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mardi 8 février 2011

France : Démagogie xénophobe imbécile. RESF.INFO : URGENT !

Par RESF, 8/2/2011
Un objet principal à ce Resf.info : la situation intolérable de cette jeune mère placée en rétention alors qu’elle élève seule son enfant de 22 mois. La maltraitance des enfants, sport favori de Monsieur Hortefeux ?
D’autre part ce qu’on n’ose pas appeler une bonne nouvelle après la tragédie qui l’a précédée : Amarjagal GANAA, Mongol en rétention aux Pays-Bas sera libéré lundi. 14/2 Il retrouvera ses enfants à 8h40 à Roissy. On a demandé à la PAF qu’ils puissent disposer d’un lieu où se retrouver tranquillement quelques minutes. Refusé. Tous nos compliments au responsable (« Notre hiérarchie a décidé » disent les policiers) qui a pris cette décision qui l’honore. Celles et ceux qui le peuvent sont les bienvenus à Roissy (prévenir dans la mesure du possible pour qu’on puisse s’organiser, (mail perso à getmr@wanadoo.fr)
****

Le préfet veut expulser la mère ! Qui accompagnera sa fille Jessica à l'hôpital ?
Le préfet de Seine-Saint-Denis, bien qu’alerté sur les conséquences particulièrement traumatisantes qu'entraînerait l’expulsion de Mme G., ne semble toujours pas mesurer l'inhumanité et la gravité de ses actes.
Le 28 janvier 2011, il décide de placer cette mère de famille au centre de rétention administrative de Paris. Pourtant, il est informé que Mme G élève seule son enfant, Jessica, âgée de 22 mois. L'enfant souffre de violentes et fréquentes crises d'asthmes qui nécessitent un suivi régulier au CHU Jean-Verdier. La présence de sa mère est donc indispensable tant pour sa santé que pour son équilibre psychologique et affectif.
Mme G. est entrée en France en 2007 et a déposé en septembre 2010 une demande de titre de séjour auprès de la Direction des Étrangers de la préfecture de Seine-Saint-Denis qui s'est soldée par un refus accompagné d'une OQTF qu'elle n'a pu contester par méconnaissance des voies et délais de recours.
La décision d'expulser cette mère de famille constitue une violation des droits fondamentaux de sa fille Jessica, ceux-là mêmes reconnus par la Convention Européenne des Droits de l'Homme en son article 8 et la Convention Internationale des Droits de l'Enfant en son article 3-1.
Nous ne pouvons tolérer une politique du chiffre qui ne peut se mener qu'au mépris des situations humaines.
La place de cette mère de famille est auprès de sa fille Jessica et non dans un centre de rétention.
Contact sur ce dossier : Malika CHEMMAH 0643345147 / 0618415621
Pour protester contre cette décision et demander la libération ainsi que le respect des droits de l'enfant, écrivez (poliment):
michel.bart@interieur.gouv.fr (directeur de cabinet du ministre de la Chasse à l’enfant)
guillaume.larrive@interieur.gouv.fr (directeur-adjoint)
jean-marc.berlioz@interieur.gouv.fr
Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00 Standard 01 77 72 61 00
Secrétaire général secretariat-general@immigration-integration.gouv.fr
Secrétaire général : stephane.fratacci@immigration-integration.gouv.fr
Et là où se prennent les décisions
Elysée fax : 01 47 42 24 65
http://www.elysee.fr/ecrire/index.html
Maxime Tandonnet (conseiller immigration) maxime.tandonnet@elysee.fr
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LES ENFANTS GANAA RETROUVENT LEUR PERE
