de droit.

Et tout démocrate, qu’il soit d’une obédience ou d’une autre – (notamment, et surtout, les petites formations de gauche qui pensent et rêvent en miroitant la réflexion autour cette idée insensée de « changer les choses de l’intérieur »… sans tirer les leçons des « erreurs du passé », alors qu’ils ne font que déforcer de l’intérieur une véritable gauche qui devrait être soudée autour des idéaux justes et des aspirations des mouvements sociaux) – a la responsabilité et le devoir de soutenir et de rejeter l’hystérie orchestrée autour de Annahj Addimoucrati. Car Annahj addimoucrati, que l’on soit d’accord avec ses orientations ou non, est une formation politique ancrée dans l’Histoire du Maroc et qui porte avec sérieux, compétence et abnégation les aspirations des mouvements sociaux…

Quelle que soit l’issue de ces fameuses élections communales, le pouvoir est sommé de changer de cap, de se défaire de sa folle tactique de la politique de « la terre brûlée ». L’Etat et son élite doivent assimiler une fois pour toute que le Maroc a bien changé, et que l’autoritarisme féodal ne peut en aucun cas réutiliser la répression des années de plomb. Ce sera à coup sûr sa perte avec le pire des déluges.

Est-ce sur le jeu de l’« Après moi le déluge » que l’élite et l’Etat misent le tout ?!!