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dimanche 8 mai 2016

Appel à occuper les places publiques le 15 mai 2016 partout dans le monde pour un #GLOBALDEBOUT





Appel Call Llamado Appello Apelo نداء دولي : #GlobalDebout, 15/5/2016

le
Global ND

  #GLOBALDEBOUT

Depuis le 31 mars 2016, les participants aux Nuits Debout occupent les places publiques et les transforment en lieu d’échange, d’apprentissage et de création citoyenne. Né des vagues de protestation contre la réforme du travail en France, cette ré-appropriation de l’espace public a permis de créer un lieu de réflexion collective où chacun a droit à la parole et peut se ré-approprier la politique.

Nous sommes conscients d’appartenir à une mobilisation qui devient Globale. Des liens qui existaient déjà entre les mouvements, qui s’activent aujourd’hui, s’intensifient dans le monde entier. Toutes les luttes qui convergent vers les places répondent à une même logique de défense des droits les plus fondamentaux : droit du travail, droit au logement, droits de l’environnement, liberté d’expression, droit de rassemblement…

Nuit Debout s’est fixé comme but premier la création d’un espace de convergence des luttes privilégiant le débat citoyen où tout un chacun peut venir partager ses expériences, ses réflexions et ses alternatives.
Si le 15 mai prochain, des dizaines, des centaines, des milliers de citoyens et citoyennes s’emparent des places publiques dans le monde entier, ce sera le jour qui marquera le passage du processus de convergence à un niveau international.

Face à l’évasion fiscale, à la destruction de notre environnement ou encore aux creusements des inégalités à l’échelle mondiale, notre réponse doit être globale et doit défendre les droits fondamentaux.
Pour mettre fin à toutes leurs guerres !
Pour mettre fin à l’exploitation des travailleurs, partout !
Pour mettre fin à la corruption, à l’évasion fiscale, aux mesures d’austérité et aux dettes !
Pour stopper la destruction de notre environnement !
Le 15 mai, agissons ! Dans nos quartiers, nos villes, nos villages.
Le moment de se connecter, de se mettre Debout toutes et tous ensemble est arrivé.
Le 15 mai, occupons les places partout dans le monde pour un GlobalDebout

Nous vous invitons à converger à Paris les 7 et 8 mai pour une rencontre internationale de préparation de la journée du 15 mai

vendredi 15 mars 2013

Des parlementaires italiens insistent sur une action de l'UE face aux graves violation des ddH au Sahara Occidentaleu, 14/03/2013 - 22:13 ROME, 14 mars 2013 (SPS) Une délégation de l'intergroupe parlementaire italien d'amitié avec le peuple sahraoui a insisté auprès du chef de la diplomatie italienne, Giulio Terzi, sur la "nécessité" d'une action de l'Union européenne (UE) face à la situation des droits de l'Homme au Sahara Occidental, a-t-on appris jeudi auprès de la Représentation sahraouie à Rome. "Face à la situation dramatique des droits de l'homme au Sahara occidental, une action de l'Union européenne est nécessaire", a dit la coordinatrice de l'Intergroupe, la députée démocrate Carmen Motta, qui exposait la situation des droits de l'Homme au Sahara Occidental au ministre italien des Affaires étrangères, a-t-on précisé. Lors de l'entrevue, la délégation a exprimé sa "préoccupation" au sujet de "la détérioration de la situation des droits humains au Sahara Occidental occupé par le Maroc, en particulier à la lumière du procès de 24 militants sahraouis par un tribunal militaire de Rabat, pour des événements du camp de Gdeim Izik", a-t-on souligné. Carmen Motta, qui a rappelé au ministre "le lourd verdict" prononcé à l'issue de ce procès, a insisté sur "la nécessité d'une initiative italienne au niveau européen, pour l'élargissement des prérogatives de la Minurso aux droits de l'Homme" lors de la réunion du Conseil de sécurité en avril prochain, devant se prononcer sur la prolongation de cette mission des Nations unies. Elle a expliqué au ministre que cette mission de l'ONU "est, en fait, la seule des missions des Nations unies dans le monde, à qui manque actuellement un mécanisme visant à protéger la population civile", estimant à cet égard, qu'"il est temps que cette lacune soit comblée", selon la même source. La délégation a, également, demandé que des représentants de l'Ambassade d'Italie au Maroc, assistent en tant qu'observateurs, au cours des procès des défenseurs sahraouis des droits humains, comme le font régulièrement ceux d'autres pays, en citant la Suisse et les Etats-Unis. Evoquant le renouvellement de l'accord de pêche entre le Maroc et l'Union européenne, la présidente de l'Intergroupe a appelé à ce que "le gouvernement italien se positionne pour l'exclusion des eaux du Sahara Occidental de cet accord, car n'appartenant pas au Maroc", a-t-on indiqué. Enfin, la délégation qui a décrit "la situation humanitaire difficile" dans les camps de réfugiés, où une grande partie de la population sahraouie vit en exil depuis près de quarante ans, a souligné "le besoin urgent" d'accroître l'aide humanitaire à ces réfugiés, selon la même source. (SPS) 010/090/700 142139 MARS 2013 SPS URL Source : http://www.spsrasd.info/fr/content/situation-des-droits-de-lhomme-au-sahara-occidental-des-parlementaires-italiens-insistent-su

mardi 17 juillet 2012

Action Amnesty : L'Italie doit joindre le geste à la parole pour protéger les droits des Roms

Posté par : Benoit Priem, 23/7/2012 

 Des centaines de familles roms sont prises au piège dans un cycle d'expulsions forcées en Italie. Des enfants, des hommes et des femmes vivant sur des sites d'installation informels sont expulsés quasiment chaque jour sans la moindre protection juridique. Bien souvent, ces expulsions forcées les laissent sans abri. Même les Roms qui vivent sur des sites où leur installation est autorisée ou tolérée risquent d'être expulsés illégalement. 

Le « plan nomades », qui prévoit la fermeture de plusieurs sites à Rome et à Milan, a été élaboré pour mettre en application l'« urgence nomades », un décret d'état d'urgence discriminatoire adopté en mai 2008. Bien que l'« urgence nomades » ait finalement été déclarée illégale en novembre 2011, les autorités sont toujours décidées à appliquer ce plan, au lieu de mettre en place des voies de recours pour les personnes dont les droits ont été bafoués notamment à travers une mise à l'écart dans des campements ne répondant pas aux normes, des expulsions forcées et l'affaiblissement de la sécurité d'occupation. 

 Le gouvernement italien a pour responsabilité de respecter, de protéger et de concrétiser les droits humains des Roms, y compris leurs droits à un logement décent. 

Mais six mois après sa prise de fonctions, le gouvernement doit encore faire la preuve de son engagement en faveur de la protection des droits des Roms, en transformant ses paroles en actions.

 POUR SIGNER CLIQUEZ SUR : http://www.isavelives.be/fr/node/9296

vendredi 20 mai 2011

Vivent les Migrants Tunisiens de Lampedusa !


Pour la FTCR : Omeyya Seddik

Déclaration Publique et Appel à Solidarité*
Justice, Papiers, Liberté !

