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samedi 21 décembre 2013

Marche des Afghans de Bruxelles à Mons, avec Nabil Ben Yadir

RTBF avec Belga 20 /12/2013
Quelque 250 Afghans qui occupent l’église du Béguinage à Bruxelles depuis un mois ont quitté les lieux ce vendredi matin. Ils ont décidé de marcher de Bruxelles à Mons pendant trois jours pour sensibiliser le pays sur la précarité de leur situation. Les demandeurs d'asile afghans demandent qu'on reconsidère la politique d'expulsion menée par Maggie De Block. Ils rencontreront Elio Di rupo, à Mons, dimanche après-midi. Le réalisateur du film "La Marche", Nabil Ben Yadir, a tenu à les accompagner.
Le Collectif des Afghans, à l'origine de l'événement, souhaite via cette marche sensibiliser les citoyens, les associations, les syndicats et les autorités locales à la situation des Afghans. Une délégation de participants devrait ainsi être reçue dans les différentes villes où la marche fera escale. "La police a déjà confirmé qu'une délégation de 10 personnes sera reçue par les autorités", explique le coordinateur Oscar Flores. "Normalement, on devrait aussi rencontrer le Premier ministre".
Les marcheurs sont partis vendredi matin de l'église du Béguinage, occupée depuis un mois par des Afghans. Ils prévoient de rejoindre Waterloo vers midi et de passer la nuit à Nivelles. Ils dormiront samedi soir à La Louvière.
Le groupe organisera des débats dans les différentes villes qu'il traversera. Les participants rentreront en train dimanche soir. Les frais des Afghans seront pris en charge par les organisateurs de la marche.
Ces Afghans mènent de nombreuses actions depuis des semaines à Bruxelles. Ils réclament, notamment, l'instauration d'un moratoire contre les expulsions en Afghanistan et un statut légal pour l'ensemble des réfugiés afghans déjà présents sur le territoire belge.

Ce sont donc des cris déterminés, des cris désespérés au départ de cette marche. Une marche inspirée du nouveau film de Nabil Ben Yadir, intitulée précisément "La Marche". Le réalisateur était d'ailleurs présent. Cette marche bénéficie aussi du soutien de quelques citoyens. Mais à l'heure actuelle, tous les espoirs reposent sur Elio Di Rupo qu'ils rencontreront dimanche, à Mons.

dimanche 22 janvier 2012

QUATRE SOLDATS FRANÇAIS DE PLUS DÉCÉDÉS EN AFGHANISTAN :

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

« Quel objectif de morts acceptable s’est fixé le gouvernement ? »
questionne le Mouvement de la Paix

Par Pierre Villard, Mouvement de la Paix, Paris, 20/1/2012

Quatre soldats français viennent de trouver la mort en Afghanistan, portant à 82 le nombre de militaires  français victimes d’une guerre qui n’est ni la leur, ni la nôtre.
«Il est temps de quitter l’Afghanistan, de tirer les conclusions d’une présence militaire désastreuse et de s’engager dans un processus civil pour un Afghanistan souverain » déclare Pierre Villard, président du Mouvement de la Paix.

Aujourd’hui, 70% des citoyens demandent le retrait des troupes. Le 7 octobre 2001, Jacques Chirac, président de la République donnait à la présence militaire Française l’objectif de « détruire les infrastructures des réseaux terroristes et de leur soutien ». 10 ans après, malgré 23 milliards de dollars destinés à former l’armée afghane, c’est de cette même armée que, selon le ministre de la Défense, des éléments infiltrés tirent sur des soldats de l’OTAN. Triste bilan.

Suite aux propos de Gérard Longuet, Pierre Villard dénonce « non, cette situation n’est pas le lourd tribut à payer des forces de la coalition. Quel objectif de morts acceptable s’est fixé le gouvernement avant de se décider enfin de retirer toutes les troupes d’Afghanistan ? »

La démonstration est une fois de plus faite : la guerre ne résout rien ; cette voie toujours jonchée de morts doit être définitivement abandonnée. Pour briser ce cercle de la guerre et de la violence, seule une issue politique est envisageable. La société civile avec l'aide des institutions internationales et de l'Onu, doit reprendre la main pour reconstruire le pays. Les missions « humanitaires » confiées à des militaires, en tenue ou non, ne sont qu’un leurre auquel la population n’adhère pas : pour tous les Afghans, il s’agit d’une force d’occupation étrangère imposée.

Le Mouvement de la Paix demande au gouvernement de cesser les opérations militaires, d’organiser le retrait complet des troupes françaises en 2012, et d’oeuvrer à un processus démocratique sous l’égide de l’Onu, qui détient seule la légitimité internationale.

Pour cela, les fonds prévus pour la guerre sont à attribuer d'urgence à la reconstruction du pays, dans le respect de la volonté du peuple afghan. « L’intérêt de la France c’est un Afghanistan libre et souverain » conclut le responsable pacifiste.

jeudi 7 octobre 2010

Afghanistan : retrait des troupes !

