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mercredi 20 janvier 2010

L'islamisme au Maroc

Par Aziz Enhaili, 9/1/2010
L’islamisme au Maroc n'est ni monolithique ni statique. Il fait partie des voix oppositionnelles du pays. Il comprend trois composantes. La première révolutionnaire, la deuxième légaliste, la troisième jihadiste.
La naissance de l’islamisme au Maroc comme force politique structurée remonte à 1969. Depuis, ce courant de pensée et d’action sociopolitique et idéologique s’est diversifié. Donnant vie à trois tendances assez distinctes (les courants révolutionnaire, légaliste et jihadiste), sans exclure des passerelles entre elles.
Naissance d’un courant islamiste révolutionnaire au Maroc.
Parmi les facteurs qui ont joué un rôle essentiel dans la propagation des idées islamistes au Maroc, se trouvent, d’une part, la pluie de pétrodollars saoudiens et, d’autre part, l’enthousiasme d’enseignants Frères musulmans réfugiés et qui se sont laissé embrigader (sans se faire prier) dans les campagnes de guerre culturelle froide du régime royal contre la gauche marxiste. C’est eux qui ont recruté Abdelkrim Mouti, un jeune inspecteur de l’Éducation nationale, qui était déçu de sa famille de gauche socialiste.
Ce Frère musulman a fondé le Mouvement Jeunesse islamique (MJI) en 1969. À la même époque, une partie importante de l’intelligentsia marocaine tournait le dos à la gauche modérée et épousait les idées marxistes. Pour contrebalancer le poids de cette nouvelle force sociale dans le champ culturel et social, le régime a encouragé l’entreprise de Mouti, qui d’ailleurs ne cachait pas sa volonté d’en découdre avec les «athées». Trois années plus tard, son mouvement est reconnu comme association de bien public.
Mouti n’a jamais caché à ses partisans que l’objectif de son mouvement est de créer un État islamique au Maroc. Pour lui, l'islam est une totalité. Il embrasse tous les domaines de la vie humaine. Une affirmation cultivant une offre concurrente de la mainmise sur le pouvoir d’un régime royal se réclamant pourtant d’une légitimité religieuse. C’est pourquoi ces deux acteurs devaient (à un moment donné) entrer en collision. Mais pour le moment, ils avaient un ennemi commun…
Les principales clientèles cibles du leader islamiste étaient la jeunesse lycéenne et le corps enseignant. Deux groupes sociaux devant servir à la fois à répandre le message islamiste et à pénétrer la société. Leur enthousiasme aidant, Mouti pensait en faire des troupes de choc lors de batailles à venir avec la gauche marxiste à l’université et dans le milieu syndical et associatif. Fort du dynamisme de recrues dévouées, il a tenté de briser «le monopole» de gauche du milieu ouvrier. Mais sa percée était contrariée par une gauche combattive et bien implantée dans ce secteur.
À l’ombre du légal MJI, Mouti s’est doté d’une milice clandestine qui agressait les intellectuels communistes. Ayant perdu le contrôle de ce trublion et à l’aube d’un rapprochement historique avec la gauche socialiste, le pouvoir a changé de fusil d’épaule. Il a ouvert la chasse aux cadres d’un mouvement islamiste accusé de l’assassinat en 1975 d’Omar Benjelloun, un leader marxiste charismatique.
Une fois acculé à la fuite, Mouti a assisté impuissant (de ses terres d’exil) à l’implosion d’un MJI se trouvant du coup sous forte pression de la part d’un pouvoir décidé à le mettre au pas. Si des islamistes sont restés fidèles au Guide général, d’autres se sont dispersés entre deux factions principales. La première était celle d’un enseignant de physique au secondaire d’extraction aisée (Abdelillah Benkirane), la seconde d’un autre enseignant de langue arabe d’origine modeste celui-là (Mohamed Bachiri).

Le courant légaliste entre le cheikh charismatique et l’idéologue terne

Les partisans de Benkirane devaient faire des concessions idéologiques et politiques de taille avant que les autorités ne leur ouvrent la porte d’un champ politique sous étroite surveillance. Ce sera un chemin de croix, qui a duré plus d’une décennie. Au final, ils ont obtenu en 1998 leur Parti de Justice et de Développement (PJD). Un an après les élections législatives. De neufs sièges à l’Assemblée de 1997, le parti islamiste voit sa représentation passer d’abord à 42 députés en 2002, puis à 46 maroquins en 2007. Mais sans que le rapport de force politique change en sa faveur à l’extérieur de l’hémicycle. L’hystérie causée par les attentats jihadistes de 2003 à Casablanca a montré combien les islamistes étaient fragiles et pouvaient subitement se trouver dos au mur!
Devant le verrouillage du système politique, l’animosité du pouvoir à l’égard de l’islamisme et la «guerre mondiale contre le terrorisme» islamiste, la marge de manœuvre du PJD s’est rétrécie. D’où son important investissement dans le champ social et ses différentes campagnes de moralisation de la société et de la vie publique. Des initiatives menées par plusieurs de ses ténors et par des personnalités proches de lui. Suscitant la colère de la gauche intellectuelle, cible de premier choix de ces campagnes.
S’ils ont reconnu la légitimité religieuse du pouvoir royal, les partisans de Benkirane (un dirigeant dépourvu de tout charisme et dont la production idéologue ne brille pas au milieu de multiples producteurs du sens islamique au sein même du PJD) œuvrent inlassablement pour faire de l'islam la base de la législation marocaine. De plus, ils continuent à exercer une forte pression sur la société pour qu’elle se conforme à une stricte observance des commandements religieux, tels qu’ils les conçoivent. Si ce «sectarisme» irrite les milieux sécularisés, il ne serait pas non plus «assez islamique» aux yeux des salafistes. Concurrence favorisant des surenchères.
De leur côté, les partisans de Bachiri (plus radicaux) ont fini par rejoindre un ancien inspecteur de l’Éducation. Un certain Abdeslam Yassine. Ce cheikh charismatique qui avait maille à partir avec le régime, est actuellement le principal producteur du sens islamique au Maroc. Sa fameuse lettre ouverte d'admonestation, «L’islam ou le déluge» (Al-islam aw Al-Toufan), adressée en 1974 au roi Hassan II, lui a valu, entre autres, un séjour prolongé dans un asile psychiatrique. Une expérience traumatisante pour ce mystique. Il a retrouvé les siens en 1978. Ses tentatives depuis de faire reconnaître son mouvement comme formation politique sont restées vaines.
La Révolution islamique iranienne de 1979, la chute du mur de Berlin, l’alliance historique de la gauche traditionnelle avec la couronne et l’échec politique et économique d’un gouvernement autoritaire ont ensemble ouvert un grand boulevard devant son mouvement (Groupe Justice et Bienfaisance : GJB*), devenu la principale force d’opposition au Maroc. La mise de son guide spirituel en résidence surveillée jusqu’à l'avènement du roi Mohamed VI (1999) a contribué à sa popularité.
Contrairement aux membres du PJD, les partisans de Yassine contestent la légitimité religieuse du pouvoir royal. Ils ne reconnaissent pas au roi l’Imarat al-mouminin (commanderie des croyants). À leurs yeux, le pouvoir a usurpé ce titre. Ces islamistes n'ont jamais non plus accepté les règles du jeu politique marocain. Un jeu qui exclut toute alternance au pouvoir. Ils ont à ce jour refusé de présenter des candidats «indépendants». D’ailleurs, le ministère de l’Intérieur veille au grain…
Tout en s’opposant à la violence politique comme moyen de conquête du pouvoir, le GJB est partisan de l’instauration d’un État islamique au Maroc. Il milite en faveur de l’application de la charia. S'il rejette la laïcité, il estime qu'un régime islamique a beaucoup à apprendre de la démocratie. Une idée qui se réduirait à ses yeux à une méthode pacifique de résolution des conflits et à des éléments comme le débat public, la libre expression et une presse libre. Mais cette déclaration ne l'a jamais empêché d'adopter des comportements sectaires et violents face, entre autres, à la gauche universitaire et intellectuelle chaque fois qu'il était en force.
Depuis son accession au pouvoir, Mohamed VI (1999-) a multiplié les initiatives symboliques, répressives et sociales pour contenir puis affaiblir le mouvement islamiste en général et celui de Yassine en particulier. Si le GJB est toléré, il demeure non légal.
Les salafistes jihadistes
Si le PJD et le GJB disent s’opposer à la violence politique pour fonder un régime islamique, d'autres groupes, de moindre envergure, ont sauté le pas. Ces radicaux sont affiliés à des groupuscules salafistes jihadistes très violents («Juste Voix», «Salafiya Jihadiya», «Groupe islamique combattant du Maroc»…). Ils se réclament d'imams radicaux. Pour eux, seule la violence pourrait hâter l'avènement du Califat. Ils n'ont jamais hésité à s'en prendre à tous ceux qu'ils assimilent à «l'ennemi». Après avoir assassiné plusieurs représentants subalternes de l'autorité, ils ont, le 16 mai 2003, perpétré quatre attentats simultanés à Casablanca. Faisant 44 morts et une centaine de blessés. C'était le choc au Maroc et le lancement de la chasse aux islamistes «mauvais teint». Cette répression n’a pas empêché d’autres jihadistes de comploter dans leur coin.
L’islamisme marocain est aujourd’hui vieux de quarante ans. Plusieurs facteurs ont favorisé son éclosion et son essor. Si (entre autres) la répression a permis jusqu’à un certain point son cantonnement loin du pouvoir, il reste menaçant, à cause notamment d’inégalités sociales et régionales abyssales.
* NDLR SOLIDMAR: Le nom du groupe Al Adl Wal Ihsane (العدل و الإحسان) signifie littéralement Justice et Spiritualité.

