Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

vendredi 2 octobre 2009

Affaire Ben Barka : 4 mandats d'arrêt diffusés

Par AFP, 2/10/2009
Quatre mandats d’arrêt internationaux, dont l’un vise le chef de la Gendarmerie royale marocaine, ont été diffusés par Interpol en lien avec l’enquête en France sur la disparition, en 1965, de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka, a-t-on appris, hier, de source proche du dossier.
Ces mandats concernent le général Hosni Benslimane, aujourd’hui chef de la Gendarmerie royale marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien chef des services de renseignement, Miloud Tounzi, membre présumé du commando qui a enlevé l’opposant et Abdelhak Achaâchi, ancien agent du Cab 1, une unité d’élite des services secrets, a précisé la même source. La diffusion de ces mandats d’arrêt fait suite à un récent feu vert donné par le ministère français de la Justice, selon cette source.
Ils avaient déjà été signés par le juge d’instruction du tribunal de grande instance de Paris en charge de cette enquête, Patrick Ramaël, en octobre 2007, mais la chancellerie n’avait pas alors donné son accord pour diffusion. Depuis, d’autres éléments d’information ayant été recueillis, la justice française vient de donner son feu vert à la diffusion, effectuée aussitôt par le bureau central national (français) d’Interpol, selon cette source proche du dossier. Mehdi Ben Barka a disparu le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp, à Paris, lors d’une opération attribuée aux services marocains du roi Hassan II, avec la complicité de policiers et de truands français. Son corps n’a jamais été retrouvé.



Par Matthieu RABECHAULT (AFP) –

Deux ans après leur signature par le juge enquêtant sur la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka en 1965 à Paris, quatre mandats d'arrêts internationaux, visant notamment le chef de la gendarmerie marocaine, ont été diffusés ces derniers jours par Interpol.Ces mandats, signés par le juge parisien Patrick Ramaël le 22 octobre 2007 au premier jour d'une visite d'Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc, ont été notifiés ces derniers jours par Interpol, selon une source proche du dossier.
Ils visent le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien patron de la Direction générale des études et de la documentation (DGED, renseignements militaires), Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, l'un des membres présumés du commando marocain auteur de l'enlèvement, Abdlehak Achaachi, agent du Cab 1, une unité secrète des services marocains."Ces mandats avaient été diffusés à l'époque sur le territorial national mais avaient été bloqués au niveau européen et mondial", a expliqué à l'AFP l'avocat de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin.Leur diffusion récente à Interpol, via le Bureau central (français) d'Interpol, fait suite à un récent feu vert du ministère français de la Justice, selon la source proche du dossier. Elle intervient alors que le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux est revenu mardi d'une visite de trois jours au Maroc, notamment pour des entretiens avec son homologue marocain Chakib Benmoussa.
Concrètement, à la suite du feu vert du ministère de la Justice, Interpol a relayé ces mandats d'arrêts au niveau international sous la forme d'"avis de recherche internationaux à des fins d'extradition" , communément appelés "red notices". Leur conséquence immédiate est que les personnes visées courent le risque d'être arrêtées dès qu'elles quittent le territoire marocain. Le juge Ramaël avait émis cinq mandats d'arrêts en octobre 2007, mais le cinquième, visant un autre membre de Cab 1, n'a pas été relayé au niveau international en raison d'un problème de vérification d'identité, a confié une source proche du dossier.
Leur émission en pleine visite présidentielle au Maroc avait plongé la délégation française dans l'embarras. Nicolas Sarkozy s'était retranché derrière le fait que la justice était "indépendante" .Elle visait, selon Me Buttin, avocat de la famille depuis 44 ans, à "réveiller les esprits endormis" sur une affaire qui "fait partie des relations entre la France et le Maroc". Ben Barka, chef de file de l'opposition marocaine en exil et figure emblématique du tiers-mondisme, a disparu le 29 octobre 1965, devant la brasserie Lipp à Paris (VIe), lors d'une opération menée par les services marocains du roi Hassan II avec la complicité de policiers et de truands français.
Cette affaire retentissante qui avait marqué les débuts de la Ve République n'a jamais été totalement élucidée malgré deux instructions judiciaires: le corps de Ben Barka n'a toujours pas été retrouvé et les conditions de sa mort n'ont pas été établies.
Commentaires
Par Ali Fkir, 1/10/2009
Radi et Herzeni n'ont d'autre choix que
- de peser de leurs "poids" dans le giron du makhzen pour faire triompher la justice
- ou bien de démissionner.
En dehors de ces deux possibilités c'est la trahison pure et simple Le ministère de la justice dirigé par Abdelwahad Radi, le dirigeant du parti du martyr Mehdi Ben Berka, le CCDH dirigé par Ahmed Herzeni ancien dirigeant de l'organisation "linakhdoum Achaâb", jadis très proche de l'aile révolutionnaire du parti du martyr de Mehdi Ben Berka, doivent prendre leurs responsabilités et contribuer positivement à l'arrestation des marocains impliqués dans l'enlèvement du militant Ben Barka.
par Azim Moslih
Je pense que tu rêves éveillé. Sois sûr que ni l'un, ni l'autre ne lèveront le petit doigt pour lever cette injustice. D'ailleurs, les deux dirigeants en question n'ont aucun pouvoir sur quoi que ce soit au Maroc. Le pouvoir est niché ailleurs, au Palais.

Tunisie : La dictature en action

Urgent : Hamma Hammami tabassé aujourd'hui à Tunis

Propos recueillis par Catherine Graciet, Bakchich, 29/9/2009

Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) et époux de la militante des droits de l’homme Radhia Nasraoui a été tabassé cet après-midi à l’aéroport de Tunis. Il rentrait de Paris où il a appelé au boycott de la présidentielle du 25 octobre sur Al Jazeera et France 24.
La dictature du président Ben Ali se raidit de plus en plus à l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre prochain. L’homme politique et porte-parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), Hamma Hammami, en a fait l’amère expérience ce mardi 29 septembre après-midi à son arrivée à l’aéroport de Tunis, en provenance de Paris. De passage en France les jours précédents, il avait appelé au boycott du scrutin présidentiel notamment sur les chaînes Al Jazeera et France 24. Voici son témoignage recueilli il y a quelques minutes :
« Mon épouse Radhia Nasraoui m’a prévenu que l’aéroport de Tunis était encerclé par les forces de l’ordre et même que les autorités avaient vidé le hall où les familles attendent les passagers qui arrivent.
A la descente de l’avion, j’ai été entouré par de nombreux agents en civil ainsi que de hauts responsables dont des commissaires de la police politique. Ils m’ont escorté jusqu’à l’endroit où on donne les passeports et le douanier m’a dit « Au revoir M. Hammami ».
Les policiers m’ont ensuite tabassé en me donnant des coups sur la figure et des coups de pieds, notamment sur la poitrine. Ils ont également cassé mes lunettes. Comme je criais, ils m’ont enfermé dans un bureau et ont continué à me tabasser en insultant Al Jazeera et France 24. Ils m’ont ensuite confisqué des papiers personnels ainsi que 345 euros que j’avais dans mon portefeuille.
Je suis sorti de l’aéroport et les policiers m’ont suivi sur 200 mètres en m’insultant moi et ma femme. Ils lui ont également cassé son téléphone portable. Je n’ai qu’une chose à dire : Nous continuerons jusqu’à la fin de la dictature. Ces pratiques fascistes ne nous feront pas taire ! ».