Guerre en Afghanistan :
Le Mouvement de la Paix lance une pétition nationale pour des solutions politiques et le retrait des troupes
Par le Mouvement de la Paix, 7/10/2010
Signez la cyber-pétition en ligne :
www.mvtpaix.org
Le 7 octobre 2001, l’Afghanistan subissait une nouvelle occupation militaire. 9 ans après, aucun problème n’a été résolu.
Les sondages s'accumulent et persistent dans la confirmation qu'une grande majorité de personnes en France et dans les pays impliqués s'opposent à cette guerre et veulent le retrait des troupes. « Il n'y a pas de solution militaire en Afghanistan, la solution peut et doit être politique », a rappelé mercredi 29 septembre 2010 le Représentant spécial de l'ONU en Afghanistan, Staffan de Mistura, lors d'un débat organisé devant le Conseil de sécurité sur la situation dans ce pays.
Le Mouvement de la Paix et le collectif Otan-Afghanistan lancent à l’occasion de ce tragique anniversaire, « une grande campagne d'information, de débats et d'actions pour mobiliser l'opinion publique ». Pour permettre l'expression de cette exigence « de passer du militaire au politique », le Mouvement de la Paix lance une pétition et appelle les citoyens à s’en saisir. Elle est disponible en ligne depuis le 7 octobre.
Non, la sécurité de la France ne se joue pas en Afghanistan. La sécurité de la France, c’est un Afghanistan libre et souverain disposant de vrais moyens pour répondre aux besoins vitaux. Rester en Afghanistan, c’est continuer de faire le jeu des talibans dont l’emprise s’est considérablement accrue depuis 9 ans.
Signez la cyber-pétition en ligne qui sera envoyée en votre nom à l'Elysée - cela ne prend que quelques instants;
Faites-la signer autour de vous (en téléchargeant la pétition en pdf) et renvoyez les signatures au comité du Mouvement de la Paix de votre département ou au siège national du Mouvement de la Paix, Maison de la Paix, 9 rue Dulcie September, 93400 Saint Ouen;
Lisez le communiqué de presse du 1er octobre;
Faites suivre ce message (en format html) à vos connaissances pour former la chaîne de la paix.
Nous comptons sur vous.
www.mvtpaix.org

AFGHANISTAN : PASSER DU MILITAIRE AU CIVIL !
Retrait des troupes - Priorit� � la reconstruction




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lundi 9 août 2010

Prisons de la CIA: quatre détenus transférés puis évacués en secret de Guantanamo entre 2003 et 2004

Par The Canadian Press, 2010
WASHINGTON — Quatre des plus importants suspects de terrorisme détenus par les États-Unis avaient été secrètement transférés dans une prison de la CIA à Guantanamo en septembre 2003, soit des années plus tôt qu'annoncé, puis évacués tout aussi discrètement quelques mois plus tard, avant que la cour suprême ne puisse leur donner accès à des avocats, selon une enquête de l'Associated Press.
L'arrivée de ces prisonniers à Guantanamo et leur départ précipité ont pu être reconstitués par l'AP grâce aux documents des vols et aux témoignages d'anciens et actuels responsables américains ayant connaissance du programme de détention de la CIA, qui ont tous requis l'anonymat.
Ce transfert a permis aux autorités américaines d'interroger ces prisonniers dans des "sites noirs" de la CIA pendant plus de deux ans sans qu'ils ne puissent parler à des avocats, à des observateurs des organisations de défense des droits de l'Homme, ni contester leur détention devant des tribunaux américains. S'ils étaient restés seulement trois mois de plus dans la prison de la base américaine de Guantanamo, ils auraient eu accès à ces droits. "C'était juste un jeu de bonneteau pour cacher les détenus aux tribunaux", explique Jonathan Hafetz, un professeur de droit de l'université Seton Hall qui a représenté plusieurs détenus.
Le 24 septembre 2003, avant l'aube, un Boeing 737 atterrissait à Guantanamo. Au moins quatre membres opérationnels présumés d'Al-Qaïda, qui figuraient parmi les plus gros suspects capturés par la CIA à cette date, se trouvaient à bord: Abu Zubaydah, Abd al-Nashiri, Ramzi Binalshibh et Mustafa al-Hawsawi.
Ramzi Binalshibh et Mustafa al-Hawsawi sont soupçonnés d'avoir participé à la préparation du 11-Septembre. Al-Nashiri est le cerveau présumé de l'attentat de 2000 contre l'''USS Cole". Zubaydah était un agent présumé facilitant les déplacements des membres d'Al-Qaïda. Ils avaient passé des mois dans les prisons secrètes de la CIA à l'étranger à subir certaines des techniques d'interrogatoires les plus dures de l'histoire des Etats-Unis.
A la fin de l'été 2003, la CIA pensait que ces hommes avaient livré leurs principaux secrets. L'agence de renseignement avait besoin de les maintenir en détention, mais plus de mener des interrogatoires prolongés.
La base navale américaine de Guantanamo à Cuba paraissait à l'époque le bon site pour les accueillir. George W. Bush avait sélectionné les six premiers détenus qui allaient comparaître devant des tribunaux militaires sur le site et une cour d'appel fédérale venait de statuer que les prisonniers ne pouvaient contester leur détention devant les tribunaux américains.
En outre, la CIA venait de construire une nouvelle installation, qui allait être connue sous le nom Strawberry Fields, distincte du principal centre de détention de Guantanamo.
Au même moment, le réseau de prisons secrètes de la CIA à l'étranger était en plein bouleversement. Une prison en Thaïlande connue sous le nom de Cat's Eye avait fermé en décembre 2002, et fin 2003, la CIA se préparait à fermer une installation en Pologne et en ouvrir une autre en Roumanie. Journalistes et enquêteurs des organisations de défense des droits de l'Homme commençaient à poser des questions. La CIA avait besoin de déplacer ses prisonniers.
Le vol de transfert des quatre prisonniers s'est arrêté en Afghanistan, Pologne, Roumanie, Maroc, avant d'arriver à Guantanamo. Mais peu après leur arrivée, les choses ont commencé à se gâter pour l'administration Bush. En novembre, contre l'avis du gouvernement, la cour suprême acceptait d'examiner la question d'un recours des prisonniers de Guantanamo devant des tribunaux américains.
C'est ce que redoutait depuis plusieurs années l'administration américaine. Dès 2001, des juristes du Département de la Justice s'inquiétaient que les détenus se voient accorder un tel droit. S'ils jugeaient cette éventualité improbable, ils avertissaient néanmoins que les prisonniers pourraient alors faire état de mauvais traitements et contester l'équité du système de tribunaux militaires.
"Il y avait manifestement la crainte que ce qu'on leur avait fait sorte" explique l'avocate
d'Abd al-Nashiri, Nancy Hollander.
Pire encore pour la CIA, si la Cour suprême accordait des droits aux détenus, tout le programme secret était menacé. Abu Zubaydah et Abd al-Nashiri auraient pu dire à leur avocat qu'ils avaient subi des simulations de noyade, la technique du "waterboarding", en Thaïlande. Al-Nashiri aurait pu raconter qu'on lui avait placé un pistolet non-chargé sur la tempe dans une prison de la CIA en Pologne.
Début mars 2004, la cour suprême fixait l'audience sur les droits des détenus de Guantanamo au mois d'avril. Cela voulait dire que sa décision pouvait ensuite tomber à tout moment et l'arrêt aurait concerné tous les prisonniers, officiels ou secrets.
Le 27 mars 2004, un avion Gulfstream décollait de Guantanamo. le lendemain matin, l'avion atterrissait à Rabat au Maroc. Le 28 juin, quand la cour suprême a statué que les détenus de Guantanamo devaient pouvoir saisir les tribunaux américains, les quatre prisonniers étaient à nouveau éparpillés dans des sites secrets de la CIA à l'étranger.
Deux ans plus tard, après que le "Washington Post" eut révélé l'existence du programme, George W. Bush avait vidé le réseau des prisons secrètes. Quatorze hommes, dont les quatre qui étaient déjà passés à Guantanamo des années plus tôt, furent transférés dans le centre de détention de la base navale américaine, où ils sont incarcérés depuis. AP
sb/v0501
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The Canadian Press
Fred Seggie / The Associated Press

