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jeudi 17 mai 2012

Sahraouis : déception devant le manque de cohérence des socialistes en France ?



Lettre Ayrault-.jpg

Avec l’arrivée des socialistes au pouvoir, la position de la France sur le Sahara occidental va‑t‑elle évoluer ?
Jusque‑là, Paris s’est toujours aligné sur les positions de Rabat dans ce dossier sensible qui empoisonne les relations algéro‑marocaines. Un alignement qui s’est accentué durant les dernières années, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Mais cette position pourrait évoluer sous la gauche.
En effet, dans une lettre datée du 31 mars 2011 et dont TSA a obtenu une copie, Jean‑Marc Ayrault, qui vient d’être nommé Premier ministre de François Hollande, qualifie, au nom des socialistes, d’« occupation » la présence marocaine au Sahara occidental. « Les socialistes, dans leurs déclarations publiques s’en tiennent depuis l’occupation du territoire par le Maroc à une position privilégiant le respect du droit international et du droit à l’autodétermination des peuples colonisés », écrit M. Ayraut dans la lettre adressée à la présidente de l’Association des amis de la République arabe sahraouie et démocratique.
En mars 2011, Jean‑Marc Ayrault était président du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche à l’Assemblée nationale et député‑maire de Nantes. À l’époque, il était déjà très proche de François Hollande. La lettre porte l’en‑tête de l’Assemblée nationale française.
Dans son courrier, le responsable socialiste rappelle les positions de son parti sur le conflit au Sahara occidental. « Tout doit être fait pour permettre aux Sahraouis d’exprimer librement leur volonté sous le contrôle des organisations internationales », écrit‑il notamment. Il ajoute que le PS soutient « les efforts accomplis par le secrétaire général de l’ONU (…) pour un référendum d’autodétermination dans des conditions qui en garantissent la validité (…). Il ne saurait être question de s’écarter de ce plan. Seul un règlement juste et conforme au droit international peut ouvrir la voie à la paix ». M. Ayrault affirme enfin que « ce différend international concerne l’expression du droit des peuples à disposer d’eux‑mêmes. Il affecte des pays et des peuples amis ». 

 http://www.tsa-algerie.com/diplomatie/presence-marocaine-au-sahara-occidental-une-occupation-selon-jean-marc-ayrault_20765.html
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Malheureusement, espoir déçu, le gouvernement  socialiste semble adopter la même position que le gouvernement Sarkozy...

France - Maroc : Paris réaffirme son appui au plan d'autonomie marocain .

 Par JULIE RAFONDRIAKA, la Lettre Med,18/5/2012   


La position de la France de droite comme de gauche n’a pas changé sur l’épineux dossier du Sahara Occidental. Paris a réaffirmé son appui au plan d'autonomie marocain pour le Sahara. Pour le gouvernement socialiste qui vient à peine de prêter serment, le plan d'autonomie marocain « est la seule proposition réaliste aujourd'hui sur la table des négociations et constitue la base sérieuse et crédible d'une solution dans le cadre des Nations Unies".

La France, a précisé  le porte-parole du quai d’Orsay, Bernard Valero lors d’un point de presse vendredi à Paris, appelle à un "règlement rapide" de ce "différend, qui tienne compte des préoccupations légitimes de toutes les parties".
La veille, le Maroc avait en effet, annoncé sa décision de retirer  sa confiance à l'émissaire de l’Onu pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, dont les positions sont qualifiées par Rabat, de "partiales et déséquilibrées" et demande le redressement du processus de règlement du conflit.
Après avoir épluché de près les dossiers de politique étrangère au Quai d’Orsay, le gouvernement du socialiste François Hollande semble vouloir appuyer les réformes démocratiques au Maroc, aider les Tunisiens dans l’étape postrévolutionnaire, et maintenir le contact avec le gouvernement algérien avec une marge de prudence à l’aune des résultats du dernier scrutin.


http://www.lalettremed.com/analyses/629-france-maroc-paris-reaffirme-son-appui-au-plan-dautonomie-marocain?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+LaLettreMditerrane+%28La+Lettre+M%C3%A9diterran%C3%A9e%29

17 mai : journée mondiale de lutte contre l´homophobie

Le Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles, organisations à but non lucratif,  soutient la journée mondiale de lutte contre l´homophobie et denonce l´article 489 du code pénal marocain qui criminalise l´homosexualité. 


mercredi 16 mai 2012

Tortures au Maroc : L’opposition au parlement demande des enquêtes

 Par Mohammed Jaabouk, 16/5/2012 

 L’approche sécuritaire du gouvernement Benkirane 
a été dénoncée,
 hier, à la Chambre des conseillers.  

Mustapha Ramid , présent à l’hémicycle, a essayé de défendre son équipe. Les récents cas de tortures soulevés par les ONG des droits de l’Homme se sont frayés un chemin à la Chambre des conseillers. Mardi, lors de la session hebdomadaire des questions orales, le groupe fédéral, dans son Droit d’informer, a interpellé le ministre de la Justice et des Libertés sur la multiplication de ces actes contraires à la loi et vivement dénoncés par l’article 22 de la nouvelle constitution. « Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité physique ou morale de quiconque, en quelque circonstance que ce soit et par quelque personne que ce soit, privée ou publique. Nul ne doit infliger à autrui, sous quelque prétexte que ce soit, des traitements cruels, inhumains, dégradants ou portants atteinte à la dignité. La pratique de la torture, sous toutes ses formes et par quiconque, est un crime puni par la loi ». 

C’est justement sur la base de cet article que le président de ce groupe a axé toute son intervention, étayée par des exemples, comme celui du jeune Yassine El Mhayli. Ce détenu du groupe du 1er août 2011, libéré après dix mois de prison, est dans un état critique, ne pouvant même pas marcher sur ses pieds. Un autre, toujours de Safi, porte des séquelles psychiques de son incarcération au centre pénitencier de cette ville. Le conseiller a cité, également, des exemples de Nador, Al Hoceima, Taza ou encore Khouribga. Il a demandé au ministre de la Justice et des Libertés d’enquêter sur « les graves violations des droits de l’Homme commis dans les locaux de la police et des prisons », critiquant au passage l’approche sécuritaire du gouvernement Benkirane. 

La réplique de Mustapha Ramid 

Répliquant aux propos du président du groupe fédéral, Mustapha Ramid a commencé par annoncer qu’il « ne tolère pas la torture ». Et de poursuivre sur un ton nouveau pour un ministre de la Justice « je ne dis pas que les commissariats de police sont innocents de toute accusations de pratiques de la torture mais je dis que le gouvernement ne l’accepte pas ». S’adressent directement aux victimes « vous avez le droit de porter plainte au procureur général du roi de votre ville et si ce dernier ne lui donne aucune suite, les portes du ministère de la justice vous sont ouvertes pour recevoir vos requêtes ». 

 Et les enlèvements ?

