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mercredi 9 septembre 2015

L’enfer des mots




Tazmamart


Le point sur un genre littéraire apparu il y a une vingtaine d’années au Maroc et qui nous remémore les sombres heures de notre Histoire récente : la littérature carcérale.

La production carcérale entre dans le paysage intellectuel marocain durant la première moitié des années quatre vingt dix. L’assouplissement du régime, la préparation d’un nouveau règne, la recherche d’une concorde nationale et la fin des deux blocs ont eu des conséquences bénéfiques sur l’édition au Maroc et plus généralement sur la liberté d’expression. De nouvelles maisons d’édition vont naître, des voix naguère bâillonnées, retrouvent leur liberté de parler et de témoigner. C’est alors qu’un genre nouveau, entre le témoignage, le journal et le roman à thèse, soutenu par une presse indépendante, prend pied et entreprend de restituer la mémoire d’une époque que les générations précédentes ont bien connue. La recherche de la vérité, le devoir mémoriel font leur chemin et si la réconciliation nationale reste possible on se demande encore comment faire lorsque l’on ne peut ni punir ni pardonner.

L’Histoire à rebours commence en 1991 lorsque Gilles Perrault écrivain et journaliste français lance un pavé dans la mare en publiant Notre ami le roi. Le livre interdit au Maroc est pourtant dans la bouche de tout ce que compte la société marocaine comme politiques, intellectuels, universitaires et cadres. Il relate des faits dont les Marocains ont entendu parlé mais qu’à de rares exceptions près, tous préfèrent taire. Il lève le voile sur un jardin secret du règne de Hassan II, rescapé de deux attentats odieux, mais justicier sans scrupule. Ce réquisitoire contre un roi réputé intelligent, cultivé et moderne va ébranler la classe politique marocaine qui se prépare à vivre un moment important de son histoire. L’événement, de surcroît, touche en la personne du roi, la fierté nationale. Le régime desserre l’étau sur des morts vivants. L’un d’eux prend sur lui de relater des faits exempts autant que possible d’impressions personnelles ou d’émotions, sources potentielles de distorsion de la vérité.


Et d’abord les militaires

Tazmamart cellule 10 d’Ahmed Marzouki est à cet égard emblématique. Il ouvre une série de témoignages qui viennent dire avec effroi ce que l’homme peut faire endurer à l’homme. Longtemps tenu secret, le bagne de Tazmamart va livrer toutes ses horreurs. A la suite du premier coup d’Etat à Skhirat dans lequel les cadets d’Ahermoumou sont, par leurs officiers, jetés aveuglément, Marzouki restitue des faits que la mémoire tente aussi fidèlement que possible de reproduire. L’homme n’est pas un écrivain tant s’en faut. Militaire de carrière, par ses aveux, il souhaite participer à un devoir de mémoire et lever l’opprobre qui pèse sur lui et ses camarades de bagne. Son témoignage prend la forme d’un collectif dont l’auteur ne serait qu’un porte parole parmi d’autres. Le récit se veut débarrassé des jugements péremptoires, il fait place lui-même par moment aux défaillances de la mémoire, il reste pudique sur les relations entre camarades de bagne. Un souci de vérité est en permanence mis en avant, on veut coller à l’événement, on souhaite que celui-ci parle de lui-même pour dire l’horreur. Le livre connaît un franc succès aussi bien à l’étranger qu’au Maroc et Marzouki sort grandi d’un anonymat tragique qui jusqu’ici l’avait comme ses camarades écarté de la cité des hommes.

Suivront d’autres témoignages du calvaire de Tazmamart. Opération Boraq F5 d’Ahmed El Ouafi à titre d’exemple. A la différence de Marzouki, El Ouafi choisit de commencer par la fin, ce mercredi 15 septembre 1991, jour mémorable où le souverain va gracier les rescapés de Tazmamart. Le livre relate les événements du deuxième coup d’Etat, l’attaque du Boeing royal par des avions de chasse partis de la base militaire de Kénitra et qui l’interceptent au dessus de l’espace aérien marocain. Là aussi le récit tente de vaincre l’oubli et, à sa façon, retrace la vie de ces sous-hommes dont l’existence même est niée.

samedi 29 août 2015

Révélations. L'histoire secrète de “Notre ami le Roi”

Souvenez-vous!
(AFP)28/8/2015
Publié en 1990, “Notre ami le roi” est un livre-culte qui a révélé au monde entier la face sombre de Hassan II. Tout au long de sa rédaction, Son auteur, Gilles Perrault, avait subi d’intenses pressions. Pour la première fois, il raconte.