mercredi 28 juillet 2010

Wikileaks, la guerre en Afghanistan pour les nuls

Par Mariam Abou Zahab: Bakchich, 27/7/2010
Riches d’enseignements, les documents militaires sur l’Afghanistan publiés par le site Wikileaks viennent surtout confirmer ce que les observateurs disent depuis plusieurs années. Et ce n’est pas tendre pour les USA.
La lecture des quelque 90 000 rapports sur la guerre au jour le jour en Afghanistan publiés par Wikileaks sera peut-être une révélation pour ceux qui, depuis 9 ans, ne veulent ni voir ni entendre, pour d’autres elle vient confirmer ce que nous n’avons cessé de dénoncer. On a la confirmation que les taliban disposent de missiles sol-air (tous les hélicoptères qui s’écrasent ne sont donc pas victimes de mauvaises conditions climatiques ou de défaillances techniques !) et que la brigade 373 continue ses raids de nuit pour tuer des insurgés sur la base de renseignements pas toujours fiables.
Les médias français mettent en avant le rôle du Pakistan –ce qui est tout sauf un scoop – sans s’attarder sur les trois cas impliquant des troupes françaises et rangés dans la catégorie « escalade de la force », notamment les 8 enfants blessés à Tangi Kalay en octobre 2008 à la suite de tirs contre un autobus qui s’était trop rapproché d’un convoi. La mort de 4 civils –dont 2 femmes et un enfant – tués par des troupes françaises en avril 2010 n’est pas mentionnée, les documents ne couvrant que la période 2004-2009. Une affaire peu médiatisée en France, c’était pourtant la première fois que l’armée française reconnaissait la mort de civils.
Des chiffres sous-estimés
La publication de ce « journal de guerre » qui intervient en période de vacances, ne suscitera probablement pas beaucoup de réactions en France, si ce n’est pour se démarquer des Etats-Unis et rappeler à nouveau à l’opinion que les troupes françaises font beaucoup de moins de dégâts que les Américains. Depuis les déclarations du général Desportes et la publication d’un sondage Ifop réalisé pour l’Humanité et qui nous apprenait que 70 % des personnes interrogées étaient plutôt ou tout à fait opposées à la présence militaire française en Afghanistan, la presse écrite, exploitant une fois de plus l’ignorance que les Français ont de l’Afghanistan, s’est lancée dans une grande opération de « communication stratégique » qui a pour but de démontrer que nous progressons en Afghanistan, que plus les taliban attaquent plus nous gagnons du terrain et que si la population est hostile à la présence militaire étrangère c’est parce qu’elle vit dans un climat de terreur et de violences imputable aux seuls taliban.
Les documents mis en ligne par Wikileaks recensent 369 civils tués, en majorité par des tirs américains. Ces chiffres sont très probablement sous-estimés, d’une part parce que bon nombre des blessés meurent dans les jours qui suivent, et d’autre part parce que tous les cas ne sont pas signalés. Pour la seule année 2008, moins sanglante que 2009, l’UNAMA recensait 828 civils tués par les forces de la coalition.
Des raids meurtriers non-mentionnés
Par exemple, Wikileaks nous donne un compte rendu de l’embuscade d’Uzbin en août 2008 qui ne nous apprend rien de nouveau, mais je n’ai pas trouvé trace des raids aériens menés en représailles dans les jours qui ont suivi et qui ont fait au moins 17 victimes civiles, dont 6 femmes et 2 enfants, dans le village de Garoch, à la limite du Laghman et de Kapisa. Ces bombardements qui ont détruit plusieurs hameaux avaient été largement rapportés par les médias afghans, mais pratiquement passés sous silence en France. La version des faits donnée par l’OTAN qualifiait comme d’habitude les victimes de taliban. Seule Florence Aubenas dans le Nouvel Observateur en avait fait état et cité les propos du porte-parole de la coalition : « Je ne suis pas certain qu’ils étaient directement impliqués dans l’attaque contre les Français. Cela n’a aucune importance. Ils étaient certainement au moins complices. »
Le « journal de guerre » s’arrête en décembre 2009, il ne permet donc pas vraiment de savoir si la réorientation culturelle prônée par le général McChrystal – les nouvelles règles d’engagement pour minimiser les pertes civiles – a été suivie d’effets sur le terrain. Les Marines expriment régulièrement à des journalistes leur frustration de ne pas pouvoir tirer sur des paysans dont ils croient savoir qu’ils sont taliban, mais qui ne portent pas d’arme quand ils les croisent dans les champs. Par ailleurs, les tirs de drones ont été multipliés par deux depuis l’arrivée au pouvoir d’Obama. Dans la soirée du 24 juillet, au moins 40 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées à la suite d’un bombardement contre Jalokay, un village du district de Sangin, dans le Helmand. Les victimes, des femmes et des enfants pour la plupart, faisaient partie des dizaines de milliers de personnes déplacées par les combats. Les médias français n’en ont pas parlé.