LUNDI 7 FEVRIER 8H40 A ROISSY (2F)
Ulaaka (13 ans) et Amarbayasqalan (2 ans), les fils aînés d’Amarjargal GANAA, retrouveront leur père lundi 7 février à 8h40 à l’aéroport Charles De Gaulle (2 F).
Les autorités néerlandaises ont libéré celui-ci après que le ministère de l’Intérieur français ait enfin accepté son entrée en France à titre humanitaire… un bien faible dédommagement après la dévastation de sa vie et de celle de sa famille provoquées par l’application stupide et inhumaine des lois xénophobes en vigueur aux Pays-Bas comme en France. Qu’on en juge.
Amarjargal GANAA et sa femme, Alta Ming, demandeurs d’asile mongols, avaient cru trouver un refuge aux Pays-Bas en 2007. Déboutés de leur demande, ils se retrouvent sans papiers.
Alta Ming est arrêtée en juin 2010 et envoyée en rétention, quelques semaines à peine après que son fils Ulaaka qu’ils avaient laissé à sa grand-mère en Mongolie, ait rejoint ses parents et son frère cadet, né en 2008 à Rotterdam.
Le 28 octobre 2010, Amarjargal Ganaa est à son tour enfermé, et les deux enfants confiés à leur tante.
Alta Ming, enceinte et malade, est libérée le 20 novembre 2010, avec l’obligation de quitter les Pays-Bas sous 48 heures. Alta Ming et ses enfants se réfugient, si l’on ose dire, en France, à Rennes, où vit une petite communauté mongole. Sans ressources et sans domicile, elle dort chez les uns et les autres, bénéficiant parfois d’un hébergement d’urgence, et passe même des nuits dehors avec ses enfants. Epuisée, Alta meurt en couches le 4 janvier. Elle avait 34 ans.
L’enfant, lui, peut être sauvé. Prématuré, il est placé en couveuse à l’hôpital. Ses deux aînés sont recueillis par une famille mongole sous le contrôle de l’ASE.
Alertées, les autorités néerlandaises, refusent de libérer le père tant que le gouvernement français ne s’engage pas à autoriser Amarjargal GANAA à rejoindre ses enfants en France. Il lui est ainsi interdit d’assister à la cérémonie funéraire de sa femme.
Chacun prend son temps : la demande néerlandaise est faxée le 13 janvier, la réponse française n’est donnée que le 31 janvier sur décision de M. Hortefeux, qui sent monter une mobilisation indignée et craint la médiatisation du démembrement de la famille GANAA.
Car si cette affaire ne connaît pas une fin plus tragique encore et si, finalement, le père et les enfants vont quand même être réunis, c’est parce que les gouvernants ne redoutent rien tant que la mise en lumière des drames induits par ce qu’ils appellent « une politique ferme mais humaine en matière d’immigration». Il aura fallu 17 jours de silence et d’atermoiements côté français pour finir par permettre à un père et ses enfants profondément meurtris d’entrevoir un peu d’espoir.
Lundi donc, les enfants viendront de Rennes avec leur famille d’accueil retrouver leur père à Roissy. Des élus, des militants du RESF les accompagneront pour signifier aux autorités françaises que l’histoire atroce d’Amarjargal GANAA et des siens ne s’achèvera qu’avec la délivrance d’un titre de séjour Vie privée et familiale, qui lui permettra de travailler et d’aider ses enfants à reconstruire une vie dévastée par une démagogie xénophobe imbécile.

samedi 18 décembre 2010

RESF : LES ORPHELINS DE NOËL

Par RESF, 14/12/2010
14 adultes en Centre de Rétention Administrative 19 enfants sans l'un de leurs parents