La genèse d'un livre
“Au début de l'année 1989, Edwy Plenel, un ami de longue date, alors journaliste au Monde et responsable d'une collection chez les éditions Gallimard, m'a contacté, me disant qu'il avait, lui, et une certaine Christine Daure Serfaty que je ne connaissais pas encore, un projet à me soumettre. Ils voulaient que j'écrive un livre sur le Maroc sur la base des informations que devrait me procurer madame Serfaty. Le but étant de révéler, notamment aux Français, la face cachée du régime de Hassan II. Un régime qui torture, qui enferme les gens sans jugement… à deux heures de vol seulement de Paris. Christine et Edwy n'ont pas eu à insister pour me convaincre, j'ai tout de suite accepté leur proposition. D'une part, parce que Plenel, que je connaissais depuis pas mal de temps et dont je respecte les valeurs et les idées qu'il défend, était partie prenante dans l'affaire. Mais aussi parce que madame Serfaty, dès notre première rencontre, m'a donné l'impression qu'elle maîtrisait parfaitement le sujet. Elle représentait, à mes yeux, un gage de sécurité. Et puis, au moment où on est venu vers moi, j'étais déjà très sensible à la cause des droits de l'homme au Maroc. 

mercredi 11 février 2015

Gilles Perrault va débattre sur le régime de Mohamed VI à Bruxelles

livre Omar Brouksy

L’écrivain Gilles Perrault, l’auteur du livre à succès qui secoué la monarchie marocaine de Hassan II au début des années quatre-vingt-dix, « Notre ami le roi », a accepté l’invitation du jeune maroco-belge Radouane Baroudi pour parler du livre du journaliste Omar Brouksy, « Mohammed VI derrière les masques » et en débattre.
Alors que le livre du prince Hicham El Alaoui, noblesse alaouite , « Journal d’un prince banni », n’a pas été interdit au Maroc, celui de Brouksy l’est.
C’est dire toute la différence, et le deux poids deux mesures, que le ministre de la communication, l’islamiste Mustapha El Khalfi, fait entre deux deux citoyens marocains.
C’est donc à Bruxelles, où on peut acheter le livre, qu’on débattra de l’ouvrage d’Omar Brouksy.
Avec Gilles Perrault, il y aura outre l’auteur du livre, l’historien Maâti Monjib et le sociologue et anthropologue belge Daniel Menschaert. Fouad Abdelmoumni assurera la modération.
La conférence aura lieu le 14 mars à 17h00 au théâtre 140 (au 140, avenue Eugène Plasky, 1030 Bruxelles). Entrée libre.
Saboteurs envoyés par l’ambassade ou le consulat général du Maroc à Bruxelles s’abstenir SVP.
Demain
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dimanche 7 décembre 2014

Point n°67 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc


Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

Point n°67 sur la campagne de parrainage des prisonniers politiques et d’opinion au Maroc