Pétition pour que le drame d'Aïcha Mokhtari ne se répète pas

Un Visa pour Yousra
Date de création : 22-09-2009
Date de clôture : 31-12-2009
Signataires : 143
Voir les signataires de la pétition

Destinataires : Bernard Kouchner, François Fillon, Nicolas Sarkozy, Pierre Voillery, Eric Besson

Pour que la petite Marocaine Yousra (10 ans) atteinte d'un cancer, puisse recevoir des soins nécessaires, impossible à réaliser dans son pays.. Notre beau pays lui refuse pour le moment, le visa qui lui permet de venir sur notre sol... Ne laissons pas Yousra... En signant cette pétition vous interpellez nos dirigeants sur cet agissement, inacceptable de notre belle république, sachant que Pierre Voillery, Consul Général de Casablanca, à été sollicité 27 fois par l'association "tous ensemble dans le même bateau", qui mêne le combat pour la petite (que sa tante habitant Strasbourg attend avec impatience)... REAGISSONS

Signer la pétition

Lire l'article Droits humains : Après Aïcha Mokhtari, la petite Yousra dans l'attente d'une greffe

Une branche de trop dans une étoile et vous disparaissez

Ce dessin de Khalid Gueddar a provoqué la fermeture (définitive) du journal qui l'a publiée, Akhbar Al Youm, pour "offense au respect dû à un membre de la famille royale", comme l'a signalé, lundi 27/9, le Ministère de l'Intérieur marocain dans un communiqué. De plus, poursuit le communiqué, on a fait une "utilisation tendancieuse du drapeau national". Par conséquent, il annonce qu'il poursuivra le journal en justice. Le prince Moulay Ismaïl en fera autant de son côté.
"L'utilisation de l'Étoile de David" dans la caricature, ajoute le communiqué " met en relief un antisémitisme flagrant" (sic). "Le fonctionnaire qui a confondu l'étoile verte marocaine avec le symbole bleu du judaïsme a une mauvaise vue", a répliqué le dessinateur.
Le dessin était une illustration des noces que venait de célébrer le prince Moulay Ismaïl, cousin du roi, avec une Allemande convertie à l'Islam, Anissa Lehmkuhl.
Quant à l'étoile du drapeau marocan, il est utile de rappeler qu'après avoir porté six branches - comme l'étoile de David - , pendant plusieurs siècles, elle en perdit une par décision du Maréchal Lyautey.
Bref, tous les prétextes sont bons pour faire taire toute voix et toute plume un tant soit peu irrespectueuse des "valeurs sacrées".

Brice Hortefeux décoré au royaume de la torture

par Diaspora saharaui, 1/10/2009

Brice Hortefeux, ministre français du Travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville, vient d'être décoré du Ouissam alaouite de Grand Officier. Il faut reconnaître qu'il l'a bien méritée pour tous les services rendus au Maroc.
Son engagement à défendre les intérêts du royaume alaouite est tel qu'il n'a pas hésité, en décembre 2005 à envoyer des missives aux maires du Mans, Jean-Claude Boulard, et de Gonfreville l'Orcher, Jean-Paul Lecoq, pour leur demander de retirer le drapeau de la RASD de leur cérémonies de solidarité avec le peuple sahraoui.
Il y a plus d’une quinzaine d’années, ces deux collectivités ont enfreint les bonnes mœurs diplomatiques en se jumelant avec les campements de réfugiés sahraouis de Tindouf en Algérie. Shocking ! En effet, la glorieuse diplomatie soutient depuis toujours le Maroc dans le dossier du Sahara occidental. Mais force est de reconnaître que jusque-là personne, à part les réseaux consulaires marocains, n’a rien à trouvé à redire sur ces jumelages. Et Hortefeux fût… qui écrit aux maires : « l’attention du Ministère de l’Intérieur a été attirée par l’Ambassade du Maroc en France sur le fait que votre Mairie arborait à certaines occasions un drapeau de la « République Arabe Sahraouie Démocratique » et consacrait dans son site Internet un article comportant des formulations susceptibles d’être contestées au plan diplomatique ».
Ne reculant devant rien, Hortefeux se présente comme agissant sur « la recommandation du Ministère des Affaires Etrangères ». Et enchaîne : « tout en respectant profondément l’action humanitaire et sociale de votre municipalité en faveur des camps sahraouis, j’estime souhaitable au regard de nos engagements diplomatiques de vous recommander d’éviter, dans vos manifestations officielles et votre communication publique (…) la présence du drapeau sahraoui ainsi que l’utilisation de termes susceptibles de traduire une prise de position diplomatique, tels que « République Arabe Sahraouie Démocratique », au profit d’expressions plus neutres (« Sahara occidental ») ne prêtant pas à contestation. ».
Pour justifier sa démarche, B. Hortefeux, rappelle que « le territoire du Sahara occidental n’est pas encore doté d’un statut juridique déterminé » et que la « “République Arabe Sahraouie Démocratique” n’est pas reconnue par l’ONU, pas plus que par notre pays, et ne constitue actuellement qu’une “entité” sans existence légale. La présence de son drapeau à côté de ceux de pays membres des Nations-Unies devrait, donc, au regard de notre diplomatie, être évitée. »
En matière de jumelage, la réglementation indique seulement que ceux-ci ne doivent pas porter atteinte à la diplomatie française. Rien n’interdit en revanche, à une ville française de se jumeler avec une entité dont le statut est de territoire non-autonome au sens que l’ONU entend, c’est à dire un territoire soumis à un colonialisme et DOIT s’autodéterminer, selon les règles internationales en la matière. C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup de collectivités françaises sont jumelées avec des camps de réfugiés de partout dans le monde.
La démarche de Brice Hortefeux est révélatrice du degré de corruption qu’ont atteint certains responsables et hommes politiques français qui ne défendent pas gratuitement ni par principe les thèses marocaines qui représentent, en ce qui concerne le Sahara Occidental, le comble de l’injustice.
"La RASD n’est pas reconnue par l’ONU". Cela est un argument biaisé qui ne cherche pas la manifestation de la vérité car même si la RASD n’a pas de siège officiel à l’ONU, Hortefeux faisait semblant d'ignorer qu’elle est admise, reconnue et respectée au sein d’une importante entité régionale qu’elle a cofondée et qui est l’Union Africaine. Elle est également reconnue par de nombreux pays en dehors de l’Afrique. Actuellement plus de 85 pas la reconnaissent dans le monde. Et ce n’est pas rien. Par ailleurs, le Front POLISARIO est membre observateur comme le Fatah palestinien à l’ONU et à ce titre il a pu négocier et conclure des accords avec l’ONU mais aussi avec le Royaume du Maroc, les derniers en date étant les accords de Houston, quatre rounds de négociations à Manahasset et une rencontre informelle à Vienne au mois d'août dernier.
Les villes françaises jumelées avec leurs consoeurs sahraouies ont eu une démarche non seulement juridiquement légale mais aussi moralement juste. Par contre la démarche du "Grand Officier" marocain ressemble plus à une honteuse intimidation qui se soucie peu du droit et de l’éthique et qui méconnaît totalement l’engagement sincère et profond des villes comme Gonfreville l’Orcher ou le Mans à côté du Sahara Occidental dans le drame de l’occupation qu’elle traverse.
La RASD est un peuple et un Etat qui sont déjà souverains depuis plus de trois décennies sur une partie non négligeable du Sahara Occidental, aussi grande que la Belgique, ils administrent Tifariti, Bir Lehlou, Mijek… et y appliquent les lois de la RASD. Ils ont des échanges économiques, culturels et humains continues et de tous les jours avec beaucoup de pays du monde. Ils ont des institutions et une histoire qui ne font pas honte aux sahraouis.
Ceux qui ont changé de veste et qui n’ont pas hésité à s’adresser directement au peuple sahraoui pour le conseiller et lui dire combien il est dans son intérêt actuel et futur de se considérer comme marocain… Qu’elle ignorance pour la lutte des peuples ! Quel mépris pour le peuple sahraoui et quelle injustice vis-à-vis du Sahara Occidental ! Comme si c’est un luxe et un jeu pour les sahraouis de résister, de lutter et de souffrir le martyr des décennies durant. Il faut savoir que le sang, les larmes et les sacrifices des sahraouis n’était pas sans raisons, et il est temps de leur rendre justice.
Il faudra bien tot ou tard reconnaitre qu’il y a un peuple qui ne demande que de prendre en main ses destinées et que tôt ou tard il faudra lui donner ce droit qui est internationalement reconnu et approuvé par les instances internationales.