Sahara Occidental :aucune armée, aucune prison, aucun mur ne pourront les arrêter...


dernière image des 7 séquestrés


Par Diaspora Sahraouie, lundi 18/1/2010
Les sept militants sahraouis de droits de l'homme célèbrent l'entrée de la nouvelle décade dans la prison de Salé en attente d'être jugés par un tribunal militaire. Leur crime : Avoir visité les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf dans la frontière sud-ouest entre l'Algérie et le Sahara occidental.
Pourtant, le Haut Commissariat avait prévu, dans le cadre de la consolidation des mesures de confiance, d'encourager l'échange de visites des deux côtés du mur de défense marocain. Apparemment, cela n'est pas valide pour Degja Lachgar (porte-parole de l'ASVDH), Ali Salem Tamek (Vice-président du Collectif de Défenseurs Sahraouis de DH), Brahim Dahan (Président de l'ASVDH), Rachid Sghair (porte-parole du Comité contre la torture dans la ville de Dakhla), Nassiri Hamadi (Président du Comité de Défense de DH à Smara), Yahdih Tarruzi (membre du Collectif de Défenseurs de DH), Saleh Lubaihi (membre du même collectif).
Depuis leurs cellules, ils courent le risque de la peine de mort. Malgré tout, ils accueillent le nouvel an avec détermination et espoir. Ils savent que l'escalade de répression marocaine est une preuve que leur engagement non-violent porte ses fruits.

L'occupant se sent menacé par le succès du mouvement pacifiste sahraoui dont l'écho se fait sentir partout dans le monde. Les militants sahraouis accumulent les prix de reconnaissance, la solidarité internationale est de plus en plus grande et le blackout médiatique imposé par le statu quo est en train de se rompre. Ce que les autorités marocaines ne comprennent pas c'est que la lutte populaire ne peut pas s'arrêter avec leur emprisonnement. Au contraire, l'effet boomerang est garanti, comme c'était le cas de la déportation de la militante Aminatou Haidar.
En étant confinés dans la prison de Salé, dans la prison à ciel ouvert qui est devenu le territoire occupé du Sahara Occidental ou dans les villes entourées par le mur de la honte, les détentions ne vont pas les affaibilir. Au contraire, ils renforcent leur engagement de convertir l'année 2010 en année de libération moyennant la résistance populaire et désarmée contre l'occupation marocaine.
Le prix qu'ils paient ne les dissuadera pas. Ils veulent que leurs enfants, leurs familles et toute la population sahraouie ne soient pas obligés à payer le prix avec eux. Pour eux, ils doivent poursuivre la lutte pour la liberté d'expression et le droit d'autodétermination.

Les militants pacifistes sahraouis n'ont pas besoin d'armes pour faire entendre leurs voix. Leur seule arme  est la justesse de leur cause, le soutien populaire manifesté au quotidien est le garant de la victoire. Aucune armée, aucune prison, ni aucun mur ne pourront les arrêter.
                                                           
la prison à ciel ouvert....               

Eau, bien commun ou marchandise


La recolonisation post-sismique d’Haïti



par Ayman El Kayman, Coups de dent n°124, 19/1/2010
Ayiti, Haïti, île-martyre, île-flambeau de la liberté des Nègs1, première république noire de l’histoire, est en train d’expérimenter une invention qui a germé dans les cabinets du pouvoir des Maîtres du monde : la recolonisation post-sismique.
L’île, qui a été occupée par l’US Army de 1915 à 1934, est à nouveau occupée par la même armée depuis quelques jours. Les troupes yankees ont pris le contrôle de l’aéroport de Port-au-Prince et d’autres points stratégiques.
Et évidemment, l’Union européenne ne veut pas être en reste dans cette opération de recolonisation. Les Bruxellocrates se tâtent donc pour savoir s’ils vont envoyer une force de police ou bien une force de gendarmerie.


Nicolas le petit ferait bien de méditer sur l’échec cuisant subi par son Grand Modèle, Napoleone Buonaparte, dont le corps expéditionnaire fut mis en déroute par les combattants de la liberté il y a 210 ans. Victoire la plus chère de l’histoire de l’émancipation des peuples esclavagisés/colonisés puisqu’elle coûta 90 millions de francs-or à la République d’Haïti, payés en guise de dommages et intérêts à l’ancienne puissance coloniale qu’était la France en échange de sa reconnaissance de l’indépendance d’Haïti.
Et c’est cette dette infâme qui fut à l’origine de la tragédie séculaire vécue par l’île. C’est là l’origine de la « malédiction » qui frappe Haïti.
Yankees e ewopeyen : sòti Ayiti !

1-      En kréyol, Nèg veut dire tout simplement être humain

Les Marines US tuèrent plusieurs milliers de « bandits » dans les années qui suivirent l’occupation

Charlemagne Peralte, ancien officier qui avait pris la tête de la résistance armée contre l’occupation yankee, fut capturé et assassiné en 1919 par un escadron de 22 Marines grimés en Nègres, et son corps exposé dans sa ville natale de Hinche. Les photos de son corps furent distribuées dans toute l’île pour semer la terreur. Le chef de l’escadron de la mort, le sergent Herman Hanneken, fut décoré de la Médaille d’Honneur. Ce haut fait d'armes de l'US Army a longtemps été enseigné comme un exemple éclatant de guerre contre-insurrectionnelle dans les écoles militaires US. Je ne suis pas sûr qu'il ne soit plus enseigné.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à la semaine prochaine !


Mujeres mexicanas y residentes en México solidarias con el pueblo saharaui


Recientemente y por primera vez desde 1975, cuando al abandono de España de su colonia y provincia en el Sáhara Occidental siguió la guerra de Marruecos y Mauritania contra el Frente Polisario, los medios mexicanos dedicaron algunas líneas al pueblo saharaui. Los diarios, la televisión y la radio de nuestro país cubrieron la huelga de hambre de Aminetu Haidar, defensora de los derechos humanos arbitrariamente detenida y despojada de su pasaporte por el gobierno marroquí, potencia ocupante del territorio del Sáhara Occidental. La huelga de hambre de Aminetu se prolongó durante 32 días, hasta que se atendió su legítima demanda de volver a su hogar y su familia en la ciudad de El Aaiún en el Sáhara bajo ocupación militar marroquí. Sin embargo, el sufrimiento del pueblo saharaui continúa, ya sea en los campamentos de población refugiada en el desierto más inhóspito en territorio argelino, en los territorios ocupados por Marruecos o en la soledad del exilio como única opción de vida.

La represión marroquí se ha endurecido a partir del regreso de Aminetu al Sáhara Occidental y se ha cebado con las mujeres saharauis. Aminetu se encuentra prácticamente bajo arresto domiciliario, se prohibieron las manifestaciones de alegría por su retorno y se detiene y tortura a toda persona que desee acercarse a saludarla. Además, siete activistas saharauis de derechos humanos permanecen en la cárcel de Salé, al norte de Rabat, desde el 8 de octubre de 2009 como presos de conciencia: Alí Salem Tamek, Brahim Dahane, Ahmad Anasiri, Dagja Lachgar, Yahdih Ettarrouzi, Saleh Lebayhi y Rachid Sghayar. A esta lista habría que sumar los cientos de nombres de personas detenidas o desaparecidas cuyos casos han sido documentados por la Asociación de Familiares de Presos y Desaparecidos Saharauis.
Pedimos al periodismo mexicano no hacerse cómplice del olvido al que el bloqueo mediático ha condenado al pueblo saharaui. Invitamos al pueblo de México a conocer la historia del Sáhara Occidental y a manifestar su repudio a la cobarde política española que dejó trunco el último proceso de descolonización en el África, y su repudio a la política genocida y expansionista del reino marroquí contra un pueblo que lleva 34 años confiando inútilmente en el derecho internacional y sus instituciones. Las personas interesadas pueden comunicarse a la Asociación Mexicana de Amistad con la República Árabe Saharaui.