Avec un peu de retard, nous joignons à ce point l’allocution de l’ASDHOM lors de sa soirée de solidarité du 21 novembre dernier ainsi que quelques photos et vidéos. Dans cette allocution, l’ASDHOM est revenue sur le bilan de deux années de sa campagne de parrainage tout en consacrant une grande partie au Forum Mondial des Droits de l’Homme (FMDH) que le Maroc devait accueillir du 27 au 30 novembre 2014 à Marrakech. L’occasion pour l’ASDHOM d’expliquer pourquoi elle avait décidé de ne pas aller donner quitus en se rendant à ce forum.
Cette rencontre, tenue en présence de l’écrivain Gilles Perrault, parrain de notre campagne de parrainage, a été organisée dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale (SSI) en partenariat avec la Mairie de Nanterre. Dans son message adressé à l’occasion, le Maire-adjoint, Hassan Hmani, a dit sa « solidarité avec les prisonniers politiques, qui se retrouvent enfermés de manière arbitraire, pour n’avoir d’autres torts que de réclamer le respect de droits politiques ou civiques, et de revendiquer une liberté d’expression élémentaire. » Et le Maire-adjoint d’ajouter que « la situation du Maroc, (le) touche personnellement et directement et que toute la municipalité de Nanterre est aussi particulièrement préoccupée par la situation alarmante des prisonniers politiques et d’opinion dans ce pays. »
Profitant de sa présence, l’ASDHOM a tenu à rendre hommage à Gilles Perrault en lui remettant un tableau symbolique comportant le titre honorifique de « Citoyen d’honneur du Maroc ». Titre que l’ASDHOM lui avait décerné en 2010 en compagnie d’autres démocrates français pour leurs actions en faveur des libertés démocratiques au Maroc. Dans son mot de remerciement, Gilles Perrault a réitéré son engagement auprès des défenseurs des droits de l’Homme au Maroc et a rappelé que « parrainer un ou une prisonnière politique représente un geste de solidarité élémentaire auquel nul ne doit se dérober. C’est briser la solitude que peut ressentir celui ou celle qu’on parraine. C’est réconforter les familles. C’est aussi et surtout démontrer au pouvoir que ses victimes ne sont pas à sa merci, ignorées du monde extérieur, livrées à sa vindicte. »
Comme on l’avait annoncé avant cette rencontre, l’ASDHOM a lancé lors de cette soirée de solidarité une campagne de cartes postales dans le cadre de celle de parrainages commencée en 2012. L’une est à adresser directement aux détenu-e-s d’opinion pour leur dire notre soutien, l’autre à adresser au Ministère de la Justice et des Libertés au Maroc pour interpeller à travers lui l’Etat marocain sur la situation faite à ces victimes de la détention politique.
Cette campagne de cartes postales est soutenue par Amnesty International, le MRAP et l’ACAT. Si cette dernière a dit, dans son message pour excuser son absence, qu’elle « soutient totalement le parrainage lancé par l'ASDHOM et que nous espérons qu'à travers ce soutien au prisonniers victimes de torture et / ou de détention arbitraire, nous parviendrons à briser leur isolement et à amener le Maroc et la communauté internationale à prendre conscience du fait que de telles violations des droits de l’Homme ne peuvent rester impunies et ne devraient être tolérées dans un pays qui se targue dans les fora de l'ONU d'être à la pointe de la lutte contre la torture. », Amnesty International et le MRAP ont pris la parole pour expliquer le sens de leur engagement en faveur du combat pour le respect des droits de l’Homme au Maroc. Les représentantes d’Amnesty International (local et France) ont fait état des échanges et surtout des dernières tracasseries et interdictions que le Maroc a opposées à leur organisation. Rappelons que depuis qu’Amnesty International a décidé de travailler sur le dossier de la pratique de la torture en l’incluant parmi les cinq pays pris comme cas d’étude, le Maroc lui a interdit la tenue de son camp pour jeunes l’été dernier et il lui a refusé également la visite de sa mission au Maroc.
Après ces trois organisations, nous avons donné lecture du message de l’Eurodéputée du groupe de la Gauche Unitaire Européenne, Marie-Christine Vergiat, qui a tenu à nous faire savoir qu’elle « fait partie de ceux et celles pour qui l'évolution des droits de l'Homme au Maroc suscite doutes, interrogations et même inquiétudes. Le nombre d'acteurs "politiques" au sens large du terme (étudiants, militants du mouvement du 20-Février, société civile, artistes et journalistes) qui connaissent des difficultés sur le plan administratif mais aussi judiciaire pour ne pas dire répressif au Maroc est là pour en témoigner. » Elle a ensuite évoqué trois cas qui lui paraissent emblématiques de cette situation et pour lesquels elle souhaite tout particulièrement s'engager : Wafa Charaf de Tanger, Amina Mourad de Ouarzazate et son compagnon de lutte Bennacer Ismaini, ainsi que le jeune boxeur Zakaria Moumni qui vient de déposer une nouvelle plainte contre X dans son affaire qui l’oppose au patron de la DGST, Abdellatif Hammouchi.
Avant de clore la soirée, l’ASDHOM a donné la parole à un jeune ancien prisonnier politique sahraoui, venu de Smara, pour témoigner sur les conditions de détention des prisonniers politiques sahraouis en général. Une jeune citoyenne franco-algérienne, vivant en France, a pris également la parole pour parler du calvaire de son frère depuis qu’il a été arrêté à Tanger lors de ses dernières vacances, en compagnie de ses amis. Comme d’autres Franco-Maghrébins, en prison au Maroc, il a subi différentes sortes de torture et d’humiliation lors des interrogatoires avant que la police marocaine ne reconnaisse son erreur d’identification. Et au lieu de le libérer, la justice marocaine lui a trouvé d’autres motifs, montés de toutes pièces, pour le garder en prison.
Comme vous l’avez constaté, ce point a été consacré à la dernière soirée de solidarité de l’ASDHOM avec les prisonniers politiques et d’opinion au Maroc. Nous reviendrons sur la campagne de parrainage proprement dit lors du prochain point pour faire une mise à jour des listes et informer les parrains et les marraines des dernières nouvelles concernant leurs filleuls.