  De la torture, la discussion a abordé le phénomène de l’enlèvement. Le président du groupe PAM (Authenticité et modernité) a évoqué le cas de Halim El Bekkali, ce membre du Mouvement du 20 février, supposé enlevé, samedi dernier à Béni Bouayache, par des policiers habillés en civil. Mustapha Ramid a, encore une fois affirmé que le jeune a été arrêté par des éléments de la police judiciaire lors d’une opération dûment légale et qu’il se trouve actuellement en garde à vue, laquelle devrait se terminer aujourd’hui à moins de la renouveler pour une période supplémentaire de quatre jours. 
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 Par Salah Elayoubi, fb
L'opposition réclame l'ouverture d'une enquête sur les actes de torture ! On croit rêver ! L'autiste qui se moque de l’amnésique ou le contraire ! 

Et ce que faisait la DST à nos compatriotes, à nos militants, dans ses murs sous la législature précédente, c'était quoi ? Des caresses jouissives ?
Et les tortures infligées aux islamistes capturés en Afghanistan, sur commande des USA ou de la Grande-Bretagne ? Des séjours thalasso ?
Le chameau ne voit que les bosses du voisin, c'est bien connu !
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 ...mais pendant ce temps, le 16/5/2012 :
Ibtissame Betty Lachgar Betty nous communique...
Ahmed Benani
Ibtissame Betty Lachgar Betty nous communique à l'instant : "Je reviens du centre-ville de Rabat. Avenue Mohamed V. Les autorités s'en prennent à tous les manifestants à coups de matraques et d'insultes. Mais également à tous les "citoyens".. D'une sauvagerie, d'une vulgarité. Je rentrais juste chez moi et un des chefs de la police arrive avec ses gros sabots et ses grosses paluches insulte des passants, " Casse-toi où je te casse en deux" dit-il à un jeune qui a eu le tort d'être surpris ; arrive vers moi, me menace avec sa matraque : " Tu dégages toi ou je te colle ta face contre ce pot de fleurs ". Donnant l'ordre à ses "subordonnés" de charger toute personne présente ! Dans un espace public !!
 Betty, que se passe-t-il exactement à Rabat? Quel était l'objet de cette manifestation, ses slogans et mots d'ordre ? Les flics ont perdu la raison, ça c'est une chose à laquelle ils sont coutumiers, mais les ordres viennent du haut! Nous attendons tes éclairages et sommes solidaires avec toi et tous les citoyens en lutte et en colère...
------------------------------------------------------------------ A revoir ! Au Parlement Européen Marie-Christine Vergiat s'exprime sur la situation au Maroc Intervention en commission DROIT DE L'HOMME 

Appel à la marche pour l’anniversaire de Nakba 2012

Par Fouzia Maqsoud, GUPS (General Union of Palestine Students )

 NAKBA 1948-2012, 

 Appel à la Marche du retour, 
 Samedi 19 mai 2012, 15h, 
à Barbes-Rochechouart. 
Paris
 Il y a 64 ans près de 800 000 Palestiniens étaient chassés de chez eux 

 Rachid Droit a publié surAssociation Marocaine des Droits Humains:
 صور بداية تجمع وقفة الجمعية الجمعية المغربية لحقوق الإنسان اليوم:تحت شعار: "من أجل قانون يجرم التطبيع مع الكيان الصهيوني"، وبمناسبة الذكرى الرابعة والستين (64) للنكبة التي تعرض لها الشعب الفلسطيني، وتضامنا مع الأسرى الفلسطينيين المضربين عن الطعام منذ 17 أبريل 2012 وقفة رمزية تضامنية مع الشعب الفلسطيني بالرباط 2012/05/15 Par : صوت الشعب للأخبار

mardi 15 mai 2012

La femme la plus riche d'Afrique débarque au Maroc


Le père...

Son père José Eduardo dos Santos fut dans sa jeunesse un révolutionnaire marxisant. Il n’est plus, après 33 ans au pouvoir, qu’un pétro-dictateur de 70 ans. 
Dans sa jeunesse rouge, Eduardo fut envoyé à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan alors soviétique, pour faire des études d’ingénieur pétrolier. Il y rencontra la belle Tatiana Kukanova, qu’il épousa. De leur union naquit, en 1973, Isabel, qui est aujourd’hui la femme la plus riche d’Afrique, mariée au milliardaire congolais Sindika Dokolo. Elle a commencé sa carrière de « blanchisseuse » en raflant par trafic d’influence le marché de la voirie de Luanda, la capitale de l’Angola. En 2006, elle ouvre le Miami Beach Club sur l’île
...et la fille
de Luanda. De là, elle est passée aux diamants, qu’elle achetait aux « garimpeiros », les petits chercheurs de pierres précieuses sans licence. Puis elle est passée aux fruits et légumes, en créant avec des Israéliens Terra Verde, une entreprise qui approvisionne  aujourd’hui tous les hôtels et restaurants de Luanda. Après ce galop d’échauffement, elle s’est lancée dans le vrai grand business, celui des nouvelles technologies, des télécommunications et de la finance, sans oublier le pétrole et la construction, prenant des participations dans de nombreuses banques et entreprises portugaises et espagnoles. Elle est en train de lancer une chaîne de supermarchés, Continente, dont le premier doit ouvrir en 2013 en Angola. Actuellement, le Maroc est dans le collimateur de la belle Isabel, à en croire cet article de Maghreb-intelligence. - Rédaction SOLIDMAR
Isabel Dos Santos flambe à Marrakech
Posté le : 7 mai, 2012
Alors que les relations entre le Maroc et le président angolais Edouardo Dos Santos sont plus qu’exécrables-en raison de son inconditionnel soutien au Front Polisario-, la fille de ce dernier, Isabel Dos Santos, a donné dernièrement une fastueuse fête à Marrakech à l’occasion de son anniversaire. C’est l’hôtel Amanjena, dirigé par le portugais Miguel Guedes de Sousa, qui a donc abrité les agapes luxueuses de la richissime fille du chef de l’Etat angolais. Isabel et son mari Sindika Dokolo ont logé dans la mirobolante suite Dar Al Hamra facturée à 1200 euros la nuitée. L’Amanjena est une véritable forteresse somptueuse, dont l’accès est impossible pour les paparazzis est qui est particulièrement appréciée par les multimillionnaires russes  et américains, mais également par les stars du Show Biz comme les Rolling Stones ou la colombienne Shakira. D’après des sources bien informées à Lisbonne, Isabel Dos Santos n’a pas choisi Marrakech uniquement parce c’est une destination prisée par la Jet Set mondiale, mais aussi parce qu’elle voudrait réaliser plusieurs investissements au royaume chérifien. La redoutable femme d’affaires qui a multiplié les rushs au Portugal, aurait trouvé plusieurs difficultés à mettre un pied dans le paysage économique marocain, en raison de l’hostilité de certains « puissants » homme d’affaires marocains qui verraient d’un mauvais œil l’arrivée d’une femme d’affaires dont la réputation est tout sauf reluisante.
 
