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dimanche 28 juillet 2013

Aucun texte n'oblige la femme à se couvrir la chevelure


«Je n'ai trouvé aucun texte qui oblige la femme à se couvrir la chevelure. Le combat que les musulmans ont mené pour le port du voile me désole, parce qu'il donne une image négative de la façon dont l'islam perçoit la femme», a déclaré Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, dans une interview accordée à L’Express. 
 Religieux érudit, cet imam français d’origine marocaine prône un islam moins «tape-à-l’œil» et appelle à un ajustement des pratiques rituelles avec les réalités de la société. «Cette tendance à tout ritualiser conduit certains fidèles à parler plus de la pratique que de Dieu lui-même», regrette-t-il. 
Ce fils d'instituteur marocain, élevé aux confluents de la tradition musulmane et de la modernité occidentale, n'hésite pas à s'en prendre aux «ignares qui déterminent aujourd'hui ce qui est orthodoxe». Auteur du livre Un imam en colère, Oubrou dénonce vivement «l’islam d’apparence», affirmant que le plus important n’est ni le look ni la tenue vestimentaire, mais plutôt la foi. «On est musulman lorsqu'on a la foi ; c'est la grâce de Dieu qui sauve.
 Les pratiques cultuelles, elles, sont aménageables», martèle-t-il, estimant que l’islam est «une religion qui évolue avec la société». Il considère, à titre indicatif, que les prières peuvent être effectuées après le travail et que le jeûne du Ramadan peut être reporté en cas de maladie. Pour lui, l’islam se trouve confronté à un vrai problème, celui des comportements qui relèvent de l'éthique personnelle et qui sont devenus des marqueurs pour beaucoup de musulmans : manger halal, porter le voile, etc. «Avec le halal, nous ne sommes pas dans le sacré. Le fidèle a seulement pour obligation d'alléger au maximum la souffrance de l'animal», explique-t-il. Il assure en bon théologien que le hijab et ses dérivés (niqab, foulard, burqa…) n’ont absolument rien de sacré. Tareq Oubrou appelle les musulmans à ne pas confondre religion et identité. Il demande aux musulmans de renoncer «à une certaine visibilité» pour redorer leur blason. «Il faut que les musulmans puissent accorder leurs gestes à leur foi sans perturber le fonctionnement de la société par des revendications outrancières, quitte à renoncer à une certaine visibilité», estime cet imam qui a mené une vaste réflexion théologico-canonique sur les conditions de l'expression et de la pratique musulmane dans un espace sécularisé.

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mercredi 20 janvier 2010

La justice espagnole enquête sur un juge qui a expulsé une avocate musulmane d’une audience à cause de son hijab



par Hussein  MAJDOUBI حسين مجدوبي
19/1/2010
Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Madrid, Al Quds Al Arabi – Les autorités judiciaires espagnoles ont décidé d’ouvrir une enquête sur un juge éminent pour avoir expulsé une avocate espagnole d’origine marocaine au prétexte qu’elle portait un hijab dans une salle d’audience, et on s’attend  à ce que l’avocate en question gagne son procès, en l’absence de loi interdisant à le port du voile à des avocates.

   Le juge Gómez Bermúdez  avait expulsé le 29 octobre dernier Zoubeyda Barik Hedidi de la salle d’audience où elle remplaçait un collègue, sous prétexte que son hijab violait les lois réglementant les professions judiciaires.

Le juge lui avait demandé d’ôter son foulard si elle voulait continuer à participer à l’audience qu’il présidait, lui disant : « Cette salle est sous mon autorité. »

L’avocate a porté plainte contre le juge Bermúdez, qui est connu pour avoir présidé des procès liés au terrorisme, comme celui pour les attentats du 11 mars 2004 et celui contre ce qui a été appelé la « cellule d’Al Qaïda en Espagne », dont les membres avaient été arrêtés en novembre 2001.
De son côté, l’avocate estime que la justice espagnole n’interdit pas de porter le voile lors d’une audience, d’autant plus qu’exerçant à Madrid depuis un certain temps, elle n’a jamais été exposée à un semblable incident.

Dans la plainte qu’elle a déposée, Barik dit que la décision de l’expulser est une discrimination fondée sur l’appartenance religieuse et une violation de ses droits garantis par la loi et par la Constitution.

L’avocate avait d’abord saisi l’Audiencia nacional, qui n’a pas examiné sa plainte dans les 20 jours requis ; elle a donc été contrainte de recourir à la Cour suprême qui a accepté d’examiner  sa requête. Les experts des affaires judiciaires pensent que Zouebyda peut gagner son procès en l’absence d’une loi interdisant le port du foulard par des professionnelles de la justice en Espagne, qui est donc autorisé comme ailleurs en Europe – en Grande-Bretagne, une loi l’autorise explicitement.

Les forces politiques espagnoles évitent de se prononcer sur le thème du voile pour ne pas ouvrir la boîte de Pandore du débat sur l’intégration des immigrés, préférant laisser le soin à la justice de régler ce problème.

Mais cela n’a pas empêché de nombreux Espagnols d’exprimer leur opinion dans les journaux et sur Internet, et comme d’habitude, la plupart des commentaires sont agressifs et islamophobes, tandis que des voix raisonnables appellent à prendre en compte les « autres » cultures et religions.