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lundi 4 janvier 2010

Maroc : LES ESPOIRS POLITIQUES DE 2010

Un peu d’optimisme dans l’incohérence générale
par Hicham Bennani, 3/1/2010

Dans un gouvernement phagocyté par le PAM (Parti Authenticité et Modernité) de Fouad Ali El Himma, difficile de parler d’hommes politiques «porteurs d’espoirs» pour la démocratie. Au sein de l’hémicycle, les notions de majorité et d’opposition ont encore moins de sens depuis la victoire du PAM aux élections communales de juin 2009 et l’élection de Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du PAM (parti de l’opposition), à la tête de la deuxième chambre, en octobre dernier. Lorsqu’il s’agit de se prononcer sur des questions épineuses comme l’affaire Aminatou Haidar, les membres des partis dirigeants se contentent de s’aligner sur les positions officielles les yeux bandés. Même les plus engagés préfèrent ne pas donner d’opinion. Pourtant, certains hommes politiques, qui bénéficient d’une légitimité et d’un respect, non seulement à l’intérieur de leur parti, mais aussi en dehors, ont dénoncé, à des degrés différents, au cours de l’année 2009, les dérives du processus électoral, les dysfonctionnements de leur parti et les incohérences des instances dirigeantes. Parfois même, en militant pour des causes délaissées par l’Etat. Si ces hommes n’abandonnent pas leurs idées, si ces hommes restent fidèles à leurs engagements et ne s’alignent pas sur le pouvoir en place, tout en concrétisant leurs visions politiques sans penser à leur intérêt personnel, ils pourront sans doute apporter une once d’espoir à ce que l’on peut appeler, la démocratie.
Ali Bouabid, membre du bureau politique de l’USFP (Union Socialiste des Forces Populaires):
Une lueur d’espoir dans une gauche en mal d’identité

«Pour l’année 2010, je souhaite que pour briser ce cercle de la défiance envers le politique, nos gouvernants consentent à sacrifier à l’exigence minimale de cohérence entre les postures affichées et les pratiques observées !»
Cette année, Ali Bouabid, co-fondateur du mouvement «pour la refondation de l’USFP», a tenté de faire valoir auprès des membres de l’USFP, la nécessité d’un réajustement de la ligne politique du parti, «que je défends depuis 2002, et sans laquelle aucune refondation du parti, en accord avec nos valeurs, n’est à mon sens envisageable». Qu’a-t-il pensé des élections communales ? «Le processus électoral est venu cristalliser la misère politique dans laquelle le Maroc est englué», dénonce Bouabid. Le 5 décembre 2009, Ali Bouabid, a fait le choix de ne pas participer à la deuxième session du Conseil national de l’USFP. Il n’était «pas solidaire avec les orientations du bureau politique» car la participation au gouvernement a été présentée comme un postulat, alors que «c’est une hypothèse qui reste discutable». En cette fin d’année, il résume la situation ainsi : «si notre présence au gouvernement n’allait pas de soi à l’origine, l’absence de tout relief politique à la participation actuelle de l’USFP n’arrange pas les choses !» En 2010, Ali Bouabid devra réaffirmer et clarifier ses positions, tout en se détachant de l’étiquette de «fils de» Abderrahim Bouabid, un des fondateurs de l’USFP, qui lui colle à la peau.


Abdellah El Harrif, secrétaire national du parti d’extrême gauche Annahj Addimocrati
Le militant convaincu
«Les actuels reculs sur le plan démocratique sont très graves, nous appelons de nouveau pour 2010 à la création d’une instance nationale pour défendre les acquis démocratiques».
Le 4 avril dernier, lors d’un sit-in de protestation contre l’Otan devant le Parlement à Rabat, Abdellah El Harrif a été violenté, avec plusieurs militants, par les forces auxiliaires. «L’un d’eux m’a giflé et je lui ai aussitôt retourné la gifle. Ils se sont alors tous retournés contre moi», témoigne El Harrif. Tant au niveau des droits de l’homme que sur le volet social, les militants d’Annahj, ont plus que jamais fait entendre leur voix en 2009. La force de ce parti est d’avoir toujours maintenu ses idées : la lutte contre le sionisme, la position en faveur de l’auto-détermination du peuple sahraoui, le combat afin d’améliorer l’enseignement et le pouvoir d’achat, etc. Tout en boycottant les élections communales de juin 2009, El Harrif, a véhiculé ses idées alors qu’il était interdit de médias dits officiels. El Harrif se dit pessimiste pour la démocratie en 2010 : «Nous serons toujours la cible du Makhzen et des partis qui lui obéissent, car nous avons toujours été contre la répression et l’approche sécuritaire».
Mustapha Ramid, président du groupe parlementaire du PJD (Parti Justice et Développement) à la chambre des représentants
Le coup de gueule permanent
«Pour la prochaine année, je souhaite que le Maroc rectifie la voie de la démocratie en adoptant une véritable réforme constitutionnelle, qu’il trouve une solution pacifique à la question du Sahara et qu’il ouvre les frontières avec l’Algérie, pour l’intérêt commun des deux peuples».

Dimanche 19 juillet 2009, dans les locaux du Journal Hebdomadaire, en insistant la réforme des institutions comme priorité, Mustapha Ramid a annoncé un rapprochement entre le PJD et l’USFP. Il a parlé d’un Front pour la réforme démocratique. «En dépit de toutes nos divergences, les impératifs du moment exigent une coopération mutuelle». Le 27 octobre, Ramid, a accusé le PAM d’avoir usé de «l’argent sale» pendant les élections communales, lors de la séance d’examen en commission du projet de budget. Ce qui a provoqué une véritable guerre médiatique entre les deux partis ennemis. Selon Ramid : «le PAM a déséquilibré l’échiquier politique à cause du phénomène de transhumance». Ramid faisait partie du groupe parlementaire qui avait fait voter une loi sanctionnant toute «atteinte au drapeau national» en 2004. Regrettant que cette loi soit utilisée contre la presse, il est devenu l’avocat de Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien Akhbar Al Youm condamné «pour offense au drapeau national» le 30 octobre dernier. Avec le PJD, Ramid a défendu le fond de solidarité familiale, qui n’a finalement pas été validé. Après avoir dénoncé haut et fort les incohérences gouvernementales, Ramid va devoir transformer ses paroles en actes pour 2010, en tirant les leçons du conseil national du PJD du 12 décembre.
Mohamed El Morabit, membre du bureau politique du MP (Mouvement Populaire)
Le trublion qui veut assainir son parti
«2010 doit être l’année de la mise à niveau du MP de façon transparente et démocratique pour qu’il puisse avoir sa place sur le champ politique. L’Etat doit faire en sorte que les femmes et la jeunesse du pays s’intéressent à la politique et à la chose publique».
Petit à petit, un nouveau courant à pris forme au sein du Mouvement Populaire (MP) durant l’année 2009, suite aux promesses non tenues et à la mauvaise gouvernance de Mohand Laenser, secrétaire général du MP. Ce courant est aujourd’hui mené par Mohamed El Morabit, coordinateur du réseau des cadres du MP. Le réseau des cadres a été démantelé par Laenser en octobre après que ce mouvement ait dénoncé la mauvaise gestion du parti au cours de deux réunions tenues le 19 septembre à Fès et le 17 octobre à Casablanca. Samedi 19 décembre, lors de la réunion du Comité central du MP, les opposants exclus du MP ont été officiellement réhabilités et la direction du parti s’est alignée sur leurs requêtes, à savoir l’organisation d’un congrès transparent et démocratique, «afin que les futures instances du parti soient élues de façon démocratique», explique Morabit. Dans ce sens, il a annoncé un mouvement appelé «Initiative pour un processus pour le renouveau démocratique participatif au MP». Face à un secrétaire général controversé qui pourrait bien être reconduit lors du prochain congrès national en mars 2010, les hommes d’El Morabit constituent un rempart important qui symbolise un espoir de changement.
Mohamed Sassi, membre dirigeant du PSU (Parti socialiste unifié)