Hôtel Amanjena, Marrakech : "L'hôtel Amanjena se compose de 28 "pavillons" (175 m²) avec chambre, salon (cheminée), salle de bains, deux dressings. Air conditionné/chauffage, mini-bar, lecteur CD, TV video- DVD, terrasse privée. 8 pavillons vue montagne, 10 vue golf, 10 vue oliviers et 6 donnant sur le bassin de l'Amanjena. 8 "pavillons piscine" (360 m²) avec piscine privée chauffée. 4 "maisons" (363 m²) avec piscine (29 m²) et jardin privés (150 m²) avec un salon et deux chambres, chacune avec salle de bains. Deux "maisons jardin" avec piscine (29 m²) et jardin (350 m²) et maître d'hôtel privé. "Maison Al Hamra" (1 130 m²) : deux pavillons reliés par un salon et un séjour avec grande piscine chauffée, terrasse et maître d'hôtel privé."
Hôtel Boavista,  Luanda, Angola : ordures à tous les étages
 

Lhaqed mondialement connu ! Merci makhzen !

Par Salah Elayoubi, Facebook

Si le régime marocain voulait faire la campagne de marketing de Mouad Belghouat, il n'aurait pas agi autrement que cette condamnation. De toutes les capitales dans le monde, s'élèvent des voix indignées, pour prendre la défense du rappeur contestataire et pointer du doigt les méthodes éculées, remises au goût du jour par les suppôts du dictateur.

 Comme ces deux députés du parlement genevois qui m'ont questionné, à ce propos, ce matin, en concluant par cette phrase qui en dit long sur ce qu'ils découvrent dans les médias. - "je pensais que le nouveau roi avait rompu avec les méthodes de son père !" Je vous laisse le soin de deviner le topo que je leur ai dressé, pendant plus d'une demi-heure, entre deux cafés et trois croissants, sur le régime et tout le "bien" que je pense de "Predator" !

Victoire pour les prisonniers politiques palestiniens ! Le gouvernemenyt israélien plus "humain" que celui du Maroc !

Par le Bureau national de l’AFPS, 14/5/2012

 La commission centrale de la direction de la grève de la faim des prisonniers palestiniens, réunie à la prison d’Ashkelon, a validé l’accord transmis par le médiateur égyptien et qui prenait en compte l’essentiel de leurs revendications : fin du dossier de la détention administrative (les détenus concernés seront jugés ou libérés), fin des mesures de mise à l’isolement, fin de la privation de visite pour les familles de Gaza… C’est là une très grande victoire. 

Le gouvernement israélien et l’administration pénitentiaire ont été contraints de faire droit aux revendications des prisonniers palestiniens après des semaines de lutte et une longue journée de négociations ce 14 mai. Cette victoire est celle des prisonniers qui, en entamant avec une totale détermination une grève de la faim préparée de longue date, ont fait la preuve de leur haut niveau d’organisation et de conscience politique. Elle n’a pu être menée que par l’union de toutes les forces politiques et a apporté la preuve que l’unité nationale est déterminante pour faire reculer les autorités israéliennes. Elle est, par là même, la victoire de tous les Palestiniens qui ne lui ont pas ménagé leur soutien. Elle est intervenue malgré le mutisme des pays européens et des Etats-Unis, et a rencontré le soutien de l’opinion internationale en dépit d’un incompréhensible et injustifiable black-out médiatique. Elle constitue un puissant encouragement à la résistance civile et populaire du peuple palestinien tout entier et un appel à renforcer le mouvement international de solidarité pour que justice lui soit rendue.
 http://www.france-palestine.org/
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Solidmar se réjouit de cette victoire !
Mais nous regrettons que, malgré un maximum de mobilisation: députés, Parlement Européen, 5 pétitions (plus de 7000 signatures), manifestations etc., les revendications des prisonniers politiques marocains en grève de la faim illimitée pendant 2, 3 même 4 mois  n'aient pu être entendues par le si démocratique gouvernement marocain... Les cinq plus anciens (135 et 80 jours de grève de la faim), en fin de peine, ont été libérés. Aux dernières nouvelles il en reste une vingtaine en grève qui luttent avec les mêmes revendications que celles des prisonniers palestiniens...
Merci de continuer à signer cette pétition :
http://www.cyberacteurs.org/cyberactions/nouvelle-sauver-ezedine-camarades-greve-faim-463.html
 

Islam et pérsécution : rien de comparable avec l'Inquisition catholique

 par Mohammed Belmaïzi et Latifa Gadouche, Carte blanche, Le Soir (Belgique) 22/5/2008
Contribution au débat au sein du « Séminaire sur l’Islam » organisé par l’ASBL Dakira (« Mémoire » en français)

Latifa Gadouche, juriste, militante pour le dialogue interconvictionnel, Mohamed Belmaïzi, Co-auteur de « Rompre le silence », éd. Labor, militant pour le dialogue des cultures.