Nous profitons de ce point pour dire, et toujours dans le cadre de son action en faveur des victimes de la détention politique au Maroc, que l’ASDHOM organise avec d’autres organisations au sein du collectif international pour la libération de Wafa Charaf, une table ronde à la Mairie de Saint Denis (93) sur la situation des droits de l’Homme au Maroc, à la lumière du FMDH de Marrakech. La première partie sera consacrée à la jeune militante Wafa Charaf, arrêtée et condamnée à deux ans de prison ferme à Tanger. La parole sera donnée à son avocat et à ses parrains et marraines. Voir pièces jointes.

Nous vous joignons enfin la vidéo de l’intervention de Gilles Perrault lors de la soirée du 21 novembre à Nanterre : https://www.youtube.com/watch?v=EWkgbnekMMk  

Le bureau exécutif de l’ASDHOM
Paris, le 7 décembre 2014

samedi 29 novembre 2014

ASDHOM : Allocution de Gilles Perrault auteur du livre " Notre ami le roi"


 Gilles Perrault et Ayad Ahram
Allocution de Gilles Perrault auteur du livre " Notre ami le roi" et parrain de notre campagne de parrainage des prisonniers politiques et d'opinion au Maroc lors de la Soirée de solidarité avec les prisonniers politiques et d'opinion au Maroc organisée par l'Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc ( ASDHOM) vendredi 21 novembre 2014.
  • "... Hassan 2 n'aurait pas eu le culot d'organiser un forum sur les Droits de l'Homme à Marrakech ..." 
     
    Gilles Perrault 21 novembre 2014

samedi 22 novembre 2014

Soirée de l'ASDHOM dédiée aux détenu(e)s politiques et d'opinion au Maroc

Saïd Laayari a ajouté 39 photos à l’album ASDHOM.

Photo de Saïd Laayari.Photo de Saïd Laayari. 




Soirée de l'ASDHOM dédiée aux
 détenu(e)s politiques et 
d'opinion au Maroc-


vendredi 21 novembre  à Nanterre en présence de Gilles Perrault auteur du livre "notre ami roi" et plusieurs représentants d'ONG" Amnesty international, 
 MRAP,ACAT...", associations, partis politiques et plusieurs témoignages, soirée pleine d'émotion et riche d'échange et bien sûr une partie festive à la fin.
Photo de Saïd Laayari.


mardi 18 novembre 2014

Rappel : soirée qu’organise l’ASDHOM ce vendredi en solidarité avec les prisonniers politiques au Maroc.

CherEs amiEs,

Je me permets de vous rappeler la soirée qu’organise l’ASDHOM ce vendredi 21 novembre en solidarité avec les prisonniers politiques au Maroc.
Venez nombreux leur témoigner également votre soutien.
Nous profiterons de la présence de l’écrivain Gilles Perrault et des représentants d’ONG (AI, ACAT, MRAP, etc.) soutenant notre action pour lancer une campagne de cartes postales à adresser aux victimes de la détention politique au Maroc et au Ministre de la Justice pour l’interpeller et réclamer leur libération.

Bien cordialement,
Ayad Ahram
ASDHOM

mercredi 12 novembre 2014

ASDHOM : en présence de Gilles Perrault, soirée de soutien aux détenu-e-s politiques et d’opinion au Maroc.