Pour la FTCR, par Omeyya Seddik, 5/5/2011


Vers 14h mercredi 4 mai 2011, le collectif des Tunisiens de Lampedusa a violemment été expulsé du bâtiment appartenant à la mairie de Paris, au 51 avenue Simon Bolivar. Les migrants tunisiens ainsi que toutes les personnes solidaires qui se trouvaient sur place ont été évacués à coup de matraques, arrêtés et conduits dans différents lieux de détention. D’après les informations que nous avons recueillies (et que nous n’avons pu vérifier), l’opération qui a mobilisé d’énormes forces et moyens de police a été coordonnée à partir du commissariat du dix-neuvième arrondissement de Paris par le ministre de l’intérieur, M. Claude Guéant en personne.
Les Tunisiens qui se trouvaient dans ce bâtiment sont une partie de ceux qui sont arrivés sur l’île de Lampedusa puis en France après avoir initié la révolution démocratique tunisienne et arabe, et fait tomber la dictature du général Ben Ali. Après la chute de la dictature, les conditions de vie dans leurs régions se sont sérieusement dégradées vu que les principales activités économiques (tourisme, commerce transfrontalier avec la Libye…) se sont pratiquement arrêtées. K. B., l’un des occupants de la rue Bolivar disait : « Bon, le dictateur est tombé, mais maintenant nous devons trouver le moyen de nous en sortir, d’aider nos familles à vivre et peut être d’aider à construire une vraie démocratie dans notre pays ».
Le collectif des Tunisiens de Lampedusa s’est rendu dans le bâtiment de l’avenue Bolivar dans la nuit du premier au deux mai avec l’aide de plusieurs personnes solidaires. Cela s’est fait suite à une discussion lors de laquelle les Tunisiens ont décidé qu’ils ne pouvaient plus supporter d’être dispersés dans la rue ou dans les différents jardins de la ville, pourchassés et harcelés par la police comme des animaux. Ils ont décidé qu’ils avaient besoin d’un lieu où ils pourraient s’abriter et –surtout— où ils pourraient discuter et s’organiser afin de faire valoir leurs droits.
A partir du lundi 2 mai des représentants de la mairie de Paris ont pris contact avec le collectif afin de négocier le relogement des Tunisiens et l’évacuation du bâtiment, propriété municipale. Ils ont déclaré soutenir la cause des Tunisiens et vouloir leur proposer une solution de logement décent. Il y a donc eu une négociation à l’issue de laquelle les Tunisiens ont décidé d’accueillir favorablement les propositions de la mairie. Pourtant il s’est avéré par la suite que la mairie ne proposait de logements que pour une centaine d’entre eux dans l’immédiat, et que les autres devaient évacuer le 51 avenue Simon Bolivar sans délai. Il s’est également avéré que le bâtiment de cent places proposé allait être géré comme un centre d’hébergement d’urgence pour SDF avec une fermeture dans la journée, des contrôles et une liberté très limitée.

Les migrants tunisiens, après discussion, ont estimé : 
1/ qu’ils ne pouvaient pas accepter que certains d’entre eux soient logés pendant que d’autres sont rejetés à la rue, que ce serait contraire à leur conception de la justice et de la solidarité. 
2/ qu’ils n’avaient pas fait la révolution, puis risqué leur vie en mer, puis supporté le harcèlement de toutes les polices d’Europe pour venir mendier un logement pour SDF à la mairie de Paris. Ils ont décidé que leur priorité et leur revendication principale est la régularisation de leur situation à tous, de manière à ce qu’ils puissent vivre, circuler, travailler comme tout être humain devrait pouvoir le faire ; et qu’ils resteraient unis afin de l’obtenir. A partir de ce moment, la mairie de Paris ne s’est plus manifestée si ce n’est par la demande d’évacuation sur la base de laquelle –dixit la police— l’intervention musclée d’aujourd’hui a eu lieu.
D’autre part, à Nice, un foyer de travailleur où s’étaient réfugiés des tunisiens de Lampedusa a été investi par un grand nombre de policiers qui ont procédé à l’arrestation de prés de 70 migrants tandis qu’un millier de migrants étaient attaqués par environ deux cent policiers et maîtres-chiens sur un terrain du département des Alpes maritimes. A Marseille, des centaines errent dans les rues et sont la cible de harcèlements policiers permanents et d’arrestations alors que la cour d’appel d’Aix en Provence a établi récemment pour l’un d’entre eux qu’ « étant titulaire d’un titre de séjour régulièrement délivré par les autorités italiennes, est autorisé à circuler dans l’espace Schengen et donc en France », ce qui est le cas d’une partie importante des Tunisiens concernés. Plus de trois mille migrants Tunisiens ont été interpellés dans la région PACA dans le cadre de la chasse aux Tunisiens lancées par les autorités françaises ces dernières semaine. A Vintimille, ville italienne frontalière, prés d’une centaine de migrant tunisiens ont entamé le deux mai une grève de la faim demandant la liberté de circulation en Europe et le droit de travailler.

La FTCR considère que :
· L’attitude des migrants tunisiens est un exemple magnifique de solidarité, de fraternité, de courage et de responsabilité. Elle est à la hauteur de cet esprit qui a pu faire tomber une dictature policière des plus dures du monde, et qui a initié une révolution démocratique qui ne fait que commencer ; révolution qui tend à s’étendre à toute la région arabe malgré les difficultés, et tend également à construire des rapports entre les peuples plus justes, plus équilibrés et plus fraternels.

· L’attitude de toutes les personnes et de tous les groupes qui ont été activement solidaires –en étant présents, en ravitaillant les migrants, en les aidant à se protéger et à s’organiser, en les aidant à accéder à un bâtiment qui les abrite, ou tout simplement en venant leur exprimer un soutien— est un signe important. Le signe du fait que la nécessité de se battre pour des rapports et des conditions plus justes, plus fraternels et plus démocratiques s’impose bien au-delà de la Tunisie et du monde arabe.

· Les forces politiques et les institutions françaises, italiennes et tunisiennes, y compris celles qui déclarent être solidaires des migrants tunisiens et de leur cause, n’ont pas pris la juste mesure de ce que ce mouvement pose comme questions. Il ne s’agit pas d’un cas humanitaire à régler par des mesures caritatives ni d’un fait divers qui peut être réduit par des mesures de police. Nous sommes devant un mouvement concret, massif et inexorable qui pose que l’humanité ne peut plus être divisée en deux catégories : Celle qui a le droit de se déplacer librement, travailler, investir, étudier là où elle en a l’opportunité ; et celle qui a le choix entre être enfermée à l’intérieur de frontières où elle se fait surexploiter et réprimer sous la surveillance de dictatures soutenues à bout de bras par "le monde libre", ou alors risquer sa vie pour devenir la proie des polices de l’immigration et des exploiteurs au noir.

La FTCR demande : A la France et à l’Italie
· Une mesure immédiate de protection temporaire ouvrant droit au travail et à la formation visant les migrants ressortissants des pays subissant les contrecoups économiques de révolutions ou d’insurrections populaires contre des régimes anti-démocratiques ayant été soutenus par la France et l’Italie.

· Un plan d’urgence d’aide et de logement pour les migrants tunisiens de Lampedusa pourchassés et maltraités depuis leur arrivée en Europe.

· La libération immédiate des migrants tunisiens détenus ainsi que des personnes les ayant soutenus. L’annulation de toute poursuite et de toute mesure d’éloignement les visant.

· L’annulation sans délai des mesures et pratiques policières, administratives et judiciaires visant en particulier les migrants tunisiens, que nous considérons comme illégales au regard du droit communautaire et international outre le fait d’être tout simplement racistes.

· Des excuses officielles publiques aux migrants, ainsi qu’au peuple tunisien en général, pour les propos et les mesures hostiles et insultantes formulées et mises en œuvre par des personnalités et des institutions officielles.

A l’Union Européenne
· De prendre acte du fait que les lois et politiques de contrôle et de répression de l’immigration en vigueur, de même que l’accord de Schengen sont caducs ; qu’outre le fait d’être injustes, elles sont inapplicables, coûteuses, inefficaces et nocives. L’accès égal pour tous à la liberté d’aller et venir est plus que jamais une nécessité et un droit fondamental. La privation de ce droit de manière discriminatoire, appliquée à des groupes et à des individus en fonction de leur origine constitue un crime portant gravement atteinte à l’intégrité physique et morale de populations entières. Ces politique, par ailleurs, sont la cause directe de la mort de milliers de personnes, notamment en mer.

Au gouvernement provisoire tunisien
· La cessation immédiate de toute coopération visant à permettre des mesures d’éloignement de migrants vers la Tunisie et la suspension de tous les accords portant sur la gestion et le contrôle des flux migratoires.

· La mise en place dans les plus brefs délais d’un Conseil pour les droits des migrants, constitué de représentants des différentes administrations compétentes, de représentants des migrants et de personnes qualifiées de la société civile. Ce Conseil doit être chargé de l’élaboration d’une véritable politique de protection et de promotion des populations migrantes (prés de 10 % de la population) ainsi que des droits des migrants en Tunisie.

