Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est Recolonisation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Recolonisation. Afficher tous les articles

mardi 10 décembre 2013

Cinquante ans de fiasco de la « Françafrique »




Par LE MONDE, 4/12/3013
Jacob Zuma, président sud-africain, sera absent du sommet parisien convoqué par François Hollande à Paris les 6 et 7 décembre. Cela montre bien qu'il s'agit d'une de ces manifestations dont la Françafrique a le secret depuis cinquante ans : allégeance et préparation d'intervention militaire. Il en est d'autres : manipulation des opinions dans l'urgence, instrumentalisation des institutions internationales obéissent à des rituels réglés dont ni les observateurs extérieurs, ni les citoyens africains ne sont dupes !
Que n'a-t-on entendu encore récemment à propos de la Centrafrique, de la « somalisation » du pays à un début de « génocide » jusqu'à la « guerre contre le terrorisme » à venir à Bangui. Le Quai d'Orsay doit-il vraiment employer un vocabulaire aussi approximatif qu'irresponsable pour soutenir une politique d'interventions militaires ?

MANIPULATIONS DES SERVICES

A chaque fois, l'instrumentalisation des rébellions, les campagnes médiatiques, les manipulations des services précèdent le corps expéditionnaire. Un curieux unanimisme idéologique apparaît : éditorialistes va-t-en-guerre, « chercheurs » instrumentalisés, politiques suivant aveuglément la dernière aventure coloniale.

Une des étranges coutumes de ces guerres africaines semble venir d'un déni public qui relèverait de la psychanalyse collective : non, « ce n'est pas une aventure coloniale » ; oui, la « Françafrique est finie depuis longtemps » ; non, « cette fois c'est autre chose ». Unanimisme troublant qui, relu rétrospectivement, renvoie à l'étonnement sur ceux qui, à chaque fois, profèrent les mêmes billevesées. L'essentiel est là : 50 interventions militaires françaises en Afrique subsaharienne en cinquante ans !
Et ce, dans une grande continuité sarko-hollandiste, dans la lignée du « mollétisme » en Algérie, avec des innovations qui sont autant de régressions idéologiques. Certes la permanence d'hommes du « complexe militaro-colonial » aux postes-clés de l'armée et de l'Etat explique nombre de ces recommencements. Mais ces interventions entraînent la France dans une sorte de recolonisation accélérée, qui, par ses formes et sa dynamique, singularise notre pays par rapport aux autres puissances en Afrique.
Ce qui se passe au Mali n'est que la conséquence de la catastrophique intervention libyenne, aussi mal pensée qu'agie. Que dire de celle en Côte d'Ivoire, bombardant présidence et résidence, envoyant les forces spéciales arrêter Laurent Gbagbo, si ce n'est que depuis l'Algérie et le Cameroun, on n'a vu pareille opération, aux conséquences géopolitiques encore à venir ?
Car, selon l'expression du politologue Bertrand Badie, le risque à terme, devant la faillite d'Etats qu'on soutient militairement en obérant leur peu de légitimité péniblement acquise, est bien qu'ils cherchent dans un transfert violent vers le religieux une alternative au modèle en échec, et qu'ils se transforment en « sociétés guerrières ».
METTRE FIN À L'INADMISSIBLE
Ce qui paraît évident aux observateurs extérieurs, et qui, par autisme « françafricain », semble ignoré par les élites françaises… Croit-on que c'est par lâcheté ou ignorance que pas un seul grand pays européen n'a accompagné nos armées en Côte d'Ivoire, au Mali ou en Centrafrique ? De telles interventions sont impensables par exemple pour la Grande-Bretagne au Zimbabwe ou au Kenya.
 Jusqu'à quand abusera-t-on des expéditions militaires en terre africaine ? Quand retirera-t-on les bases françaises en Afrique que nous sommes les seuls parmi les Etats occidentaux à maintenir ?
Sans doute quand les princes qui nous gouvernent y seront obligés sous les pressions diplomatiques extérieures et les opinions panafricaines déterminées à mettre fin à l'inadmissible : cent cinquante ans de domination militaire et d'exploitation violente sous des formes diverses mais avec des résultats similaires – maintien de dictatures ou de « démocratures » savamment instaurées, entretenues, louangées. Demain, à l'Elysée, seront encore une fois reçus les autocrates, parfois héréditaires, des néocolonies africaines.recolon
François Hollande a le choix : s'inscrire dans cette continuité anachronique ou aider les peuples africains à se libérer ! Et si le départ des bases françaises doit se faire, un encouragement public aux démocrates africains, aux diasporas militantes et aux panafricanistes peut contribuer à faire tomber les honteuses tyrannies africaines d'influence française. Un changement maintenant est là aussi possible.
Michel Galy (Politologue, professeur de géopolitique à l'Institut des relations internationales (Ileri, Paris)) 
http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/12/12/nelson-mandela-est-mort-mais-l-apartheid-est-

mercredi 20 janvier 2010

La recolonisation post-sismique d’Haïti



par Ayman El Kayman, Coups de dent n°124, 19/1/2010
Ayiti, Haïti, île-martyre, île-flambeau de la liberté des Nègs1, première république noire de l’histoire, est en train d’expérimenter une invention qui a germé dans les cabinets du pouvoir des Maîtres du monde : la recolonisation post-sismique.
L’île, qui a été occupée par l’US Army de 1915 à 1934, est à nouveau occupée par la même armée depuis quelques jours. Les troupes yankees ont pris le contrôle de l’aéroport de Port-au-Prince et d’autres points stratégiques.
Et évidemment, l’Union européenne ne veut pas être en reste dans cette opération de recolonisation. Les Bruxellocrates se tâtent donc pour savoir s’ils vont envoyer une force de police ou bien une force de gendarmerie.


Nicolas le petit ferait bien de méditer sur l’échec cuisant subi par son Grand Modèle, Napoleone Buonaparte, dont le corps expéditionnaire fut mis en déroute par les combattants de la liberté il y a 210 ans. Victoire la plus chère de l’histoire de l’émancipation des peuples esclavagisés/colonisés puisqu’elle coûta 90 millions de francs-or à la République d’Haïti, payés en guise de dommages et intérêts à l’ancienne puissance coloniale qu’était la France en échange de sa reconnaissance de l’indépendance d’Haïti.
Et c’est cette dette infâme qui fut à l’origine de la tragédie séculaire vécue par l’île. C’est là l’origine de la « malédiction » qui frappe Haïti.
Yankees e ewopeyen : sòti Ayiti !

1-      En kréyol, Nèg veut dire tout simplement être humain

Les Marines US tuèrent plusieurs milliers de « bandits » dans les années qui suivirent l’occupation

Charlemagne Peralte, ancien officier qui avait pris la tête de la résistance armée contre l’occupation yankee, fut capturé et assassiné en 1919 par un escadron de 22 Marines grimés en Nègres, et son corps exposé dans sa ville natale de Hinche. Les photos de son corps furent distribuées dans toute l’île pour semer la terreur. Le chef de l’escadron de la mort, le sergent Herman Hanneken, fut décoré de la Médaille d’Honneur. Ce haut fait d'armes de l'US Army a longtemps été enseigné comme un exemple éclatant de guerre contre-insurrectionnelle dans les écoles militaires US. Je ne suis pas sûr qu'il ne soit plus enseigné.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à la semaine prochaine !