La dernière chance

«On a l’impression que le PAM est venu pour assurer la continuité de l’ère Driss Basri et ce qui se passait, à l’époque, avec l’Union constitutionnelle. Il faut contrer ce danger en 2010 !»
Après les communales de juin 2009, Mohamed Sassi a tiré à boulets rouges sur le PAM en dénonçant sa complicité avec le ministère de l’Intérieur qui lui a permis de remporter les élections. «Tous les partis ont été victimes d’une véritable conspiration», déclarait Sassi, dans les colonnes du Journal Hebdomadaire en juin 2009. Concernant l’arrondissement de Yacoub El Mansour, Sassi parle d’une véritable falsification des résultats au profit du PAM qui s’est accomplie en deux phases : avant et après le scrutin. «Les candidats du PAM tiennent une stratégie électorale qui inspire aux électeurs le fait qu’il s’agit d’un parti de l’Etat», indique Sassi. Mais lorsqu’il s’agit d’évoquer les défaillances de son parti ou plus généralement de la gauche, Sassi a manqué de pugnacité cette année. Parce qu’il avait violemment tourné le dos à l’USFP en 2001, il est attendu sur des positions plus courageuses en 2010. Pourrait-il devenir le catalyseur d’un nouveau front commun de la gauche ? Pour cela, il devra agir et se défaire d’une image aujourd’hui assez controversée que lui attribuent ses anciens alliés.

Le roi Mohammed VI face à son sort




Par Diaspora Sahraouie, 2/1/2010
Arrivé au pouvoir en 1999, Le roi Mohamed VI avait eu toutes les chances de construire un Etat véritablement démocratique, stable surtout que ses premières initiatives avaient rassuré tous les marocains épuisés par trente-cinq ans de répression du règne de Hassan II.
Le peuple marocain avait applaudi à cette nouvelle politique prônée par le nouveau souverain. Mais à la surprise générale, il va étaler devant tout le monde sa véritable nature et les objectifs des nouveaux maîtres du pays qui n'auront que du mépris et d'arrogance pour le reste des marocains. Le pays sombre de nouveau dans la violence, la terreur et la peur.
Le régime de Rabat ne cache plus sa nature : une dictature. Peut-être pas la plus tyrannique, mais les dégâts qu'ils occasionnent ont tendance à s'accroître. Avec le soutien de la France. Les arrestations arbitraires sont devenues monnaie courante, les procès d'opposants au régime n'ont de juste que le nom, les manifestions sont toujours par le sang réprimées.
Mohamed VI a vite déçu l'espoir du peuple marocain qui, après plusieurs décennies de plomb, aspire à la paix, à une évolution démocratique de la vie politique, et surtout d'une bonne gestion de ses ressources, seul gage pour sortir le Maroc d'une pauvreté endémique.
Les violations des droits de l'homme ont atteint une proportion très préoccupante. Plus grave, une classe s'est mise en place, constituée du roi et de ses alliés, ils sont responsables d'innombrables détournements de biens publics et de l'aide internationale, se livrent à des exactions inhumaines mais aussi jouissent d'une impunité totale. Cette situation dramatique, source du mécontentement populaire entraîne le pays vers des lendemains encore plus sombres.
Certes, les médias nationaux et français, appelés à la rescousse du régime et grassement payés pour les besoins de la cause, ont servi de relais tapageurs à un non-événement en décrivant la mascarade du consensus comme étant une "manifestation de soutien", les partis marionnettes ayant accepté de se livrer à ce simulacre.
Mohamed VI et sa clique se sont mis dans la tête qu'ils sont plus malins que tous les habitants du royaume et peuvent créer des centaines de partis politiques fantoches pour amuser la galerie et servir de caution pluraliste et démocratique à son régime.
Le temps passe inéluctablement et chaque jour qui passe, la grogne monte d'un créneau. Mohamed VI, tel un rouleau compresseur, gronde et fait trembler la terra, il est prêt à dévorer n'importe quel humain qui lève la voix contre lui. L'heure de vérité a sonné. Son clan et tous ses subordonnés sont face à leur destin qui s'annonce de mauvais augure.
Le nouveau roi n'a pas les qualités intelectuelles de son père et il a confié le destin de la nation dans les mains d'une poignée de voyous qui accumulent les échecs et les fautes graves.
Mohamed VI se fait rare, on ne le voit pas souvent. Les critiques de la presse étrangère empêchent les longues vacances au Brésil, en Thaïlande. Alors, il s'enferme pour de longues durées. Il boude les rencontres avec les personnalités. Le protocole du palais ne sait plus quoi faire et surtout quelle excuse présenter à tous ces nombreux hôtes qui se déplacent au Maroc.

Dans la presse, tout le monde s'interroge. Où se terre Mohamed VI? Est-il inquiet pour son pouvoir ou est-il seulement perturbé par ce qui se passe dans les rues du royaume? Autant de questions qui taraudent le peuple marocain et la communauté internationale. Les plus proches collaborateurs affichent tout .de même un sourire rassurant et se contentent de répondre : " Le roi est occupé dans les chantiers nationaux". Autant dire que Mohamed VI est entré en 'Khaloua" (isolement pour des pratiques mystiques) Quant à son lieu de refuge, il ne faut pas être très doué pour deviner que c'est dans un endroit on ne peut plus sûr. Son luxueux palais.
Son attitude est source de nombreuses questions. Mais quand on s'y penche plus sérieusement, on s'aperçoit que c'est très véridique et hautement révélateur. Mohamed VI doit réfléchir sur la gestion calamiteuse de ses conseillers et subordonnés. Il doit réfléchir sur les innombrables bêtises qu'on lui a fait commettre.
L'heure est très grave et cela Mohamed VI ne l'ignore pas. Il sait aujourd'hui plus qu'hier que les jours du régime sont désormais comptés. C'est un véritable compte à rebours qu'il vit enfermé dans son palais. Tel un condamné à mort qui attend son heure d'exécution, Mohamed VI voit défiler dans sa tête toutes ses bêtises commises depuis son intrônisation. S'il peut arrêter le temps, il n'hésitera pas un instant. La dépression et l'abus des boissons alcoolisées augmente sa gourmandise et il prend de plus en plus de poids.
Échec et mât ! Tel aura été le résultat enregistré par le pauvre dictateur et sa bande d'opportunistes. Alors on sort la vieille histoire de la menace extérieure et on appelle à l'unité et au consensus pour sauver le régime agonisant