Une communication bien huilée
L’affaire a été gérée de la manière habituelle par l’ISAF : dans un premier temps on affirme qu’il ne s’est rien passé, quand l’information commence à circuler (on n’est plus à l’époque de l’occupation soviétique, les villageois ont des téléphones mobiles…), le gouvernement afghan dénonce les attaques contre des civils et annonce l’ouverture d’une enquête. L’OTAN décide à son tour d’enquêter. On peut prévoit sans trop de risque de se tromper que les conclusions de l’enquête - qui seront rendues publiques dans quelques semaines quand tout le monde sera passé à autre chose - reconnaîtront qu’il y a eu des victimes civiles en rendant les taliban responsables puisque, comme chacun sait, cet ennemi invisible et insaisissable utilise les civils comme boucliers humains. L’ISAF offrira peut-être 100 000 afghanis pour chaque mort à titre compassionnel, (ce n’est surtout pas une indemnisation) en croyant que l’argent règle le problème et il se trouvera bien quelqu’un pour laisser entendre, comme d’habitude, que les villageois ont menti sur le nombre des victimes pour toucher de l’argent.

vendredi 18 juin 2010

La demande d'asile vue par le préfet du Loiret

Ce matin dans l'édition du Figaro.fr le préfet du Loiret affirmait :
Les réfugiés afghans "invoquent le fait qu’ils viennent d’un pays où il y a des persécutions alors qu’ils viennent d’un pays où en réalité il n’y en a pas". «Ils demandent un statut de réfugié, alors on leur délivre des papiers dans l’immédiat parce que quand on invoque le droit d’asile évidemment on est traité de façon privilégiée», a déclaré le haut-fonctionnaire. «Après, en général, on tombe malade. Alors il y a un médecin qui vient dire que les moyens médicaux du pays d’origine ne permettent pas de traiter cette maladie».
Amnesty International France réagit à ces propos choquants, Paris,17/2/010 
Amnesty International France (AIF) est choquée des déclarations du préfet du Loiret*, représentant de l’Etat, qui déclare, à tort, qu’il n’y a pas de persécutions en Afghanistan. Ces propos insinuent que les réfugiés originaires de ce pays sont des menteurs et sous-entendent qu'ils abusent de la procédure d'asile.
Pourtant, la loi française prévoit que toute personne qui demande l’asile a le droit de voir sa demande examinée pour déterminer si elle doit être reconnue réfugiée ou non. Seul un examen individuel des demandes d’asile par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) peut permettre d’établir si les demandeurs d’asile éprouvent des craintes fondées en cas de retour dans leur pays. Cet examen est souvent assez complexe et nécessite au moins un entretien individualisé. Les préfets n’ont aucune compétence pour apprécier le bien fondé des demandes d’asile et doivent se contenter de les enregistrer.
Les représentants de l’Etat français ne devraient jamais faire ce type de déclaration. Outre leur caractère scandaleux, les propos du préfet du Loiret révèlent une ignorance totale de la situation en Afghanistan et donnent une image très négative des personnes qui, parce qu’elles sont persécutées ou risquent de l’être à cause de leurs opinions politiques, de leur religion, de leur nationalité, de leur origine ethnique ou de leur appartenance à un certain groupe social, sont obligées de fuir leur pays. En 2009, les ressortissants afghans figuraient parmi les 10 premières nationalités protégées par la France.
A l’occasion du 20 juin 2010, AIF lance des actions, à Paris et en région, pour rappeler que les réfugiés ont un visage, une histoire et, aussi, des droits.
Plus d’information
Projet de loi Immigration :
www.amnesty.fr/immigration-2010
L'action sur le projet de loi sur l'immigration : www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/campagnes/refugies_et_migrants/actions/projet_de_loi_relatif_a_l_immigration
Page spéciale sur la journée du 20 juin : www.amnesty.fr/index.php/agir/campagnes/refugies_et_migrants/actualites/les_refugies_ont_un_visage_une_histoire
* Propos repris dans un article du Figaro.fr jeudi 17 juin 2010 : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/06/17/97001-20100617FILWWW00426-sans-papiers-le-prefet-d-orleans-se-lache.php

