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lundi 17 septembre 2012

Roms : la commune humanité bafouée

La Bande Passante, 17/9/2012
Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.
Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.
Manuel Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15 000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?
Si les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens, ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne) un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ? En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris : si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.
Certes, Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain (faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants Roms.
Evacuation du camp de Roms ce matin. Photo AFP / KENZO TRIBOUILLARDLa majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.
En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.
Il ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce racisme.
Surtout, plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding, commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.
Nous ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.
Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale : Rien ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain, de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur l’avenir.


Les premiers signataires :
Karim Abboub, psychanalyste
Benjamin Abtan, Président du Mouvement Antiraciste Européen EGAM
Michel Agier, directeur d'études EHESS
Eric Alliez, Philosophe, Université Paris 8 / Kingston University
Jean-Loup Amselle, anthropologue
Etienne Balibar, philosophe
Fethi Benslama, Professeur de Psychopathologie
Anne Emmanuelle Berger, professeure de littérature et d'études de genre, Paris 8
Jacques Bidet, professeur émérite à l'Université de PARIS OUEST
Bertrand Binoche, professeur à Paris-I
Luc Boltanski, directeur d'études à l'EHESS
Matthieu Bonduelle, président du Syndicat de la magistrature
Frank Burbage, Professeur de philosophie
Alain Brossat, Professeur de philosophie (émérite), Université Paris 8
Cécile Canut, linguiste, Paris Descartes
Alice Cherki, psychiatre, psychanalyste, essayiste
Ariane Chottin, psychologue
Nathalie Chouchan, Professeur de philosophie
Hélène Cixous, Ecrivain
Olivier Clochard, président de Migreurop
Michèle Cohen-Halimi, maître de conférences en philosophie à l'Université de Paris Ouest Nanterre
Patrice Cohen-Séat, Président d'Espaces-Marx
Catherine Coquio, professeure de littérature à Paris-Diderot (Paris 7)
Philippe Corcuff, maître de conférences à l'IEP de Lyon et membre du conseil scientifique d'Attac
Claude Corman, cardiologue
Marie Cuillerai, département de philosophie de Paris 8
Jean-Pierre Dacheux, docteur en philosophie
Françoise Dastur, Professeur honoraire des universités, Archives Husserl de Paris
Marianne Denicourt, comédienne
Ivaylo Ditchev, Professor of cultural anthropology
Suzanne Doppelt, auteur
Stéphane Douailler, Professeur de philosophie, Université Paris 8
Espaces Marx
Eric Fassin, sociologue, Paris 8
Michel Feher, philosophe, président de l'association cette France-là
Goran Fejic, analyste politique, ancien fonctionnaire international
Franck Fischbach, Philosophe, Univ. Nice Sophia-Antipolis
Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherches CNRS
Frédéric François, linguiste
Marie Gaille, philosophe, chargée de recherche au CNRS
Patrick Gonin, Enseignant chercheur Université de Poitiers
Elisabeth Gauthier
François Gèze, éditeur
Lisa Ginzburg, journaliste
Alfredo Gomez-Muller, Professeur Université de Tours
Robert Guédiguian, cinéaste
Serge Guichard, Association de Solidarité en Essonne aux Familles Roms
Hugo Haas, architecte, La Cigüe
Jean-Frédéric de Hasque, réalisateur – anthropologue
Chantal Jaquet, Philosophe, professeur à l'université Paris1-Panthéon-Sorbonne
Alain Joxe, ancien directeur d'études à l'EHESS, directeur du CIRPES
Alain Keler, Photographe
Françoise Kerleroux, linguiste, professeur à la retraite, Paris 10 Nanterre
Cécile Kovacshazy, maître de conférences en littérature comparée
Denis Lachaud, écrivain
Thomas Lacoste, cinéaste et éditeur, La Bande Passante
Catherine Larrère, Université Paris 1
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
Jean-Pierre Lefebvre, Ecole Normale Supérieure
Olivier Legros, MCF Université de Tours et membre Urba-Rom
Catherine Lévy, sociologue
Jean-Marc Lévy-Leblond, Professeur émérite de l'université de Nice
Jean-Pierre Liégeois, sociologue
Daniele Lochak, universitaire, présidente honoraire du Gisti
Isabelle Lorand, chirurgienne, responsable Droits et liberté PCF
Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS, Paris
Seloua Luste Boulbina, Directrice de programme, Collège International de Philosophie
Charles Malamoud, Indianiste, directeur d'études honoraire, Ecole pratique des hautes Études
Philippe Mangeot, enseignant
Nicolas Martin-Granel, chercheur associé à l'ITEM (CNRS/ENS)
Stéphane Maugendre, président du Gisti
Jacques Message, Chaire supérieure de philosophie (Amiens)
Renée Le Mignot co-présidente du MRAP
Christophe Mileschi, écrivain, italianiste
Ariane Mnouchkine, metteuse en scène
Richard Moyon, Réseau Education sans frontières, RESF
Laurent Mucchielli, sociologue
Jean-Luc Nancy, philosophe
Pap Ndiaye, historien EHESS
Catherine Neveu, Directrice de recherche au CNRS
Gérard Noiriel, EHESS, Paris
Bertrand Ogilvie, professeur de philosophie, psychanalyste, université Paris 8-Saint Denis
Salvatore Palidda, DISFOR-UNIGE, Universita' degli Studi di Genova
Claude Pennetier, Directeur du Maitron, chercheur CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle
Germinal Pinalie, Revue Classes
Mathieu Potte-Bonneville, Collège International de Philosophie / ENS de Lyon
Jean-Luc Poueyto, anthropologue, Université de Pau et des Pays de l'Adour
Vincent Rafis
Isabelle Rèbre, cinéaste
Marie-Joëlle Redor, Enseignant chercheur à l'Université de Caen Basse-Normandie
Judith Revel, philosophe, maître de conférences, univ. paris 1 panthéon-sorbonne
Revue Vacarme
Claire Rodier, vice-présidente de Migreurop
Diogo Sardinha, Directeur de programme au Collège international de philosophie
Pierre Sauvêtre, Doctorant en science politique, chargé de cours à Sciences-Po Paris
Guillaume Sibertin-Blanc, Philosophe
James T. Siegel, anthropologue émérite, Cornell University
Andrée Tabouret-Keller, linguiste
Sébastien Thiéry, politologue
Louis-Georges Tin, président du CRAN
Michel Tort, psychanalyste
Transform!
Eleni Varikas, Professeur émérite, Université Paris 8
Patrick Vauday, Professeur à l'Université Paris 8
Patrice Vermeren, Directeur du département de philosophie, Paris 8
Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherche au CNRS