Palestine : Les expulsés de Sheik Jarrah

MA SEMAINE À JÉRUSALEM (III). Manel a rencontré l’une des 28 familles palestiniennes chassées de leurs domiciles situés dans la partie arabe de la ville.
Par Manel Yahia, 2/1/2010

S’il est un sujet que j’appréhendais avant d’arriver à Jérusalem, c’est certainement celui-ci. La rencontre avec ces familles qui ont fait la « une » des médias lors de leur expulsion de leur domicile en avril dernier. Elle se prénomme Sharihan Hannoun (photo), et elle est très certainement l’une des Palestinienne les plus connue dans Jérusalem. Elle et sa famille vivent en effet depuis plusieurs années une situation des plus complexes.
« Pendant l’occupation de la Cisjordanie en 1967, l’UNRWA* proposait aux réfugiés palestiniens d’échanger leur carte de réfugié (carte précieuse pour eux car elle leur garantissait leur droit au retour, et leur permet de bénéficier d’une aide de l’ONU) contre une maison. » Ce que la famille Hannoun accepta. Ils se virent ainsi remettre les clefs d’une maison à Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem-Est.

A l’époque, ce terrain appartenait à la Jordanie, mais pour tous les territoires faisant partie de l’empire ottoman jusqu’en 1920, le cadastre se trouvait à Istanbul. On peut appréhender les étapes les étapes du conflit israélo-palestinien à travers l’histoire de cet acte de propriété. Sharihan, étudiante en psychologie, raconte avec précision chacune de ces étapes, qu’elle n’a pourtant pas pu vivre, puisqu’elle a 20 ans. « Notre maison a été construite en 1958, mais en 1971, l’Etat d’Israël affirme qu’il s’agit d’une de leurs propriétés. A l’époque, nous avions confié l’affaire à un avocat israélien, qui avait passé un accord avec une association israélienne sans que nous le sachions. Il lui avait accordé le statut de locataire à vie. Nous avons donc changé d’avocat mais c’était trop tard. »
Il faut préciser que les actes de propriétés se trouvant en Turquie, la famille Hannoun a entreprendre de lourdes démarches administratives pour récupérer ce document. « Nous nous sommes rendues à deux reprises à Istanbul, une première fois on nous a affirmé que le document avait disparu, qu’il était beaucoup trop vieux pour qu’on puisse le retrouver, puis une seconde fois, alors que les relations entre Israël et la Turquie étaient un peu moins étroites, le document avait miraculeusement réapparu et nous a été remis. »
Bien qu’ayant en leur possession tous les actes de propriété, le tribunal donne raison à l’association israélienne, estimant que bien que propriétaire, les Hannoun n’étaient pas considérés comme locataires à vie. Cette même association étant locataire d’une plantation d’oliviers proche de la maison, le terrain devait leur revenir. La famille reçoit donc son avis d’expulsion mais refuse catégoriquement de quitter son logement. S’ensuivront des années de menaces d’emprisonnement, mais la famille refuse de vider les lieux.

« Il était hors de question que nous quittions notre maison, elle était à nous et nous n’allions pas nous laisser faire aussi facilement », affirme XX Hannoun, la mère de Sharihan, ajoutant « la pression était très dure car chaque soir nous nous endormions en ne sachant pas ce qui allait nous arriver pendant la nuit. Mon fils dormait avec son cartable de peur que l’armée ne vienne dans la nuit et de ne pouvoir aller avec ses affaires à l’école ».
Le jour tant redouté par la famille Hannoun arriva en 2002 : « Ils sont venus au milieu de la nuit, nous ont mis dehors sans nous laisser prendre nos affaires », se remémore Sharihan avec un regard impassible. Après avoir passé une année entière dans la rue, les Hannoun décident de louer une autre maison. Ils ne s’avouent pas vaincus, font appel à la première décision de justice, et en 2006 le tribunal rend le jugement suivant : « Il décide que la maison n’appartient à personne mais qu’elle revient aux premiers habitants », explique la jeune fille.
Les Hannoun peuvent alors rentrer chez eux, sauf que l’avocat commet une erreur grave : il n’obtient pas le papier officiel du jugement, un nouveau procès aura donc lieu pour déterminer encore une fois qui sont les propriétaires de la terre. On en vient aux moments les plus douloureux du récit. Stoïques, Sharihan et sa mère racontent dans les moindres détails les pressions que leur famille ont ensuite subies.

« Lorsqu’on nous demande de remettre les clefs de la maison en 2008, mon père refuse et est pendant trois mois, mon grand-père âgé de 88 ans a, lui, été enfermé chez lui par l’armée israélienne. On nous a menacés de nombreuses amendes, au départ, on nous a demandé 15 000 dollars. A la fin, on a reçu un ordre d’expulsion assorti d’une menace de prison de longue durée, plus une amende de 50 000 dollars, plus 50 000 shekels, 150 000 dollars, ce qui est juste impossible à payer. »
Refusant une nouvelle fois de quitter leur maison, la famille fait appel à une association internationale (ISM International Solidarity Movement), groupe dont une des membres, Rachel Corrie, a péri en 2003 sous les assauts d’un bulldozer de l’armée israélienne, celle affirmant n’avoir pas vu la jeune femme avant l’instant tragique.
L’association envoie donc des bénévoles se relayent durant cinq mois chez les Hannoun afin de les protéger, Tsahal étant un tantinet plus conciliante lorsque des « internationaux » sont présents. Mais l’expulsion a quand même eu lieu. « Il était 4h30 du matin, environ 500 policiers entouraient notre maison. Une vingtaine sont entrés, ont d’abord fait sauter la porte que je me suis prise en pleine face. Ils nous aspergés de gaz lacrymogènes et m’ont jetée dehors alors que j’étais en short. Ils ont braqué mes petits frères, les ont frappés et les ont également jetés hors de la maison. Ma mère s’est réveillée avec cinq soldats qui la braquaient, l’ont tirée par les cheveux et l’ont mise à la porte, pieds nus. En sortant, elle a marché sur les débris de verre des vitres que les soldats avaient cassés », rapporte Sharihan, toujours aussi calme.
Sa mère poursuit le récit : elle affirme que les soldats ont tout détruit dans la maison, en plus de s’être servis dans leur frigidaire. « Ils s’en sont ensuite pris aux internationaux qui étaient là. Ils les ont roués de coups, leur demandant ce qu’ils faisaient là, et leur expliquant qu’ils n’avaient pas à se mêler des affaires d’Israël, que ça ne regardaient qu’eux. »