Bonjour,

Comme chaque année, dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale (SSI), l’ASDHOM organise une soirée de soutien aux détenu-e-s politiques et d’opinion au Maroc.
Cette soirée aura lieu le vendredi 21 novembre 2014, en présence de l’écrivain Gilles Perrault, parrain de la campagne de parrainage que l’ASDHOM a lancée en 2012.
L’ASDHOM saisira cette occasion pour donner un nouveau souffle à cette campagne en lançant une carte postale (voir pièce jointe) en solidarité avec les détenu-e-s d’opinion au Maroc et pour interpeller les autorités marocaines sur le problème de la détention politique.

Cordialement,
Ayad Ahram
Président de l’ASDHOM


vendredi 16 novembre 2012

Demain 17/11 l'ASDHOM lance une campagne de parrainage de prisonniers politiques et syndicaux


                    
Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

Parrainer un(e) détenu(e) politique, c’est l’aider à retrouver sa liberté

Samedi 17 novembre 2012 sera donné le coup de départ d’une campagne de parrainage des détenu(e)s politiques et syndicaux au Maroc. L’ASDHOM a choisi l’écrivain Gilles Perrault, auteur du best-seller « Notre ami le roi », pour la parrainer.

« Dans le combat pour un Maroc démocratique et équitable, les détenus politiques, hommes et femmes, sont en première ligne. Ils subissent de plein fouet la répression, l’injustice, les mille et une techniques utilisées pour briser leur volonté de lutte. Leurs familles, plongées dans l’angoisse, sont prises en otages par le régime. La prison est le lieu de toutes les souffrances, mais c’est aussi l’enclume sur laquelle se forge le Maroc de demain.
Parrainer un ou une prisonnière politique représente un geste de solidarité élémentaire auquel nul ne doit se dérober. C’est briser la solitude que peut ressentir celui ou celle qu’on parraine. C’est réconforter les familles. C’est aussi et surtout démontrer au pouvoir que ses victimes ne sont pas à sa merci, ignorées du monde extérieur, livrées à sa vindicte.
Je vous remercie, chers amis, de me faire l’honneur de m’associer à cette campagne. Vous en avez déjà mené de semblables, et avec succès. De celle-ci aussi, j’en suis sûr, nous allons faire un succès. » Gilles Perrault


La détention politique reste une des caractéristiques de l’Etat de non droit qui prévaut au Maroc. Desserrer l’étau sur les détenus politiques et d’opinion est le devoir de tout démocrate et défenseur des droits de l’Homme.
Si, comme Gilles Perrault, le combat des droits de l’Homme au Maroc vous interpelle, si l’injustice et le déni de droit au Maroc vous indignent et si vous voulez parrainer à votre tour un(e) détenu(e) d’opinion, nous vous invitons à participer à la soirée de l’ASDHOM dédiée à cette campagne de solidarité.
Samedi 17 novembre 2012 à 19h
Maison des Associations
11, rue des anciennes mairies 92000 Nanterre
Accès : RER A Nanterre-Ville
  
Nous comptons sur votre soutien. Les détenus de la liberté, de la dignité et de l’Etat de droit au Maroc le valent bien.
Cette campagne de parrainage s’inscrit dans le cadre de la quinzième édition de la Semaine de la Solidarité Internationale (SSI).

Dîner et musique sont au programme
                                                    PAF : 10€
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Voici l’article qu’a publié le journal l’Humanité dans son édition d’hier.
Une petite erreur s’est glissée dans cet article relativement au nombre de prisonniers politiques candidats au parrainage : il s’agit bien de 175 et non 152*.