Dans 15 jours, ce sera Noël, fête entre toutes des enfants et des parents, pour beaucoup. Joie, bisous, cadeaux, émerveillement des tout petits.
Pourtant, pour un certain nombre d’enfants, Noël 2010 aura le goût de l’amertume, des larmes et de la souffrance. Pas pour des coups du sort inévitables, la maladie, la mort. Mais par la volonté délibérée d’un homme, Nicolas Sarkozy, qui dans l’espoir de remonter dans les sondages, estime de son intérêt d’afficher le nombre d’expulsions à pratiquer dans l’année. Or, à en croire la Voix de son maître, le ministre de la rafle, du drapeau et de la circulation routière hivernale, les chiffres prévus pour 2010 ne seraient pas atteints. Il faut donc expulser, expulser, expulser.
Cette façon de faire de la démagogie en méprisant les dégâts provoqués sur les enfants et les parents utilisés comme victimes expiatoires est inadmissible. Elle déshonore ceux qui en décident mais aussi ceux qui, par cynisme, imbécilité politique ou soumission à leur maître la mettent en œuvre. Brice Hortefeux est au premier rang de ceux-là, probablement pour chacune des trois raisons.
Nous lui souhaitons donc de passer un excellent Noël en famille et d’avoir à ce moment-là une pensée pour les gamins dont il bousille non seulement Noël mais aussi toute l’enfance.
Pour protester : le ministère de la Rafle et du drapeau est en réorganisation. Il semble que ce soit le secrétaire général de l’ex-ministère qui gère :
Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00 Standard 01 77 72 61 00
Secrétaire général secretariat-general@immigration-integration.gouv.frSecrétaire général : stephane.fratacci@immigration-integration.gouv.fr
Au ministère de l’Intérieur Guillaume Larrivé (Directeur-adjoint du cabinet qui était déjà en charge des expulsions quand Sarkozy était ministre de l’Intérieur) guillaume.larrive@interieur.gouv.fr
Idem pour jean-marc.berlioz@interieur.gouv.fr
Matignon : http://www.gouvernement.fr/premier-ministre/ecrire
Et là où se prennent les décisions
Elysée fax : 01 47 42 24 65
http://www.elysee.fr/ecrire/index.html

jeudi 2 septembre 2010

ROCK SANS PAPIERS à Bercy le 18 septembre



Alors que se prépare la nouvelle loi Besson, les récentes déclarations de MM. Sarkozy, Hortefeux, et autres amalgamant gens du voyage citoyens français et Roms originaires de Roumanie et de Bulgarie (par ailleurs membres de l’Union Européenne) tous désignés à la vindicte publique puis leurs propos insultant les immigrés, présentés comme responsables de l’insécurité , témoignent d’une volonté délibérée du gouvernement de durcir encore sa politique migratoire et d’envoyer de nouveaux messages de haine de l’autre aux relents racistes manifestes.
Le 4 septembre à 11 heures, les artistes du concert Rock sans Papiers du 18 septembre à Bercy accompagnés de nombreux autres artistes, d’intellectuels, de cinéastes, d’écrivains, de scientifiques, de syndicalistes, d’associatifs, d’élus et de citoyens, représentants des larges couches de la population que cette politique indigne, se rassembleront à proximité du ministère de l’Immigration.
Régine, Jane Birkin, Agnès Jaoui, Jeanne Cherhal, Clarika et d’autres interprèteront « Les P’tits papiers », chanson symbolique et ironique porteuse d’espoir dans la tourmente.
Une délégation demandera à être reçue au ministère pour exprimer son refus d’une politique inhumaine à l’égard des familles et des travailleurs sans papiers.
Nous irons ensuite rejoindre Place de la République le grand rassemblement républicain qui se construit pour marquer un coup d’arrêt à une politique raciste, xénophobe et sécuritaire.

4 SEPTEMBRE 2010 11 HEURES « LES P’TITS PAPIERS » MÉTRO VARENNES
15 HEURES RASSEMBLEMENT PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