Quelques heures plus tard, des colons israéliens occupaient la maison avec tout leur mobilier. La famille Hannoun a aujourd’hui interdiction de s’approcher à moins de 100 mètres. Elle s’était auparavant installée en face de sa maison, dans la rue. Elle y est restée durant 92 jours, avec des voisins et des amis solidaires de leur cause, mais elle a été menacée s’expulsion de Jérusalem.
Aujourd’hui les membres de cette famille vivent à l’entrée d’une maison voisine, sous une tente. Les enfants dorment dans une voiture car les nuits sont assez fraîches. Quant à Sharihan, elle dort sur les bancs de la fac, histoire de ne pas être en retard le matin. Il faut néanmoins préciser qu’étant propriétaires de la maison, ce sont encore les Hannoun qui reçoivent les factures d’électricité, d’eau et de gaz. Conscient de la gravité de cette affaire, le consulat général de France à Jérusalem a décidé de payer deux avocats à la famille Hannoun. Aujourd’hui, il y a environ 28 familles menacées d’expulsion dans Jérusalem.
Source :*United Nations Relief and Works Agency, organisme de l’ONU pour les réfugiés palestiniens.

Les manifestations populaires , en Iran et au Sahara Occidental

Par Amis du Peuple du Sahara Occidental, 3/1/2010

Petites remarques
Alors que les manifestations populaires Iraniennes sont abondamment médiatisées en France, celles qui agitent tous les jours le Sahara occidental ne recueillent que coupable silence.
L’Intifada Iranienne, pacifique et durement réprimée depuis 6 mois a pris depuis une semaine une teinte violente. Gouvernement et peuple se déchirent, la violence éclate contre les mobiliers urbains, les biens privés et les civils. Les médias Français en font état quotidiennement, ils photographient, filment, écrivent…
L’Intifada Sahraouie est longue de bientôt 35 ans de résistance pacifique. Aujourd’hui encore et malgré les graves violations de tous les droits des Sahraouis par l’Etat Marocain au Sahara Occidental occupé ou dans la zone non contestée située juste au nord du territoire, les manifestants n’usent ni d’arme à feu ni d’armes blanches. Les bâtiments publics ne brûlent pas, et les colons Marocains ne sont pas agressés.
Alors que les manifestants Sahraouis n’ont pas le droit de filmer et sont frappés et emprisonnés pour cela, alors que la presse internationale n’a pas l’autorisation de rapporter ce qui se passe, qui s’indigne, qui relate et explique ? Qui a la conscience professionnelle en France de dire tous les jours que les droits de l’homme ne sont pas respectés au Sahara Occidental ? Que les richesses naturelles du territoire, propriétés légitimes du peuple selon le droit international, sont pillées, et que nous consommons, en France, ces produits volés à un peuple occupé ?
Qui dans la presse dénonce la France en mai 2009, quand elle s’oppose à ce que la MINURSO, mission de l’ONU chargée de la surveillance de la mise en place du referendum d’autodétermination des Sahraouis, soit chargée de l’observation des atteintes aux droits de l’homme au Sahara Occidental occupé ? Qui a la conscience de ne pas s’aligner sur les dysfonctionnements de l’Etat ?
Quelle est la dimension variable des Droits de l’Homme dans la conception française qui autorise de tels écarts dans la diffusion de l’information ? Faut-il qu’il y ait du sang, du feu et des morts violentes pour que l’humanité s’informe de sa vilenie ?
Et pourtant, le Timor Oriental, dont la problématique était la même que celle du Sahara Occidental a reçu le soutien du monde et l’écho de la presse, jusqu’à la mise en place de l’autodétermination et de l’indépendance.
Dans la question du Sahara Occidental, il est question paradoxalement pour la France d’aider la monarchie, puissance occupante, le « jeune » roi, son représentant … Quelque chose ne va pas quand la presse s’aligne sur les ratés du gouvernement.

Juan Carrique(CGT Espagne) rend visite aux ouvriers de SMESI

Communiqué

Par Ali Fkir, coordinateur du Comité de solidarité avec les ouvriers de SMESI (CSOS), 3/1/2010

Le militant syndicaliste (CGT espagnole-Madrid) juan carrique a contacté le coordinateur du CSOS pour lui faciliter une rencontre avec les ouvriers de SMESI licenciés abusivement par l'OCP depuis des mois, et les militants syndicalistes de l'Union locale de l'UMT - Khouribga , ce qui a été fait.
Le militant juan s'est rendu ( le 01/01/2010) à Khouribga où il a pu s'entretenir avec les ouvriers de SMESI, avec des militants syndicalistes de la région et avec des militants solidaires des victimes de l'arbitraire.
Merci pour les militants de la CGT espagnole, de la CNT-france, de la CGT de France, des militants du PCF...pour leur solidarité avec les 850 ouvriers licenciés abusivement par l'OCP.
Nous lançons de nouveau un appel à toutes les personnes éprises de justice pour manifester leur solidarité avec ces prolétaires qui ont trimé pendant des années au sein de SMESI (filiale 100% de l'OCP), et qui se retrouvent aujourd'hui jetés dans la rue comme des vauriens. La connivence de l'OCP et de l'Etat a détruit des familles innocentes, "déscolarisé" les enfants, causé (en les affamant) la mort des bébés, des vieux... .
Les villes de Khouribga, de Hattane, de bujniba...sont quadrillés par diverses forces de répression, des hélicoptère survolent certaines régiones...
Ces milliers d'innocent-es ont besoin de notre aide, de notre solidarité. Dénonçons l'arbitraire!
Vive la solidarité nationale, internationale et internationaliste!
Ci-dessous le rapport (en arabe) du bureau syndical des ouvriers de SMESI et des photos relatives à cette visite.
Le mardi 5 janvier 2010, les ouvriers de SMESI se déplaceront à Casablanca pour organiser un sit in devant le siège de l'OCP de 10h à 14h30

تقريرعن زيارة ممتل نقابة الكونفدرالية العامة للشغل ( CGT ) فرع مدريد بإسبانيا لمقر الاتحاد المغربي للشغل بخريبكة يوم 01 يناير 2010