· La mise à disposition de moyens d’urgence nécessaires à l’aide et au soutien des migrants arrivés récemment en Europe par Lampedusa.

La FTCR appelle :
· A une mobilisation générale en France, en Italie et en Tunisie pour 
1/ La régularisation 
2/ La fin de la politique de la chasse à l’homme et de la guerre aux migrants 
3/ L’égalité des droits à la vie et à la mobilité

*Déclaration lue au Rassemblement devant le Ministère de l’ Intérieur , pour soutenir les jeunes migrants tunisiens .
Place de la Madeleine à Paris le 05 Mai 2011 en présence de plusieurs Elus, Associations, Partis de gauche et Syndicats.

CHERBIB Mouhieddine
0615577914

vendredi 24 décembre 2010

En Sardaigne, un "reality show" ouvrier dans l'Alcatraz italien

“100 jours sur I’ île des 'caissintégrés'”, histoires collectives de résistance des précarisés
Les ouvriers de l'entreprise Vinyls (ancienne Enichem, de Porto Torres), en Sardaigne, ont été mis au chômage. Ils se sont enfermés depuis 300 jours dans l'ancienne prison de haute sécurité de l'Asinara, pour parodier
le célèbre reality show de la télé, “L’isola dei famosi” (L'île des célèbres). Un livre sur les 100 premiers jours  de cette lutte originale vient de paraître. Compte-rendu à lire ici
 

mercredi 17 novembre 2010

Le Maroc perd ses dernières cartes

E.M. Le Temps d'Algérie, 14/11/2010
La scène mondiale ne cesse de clamer haut et fort l'injustice subie par un peuple colonisé, meurtri, spolié de ses richesses. Le régime marocain qui se referme sur lui-même pour finir sa énième sale besogne n'a visiblement pas entendu ces cris. Pourtant, la scène internationale grouille, bouillonne, les capitales européennes, sud-américaines et autres sont tous les jours le théâtre de marches et de rencontres de soutien au peuple sahraoui.
Des communiqués, des condamnations et des expositions fusent de partout afin d'amener Mohamed VI à emprunter le chemin de la raison, mais surtout des lois internationales. Ne parlons pas de droits de l'homme que Mohamed VI n'a jamais eu la chance d'étudier.
Des rassemblements et des manifestations dans différentes capitales mondiales en signe de solidarité avec le peuple sahraoui sont signalés.
A Madrid, plusieurs milliers de personnes ont exprimé leur condamnation de l'attaque meurtrière perpétrée lundi par les forces marocaines contre le campement sahraoui. Organisée par la Coordination nationale d'associations solidaires avec le Sahara occidental, cette imposante manifestation visait également à dénoncer la répression dont sont victimes les sahraouis et l'occupation par le Maroc du Sahara occidental et à réclamer l'indépendance de ce pays.
Londres a également vu une manifestation devant l'ambassade du Maroc où les participants, arborant le drapeau sahraoui, ont scandé des slogans réclamant l'indépendance et l'autodétermination du peuple du Sahara occidental.Plusieurs étudiants et artistes britanniques, sympathisants de la cause sahraouie, se sont joints à la manifestation répondant à l'appel de solidarité avec le peuple sahraoui. 
Paris a connu également des rassemblements de soutien au peuple sahraoui dans sa lutte pour l'autodétermination. La manifestation place de la Fontaine des Innocents à Paris à l'appel d'associations, partis politiques et syndicats français. Ce rassemblement s'est tenu pour dénoncer les exactions commises par le gouvernement marocain au Sahara occidental et interpeller la France pour contribuer positivement à construire la paix dans la région, en obligeant son allié marocain à respecter la légalité internationale.
Les partis politiques sur le devant de la scène
Les manifestations de solidarité avec le peuple sahraoui gagnent de plus en plus en intensité à travers toute l'Europe avec un autre rassemblement organisé hier à Florence en Italie. Le rassemblement auquel a appelé la coordination des Amis du peuple sahraoui de la région de Toscane se tiendra pour condamner le véritable nettoyage ethnique auquel se sont livrées les forces marocaines de répression dans les territoires sahraouis occupés, ont affirmé les organisateurs.
Non seulement les partis mais aussi des hommes politiques se sont joints aux manifestations. C'est le cas du ministre irlandais des Affaires étrangères, Michael Martin, qui a exprimé la condamnation de son pays suite à l'attaque marocaine contre le campement sahraoui et réitéré le soutien de l'Irlande au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. M. Martin a affirmé que le blocage que connaît cette question est dû «au refus du Maroc de permettre l'organisation d'un référendum au Sahara occidental qui inclut l'option d'indépendance pour le peuple sahraoui».
Willy Meyer
La Suisse a, de son côté et à travers le parti des Verts, condamné les attaques injustifiées et barbares des marocains sur les populations civiles sahraouies. Un appel au Conseil fédéral a été lancé pour une intervention rapide. Déplorant également le non-respect des droits humains au Sahara occidental occupé, ce parti a appelé la Suisse a intervenir auprès des Nations unies pour que soit mené à terme un plan de paix.
L'eurodéputé espagnol Willy Meyer a, pour sa part, dénoncé la position du Maroc qui «veut imposer sa loi» au Sahara occidental sur la base d'une politique répressive et sans témoin. Ce parlementaire, qui vient d'être refoulé du Sahara occidental par les forces marocaines d'occupation, a souligné que le Maroc veut établir sa souveraineté sur le Sahara occidental sans prendre en compte la résolution de l'ONU, consacrant le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

vendredi 22 janvier 2010

Le racisme en Italie : Un programme de gouvernement


par le Pr Chems Eddine CHITOUR, Ecole Polytechnique, Alger, 22/1/2010
« Le racisme, le manque de tolérance caché sous l’arrogance, les guerres et leurs conséquences, marquent l’histoire de nos pays. »
Günter Grass, (Prix Nobel de Littérature)