Toutes infos sur le concert : rocksanspapiers.org
Pour acheter vos billets
ou

jeudi 19 août 2010

France : Eric Besson prend l’air américain, les Roms reprennent l'air roumain

Par ANAËLLE VERZAUX, PASCAL COTELLE, Bakchich, 19/8/2010
79 Roms devraient être expulsés de France jeudi 19 août. Mercredi, Eric Besson, le ministre de l’Immigration, s’est lui, envolé pour New-York. Il y sera toujours mieux qu’en France ou qu’en Roumanie. Quoique…
Eric Besson, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, s’est envolé mercredi matin. Pas pour la Roumanie, non. Destination : New York. Il devrait rester aux États-Unis jusqu’au 23 août.
Pendant ce temps là, jeudi 19 août, 79 Roms sans-papiers prendront un vol forcé pour la Roumanie, à la demande du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Et de celle du ministre de l’Immigration.
Mais alors, pourquoi s’échapper en si bon chemin ? « Ce voyage était prévu de longue date. Monsieur Besson est parti pour des raisons professionnelles. D’ailleurs, sa secrétaire est également du voyage », a assuré le ministère de l’Immigration à Bakchich.info.
Bakchich, pourtant, n’a pas vu de secrétaire, mercredi matin, à l’aéroport… Eric Besson était bien accompagné, mais de son garde du corps, qui voyageait avec lui, en première classe.
L’attachée de communication du ministère a ensuite ajouté : « Monsieur Besson doit rencontrer plusieurs ministres américains. Ils vont évoquer tout ce qui touche à l’intégration, à la naturalisation, aux procédures d’intégration ». A la bonne heure !
Les Américains n’ont pas l’air d’apprécier beaucoup la politique d’expulsion du ministre. Pas plus que l’ONU qui a vivement critiqué, fin juillet, les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy à Grenoble : expulsion des Roms et déchéance de nationalité pour certains délinquants. Le 5 août, en effet, un édito du prestigieux quotidien le New York Times, intitulé « Xénophobie : la chasse aux non-Français », accusait le gouvernement français de mener une politique xénophobe à des fins électoralistes.
Une critique à laquelle Eric Besson a répondu, le 17 août, sur RTL : « Cela prouve que même un grand quotidien de référence
peut au milieu de l’été raconter et écrire des bêtises ».
Les ministres américains souhaiteront sans doute la bienvenue à Eric Besson. Et pourront toujours lui livrer quelques conseils en matière de construction de murs. Mais Besson risque d’être moins bien accueilli par ces drôles de journalistes qui écrivent tellement de bêtises.

mercredi 10 février 2010

Le pays où l'on arrête les enfants

Comment concilier sécurité et liberté ? Le débat est presque aussi vieux que la philosophie des Lumières ou la Déclaration des droits de l'homme. Il est tenu pour acquis que la droite privilégie généralement la première et la gauche la seconde. C'est à ce nouvel exercice que se livre donc depuis hier Brice Hortefeux, qui défend devant l'Assemblée nationale une loi fourre-tout où il est surtout question d'étendre la vidéosurveillance et les possibilités d'intrusion de la police dans les ordinateurs de tout un chacun. Sans doute la loi doit-elle s'adapter aux nouvelles techniques : il n'est pas absurde que, pour les dossiers les plus graves, une sorte d'« écoute numérique » vienne renforcer les bonnes vieilles écoutes téléphoniques. Mais il y a là un risque d'intrusion dans la vie privée qui inquiète à juste titre les défenseurs des droits de l'homme. Autre mesure envisagée : l'aggravation des peines pour les agresseurs de personnes âgées. Personne ne peut nier ce qu'il y a d'odieux à s'en prendre à des gens vulnérables. Mais on se souvient que Brice Hortefeux, reprenant ainsi la technique éprouvée de son ami et prédécesseur Nicolas Sarkozy, a proclamé cette mesure après l'horrible assassinat d'un couple de personnes âgées. Succombant ainsi au réflexe quasi pavlovien : un fait divers, une nouvelle loi. Or, la loi en discussion à l'Assemblée doit être la treizième ou quatorzième (on ne sait plus trop) depuis 2002...
Mais le débat porte aussi sur les conditions de la garde à vue, un « sport » dans lequel notre pays est devenu champion, au point que cela va finir par devenir constitutif de notre identité nationale.
Il y a visiblement de l'abus dans leur nombre (800 000 l'an dernier !) et surtout dans leur objet. Ainsi, comment des policiers peuvent-ils embarquer des adolescentes de 14 ans et les garder dix heures au poste ? Alors qu'il ne s'agit pas de délinquantes mais de jeunes filles qui ont voulu empêcher une bagarre ? Voilà qui rappelle - en pire - l'interpellation musclée d'un journaliste de « Libération » il y a quatorze mois. Mais aussi l'expulsion récente d'une petite Marocaine vers son pays. Est-ce là la France de 2010 ? Une France où l'on arrête les enfants. Une France dans laquelle certains de ceux qui devraient assurer notre sécurité, et donc notre liberté, en viennent à piétiner l'une et l'autre.