في إطار تضامنها الملموس مع نضالات نقابة عمال سميسي ريجي بخريبكة، أبت مركزية الكونفدرالية العامة للشغل ( CGT ) بإسبانيا إلا أن تبعث ممثلا نقابيا عن فرع مدريد إلى مدينة خريبكة حيث نظم له استقبالا من طرف الاتحاد المحلي والمكتب النقابي لعمال سميسي ومجموعة من العمال، وقد استغرقت الجلسة زهاء ساعتين شرح فيها المكتب النقابي لعمال سميسي للضيف مختلف تطورات الملف والخطوات النضالية التي خاضها العمال في السابق والمزمع خوضها خلال بداية السنة الجديدة والتي تتضمن اعتصامات بأوراش المجمع الشريف للفوسفاط وأمام إدارة الفوسفاط بخريبكة والإدارة المركزية بالدار البيضاء ، كما استعرض الممثل الإسباني بعض الخطوات التضامنية المقبلة التي يمكنهم القيام بها مستقبلا للتعريف بمأساة ومعاناة وأيضا نضالات عمال سميسي ريجي ال 850 المطرودين تعسفا من طرف إدارة الفوسفاط من خلال تنفيذ وقفات أمام سفارة المغرب وقنصلياته بإسبانيا، إضافة إلى إمكانية تنظيم مسيرات ومراسلة الجهات المسؤولة بالمغرب (الديوان الملكي، الوزارة الأولى، وزارة الطاقة و المعادن، وزارة التشغيل، إدارة الفوسفاط...) وقد ختم اللقاء بترديد شعارات تشيد بالتضامن العمالي ووحدتهم، كما تم التقاط صور لعمال سميسي ريجي مع الممثل النقابي وبعض الهيئات الحقوقية، وتم أيضا تنظيم حفل شاي على شرفهم.
عن المكتب النقابي لعمال سميسي ريجي

dimanche 3 janvier 2010

SAHARA : LE POLISARIO DEMANDE À L'ONU DE FAIRE PRESSION SUR LE MAROC

Par rci, revue de presse internationale, 2/1/2010

Le Front Polisario a demandé jeudi à l'ONU de faire pression sur le Maroc pour reprendre "sans préalables " les négociations sur l'autodétermination et l'indépendance du peuple sahraoui.
Le Front Polisario a réitéré sa disponibilité à coopérer de "manière constructive " aux efforts déployés par le secrétaire général de l'ONU et son envoyé personnel au Sahara occidental, Christopher Ross. Quatre séries de négociations sur le Sahara occidental tenues à Manhasset, dans la banlieue de New York, entre le Maroc et le Polisario et sous l'égide de l'ONU n'ont pas permis de rapprocher les points de vue. Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été annexé en 1975 par le Maroc qui prône une large autonomie sous sa souveraineté. Le Polisario, mouvement indépendantiste sahraoui, réclame un référendum d'autodétermination, dans lequel l'indépendance serait l'une des options offertes.

samedi 2 janvier 2010

Mobilisation autour de l'officier franco-marocain Kaddour Terhzaz



Publié  par Continentalnews, 31/12/2009 
En ces temps de débat sur l'identité nationale, il est au moins une chose sur laquelle tous nos concitoyens peuvent s'accorder, quelle que soit leur appartenance politique : la France, patrie des droits de l'homme, se doit de défendre l'honneur, la liberté et la justice lorsque l'un de ses ressortissants est victime de l'arbitraire. Tel est le message que Pierre Sadran, professeur à Sciences Po Bordeaux veut faire passer en soutenant et en exhortant la France à se mobiliser pour l'officier franco-marocain Kaddour Terhzaz.
Rappel des faits.
Ce Franco-Marocain âgé de 72 ans, officier supérieur de l'armée de l'air marocaine à la retraite, est aujourd'hui emprisonné, tenu à l'isolement dans une cellule où il ne dispose ni d'un matelas pour dormir, ni du nécessaire pour s'alimenter dans des conditions décentes. Comment en est-on arrivé là ? "Il a commis le « crime » d'en appeler respectueusement à la clémence du pouvoir à l'égard de ses anciens pilotes, dont l'appareil fut abattu par le Front Polisario voici une trentaine d'années et qui ont été traités en parias à leur retour au Maroc", explique Pierre Sadran. Il appelait, pour ceux dont il avait été le chef (et dont la seule « faute » était de rentrer au pays après avoir subi plusieurs années d'emprisonnement dans le camp de Tindouf), à un traitement les rétablissant dans leurs droits et leur dignité de militaires à la retraite.
Un règlement de comptes tardif
C'est ce réflexe de justice élémentaire et ce devoir moral qu'il s'imposait à lui-même qui lui ont valu d'être arrêté brutalement, et « jugé » plus qu'expéditivement par la « justice » militaire marocaine dans un procès sans considération ni respect pour les droits de la défense, en novembre 2008. "Tout montre qu'il a été victime d'un règlement de comptes tardif de la part de certains généraux influents qui ont saisi cette occasion de lui faire payer, durement, son franc-parler", estime le professeur de l'Institut d'études politiques de Bordeaux.
La famille s'inquiète de son état de santé
Kaddour Terhzaz est maintenant détenu à la prison de Salé à Rabat depuis plus d'un an, le 9 novembre 2008 exactement. "Un an, déjà, qu'il a été arrêté à son domicile ; un an, déjà, que nous nous battons pour sa libération ; un an, déjà, que nous ne comprenons pas cet acharnement à garder en prison un homme innocent ; un an que nous clamons la vérité !", crient, de désespoir, sa femme et ses quatre enfants, qui mettent en avant ses problèmes cardiaques. "Que fait la France pour soutenir celui qui a sa nationalité et qu'elle a décoré de la Légion d'honneur ?", s'interroge Pierre Sadran. "C'est pourquoi j'en appelle à nos élus, et à tous ceux qui se reconnaissent dans la devise de la République : « Liberté, Égalité, Fraternité", conclut-il.

Tunisie : APRES ALI SAÏDI, A QUI LE TOUR ?

Il y a huit ans, une mort programmée dans une atmosphère semblable à celle
d'aujourd'hui.
Par Khalid Benmbarek,1er/1/2010
Il y a huit ans, le 30 décembre 2001, le cadavre d'Ali Saïdi était soi-disant
trouvé enterré quelque part à Oum Laârayes. Le pouvoir a immédiatement échafaudé
une histoire cousue de fil blanc en vue d'accréditer la thèse du crime
crapuleux. Deux femmes dont on ne sait rien aujourd'hui, ont été condamnées.
L'opposition tunisienne s'est résolue à laisser tomber ce pestiféré de ses
rangs, autorisant le pouvoir à le tuer une deuxième fois en le précipitant dans
les abîmes de l'oubli. Jamais la quête de vérité ne s'éteindra à propos de ce martyre
ignoré.
Son fils a grandi et pourra bientôt reprendre le témoin.
L'AISPP, Liberté/Equité et l'ATFD se doivent de rechercher les deux sœurs
Saïdi-Biskri et de leur porter secours, y compris par une demande officielle de
réouverture de dossier.
Certains aujourd'hui feignent d'ignorer leur prédécesseur dans le jeu d'apprenti
sorcier avec le pouvoir, en lui faisant la courbette, en lui léchant les bottes
et en faisant les rabatteurs-maquereaux. Il y en a même qui se font nommer
ambassadeurs.
Ils ne devraient pourtant pas dormir tranquilles, car, comme avec Ali, L'Infâme
ajourne, ignore, refoule, patiente, mais il n'oublie jamais.
Tous les dégénérés devenus benaliénés comme s'ils avaient été frappés d'un sort
subit, doivent méditer le cas Ali Saïdi et bien réfléchir avant de retourner
coudre publiquement et ostensiblement leur tricot de corps. Et par-dessus le
marché, de faire de cette déchéance absolue une sorte d'épopée glorieuse (toz
hikma !) érigeant la traîtrise et la bassesse, la négation de soi et
l'autodestruction morale, en véritable croisade personnelle. Encore un peu, à
les entendre, la « khiêna » (de soi d'abord) serait remboursée par la Sécurité
sociale.
Comme disait l'éternel Almoutanabbi : Mên yahoun yahouni'lhawanou âlayhi ** Mê
lijourhin bi meyyitin ilêmou..