 Régulièrement, les médias rapportent le cas de journalistes, d’intellectuels, d’artistes inquiétés, inculpés, condamnés par une fatwa ou carrément trucidés (en Algérie, par exemple). Interpellés par ce phénomène qui s’exporte jusqu’en Europe, nous sommes allés voir si la persécution contemporaine avait des références dans l’ère islamique. Rien ne semble, dans l’Histoire de l’islam, indiquer une organisation massive et systématique de la persécution contre les intellectuels et les religieux. Et rien n’évoque une offensive identique à la Sainte Inquisition de l’Eglise. 
 Pourtant, lorsque l’on examine les époques, divers personnages ont été exécutés pour leurs idées, tel Ghaylân al-Dimachqi crucifié en 740. Et la mémoire collective retient l’exécution spectaculaire du mystique Al Hallaj en l’an 922 à Bagdad. Célèbre par sa personnalité d’homme pieux et passionné, Al Hallaj est qualifié, selon les familiers de son œuvre, de « Jésus de l’Islam ». Cette exécution par crucifixion, torture, dépeçage et incinération, fut le prélude de l’errance douloureuse des soufis (mystiques musulmans) camouflant, plus que jamais, leurs doctrines sous une expression ésotérique inaccessible. A telle enseigne qu’au XIIe siècle, Ibn Arabi, autre géant de la pensée mystique, cite Al Hallaj sans pouvoir mentionner son nom. Et pour cause : Ibn Arabi, un soufi qui n’a cessé de professer « la Religion de l’Amour / quelles que soient ses orientations » – son credo bien connu : « l’Amour est ma foi / l’Amour est ma loi » – était sur le point, lui aussi, d’être coupable d’hérésie. Notamment pour son recueil de poèmes L’Interprète des désirs auquel il devait, pour échapper à ses détracteurs, ajouter un commentaire bourré de références coraniques après chacun de ses poèmes, mot après mot, phrase après phrase. 
 Ce climat de suspicions et condamnations s’avère prévisible. Dès l’institutionnalisation de l’islam, en tant que religion d’Etat et plus tard comme facteur d’unification pour l’expansion de l’empire, un rigide « Consensus » s’est opposé à toute diversité sur le plan de la pensée, mettant en évidence la singularité de la nouvelle foi. Une seule grille de lecture religieuse s’était imposée et allait de pair avec la décision d’unifier l’empire et de pérenniser les dynasties et leurs lignées.
 Les récits ne manquent pas pour évoquer la manipulation de l’islam à des fins politiques et religieuses. Pour exemple, ce chef militaire nommé Mansur (régnant en Andalousie en l’an 978), cyniquement réputé pour avoir fait appel aux ulémas les plus renommés de ses contemporains, les invitant à détruire la bibliothèque la plus prestigieuse du Moyen-Âge, acquise avec patience et obstination par le roi éclairé Hakam II. « Il leur dit qu’il avait résolu de détruire les livres qui traitaient de philosophie, d’astronomie et d’autres sciences interdites par la religion ». Et il va jusqu’à les prier « de trier eux-mêmes les livres à détruire » (André Clot, L’Espagne musulmane). Ce genre d’alliance, si courante entre les pouvoirs institués et les théologiens dogmatiques, a jalonné l’ère islamique. C’est ainsi que nombre d’écrits et de recherches ont été broyés par le bulldozer du « Consensus ». Ne nous parviennent, de ce butin perdu, que quelques noms de penseurs et leurs thèses… – et seulement lorsque les thuriféraires de la pensée unique les citent pour les neutraliser. En 1150, l’autodafé, à Bagdad, d’une grande encyclopédie ainsi que des livres d’Avicenne (Ibn Sina) signalaient le summum du totalitarisme gravement décidé à briser tout savoir et tout penseur réfractaire à l’orthodoxie. C’est que cette importante encyclopédie a été rédigée, sous la chape de l’anonymat, par un groupe de savants nommés « Frères de la Pureté » (Ikhwan as-Safa). Une époque qui accouche d’une importante encyclopédie rédigée par des auteurs anonymes, révèle à la fois le raffinement d’une civilisation savante, et annonce les prémisses d’une décadence incontestablement provoquée par l’obscurantisme, l’intolérance et la persécution. Mais la persécution peut changer de camp. Car elle n’a pas été toujours le monopole des orthodoxies totalitaristes. Il convient, pour le vérifier, de revenir sur l’un des débats cruciaux et âpres au sein de l’islam. Cette violente bataille intestine concerne l’approche et l’interprétation du texte coranique. En effet, ce violent antagonisme entre musulmans modernistes et traditionalistes, lors du règne d’Al-Ma’mûn (fils de Hârun al-Rashîd et calife de 819 à 833), a abouti à des débordements tyranniques contre l’orthodoxie. 
C’est une persécution au nom d’une réforme politico-religieuse audacieuse que d’aucuns qualifient aujourd’hui de tentative, sinon de laïcisation, de séparation des sphères divine et humaine. Une réforme que le calife, partenaire d’un courant intellectuel musulman connu sous le nom de mu’tazila, littéralement « ceux qui se tiennent à l’écart », tenta de mener de main de fer. Cette alliance avec un courant réfractaire optant pour l’ouverture de la pensée religieuse, mettait au-devant de la scène la doctrine du « Coran créé » en opposition au « Coran incréé » défendu par les orthodoxes. 
La doctrine du « Coran incréé » suppose que le texte coranique est l’un des attributs de Dieu, sacré et immuable qui ne peut souffrir autres lectures et interprétations que celle « unique et infaillible » avancée par les ulémas traditionalistes. En contrecarrant la doctrine du « Coran incréé », le calife Al-Ma’mûn vise une séparation entre un Dieu créateur et inaccessible selon nombre de versets coraniques (« rien n’est semblable à Lui »), et un Texte créé, tangible, visible, ouvert et vivant, offert à l’intelligence du lecteur et à son interprétation plurielle et féconde. Convaincu, qu’il était, des thèses des mu’tazila, Al-Ma’mûn va proclamer officiellement la croyance dans le « Coran créé » (al-qawl bi-khalq al-Qur’ân). Et c’est alors qu’une inquisition féroce va s’ériger contre quiconque parmi les ulémas et les imams rejette la doctrine du « Coran créé ». Interrogatoires, emprisonnements et assassinats caractérisent cette période nommée al-mihna, « l’Epreuve ».
Or, les califes suivants vont rétablir la vision orthodoxe en laminant à leur tour, dans une brutalité encore plus scandaleuse, toute référence au courant des mu’tazila condamnés à l’exil et au silence. Ce conflit délétère, entre obédiences religieuses, est mirifique de leçons. Il plaide sans détour pour la neutralité stricte de la foi et pour sa préservation de toute agitation idéologique, nuisible à sa dimension spirituelle et universelle. Nulle autre solution pour éviter la spirale meurtrière. Aujourd’hui, la persécution semble renouer avec sa figure traditionnelle. La liste des intellectuels dans l’espace arabo-musulman et même au-delà, exposés aux fatwas de l’intégrisme, ne cesse d’augmenter. Terrorisés, ostracisés, soupçonnés d’apostasie, exilés, assassinés. Parmi eux : Nawal As-Sa’dawi, écrivaine ; Youssef Chahine, cinéaste ; Marcel Khalifé, chanteur et musicien ; Tahar Djaout, journaliste et poète ; Naguib Mahfouz, Prix Nobel de littérature… Et pour ne citer que lui, les travaux du savant égyptien Nasr Abu Zayd, excommunié et exilé récemment au Pays-Bas, témoignent pourtant d’une solide et sincère volonté de sortir le monde arabo-musulman de sa profonde crise qui le bannit de l’Histoire… Un plaidoyer partagé pour une nouvelle approche et « une nouvelle conscience islamique ». 


Cauchemar raciste à Taourirt

The Moroccan Association of Human Rights
( MAHRs )
TAOURIRT BRANCH
On Tuesday 24th April 2012, Taourirt ـ a city in the region of the East of Morocco - has known violent and inhuman arrestations among a number of Subsaharian immigrants and refugees .
Indeed, early in the morning while these immigrants were still sleeping in "the open-air "
next to the railway station , they were surprised and attacked by different types of police.
Hence, sixteen (16) immigrants were arrested while some others ran away. This
intervention which was observed by some members of the MAHRs has known a lot of
human right violations . The immigrants were humiliated, insulted and even beaten by the police. Worse than these, all the immigrants' properties (clothes, blankets, bags ,etc....) were burned, which is against all the national laws. The authorities even took some mobiles from these Subsaharians by force. All these violations and mistreatments were condemned by the people who were watching the "scene".

Late in the evening, 25 more immigrants were arrested and the whole 41 were transported to the frontier city Oujda from where they are usually deported to Algeria.
We have to mention here that usually the authorities try to make people believe that these immigrants are criminals, thieves, killers, ..... so as to legitimate their "hostile acts".
The MAHRs has tried to get official answers from the local responsibles about the reasons of the detentions, but in vain.

In the following day, the MAHRs -- Taourirt interviewed some immigrants who gave
shocking information about their daily life and the hostile treatments they endure.

To know more about it, please check these videos

ASSOCIATION MAROCAINE
DES DROITS HUMAINS
SECTION DE TAOURIRT

Le 24 Avril 2012, un bon matin pas comme les autres, prés de la gare de la ville de Taourirt, a vu des interventions sévères contre des réfugiés subsahariens. . Il y avait un grand nombre d'agents de la force publique, des policiers, et les auxiliaires d'autorités, ils ont surpris les Africains qui dormaient encore.
16 Subsahariens ont été arrêtés, par contre les autres ont pu s'enfuir pour un moment. Cette féroce intervention était d'une manière inhumaine et illégale, elle a violé toutes sortes de droits et de mœurs concernant les réfugiés. Les forces publiques en pleine rue et devant les passagers ont confisqué tous les bagages de ces réfugiés africains, ce qui a causé un état hystérique pour une victime qui criait pour avoir son téléphone portable qui lui a été pris de force.