NDLR SOLIDMAR:
L'Ordre du Ouissam alaouite est une décoration militaire créée en 1913 par les autorités françaises du Protectorat pour récompenser des "actes de bravoure" miitaires ou des services rendus à l'État. D'après Robin Bidwell (Morocco under colonial rule), cet ordre a été créé par les autorités coloniales pour éviter d'avoir à recourir à la Légion d'Honneur. En somme, une Légion d'honneur pour "bougnoules". Ainsi, en 1917 le Caïd Djilali Ben Thami Ben Abbas, des Zirara et Taknas des Cherardas reçut le Ouissam car il était "lettré et très intelligent. Très dévoué et entièrement acquis à la cause française...(et il) vient de s'acquérir de nouveaux titres en facilitant la constitution du domaine réservé à la colonisation française" (L'Afrique française). Un des plus célèbres décorés fut le Général US Patton qui prit Casablanca après 4 jours de combat en 1943, au cours de l'Opération Torch. le Sultan le décora du Ouissam avec la citation : "Les Lions dans leurs tanières tremblent en le voyant approcher". Quand Hortefeux approche, ce ne sont pas les lions qui tremblent, mais les hommes et les femmes...

تقرير مراقبة قضائية في محاكمة "المعتقلين السياسيين الستة" بالمغرب

تحرير د. فيوليت داغر
اللجنة العربية لحقوق الإنسان
قبيل الساعة الرابعة من صبيحة الثلاثاء الموافق ل28 تموز/ يوليو 2009، أصدرت المحكمة الابتدائية في سلا (المغرب) حكمها على الموقوفين في ما بات يعرف "بقضية بلعيرج". وتوزعت الأحكام على المتهمين ال35 بين سنة مع وقف التنفيذ، إلى المؤبد بما يخص السيد بلعيرج. أما بما يخص "المعتقلين الساسيين الستة" الذين زجوا في هذه القضية، فقد تراوحت أحكامهم بين سنتين (2) سجن للأستاذ حميد النجيبي العضو بالحزب الإشتراكي الموحد، و20 سنة للدكتور العبادلة ماء العينين القيادي في حزب العدالة والتنمية، والأستاذ عبد الحفيظ السريتي مراسل قناة المنار، و25 سنة لكل من الاساتذة محمد المرواني أمين عام حزب الأمة، ومصطفى المعتصم أمين عام حزب البديل الحضاري، والدكتور محمد الأمين الركالة الناطق الرسمي له

jeudi 1 octobre 2009

Les camps des réfugiés sahraouis vus par les autres

Par Diaspora saharui, 29/9/2009

Thierry Mezerette : Les Sahraouis sont les oubliés du désert. C’est l’histoire d’une décolonisation inaboutie. C’est l’histoire d’une page d’histoire qui ne se tourne pas. C’est l’histoire d’un petit groupe, environ 160 000 personnes qui aux portes du désert attend qu’on lui redonne sont territoire. C’est l’histoire d’un peuple, affaibli par le temps, abîmé par l’aridité de sa terre. Sa fierté est intacte, elle est source d’énergie pour livrer cette bataille de l’absurde, cette guerre contre la puissance coupable de dirigeants installés dans le velours confortable des palais. L’espoir fait vivre dit-on, chez les sahraouis il fait survire....
Julien Dedenis : Les camps de réfugiés sahraouis sont installés à l’Ouest du grand Sud algérien depuis 1976 sur une surface aussi vaste qu’un département français. Cet espace de camps de réfugiés est aussi le siège de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) créée au début de l’exil. Ainsi, l’espace des camps est devenu le territoire d’un Etat exilé.
Sopihie Caratini : Au premier regard, tout visiteur est frappé par la bonne tenue des camps, la santé des enfants, les bienfaits de l’organisation et surtout cette apparente insouciance qui fait l’hospitalité légère. Tous ceux qui sont passés là l’ont dit et l’ont écrit : le peuple sahraoui en exil ne s’est laissé envahir ni par la mélancolie, ni par la paresse, ni par cet excès de fatalisme qu’on prête parfois aux sociétés arabes quand on ne les connaît pas. Pas une plainte ne s’élève, pas une main n’est tendue, chacun se prend en charge, participe, travaille au bien commun, et reçoit l’étranger avec la grâce d’antan.
Alice Corbet : Malgré les espoirs envers l’étranger, il existe une véritable « conscience sahraouie ». Tous souhaitent avidement l’indépendance : les camps devraient être une solution temporaire, un départ pour l’Occident doit l’être aussi, et revenir habiter un territoire perdu –même méconnu par les jeunes, demeure un objectif fermement ancré dans les mémoires et dans les cœurs. Car le Sahara Occidental, c’est une attache, un lieu d’expression de cette société qui s’est révélée dans les camps, mais aussi le lieu de la mémoire, de l’ancestralité, où se sont figées les généalogies… C’est aussi, possiblement, une région où il existe des moyens de production de l’existence d’un Etat indépendant (ressources minières, piscicoles, phosphate, prairies…).
Cédric Omet : Fait marquant, il est rare de rencontrer un jeune Sahraoui qui ne sait pas lire ni écrire. Une grande partie de la population des camps de réfugiés sahraouis est donc alphabétisée et dotée d’une formation professionnelle grâce à ce système qui privilégie l’école et qui permet au Front Polisario d’avoir une aide internationale d’envergure dans le domaine de l’éducation. On ne peut pas en dire autant du taux d’alphabétisation au Maroc, par exemple.
Patrick Lavaud : Vingt-cinq ans après, les progrès sont considérables : écoles, crèches, maternités, hôpitaux, centre pour handicapés mentaux (à Smara), système de réservoirs d’eau, panneaux solaires pour l’électricité, etc.… Les premières petites boutiques, dans lesquelles on peut acheter quelques produits de base, ont même fait leur apparition il y a quelques années. Malgré ces améliorations, dues au soutien de l’Algérie, aux aides des organisations humanitaires (couvertures, vêtements, nourriture, etc.…) et aux qualités d’organisation des Sahraouis, la vie dans les camps demeure encore très précaire.
Ali Sassi : Peu d’hommes dans ce camp, surtout des femmes, très actives. Parmi elles, des femmes élégamment vêtues et dotées d’une solide instruction reçue dans les universités européennes grâce à l’aide d’un vaste réseau d’Ong et de gouvernements : médecins généralistes, professeurs... Elles sont partout : si elles ne font pas de la politique aux côtés des hommes, elles s’occupent des centres de santé, des écoles, des postes administratifs. "Nous nous organisons progressivement, en prévision de la fin de la guerre’’, explique un responsable sahraoui.
Bérangère Musseau : Si l’espoir fait vivre, le peuple sahraoui en est la preuve incarnée. 31 ans après avoir été chassés de leur territoire par l’armée marocaine, les réfugiés sahraouis de la hamada de Tindouf, vaste désert isolé du reste de l’Algérie gardent l’espoir d’un retour sur leur terre, libres.