  1. Atenea Acevedo, internacionalista, traductora y escritora feminista
  2. Sandra Hernández, internacionalista
  3. Olivia Mora, diseñadora
  4. Adriana Guadalupe Velasco Arzamendi, geógrafa, Programa Oportunidades
  5. Eloína López Cano, académica, periodista y regidora del Ayuntamiento de Acapulco
  6. Asela de la Vega Verduzco, periodista, directora de Cultura Municipal
  7. Zoraida Vásquez Beveraggi, locutora y escritora
  8. María Antonieta Ávalos Tenorio
  9. Francesca Gargallo Celentani, académica y escritora
  10. Helena Scully Gargallo
  11. Érika Núñez Alcántar, reportera
  12. Reveca Enriqueta Rivera Galicia, diseñadora
  13. Yunuen Montero Salcedo
  14. Yuriria Montero Salcedo
  15. Joanna It-zel Becerra Ibarra, cooperante mexicana en los campamentos de población refugiada
  16. Ana Georgina Negrete Salinas, antropóloga
  17. Norma Salinas González, química
  18. Yolanda Bello Olvera, traductora
  19. July Méndez Tovar, locutora
  20. Martha Mora
  21. Celia Gutiérrez Reveles
  22. Michelle Chantal Iturbe Mazari, estudiante
  23. Isabel Salazar
  24. Aída Teresa Segovia Peñúñuri, catedrática universitaria de la Universidad de Guadalajara
  25. Michelle Solano
  26. Beatriz Eugenia Romero Cuevas
  27. Livia Olvera Snyder
  28. Claudia M. Salazar Villava, académica de la UAM Xochimilco
  29. Linamar Campos-Flores, editora de la Ballena de Jonás y estudiante
  30. Michèle Chauveur, librepensadora por la Luz y la Paz
  31. María de Lourdes Márquez Gómez, historiadora
  32. Mónica Peña, estudiante, Facultad de Economía, UNAM
  33. Maria Amparo Cervantes Gómez, cantante
  34. Alejandra Villalpando Rentería, psicóloga
  35. Diana Gutz, internacionalista
  36. Adriana Acevedo Gutiérrez, empresaria pyme y comerciante
  37. Elke Maria Schilling Schwerdtfeger, intérprete-traductora, voluntaria comunitaria y rescatista
  38. Maritza Macín
  39. Azucena Caballero Ruiz, química industrial
  40. Gloria Careaga, académica de la UNAM
  41. Rosario del Carmen Servin Lopez, fotógrafa y diseñadora
  42. Gema Estrada Escudero
  43. María Hernández Gómez, contadora pública
  44. Alejandra Salgado Martínez, estudiante
  45. Deyanira Pérez Hernández
  46. María del Rayo Casas Ruíz, psicóloga
  47. Monserrat Rojas Ortíz, estudiante
  48. Noemí Luna García, periodista
  49. Alejandra Ramírez Pérez, internacionalista
  50. Fernanda Ytaí Cruz Pineda, estudiante de relaciones internacionales
  51. Guadalupe Guerra
  52. Abril Abundes, Administradora de empresas
  53. Martha Maria Natalie Arrellin Rosas, Internacionalista
  54. Margarita Gutiérrez
  55. Jessica Pineda, comunicóloga
  56. Jimena Cid del Prado García de León, diseñadora industrial
  57. Zyanya Erendira López Palacios, Internacionalista
  58. Mónica Hernández Ochoa, profesora de historia
  59. Rosangela García Tufiño, Internacionalista
  60. Asociación Vida Plena Puebla
Fuente: http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9788&lg=es

La justice espagnole enquête sur un juge qui a expulsé une avocate musulmane d’une audience à cause de son hijab



par Hussein  MAJDOUBI حسين مجدوبي
19/1/2010
Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Madrid, Al Quds Al Arabi – Les autorités judiciaires espagnoles ont décidé d’ouvrir une enquête sur un juge éminent pour avoir expulsé une avocate espagnole d’origine marocaine au prétexte qu’elle portait un hijab dans une salle d’audience, et on s’attend  à ce que l’avocate en question gagne son procès, en l’absence de loi interdisant à le port du voile à des avocates.

   Le juge Gómez Bermúdez  avait expulsé le 29 octobre dernier Zoubeyda Barik Hedidi de la salle d’audience où elle remplaçait un collègue, sous prétexte que son hijab violait les lois réglementant les professions judiciaires.

Le juge lui avait demandé d’ôter son foulard si elle voulait continuer à participer à l’audience qu’il présidait, lui disant : « Cette salle est sous mon autorité. »

L’avocate a porté plainte contre le juge Bermúdez, qui est connu pour avoir présidé des procès liés au terrorisme, comme celui pour les attentats du 11 mars 2004 et celui contre ce qui a été appelé la « cellule d’Al Qaïda en Espagne », dont les membres avaient été arrêtés en novembre 2001.
De son côté, l’avocate estime que la justice espagnole n’interdit pas de porter le voile lors d’une audience, d’autant plus qu’exerçant à Madrid depuis un certain temps, elle n’a jamais été exposée à un semblable incident.

Dans la plainte qu’elle a déposée, Barik dit que la décision de l’expulser est une discrimination fondée sur l’appartenance religieuse et une violation de ses droits garantis par la loi et par la Constitution.

L’avocate avait d’abord saisi l’Audiencia nacional, qui n’a pas examiné sa plainte dans les 20 jours requis ; elle a donc été contrainte de recourir à la Cour suprême qui a accepté d’examiner  sa requête. Les experts des affaires judiciaires pensent que Zouebyda peut gagner son procès en l’absence d’une loi interdisant le port du foulard par des professionnelles de la justice en Espagne, qui est donc autorisé comme ailleurs en Europe – en Grande-Bretagne, une loi l’autorise explicitement.

Les forces politiques espagnoles évitent de se prononcer sur le thème du voile pour ne pas ouvrir la boîte de Pandore du débat sur l’intégration des immigrés, préférant laisser le soin à la justice de régler ce problème.

Mais cela n’a pas empêché de nombreux Espagnols d’exprimer leur opinion dans les journaux et sur Internet, et comme d’habitude, la plupart des commentaires sont agressifs et islamophobes, tandis que des voix raisonnables appellent à prendre en compte les « autres » cultures et religions.

Haïti, quand l'ONU épinglait la communauté internationale

Par Louis Cabanes, Bakchich, 19/1/2010

Si l’heure est aux millions accordés aux sinistrés haïtiens, des rapports de l’ONU et du ministère Haïtien de l’Environnement pointaient du doigt, il y a un an les liens entre conditions naturelles, pauvreté et inaction des États.
Toute idée de cause à effet serait exagérée et trompeuse. Le séisme qui a frappé Haïti il y a une semaine ne peut trouver d’explications dans quelques fumeuses théories qui le lieraient aux aléas du changement climatique. Il permet en revanche (tardivement) de sortir de l’ombre des documents qui pointent la corrélation si sensible entre extrême pauvreté et conditions naturelles extrêmes.
Comme le révèle un rapport du Ministère de l’environnement Haïtien de 2009, « L’expérience vécue en Haïti montre clairement qu’il y a un lien inextricable entre les changements climatiques, et le phénomène de la pauvreté » dont « les répercussions de ces phénomènes sont encore beaucoup plus sévères pour les Petits Etats Insulaires en Développement (PEID), comme Haïti, confrontés déjà à un ensemble de défis économiques et structurels ». Ce qui, rappelle le document, se « traduit concrètement dans la vie du citoyen haïtien, par la baisse considérable des revenus, les inondations dévastatrices qui emportent récoltes et vies humaines, bref, un recul de l’espérance de vie. »
Pays ou 76% de la population survit avec moins de 2 dollars par jour, classé au 149ème rang sur 182 du développement humain dressé par le PNUD, l’inaction évaluée par l’administration « pourrait coûter au pays entre 10 et 15% de son économie ». Depuis l’ouragan Jeanne en 2004 qui fit plus de 5000 morts, la Commission Nationale sur la Sécurité Alimentaire (CNSA) prévoyait pour 2009 une « augmentation exponentielle du nombre d’haïtiens qui souffriront de faim et de malnutrition ».
127 millions de dollars d’aides requis, la moitié collectée