La violence était une réponse pour n'importe qui voulait discuter ou négocier, et pour terminer les forces de l'ordre ont mis feu et brûlé les bagages des réfugiés devant les passagers témoins de cette sauvage intervention. La poursuite derrière ces Subsahariens a duré toute la journée et le soir 25 autres réfugiés ont été arrêtés .

Il faut signaler dans ce rapport que les autorités publiques essayent toujours de publier de fausses infos entre les citoyens pour donner la légalité à leurs interventions, comme dire que ce n'est qu'une bande de criminels et de voleurs et que si quelqu'un les aide il va être poursuivi en justice, ce qui provoque le racisme et la haine.

Et pour avoir plus de détails en ce qui concerne l'âge de ces réfugiés, le sexe, la nationalité, les membres de l'Association Marocaine des Droits Humaines ont contacté la police locale, mais elle était très discrète à  ce sujet. Ce n'est pas la première fois que les autorités emmènent ces Subsahariens et sans aucun jugement vers la frontière marocco-algériénne.
D'autre part, l'AMDH section de Taourirt à contacté des victimes et fait des interviews, qui montrent leurs souffrances du fait des autorités marocaines et la maltraitance puisqu'ils vivent en plein air.
Pour en savoir plus, regardez les vidéos de témoignages.




 
   
 

lundi 14 mai 2012

Maroc: plongée dans ce Rif si rebelle…

  Par Hicham Oulmouddane (Telquel),

Malgré la fin des violences qui ont secoué la région en ce début d’année, les tensions sociales sont toujours palpables et la révolte n’est pas près de s’éteindre à Beni Bouayach, Imzouren et Boukidaren. 
Chefchaouen la belle ville de tous les bleus, chef-lieu du Rif...

  Destination, le triangle des Bermudes marocain. 

Nous sommes sur la Nationale 2, qui relie Taza à Al Hoceïma, la seule route qui permet de s’immerger dans le Rif profond. Cette région reculée du nord du Maroc était un véritable coupe-gorge pour l’armée d’occupation, au temps du protectorat. Les maquisards rifains donnaient tellement de fil à retordre aux bataillons français, lors du soulèvement de 1955, que ces derniers ont fini par surnommer cette zone, située entre Aknoul, Tizi Ousli et Kassita, «le triangle de la mort». 

Cinquante ans plus tard, cette province, au climat dur et au relief accidenté, dispose toujours de peu d’infrastructures. Pour ses habitants, les moyens de subsistance sont limités: l’agriculture est quasiment la seule source de revenus. Ils sont d’ailleurs nombreux à l’avoir désertée depuis les années 1960, en immigrant massivement vers les Pays-Bas et l’Espagne. En témoignent ces demeures à l’allure cossue, presque luxueuses, appartenant à ceux qui résident désormais à l’étranger. Elles dénotent à côté des bâtisses dénuées du confort le plus élémentaire où vivent la majorité des Rifains. 

Bienvenue au pays des paradoxes. 
La tension est palpable sur les traits des agents d’autorité Après deux heures sur cette route sinueuse et cabossée, nous parvenons à Kassita, point de jonction entre Taza, Al Hoceïma et Nador. C’est le fief des tribus Izenayane, qui ont largement contribué à forger la légende de la résistance dans la région. Le centre de la localité ressemble à n’importe quel village de bord de route: des commerces et des petits restaurants, disséminés des deux côtés de l’artère principale et animés par un interminable ballet de véhicules et de bêtes. Rien qui mérite vraiment de s’attarder. Les paysages qui défilent le long de la voie qui longe l’oued Nekour sont d’une beauté renversante. À proximité du village de M’noud, lieu de naissance d’Ilias El Omari —l’homme fort du PAM et relais du Palais dans la région—, un premier barrage de la gendarmerie est établi. En plus du contrôle de routine, les gendarmes consignent les immatriculations des véhicules. Malgré leur sourire, la tension est palpable sur les traits des agents d’autorité, Beni Bouayach n’étant plus très loin. Afficher Le Rif marocain sur une carte plus grande. Nous arrivons au centre de cette bourgade encore inconnue de la majorité des Marocains, jusqu’aux évènements qui ont fait l’actualité ces dernières semaines. En cause, une série de heurts violents qui ont opposé les jeunes de la ville aux forces de l’ordre. Aujourd’hui, la place devant la Bachaouia (Pachalik) est calme. Aucune trace du dispositif des brigades anti-émeutes qui, pendant plusieurs jours, sont restées mobilisées sur place. «Elles ont quitté la ville hier tard dans la nuit, c’est une place libérée maintenant», nous lance un jeune d’un air victorieux et fier, tel un guerrier de l’espace qui aurait remporté une bataille sur les Martiens. Il nous parle à demi-mots, dans un arabe teinté d’un fort accent amazigh. Dans cette zone du pays, dès qu’on aborde quelqu’un en darija [ndlr: arabe dialectal], on est estampillé «étranger» et la méfiance s’installe. 

Des manifestants hostiles à tous les symboles de l’autorité  
Sur le trottoir d’en face, se trouvent quelques gargotes où on peut se restaurer pour une poignée de dirhams. Les commerçants sont encore sous le choc: leurs échoppes ont été mises à sac par certains membres de la police venus mettre de l’ordre dans la ville au moment des émeutes. Comme à Taza, ces dérapages ont été filmés et postés en temps réel sur Internet ; ce qui n’a pas manqué de provoquer la consternation générale. Pour ne rien arranger, le grand souk hebdomadaire du lundi, seul point de ravitaillement pour les villages limitrophes, est suspendu, ce qui ne manque pas de peser sur le moral de la population. Nous traversons plus loin le quartier Bougharman, théâtre des heurts entre habitants et policiers. Là encore, la ressemblance avec les événements de Hay Al Koucha à Taza est frappante. Situé en hauteur, ce secteur adossé à une colline a servi de point de repli aux manifestants pour caillasser les forces de l’ordre. Sur place, une bande de jeunes nous prennent en photo, pensant que nous étions des représentants des autorités. Un peu plus tard, au centre de Beni Bouayach, des militants commencent à se rassembler. La foule est composée principalement de membres du 20 février, de la section locale de l’association des diplômés chômeurs et de jeunes de la ville. Le sit-in se déroule dans le calme et aucun dérapage n’est à signaler. Mais les manifestants ne cachent pas leur hostilité à tous les symboles de l’autorité. Interpellés sur les causes du malaise, ils répliquent par une longue leçon d’histoire, presque un sermon, qui remonte à «3am Ikbban», ce qui signifie, en amazigh, l’année des hommes aux casques. Comprenez l’année 1958, lorsque Hassan II avait réprimé dans le sang les révoltes dans le Rif. Cette blessure a été l’acte fondateur de plusieurs décennies de défiance vis-à-vis de l’État, qui a, depuis, totalement négligé la région.