vendredi 2 octobre 2009

Brice Hortefeux décoré au royaume de la torture

par Diaspora saharaui, 1/10/2009

Brice Hortefeux, ministre français du Travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville, vient d'être décoré du Ouissam alaouite de Grand Officier. Il faut reconnaître qu'il l'a bien méritée pour tous les services rendus au Maroc.
Son engagement à défendre les intérêts du royaume alaouite est tel qu'il n'a pas hésité, en décembre 2005 à envoyer des missives aux maires du Mans, Jean-Claude Boulard, et de Gonfreville l'Orcher, Jean-Paul Lecoq, pour leur demander de retirer le drapeau de la RASD de leur cérémonies de solidarité avec le peuple sahraoui.
Il y a plus d’une quinzaine d’années, ces deux collectivités ont enfreint les bonnes mœurs diplomatiques en se jumelant avec les campements de réfugiés sahraouis de Tindouf en Algérie. Shocking ! En effet, la glorieuse diplomatie soutient depuis toujours le Maroc dans le dossier du Sahara occidental. Mais force est de reconnaître que jusque-là personne, à part les réseaux consulaires marocains, n’a rien à trouvé à redire sur ces jumelages. Et Hortefeux fût… qui écrit aux maires : « l’attention du Ministère de l’Intérieur a été attirée par l’Ambassade du Maroc en France sur le fait que votre Mairie arborait à certaines occasions un drapeau de la « République Arabe Sahraouie Démocratique » et consacrait dans son site Internet un article comportant des formulations susceptibles d’être contestées au plan diplomatique ».
Ne reculant devant rien, Hortefeux se présente comme agissant sur « la recommandation du Ministère des Affaires Etrangères ». Et enchaîne : « tout en respectant profondément l’action humanitaire et sociale de votre municipalité en faveur des camps sahraouis, j’estime souhaitable au regard de nos engagements diplomatiques de vous recommander d’éviter, dans vos manifestations officielles et votre communication publique (…) la présence du drapeau sahraoui ainsi que l’utilisation de termes susceptibles de traduire une prise de position diplomatique, tels que « République Arabe Sahraouie Démocratique », au profit d’expressions plus neutres (« Sahara occidental ») ne prêtant pas à contestation. ».
Pour justifier sa démarche, B. Hortefeux, rappelle que « le territoire du Sahara occidental n’est pas encore doté d’un statut juridique déterminé » et que la « “République Arabe Sahraouie Démocratique” n’est pas reconnue par l’ONU, pas plus que par notre pays, et ne constitue actuellement qu’une “entité” sans existence légale. La présence de son drapeau à côté de ceux de pays membres des Nations-Unies devrait, donc, au regard de notre diplomatie, être évitée. »
En matière de jumelage, la réglementation indique seulement que ceux-ci ne doivent pas porter atteinte à la diplomatie française. Rien n’interdit en revanche, à une ville française de se jumeler avec une entité dont le statut est de territoire non-autonome au sens que l’ONU entend, c’est à dire un territoire soumis à un colonialisme et DOIT s’autodéterminer, selon les règles internationales en la matière. C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup de collectivités françaises sont jumelées avec des camps de réfugiés de partout dans le monde.
La démarche de Brice Hortefeux est révélatrice du degré de corruption qu’ont atteint certains responsables et hommes politiques français qui ne défendent pas gratuitement ni par principe les thèses marocaines qui représentent, en ce qui concerne le Sahara Occidental, le comble de l’injustice.
"La RASD n’est pas reconnue par l’ONU". Cela est un argument biaisé qui ne cherche pas la manifestation de la vérité car même si la RASD n’a pas de siège officiel à l’ONU, Hortefeux faisait semblant d'ignorer qu’elle est admise, reconnue et respectée au sein d’une importante entité régionale qu’elle a cofondée et qui est l’Union Africaine. Elle est également reconnue par de nombreux pays en dehors de l’Afrique. Actuellement plus de 85 pas la reconnaissent dans le monde. Et ce n’est pas rien. Par ailleurs, le Front POLISARIO est membre observateur comme le Fatah palestinien à l’ONU et à ce titre il a pu négocier et conclure des accords avec l’ONU mais aussi avec le Royaume du Maroc, les derniers en date étant les accords de Houston, quatre rounds de négociations à Manahasset et une rencontre informelle à Vienne au mois d'août dernier.
Les villes françaises jumelées avec leurs consoeurs sahraouies ont eu une démarche non seulement juridiquement légale mais aussi moralement juste. Par contre la démarche du "Grand Officier" marocain ressemble plus à une honteuse intimidation qui se soucie peu du droit et de l’éthique et qui méconnaît totalement l’engagement sincère et profond des villes comme Gonfreville l’Orcher ou le Mans à côté du Sahara Occidental dans le drame de l’occupation qu’elle traverse.
La RASD est un peuple et un Etat qui sont déjà souverains depuis plus de trois décennies sur une partie non négligeable du Sahara Occidental, aussi grande que la Belgique, ils administrent Tifariti, Bir Lehlou, Mijek… et y appliquent les lois de la RASD. Ils ont des échanges économiques, culturels et humains continues et de tous les jours avec beaucoup de pays du monde. Ils ont des institutions et une histoire qui ne font pas honte aux sahraouis.
Ceux qui ont changé de veste et qui n’ont pas hésité à s’adresser directement au peuple sahraoui pour le conseiller et lui dire combien il est dans son intérêt actuel et futur de se considérer comme marocain… Qu’elle ignorance pour la lutte des peuples ! Quel mépris pour le peuple sahraoui et quelle injustice vis-à-vis du Sahara Occidental ! Comme si c’est un luxe et un jeu pour les sahraouis de résister, de lutter et de souffrir le martyr des décennies durant. Il faut savoir que le sang, les larmes et les sacrifices des sahraouis n’était pas sans raisons, et il est temps de leur rendre justice.
Il faudra bien tot ou tard reconnaitre qu’il y a un peuple qui ne demande que de prendre en main ses destinées et que tôt ou tard il faudra lui donner ce droit qui est internationalement reconnu et approuvé par les instances internationales.