Il ne se passe pas de jours sans que l’on apprenne le destin tragique d’Africains tentés par l’eldorado européen. Comme on le sait, l’une des « réussites » de l’Union européenne c’est de déclarer une guerre sans merci aux candidats malheureux à l’immigration dite « clandestine » dans le jargon occidental. Chacun se rappelle les centaines de morts sans sépulture et les épaves humaines échouées sur les plages de Lampedusa et les plages espagnoles après avoir déjoué les radars sophistiqués du Sive et pu passer dans des « pateras » de fortune. Les rares survivants qui arrivent à accoster rasent les murs et rentrent dans la clandestinité. Pour survivre, ils acceptent de travailler au noir, pour un salaire de misère pour les propriétaires sans état d’âme, sous l’oeil complice des autorités. Cela rappelle l’achat d’esclaves sur les places publiques, ce que faisait un certain Mora le Négrier qui venait enrôler au Maroc des travailleurs pour les mines de charbon du Nord de la France, un tampon vert était synonyme d’acceptation, un rouge de refus.
C’est donc une banalité voire on lasse à force de ressasser une détresse ordinaire, une souffrance muette. La nouveauté nous vient d’Italie, où on nous parle de la chasse à l’homme dans un petit village « tranquille ». Ecoutons Sakho Jimbira en parler : « Après nous avoir une fois de plus gratifié d’un piètre spectacle de racisme, hélas ! devenu ordinaire, à l’encontre d’ouvriers agricoles originaires d’Afrique, l’Italie de Silvio Berlusconi semble persister dans son mépris, désormais assumé, et son racisme, quasi institutionnalisé, contre les immigrés africains. A l’origine de ces nouveaux incidents, des travailleurs immigrés, qui rentraient tranquillement de leur travail, se sont faits sauvagement canarder à la carabine par de jeunes Italiens en voiture. Sérieusement commotionnés, ces ouvriers agricoles ont manifesté leur dépit en brûlant des voitures pour dénoncer les actes racistes dont ils sont régulièrement les cibles. C’est en représailles à cette réaction que la population elle-même a mené de véritables expéditions punitives dans leurs rangs, faisant de nombreux blessés graves. »(1)
L’Italie aussi
« En vérité, pour bien apprécier l’ironie de cette situation, il faut avoir à l’idée les grandes vagues d’immigration de travailleurs italiens tout au long de l’histoire du siècle dernier. Déjà en 1931 la France était l’un des premiers pays d’immigration du monde, avec 2,7 millions d’étrangers pour 42 millions d’habitants, on recensait 808.000 Italiens. La première vague d’immigrants avait quitté l’Italie entre 1871 et la fin du XXe siècle, pour fuir la pauvreté, comme beaucoup d’immigrés africains actuellement. 5 millions d’Italiens immigrèrent dans le Nord de la France et surtout à Marseille, pour y trouver du travail. Cette première vague connut des conditions de vie extrêmement difficiles et la ségrégation dans des ghettos en périphérie des grandes villes comme Paris ou Marseille, sans parler de la promiscuité dans les baraques ouvrières des villes industrielles du Nord, à l’image du sort de beaucoup d’émigrés africains d’aujourd’hui. Ces travailleurs étaient surexploités, acceptant les tâches les plus rudes et des salaires dérisoires, ce qui ne les mettait pas à l’abri de rixes parfois très violentes avec les ouvriers français. (...) Ce racisme anti-italien atteindra son point culminant avec la tragédie d’Aigues-Mortes, le 17 août 1893, qui vit des altercations entre travailleurs italiens et français dégénérer en véritable émeute, durant laquelle la foule excitée poursuivit les Italiens, armée de fourches et de pioches, provoquant un véritable massacre. Mais, ce qui est inquiétant aujourd’hui en 2010, c’est le silence assourdissant des dirigeants européens, notamment de la Cour européenne des Droits de l’homme et des institutions de l’Union, dont l’Italie fait partie. (...) Les gouvernements africains, pourtant bien au fait de la situation de leurs ressortissants en Italie, sont quant à eux restés muets face à ces incidents répétitifs. Or, l’on sait tout le tollé que susciterait ce type de traitement, infligé à des ressortissants européens en terre d’Afrique ! »(1)
« Ces incidents semblent symptomatiques d’un mal beaucoup plus profond, qui ronge l’Italie et que le régime de Berlusconi n’a cessé d’aggraver. Le pays semble véritablement renouer avec ses vieux démons, exhumant de sombres pages de son histoire et actualisant le sinistre legs du Duce. (...) Dirigeant le plus populiste que l’Italie ait connu depuis Mussolini, Berlusconi n’hésite d’ailleurs pas à recourir aux recettes jadis utilisées par son funeste maître, en faisant croire à son peuple que les immigrés sont responsables de tous leurs maux. Rien d’étonnant alors si aujourd’hui dans les rue italiennes, les propos racistes et les actes xénophobes soient entrés dans l’ordinaire du quotidien. » (1)
Qu’est-ce que le racisme qui semble justement sous-tendre toute l’action du gouvernement italien ? Le racisme justement est une idéologie consistant à classifier des groupes naturels humains, désignés souvent sous le terme de races, à partir d’attributs naturels, visibles ou non (physiques, psychiques, culturels, etc.), des caractéristiques morales ou intellectuelles s’appliquant à l’ensemble de ce groupe. Cette idéologie peut entraîner une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. Ces actes d’hostilité se traduisent par la discrimination, une forme de xénophobie ou d’ethnocentrisme. Gaston Méry, collaborateur à La Libre Parole, le journal d’Édouard Drumont, est la première personne connue à avoir utilisé le mot « raciste » en 1894. Toutefois, l’adjectif « raciste » et le nom « racisme » s’installent dans le vocabulaire général dans les années 1930.
La question de l’antériorité ou de la postérité du racisme au développement de l’esclavage dans les colonies européennes fait l’objet de nombreux débats. Le consensus s’établit néanmoins au sujet du rôle joué par le développement de l’esclavage sur le durcissement et la diffusion de l’attitude raciale. Le « racisme scientifique », ou « racialisme » (ou « raciologie »), classifie les êtres humains d’après leurs différences morphologiques en application d’une méthode héritée de la zoologie. Les théoriciens du racialisme comptent des personnes tel que Arthur de Gobineau, célèbre pour son traité sur « l’inégalité des races ». La position mixophobe radicale est le corollaire de la construction du mythe de la pureté de la race qui affirme la supériorité des races pures sur les races dites métissées. Les promoteurs du mythe de la race aryenne - Vacher de Lapouge, Chamberlain, et plus tard Adolf Hitler- voient dans la « race germanique » la survivance à l’état pur de la « race indo-européenne ».
La suprématie de la race blanche ou caucasienne est un postulat sur lequel s’accordent très largement les scientifiques et hommes politiques du XIXe siècle. Combiné avec la mission civilisatrice, le suprématisme blanc est un élément fondamental de l’idéologie coloniale. Une fois opérée la conquête, il constitue aussi le principe justificatif des législations opérant des distinctions de droit sur une base raciale. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle les politiciens recourent à l’autorité des scientifiques, pour légitimer leurs décisions. Selon cette conception, la lutte que se livreraient depuis l’origine les différents groupes humains doit conduire à la domination des races les plus aptes et à la disparition inexorable des races inférieures. Après la conquête de l’Algérie par la France, les médecins français, constatant la baisse de la population « indigène », n’y verront que la confirmation d’une extinction prochaine et prévisible de la race arabe, qu’ils considèrent inadaptée aux nouvelles conditions de leur temps. (...) Le succès des zoos humains constitue pour Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, l’une des modalités de transmission du « racisme scientifique » à une large partie de la population.(2).
« Franchement racistes »
Juste retour des choses ; les Italiens font subir aux immigrés ce que leurs parents ou grands-parents ont subi. S’agissant des « ratonnades » anti-Noirs, pour Alain Morice, anthropologue, « on peut se demander si la mafia locale n’est pas derrière les premières exactions, qui ont déclenché une "chasse à l’immigré" dans le sud de l’Italie, faisant soixante-sept blessés Dans certains pays d’immigration ancienne, comme la France, on se souvient, notamment des Belges recrutés pour la récolte des betteraves dans le nord de la France, ou des Italiens dans la région marseillaise pour le maraîchage, ou encore des Espagnols pour les vendanges. (....) L’idée est toujours que ces étrangers ne doivent pas s’installer durablement car, disent les exploitants, s’ils séjournent à l’année, alors ils deviendront des ´´bras cassés´´ sans ardeur à la tâche et surtout soucieux de toucher les aides sociales. Le racisme est ici un levier de l’exploitation de ces saisonniers migrants. (...) En Italie du Sud, le recrutement se fait surtout de façon informelle, sous le contrôle des mafias locales (par exemple la Ndranghetta, en Calabre), qui ont la haute main sur le système administratif, ce qui garantit une impunité aux employeurs. Recrutés sur des mensonges ou, parce que sans papiers, par peur d’être arrêtés, des Africains et des ressortissants des pays de l’Est sont surexploités et pratiquement emprisonnés, sous la surveillance de capos ("chefs"). »(3)
Dans l’atmosphère délétère des années trente, souvenons-nous des lois raciales, en italien Leggi razziali, qui précisent les mesures prises en Italie vers la fin des années 1930 pendant la période du régime fasciste contre les personnes de religion juive mais aussi d’autres. Benito Mussolini en fait la proclamation le 18 septembre 1938 : « Il est temps que les Italiens se proclament franchement racistes. » Toute l’oeuvre qui jusqu’à présent a fait le régime en Italie est au fond le racisme. Dans les discours du Chef, la référence aux concepts de la race a toujours été très fréquente. Les fondements et les prémisses sont basés sur des considérations scientifiques erronées destinées à établir l’existence de la race italienne et son appartenance au groupe des races aryennes. Le décret royal, loi du 5 septembre 1938 - qui fixe les « mesures pour la défense de la race dans les écoles fascistes »(4).
On l’aura compris, s’agissant de la politique gouvernementale actuelle par rapport à celle de l’Italie fasciste, il n’y a pas de rupture, mais une continuité : l’Italie de 2010 est dans la lignée de celle de 1930. L’Italie n’aura, aucune gêne à adopter des lois drastiques contre les immigrés avec un catalogue des délits. Alain Hubler écrit : « Alors que le Cavaliere capte l’attention des médias grâce à ses frasques tout en slalomant entre les juges et la mafia, l’Italie a connu samedi dernier l’entrée en vigueur de la loi visant à lutter contre l’immigration clandestine et qui en fait un délit. Carrément. Dans le pays des belles et des bonnes choses, le decreto sicurezza met l’Italie à la pointe du racisme européen et la rejette au niveau des Leggi razziali de la fin des années 30. Et je n’exagère pas. Jugez plutôt de son contenu synthétisé par Celestissima. L’étranger qui, violant la loi, "entre ou séjourne sur le territoire italien" sera condamné à une amende allant de 5000 à 10.000 euros (délit de clandestinité). Celui qui louera un bien immobilier à un clandestin encourra une peine de prison allant de 6 mois à 3 ans. Le séjour des clandestins dans les Centres d’identification et d’expulsion (CIE) pourra désormais durer 6 mois. L’obtention du permis de séjour sera soumis à une taxe dont le montant n’est pas encore fixé mais il sera compris entre 80 et 200 euros. L’argent obtenu sera destiné à couvrir les frais de rapatriement des migrants irréguliers. Taxe aussi, de 200 euros, pour qui voudra obtenir la citoyenneté italienne. Mais il y a bien pire : les enfants nés en Italie d’une mère clandestine ne pourront pas être déclarés sur les registres d’état civil. Ils n’auront pas d’identité. Ils seront invisibles. Si la mère n’a pas de passeport elle ne pourra même pas reconnaître son enfant qui deviendra immédiatement adoptable. Ces effroyables mesures s’accompagnent du fichage des sans-abri par la création d’un registre national et de la légalisation des rondes de citoyens destinées à assurer la sécurité des quartiers, mais surtout à traquer et à dénoncer les clandestins. Il semblerait que 60% des Italiens applaudissent ces nouvelles dispositions qui semblent pourtant parfaitement satisfaire aux caractéristiques du fascisme. »(5)