 On ne badine pas avec la tradition dans le Rif 
 Beni Bouayach compte près de 18.000 habitants répartis dans des quartiers construits de manière anarchique, sans plan d’aménagement ni assainissement. Fait marquant, 70 % des logements de la ville sont inhabités et certaines rues sont fantomatiques. «Les propriétaires sont tous des MRE [ndlr: Marocains résidant à l'étranger]. Il faut venir ici pendant les vacances pour découvrir un autre monde, plus animé», souligne Mohamed, un instituteur originaire du coin. Dans la ville, aucune trace d’usine ni d’activité industrielle susceptible de générer des emplois. «Le seul débouché pour la population est le bâtiment. Mais il offre des opportunités de travail seulement en hiver», se désole le chef de chantier d’une habitation dont le proprio réside en Hollande. Une fois la manifestation terminée, on s’installe avec le groupe dans un café du centre, pour siroter un noss noss grand format typique du nord du Maroc. Dans la salle, les jeunes, au look à la pointe de la mode, sont occupés à remplir les cases du Loto.

 Derrière le comptoir, deux immenses drapeaux à l’effigie du Real Madrid et du Barça. 
Ici, le foot est une religion: deux fois par semaine, on vibre au rythme de la Liga et le Clasico espagnol est élevé au rang de divinité à laquelle tous vouent un culte sans faille.
 Mais la tranquillité qui règne sur les lieux est fragile. Lorsqu’un peu plus tard, une bagarre éclate, les couteaux sont vite brandis. Heureusement, un colosse intervient et le pire est évité de justesse. Autre fait marquant, dans l’enceinte du café comme dans la rue, presque aucune trace de présence féminine. La société rifaine est particulièrement conservatrice, considérant que la place de la femme n’est pas sur la place publique. Si filles et épouses sont majoritairement voilées, la région n’est pas pour autant un fief des obédiences islamistes. «À l’exception de quelques takfiristes et wahhabites dont les idées ont été importées par les MRE, les partis islamistes ainsi qu’Al Adl Wal Ihsane sont quasi inexistants ici», explique Mohamed l’instituteur. Il ajoute: «Le voile, chez nous, c’est d’abord une affaire de coutumes.» Et on ne badine pas avec la tradition dans le Rif. Khalid, un jeune professeur de sciences naturelles venu de Chaouen, en sait quelque chose. «Une fois, j’ai essayé de profiter de la pause de midi pour venir au café avec ma femme. Les gens m’ont décoché des regards méprisants et apitoyés, comme si j’étais un lépreux», nous confie-t-il. D’ailleurs, lorsqu’on interroge les jeunes sur la mixité, leur réponse est brève: il n’y en a pas. 

Des jeunes chômeurs livrés à eux-mêmes  
Nous reprenons la Nationale 2 en direction d’Al Hoceïma mais en bifurquant vers la gauche pour arriver à Imzouren. Cette petite bourgade de 30.000 habitants, pôle commercial névralgique de la région, a été ravagée par le séisme de 2004. Depuis, elle a connu une course frénétique à la construction. Récemment, Imzouren a été touchée par la vague de violences venues de Beni Bouayach. En cause, la marche de quelques centaines de jeunes qui se dirigeaient vers Al Hoceïma et qui ont été bloqués par les forces de l’ordre. Ils décident alors de défiler à Imzouren pour exposer leurs doléances. Ce qui a engendré une bataille rangée entre manifestants et forces de l’ordre. 

 Malgré cela, ici, les gens s’estiment plus chanceux qu’à Beni Bouayach en raison de l’intérêt porté par le roi à la ville. En effet, depuis quelques années, Mohammed VI —qui a l’habitude de séjourner en été à proximité d’Al Hoceïma— fait des visites-surprises à cette cité du Rif pendant la période estivale. «Souvent, le souverain vient ici tout seul au volant de sa voiture. L’ambiance devient alors festive, surtout avec les MRE qui sont ravis par ces visites», lance un garçon de café du centre-ville. Pour donner un coup de pouce à Imzouren, le roi a attribué l’été dernier la coquette somme de 60 millions de dirhams (5,4 millions d'euros) à la municipalité, pour la construction de plusieurs écoles et lycées, la réalisation d’un réseau d’assainissement, etc. Le président du conseil de la ville n’en revient toujours pas. «Rendez-vous compte que depuis l’indépendance, seules onze écoles ont été construites. Alors que grâce à ce projet, cinq établissements scolaires seront bâtis en l’espace d’une année», nous confie-t-il. L’urbanisation galopante a d’ailleurs fait exploser le prix de l’immobilier, déjà rare dans la région, où un lopin de terre à proximité de la route peut valoir jusqu’à 20.000 DH (1.800 euros) le mètre carré. Mais ce décollage d’Imzouren, voulu par le monarque, fait des jaloux du côté de Beni Bouayach. Là-bas comme dans l’ensemble du Rif, aucun projet d’envergure n’est mis en place pour absorber la masse de jeunes chômeurs. Ces derniers sont livrés à eux-mêmes. Ils ne peuvent même plus s’accrocher au rêve d’une possible émigration vers l’Europe —qui ne fait plus figure d’eldorado avec la crise— et encore moins espérer décrocher un poste dans la fonction publique. Le seul recruteur de cette partie reculée du pays est une usine qui inonde toutes les laiteries du royaume avec ses pâtisseries: des mille-feuilles… Saïd, élu local et homme d’affaires, analyse : «Comme il n’ y a pas d’incitation de l’État, principalement sur le foncier, il est difficile pour les entreprises de s’installer dans la région». Dans le café où nous sommes installés, le personnel se prépare pour le match de cet après-midi du Chabab Rif Al Hoceïma (CRA), le club de football dirigé jusqu’à l’année dernière par Ilias El Omari. Nous décidons de faire le déplacement au stade Mimoun Al Arsi d’Al Hoceïma avec Ahmed, jeune militant de gauche et fan de football. «Il y a plus de taxis que d’habitants ici» Quelques kilomètres avant, nous traversons le village de Sidi Bouafif, que tous ici appellent Boukidaren. «C’est là qu’au début du siècle dernier une unité de la cavalerie makhzénienne a été battue par des combattants locaux. Donc pour nous, ce sera toujours Boukidaren», explique Ahmed. Lors des évènements qui ont secoué la région début mars, des membres des forces de l’ordre se sont livrés à un pillage des commerces du village. «Ils n’ont pas hésité à vider les frigos pleins de viande et à installer des barbecues sur le bord de la route. Au fond, ce sont des gamins qui ont été envoyés pour mater la révolte des jeunes de chez nous», raconte le jeune militant. 