N'hésitez pas à diffuser largement cet appel.

jeudi 2 septembre 2010

Rrom Fest à Montlaur (Aude) les 3 et 4 septembre

l'association SAE RROMA  présente :
RROM FEST
festival de musique tsigane. 2° Édition.
3&4 septembre 2010
à MONTLAUR (11 220)
Sous chapiteau


RROM FEST est organisé par


rromfest@gmail.com
06 62 03 39 15 ou 04 68 78 43 49
web : www.myspace.com/rromfest

Mettre à l'honneur la musique rrom
 et mieux connaître ce peuple pour s'opposer à sa stigmatisation.

Le festival a eu lieu pour la première fois en septembre 2009.
Il a été impulsé par un noyau d'artistes audois réunis autour du projet des musiciens de TRAIO ROMANO : groupe de musique tsigane Franco-Roumain dont le leader Gavrish est installé à Montlaur depuis 4 ans. Ils ont souhaité inviter dans un moment festif les artistes et acteurs de la culture Rrom : musiciens, artistes, intellectuels, cinéastes, etc... qu'ils ont rencontré lors de leurs tournées internationales.

Tout ce réseau artistique a été réuni le temps du « Rrom Fest », livrant à un large public initié où non, les clés de cette culture, dans un temps festif et chaleureux, d'échanges et de partages.
La réussite de la première édition tant au niveau du public qui a répondu largement présent, qu'à la qualité des spectacles et animations produits et bien entendu à l'implication sans bornes d'une équipe de bénévoles sur-motivés, fait que la deuxième édition s'impose naturellement !

Seront présents des groupes de la scène Rrom internationale (« Samson Schmitt » :grand nom du Jazz manouche, « Les Gitans Dhoad du Rajasthan », les « Pradal » : enfants prodiges du nouveau flamenco..)  des groupes locaux à influences tsigane (« Rodinka », « Goût moi ça ») …des passionnés de musique tsiganes venus du bout du monde (« Dj CYCO » du Japon, « La menina sin nombre » et « Dj Tagada » de Paris)
Du trad aux platines en passant par le jazz, tous les styles sont ici représentés !