dimanche 14 février 2010

Opération Moshtarak : une nouvelle étape dans la tentative d’afghanisation de la guerre

L'éditorial de Basta ! 14/2/2010
L’Opération Moshtarak a été déclenchée le samedi 13 février à 4 heures du matin dans la province du Helmand par les forces d’occupation occidentales appuyées par des soldats et des policiers du régime fantoche de Kaboul. 15 000 hommes sont engagés, pour moitié occidentaux (US, Britanniques, Canadiens, Danois et Estoniens) et pour moitié afghans.
« Mosthtarak » signifie « ensemble » e
n  arabe et en langue dari, la variante afghane du persan. Le général de brigade britannique James Cowan, commandant de la 11ème Brigade légère, a déclaré lors du briefing précédant l’opération  :
« Je ne peux imaginer de meilleur nom pour décrire cette opération. Car nous sommes ensemble dans cette affaire : nous l’avons planifiée ensemble, nous la combattrons ensemble, nous allons la traverser ensemble. Afghans avec Alliés, soldats avec civils, le gouvernement avec son peuple. »
L’opération vise à reprendre le contrôle du chef-lieu de la province,  Lashgar Gah, au cœur de la vallée du fleuve Helmand, ainsi que de son hinterland. Le Helmand est un des bastions de la résistance afghane, qui a échappé au contrôle du régime de Kaboul depuis longtemps. Dans la propagande des Alliés, le but est de « nettoyer » la zone des « insurgés talibans » pour « restaurer l’autorité du gouvernement » de Kaboul et permettre la « reconstruction ».
Les troupes attaquantes se sont dans un premier temps heurtées à très peu de résistance, ce qui a semblé étonner leur commandement.  Celui-ci semble n’avoir toujours pas tiré les leçons de la guerre du Vietnam ni de celle d’Irak. La résistance a en effet appliqué un des principes de base de la guerre populaire : « l’ennemi attaque, nous reculons, l’ennemi se concentre, nous nous dispersons ».
Tombeau des empires, l’Afgahanistan le sera aussi  pour la tactique adoptée par Obama, McCrystal et Gordon Brown, « l’afghanisation » de la guerre, qui sera un échec cuisant. Tout aussi cuisant que l’avait été la « vietnamisation » de la guerre au Vietnam à parti de 1968. Il a fallu 15 ans aux occupants US pour essuyer une défaite stratégique au Vietnam. Il en faudra moins en Afghanistan.
FG

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mercredi 18 novembre 2009

Afghanistan : pourquoi je démissionne

Par Washington Post, 5/11/2009

Matthew Hoh est un ancien capitaine des Marines devenu fonctionnaire du Département d’Etat, qui avait la charge de représenter le gouvernement américain dans la région de Zabol, en Afghanistan. Après plusieurs mois passés sur le terrain, il est arrivé à la conclusion que les raisons avancées pour justifier cette guerre n’étaient pas crédibles.
Pour lui, le conflit afghan relève certes des innombrables conflits tribaux endémiques à ce pays, mais aussi d’une lutte déjà ancienne qui oppose les urbains éduqués et modernistes et les tribus pachtounes traditionnalistes, et la présence étrangère ne fait qu’aggraver cette fracture. De plus, le gouvernement de Kaboul, corrompu et comptant parmi ses affidés des criminels et des trafiquants de drogue, est non seulement indéfendable mais discrédité. Enfin, la stratégie de lutte contre Al-Qaïda qui a motivé cette expédition est tout aussi peu fondée, juge-t-il, dans la mesure où les restes de l’organisation sont aujourd’hui dispersés entre le Pakistan, le Yemen et la Somalie, qu’en toute logique il faudrait occuper aussi. Tirant les conséquences de ces constats, Matthew Hoh a choisi de démissionner, car écrit-il lorsque des vies humaines sont en jeu, il faut être convaincu que le sacrifice est justifié, ce qui n’est plus son cas.

Lettre ouverte à Mme l’Ambassadeur Nancy Powell
Département d’Etat
10 septembre 2009

Madame l’Ambassadeur,

C’est avec grand regret et déception que je vous soumets la démission de mes fonctions aux Affaires Etrangères ainsi que du poste de Représentant Civil du gouvernement américain dans la province de Zabol. J’ai passé six de ces dix dernières années au service de notre pays à l’étranger, y compris en tant qu’officier des Marines et comme fonctionnaire civil du ministère de la Défense en Irak dans les vallées de l’Euphrate et du Tigre, en 2004-2005 et 2006-2007. Je n’ai pas accepté cette mission à la légère ou en nourrissant des attentes excessives, ni n’ai cru que ma tâche serait exempte de sacrifice ou de difficultés.