Liberté des médias : palmarès 2009


Le palmarès 2009 de la liberté des médias

Par Monique Crépault, 29/12/2009
La fin d’une année, c’est souvent le moment de faire des listes et l’internet n’échappe pas à la règle avec ses listes des meilleures vidéos sur YouTube, des chansons les plus vendues sur iTunes ou des blogueurs les plus consultés dans le cyberespace. Reporter sans frontières n’est pas en reste avec son classement mondial de la liberté de la presse, qui inclut bien sûr la liberté d’expression sur le Net.
Il ne me viendrait jamais à l’idée que je pourrais être condamnée à la prison ou même à mort pour incitation à la subversion sur Internet tout simplement parce que j’aurais écrit sur ce blogue que Harper a une tête de bonhomme Lego ou qu’il est retardé question environnement.
C’est pourtant ce qui arrive à des blogueurs dans des pays comme la Chine, le Viêt-nam, l’Égypte, l’Azerbaïdjan ou le Maroc, respectivement 168e, 166e, 146e, 143e et 127e sur la liste de 175 pays du palmarès 2009 de Reporters sans Frontières.
 Chine
Liu Xiaobo, un philosophe chinois, ardent défenseur de la liberté d’expression sur le web.
Le 25 décembre dernier, jour de Noël, un tribunal de Pékin a condamné à 11 ans de prison Liu Xiaobo, un ancien professeur de philosophie à l’université de Pékin qui se bat aujourd’hui pour que les cybermédias fassent basculer l’omnipotence du Parti communiste chinois. L’homme de 53 ans est accusé de subversion suite à des articles publiés sur le net et à sa participation à l’élaboration de la Charte 08, une déclaration réclamant tout simplement des réformes démocratiques en Chine. Arrêté en décembre 2008, Liu Xiaobo a croupi près d’un an en prison avant d’être officiellement inculpé à la mi-décembre. Aucun journaliste étranger, diplomate ou partisan n’a pu assister à son procès, pas même sa femme.

 Viêt-nam
Nguyen Tien Trung, un ingénieur en informatique éduqué en France et emprisonné au Viêt-nam.
Nguyen Tien Trung est détenu depuis cinq mois au Viêt-nam et risque la peine de mort pour « tentative de renversement du régime du peuple » ! Ce qu’il a fait : critiquer l’enseignement universitaire du Viêt-nam et demander plus de libertés et de démocratie. Faut dire que Nguyen Tien Trung est diplômé de l’école d’ingénieurs INSA de Rennes (France), ce qui le place en bonne position pour pouvoir comparer les méthodes d’éducation des deux pays. Le gouvernement vietnamien a quant à lui décidé qu’il était le bouc émissaire parfait pour effrayer les étudiants vietnamiens qui, comme lui, voudraient réclamer plus de liberté à leur retour d’études à l’étranger.
 Égypte
En février 2007, l’Égyptien Kareem Amer a été condamné à quatre ans de prison pour « insulte au Président et à l’islam », insulte qui consiste à avoir critiqué sur Internet la discrimination infligée aux femmes en Égypte et dénoncé les dérives religieuses et autoritaires du gouvernement et des plus hautes institutions religieuses du pays.
La cour d’appel de Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, une région qui faisait autrefois partie de l’URSS, a récemment rejeté la demande de liberté provisoire de deux blogueurs, Adnan Hadjizade et Emin Milli. Arrêtés en juillet dernier, les deux hommes sont accusés d’avoir critiqué les autorités dans une vidéo où les politiciens corrompus sont comparés à des ânes. Les deux hommes ont été condamnés respectivement à deux ans et deux ans et demi de prison.
Maroc
Toujours en décembre 2009, le blogueur marocain El Bachir Hazzam a été condamné à quatre mois de prison pour « diffusion de fausses informations portant atteinte à l’image du royaume concernant les droits de l’homme ». Son crime : avoir publié au début décembre sur son blogue un communiqué diffusé par des étudiants au sujet des manifestations de Taghjijte, à 200km au sud d’Agadir, un communiqué dénonçant l’utilisation disproportionnée de la force par la police et les autorités locales. Son compatriote, Abdullah Boukfou, propriétaire d’un café internet, a été arrêté pour des raison semblables, pendant qu’un autre militant et blogueur marocain, Boubaker Al-Yadib, est quant à lui recherché par les forces de sécurité marocaines pour avoir couvert les manifestations.
Au Tibet, la situation n’est pas plus rose. Deux internautes ont été condamnés à trois ans de prison pour « communication d’informations à des contacts à l’extérieur de la Chine » : ils ont téléchargé des photos du dalaï lama ! Depuis le 1er octobre dernier, ils sont détenus à Lhassa, la capitale du Tibet, sans que personne ne puisse leur rendre visite ou avoir de leurs nouvelles. Trois autres jeunes Tibétains ont été arrêtés il y a deux mois pour avoir échangé sur une messagerie instantanée chinoise des photos et des discours du dalaï lama alors qu’un autre était arrêté en août dernier pour avoir regardé en ligne des photos du drapeau tibétain et du dalaï-lama.
Les 20 premières place du palmarès : le Canada est en 19è place, devant les États-Unis.
Bien sûr, ce ne sont là que quelques exemples parmi des centaines des multiples visages que peut prendre la répression de la liberté d’expression sur Internet. Au fait, le Danemark – tant louangé ces derniers temps pour ses réalisations environnementales – arrive en première position du palmarès de Reporters sans frontières.

Capitalisme et irresponsabilité


Par Said FAWZI, membre du Conseil d’Orientationde l’Université populaire d’Arcueil, 26/12/2009

Lundi 4 janvier, à 20 h, l’Université populaire d’Arcueil, reçoit Marie-Monique Robin, grand reporter, auteur du Monde selon Monsanto.Sa conférence Capitalisme et irresponsabilité : le cas Monsanto s’intègre dans un cycle intitulé Capitalisme et responsabilité.
L’exposé s’appuie sur l’enquête menée pour écrire et réaliser Le Monde selon Monsanto , il met en évidence les conséquences de l’activité des multinationales sur la santé humaine et les milieux naturels.
Monsanto est présent dans 46 pays. La firme est leader dans le secteur des OGM, elle produit aussi des PCB (pyralène), des herbicides (comme l'agent orange utilisé pendant la guerre du Viêt-Nam, le Round up) ou les hormones de croissance bovine et laitière qui seront interdites en Europe.
Lundi 4 janvier, à 20 h, à Anis Gras, 55 avenue Laplace, Arcueil. (RER LAPLACE)

contact : 06 16 93 29 21sfawzi@free.fr

vendredi 1 janvier 2010

Quel avenir pour la langue arabe ? Soirée-débat à Grenoble le 6 janvier 2009

Par le Centre d'Information Inter-Peuples de Grenoble, 31/12/2009
Le 6 janvier prochain à 20h, Maison des Associations, 6, rue Berthe de Boissieux à Grenoble [Tél : 04 76 87 91 90 / Fax : 04 76 46 27 82-Courriel : maison-des-associations@ville-grenoble.fr]
GÉOSTRATÉGIE DES LANGUES AU XXIème SIÈCLE : QUEL AVENIR POUR L'ARABE ?
par Mohamed Benrabah, professeur à l'université Stendhal, qui présentera le livre* qu'il vient de publier sur ce sujet et répondra à vos questions.