Représentés également les arts culinaires, la photographie , le cinéma, la déco, le cirque, la littérature …

Les rroms, la musique rrom ,

L’endonyme « Rrom » est le nom courant qu’emploie ce groupe pour se désigner lui-même, Manouches, Gitans, Tsiganes, Romanichels, Bohémiens, sont des exonymes employés par les « gadjé »  c'est à dire les non-rroms.

C'est une des plus grosses minorités d'Europe (7 millions) et elle vit  trop souvent dans l'exclusion et la discrimination.

Celle-ci se définit comme une nation sans territoire compact et sans prétention à un tel territoire * .
Ses revendications ne portent pas sur l’espace, mais sur le droit et la justice.
Le peuple Rrom est un élément constitutif de l’Europe, à laquelle il a apporté une contribution humaine, matérielle, artistique, économique, militaire et morale trop souvent négligée , qui  souhaite s’inscrire dans une dynamique progressiste, orientée vers l’intégration sociale, l’égalité des droits, le refus de l’exclusion et le respect mutuel de toutes les identités représentées en Europe .**
La musique et la danse tiennent une place prépondérante dans la communauté romani. elles constituent un moyen de transmission des valeurs et de la culture entre la vieille et la jeune génération. La musique est un devoir car elle est un moyen de survie identitaire.    
« Les musiques tsiganes échappent à toute géographie, autant nomades dans leur immédiateté musicale que dans l'histoire qui les a construites. C'est sans doute cela la grande force de cette musique, sa virtuosité nous nargue, son effervescence nous fait vaciller et son arrogante mélancolie nous émeut...et elle ne peut être désirée qu'ainsi : heureuse si elle est libre! »***


* cinquième congrès de l’Union Rromani Internationale, Prague, juillet 2000)
** définition du peuple rrom pour une  proposition de statut cadre élaborée par le Ranelpi (Réseau rrom des activistes sur les questions juridiques et politiques) pour l’Union européenne.
*** J-C LEMENUEL (directeur artistique du festival « sur les routes des musiques tsiganes » de CAEN)
Déroulement  RROM FEST 

Lieu : Montlaur 11220, Chapiteau sur parking du Foyer.
Entrée : 8€, pass 2 jours 12€
Buvette et restauration sur place.
Consultez le programme détaillé
Pour arriver à Montlaur: 

Agrandir le plan

dimanche 22 août 2010

Rrom Fest à Montlaur (Aude) les 3 et 4 septembre



l'association SAE RROMA  présente :
RROM FEST
festival de musique tsigane. 2° Édition.
3&4 septembre 2010
à MONTLAUR (11 220)
Sous chapiteau


RROM FEST est organisé par


rromfest@gmail.com
06 62 03 39 15 ou 04 68 78 43 49
web : www.myspace.com/rromfest

Mettre à l'honneur la musique rrom
 et mieux connaître ce peuple pour s'opposer à sa stigmatisation.

Le festival a eu lieu pour la première fois en septembre 2009.
Il a été impulsé par un noyau d'artistes audois réunis autour du projet des musiciens de TRAIO ROMANO : groupe de musique tsigane Franco-Roumain dont le leader Gavrish est installé à Montlaur depuis 4 ans. Ils ont souhaité inviter dans un moment festif les artistes et acteurs de la culture Rrom : musiciens, artistes, intellectuels, cinéastes, etc... qu'ils ont rencontré lors de leurs tournées internationales.

Tout ce réseau artistique a été réuni le temps du « Rrom Fest », livrant à un large public initié où non, les clés de cette culture, dans un temps festif et chaleureux, d'échanges et de partages.
La réussite de la première édition tant au niveau du public qui a répondu largement présent, qu'à la qualité des spectacles et animations produits et bien entendu à l'implication sans bornes d'une équipe de bénévoles sur-motivés, fait que la deuxième édition s'impose naturellement !

Seront présents des groupes de la scène Rrom internationale (« Samson Schmitt » :grand nom du Jazz manouche, « Les Gitans Dhoad du Rajasthan », les « Pradal » : enfants prodiges du nouveau flamenco..)  des groupes locaux à influences tsigane (« Rodinka », « Goût moi ça ») …des passionnés de musique tsiganes venus du bout du monde (« Dj CYCO » du Japon, « La menina sin nombre » et « Dj Tagada » de Paris)
Du trad aux platines en passant par le jazz, tous les styles sont ici représentés !