En arrivant à la capitale du Rif, nous sommes impressionnés par le nombre de taxis disponibles. 
 De quoi faire rêver les Casablancais. «Après le tremblement de terre de 2004, les agréments de transport ont été accordés en nombre à ceux qui les ont demandés pour apaiser les tensions. Résultat, il y a plus de taxis que d’habitants ici», nous confie Ahmed. «Le problème avec le Rif, c’est que même quand l’État essaie de faire avancer les choses, il s’y prend souvent très maladroitement», poursuit ce natif de la région. Pour le moment, l’heure est à la fête dans cette ville où les seules distractions sont les innombrables cafés. Situé en plein cœur d’Al Hoceïma, le stade Mimoun Al Arsi est plein à craquer. Les supporters du CRA sont venus en masse, vêtus aux couleurs bleues et blanches de leur équipe et arborant des drapeaux tifinagh. Dans les gradins, un petit groupe d’ultras donne de la voix. Cependant, à chaque fois que les insultes commencent à fuser, les aînés canalisent le mouvement. «C’est à cause des insultes à l’encontre des forces de l’ordre que les choses ont pris une tournure aussi violente dans la région», rappelle ce fan de football. De cette rencontre ennuyeuse et sans surprises, la jeune équipe du Chabab Rif est sortie avec un match nul qui lui garantit une position au milieu du classement. Et demain, peut-être, les poulains de Abdelkrim El Khattabi auront une place parmi les grands. 

Des Femmes Marocaines!

Par Ahmed Benani, 12/5/2012

La lutte des femmes au Maroc contre le patriarcat islamique, les oppressions séculaires , les crimes d'honneur, les discriminations au quotidien, la maltraitance dans l'espace public et privé, les viols, la prostitution, les arrestations-enlévements arbitraires, les abus judiciaires, le rejet des filles-mères, des homosexuelles, constituent une dynamique sociale sans précédent dans notre pays. 

Avec l'arrivée des obscurantistes islamistes au pouvoir, elle a pris plus d'ampleur à l'annonce de mesures les frappant encore plus violemment, l'imposition du voile intégral, le refus de la parité devant l'emploi, parfois les agressions policières et celles des salafistes. En un mot comme en mille, si la lutte des citoyennes n'est pas hissée à l'avant-garde de la "Movida" marocaine, nos élans citoyens n'auront aucune chance d'aboutir. 

A mes stades d'observation, ces luttes ne sauraient être focalisées sur un seul objet, par exemple le scandaleux article 475, elles ne sauraient pas non plus être exclusivement féministes au sens strictement autonomes ou sectaires, exclusivement aussi urbaines et entre les mains des seules intellectuelles (pensant et dirigeant le mouvement) laissant à l'abandon nos sœurs du monde rural et montagnard. 

Cette lutte est donc nationale avec des prolongements régionaux et internationaux. Elle représente des enjeux stratégiques immenses qui effrayent à juste titre le pouvoir central, le pouvoir législatif et les couches conservatrices "gardiennes des traditions*, sans compter les nouvelles formes et structures de régression qu'incarne la nébuleuse islamiste, du PJD à Al Adl wal Ihssane en passant par les fous d'Allah, les sanguinaires salatfistes-djihadistes. 

Ainsi éclairés, nous toutes et tous devons nous méfier des provocations qui font des diversions organisées par les forces de police sur ordre, veiller à ce que les agents féminins des services de sécurités ne s'infiltrent dans nos rangs. Le Printemps arabes a montré que les femmes sont partout au premier rang, brisant les clichés occidentaux, qu'elles ont préféré à la guerre des sexes, la conquête de l'esprit! 

Au Maroc, la palais cherche à récupérer à son profit cette émancipation des femmes, il s'en veut même l'initiateur, depuis l'arrivée du PJD aux affaires, il cherche même à instrumentaliser les femmes pour les dresser contre les nouveaux gestionnaires du sacré. A nous de contourner tous ces pièges et à faire que les femmes soient dans la parité absolue dans les luttes pour la justice, l'égalité, la dignité et la liberté du Maroc nouveau, celui que construisent les citoyennes et les citoyens qui sont entrés de plain pied et de manière irréversible dans toutes les formes de modernités, politique, sociale, économique,culturelle, artistique, religieuse ou non-religieuse. 
 https://www.facebook.com/groups/328125647205409/

dimanche 13 mai 2012

Interview de Khadija Ryadi (AMDH) à l’occasion de la douzième audience du procès Ali Aarrass

 Par Luk Vervaet (LV), Rabat 9/5/ 2012
 Khadija Ryadi est présidente de l'Association marocaine des droits humains (AMDH). 

 Luk Vervaet (LV) : Le procès d’Ali Aarrass a de nouveau été reporté au 21 mai. Ali était dans un état pitoyable – il souffre d’une allergie extrême ; il a été victime d’une agression en prison et ne sort plus de sa cellule depuis quelques mois. Il était extrêmement faible parce qu’il a fait une grève de la faim d’une semaine contre ses conditions de détention. 

Khadija Ryadi (KR) : C’est d’autant plus grave quand on sait qu’il n’y a pas de preuves contre lui et que son dossier est vide. Son extradition à partir de l’Espagne était illégale. Si, en plus, sa santé et ses conditions de détention en prison se détériorent, on peut vraiment dire que ses droits sont bafoués. 

 LV : Sa situation de détention est-elle particulière ? 

 KR : Il règne une situation moyenâgeuse au sein des prisons. L’arme de la grève de la faim est souvent utilisée comme ultime défense par les détenus. Il faut savoir que le nouveau délégué général de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion est un monsieur qui figurait dans la liste, publiée en 2000, des personnes à propos desquelles nous disposons des indications fortes sur leur responsabilité dans la torture de détenus. Il a été l’ancien patron de la Sûreté Nationale. Il a été nommé à son nouveau poste après les évasions spectaculaires des prisons. Sa nomination était clairement un choix pour le tout sécuritaire. En plus, depuis sa nomination, l’administration pénitentiaire ne dépend plus du ministère de la Justice. Elle dépend directement du chef du gouvernement. Mais, dans les faits, l’administration ne dépend que de lui-même et ne rend de comptes à personne. 

 LV : Quelles sont les conséquences de ces changements au sommet ? 

KR : La réponse à tous les problèmes du monde carcéral est devenue une question d’immobilier, de construction de nouvelles prisons. Quand on soulève un problème, on vous répond avec les nouvelles règles et normes qui seront mises en application et par des maquettes de nouvelles prisons à construire. Entretemps, la situation au sein des prisons s’aggrave. Également pour les militants politiques et les dossiers à caractère politique, dont fait partie l’affaire Ali Aarrass. Des actes de violence, de vengeance et de torture des détenus sont de retour. Les ONG qui visitaient les prisons ne peuvent plus y mettre un pied. Il y a quelques jours une instance suprême pour la réforme de la justice vient d’être créée, composée d’une quarantaine de personnes. Quelques personnes des ONG comme l’observatoire marocain des prisons en font partie. On verra ce que cela va donner. 

 LV : À combien estimez-vous le nombre de détenus politiques au Maroc ? 