NDLR SOLIDMAR:
L'Ordre du Ouissam alaouite est une décoration militaire créée en 1913 par les autorités françaises du Protectorat pour récompenser des "actes de bravoure" miitaires ou des services rendus à l'État. D'après Robin Bidwell (Morocco under colonial rule), cet ordre a été créé par les autorités coloniales pour éviter d'avoir à recourir à la Légion d'Honneur. En somme, une Légion d'honneur pour "bougnoules". Ainsi, en 1917 le Caïd Djilali Ben Thami Ben Abbas, des Zirara et Taknas des Cherardas reçut le Ouissam car il était "lettré et très intelligent. Très dévoué et entièrement acquis à la cause française...(et il) vient de s'acquérir de nouveaux titres en facilitant la constitution du domaine réservé à la colonisation française" (L'Afrique française). Un des plus célèbres décorés fut le Général US Patton qui prit Casablanca après 4 jours de combat en 1943, au cours de l'Opération Torch. le Sultan le décora du Ouissam avec la citation : "Les Lions dans leurs tanières tremblent en le voyant approcher". Quand Hortefeux approche, ce ne sont pas les lions qui tremblent, mais les hommes et les femmes...

jeudi 20 août 2009

L'IGNOMINIE


Par Samira Kinani, 20/8/2009
A SON EXCELLENCE L’AMBASSADEUR DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE AU MAROC

Excellence,
Samedi dernier, elle s’est éteinte.
Sa mort, j’en suis certain, vous a enlevé une épine du pied, ainsi qu’à vos collaborateurs et à vos responsables au plus haut niveau à Paris.