A cet état des lieux connu de tous, le Conseil de sécurité de l’ONU, dans son rapport du 14 mars dernier, dénonçait « les insuffisances de la communauté internationale face à la série de tempêtes et d’ouragans qui a dévasté Haïti en 2008 pour répondre aux besoins humanitaires urgents du pays. » Allant jusqu’à critiquer, peu commun des langues diplomatiques, « l’appel éclair visant à mobiliser 127 millions de dollars pour apporter une assistance Humanitaire immédiate qui n’a généré qu’environ la moitié des fonds requis. » Constatant que « Trois millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire modérée ou extrême, soit près d’un tiers de la population totale du pays ». La conclusion dudit rapport sonne comme un aveu d’impuissance, à savoir que « les niveaux actuels d’extrême pauvreté sont manifestement incompatibles avec la stabilité à long terme du pays. » Le gouvernement haïtien, et son président René Préval, en prennent aussi pour leur grade, accusés de ne pas avoir « établi de plan d’action ciblé détaillant les priorités du pays en matière de développement à court, moyen et long terme. »
Un second rapport, de septembre dernier, évaluait « l’impact dévastateur d’une série d’ouragans, la gravité de la situation socioéconomique » en faisant de nouveau remarquer la défaillance de la communauté internationale dont « Les subventions mises en place après les émeutes d’avril 2008 pour faire face à la hausse des prix alimentaires et de ceux de l’énergie ont été supprimées » et qu’« Il n’existe toujours pratiquement pas de filet de protection sociale. » L’appel de l’ONU visant à récolter les 562 millions de dollars ne fera pas taire les manquements du passé.

mardi 19 janvier 2010

CCDH : Le cri de Habiba

Par Ali Fkir, 19/1/2010

Abdellatif SALEM figure dans la listes des disparus politiques. Le mercredi 13 janvier, dans sa énième tentative d'effacer de la mémoire collective les atrocités commises par l'Etat marocain (sans connaître la vérité, sans rendre justice, sans l'interpellation des bourreaux...), le CCDH, appendice du palais a annoncé que pratiquement le dossier des crimes politiques commis par l'Etat marocain (bien sûr pour le CCDH il n'y avait pas de crimes !)est pratiquement clos.
Les familles des disparus crient au scandale (famille Mehdi Ben Barka, famille El Ouassouli, famille Zeroual, famille Salem...), les milliers des victimes sont écœurées, les démocrates conséquents ne peuvent que dénoncer les tergiversations du makhzen...
Le CCDH qui ne fonctionne que sur commande ( la "farcecommande" est manipulée le plus souvent par des individus et institutions impliqués jusqu'au cou dans les crimes contre le peuple marocain en général, et contre les opposants au régime en particulier).
Le président du CCDH (nommé par le roi à la tête de cet appendice du palais) était le mercredi 13 janvier 2010 dans un état lamentable, car il savait que la pilule ne pouvait pas passer et qu'il était malgré tout de son "devoir" d'annoncer (selon les consignes des commanditaires) des énormités, des contre vérités...
- Il a commencé par réciter un verset de coran (???!!!!). Seuls les faibles font appel à des forces surnaturelles pour faire face aux difficultés concrètes.
- Il a tenté d'innocenter la gendarmerie en tant qu'appareil répressif qui avait joué le rôle principal dans la répression dans le milieu rural. Le président se devrait se rappeler les centaines de paysans pauvres, des petits artisans et autres travailleurs ittihadis qui nous racontaient en prison les crimes contre l'humanité commises par ce corps. Il suffit de faire aujourd'hui un tour du côté de Khénifra, Goulmima, Tinjdad, Figuig...pour évaluer les dégâts causés par la gendarmerie dans l'Histoire récente du Maroc.
Le premier responsable de ce corps répressif est cité par les victimes, par la justice française, par des historiens, par des politiciens. Il figure dans la liste officielle de l'AMDH concernant des individus impliqués dans les violations graves des droits humains...le président du CCDH  livre aujourd'hui à ce général un certificat de virginité. C'est scandaleux!
Les milliers des victimes organiseés au sein du FMVJ ont clairement défini lors du congrès de décembre 2009, leur position face aux tentatives délibérées de "brouillage" et de cafouillage makhzaniens, et face aux gesticulations du CCDH, l'instrument du palais.
Je reproduis ici le communiqué final du 3ème congrès du FMVJ. Il est clair et net. Ce communiqué historique est la feuille de route du comité national, du bureau exécutif et surtout de la nouvelle présidence du FMVJ. L'évaluation des activités de ces instances ne peut se faire que sur la base de ce communiqué, communiqué voté sans opposition aucune. C'est une première dans l'histoire du forum.

Le SOS de la mère du disparu Abdellatif Salem.
Honte aux "caches vrités"!!