Source : Marie-Paule Geney, Présidente de Maroc Solidarités Citoyennes


* Mohamed Benrabah, Devenir langue dominante mondiale : un défi pour l’arabe
Librairie Droz, Travaux de Sciences Sociales 214, réf. 27-214, 2009, 304 p., 1 ill., 40,95 CHF 30,36 €,
ISBN-10: 2600013024, ISBN-13: 978-2600013024
Jamais le monde n’a changé, autant et aussi rapidement. Sa transformation précipitée est en passe d’affecter la répartition des langues à l’échelle planétaire et de modifier le rapport de force qu’elles entretiennent. La prédominance actuelle de l’anglais ne lui garantit pas une hégémonie pérenne, qu’un nouvel ordre linguistique mondial ne parviendrait à saper.
Mohamed Benrabah apprécie l’étude commanditée dans les années 1990 par les autorités britanniques (British Council), laquelle prévoyait pour 2050 un système linguistique planétaire où l’anglais, toujours dominant, serait néanmoins concurrencé par le chinois, l’espagnol, le hindi/ourdou et l’arabe. L’émergence en ce moment même du chinois et de l’espagnol comme langues majeures semblent confirmer ces conjectures. Qu’en est-il de l’arabe ? Devenir langue dominante mondiale : un défi pour l’arabe répond à la question. (Présentation éditeur).

Gaza : conférence-débat à Lyon le 26 janvier 2010


Décès de Marie-Renée Le Grand

Communiqué de l’AFP, 31/12/2009


Notre très chère amie Marie-Renée Le Grand, dirigeante nationale de notre association – Association France Palestine Solidarité – est décédée de mort naturelle le 31 décembre 2009 au Caire.

Elle a ainsi effectué son dernier voyage pour Gaza, militante active et déterminée qu’elle était pour la paix au Proche-Orient.
Nous lui rendrons en France l’hommage qui lui revient.
Sans attendre nous voulons exprimer à son mari Jean-Loup, présent lui aussi au Caire pour la Marche de la liberté, ainsi qu’à sa famille, notre profonde tristesse et les assurer de toute notre affection.
Jean-Claude Lefort Président de l’AFPS

Communiqué
Que Gaza ait été son dernier voyage est pour nous symbolique de l’engagement d’une vie.
Marie-Renée Le Grand, notre amie, notre camarade, vient de mourir au Caire.
Elle y était arrivée, aux côtés des militants AFPS de la marche de la liberté, déterminée à briser le blocus de Gaza. Elle est brutalement décédée d’un arrêt cardiaque le 31 décembre.
Marie-Renée, nous l’avons connue à Angers en 2001 dès les débuts du groupe local de l’AFPS. Elle faisait partie de celles et de ceux chez qui jamais ne s’émousse la capacité de révolte et avait donc tout naturellement pris sa place dans le combat pour la Palestine. En la voyant, on était immédiatement frappé par l’énergie, la détermination de son regard.
Toujours disponible pour une intervention militante, elle était allée à plusieurs reprises en mission dans les territoires palestiniens et notamment à Jénine, sous couvre-feu en octobre 2002. Refoulée sans explication, après une nuit de rétention à l’aéroport de Tel-Aviv en 2003, elle enrageait de ne pouvoir désormais y retourner et s’était tout naturellement retrouvée dans la marche pour la liberté
Membre du Conseil National de l’AFPS,et du BN jusqu’à notre dernier congrès, elle avait à sa retraite quitté l’Anjou et son investissement professionnel dans le monde de la psychiatrie pour rejoindre la Bretagne où elle avait jadis partagé les combats du monde paysan.
Que Gaza ait été son dernier voyage est pour nous symbolique de l’engagement d’une vie.
A Jean-Loup Septier son compagnon, ses enfants et tous ses proches, nous adressons toute notre sympathie. Qu’ils sachent que nous partageons leur épreuve.
Jean-Paul Roche pour l’AFPS

Réunion du conseil régional d'Europe de la Voie Démocratique


Le 05 décembre 2009 à Madrid, la Voie Démocratique a tenu sa réunion du conseil régional d’Europe.

Dans un esprit démocratique, des résolutions importantes ont été validées, tant au niveau de la consolidation organisationnelle qu’au niveau du programme d’actions pour les échéances à venir.
Le conseil s’est longuement arrêté sur la campagne raciste qui visent nos compatriotes dans une indifférence totale des ambassades et leur appendice le Conseil Consultatif des Marocains à l’Étranger.
Des Pays Bas à l’Italie, en passant par la France et l’Espagne, les États européens prennent le relais pour fustiger les immigrés par l’impulsion des lois et débats racistes et xénophobes. Ainsi les débats sur les conséquences désastreuses de la crise du capitalisme et des pouvoirs en place seront escamotés.

Par ailleurs, le conseil régional a exprimé avec inquiétude ses préoccupations quant à la situation socio-économique et politique désastreuse du pays ; résultante d’orientations favorisant le capital compradore au détriment des besoins de larges couches de notre peuple qui ne cesse de lutter pour ses droits légitimes  à la dignité de la vie.

Or, la réponse du pouvoir se résume au tout répressif et à la propagande pour maintenir ses assises, et masquer sa crise structurelle.

Plus que jamais, le peuple marocain a besoin d’orientations politiques en rupture totale avec les choix du pouvoir. Le ralliement à ses décisions a neutralisé une partie de la classe politique aux intérêts étroits, devenue acteur facilitateur d’une politique néfaste pour le Maroc (privatisations à outrance, lois sur les libertés publiques, de la presse, code de travail…).

Plus que jamais, l’unité des forces démocratiques est nécessaire pour :
Ø S’opposer aux licenciements massifs d’ouvrières et ouvriers, notamment les ouvriers de SMESSI qui mènent depuis des mois, une lutte héroïque pour retrouver leur poste de travail,

Ø Dénoncer les concessions de terres agricoles aux mafias de l’immobilier et soutenir les paysans pauvres dans leur droit à la terre,

Ø refuser la politique les petits pas vers la normalisation du régime avec l’entité sioniste en dénonçant les relations commerciales, et les visites des criminels de guerre sionistes au détriment de la cause palestinienne,

Ø arrêter la spirale de la hausse des prix en renforçant les coordinations contre la cherté de la vie,

Ø combattre la marchandisation de tous les droits sociaux (enseignement, santé, logement…),

Ø exiger la libération de tous les prisonniers politiques, des journalistes, l’arrêt des poursuites contre les militants des droits humains, et l’abrogation de toutes les restrictions des libertés publiques….