Autre trait marquant de monsieur Berlusconi, son crédo de la supériorité de la civilisation occidentale. On se souvient que le 26 septembre 2001, à Berlin, Silvio Berlusconi a à la fois exalté la « supériorité » du modèle occidental, réclamé que « l’Europe se reconstitue sur la base du christianisme ». Dans Le Figaro du 28 septembre 2001, on rapporte les propos suivants du président du Conseil italien : « On ne peut pas mettre sur le même plan toutes les civilisations. Il faut être conscient de notre supériorité, de la supériorité de la civilisation occidentale. L’Occident continuera à occidentaliser et à s’imposer aux peuples. » On croirait entendre Jules Ferry un autre chantre des races supérieures, « qui ne sont cependant pas valables dans nos colonies (sic) » « A peine, est-il rapporté dans un éditorial du Monde du 29 septembre 2001, commençait-on à oublier la malheureuse formule de George W.Bush appelant à la "croisade" contre le terrorisme qu’un autre dirigeant occidental, Silvio Berlusconi, tenait à son tour des propos inacceptables en affirmant la "supériorité" de la civilisation occidentale, qui tendent à idéaliser les valeurs de l’Occident tout en démonisant celles du reste du monde ; et qui relancent l’idée dangereuse d’un "choc des civilisations" dont le christianisme et l’Islam seraient deux des protagonistes. »
Est-ce que tous les Italiens sont racistes et aussi sûrs qu’ils appartiennent à une civilisation supérieure ? Non !! Cependant, on peut comprendre que la situation sociale se dégradant, les sociétés occidentales se sentant fragilisées, elles se tournent vers le maillon faible, l’allogène, l’étranger qui « mange le pain des Français », aurait dit Fernand Reynaud dans son fameux sketch du "douanier". De ce fait, justement, l’étranger sert de « variable d’ajustement » des politiques sociales du gouvernement pour gagner du temps, garder le pouvoir tout en flattant les pulsions les plus basses de la population. La responsabilité des gouvernants est totale.

1.Sakho Jimbira : Immigration en Italie : Agoravox 14 janvier 2010
2.Racisme : Wikipédia, l’encyclopédie libre.
3.Alain Morice : En Italie, « le racisme est un levier » interview. Claire Ané. Le Monde.fr 11.01.10
4.Lois raciales fascistes. Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
5.A. Hubler : Le gouvernement italien et le racisme http://www.paperblog.fr/2199860/
L'auteur
Chems Eddine Chitour est professeur de thermodynamique à l’Ecole Polytechnique d’Alger . Il est ingénieur en génie chimique de la même école, ingénieur de l’Institut Algérien et de l’Institut Français du pétrole. Il est titulaire d’un Doctorat-Ingénieur de l’Université d’Alger et d’un Doctorat es-Sciences de l’Université Jean Monnet de l’Académie de Lyon (France). Il a été professeur associé à l’Ecole d’Ingénieurs de génie chimique de Toulouse. Le professeur Chitour a fait soutenir plusieurs dizaines de thèses de magister et de doctorat es sciences. Il est l'auteur d’une centaine de publications et de communications scientifiques. Il a, enfin, rédigé plusieurs ouvrages dans le cadre de ses enseignements de chimie physique et de raffinage. Par ailleurs, le professeur Chitour a publié des ouvrages sur l’Energie et les enjeux géostratégiques. Enfin, en pédagogue, il tente d’expliquer l’histoire et les mutations du monde. A ce titre, il a écrit plusieurs essais sur l’histoire de l’Algérie, l’éducation et la culture, la mondialisation, les défis de l’Islam et l’émigration.
Bibliographie :
 1- Algérie, le passé revisité (Essai) - Casbah Editions, Alger, ISBN : 9961641000, 1998 || 2- L'islam et l’Occident chrétien, pour une quête de la tolérance (Histoire) - Casbah Editions, Alger, 2001 || 3- Mondialisation, l’espérance ou le chaos (Essai) - Editions ANEP, Alger, 2002 || 4- Sciences, foi et désenchantement du monde (Essai) - Editions OPU, Alger, 2003


samedi 7 novembre 2009

Ombres italiennes-À propos du verdict dans le procès de l'enlèvement par la CIA d'Abou Omar

par Claudio Fava, il manifesto, 5/11/2009. Traduit par Fausto Giudice
Le tribunal de Milan qui jugeait les auteurs et complices de l’enlèvement, par la CIA, de l’imam égyptien Abou Omar, en février 2003, a rendu son verdict : les 26 agents de la CIA, jugés par contumace, ont été condamnés à des peines de 5 à 8 ans de prison, leur chef Jeff Castelli a été acquitté pour immunité diplomatique. Deux agents des services de renseignement militaires italiens, le SISMI, ont été condamnés à 3 ans de prison, tandis que l’ex-chef du SISMI, Nicolò Pollari, et son adjoint Marco Mancini ont bénéficié d’un non-lieu. Voici le commentaire de l’ex-eurodéputé Claudio Fava, qui présida une commission d’enquête du Parlement européen sur les « transferts extraordinaires de la CIA ».
La sentence était prévisible. Très italienne dans sa réticence polie, comme le furent les sentences sur le sénateur Giulio Andreotti (« c’est vrai, c’était un ami des mafieux, mais trop de temps est passé: tout est prescrit et nous restons amis comme avant).

Pourtant, c'est une sentence exemplaire : par ce qu’elle confirme et ce qu’elle admet. Elle confirme  que l'imam de Milan a été enlevé par la CIA dans l'un des premières «extraordinary restitutions» (transferts extraordinaires) rocambolesques auxquelles les services usaméricains se sont exercés de manière répétées après le 11 Septembre . la condamnation de tous les agents de la CIA et la grâce accordée à leur chef pour son immunité diplomatique alléguée scellent trois ans d'enquête rigoureuse et rapide menée par le Procureur Spataro et ses services. Mais à côté de cette confirmation il y a un aveu: si Pollari et Mancini s’en sortent avec un non-lieu, ils doivent remercier tous les gouvernements qui se sont succédés dans notre pays. Bien plus : Pollari doit remercier formellement Silvio Berlusconi, Romano Prodi et Francesco Rutelli, qui, plus que d'autres, se sont personnellement engagés de faire prévaloir, sur la vérité, l’omertà d'un faux secret d'État.