Cependant, au cours de mes cinq mois de service en Afghanistan dans les deux commandements régionaux l’Est et du Sud, j’ai cessé de comprendre et d’avoir confiance dans les objectifs stratégiques de la présence des Etats-Unis en Afghanistan. J’ai des doutes et des réserves sur notre stratégie actuelle et sur la stratégie future planifiée, mais ma démission est fondée non pas sur la façon dont nous poursuivons cette guerre, mais sur son pourquoi et ses fins.

Pour l’exprimer simplement : je ne parviens pas à saisir quel est intérêt de devoir déplorer de nombreuses victimes américaines ou de consacrer des dépenses et des ressources pour soutenir le gouvernement afghan dans ce qui est, en vérité, une guerre civile vieille de 35 ans.

Cet automne marque la huitième année des combats et des opérations de gouvernance et de développement menées par les USA en Afghanistan. L’automne prochain, l’occupation américaine aura duré autant que la présence de l’Union soviétique sur le sol afghan. Comme les Soviétiques, nous continuons de sécuriser et de renforcer un Etat en faillite, tout en encourageant une idéologie et un système de gouvernement qui n’est ni compris ni voulu par ses habitants.

Si l’histoire ou l’Afghanistan sont une pièce de théâtre, les Etats-Unis n’y jouent qu’un second rôle, parmi d’autres qui les ont précédés, dans une tragédie qui jette non seulement les tribus, les vallées, les clans, les familles et les villages les uns contre les autres, mais également - et ce au moins depuis la fin du règne du roi Zahir Shah - oppose violemment et férocement les afghans laïques, urbains, éduqués et modernes, à des ruraux religieux, illettrés et traditionnalistes.

C’est ce dernier groupe qui garnit les rangs de l’insurrection pachtoune et la soutient. Cette insurrection pachtoune, qui rassemble une multitude apparemment infinie de groupes locaux, est alimentée par ce qui est perçu par le peuple pachtoune comme une agression continuelle, durant depuis plusieurs siècles, contre la culture, les traditions et la religion des régions pachtounes, menée par des ennemis venant de l’intérieur et de l’extérieur du pays. La présence des États-Unis et de l’OTAN et les opérations menées dans les vallées et les villages pachtounes, tout comme l’armée afghane et les unités de police qui sont dirigées et composées de soldats et de policiers non pachtounes, représentent une force d’occupation contre laquelle l’insurrection est justifiée.

Dans les deux régions de l’Est et du Sud, j’ai constaté que la majeure partie de l’insurrection ne combat pas pour le drapeau blanc des talibans, mais plutôt contre la présence de soldats étrangers et contre les impôts levés par le gouvernement non représentatif de Kaboul.

La présence militaire des États-Unis en Afghanistan contribue fortement à la légitimité de l’insurrection pachtoune et au message stratégique qu’elle délivre. De la même façon, notre soutien du gouvernement afghan dans sa forme actuelle continue à accroitre la distance entre le gouvernement et le peuple. Les échecs du gouvernement afghan, tout particulièrement lorsqu’on les évalue au prix du sacrifice des vies américaines et des fonds engagés, apparaissent comme autant de métastases :

- une corruption flagrante et un enrichissement sans scrupule ;

- un président auprès duquel, parmi ses confidents et principaux conseillers, on trouve des barons de la drogue et des criminels de guerre, qui se moquent de nos propres règles de droit et des efforts menés pour lutter contre la drogue ;

- un système de dirigeants de provinces et de districts formé d’hommes forts locaux, opportunistes et affairistes, dont l’alliance avec les Etats-Unis tient uniquement - et est limitée - au montant des contrats de l’USAID et du CERP, et dont les propres intérêts politiques et économiques n’auraient rien à gagner de toute tentative de réconciliation.
Le déroulement de l’élection récente, marquée par la fraude et discréditée par la faible participation électorale, qui a créé une énorme victoire pour nos ennemis. Ils revendiquent aujourd’hui le succès d’un boycott populaire et remettront demain en question face à l’opinion internationale notre soutien militaire, économique et diplomatique en faveur d’un gouvernement afghan invalidé et illégitime.

Notre soutien à ce type de gouvernement, qui s’accompagne d’une incompréhension de la véritable nature de l’insurrection, me rappelle terriblement notre implication au Sud-Vietnam : nous y avons soutenu un gouvernement impopulaire et corrompu au détriment de notre cohésion nationale, face à une insurrection dont nous avons mésinterprété le nationalisme à cause de notre arrogance et de notre ignorance, voyant en lui un rival dans le cadre de la guerre froide.