Enfin, et au vu des nouvelles tensions que connaît la question du Sahara, la Voie démocratique en Europe, tout en réitérant sa position, appelle à la résolution de ce conflit sur la base de la légalité et du droit international dans les perspectives de l'édification du Maghreb des peuples comme une nécessité historique. La Voie Démocratique tient à saluer la position des forces démocratiques qui se sont préservées de tout chauvinisme.

jeudi 31 décembre 2009

Une école mobile pour les élèves des communautés nomades

Par le Matin, 28/12/2009


L'intérêt particulier dont jouit la généralisation de l'enseignement au Maroc s'est traduit par le lancement de l'«école mobile» qui suit les élèves des communautés nomades au gré de leurs déplacements saisonniers.

L'expérience avait été lancée dans les provinces de Ouarzazate et Tinghir durant l'année scolaire 2004-2005 en coordination avec le projet de Conservation de la biodiversité par la transhumance dans le versant sud du Haut Atlas (CBTHA), qui abrite l'une des plus importantes communautés à mode de vie pastoral.(…)

Cette initiative, qui témoigne de la volonté des responsables de l'éducation d'accentuer la lutte contre le phénomène de la déperdition scolaire, a bénéficié d'une adhésion positive des parents et élèves et incité divers autres intervenants à s'y intéresser et à travailler pour sa pérennité, a-t-il ajouté.
C'est ainsi que l'association «Chems» de Tinghir s'est mise en partenariat avec l'association espagnole «Dignidad» pour établir le projet «Ecole mobile des enfants transhumants».
Les cours, donnés de 08h30 à 13h30 avec une pause de 30 mn, sont dispensés sous la tente qui suit les élèves dans la transhumance entre les plaines et les flancs de montagne.
Ils se répartissent en deux sessions de quatre mois chacune : la première s'étale du 26 juillet au 25 novembre et la deuxième du 26 janvier au 25 mai,entrecoupées de deux mois de vacances.
Les élèves bénéficiaient, comme leurs camarades de l'école fixe, du repos durant les jours fériés, notamment les fêtes nationales et religieuses.
Le programme de la première année, approuvé par le ministère de l'Education, comporte sept matières de base.
La délégation provinciale lui affecte, à plein temps, un enseignant disposant d'une expérience de quatre ans et ayant suivi une formation de base de deux ans au centre de formation des instituteurs.
Les familles des élèves nomades bénéficient du Programme «Tayssir» d'aide financière directe aux foyers pauvres de zones rurales ciblées pour la lutte contre la déperdition scolaire. Ainsi, les mères de ces élèves reçoivent une
bourse mensuelle de 60 dirhams ( environ 6,5 euros)par enfant scolarisé.
(…)Ces mesures ont porté notamment sur l'augmentation du budget alloué au secteur de l'éducation, la lutte contre la déperdition scolaire et l'analphabétisme et le développement du partenariat avec les collectivités locales, les associations de la société civile et les organisations internationales.
Par MAP



L'école sera matérialisée par une solide tente résistante aux tempêtes de sable dans laquelle seront installés des matelas pour asseoir les enfants et un tableau noir. (Photo : espritdegazelles.wordpress.com)

Gaza : nous n'oublierons jamais

Une vidéo d'Haitham Sabbah

le Polisario demande au monde d'aider le Sahara Occidental

Par la rédaction de moqawam,dédié à tous les peuples arabes en lutte pour leur Liberté, 28/12/2009

La récente grève de la faim menée par la militante indépendantiste saharouie Aminatou Haïdar montre qu’il est urgent d’intervenir contre les violations des droits de l’homme exercées par le Maroc, affirme le chef du Front Polisario.
Cette grève de la faim, menée durant un mois à l’aéroport de Lanzarote, aux Canaries, a braqué les projecteurs de l’actualité internationale sur le Sahara occidental comme rarement depuis l’annexion de l’ancienne colonie espagnole par Rabat en 1975.
Le Front Polisario a déclaré l’indépendance du Sahara occidental en 1976.
La militante âgée de 43 ans et mère de deux enfants a cessé de s’alimenter afin de protester contre le refus du Maroc de la laisser rentrer au Sahara occidental si elle ne reconnaissait pas la souveraineté de Rabat sur le territoire.
Elle a finalement pu regagner son foyer après l’intervention des Etats-Unis, de l’Espagne et d’autres pays.
"Sa grève de la faim a fait connaître notre lutte et a remis le Sahara occidental en tête des grands sujets internationaux" , a déclaré le chef du Polisario, Mohamed Abdelaziz, lors d’un entretien accordé à Reuters à son quartier général en Algérie.
"Le Maroc doit cesser sa campagne contre notre peuple à l’intérieur des territoires occupés. Nous appelons les Nations unies à mettre en place un mécanisme afin de protéger les droits de l’homme et à rendre compte de son action jusqu’à la résolution du conflit", a-t-il souhaité.
Territoire grand comme la Grande-Bretagne et doté de riches gisements de phosphate, voire peut-être de pétrole au large des côtes, le Sahara occidental est le théâtre d’un des plus anciens conflits territoriaux du continent africain.
Le ministre marocain des Communications, répondant aux accusations du Front Polisario, a affirmé qu’il ne s’agissait que de propagande.
"Le bilan du Maroc en matière de droits de l’homme est le meilleur de la région", a déclaré Khalid Naciri, interrogé par Reuters à Rabat.
Le royaume chérifien, a-t-il ajouté, tient à négocier une solution pacifique à ce conflit. Selon Naciri, le Polisario et ses alliés au sein du gouvernement algérien tentent d’exploiter cette grève de la faim pour paralyser le processus de paix.
Les pourparlers sont dans l’impasse, même si les deux camps se disent prêts à reprendre le dialogue. Le chef du Polisario l’a réaffirmé lundi en Algérie.
"De toute évidence, il est aujourd’hui plus urgent que jamais de trouver une solution juste et équilibrée à ce conflit. Nous sommes prêts à des négociations directes avec le Maroc", a affirmé Abdelaziz.
"Nous croyons qu’il existe plusieurs mesures que le Maroc peut prendre immédiatement afin de faciliter les négociations et prouver sa bonne foi. L’une d’entre elles serait de libérer sept de nos militants."
En octobre, la police marocaine a arrêté sept membres du Front Polisario qui revenaient d’un déplacement au siège de leur mouvement en Algérie. Rabat a annoncé qu’ils risquaient une inculpation pour trahison et espionnage, des faits qui sont passibles de vingt ans de prison.

(site al oufok) Publié par nasr à l'adresse 16:59