Les ombres sur cette histoire sont particulièrement gênantes parce qu'elles ne racontent pas seulement un enlèvement maladroit, mais révèlent une conception dévastatrice de la lutte contre le terrorisme. Au nom de cette conception les services usaméricains et européens se sont mis en tête de dégrader les droits fondamentaux au rang de question secondaire, de jouet pour âmes candides, d’’oripeau.  C’est pour cela qu’Abou Omar a été enlevé: pour soustraire un terroriste présumé aux garanties et aux principes de la justice ordinaire. Et le SISMI, en acceptant d'offrir sa collaboration servile, a balayé en quelques instants  des siècles de culture et de civilisation juridique. Sur cette horreur, sur le prix politique payé, et sur les faveurs obtenues s’est ensuite abattu le couperet du secret d'État.

Nous vivons dans un pays qui a été trop souvent été offensé par ses secrets indicibles, dépossédé de toute vérité, obligé de garder le silence, de faire semblant, de ne pas comprendre. Mais jamais on n’avait trouvé, sur le besoin de nier les faits, une si parfaite harmonie entre tous les partis politiques. Comme sur la scène d'une tragédie grecque, les protagonistes ne sont plus les partis, mais le pouvoir. Ceux qui défendent l'indéfendable Pollari, défendent eux-mêmes, le privilège de mentir, de se considérer legibus solutus*. Pour une fois, n'est pas  de Berlusconi que nous devons parler, mais de cette nation. Heureuse de ne pas savoir, heureuse de ne pas juger. Convaincue désormais que pour exorciser la réalité il suffit de changer de canal.
* Princeps legibus solutus : le prince échappe à la loi, il est au-dessus d’elle.[NdT]

Source : il manifesto-Ombre italiane

Article original publié le 5/11/2009

Sur l’auteur

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le transducteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9205&lg=fr

mercredi 5 août 2009

Sauvez mon mari, S'il vous plaît !

Lettre ouverte d''Angela Toumi à MM. José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne et Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe
Bolzano, Italie, 5 août 2009

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire Général,
Je vous adresse un appel urgent afin de vous exprimer ma plus grande inquiétude sur le sort de mon mari Ali Toumi porté disparu depuis que l'avion que les autorités italiennes l'ont forcé à prendre a atterri à Tunis-Carthage le 2 août 2009 à 19H30 heure locale.
Depuis ce moment, personne ne sait où il se trouve. Je crains fort qu'il soit actuellement détenu dans les locaux du ministère de l'Intérieur où la pratique de la torture a été évoquée par de nombreuses ONG tunisiennes et internationales, et reconnue par la Cour européenne des droits de l'homme dans son jugement rendu en faveur d'un autre Tunisien, Nassim Saadi, menacé d'expulsion en Tunisie par l'Italie.
Je vous demanderais de bien vouloir intervenir en urgence auprès des autorités tunisiennes afin qu'elles nous informent sur le sort de mon mari, qu'elles permettent que son avocat Maître Samir Ben Amor puisse lui rendre visite et qu'il soit examiné par un médecin désigné par sa famille.
Je voudrais attirer votre attention sur le fait que mon mari a été expulsé en Tunisie malgré une décision de la Cour européenne des droits de l'homme qui s'est opposée à cette mesure du fait qu'elle constitue une menace pour la vie de mon mari, et contreviendrait à la Convention européenne des droits de l'homme non seulement en mettant en péril la vie d'un être humain, mais aussi en arrachant mon mari à l'affection de ses trois enfants en bas âge et en brisant toute une famille.
Je tiens l'Union européenne pour responsable de cette tragédie que je vis depuis dimanche dernier, et de ce qui pourrait arriver à mon mari, et je l'exhorte à prendre ses responsabilités en matière de la protection des citoyens qui vivent dans l'Union européenne et qui font confiance à ses institutions. Je vous demanderais de dénoncer publiquement les agissements inadmissibles de mon pays l'Italie, et d'agir dans l'urgence afin de sauver mon mari et de le rendre à sa famille en Italie pour qu'il y vive en paix comme tous les autres citoyens vivant en Europe et sous sa protection.
Veuillez agréer, Messieurs le Président, et le Secrétaire Général, l'expression de mes salutations les plus respectueuses
AMNESTY INTERNATIONAL
URGENT ACTION
TUNISIAN DETAINED AFTER FORCIBLE RETURN

Tunisian national Ali Ben Sassi Toumi has been held incommunicado since being forcibly returned from Italy on 2 August. His relatives have not been informed of his whereabouts, and he is at risk of torture and other ill-treatment.
Ali Ben Sassi Toumi, aged 44, was arrested at the airport in the Tunisian capital, Tunis, following his forcible return from Italy. He sent an SMS (text) message to his wife in Italy to say that he had arrived, but he did not meet a friend who was waiting for him at the airport, and his family has not heard from him since. He is believed to be held at the Department of State Security (DSS) of the Ministry of Interior in Tunis. Detainees held incommunicado there are at risk of torture and other ill-treatment.
The Tunisian authorities have not informed any of Ali Ben Sassi Toumi’s immediate relatives in Tunisia about the reasons for and place of his detention, as required under Tunisian law, despite inquiries from his lawyer.
Ali Ben Sassi Toumi was released from prison in Benevento, Italy, on 18 May, after serving four years of a six-year sentence on charges of belonging to a terrorist cell in Italy and recruiting fighters for the insurgency in Iraq. He applied for asylum in Italy, but his claim was rejected on the basis that he had been convicted of committing a “serious crime”. He had been held in an immigration detention centre known as an Identification and Expulsion Centre (Centro di identificazione ed espulsione) in Isola di Capo Rizzuto in the Province of Crotone, south-east Italy, since his release from prison. He was forcibly returned despite the European Court of Human Rights calling three times on the Italian authorities to stay the deportation, on the grounds that he was at risk of torture and other ill-treatment in Tunisia.
PLEASE WRITE IMMEDIATELY in English, Arabic or your own language:
- urging the authorities to disclose Ali Ben Sassi Toumi’s whereabouts immediately, and give him access to a lawyer of his choice, his family and any medical attention he may require;
- urging them to ensure that he is not tortured or otherwise ill-treated;
- urging them to release Ali Ben Sassi Toumi immediately and unconditionally, unless he is promptly charged with a recognizably criminal offence and brought to trial in proceedings that meet international standards for fair trial.

PLEASE SEND APPEALS BEFORE 16 SEPTEMBER 2009 TO:
Minster of Interior
Rafik Haj Kacem
Ministry of Interior
Avenue Habib Bourguiba
1000 Tunis
Tunisia
Fax: + 216 71 340 888
Salutation: Your Excellency

Minister of Justice and Human Rights
Béchir Tekkari
Ministry of Justice and Human Rights
31 Boulevard Bab Benat
1006 Tunis - La Kasbah
Tunisia
Fax: + 216 71 568 106
Salutation: Your Excellency

And copies to:
Ridha Khemakhem
General Coordinator for Human Rights
Ministry of Justice and Human Rights
31 Boulevard Bab Benat
1006 Tunis - La Kasbah
Tunisia
Salutation: Dear Sir

Also send copies to diplomatic representatives accredited to your country. Please check with your section office if sending appeals after the above date.
URGENT ACTION
TUNISIAN DETAINED AFTER FORCIBLE RETURN

Additional Information
Over the years, Amnesty International has received numerous reports of torture and other ill-treatment by the Tunisian security forces. In virtually all cases, allegations of torture are not investigated and the perpetrators are not brought to justice. Individuals are most at risk of torture when in incommunicado detention. The most commonly reported methods of torture are beatings on the body, especially the soles of the feet; suspension by the ankles or in contorted positions; electric shocks; and burning with cigarettes. There are also reports of mock executions, sexual abuse, including rape with bottles and sticks, and threats of sexual abuse of female relatives.
As a state party to the Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment, Tunisia is under an obligation to prevent torture and to “ensure that its competent authorities proceed to a prompt and impartial investigation, wherever there is reasonable ground to believe that an act of torture has been committed in any territory under its jurisdiction”.
UA: 210/09 Index: MDE 30/009/2009 Issue Date: 05 August 2009