ائلة المختطف عبد اللطيف سالم
أمه السيدة حبيبة الحكماوي
للإتصال : أخوه موسى سالم
الهاتف : 0663859967
الحقيقة لا تتجزأ
لقد أصدر المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان في موقعه الإلكتروني يوم 14 يناير 2010,تقريره حول حصيلة متابعة التوصيات الواردة في التقرير الختامي لهيئة الإنصاف و المصالحة(نونبر 2005) و الذي أوصت فيه باستكمال التحريات للكشف عن الحقيقة حول مجهولي المصير...
و جاء في تقرير المجلس أن هيئة المتابعة المكلفة من طرفه قد أجرت تحرياتها في الموضوع، و حللت المعطيات المقدمة لها من طرف السلطات المعنية بملف الاختفاء القسري,و قدمت للرأي العام نتائجها .
إننا تحن عائلة سالم عبد اللطيف، وأمام النتائج التي حملها هذا التقرير،وبعد قراءته نسجل باستغراب,أنه لم يضف جديدا للنتائج التي سبق لهيئة الإنصاف و المصالحة أن أعلنت عنها في نونبر2005و قد عبرنا آنذاك عن عدم رضانا عنها.
وبالتالي فإننا نذكرمن جهة أن اسم ابننا كان قد أدرج ضمن لائحة 112الصادرة بتاريخ 13 أكتوبر 1998 عن المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان ،مما أكد اعتراف الدولة المغربية الصريح باختطافه . وصنف حينها ضمن لائحة مجهولي المصير.
ومن جهة أخرى,يتأكد من خلال هذا التقرير- مرة أخرى- أن اسم سالم عبد اللطيف كان موجودا بين الحالات 66 التي لم تتوصل فيها هيئة الإنصاف و المصالحة إلى نتائج .تلك اللائحة التي كان يحيط بها الغموض و اللبس منذ 2005, و لم يجرؤ أحد على الكشف عن أسماء أصحابها منذ ذلك الحين.
بعد كل هذا ,تأتي لجنة المتابعة –على لسان رئيس المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان - لتزف لنا و للرأي العام بشرى غريبة:لقد أعلن السيد حرزني – بفخر و اعتزاز-في ندوته الصحافية حول مصير الحالات 66 المتعلقة بالاختفاء القسري . "أنه بقيت هناك تسع حالات فقط لم تتوصل اللجنة الى الحقيقة بشأنها كما قال، و أنها جد معقدة. و أن الباقي تم كشف الحقيقة بشأنه.
فأية حقيقة تلك التي تعلنون أنكم قد توصلتم إليها وبهذا الاعتزاز !!!!!!؟؟؟؟؟؟
إن عليكم أن تعلموا أن الحقيقة حول الاختفاء القسري لم تعد تخص الضحايا و عائلاتهم والمجتمع برمته فقط, بل إن الكشف عن مجهولي المصير مسألة تهم الرأي العام المغربي والدولي ، وإن هؤلاء بصفتهم هيآت غير حكومية هم الذين يستطيعون تقييم مستوى النتائج التي أعلنتم عنها ، ومصداقية الحقائق التي تضمنها تقريركم .
إننا نريد الحقيقة الكاملة حول مصير إبننا سالم عبد اللطيف،فهل تعتبرون مجرد نشر إسمه ضمن لائحة المتوفين أثناء الإحتجاز حقيقة ؟؟؟! ، هل هذه هي الحقيقة التي انتظرناها كل هذه العقود ؟؟؟! ، إن هذه الحقيقة المزعومة لم تكشف :
- متى وكيف وأين اختطف ، ومن هم المسؤولون عن اختطافه ،وماهو إسم المكان الذي ظل فيه إبننا مختطفا أكثر من عشرين سنة دون تهمة ودون محاكمة ، ونفي جميع السلطات قضائية وأمنية علمها بمصيره، وتأتون اليوم ببرودة دم وتقولون أنه مات أثناء الإحتجاز ، فأين هوقبره؟وأين هو رفاته ؟ وماهي الظروف والملابسات التي فارق فيها الحياة ؟.
من حقنا ومن حق الرأي العام أن نعرف كل هذا وأكثر ، إن الأمر يتعلق بروح بشرية ، والمسؤولية تستدعي منكم ذلك.
- فبالنسبة لنا ما زال مصير إبننا مجهولا ، ونحن على قناعة تامة بأنه لم يتم تحقيق جدي في قضيته لا من طرف هيئة الإنصاف والمصالحة ، ولامن طرف المجلس الإستشاري لحقوق الإنسان، هذا الأخير الذي يتحدث عن التعاون مع العائلات ، لم يسبق له أن استدعى عائلتنا .
وأخيرا فإننا نتوجه بنداء إلى منظمات حقوق الإنسان المغربية والدولية من أجل تحركها العاجل لحمل الدولة المغربية بالكشف عن مصير إبننا وعن كافة المختطفين مجهولي المصير ببلادنا ، ووضع حد للمعاناة المستمرة للعائلات أمهات وآباء وزوجات وأبناء وإخوان وأخوات...
عن عائلة المختطف عبد اللطيف سالم
أمه السيدة حبيبة الحكماوي
المنتدى المغربي من أجل الحقيقة والإنصاف
البيان العام الصادر
عن المؤتمر الوطني الثالث للمنتدى
تحت شعار "مامفاكينش" انعقد المؤتمر الوطني الثاالث للمنتدى المغربي من أجل الحقيقة والإنصاف أيام 11-12و 13 دجنبر 2009 بمدينة مراكش، وعلى مدى هذه الأيام تداول المؤتمر بروح عالية من الوعي و المسؤولية في القضايا و المساءل المطروحة عليه ،كما تمت مناقشة كافة مشاريع الأوراق المقدمة للإضافة والتعديل والمصادقة وفي ختام أشغاله أصدر المؤتمر البيان التالي:
ينعقد مؤتمرنا الوطني الثالث في سياق يتسم على المستوى الدولي بتدهور متواصل وترد خطير لمجمل أوضاع حقوق الإنسان السياسية والاقتصادية والاجتماعية والثقافية والبيئية وذلك بفعل الهجوم المتواصل من طرف الرأسمالية المعولمة المتوحشة على شعوب العالم التواقة إلى التحرر والإنعثاق.
كما ينعقد والشعوب العربية والمغاربية ترزح تحت نير الاستبداد والعداء من لدن انظمتها لأي مظهر من مظاهر حقوق الإنسان والتنكيل المستمر بالمناضلين الديمقراطيين ونشطاء حقوق الإنسان .في حين يترك الشعب الفلسطيني وحيدا في مواجهة المجازر الصهيونية وبتواطؤ من الأنظمة الرجعية والامبريالية العالمية. أما المستوى الوطني فغن الدولة متمادية في التحلل من كل التزاماتها في مجال صيانة و إعمال حقوق الإنسان، باختيارها طريق الإجهاز الممنهج على المكتسبات التي حققها الشعب المغربي بكفاحه الطويل وتضحياته الجسام ونضالات قواه الديمقراطية وحركاته الحقوقية لعقود من الزمن.
فبدل الاستجابة لتطلعات و مطالب الشعب في الحرية و الديمقراطية و العيش الكريم تصعد الدولة من وتيرة هجومها على كافة الحريات و ضرب المصالح الاقتصادية و الاجتماعية لأوسع فئات الشعب المغربي.
إن أسلوب الإجهاز الممنهج على المكتسبات يتخد أجلى صوره في المماطلة المكشوفة التي ما فتئت تنهجها الدولة تجاه المعالجة الشاملة و الطي النهائي لملف الانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان، و في التهرب المفضوح من تنفيذ توصيات هيئة الإنصاف و المصالحة كحد أدنى و تغليطها للرأي العام الوطني و الدولي بالترويج الزائف لفكرة الطي النهائي لملف الانتهاكات ، و في تكريس تولي رموز انتهاكات الماضي أرفع المسؤوليات في كل أجهزة و مؤسسات الدولة. إن مؤتمرنا إذ يعتبر أن مطالبنا الأساسية كضحايا لم تجد بعد طريقها إلى الحل و أن ملف الانتهاكات لازال مفتوحا.
و إذ يؤكد على مجمل عناصره الموضوعاتية للاستراتيجية المعتمدة من استجلاء للحقيقة و جبر الضرر الفردي و الجماعي المادي و الرمزي و قضايا الذاكرة ، و الإصلاح السياسي و المساءلة و مناهضة الإفلات من العقاب في الماضي و الحاضر و ضمان شروط عدم التكرار. يؤكد إصراره على مواصلة النضال من أجل:
- العمل على إجلاء الحقيقة كاملة و الكشف عن مصير المختطفين و مجهولي المصير، و إطلاق سراح الأحياء منهم و تسليم رفاة المتوفين لذويهم لدفنهم حسب مشيئتهم و ضمان حق العائلات في الطعن في نتائج التحليلات الجينية .
- المساءلة و مناهضة الإفلات من العقاب و تحديد المسؤوليات لتمكين الضحايا من حقهم في متابعة المسؤولين قضائيا،و إبعاد المتورطين منهم بشكل مباشر أو غير مباشر من وظائفهم و من تسيير الشأن العام.
- التسوية الفورية و الشاملة للأوضاع المادية و الاجتماعية و الإدارية لجميع الضحايا سواء منهم الذين و ضعوا طلباتهم داخل الآجال أو ألائك اللذين وضعوا الطلبات خارج تلك الآجال أو الذين لم يتمكنوا من وضع طلباتهم لسبب من الأسباب و بدون استثناء أية فئة من الضحايا و أية من المناطق المتضررة.
- العمل على حفظ الذاكرة و إنعاشها و وقف الأعمال الرامية إلى طمس معالم جرائم الماض.
- الاعتذار الرسمي للدولة ردا لاعتبار الضحايا و المجتمع .
- إنجاز إصلاحات مؤسساتية و قضائية من خلال إقرار دستور ديمقراطي لضمان عدم تكرار ما جرى.
- و إن المؤتمر إذ يسجل بامتعاض و أسف ما أبان عنه المجلس الاستشاري لحقوق الإنسان من استهتار في موضوع كشف الحقيقة و تحويل جبر الضرر الجماعي و المناطقي إلى عملية مفروغة من مضمونها الحقيقي و ربطها بما يسمى بالمبادرة الوطنية للتنمية البشرية، فإنه يحتفظ لنفسه بحق في مراجعة كل أشكال التعامل معه في متابعة ملف ضحايا الانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان ، و يقرر مقاطعة تنسيقياته في المناطق إلى أن يبدي الجدية و المصداقية في كشف الحقيقة و جبر الضرر و تفعيل توصيات الهيأة.
كما يطالب المؤتمر بإطلاق سراح كافة المعتقلين السياسيين و رفع القمع و التضييق على حرية التعبير بجميع أشكالها.
و إذ يؤكد المؤتمر استعداد المنتدى و إصراره على مواصلة النضال من أجل فرض مطالبه المشروعة و العادلة فإنه يدعو الحركة الحقوقية و القوى السياسية و النقابية الديمقراطية و التقدمية و المجتمع المدني للنضال المشترك من أجل إرساء الديمقراطية و بناء دولة الحق و القانون.
عن المؤتمر الوطني الثالث للمنتدى المغربي من أجل الحقيقة و الإنصاف
مراكش يوم 13 دجنبر .2009

Israël et la « Petite-Bretagne »

par Abdelbari  ATWAN     عبد الباري عطوان
18/1/2010
Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Le gouvernement britannique se penche actuellement sur l’introduction d’une nouvelle législation  abrogeant la compétence universelle de la justice britannique dans le cas de dignitaires étrangers accusés de crimes de guerre qui viendraient en visite. Il est prévu que le gouvernement travailliste de Gordon Brown, qui a été complice de la guerre en Irak, sur la base de mensonges fabriqués, va saisir le parlement la semaine prochaine pour faire passer ces modifications législatives avant les élections de mai prochain.