école à Smara

Source : Bellaciao

mercredi 30 septembre 2009

Tunisie : Hamma Hammami agressé suite à son appel au boycott de l'élection présidentielle


Par Tunisia Watch, 30/9/2009
Un dirigeant d’une formation d’opposition agressé suite à son appel au boycott des prochaines élections.
Hamma Hammami porte parole du parti communiste ouvrier tunisien (POCT), non reconnu, à fait l’objet d’une agression physique par des agents de la police politique à son entrée d’un voyage à l’étranger.
La scène s’est produite à l’intérieur de l’aéroport de Tunis-Carthage le mardi 29 septembre 2009. D’après le site Al Badil organe du PCOT Hamma el Hammami aurait été pris par un groupe de policiers en civil qui l’attendait dans le hall de sortie de la zone franche de l’aéroport et qui l’on frappé à coups de pieds sur tout son corps tout en l’insultant lui causant des contusions et la destruction de ses lunettes et déchirure de ses vêtements.
Cette agression intervient après l’intervention de Hamma Hammami sur la chaine satellitaire Al Jazeera Moubacher sur le thème des prochaines élections présidentielle et législative tunisienne du 25 octobre prochain. Hamma Hammami a appelé dans son intervention au boycott de ces élections et expliqué la position de son parti sur cet événement appelant les autre formations d’opposition de s’unir pour revendiquer le droit du peuple tunisien à des véritables élections.
Reporters sans frontières à publié un communiqué suite à cette agression dans lequel Radhia Nasraoui épouse de Hamma Hammami présente à l’aéroport a témoigné sur ce qui s’est passé :
Quand la police a recours à la violence pour faire taire les opposants
“ On n’a plus le droit à la parole en Tunisie. Quand on ose critiquer le régime dans les médias étrangers, on nous punit en nous agressant physiquement. De telles pratiques sont devenues monnaie courante. Plus besoin de jeter les gens en prison de nos jours », commente Radhia Nasraoui, jointe par Reporters sans frontières, dont le mari, Hamma Hammami, également opposant, vient d’être agressé à l’aéroport de Tunis, le 29 septembre.
“ J’étais venue chercher mon mari à l’aéroport. Il revenait de France, où il avait donné le 25 septembre dernier une interview sur Al-Jazeera, dans laquelle il avait critiqué le régime, l’organisation de l’élection du 25 octobre et la situation des droits de l’homme en Tunisie. Ses propos avaient été repris sur France 24 le lendemain soir.“ J’étais venue en taxi, parce que les quatre roues de ma voiture avaient été crevées dans la nuit. A mon arrivée, j’étais un peu intriguée de constater un barrage de police filtrant les personnes entrant dans l’aéroport. Je me suis dit : “Ils sont un peu tendus, ils craignent peut-être que des militants ne viennent accueillir Hamma. Dans le hall, j’ai constaté qu’il y avait plus de policiers que de voyageurs, alors j’ai téléphoné à mon mari pour l’informer. Il m’a alors dit qu’il passait la douane et qu’il était suivi.“Ensuite, j’ai essayé à plusieurs reprises de l’appeler, mais en vain. L’aéroport commençait à se vider. C’est alors que j’ai vu Hamma arriver, la bouche en sang, les lunettes cassées, des ecchymoses sur le visage, entouré d’une vingtaine de policiers qui continuaient à le frapper et à l’insulter. J’ai hurlé, mais il n’y avait plus de touristes dans l’aéroport. Un policier s’est approché de moi, m’a arraché le portable des mains et l’a violemment lancé.“On est rentrés chez nous et on a appris que les autorités tunisiennes avaient déclaré à France 24que Hamma était rentré chez lui sans encombre.”
Radhia Nasraoui est avocate et défenseuse des droits de l’homme en Tunisie. Son mari, Hamma Hammami, ancien directeur du journal Alternatives, interdit par les autorités, est le porte-parole du Parti communiste des ouvriers tunisiens. (

Message de Ali Fkir
Le camarade Hamma Alhammami, secrétaire général du parti des ouvriers communiste tunisien vient d'être lâchement agressé par les bourreaux du régime réactionnaire tunisien.
Je tiens à condamner vivement cette lâche agression perpétuée par le régime dictatorial tunisien et à exprimer au camarade Hamma et à son parti communiste ma solidarité de communiste inconditionnelle.

تعرض الرفيق حمة الهمامي الكاتب العام لحزب العمال الشيوعي التونسي لاعتداء همجي من طرف زبانيات النظام التونسي الرجعي، و على اثر هذا الاعتداء الغاشم، أعبر عن تضامني المطلق مع الرفيق حمة و مع حزبه الشيوعي منددا بالسلوك الهمجي
لنظام تونس الاستبدادي
علي فقير- مدينة المحمدية - المغرب
Message d'Azim Moslih
Quelle honte! S'en prendre de cette manière lâche à un opposant politique. Décidément, le minus dictateur Ben Ali ne recule devant rien pour tenter de faire taire ses détracteurs. Alors, SHAME ON YOU BEN ALI ET votre barbouzie de service.Vivement le boycott de cette mascarade électorale. Ma complète solidarité avec M. Hamma Hammami. Cordialement.

Le dernier Dadis Show à Conakry : 157 morts

par Ayman El Kayman, Coups de dent, 29/9/2009


Cette photo, prise à Conakry le 28 septembre 2009, nous dit à peu près tout sur le rapport Nord-Sud. les 4 policiers qui arrêtent un manifestant sont vêtus de bric et de broc. L'un d'eux porte une salopette bleue défraîchie avec l'inscription POLIZEI, c'est-à-dire police en allemand. Sans doute un signe de la "générosité" de l'Europe riche, qui est prête à tout pour pouvoir continuer à s'approvisionner à vil prix en bauxite de Guinée. La Guinée de Sékou Touré avait reçu un don fraternel de brise-glaces de l'Union soviétique. La Guinée post-moderne ne reçoit que ce qu'elle mérite.



Même diversité d'accoutrements des "forces de l'ordre" dans cette autre scène du lundi 28 septembre.



Au moins 157 morts par balles, un millier de blessés, des femmes violées : Conakry, capitale de la Guinée a connu le 28 septembre un lundi noir. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants s’étaient rassemblés dans le plus grand stade de Conakry pour dire leur opposition à l'éventuelle candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, à l’élection présidentielle prévue en janvier 2010. Le capitaine Moussa Dadis Camara a pris le pouvoir en janvier, suite à la mort du président-dictateur Lansana Conté. Depuis, Captain Dadis défraie la chronique avec ses prestations ubuesques. Je vous en présente quelques-unes, qui circulent dans toute l’Afrique sous le nom de « Dadis Show ». Elles se passent de commentaire.

Tout d’abord, une interview surréaliste de Captain Dadis par RFI suite au massacre de Conakry.



Best Off des Dadis Shows

« Je suis beaucoup gêné avec les civils »



Captain Dadis humilie l'ambassadeur de Russie


"Nous sommes des révolutionnaires progressistes": Monologue du Captain

Et le meilleur pour la fin !

Conakry, mercredi 10 juin 2009 : Captain Dadis interrompt au cours d’une rencontre publique l’ambassadeur d’Allemagne, Karl Prinz, qui avait eu le malheur de faire part des doutes de l’Union européenne sur la « démocratie » guinéenne, et lui fait la leçon, dans un mélange de français et d’allemand (qu’il a appris au cours de ses stages de parachutiste). Une scène d’anthologie.




Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

mardi 29 septembre 2009

Agression de la chanteuse sahraouie Mariam Hassan

Communiqué de presse des Amis du Peuple du Sahara Occidental.

Par APSO, 29/9/2009

La chanteuse Sahraouie Mariam Hassan, voix magnifique, et artiste engagée a été agressée par 5 Marocains, hier 28 septembre, en plein Madrid.

Les agresseurs, 3 hommes et deux femmes, s’en sont pris à la chanteuse alors qu’elle se restaurait dans un café avant la journée d’enregistrement de son prochain album, et cela parce qu’elle était habillée comme à son habitude de l’habit traditionnel des femmes sahraouies, la melhfa.

Ils l’ont prise à partie en criant des slogans politiques, avant de s’en prendre physiquement à Mariam Hassan, au musicien et à la danseuse qui l’accompagnait. Les agresseurs ont pris la fuite en entendant les sirènes de la police qui avait été prévenue.