URGENT : Arrêtez immédiatement l'expulsion d'Ali Toumi en Tunisie!
par Maître Barbara Manara,Avocate de Ali Toumi, Milan, 2/8/2009, 17h45
Je lance à travers les médias internationaux un appel urgent à M. Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe d'intervenir à nouveau auprès des autorités italiennes pour arrêter l'expulsion d'Ali Toumi
Ali Toumi, Tunisien, condamné en Italie pour appartenance à association « terroriste » vient d'être transféré à la Préfecture de Rome pour identification avant d'être embarqué très probablement sur le vol TU853 de 19.15h à destination de Tunis.
La Garde Nationale tunisienne a informé hier le père de Ali Toumi que celui-ci arriverait à Tunis aujourd'hui dimanche et elle lui a demandé de rester tranquille.
Hier quand Ali Toumi, marié à une Italienne et père de trois enfants en bas âge, a su qu'il allait être emmené, il a réussi à monter sur le toît du centre où il est détenu à Crotone et a menacé de se suicider si on le forçait à l'expulsion. A 5.30h ce matin, il s'est rendu aux forces de l'ordre après que les autorités italiennes lui eurent promis de ne pas l'expulser, mais ils l'ont emmené à la Préfecture de Rome avant son embarquement qui est maintenant imminent.
La Cour européenne est internvenue à trois reprises les 18, 19 mai 09, et le 24 juillet 09 auprès de l'Italie pour empêcher l'expulsion, mais finalement, le Ministre de l'Intérieur en a décidé autrement.
A l'heure actuelle il est encore temps d'agir pour empêcher l'expulsion d'Ali Toumi qui est attendu par la police tunisienne pour être interrogé par le Ministère de l'Intérieur tunisien et on craint qu'il soit torturé.
J'appelle les ONG et les hommes politiques à sauver Ali Toumi en exigeant du Ministre de l'Intérieur italien l'arrêt immédiat de son expulsion et le respect de la décision de la Cour européenne.

jeudi 2 juillet 2009

Une victime italienne de « transfert extraordinaire» toujours détenue au Maroc, après des aveux obtenus sous la torture

Des ONG de droits humains demandent aux rapporteurs spéciaux des Nations Unies d'enquêter et d’agir sur l’affaire Abou Elkassim Britel
par
ACLU, 25/6/2009. Traduit par Isabelle Rousselot et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala


NEW YORK – Des groupes de droits humains ont demandé aujourd'hui aux rapporteurs spéciaux des Nations Unies d'enquêter sur l'affaire d'Abou Elkassim Britel, un citoyen italien et une victime du programme illégal de « transferts extraordinaires » (« extraordinary rendition») de la CIA, qui est actuellement détenu dans une prison marocaine sur la base d'aveux qui lui ont été extorqués sous la contrainte physique. L'ACLU (Union américaine pour les libertés civiles) et l'ONG Alkarama for Human Rights ont exigé que le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture et le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la Promotion et la protection des droits humains dans la lutte contre le terrorisme, enquêtent sur les circonstances de la disparition forcée, de l'enlèvement, de la détention et de la torture de Britel, et soulève son cas après des gouvernements des USA, du Maroc, du Pakistan et d'Italie.
« Des victimes du programme d’« extraordinary rendition », détenues à Guantánamo et dans d'autres prisons du monde, sont ignorées par le gouvernement Usaméricain, dont le programme illégal a causé leur situation, » a indiqué Steven Watt, avocat pour le programme des droits humains de l'ACLU. « Les USA ont refusé de prendre leur responsabilité envers des actions manifestement nuisibles, ne laissant d'autres choix à M. Britel et à d'autres innombrables victimes que de se retourner vers la communauté internationale pour obtenir justice. »
Britel, qui est également un plaignant dans l'affaire judiciaire opposant l'ACLU à une filiale de Boeing, Jeppesen DataPlan, pour son rôle dans le programme de’« extraordinary rendition », fait partie des quelques victimes dont l'identité est connue et qui est toujours détenu à l'extérieur de Guantánamo Bay.
Initialement, Britel a été appréhendé et détenu au Pakistan par les autorités pakistanaises pour des présumés violations des lois sur l'immigration, en février 2002. Après une période de détention et d'interrogatoires là-bas, il a été livré aux autorités Usaméricaines.
En mai 2002, des fonctionnaires usaméricains ont déshabillé et battu Britel avant de lui mettre une couche et une salopette, de l'entraver comme un animal, de lui bander les yeux et de l'envoyer au Maroc pour y être détenu et interrogé. Une fois au Maroc, les responsables US l'ont livré aux services de renseignement marocains qui l'ont emprisonné, sans contact avec l'extérieur, dans le centre de détention de Témara, où il a été interrogé, battu, privé de sommeil et de nourriture et menacé de sévices sexuels.
« Sur la foi du récit de M. Britel lui-même sur le traitement qu'il a subi et la longue histoire très documentée sur la torture et les abus commis dans les centres de détention dirigés par le gouvernement marocain, nous avons des raisons solides de croire que M. Britel a subi et subit toujours des tortures », a déclaré Rachid Mesli, Directeur du service juridique d’Alkarama. « M. Britel et les autres victimes de « l'extraordinary rendition » méritent un procès équitable devant un tribunal, non entaché par des preuves obtenues sous la torture. Nous espérons que les rapporteurs spéciaux vont prendre acte immédiatement de notre demande pour apporter une attention rapide et nécessaire à l'affaire de M. Britel, avant que les conditions dans lesquelles il est détenu ne causent encore plus de dégâts à sa santé physique et mentale. »
Selon la requête auprès des rapporteurs spéciaux, après avoir été libéré par les autorités marocaines en février 2003, Britel a été à nouveau arrêté et remis en détention en mai 2003 alors qu'il tentait de quitter le Maroc pour rentrer chez lui, en Italie. Alors qu'il était détenu sans contact avec l'extérieur dans le même centre de détention où il avait été brutalement torturé à peine quelques mois plus tôt, Britel a fait de faux aveux, sous la torture, sur son implication dans le terrorisme. Britel a été jugé et reconnu coupable d'accusations liées au terrorisme et purge une peine de neuf ans dans une prison marocaine.
En 2006, un juge d’instruction italien a prononcé un non-lieu sur une enquête qui avait duré de six ans sur l'implication alléguée de Britel dans le terrorisme, après avoir constaté un manque total de preuves l'associant à une activité liée au terrorisme ou d'ordre criminel.
Tous les dossiers remis aux rapporteurs spéciaux sont disponibles en ligne sur :
www.aclu.org/intlhumanrights/nationalsecurity/relatedinformation_resources.html
Plus d'information sur le procès de l'ACLU contre Jeppesen DataPlan en ligne sur :
www.aclu.org/jeppesen

Pour mettre fin à l'injustice : la femme d'une victime de
"transfert extraordinaire" s'exprime sur l’obligation de rendre des comptes et la torture