Bien cordialement,
Ayad Ahram
ASDHOM
 Maroc, les geôles du royaume

Par Hassane Zerrouky, l'Humanité

Victimes de verdicts partiaux ou en attente d’un procès, plus de 150 militants associatifs, syndicalistes, jeunes du Mouvement du 20 février, Sahraouis, croupissent en prison.
L’Asdhom (Association de défense des droits de l’homme au Maroc) a choisi le 17 novembre pour donner le coup d’envoi d’une campagne de soutien et de parrainage des prisonniers politiques et syndicaux au Maroc, et ce à l’occasion de la Semaine de la solidarité internationale. La campagne est parrainée par l’écrivain Gilles Perrault, lequel souligne que « dans le combat pour un Maroc démocratique et équitable, les détenus politiques, hommes et femmes, sont en première ligne » (1).
Depuis quelques années, et singulièrement depuis l’émergence du Mouvement des jeunes du 20 février, qui avait animé les manifestations du « printemps marocain », le régime marocain a durci sa politique à l’endroit des contestataires, des étudiants et des syndicalistes. L’Asdhom a recensé une liste de 152* personnes condamnées à des peines allant de quelques mois à plusieurs années de prison. Parmi eux, soixante-cinq militants sahraouis, trente-neuf jeunes du Mouvement du 20 février, six syndicalistes étudiants, répartis entre dix-neuf prisons marocaines. Tous victimes de verdicts partiaux comme celui de ces militants du 20 février – Bachir Bouchaïeb de Hoceima condamné à douze ans de prison, les six jeunes de Casablanca condamnés à des peines de huit à dix mois de prison pour « participation à manifestation non autorisée » – ou celui en attente devant le tribunal militaire de Salé (Rabat) de vingt-quatre militants sahraouis interpellés après la répression qui avait suivi en novembre 2010 le démantèlement du camp de Gdeim Izik dans le Sahara occidental et qui risquent des peines de cinq à dix ans de prison. Et ce sans compter les poursuites engagées contre les jeunes du Mouvement du 20 février qui manifestaient à Rabat le 22 août contre la cérémonie « d’allégeance » au monarque des membres du gouvernement, hauts fonctionnaires, députés et autres membres des corps constitués. Des militants d’Attac Maroc sont également dans le collimateur des autorités ainsi que des journalistes et des blogueurs comme Socrate, qui a écopé en appel d’une peine de dix-huit mois de prison ferme ou du rappeur Mourad Belhouat (un an de prison ferme). En parallèle, la répression envers les salariés ne faiblit pas. Mardi soir, dans les mines de cobalt de Ouarzazate, la police s’est déchaînée contre des mineurs en grève faisant plusieurs blessés, et ce après que plusieurs grévistes, laissés en liberté provisoire, sont l’objet de poursuites judiciaires.

(1) Une soirée aura lieu samedi à 19 heures à Nanterre (Hauts-de-Seine), 11, rue des Anciennes-Mairies.



 

vendredi 11 novembre 2011

A propos de la soirée de solidarité de l'ASDHOM, prévue demain 12 novembre à Nanterre

Par le Conseil d’administration de l’ASDHOM, Paris, le 11/11/ 2011

Rappel: Soirée ASDHOM le samedi 12 novembre à Nanterre

Dans le cadre de la Semaine de la Solidarité Internationale (SSI), l’ASDHOM vous convie à une soirée de solidarité avec le Mouvement du 20 février au Maroc.

Samedi 12 Novembre à 19h
Salle Jacques Decours, Rue des Rosiers à Nanterre

Au programme : Interventions, dîner, exposition, musique…

Cette soirée, prévue initialement avec la participation de l’écrivain Gilles Perrault, se tiendra finalement sans ce grand ami du peuple marocain. En effet, il vient de nous apprendre qu’il ne pourra malheureusement pas être parmi nous demain. Son médecin lui a signifié dans un verdict médical l’interdiction de bouger. Il est tenu de rester sous surveillance médicale pour éviter toute complication.

Il nous a chargés de vous transmettre ses sincères excuses.

Nous sommes conscients que bon nombre d’entre vous aurait souhaité échanger avec M. Gilles Perrault, d’autant plus que les connaissances historiques de l’écrivain nous auraient été bien utiles pour mieux cerner le contexte de lutte actuelle. Il est le premier à être désolé. Nous le sommes bien évidemment avec lui.

L’ASDHOM lui souhaite un prompt rétablissement. Elle tient à lui décerner, comme prévu, « l’attestation de citoyen d’honneur du Maroc ».

Il aurait bien aimé être avec nous dans cette soirée pour dire le soutien au Mouvement du 20 février et pour permettre l’échange entre militantEs et sympathisantEs autour d’une représentante du Mouvement du 20 février, et ce dans un cadre convivial qui sera égayé par les performances musicales de Said Mesnaoui et de Ghassan El Hakim.
Nous comptons sur votre présence