Le ministère de la Justice britannique, dirigé par l’ancien ministre des Affaires étrangères Jack Straw, veut transférer le pouvoir de délivrer des mandats d’arrêt des juges aux procureurs, sous prétexte de mettre à l’abri les dignitaires étrangers visitant la Grande-Bretagne d’une arrestation et d ‘une traduction en justice comme criminels de guerre.

Les seuls dignitaires étrangers accusés de crimes de guerre susceptibles de visiter la Grande-Bretagne sont israéliens. Les modifications législatives envisagées sont donc  faites sur mesure pour eux et sont le résultat de la campagne de pressions organisées par le gouvernement de Benjamin Netanyahou et son défenseur, le lobby juif britannique, après qu’un groupe d’avocats respectés ont demandé à un tribunal l’arrestation de Tzipi Livni, l’ancienne Première ministre israélienne accusée d’avoir commis des crimes de guerre lors de la dernière agression de son armée contre la Bande de Gaza, au début de l’année dernière.
Le chantage israélien a réussi à atteindre les résultats souhaités : en changeant la législation britannique, adoptée pour punir les nazis sur la base des Conventions de Genève et des  droits humains et sous la pression des Juifs, qui continuent à vouloir venger les victimes de l’Holocauste commis par les criminels de guerre allemands à l’époque nazie.

Plus de 70 députés ont déposé une requête à la Chambre des Communes, critiquant sévèrement ces propositions d’amendements. Ils ont été rejoints par des dizaines de lords, acteurs, écrivains et juristes souhaitant empêcher leur adoption. Ces propositions constituent en effet une insulte à la justice et aux valeurs de la démocratie occidentale.

La pétition signée par ces députés, avocats et défenseurs de droits humains dit : « Nous avons été choqués par les propositions du ministre des Affaires étrangères Ivan Lewis et du secrétaire d’État David Miliband pour modifier la législation britannique afin d’éviter à l’avenir toute tentative de poursuivre des personnes accusées d’avoir commis des crimes de guerre, qu’elles soient israéliennes ou autres, devant des tribunaux britanniques. Nous rejetons toute tentative de porter atteinte à l’indépendance de la justice britannique et tout juge disposant de preuves de crimes de guerre devrait avoir le pouvoir d ‘ordonner l’arrestation d ‘un suspect. »

Le célèbre avocat britannique John Hardy relève que l’abrogation de cette loi permettant de poursuivre les criminels de guerre est une décision politique qui constitue une ingérence dangereuse dans les droits fondamentaux des citoyens.
Ce que Hardy n’a pas dit, c’est qu’Israël et ses criminels de guerre sont au-dessus de toute loi, et que leur protection est plus importante que les droits des citoyens britanniques et que l’indépendance du pouvoir judiciaire, source de fierté et modèle pour le monde entier.

Madame Scotland, procureur général, s’est exprimée très clairement, lors d’un discours à l’Université de Jérusalem la semaine dernière : « Notre gouvernement examine en toute urgence les moyens de changer le système judiciaire afin d’éviter l’arrestation des responsables israéliens, qui devraient avoir la possibilité de visiter la Grande-Bretagne en permanence et sans entraves. »

Si les criminels de guerre étaient arabes ou du Tiers Monde, et particulièrement hostiles aux USA ou au Royaume-Uni, ces lois ne seraient pas modifiées mais appliquées sans retard, mais il semble que les criminels de guerre israéliens sont sur le point d’obtenir un blanc-seing du Royaume-Uni et de tous les pays occidentaux pour tuer qui ils veulent et quand ils veulent, des enfants de Gaza au Liban, utiliser des civils comme boucliers humains – comme indiqué dans le Rapport Goldstone – sans être craindre d’être traduits en justice.

L’odieux chantage israélien et l’humiliante soumission britannique conduiront peut-être la Grande-Bretagne à rejoindre les États du Tiers Monde et  à lui faire perdre ses meilleurs traits distinctifs civilisationnels, car ce n’est que dans les pays qui ne connaissent pas de justice indépendante ni le principe de la séparation des pouvoirs ni les traditions démocratiques occidentales, que l’on modifie les lois suite à des pressions extérieures, sans étude idoine ni clarification minutieuse fondée sur l’intérêt du pays et des citoyens.

Les lois contre les criminels de guerre ne sont pas des lois britanniques à l’origine, mais des lois universelles élaborées par le « monde libre » après la Deuxième Guerre Mondiale. Ce monde libre a enjoint tous les États à les adopter. Le Royaume-Uni n’a donc pas le droit de les modifier tout seul, car ces amendements sont contraires aux Conventions de Genève et au droit humanitaire international.

Le monde entier a pris fait et cause pour les victimes du nazisme et il a pris les dispositions nécessaires pour châtier les criminels de guerre en les traduisant en justice, ceci afin que ne se reproduisent plus leurs crimes et un Holocauste collectif. Pourquoi donc ce monde est-il de connivence avec les criminels de guerre israéliens ? Tout simplement parce que leurs victimes sont des Arabes et des Musulmans ? Cette sélectivité odieuse révèle un effondrement de la morale et des valeurs.

La Grande-Bretagne, qui prévoit de modifier sa législation cette semaine afin de protéger les criminels de guerre israéliens, prend une responsabilité morale et juridique vis-à-vis du peuple palestinien, en permettant une effusion de son sang et en donnant le feu vert pour que le carnage continue.
Le Royaume-Uni, par ce geste,  réitère son agressivité à l’encontre du peuple palestinien et continue à la persécuter, même dans son exil, en s’alignant de manière honteuse sur ses bourreaux, que la Grande-Bretagne a aidé à installer leur État sur son dos. Le gouvernement britannique, plutôt que d’expier son grand crime contre le peuple palestinien – il est responsable de ses Nakbas depuis 60 ans -, il continue encore ce crime, en fournissant une protection légale et politique à ceux qui ont pris sa terre de force et l’ont marginalisé sur la terre entière, se faisant ainsi leur complice.

Nous joignons notre voix à celles des parlementaires, politiciens, artistes, militants des droits humains et de tous les Britanniques honorables qui s’opposent à ce changement de loi visant à maintenir l’impunité pour les criminels de guerre israéliens.

Et s’il y a vraiment un besoin urgent de modification législative, ce serait pour conserver un minimum d’indépendance à la justice.
Livni, la Belle du Mossad, par Omaya Joha

lundi 18 janvier 2010

Maroc, Pays des droits de l'Homme. Des mots aux images, le Sahara Occidental (vidéo)

Par APSO, 11/1/2010
La répression contre les sahraouis est quotidienne au Sahara occidental et dans la région de Tan Tan.
La violence une pratique officielle de lâcheté courante, contre les femmes, les enfants, les hommes, valides ou handicapés.
Le mépris des Sahraouis par les autorités et par les populations est autorisé par les discours d’un autre âge d’un roi totalitaire, sans âme ni éthique.
L’intimidation est omniprésente et revêt toutes les formes, et des plus insidieuses.
De la parole marocaine officielle, autorisée ou sollicitée même, par ceux que ne veulent pas savoir comme les gouvernements européens, aux actes et aux images, voilà un montage vidéo, création et réalisation de Denis Véricel.



Egypte : Les dessous du mur de fer


Par Uri Avnery , publié le vendredi 15/1/2010


QUELQUE CHOSE de curieux, presque bizarre, se passe ces jours-ci en Egypte.