Je crois que nous demandons à nos jeunes hommes et femmes engagés en Afghanistan de donner leur sang et de se sacrifier pour des raisons spécieuses. Menée honnêtement à son terme, la stratégie que nous revendiquons, et qui consiste à sécuriser l’Afghanistan pour empêcher la résurgence ou le regroupement d’Al-Qaïda, devrait nous contraindre également à envahir et occuper l’ouest du Pakistan, la Somalie, le Soudan, le Yémen, etc... Notre présence en Afghanistan n’a fait qu’accroître la déstabilisation et renforcer l’insurrection au Pakistan, où nous craignons à juste titre qu’un gouvernement renversé ou affaibli puisse perdre le contrôle des armes nucléaires. Cependant, là encore, si l’on suit la logique de nos objectifs déclarés, nous devrions être présents au Pakistan et non pas en Afghanistan. Plus encore, les attentats du 11 Septembre, comme ceux de Madrid et Londres, ont été conçus et organisés principalement en Europe occidentale. Ce dernier point indique que la menace n’est pas liée à des frontières géographiques ou politiques traditionnelles. Enfin, si nous sommes préoccupés par les États en déliquescence, paralysés par la corruption et la pauvreté, et subissant l’assaut des activités criminelles et des barons de la drogue, alors au delà de notre assistance militaire et financière à l’Afghanistan, nous devrions également réexaminer notre engagement et notre implication au Mexique. (...)

Nous nous sacrifions pour rien, déclarait [en substance - ndt] un commandant fort talentueux et intelligent, l’un des meilleurs des USA, à tous ses visiteurs, civils ou officiers supérieurs. Nous hypothéquons l’économie de notre nation dans une guerre qui, même au prix d’un engagement accru, restera un match nul pour les années à venir. La réussite et la victoire, quelles qu’elles soient, seront obtenues non pas après des années et après avoir dépensé des milliards supplémentaires, mais après des décennies et des générations. Les États-Unis ne disposent pas d’un trésor national suffisant pour remporter une telle victoire.

Je perçois l’émotion qui transparaît dans le ton de cette lettre et vous prie d’excuser tout ce qui peut apparaitre comme de la mauvaise humeur. J’espère que vous comprenez la nature de cette guerre et les sacrifices consentis par tant de milliers de familles séparées de leurs proches qui sont déployés pour la défense de notre nation et dont les foyers endurent les fractures, les bouleversements et les cicatrices de déploiements multiples.

Des milliers d’hommes et de femmes sont rentrés chez eux avec des blessures physiques et mentales, dont certaines ne se refermeront jamais ou ne feront que s’aggraver avec le temps. Lorsque reviennent les corps des défunts, on doit pouvoir assurer aux familles que leurs morts se sont sacrifiés à une cause digne de leur vie perdue, de l’amour disparu, et des rêves non réalisés.

Je ne crois plus en confiance que de telles assurances peuvent être données. En conséquence, je présente ma démission.
Matthew Hoh
Source: Washington Post
Traduction Contre Info

jeudi 12 novembre 2009

«Je ne crois pas que notre cause en Afghanistan soit juste ou bonne. Je vous conjure, Monsieur, de ramener nos soldats à la maison»

L'honneur du Caporal Joe


Le mouvement britannique contre l’intervention militaire en Afghanistan a enfin une figure de proue populaire et symbolique : le Caporal des Lanciers Joe Glenton, du Corps royal de logistique. Joe a écrit le 30 juillet dernier à Gordon Brown pour lui annoncer qu’il refusait de retourner en Afghanistan et pour lui demander de retirer les troupes royales d’Afghanistan. Et le 24 octobre, il a fait pire : il a pris la tête et a été l’orateur vedette d’une manifestation dans les rues de Londres pour demander le retrait d’Afghanistan. À son retour à sa caserne, il a été applaudi par ses camarades. Le 10 novembre, Joe a de nouveau été mis aux arrêts. Il risque en tout 14 ans de prison pour « désertion » et appel à la révolte. Le gouvernement Gordon Brown est bien emmerdé : 64% des Britanniques sondés sont favorables au retrait d’un bourbier qui a déjà coûté la vie à 232 soldats de Sa Majesté.
Ce jeudi 12 novembre, la Coalition Halte à la Guerre appelle à un rassemblement de 17 à 18 h pour demander la libération de Joe Glenton, devant le siège du Ministère de la Défense à Whitehall.
Voici la lettre du Caporal Joe à Gordon Brown.-
FG
Original : UK soldier to Gordon Brown: why I won't return to Afghanistan
Source de cette traduction : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9255&lg=fr

Monsieur le Premier Ministre,

Je vous écris en tant que soldat servant dans l'armée britannique pour exprimer mes opinions et préoccupations sur le conflit actuel en Afghanistan.
Ma première préoccupation est que le courage et la ténacité de mes compagnons d'armes sont devenus un outil de la politique étrangère usaméricaine. Je crois que cette tromperie contraire à l'éthique à l’encontre de ces hommes et femmes si fiers a provoqué des souffrances incommensurables non seulement aux familles des militaires britanniques qui ont été tués et blessés, mais aussi pour le noble peuple de l'Afghanistan.
J'ai trouvé dans le peuple afghan des qualités qui ont également été pendant si longtemps apparentes et admirées chez le soldat britannique. Qualités de robustesse, d'humour, de détermination absolue et de réticence à faire marche arrière. Cependant ce sont ces qualités, des deux côtés, qui, je le crains, prolongeront une guerre d'usure. Cela ne fera que conduire à plus de chagrin dans nos deux sociétés.
Je ne suis pas un général ni un politicien et je ne peux pas prétendre avoir une quelconque maîtrise de la stratégie. Cependant, je suis un soldat qui a servi en Afghanistan, ce qui m'a donné un petit aperçu.
Je crois que lorsque des militaires britanniques se mettent au service de la nation et mettent leur vie en danger, le gouvernement qui les envoie au combat est tenu de veiller à ce que la cause qu’ils défendent soit juste et bonne, à savoir qu’il s’agisse de défendre la vie et la liberté .
La guerre en Afghanistan ne diminue pas le risque terroriste, et loin d'améliorer la vie des Afghans elle ne fait qu’apporter la mort et la dévastation dans leur pays. Grande-Bretagne n'a rien à faire là.
Je ne crois pas que notre cause en Afghanistan soit juste ou bonne. Je vous conjure, Monsieur, de ramener nos soldats à la maison.
Sincèrement votre,
Joe Glenton
Caporal des Lanciers, Corps royal de logistique
•         Messages de soutien à joeisinnocent[at]hotmail.co.uk
•         Téléchargez la pétition Defend Corporal Joe Glenton petition
•          Signez la pétition office[at]stopwar.org.uk