Monsieur l’ambassadeur,
Vous avez dû vous sentir soulagé, débarrassé d’une affaire qui écumait la presse nationale marocaine depuis plus d’une année. Des écrits qui dévoilaient un scandale insupportable et inhumain.
Elle est partie dans des souffrances atroces après un calvaire qui a duré près de deux années, plus d’un million de minutes dont chacune fut insoutenable
Mais, pour vous de quoi s’agissait-il ?
D’un drame humain ? Je ne le crois pas.
Elle était atteinte d’un certain type de cancer, qui, selon vos professeurs de médecine, ne pouvait être traité au Maroc, mais en France, terre, dit-on, des droits humains, de la fraternité et tutti quanti..
Mais pour cela, il lui fallait un visa.
Elle prépara tous les papiers nécessaires et présenta son dossier au consulat de Fès.
Refus du consulat motivé par une erreur causée par une homonymie malencontreuse.
L’erreur était flagrante, mais rien ne put venir à bout de l’arrogance, du mépris et de la suffisance des autorités françaises.
Alors, elle frappa à toutes les portes : Fadéla Amara, Brice Hortefeux et même le président Sarkozy.
En vain.
Tous avancèrent de simples et insignifiantes arguties, mais nulle enquête sérieuse ne fut entreprise.
Le 17 juin 2008, son frère Abdelaziz se voit éconduit par le chef du cabinet du Président français qui lui écrit : « Je dois vous indiquer qu’il ne m’est pas possible de répondre à votre attente dès lors que les services compétents, auxquels la présidence de la République ne peut se substituer, se sont déjà prononcés ».
Bien entendu, la République ne se trompe jamais, sinon qu’adviendrait-il de l’autorité et de la légitimité de l’Etat ?
Le précédent « Omar m’a tué » restera gravé à jamais dans la mémoire de plus d’un Marocain. Comme restera gravé le nom de Aïcha MOKHTARI, morte dans des souffrances atroces à cause d’un bout de papier appelé VISA.
La mort de cette femme relève, à bien des égards, de la non assistance à personne en danger, car vous saviez et vos services aussi, que Aïcha se mourrait, se consumait. Ce refus inhumain fut une condamnation à mort qui ne devait connaître son terme fatal qu’après une agonie de plusieurs mois.
Face à celle-ci, votre attitude ne changea pas d’un iota, drapés que vous étiez dans vos certitudes.

Monsieur l’ambassadeur,
Croyez-vous, sincèrement, que dans l’état où elle se trouvait, elle constituait un quelconque danger pour la sécurité de votre pays ou qu’elle cherchait à s’y installer ?
Comment expliquer cette attitude condamnable à tous égards, sinon par le mépris, à tous les échelons, de votre administration pour la vie d’une « indigène » dont la mort n’intéresse et ne troublera personne et qui ne pourra faire la une de vos journaux télévisés.

Monsieur l’ambassadeur,
A sa mort la rotule de Aïcha a éclaté, laissant échapper une nuée de vers …tant elle était décomposée.
Mais passons sur ces « détails » que vous qualifieriez de sordides d’inconvenants, de déplacées, ou, pour le moins, de mauvais goût.
Mais, hélas, n’excellant pas dans le langage diplomatique, vous excuserez la crudité de mes propos , mais, c’est de la mort d’un être humain qu’il s’agit et non d’un gala huppé de charité.

Monsieur l’ambassadeur,
Bien entendu, vous ne pouviez adopter une attitude aussi indigne que parce que vous saviez n’avoir pas de compte à rendre et que votre Etat vous couvrirait en toutes circonstances.