KR : Il n’y a pas de chiffres exacts. Mais il s’agit d’un grand nombre de dossiers qu’on peut estimer à quelques centaines. Il y a d’un côté les détenus politiques pour prétendue association ou délit terroriste, qui n’ont pas eu droit à un procès équitable. Puis, il y a les membres de l’UNEM, les Sahraouis, les participants au Mouvement du 20 février, les syndicalistes dans les luttes sociales. Dans ces derniers cas, il s’agit souvent de courtes peines. Il est difficile de tenir des statistiques, parce qu’au moment de leur publication, ils sont parfois déjà sortis de prison. Mais on sort quand même chaque année un rapport avec la liste de tous ceux et celles, qui ont été en prison pendant cette année-là. 

LV : Comment voyez-vous l’état du mouvement démocratique au Maroc. En marchant vers ici nous avons rencontré une manifestation de quelques centaines d’universitaires chômeurs qui demandent que le gouvernement tienne ses promesses sur l’engagement des chômeurs diplômés. 

 KR : ils sont là chaque semaine depuis plus d’un an. Les manifestations continuent. Chaque mois, il y a des marches dans les grandes villes. Il faut savoir que dans les zones rurales, les démonstrations continuent aussi, comme à Ifni1. Là il y a souvent plus de violence et de répression que dans les grandes villes où on tolère plus facilement une manifestation quand il y a beaucoup de monde. En même temps, on peut dire qu’après les élections, il s’est installé une phase d’attente. On veut donner toutes les chances au nouveau gouvernement d’entamer le changement. En tant qu’AMDH, nous n’avions pas pris position s’il fallait oui ou non boycotter le scrutin d’il y a quelques mois. C’est l’affaire des partis politiques. Mais on a élaboré une critique sérieuse de la nouvelle constitution. Vous pouvez la retrouver dans nos publications2. De toute façon, s’il n’y a pas de changement pour les grands problèmes que rencontre le peuple marocain au niveau des salaires, du chômage, de la vie chère, etc., le mouvement va reprendre toute son ampleur.

 LV : Vous avez pris la décision de mettre sur pied des vraies sections de l’AMDH en Europe. Pourquoi cette démarche ? 

KR : D’abord, il faut souligner que l’AMDH est ouverte à tous les citoyens, marocains ou pas. Les sections dans des pays comme la Belgique, doivent faire un travail avec les Belges et les non-Belges. S’adresser aussi bien aux autorités belges que marocaines concernant tous les problèmes que rencontrent les personnes d’origine immigrée. Ensuite, il faut établir des relations et des collaborations avec les ONG d’Europe. Ceci est important quand on sait qu’au siècle passé les démocrates européens ont joué un rôle très important dans la lutte contre la dictature au Maroc. 

 LV : Justement, ne peut-on pas dire que, contrairement au passé, on est en retard, aujourd’hui en Europe, sur les mouvements démocratiques dans le monde arabe ? 

KR : Nous avons constaté une très mauvaise connaissance de ce qu’on appelle le printemps arabe dans les pays européens. Nous ne pouvons qu’être déçus quand on entend des démocrates européens parler et soutenir la thèse de « l’exception marocaine ». Ce qu’on cherche, c’est un soutien européen à la lutte menée ici. Et qu’en même temps, ils luttent contre leurs gouvernements occidentaux qui continuent à avoir des relations privilégiées avec le Maroc. Le printemps arabe a mis au clair comment ces régimes occidentaux ont profité financièrement des despotes comme Ben Ali ou Moubarak, mais aussi comment ils ont utilisé ces régimes pour se protéger contre le terrorisme et l’immigration. Un des éléments pourquoi le soutien dans les pays européens est moindre est que dans les années soixante ou soixante-dix, l’immigration était dominée par les militants, tandis que maintenant on est plutôt face à une masse non politisée.

LV : Quel regard portez-vous sur l’Europe à partir d’ici ? 

 KR : La crise économique européenne nous inquiète. Il y a l’effet d’appauvrissement pour les citoyens européens. Il y a aussi l’effet indirect pour toutes ces familles marocaines, qui ont moins de revenus parce qu’il y a moins d’argent transféré par l’immigration à cause de la crise. Les ONG européennes ont moins de moyens financiers pour nous venir en aide. Et puis, en parallèle avec cette crise, il y a bien évidemment la crise politique où on voit que l’extrême droite européenne progresse partout. 

 

Face à ces nouvelles années de plomb la révolte et l'indignation ne suffisent plus!


Par Ahmed Benani, 13/5/2012 

Par exactions répétées du sultan-prédateur, à son arrogance et cynisme combinés, au silence complice du gouvernement islamiste Pjdiste et ses affidés salafistes, à la barbarie et pratiques maffieuses des différents corps de police, aux plans diaboliques concoctés par le gouvernement de l'ombre, instaurant une violence rampante contre la jeunesse, sorte de vengeance contre son "insubordination" févriériste, à l'arrestation et condamnation de nos artistes, aux viols "légitimés" de femmes, aux tortures abominables pratiquées sur des nationaux extradées de l'étranger..... Que faire? 

 L'indignation des citoyens elle-même reste sélective, régionale voire ethnique. Il est impensable qu'on laisse ce régime royal exercer son sadisme, sa cruauté comme aux pires moments des "années de plomb", écraser davantage les plus démunis d'entre-nous, ou lui signer un blanc seing pour le triomphe d'une économie "ultra-libérale" qui a pour pendant le surenchérissement du coût de la vie, l'augmentation du chômage, l'austérité avec fermeture des écoles, des dispensaires médicaux. 

Ce Maroc à deux vitesses qui génère des disparités sociales abyssales et vertigineuses s'achemine à grands pas vers la grande "Fitna", ce chaos qui peut déboucher sur une guerre civile.  Le despotisme prétend que son ordre passe par le maintien de l'idéal de sa sacralité qui nous protégerait de l'effondrement de pays dont les dictateurs ont été chassés par les peuples en colère (Tunisie, Libye, Egypte, Yémen). Toutes les revendications démocratiques véhiculées pacifiquement par des mouvements de masse se sont heurtées à des fins de non-recevoir: les modes d'actions citoyennes par le bas considérées comme opaques, contingentes, aléatoires et par conséquent rebelles au principe de la Raison Royale et Sacrée sont pour le Makhzen, infantiles, mortes, oubliées.

 L'heure est je crois arrivée, d'affirmer à la face de celui qui se prend pour un Dieu-Roi: "Nous sommes la nouvelles génération de révoltés, d'insoumis persifleurs, de rappeurs, d'intellectuels autonomes, d'homos et lesbiennes, d'incroyants et de croyants à notre manière, Nous attendons Tout de Nous, tout de notre capacité créatrice, et Rien de Vous, Nous sommes les premiers Indignés de notre Histoire, Nous allons lancer un Mouvement de Désobéissance Civile, nous organiserons des Grèves Générales perlées. Nous récupérerons toutes les richesses que vous nous avez volées et Nous vous empêcherons et de gouverner et de régner. Le Maroc n'est pas votre domaine privé, Nous ne sommes plus Vos sujets et à terme nous ancrerons notre pays dans toutes les formes de modernités. 

 Un Manifeste de la Vraie indépendance du Maroc est en cours d'élaboration, nous sommes certains que la majorité de nos citoyens l'approuveront par une écrasante majorité".