Par Nahal Zamani, programme des droits humains, ACLU


Aujourd'hui, le Programme des droits humains de l'ACLU et l'ONG Alkarama for Human Rights ont envoyé une demande à deux rapporteurs spéciaux des Nations Unies (experts en droits de l'homme) pour qu'ils enquêtent sur la détention et la torture au terme d’une "extraordinary rendition" d'Abou Elkassim Britel, un citoyen italien.
L'ACLU représente Britel ainsi que quatre autres hommes dans un procès au civil dans le système judiciaire des USA. Dans cette affaire – Mohamed et al. contre Jeppesen – Jeppesen, une filiale de Boeing, est accusée d'avoir participé, en connaissance de cause, au programme illégal d’ « extraordinary rendition » des USA, en fournissant un vol et des services de soutien logistique à l'avion utilisé par la CIA pour transporter Britel, du Pakistan au Maroc, en mai 2002.
La requête aux deux experts des droits de l'homme des Nations Unies est une demande d’enuqêtes sur les circonstances entourant l'arrestation de Britel, son enlèvement, sa détention et son interrogatoire au Pakistan ainsi que son transfert clandestin de ce pays jusqu'au Maroc. Britel fait partie des quelques victimes du programme « extraordinary rendition » des USA dont les identités sont connues et il est le seul citoyen européen, à notre connaissance, à être toujours en détention. À ce jour, Britel demeure incarcéré dans une prison marocaine.
J'ai récemment parlé avec la femme de Britel, Khadija Anna Lucia Pighizzini, citoyenne italienne, et je lui ai demandé de nous raconter leur histoire. Ce qui suit est extrait et traduit de notre conversation.
Khadija Anna Lucia Pighizzini : le 10 mars 2002 est le dernier jour où j'ai parlé à mon mari et je me souviens que la communication téléphonique était horrible et grésillante. Nous avons pensé que nous continuerions notre conversation le lendemain. Mais ensuite je n'ai plus eu aucune nouvelle – il avait disparu. Pendant 11 mois, je n'ai eu aucune nouvelle. Je ne savais pas s'il était vivant ou mort.
ACLU : Le 10 mars 2002, Britel qui était en voyage d'affaires au Pakistan a été arrêté et détenu au Pakistan pour des questions d'immigration. Après plusieurs mois en détention au Pakistan, durant lesquels il a été interrogé autant par des fonctionnaires pakistanais qu’usaméricains, Britel fut finalement transféré sous la garde exclusive des Usaméricains. Les responsables usaméricains l'ont vêtu d'une couche et d'une salopette puis l'ont entravé comme une bête, lui ont bandé les yeux avant de l'envoyer, en avion, au Maroc pour y être détenu et subir d'autres interrogatoires. Britel a été détenu, sans contact avec l'extérieur, par les services de sécurité marocains, dans le centre de détention de Témara, et a subi des violences physiques, la privation de sommeil et de nourriture, et a été menacé de sévices sexuels, y compris sodomie avec une bouteille et castration. La famille de Britel n'a eu connaissance de son sort qu'une fois Britel libéré, presque une année après sa première disparition, sans inculpation, en février 2003.
Tragiquement, alors qu'il rentrait chez lui en Italie en mai 2003, Britel a été à nouveau arrêté par les autorités marocaines, qui l'ont placé en détention et l'ont forcé, sous la contrainte physique, à signer un aveu comme quoi il était impliqué dans des actions terroristes au Maroc. Britel fut finalement déclaré coupable d'actes en relation avec le terrorisme et condamné à neuf ans. À ce jour, il est toujours emprisonné au Maroc.
Khadija Anna : le soir où Kassim était censé enfin quitter le Maroc, le 16 mai 2003, il y a eu des attaques terroristes à Casablanca. Cet événement tragique a coûté 45 vies et a provoqué une enquête policière de grande envergure. Kassim fut repris par l'administration marocaine alors qu'il était en train de quitter le pays. Son arrestation faisait partie d'une vague d'arrestations qui ont eu lieu immédiatement après ces attaques. Encore une fois, Kassim disparut et je n'avais aucune idée de l’endroit où il se trouvait, j'ai cherché dans tout le Maroc pour le retrouver. J'ai interrogé à son sujet l'ambassade italienne et les autorités marocaines, mais les deux nièrent savoir quelque chose. Je craignais le pire car il y avait eu un accroissement des disparitions causées par le gouvernement marocain ; des milliers de gens étaient emprisonnés, et d'autres sont même morts durant des interrogatoires, entre les mains de la police marocaine.
Plus tard, j'ai appris que Kassim avait été secrètement détenu pendant quatre mois à Témara ; dans le même centre de détention où il avait été détenu et torturé quelques semaines plus tôt.
Après quatre mois de détention et d'interrogatoires, Kassim est passé devant un prétendu tribunal qui, selon son avocat, répondait à peine aux normes d'un procès équitable. Il a été condamné à 15 ans de prison, mais en appel, sa peine a été ramenée à neuf ans. Pendant ce temps, la presse italienne s'était emparée de son histoire et avait présenté Britel comme le cerveau des attentats de Casablanca – un mensonge dont même les autorités marocaines ne l'avaient pas accusé.
Kassim est maintenant incarcéré dans la prison Oukasha à Casablanca. Il est prévu qu'il ne soit pas relâché avant septembre 2012, pourtant il n'a rien fait de mal.
ACLU : En septembre 2006, après six années d'une longue enquête criminelle, en Italie, sur l'implication supposée de Britel dans des activités terroristes, le juge en charge débouta son affaire, pour manque total de preuve associant Britel à de quelconques activités criminelles ou terroristes. Depuis ce non-lieu, les membres du parlement italien et européen ont adressé une pétition au gouvernement du Maroc pour qu'il gracie et libère Britel immédiatement. A ce jour, les autorités marocaines ont omis de répondre à ces efforts diplomatiques et depuis janvier 2007, le gouvernement italien n'a toujours rien fait pour représenter les intérêts de Britel.
Khadija Anna : Des investigations officielles ont mis en cause quatre gouvernements dans l' "extraordinary rendition" et la torture de mon mari. Le gouvernement pakistanais l'a torturé si violemment qu'il a avoué être un terroriste. La CIA l'a enlevé et l'a maintenu en détention au Pakistan avant de le livrer illégalement à une torture certaine au Maroc ; le gouvernement marocain l'a emprisonné et l'a torturé ; et le gouvernement italien était complice dans toute l'affaire ; tous savaient parfaitement bien ce qui se passait et ont fait peu, voire rien, pour l'aider.
Le gouvernement usaméricain est influent, ils doivent intervenir pour assurer la libération de mon mari et le ramener à la maison, en Italie. Si le gouvernement usaméricain intervient, je pense que l'Italie exigera que Britel soit libéré et le Maroc s'exécutera. C'est le moins qu'ils puissent faire étant donné leur implication dans son « extraordinary rendition ». J'ai déjà demandé une rendez-vous à l'ambassade usaméricaine au Maroc ou une intervention pour libérer mon mari. Je me suis également rendue deux fois à l'ambassade et j'ai parlé aux employés là-bas. Pas besoin de vous dire qu'ils sont restés sourds à ma demande et je ne sais plus vers qui me retourner.
ACLU : Depuis mars 2002, Britel a subi des tortures physiques et psychologiques et un traitement cruel – comme des bastonnades sévères, l'isolation, la privation de sommeil et des menaces de mort. Les expériences de Britel font partie d'un large schéma de tortures et d'abus généralisés, commis par le gouvernement des USA sous l'administration Bush. Une sérieuse responsabilité pour des crimes commis au nom de la sécurité nationale doit comprendre la reconnaissance et des réparations pour les victimes de la torture.
Khadija Anna : Physiquement, Kassim est faible et a beaucoup de problèmes physiques dus à la torture et aux abus qu'il a subis. Il en garde des traces, pas seulement dans son âme mais aussi dans son coeur. Il se bat pour rester en vie. Il se bat également pour les droits des autres prisonniers détenus avec lui ; pour améliorer leurs conditions ainsi que les siennes. Il a fait plusieurs grèves de la faim, seul ou avec d'autres prisonniers – espérant attirer l'attention sur les conditions à l'intérieur de la prison et pour protester contre sa torture.
Quand à moi, je suis toujours fatiguée, et je suis toujours dans l'attente. Cela fait sept longues années que Kassim a disparu. Ces années ont été si douloureuses, mais je sais que l'injustice que j'ai vécu va bientôt se terminer. Je ne me suis pas laissée aller à la haine ; Kassim, non plus. Au contraire, nous attendons sa libération. Nous voulons vivre nos vies et retrouver nos droits pour vivre dans la dignité comme tout citoyen et être humain. Nous regardons vers l'avenir quand la vérité sera entendue, quand nos droits seront restaurés et quand la justice sera enfin rendue.
Pour en savoir plus : http://www.giustiziaperkassim.net/