APSO - Réseau Sud de la France, est une organisation française très attachée aux valeurs des droits de l’homme et au respect universel de la liberté de toute expression et notamment artistique.

Mariam Hassan, la « voix du désert » est un symbole pour le peuple Sahraoui en lutte.

Ce peuple, en exil dans les campements de réfugiés, en diaspora ou dans les territoires occupés par le Maroc depuis 1975, lutte pour la mise en place du référendum d’autodétermination qui était la condition du cessez le feu signé en 1991, et qui est sans cesse empêché par le Maroc.

Il est regrettable que la désinformation et l’ignorance dans laquelle le royaume marocain maintient ses sujets sur la question du Sahara Occidental aboutissent à des actes d’un tel niveau d’irrespect et de violence, hautement répréhensible et condamnable par leur caractère raciste et discriminatoire.

Cet acte est condamnable au même titre que l’agression qui a eu lieu en mai dernier contre le sportif de haut niveau sahraoui, Salah Amaidan, réfugié politique en France. Cet asile politique ne l’a pas protégé contre la violence perpétrée par deux marocains, qui avaient de même pris la fuite après leur forfait. Les blessures avaient empêché le sportif de participer au meeting international de Pézenas, sud de la France, pour lequel il s’était déplacé.

Nous observons avec inquiétude la recrudescence d’actes violents qui sont la conséquence du « consensus de la haine » forgé depuis des années par le régime marocain, imposé à ses sujets, et principalement dirigé contre les sahraouis et les algériens.


Communiqué des Verts Maroc

Par Fatima Alaoui, secrétaire générale des Verts Maroc, 30/9/2009

Les Verts Maroc déplorent l’utilisation de la force pour disperser les manifestants qui a provoqué la mort de 157 victimes de la société civile de Guinée qui ont voulu exprimer leurs opinions sur le processus de transition à savoir la tenue d’élections libres
Les Verts Maroc remercient le groupe international de contact sur la Guinée de mener une action sereine avec toutes les parties et les partis politiques afin d’assurer un processus de transition consensuel et de stopper le carnage
Le Parti des Verts pour le développement a fondé la première université
verte africaine qui a débattu en Mars 2009 de la situation en Guinée

tél et fax +212537727406 mobile+212666952808
Boite postale403 Rabat email :
lesvertsmaroc@menara.ma

Conférence de presse sur le conflit de Khouribga

De Abderrazzak Drissi,29/9/2009

Le bureau syndical (UMT) des 850 ouvriers licenciés abusivement à Khouribga par l'OCP (géant groupe étatique) organise le jeudi 1er octobre 2009 à 10h du matin une conférence de presse au local de l'UMT à Rabat.

دعوة لحضور وتغطية ندوة صحفية
الموضوع: ندوة صحفية بمقر الاتحاد المغربي للشغل بالرباط بخصوص الطرد التعسفي ل 850 عامل من شركة سميسي ريجي بخريكة
تحية وبعد،
يشرفنا في الاتحاد المغربي للشغل بالرباط أن نكتب إليكم لنطلب منكم الحضور في الندوة الصحفية التي تنظمها نقابة عمال سميسي ريجي بخريبكة، التابعة لمركزيتنا، والمقرر عقدها بمقر الاتحاد المغربي للشغل بالرباط، الكائن بـ 1 شارع جان جوريس، يوم الخميس فاتح أكتوبر 2009 على الساعة العاشرة صباحا من أجل التعريف بقضيتهم ومسيرتهم النضالية وما رافقها من طرد تعسفي ل 850 عامل، وقمع لأشكالهم النضالية، ومتابعات في حق العديد منهم.
وفي انتظار تفضلكم بالحضور وتغطية هذه الندوة الصحفية، تقبلوا عبارات مشاعرنا الصادقة.
عن المكتب الجهوي:
الكاتبة العامة: خديجة غامري
الرباط في 28/09/2009
الهاتف: 0537262689
الفاكس: 0537201919

Jungle de Calais : Pas de surbooking pour le charter vers l'Afghanistan

par Xavier Monnier, Bakchich-info, 28/9/2009

Toutes à leur objectif de faire le ménage parmi les immigrés clandestins, les autorités britanniques et françaises ont essayé vainement de monter un charter commun vers l’Afghanistan pour les réfugiés de la jungle de Calais.

Au moment même où, le 22 septembre dernier, 500 braves flics ont procédé à un petit rangement d’un camp en foutoir près de Calais – d’aucuns parlent plutôt d’une descente dans La Jungle, un camps de réfugiés majoritairement afghan –, la direction centrale de la police aux frontières a reçu des nouvelles de son homologue anglaise. La UK border agency qui lui donnait des nouvelles du pays.

Et lui fixait un petit rendez-vous. Au 28 septembre, soit aujourd’hui.

« Je vous écris pour confirmer que, sous réserve d’un accord diplomatique, il y aura une entreprise commune entre le Royaume-Uni et la France afin de réaliser un vol de retour de nationaux afghans vers l’Afghanistan, le 28 septembre 2009 ». Qu’en des termes choisis, ces choses là soient dites.

En somme, un charter d’expulsé coproduit par la France et le Royaume Uni, contrée qui ne manque pas de vanter son savoir-faire. « Le Royaume Uni a procédé à des vols de retour vers l’Afghanistan depuis 2003 et nous avons trouvé ces moyens efficaces pour favoriser les retours forcés ».

Fax envoyé le jour de la descente des flics dans la jungle de Calais par la PAF anglaise à son homologue française

Et le préfet du Pas-de-Calais n’a pas dit autre chose, juste après la descente des poulets dans la jungle : « Les Anglais renvoient une centaine d’Afghans chaque mois en Afghanistan. Personne n’a jamais été tué à son retour. Nous ferons la même chose tout en étant très prudents par rapport à la situation des gens qu’on renvoie. »

Las, trois fois las, la France a un peu raté ses réservations. « Nous ne sommes pas concernés par ce vol », glisse-t-on pudiquement au glorieux ministère de l’Immigration. Une confession livrée off.
L’intendance n’a apparemment pas suivi.

RUMBLE IN THE JUNGLE

Les « interpellés » du 22 septembre ont en effet posé de menus soucis à l’administration française. Et en posent encore. Sur les 280 migrants vidés de la « Jungle », 130 se sont révélés mineurs, donc inexpulsables. Et le reste de la troupe a déjà beaucoup trop voyagé pour reprendre l’avion. Les migrants se sont vus répartis dans les centres de rétention aussi divers et éloignés de Calais que ceux de Nîmes, de Marseille, de Toulouse, Rennes ou Metz. L’occasion de voir du pays, tant pour les réfugiés (à majorité des Afghans) que pour les flics (cf. encadré). Mais que les juges de détention et liberté ont fort peu apprécié. Déplacement à des centaines de kilomètres du lieu d’arrestation, non respect des droits, etc…

Les flics se plaignent aussi
Les avocats des migrants vidés de la jungle n’ont pas été les seuls à se plaindre de leurs conditions de transferts. Même les poulets ont gueulé. « 35 heures de service en deux jours (trajet compris), de simples casses-croutes pour se sustenter, aucun petit déjeuner ce matin et un voyage retour en compagnie de certains "retenus" dont certains présentaient des maladies contagieuses », ont même geint dans un tract du syndicat Alliance du 23 septembre, les membres de la Paf de Haute-Garonne. Des conditions d’emploi « Inacceptables » chantent les poulets toulousains, qui ont contraint la branche Midi-Pyrénées du syndicat de faire part au directeur de la PAF sud ouest de « sa plus grande indignation ». Saine réaction.

A Aix, Marseille ou Nîmes, une quarantaine de procédures ont été annulées, et des libérations ordonnées. En attendant les résultats des appels des différents parquets.