Quelque 1400 militants du monde entier s’y sont rassemblés, en route vers la Bande de Gaza. Pour l’anniversaire de la guerre “plomb durci”, ils projetaient de prendre part à une manifestation non-violente contre la poursuite du blocus qui rend insupportable la vie d’un million et demi d’habitants de la Bande.
Au même moment, des manifestations de protestation devaient se dérouler dans de nombreux pays. À Tel-Aviv aussi, une importante protestation était prévue. Le “comité de pilotage” des citoyens arabes d’Israël devait organiser une manifestation à la frontière de Gaza.
Lorsque les militants internationaux sont arrivés en Égypte, une surprise les attendait. Le gouvernement égyptien interdit leur voyage à Gaza. Leurs bus furent arrêtés dans les faubourgs du Caire et durent rebrousser chemin. Des protestataires individuels qui avaient réussi à gagner le Sinaï dans des bus réguliers en furent extraits. Les forces de sécurité égyptiennes menèrent une véritable chasse aux militants.
Les militants en colère firent le siège de leurs ambassades au Caire. Sur la rue en face de l’ambassade de France, un camp de tentes surgit et fut bientôt encerclé par la police égyptienne. Des protestataires américains se rassemblèrent devant leur ambassade et exigèrent de voir l’ambassadeur. Plusieurs protestataires de plus de 70 ans entamèrent une grève de la faim. Partout, les protestataires furent stoppés par des unités d’élite égyptiennes en tenue anti émeute complète, tandis que des camions rouges équipés de canons à eau se tenaient en embuscade derrière eux. Les protestataires qui essayèrent de se rassembler dans le Square Tahrir (libération) furent traités sans ménagement.
À la fin, après une rencontre avec l’épouse du président, on trouva une solution typiquement égyptienne : cent militants furent autorisés à se rendre à Gaza. Les autres restèrent au Caire déconcertés et frustrés.
PENDANT QUE LES manifestants faisaient le pied de grue dans la capitale égyptienne en essayant de trouver le moyen d’exprimer leur colère, Benjamin Netanyahou était reçu dans le palais présidentiel au cœur de la ville. Ses hôtes ne lésinèrent pas pour louer et célébrer sa contribution à la paix, spécialement le “gel” de l’activité de colonisation en Cisjordanie, un geste bidon qui ne concerne pas Jérusalem-Est.
Hosni Moubarak et Netanyahou se sont rencontrés dans le passé – mais pas au Caire. Le président égyptien avait toujours insisté pour que la rencontre ait lieu à Charm-el-Sheikh, aussi loin que possible des centre de population égyptienne. L’invitation au Caire était donc la marque significative de relations de plus en plus proches.
En guise de cadeau spécial à Netanyahou, Moubarak accepta de permettre à des centaines d’Israéliens de venir en Égypte prier sur la tombe de Rabbi Yaakov Abu-Atzeira qui mourut et fut enterré dans la ville égyptienne de Damanhur il y a 130 ans, alors qu’il se rendait du Maroc en Terre Sainte.
Il y a dans cela quelque chose de symbolique : le blocage des protestataires pro-Palestiniens en route vers Gaza au moment même où des Israéliens étaient invités à Damanhour.
ON POURRAIT bien se poser des questions sur la participation égyptienne au blocus de la Bande de Gaza.
Le blocus a commencé longtemps avant que la guerre de Gaza ait transformé la Bande en ce que l’on a décrit comme “la plus grande prison sur la terre”. Le blocus s’applique à tout sauf aux médicaments essentiels et aux denrées alimentaires les plus élémentaires. Le sénateur des États-Unis John Kerry, ancien candidat à la présidence, a été choqué d’entendre que le blocus s’appliquait aux pâtes alimentaires – l’armée israélienne dans sa sagesse a qualifié les nouilles de produit de luxe. Le blocus s’applique à tout – depuis les matériaux de construction jusqu’aux cahiers pour les écoliers. Sauf dans les cas humanitaires les plus extrêmes, personne ne peut se rendre de la bande de Gaza en Israël ou en Cisjordanie, et réciproquement.
Mais Israël ne contrôle que trois côtés de la Bande. Les frontières nord et est sont bloquées par l’armée israélienne, la frontière ouest par la marine israélienne. La quatrième frontière, celle du sud, est contrôlée par l’Égypte. Par conséquent, le blocus serait inefficace sans la participation égyptienne.
À l’évidence, cela n’a pas de sens. L’Égypte se considère comme le leader du monde arabe. C’est le pays arabe le plus peuplé, situé au centre du monde arabe. Il y a cinquante ans le président de l’Égypte, Gamal Abd-el-Nasser, était l’idole de tous les Arabes, en particulier des Palestiniens. Comment l’Égypte peut-elle collaborer avec “l’ennemi sioniste”, comme les Égyptiens appelaient alors Israël, en mettant un million et demi de frères arabes à genoux ?
Jusqu’à une époque récente, le gouvernement égyptien était resté attaché à une solution qui illustre le vieux sens politique égyptien six fois millénaire. Il participait au blocus mais fermait les yeux sur les centaines de tunnels creusés sous la frontière qui sépare l’Égypte de Gaza, par lesquels s’écoulaient les approvisionnements de la population de Gaza (à des prix exorbitants et avec de gros bénéfices pour les commerçants égyptiens), ainsi que le flux d’armes. Les gens aussi les empruntaient, depuis les militants du Hamas jusqu’aux futures mariées.
Ceci est sur le point de changer. L’Égypte a commencé à construire un mur de fer – littéralement – sur toute la longueur de la frontière avec Gaza, consistant en pieux d’acier enfoncés profondément dans le sol de façon à condamner tous les tunnels. Cela finira par étrangler les habitants.

Lorsque le sioniste le plus extrémiste, Vladimir Ze’ev Jabotinsky, écrivait il y a 80 ans sur l’érection d’un “mur de fer” contre les Palestiniens, il n’imaginait pas que des Arabes feraient précisément cela.
POURQUOI les Égyptiens font-ils cela ?
Il y a plusieurs explications. Les cyniques observent que le gouvernement égyptien reçoit une subvention américaine considérable chaque année – presque deux milliards de dollars – avec la permission d’Israël. Cela a commencé en récompense du traité de paix égypto-israélien. Le lobby pro-israélien aux États-Unis peut y mettre fin à tout moment.
D’autres pensent que Moubarak a peur du Hamas. L’organisation a démarré comme la branche palestinienne des Frères Musulmans qui restent la principale opposition à son régime autocratique. L’axe Le Caire-Riyad-Amman-Ramallah fait contrepoids à l’axe Damas-Gaza allié lui-même à l’axe Téhéran-Hezbollah. Beaucoup pensent que Mahmoud Abbas trouve un intérêt au renforcement du blocus de Gaza pour affaiblir le Hamas.
Moubarak est en colère contre le Hamas qui refuse de faire ses quatre volontés. Comme ses prédécesseurs, il exige que les Palestiniens obéissent à ses ordres. Le président Abd-el-Nasser était fâché avec l’OLP (organisation qu’il avait créée pour assurer un contrôle égyptien sur les Palestiniens, contrôle qui lui échappa lorsque Yasser Arafat prit le pouvoir). Le Président Anouar el Sadate s’emporta contre l’OLP pour avoir refusé l’accord de Camp David qui promettait aux Palestiniens une simple “autonomie”. Comment les Palestiniens, un peuple petit et opprimé, ose-t-il refuser le “conseil” du Grand Frère ?
Toutes ces explications ont leur logique et pourtant l’attitude du gouvernement égyptien reste étonnante. Le blocus égyptien de Gaza détruit les vies d’un million et demi d’êtres humain, hommes et femmes, vieillards et enfants, qui pour la plupart ne sont pas des militants du Hamas. Cela se fait publiquement, aux yeux de centaines de millions d’Arabes, d’un milliard et deux cent cinquante millions de musulmans. En Égypte même, des millions de gens éprouvent de la honte en raison de la participation de leur pays à ce qui affame leurs amis arabes.
C’est une politique très dangereuse. Pourquoi Moubarak la mène-t-il ?
LA VÉRITABLE réponse est, probablement, qu’il n’a pas le choix.
L’Égypte est un pays très fier. Quiconque est allé en Égypte sait que même le plus pauvre des Égyptiens est rempli d’orgueil national et se sent facilement insulté lorsque l’on porte atteinte à sa dignité nationale. Cela est encore apparu il y a quelques semaines, lorsque l’Égypte a perdu un match de football contre l’Algérie et a réagi comme si elle avait perdu une guerre.
Soldats, du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent” déclara Napoléon à ses soldats à la veille de la bataille du Caire. Chaque Égyptien a conscience que 6000 – certains disent 8000 – années d’histoire les contemplent en permanence.
Ce profond sentiment se heurte à la réalité à un moment où la situation de l’Égypte devient de plus en plus misérable. L’Arabie Saoudite a plus d’influence, le petit Dubai est devenu un centre financier international, l’Iran est en train de devenir une puissance régionale beaucoup plus importante. Au contraire de l’Iran où les ayatollahs ont appelé les familles à limiter leur progéniture à deux enfants, le taux de natalité égyptien est en train de tout engloutir condamnant le pays à une pauvreté permanente.
Autrefois, l’Égypte réussissait à compenser ses faiblesses internes par des succès extérieurs. Le monde entier considérait l’Égypte comme le leader du monde arabe et la traitait en conséquence. Ce n’est plus le cas.
L’Égypte est dans une mauvaise situation. Voilà pourquoi Moubarak n’a pas d’autre choix que de suivre les injonctions des États-Unis – qui sont en fait des injonctions israéliennes. C’est la véritable explication de sa participation au blocus.
LORSQUE j’ai pris la parole aujourd’hui à la manifestation de Tel-Aviv, après que nous eussions défilé dans les rues pour protester contre le blocus, j’ai évité de faire état de la participation égyptienne à ce blocus.
J’avoue que j’ai beaucoup aimé les gens que j’ai rencontrés au cours de mes visites en Égypte. L’“homme de la rue” est très accueillant. Dans leur comportement les uns à l’égard des autres, il y a une ambiance de tranquillité, une absence d’agressivité, un sens de l’humour spécifique aux Égyptiens. Même les plus pauvres restent dignes dans des conditions de surpeuplement et de misère. Je ne les ai pas entendus se plaindre. Tout au long des milliers d’années de leur histoire, les Égyptiens ne se sont pas révoltés plus de trois ou quatre fois.
Cette patience légendaire comporte aussi son côté négatif. Lorsque les gens acceptent leur sort, cela peut aussi être un obstacle au progrès économique, social et politique.
Il semble que le peuple égyptien soit prêt à tout accepter. Depuis les pharaons des temps anciens jusqu’au pharaon actuel, leurs dirigeants ont rencontré peu d’opposition. Mais un jour peut arriver où l’orgueil national triomphera même de cette patience.
En tant qu’Israélien, je proteste contre le blocus israélien. Si j’étais égyptien, je protesterais contre le blocus égyptien. Comme citoyen de cette planète, je proteste contre les deux.
Article écrit en hébreu et en anglais le 2 janvier 2010, publié sur le site de Gush ShalomTraduit de l’anglais “The Iron Wall” pour l’AFPS : FLPHL