 
La manifestation du 24 octobre à Londres

mardi 29 septembre 2009

Jungle de Calais : Pas de surbooking pour le charter vers l'Afghanistan

par Xavier Monnier, Bakchich-info, 28/9/2009

Toutes à leur objectif de faire le ménage parmi les immigrés clandestins, les autorités britanniques et françaises ont essayé vainement de monter un charter commun vers l’Afghanistan pour les réfugiés de la jungle de Calais.

Au moment même où, le 22 septembre dernier, 500 braves flics ont procédé à un petit rangement d’un camp en foutoir près de Calais – d’aucuns parlent plutôt d’une descente dans La Jungle, un camps de réfugiés majoritairement afghan –, la direction centrale de la police aux frontières a reçu des nouvelles de son homologue anglaise. La UK border agency qui lui donnait des nouvelles du pays.

Et lui fixait un petit rendez-vous. Au 28 septembre, soit aujourd’hui.

« Je vous écris pour confirmer que, sous réserve d’un accord diplomatique, il y aura une entreprise commune entre le Royaume-Uni et la France afin de réaliser un vol de retour de nationaux afghans vers l’Afghanistan, le 28 septembre 2009 ». Qu’en des termes choisis, ces choses là soient dites.

En somme, un charter d’expulsé coproduit par la France et le Royaume Uni, contrée qui ne manque pas de vanter son savoir-faire. « Le Royaume Uni a procédé à des vols de retour vers l’Afghanistan depuis 2003 et nous avons trouvé ces moyens efficaces pour favoriser les retours forcés ».

Fax envoyé le jour de la descente des flics dans la jungle de Calais par la PAF anglaise à son homologue française

Et le préfet du Pas-de-Calais n’a pas dit autre chose, juste après la descente des poulets dans la jungle : « Les Anglais renvoient une centaine d’Afghans chaque mois en Afghanistan. Personne n’a jamais été tué à son retour. Nous ferons la même chose tout en étant très prudents par rapport à la situation des gens qu’on renvoie. »

Las, trois fois las, la France a un peu raté ses réservations. « Nous ne sommes pas concernés par ce vol », glisse-t-on pudiquement au glorieux ministère de l’Immigration. Une confession livrée off.
L’intendance n’a apparemment pas suivi.

RUMBLE IN THE JUNGLE

Les « interpellés » du 22 septembre ont en effet posé de menus soucis à l’administration française. Et en posent encore. Sur les 280 migrants vidés de la « Jungle », 130 se sont révélés mineurs, donc inexpulsables. Et le reste de la troupe a déjà beaucoup trop voyagé pour reprendre l’avion. Les migrants se sont vus répartis dans les centres de rétention aussi divers et éloignés de Calais que ceux de Nîmes, de Marseille, de Toulouse, Rennes ou Metz. L’occasion de voir du pays, tant pour les réfugiés (à majorité des Afghans) que pour les flics (cf. encadré). Mais que les juges de détention et liberté ont fort peu apprécié. Déplacement à des centaines de kilomètres du lieu d’arrestation, non respect des droits, etc…

Les flics se plaignent aussi
Les avocats des migrants vidés de la jungle n’ont pas été les seuls à se plaindre de leurs conditions de transferts. Même les poulets ont gueulé. « 35 heures de service en deux jours (trajet compris), de simples casses-croutes pour se sustenter, aucun petit déjeuner ce matin et un voyage retour en compagnie de certains "retenus" dont certains présentaient des maladies contagieuses », ont même geint dans un tract du syndicat Alliance du 23 septembre, les membres de la Paf de Haute-Garonne. Des conditions d’emploi « Inacceptables » chantent les poulets toulousains, qui ont contraint la branche Midi-Pyrénées du syndicat de faire part au directeur de la PAF sud ouest de « sa plus grande indignation ». Saine réaction.

A Aix, Marseille ou Nîmes, une quarantaine de procédures ont été annulées, et des libérations ordonnées. En attendant les résultats des appels des différents parquets.

Le dernier Besson
© PieR Gajewski

Trop tard pour ne pas annuler le voyage organisé qui se préparait. Pourtant, les Anglais avaient prévenu.

« Les retours sont subordonnés à des accords diplomatiques et à la documentation des éloignés (pour garantir leur admission en Afghanistan) et vous devez vous assurer des autorisations nécessaires qui nous permettront d’entreprendre cette initiative commune ».

Mais bien heureusement, ce n’est que partie remise. Trotte encore l’idée « d’aboutir à l’établissement d’un plan durable pour un programme d’opérations futures ».

Charmant horizon.