Le dernier Besson
© PieR Gajewski

Trop tard pour ne pas annuler le voyage organisé qui se préparait. Pourtant, les Anglais avaient prévenu.

« Les retours sont subordonnés à des accords diplomatiques et à la documentation des éloignés (pour garantir leur admission en Afghanistan) et vous devez vous assurer des autorisations nécessaires qui nous permettront d’entreprendre cette initiative commune ».

Mais bien heureusement, ce n’est que partie remise. Trotte encore l’idée « d’aboutir à l’établissement d’un plan durable pour un programme d’opérations futures ».

Charmant horizon.

La hogra continue

par Samira, 28/9/2009

khadija,morte à 2 jours de l'Aïd
alors que tous se gavaient de baghrir!!!
khadija,une sans-abri
priait l'assistante sociale
d'appeler les forces auxiliaires
elle le sentait
qu'elle partait..khadija s'est éteinte
après 3 jours d'abandon
près des ordures
personne n'est venue la voir
du corps médical..
elle avait une maladie chronique
elle n'avait que 4o ans!!!elle avait besoin de soins..
mais à qui le dis-tu ??
on la gardera à la morgue
pendant 3mois
puisque personne ne la connaît!!
est ce possible..
mourir comme ça
dans un des grads "hôpitaux"marocains, "averroès"
dans la plus grande ville du maroc : Casa!!
souvenez vous du vieillard
resté 14 jours
dans le même hôpital
sans soins
jusqu'à ce que mort s'en suive
sur le sol !
souvenez vous de l'autre vieillard
qu'on a refusé d'accepter
dans un hôpital d'El Jadida
car il n'avait pas 60 dh
et qu'il mourut à l'hôpital!!
cest la santé qu'on nous offre
à nous
les pauvres
c'est les soins qu'on nous prodigue
malgré nos impôts
car c nous ki les payons
ceux qui ont les moyens...!!!
et certains osent poser la question
pkoi aicha voulait partir en France!!!
notre colonisateur de jadis
et ami infaillible
de ceux qui nous tuent à petits feux!!!
le droit à a santé
c un des pus importants de la dignité
dénonçons
protestons
demandons des comptes
si khadija n' pas de famille
soyons la sienne
et de tous ceux laissés pour compte
et qui n'ont pas de faire-part.

lundi 28 septembre 2009

Le réseau de trafic d'organes de Levy Rosenbaum opérait aussi en Algérie et au Maroc

par الجزائر EL KHABAR, 6/9/2009. Traduit par Omar Mouffok. Édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : يهودي يتاجر بكلى الأطفال الجزائريين عبر المغرب

Dans l’affaire du démantèlement d’un réseau international de trafic d’organes, dirigé par un Juif du nom de Levy Rosenbaum, Interpol a conclu qu’un certain nombre d’enfants algériens ont été enlevés dans des villes de l’Ouest [algérien] pour être transférés vers le Maroc, afin de faire passer leurs reins en Israël et aux USA pour les vendre à des prix variant entre 20.000 et 100.000 dollars.





Levy Rosenbaum

Le Pr. Mustapha Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche, a révélé hier à El-Khabar, que l’ « affaire du démantèlement du réseau international à Maghnia, à Tlemcen, a commencé au mois de mai 2008. Le réseau compte parmi ses membres des Algériens, des Marocains et des Africains, et est spécialisé dans l’enlèvement d’enfants en Algérie pour les faire passer à travers les frontières. Cette affaire a pris des dimensions dangereuses ».
Notre interlocuteur a ajouté que « les services de la gendarmerie nationale ne se sont limités, alors, qu’aux endroits où les organes ont été enlevés, en particulier des reins et des cornées, et il s’est avéré que ces opérations ont été effectuées dans des cliniques marocaines se trouvant à Oujda, pour qu’ils soient, ensuite, vendus », et il [Khiati] considère que la coordination sécuritaire avec Interpol au Maroc, par exemple, a découvert que « les cliniques marocaines d’Oujda ne peuvent avoir les équipements nécessaires pour effectuer ce genre d’ablations d’organes, en particulier l’ablation de la cornée ».
L’arrestation récente par la police de New York du Juif Levy Izhak Rosenbaum qui est à la tête de ce réseau international de trafic d’organes et d’enlèvement d’enfants, a permis à cette « affaire » de refaire surface, selon le Pr. Khiati, surtout pour le fait que le principal suspect ait déclaré, lors de ses auditions que « le réseau est également actif au Maroc, et s’appuie également sur l’enlèvement d’enfants en Algérie. Il s’occupe du financement des médecins activant dans le réseau pour acquérir les équipements nécessaires pour ce genre d’opérations chirurgicales et du transport des organes vers New York et Israël ».
Les membres du réseau, parmi lesquels se trouvent des Algériens, réalisent, ainsi, des gains importants, surtout pour le fait que l’enfant algérien enlevé est vendu à 40 millions de centimes [400.000 dinars] alors que le prix d’un rein varie entre 20.000 et 100.000 dollars US.
Le Professeur ajoute que « l’arrestation du réseau dirigé par le Juif ne signifie pas la fin du danger. Les spécialistes et ceux qui sont chargés de ce dossier assurent qu’il reste encore des réseaux juifs qui activent dans plusieurs pays arabes ». Ces réseaux ont enlevé des organes à tous les enfants palestiniens avec l’accord de leurs parents [sic], et ce, dû à la pauvreté, cependant, la demande croissante pour ces organes a poussé les réseaux à étendre leur zone d’activités à travers des enlèvements, comme en Algérie et au Maroc, qui a un processus « particulier » de normalisation avec Israël.

Abdellah Zaazaa s'exprime sur l'acte du MALI

«Le droit de jeûner ou pas, publiquement ou non, n’est pas à marchander» Abdellah Zaazaa

Par Hicham Houdaïfa le journal hebdo 25/9/2009


Que pensez-vous de l’acte de l’association Mali ? (1)

Je pense que l’initiative de Mali est légitime et pertinente. Je sais qu’elle ne donnera pas de résultats immédiats, mais sa valeur, c’est de poser le débat. Je ne pense pas qu’au débat entre lecteurs de journaux ou acteurs politiques mais aussi au sein de la population. En dehors des cas d’incitation à l’intolérance qu’ils peuvent susciter, je crois que les tenants du respect de la société seront surpris de voir que même les pratiquants vont dans le sens de la démocratie, celle du développement pour et par les citoyens, pas celle du maintien d’un ordre politique basé sur le carcan des interdits. A propos de la rupture publique du jeûne en dehors des heures rituelles, je voudrais d’abord dire, pour ne pas avoir l’air de quelqu’un de neutre - qui n’est pas concerné autrement que par un souci intellectuel ou de curiosité – que personnellement, je ne jeûne pas durant le mois du ramadan et cela depuis près de quarante années. Il ne m’est pas venu à l’esprit que l’heure de revendiquer la rupture publique du jeûne (et d’agir en conséquence) était arrivée et devrait être dépénalisé. Je n’y est pas pensé parce qu’en fait ce n’est (n’était ?) pas une priorité parmi les miennes, pour moi qui fonctionne par rapport à des priorités qui me semblent plus accessibles. J’avais peut-être tort. En tout cas Il faut dater cette initiative du groupe Mali et ne pas la laisser tomber.


Quel est votre avis sur l’article 222 qui incrimine la rupture du jeûne en public ?

Je pense que cet article doit être abrogé. Cette revendication ne se limite pas seulement à ceux qui ne «ramdanent» pas, mais à beaucoup de personnes pieuses qui font le ramadan mais qui en ont marre que la politique de l’Etat soit basée sur des interdits de ce genre. Ce n’est pas parce que les gens rompent le ramadan publiquement que les convictions des croyants seraient ébranlées. Et disons même que si tel était le cas cela voudrait tout simplement dire que ces gens ne sont croyants que par peur de cet article 222.