La lectrice de barils


Les pays pauvres
- La pauvreté, mon fils, c'est ton destin. Ton faible revenu le restera. Ton chemin est barré, barré.Et le pétrole, mon fis, il restera à un prix élevé.

(Allusion à un poème de Nizar Qabbani, "La lectrice de tasses de café")
Dessin de Emad Hajjaj, Al Quds Al Arabi, 18/1/2010

Le CCDH confisque d'importantes informations sur l'organisation Abnaa Mohamed Elkhamis

Une déclaration sérieuse et véridique
Par Mohamed Nouri,11/1/2010
Nous sommes des anciens membres d’une ex organisation d’un parti de la résistance marocaine « Monadamat Abnaa Mohamed El Khamis » créé en 1954, les sacrifiés pour combattre le colonialisme qui avait exilé notre père spirituel le sultan Mohamed ben Youssef et la liberté du pays.
Malheureusement après la victoire, le retour du roi sur son trône, l’indépendance du royaume et la création du premier gouvernement, nous avons été les victimes ciblées d’un comité exécutif d’un parti politique unique et autoritaire qui en 1956 nous accusait d’être une bande de criminels dangereux et armés contre le pouvoir et le sultan. Au lieu de recevoir de la considération et de la reconnaissance comme héros de l’indépendance, nous avons connu les kidnappings, les assassinats, les emprisonnements à tort, des tortures à mort, des transfèrements de prison en prison sans condamnation ni jugement, la prison civile de Casablanca, la maison centrale de Kenitra et la prison civile de Rabat .
Par leur volonté, nos mères courageuses, des femmes vaillantes qui avaient fait la grève de faim pendant trois jours et trois nuits devant le palais royal à Rabat, ont pu être reçues par le roi Mohamed V et plaider l’innocence de leurs enfants encore mineurs qui avaient donné leurs vies pour son retour et la liberté du pays, et qui aujourd’hui sont traités comme des criminels .
Quand le sultan a eu connaissance de toute la vérité, il a ordonné de nous libérer d’urgence et sans jugement .
En 2004/2005, nous avons déposé nos dossiers au bureau de l’Instance Équité et Réconciliation comme tous ceux qui étaient déprimés et maltraités, sous les numéros : Nouri 28399, Soufi30231, Fakir 30011, Bouzakri36500, Choukri 28402 et la veuve Mouzoune sans numéro.
En 2007, nous avons transformé le journal confidentiel de l’organisation Abnaa Mohamed Elkhamis en un ouvrage de 32 chapitres et 165 pages, afin qu’il soit imprimé, édité et publié par la maison d’édition LULU.COM en Angleterre à Londres. Nous avons présenté une copie à un cadre administratif du bureau du C.C.D.H à Rabat, Mr Moussadak Abdelhak qui l’a confisqué sans aucune raison .
Nous avons dépassé les 74 ans. Nous sommes des retraités sans aucune défense ni protection. Notre ambition et notre espoir sont de lutter pour trouver une justice, une considération et une reconnaissance en souhaitant que notre histoire soit à l’avenir connue par tous les Marocains du monde
Notre émail : monadamat.abnaamed5@gmail.com

Comment l'ignorance et la mauvaise foi peuvent saboter un beau projet généreux !



Une solidarité aux Sahraouis bien malmenée, à Lyon
Par Amis du Peuple du Sahara Occidental, 17/1/2010

C’est un engrenage aberrant qui risque de saboter un élan de solidarité d’une jeunesse que l’on préfère stigmatiser. Un article dans le Progrès de Lyon, très mal documenté et comportant de grossières erreurs est à l’origine d’une intervention politique intrusive et sans aucun respect pour les jeunes et leurs familles.
8 jeunes filles des Pentes de la Croix Rousse, à Lyon, faisaient des « chantiers » pour financer des projets. Ce dispositif est destiné à aider les jeunes dont les familles sont en difficulté. Le partenaire est alors le centre social Grand’côte, qui défend les valeurs de l’éducation populaire, de la solidarité, du respect de la dignité humaine…
Avec l’argent qu’elles « gagnaient », les jeunes filles ont décidé d’orienter leurs actions vers la solidarité, à l’aide d’autres plus démunies qu’elles.
Interpellées par ce qu’elles avaient entendu lors d’une conférence et une exposition sur les Sahraouis réfugiés, elles ont voulu agir avec l’admirable sincérité d’engagement de la jeunesse.
L’histoire est devenu un projet d’aller partager une semaine avec les jeunes réfugiés de la willaya de El Aaiun, près de Tindouf, dans le sud ouest algérien. Elles voulaient voir sur place les écoles et les collèges, connaître la vie, les rêves et difficultés de ces jeunes réfugiés. Ce que l’on appelle aussi un échange culturel, sportif et solidaire.
Elles avaient prévu d’être utiles et d’aider à repeindre une classe d’une école primaire, de se joindre aux quelques 600 participants attendus dans les campements pour le Sahara marathon le 22 février, et représenter la France.
C’est une aventure dont les familles soutenaient toutes les initiatives. Et c’est même avec beaucoup de réalisme qu’après avoir construit et écrit leur projet, les jeunes filles ont fait le parcours impressionnant des demandes de soutien financier auprès de différentes institutions, le Prodij de la ville de Lyon, Envie d’agir de jeunesse et sport, l’aide aux projets citoyens de la région Rhône alpes. Partout elles ont reçu un accueil favorable et des soutiens financiers.


L’article paru peu de temps avant la dernière réunion de préparation, celle des visas et autres détails administratifs, a déclenché le sabotage.
Le journaliste ne fait pas de différence entre la zone des campements de réfugiés et le Sahara Occidental. Il ne sait pas la différence entre ces villes portant le même nom des deux côtés du mur de 2700 kilomètres, bordé du plus grand champ de mines qui coupe le Sahara Occidental en deux.*
Il ne sait pas que le Pays, territoire non autonome selon l’ONU s’appelle le Sahara Occidental et ses habitants les Sahraouis.
Il ne sait pas que les jeunes filles veulent partir dans les campements de réfugiés en Algérie, où ONG, individus solidaires, vont et viennent sans cesse en toute sécurité.
Le Préfet de Lyon ou ses services sont tout aussi ignorants, puisque le préfet s’est autorisé à contacter le bureau du centre social, qui oublieux de ces valeurs politiques et son devoir de s’informer, a demandé la suspension du projet pour des raisons de sécurité, ingérence autoritaire, ignorante et de mauvaise foi !
Voilà ce que devient la solidarité quand des jeunes filles dites « de quartier » s’élèvent en connaissance et valeur au-dessus des censés bien-pensants…

* NDLR :Il y a 35 ans, pour fuir les bombardements au napalm et au phosphore blanc lors de la "conquête" du Sahara Occidental par l'armée marocaine, une bonne partie de la population  Sahraouie s'est réfugiée dans le sud-ouest algérien désertique près de Tindouf, où elle s'est organisée en campements. Chaque campement a pris le nom d'une ville occupée.