Monsieur l’ambassadeur,
Je n’écris pas pour vous, j’écris pour mes compatriotes, j’écris pour l’avenir, j’écris pour dénoncer l’insupportable, j’écris parce que je souffre, parce qu’une partie de moi-même est partie avec Aïcha, une femme que je ne connaissais pas, mais dont j’ai partagé la solitude, la souffrance et le désespoir. J’écris pour vous dire ma colère et ma profonde tristesse.
J’écris afin que de telles injustices ne se reproduisent plus.

Monsieur l’ambassadeur,
Ayez la conscience tranquille. Il ne s’agit que d’une dénommée Aïcha Mokhtari qui, pour nos gouvernants, n’était qu’une « Bouzabelle », une « kahlat rass », une « khorotovski »
Elle n’était pas de la famille de cet ancien conseiller du roi qui avait fauché une policière, impunément.
Elle n’était pas la fille de ce chef « historique » d’un syndicat qui a percuté sciemment certains de ses ouvriers qui réclamaient leur dû.
Elle n’était pas la tante du Roi qui a tailladé, en public, le visage d’une avocate, en toute impunité.
Elle n’était pas l’enfant de ce wali, qui, ivre mort, pendant le mois de ramadan, a causé un accident mortel et qui a été relaxé car jugé « déséquilibré ».
Elle n’était pas l’épouse de la tante du souverain dont le mari a tiré sur un policier qui voulait accomplir son devoir.
Elle n’était qu’une Marocaine lambda !

Monsieur l’ambassadeur,
Je suis heureux que l’on n’ait pas à vous demander un permis d’inhumer, car je suis certain que vos subordonnés auraient trouvé qu’il manquait quelques pièces.
Monsieur l’ambassadeur,
Si vous avez agi avec tant de désinvolture, c’est parce que vous y avez été encouragé par l’inaction des responsables et des gouvernants marocains, par leur laxisme, par leur mépris pour leurs compatriotes.
Aïcha n’était qu’un sujet parmi des millions d’autres, mais pas une citoyenne. La citoyenneté implique en effet des devoirs pour l’Etat et le rend comptable de ses actes.
Aïcha avait frappé à toutes les portes, celle du Palais royal, celle du cabinet royal, celle de tous les ministres et, en premier lieu, celui de la santé, Yasmina Baddou qui a traité l’affaire par-dessus la jambe. Elle s’est adressée au premier ministre mais qu’attendre d’un homme qui a montré dans l’affaire Annajat – et ses milliers de victimes – le peu de cas qu’il fait des petites gens ! Lui aussi serait pénalement responsable de non assistance à personne en danger.
Quant à nos « leaders politiques » et nos « intellectuels », ils n’ont vu là qu’un vulgaire fait divers sans le moindre intérêt !
Ils ont eu le même comportement dans l’affaire de Zahra Boudkour et de ses camarades qui ne trouvèrent soutien et réconfort qu’avec l’AMDH, la presse nationale, presque toutes tendances confondues, et auprès d’intellectuels français comme Ignacio Ramonet, Ignace Dalle et espagnols, dont Barnabé Lopez Garcia.

Monsieur l’ambassadeur,
Auriez vous fait preuve de la même intransigeance si Aicha était fille, cousine ou même une proche d’un quelconque puissant de ce pays ?
Monsieur l’ambassadeur,
Nous aurions aimés, qu’avant de quitter le plus « beau pays du monde », vous vous expliquiez, vous et les responsables marocains, devant une commission d’enquête de ce qui semble être un crime de non assistance à personne en danger…..

Monsieur l’ambassadeur,
De cette tragique affaire, je ne retiendrai, comme la plupart de mes compatriotes, qu’une triste certitude : c’est que votre gouvernement ne pratique que la règle des deux poids et deux mesures. La Fontaine reste tristement d’actualité : Suivant que vous soyez puissant ou misérable, les juges de la Cour vous rendront blanc ou noir…