Comment évaluez-vous la réaction de l’Etat à travers ses structures religieuses et politiques ?a réaction de l’Etat et ces appendices démontrent tout simplement, qu’aucune page de notre histoire n’est tournée. L’éternelle histoire de l’intervention étrangère. Nous faire croire que nous sommes une nation assiégée. Tous les acquis d’aujourd’hui ont été, un moment donné, qualifiés de valeurs antinationales, anti-islamiques. ça a commencé avec Hassan II et ça continue avec Mohammed VI. Comment voulez-vous croire à un changement de l’intérieur du régime ?
Mais la majorité des Marocains ne partage pas votre avis…

Comment voulez-vous que sous un régime despotique les gens expriment ouvertement ce qu’ils pensent quand toute revendication est qualifiée d’être suscité par des forces étrangères ? Si aujourd’hui il y a des acquis, et il y en a, il a bien fallu qu’au départ, des minorités (en apparence) lancent des revendications et les assument non seulement en parole mais aussi en les mettant autant que possible en pratique. Et chaque acquis, alors qu’i l n’était qu’une revendication, a toujours était désigné (qualifié) de valeur importée par les ennemis de la nation. Le droit de jeûner ou pas, publiquement ou non, d’être homosexuel ou non, d’avoir des points de vue différents sur le Sahara ne sont pas des droits à marchander, mais des droits, disons, naturels.

(1) Mouvement alternatif pour les libertés individuelles.

Abdellah Zaazaa et Zineb El Ghazoui


BIO d'Abdellah Zaazaa
1954. Naissance à Casablanca. 1975. Arrestation à Casablanca. 1989. Libéré par grâce royale. 1998. Co-fondateur de l’association du quartier El Miter-Bouchentouf.

Pour l'émergence d'une communauté méditerranéenne des peuples


Par Jelloul Ben Hamida,

Nous, citoyens et citoyennes de la Méditerranée
Appel en faveur de l’émergence d’une communauté méditerranéenne des peuples
Depuis plus d’un an, un ensemble de citoyens et de citoyennes de la Méditerranée se sont engagés à participer activement à l’émergence d’une communauté méditerranéenne des peuples.


Pour ce faire, ils ont inauguré le processus de construction d’une Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée.
Cette démarche est fondée sur des valeurs démocratiques de liberté, de paix, de respect de la diversité culturelle et de responsabilité environnementale.
Elle ambitionne de favoriser l’émergence d’une parole et d’une action citoyenne commune, par la mise en œuvre de rencontres permanentes disposant de méthodes et d’outils novateurs.
Cette initiative, qui se veut complémentaire d’autres expériences existantes, repose néanmoins tout entière sur un constat : c’est principalement par l’action et l’implication des citoyens et citoyennes qu’une « communauté de destin » solidaire et positive pourra se mettre en place au sein de l’espace méditerranéen.
L’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée n’est pas une entreprise réservée à un petit nombre de personnes, à un cercle d’initiés.
Au contraire, la démarche d’ensemble nécessite de rassembler au mieux, de recueillir l’adhésion d’un grand nombre et d’une grande variété de personnes.
Aujourd’hui, nous appelons l’ensemble des citoyens et citoyennes qui sont concernés ou préoccupés par l’avenir politique, économique, écologique de l’espace méditerranéen à se joindre à notre démarche.
En signant cet appel, vous affirmez votre volonté de participer à l’édification d’un espace commun et durable de paix, de développement, de solidarité et de prospérité partagée entre les peuples méditerranéens.
En devenant signataire, vous pourrez être informés régulièrement des avancées du processus, et pourrez être invités à y prendre une part active.



Premiers signataires :
Jelloul BEN HAMIDA (France- Tunisie)
Initiateur de la Charte Mondiale des Migrants
http://www.cmmigrants.org/
Membre du comité international du Forum Social Mondial des Migrations
Président du Cercle des Tunisiens des Deux Rives à Marseille
Rédacteur en chef de
Naros News
Sergio ESCRIBANO RUIZ (Espagne)
Directeur Technique du
Cerai
Ingénieur Agronome.
Charles KLEINERMANN (Belgique)
Responsable de la politique d’élargissement et de voisinage du
Mouvement Européen.
Françoise MACE (France)
Assistante de Direction
Responsable de Programmes à la
Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme
Ahlem BEL HADJ (Tunisie)
Pédopsychiatre/ Praticienne hospitalière.
Ex -Présidente de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates.
Robert BRET (France)
Ancien Sénateur des Bouches du Rhône, en France.
Militant des droits de l’homme
Carlos CARNERO (Espagne)
Ex-député Européen. , Membre de l’ Assemblée Parlementaire Euro-méditerranénne
Adrian CIVICI (Albanie)
Recteur de l’Université Européenne de Tirana, Albanie ;
Expert et enseignant, chercheur en matière du développement durable, politiques économiques et sociales, politiques commerciales ; ancien directeur de la stratégie nationale du développement économique et social en Albanie et coordinateur du programme de la réduction de la pauvreté ; Président du Centre du développement et d’intégration (ONG albanaise et régionale).
Touria ELOUMRI (Maroc)
Militante associative féministe.
Membre du comité local des réparations collectives sous l’égide du Conseil constitutionnel des droits de l’Homme.
Membre du secrétariat national du réseau Euromed des ONG marocaines.
Vicent GARCES RAMON (Espagne)
Ex-président du CERAI.
Ex-député européen, Membre de l’ Assemblée Parlementaire Euro-méditerranénne
Dimitri GOUSSIOS (Grèce)
Chercheur socio-économique de l’Université de Thessalie
Martí GRAU I SEGÚ (Espagne)
Ex-député européen, Membre de l’ Assemblée Parlementaire Euro-méditerranénne
Salam KAWAKABI (Syrie)
Politologue. Coordinateur de projets de
l’Arab Reform Initiative,
Maurizio MARIANI (Italie)
Entrepreneur dans l’agriculture et alimentation durable.
President de RISTECO
Hicham RACHIDI (Maroc)
Avocat
Président du GADEM, une association qui vient en aide juridique aux migrants de passage au Maroc.
Membre de Migreurope et de la Charte Mondiale des Migrants.
Responsable de programmes chez handicap International à Rabat.
Noha TADROS KHALAF (Palestine)
Chercheur associé ERISM (Équipe de Recherches Interdisciplinaires sur les Sociétés Méditerranéennes et Musulmanes de l’Institut des Langues et des Civilisations Orientales de Paris), membre associé à l’Institut Maghreb-Europe de Paris, et membre associé du CIRPES (Centre International de Recherches sur la Paix et les Etudes Stratégiques) de Paris.
Michael WARSCHAWSKI (Israel)
Co-president de l’Alternative Information Center
http://www.alternativenews.org/
Pour signer cet appel cliquez :
ICI

Jelloul Ben Hamida Membre de la coordination l'Assemblée des Citoyens de la Méditerranée Phone: + 33 608571066 Skype: narosinfo

Trois ONG appellent à bannir le travail des "petites bonnes"


AFP, 24/9/2009

Trois ONG marocaines ont appelé jeudi le gouvernement à instaurer un cadre juridique sanctionnant sévèrement le travail des fillettes de moins de 15 ans employées comme domestiques, dont le nombre selon des sources associatives est estimé entre 60.000 et 80.000.
Dans un communiqué commun, l'Association Insaf (Equité), l'Association marocaine des droits humains (AMDH) et la Fondation Orient-Occident, ont également condamné les actes de violence infligés à une "petite bonne" par un couple de la classe moyenne dont le procès est en cours à Oujda (nord-est).
Zineb Chetite, 11 ans, est hospitalisée depuis le 20 août suite à des sévices perpétrés par ses employeurs. La petite fille a été brûlée à l'huile bouillante, au fer rouge et a subi des agressions sur ses parties intimes. Elle a également subi des coups de bâton, de câbles électriques et sa tête a été rasée, selon une source médicale.
Le 20 août, le procureur général a ordonné l?ouverture d?une enquête sur cette affaire, qui a fait la "une" des journaux au Maroc. Le procès du couple qui a débuté le 16 septembre, est toujours en cours.
En août, l'association de protection de l?enfance "Ne touche pas à mes enfants" et l?AMDH ont organisé deux sit-ins de solidarité à Oujda.
Dans leur communiqué, les ONG appellent également le ministre de la Justice Abdelwahed Radi à "veiller à un procès impartial et approfondi afin que les bourreaux de la petite Zineb soient sévèrement punis".
Selon des sources associatives, il y aurait au Maroc entre 60.000 et 80.000 "petites bonnes". Pour mettre fin à cette situation, un projet de loi interdisant cette pratique a été élaboré par le gouvernement.
Ce projet de loi est toujours à l‘étude, selon la ministre de la Famille Nouzha Skalli, chargée du dossier. Il prévoit des peines de prison ferme et de lourdes amendes contre toute personne employant des enfants de moins de 15 ans comme domestiques
.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés.

Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme

Par Mustapha Kessous , Le Monde, 23/9/2009

Brice Hortefeux a trop d’humour. Je le sais, il m’a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l’immigration et de l’identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l’avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : “Vous avez vos papiers ?”


Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m’approche d’une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. “Je te parle pas, à toi”, me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n’a aucun souci à discuter avec cette “France profonde”. Il m’avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l’organisation l’a appelé pour savoir si j’étais bien son… chauffeur.
Je pensais que ma “qualité” de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux “défauts” : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des “crochets” balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l’endroit, la population, les préjugés sont poisseux.
J’en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet “apartheid mental”, lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n’hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu‘“un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !”
Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c’est toujours “M. Kessous”. Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, “M. Kessous”, ça passe mieux : on n’imagine pas que le reporter est “rebeu”. Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m’avait avoué, en souriant : “Je croyais que vous étiez de notre communauté.”
J’ai dû amputer une partie de mon identité, j’ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c’est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s’est si souvent produit…
A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l’île de la Barthelasse, près d’Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s’est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l’enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : “J’aime pas les Arabes.” Finalement, il me reçoit chez lui.
On pensait que le meurtrier s’était enfui de l’hôpital psychiatrique de l’endroit : j’appelle la direction, j’ai en ligne la responsable : “Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde…” Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. “Il est où le journaliste du Monde ?”, lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J’ai alors cru que cette directrice allait s’évanouir. Toujours pas de bonjour. “Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d’identité ?” “La prochaine fois, Madame, demandez qu’on vous faxe l’état civil, on gagnera du temps”, riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir… trouvé le suspect.
Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d’embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l’alibi d’un titre “donneur de leçons”. L’Arabe de service, comme je l’ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d’extrême droite pestent contre “l’immonde” quotidien de référence qui a recruté un “bougnoule ” pour parler des cités.
Et pourtant, s’ils savaient à quel point la banlieue m’était étrangère. J’ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d’Algérie, ma mère avait eu l’intuition qu’il fallait vivre au centre-ville et non pas à l’extérieur pour espérer s’en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j’ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j’ai vécu l’enfer ! “Retourne dans ton pays”, “T’es pas chez toi ici”, étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.
Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l’oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : “Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d’Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c’est parce qu’il leur fallait un Arabe ?”
A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : “Vous êtes le prévenu ?” par l’huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.
Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : “Je m’appelle Françoise et vous ?” “Je suis M. Kessous “, lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. “Et votre prénom ?”, enchaîne-t-elle. Je crois qu’elle n’a pas dû faire attention à mon silence. Je n’ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu’elle me dirait que l’appartement avait déjà été pris. C’est arrivé si souvent. Je n’ai pas le choix. J’hésite, je bégaye : “Euhhhhh… Mus… Mustapha.”
Au départ, je me rendais seul dans les agences immobilières. Et pour moi - comme par hasard - il n’y avait pas grand-chose de disponible. Quand des propriétaires me donnent un rendez-vous pour visiter leur appartement, quelle surprise en voyant “M. Kessous” ! Certains m’ont à peine fait visiter les lieux, arguant qu’ils étaient soudainement pressés. J’ai demandé de l’aide à une amie, une grande et belle blonde. Claire se présente comme ma compagne depuis cet été et fait les visites avec moi : nous racontons que nous allons prendre l’appartement à deux. Visiblement, ça rassure.
En tout cas plus que ces vigiles qui se sentent obligés de me suivre dès que je pose un pied dans une boutique ou que ce vendeur d’une grande marque qui ne m’a pas ouvert la porte du magasin. A Marseille, avec deux amis (un Blanc et un Arabe) - producteurs du groupe de rap IAM -, un employé d’un restaurant a refusé de nous servir…
La nuit, l’exclusion est encore plus humiliante et enrageante, surtout quand ce sont des Noirs et des Arabes qui vous refoulent à l’entrée d’une boîte ou d’un bar. Il y a quatre mois, j’ai voulu amener ma soeur fêter ses 40 ans dans un lieu parisien “tendance”. Le videur nous a interdit l’entrée : “Je te connais pas !” Il aurait pourtant pu se souvenir de ma tête : j’étais déjà venu plusieurs fois ces dernières semaines, mais avec Dida Diafat, un acteur - dont je faisais le portrait pour Le Monde - et son ami, le chanteur Pascal Obispo.
Fin 2003, je porte plainte contre une discothèque lyonnaise pour discrimination. Je me présente avec une amie, une “Française”. Le portier nous assène le rituel “Désolé, y a trop de monde.” Deux minutes plus tard, un groupe de quinze personnes - que des Blancs - entre. Je veux des explications. “Dégage !”, m’expédie le videur. La plainte sera classée sans suite. J’appellerai Xavier Richaud, le procureur de la République de Lyon, qui me racontera qu’il n’y avait pas assez d’”éléments suffisants”.
Que dire des taxis qui après minuit passent sans s’arrêter ? Que dire de la police ? Combien de fois m’a-t-elle contrôlé - y compris avec ma mère, qui a plus de 60 ans -, plaqué contre le capot de la voiture en plein centre-ville, fouillé jusque dans les chaussettes, ceinturé lors d’une vente aux enchères, menotté à une manifestation ? Je ne compte plus les fois où des agents ont exigé mes papiers, mais pas ceux de la fille qui m’accompagnait : elle était blonde.
En 2004, une nuit à Lyon avec une amie, deux policiers nous croisent : “T’as vu le cul qu’elle a !”, lance l’un d’eux. “C’est quoi votre problème ?” rétorqué-je. Un des agents sort sa matraque et me dit en la caressant : “Il veut quoi le garçon ?” Le lendemain, j’en ai parlé avec Yves Guillot, le préfet délégué à la police : il m’a demandé si j’avais noté la plaque de leur voiture. Non…
En 2007, la brigade anticriminalité, la BAC, m’arrête sur les quais du Rhône à Lyon : j’étais sur un Vélo’v. On me demande si j’ai le ticket, si je ne l’ai pas volé. L’autre jour, je me gare en scooter sur le trottoir devant Le Monde. Je vois débouler une voiture, phares allumés : des policiers, mains sur leurs armes, m’arrêtent. Je leur dis que je travaille là. Troublés, ils me demandent ma carte de presse, mais pas mon permis.
Des histoires comme celles-là, j’en aurais tant d’autres à raconter. On dit de moi que je suis d’origine étrangère, un beur, une racaille, un islamiste, un délinquant, un sauvageon, un “beurgeois”, un enfant issu de l’immigration… Mais jamais un Français, Français tout court.
Découvrez les 458 réactions des lecteurs du Monde
Lire aussi Des Noms pas Propres, par Léon-Marc Levy