Représentés également les arts culinaires, la photographie , le cinéma, la déco, le cirque, la littérature …

Les rroms, la musique rrom ,

L’endonyme « Rrom » est le nom courant qu’emploie ce groupe pour se désigner lui-même, Manouches, Gitans, Tsiganes, Romanichels, Bohémiens, sont des exonymes employés par les « gadjé »  c'est à dire les non-rroms.

C'est une des plus grosses minorités d'Europe (7 millions) et elle vit  trop souvent dans l'exclusion et la discrimination.

Celle-ci se définit comme une nation sans territoire compact et sans prétention à un tel territoire * .
Ses revendications ne portent pas sur l’espace, mais sur le droit et la justice.
Le peuple Rrom est un élément constitutif de l’Europe, à laquelle il a apporté une contribution humaine, matérielle, artistique, économique, militaire et morale trop souvent négligée , qui  souhaite s’inscrire dans une dynamique progressiste, orientée vers l’intégration sociale, l’égalité des droits, le refus de l’exclusion et le respect mutuel de toutes les identités représentées en Europe .**
La musique et la danse tiennent une place prépondérante dans la communauté romani. elles constituent un moyen de transmission des valeurs et de la culture entre la vieille et la jeune génération. La musique est un devoir car elle est un moyen de survie identitaire.    
« Les musiques tsiganes échappent à toute géographie, autant nomades dans leur immédiateté musicale que dans l'histoire qui les a construites. C'est sans doute cela la grande force de cette musique, sa virtuosité nous nargue, son effervescence nous fait vaciller et son arrogante mélancolie nous émeut...et elle ne peut être désirée qu'ainsi : heureuse si elle est libre! »***


* cinquième congrès de l’Union Rromani Internationale, Prague, juillet 2000)
** définition du peuple rrom pour une  proposition de statut cadre élaborée par le Ranelpi (Réseau rrom des activistes sur les questions juridiques et politiques) pour l’Union européenne.
*** J-C LEMENUEL (directeur artistique du festival « sur les routes des musiques tsiganes » de CAEN)
Déroulement  RROM FEST 

Lieu : Montlaur 11220, Chapiteau sur parking du Foyer.
Entrée : 8€, pass 2 jours 12€
Buvette et restauration sur place.
Consultez le programme détaillé
Pour arriver à Montlaur: 

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jeudi 19 août 2010

France : Eric Besson prend l’air américain, les Roms reprennent l'air roumain

Par ANAËLLE VERZAUX, PASCAL COTELLE, Bakchich, 19/8/2010
79 Roms devraient être expulsés de France jeudi 19 août. Mercredi, Eric Besson, le ministre de l’Immigration, s’est lui, envolé pour New-York. Il y sera toujours mieux qu’en France ou qu’en Roumanie. Quoique…
Eric Besson, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, s’est envolé mercredi matin. Pas pour la Roumanie, non. Destination : New York. Il devrait rester aux États-Unis jusqu’au 23 août.
Pendant ce temps là, jeudi 19 août, 79 Roms sans-papiers prendront un vol forcé pour la Roumanie, à la demande du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Et de celle du ministre de l’Immigration.
Mais alors, pourquoi s’échapper en si bon chemin ? « Ce voyage était prévu de longue date. Monsieur Besson est parti pour des raisons professionnelles. D’ailleurs, sa secrétaire est également du voyage », a assuré le ministère de l’Immigration à Bakchich.info.
Bakchich, pourtant, n’a pas vu de secrétaire, mercredi matin, à l’aéroport… Eric Besson était bien accompagné, mais de son garde du corps, qui voyageait avec lui, en première classe.
L’attachée de communication du ministère a ensuite ajouté : « Monsieur Besson doit rencontrer plusieurs ministres américains. Ils vont évoquer tout ce qui touche à l’intégration, à la naturalisation, aux procédures d’intégration ». A la bonne heure !
Les Américains n’ont pas l’air d’apprécier beaucoup la politique d’expulsion du ministre. Pas plus que l’ONU qui a vivement critiqué, fin juillet, les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy à Grenoble : expulsion des Roms et déchéance de nationalité pour certains délinquants. Le 5 août, en effet, un édito du prestigieux quotidien le New York Times, intitulé « Xénophobie : la chasse aux non-Français », accusait le gouvernement français de mener une politique xénophobe à des fins électoralistes.
Une critique à laquelle Eric Besson a répondu, le 17 août, sur RTL : « Cela prouve que même un grand quotidien de référence
peut au milieu de l’été raconter et écrire des bêtises ».
Les ministres américains souhaiteront sans doute la bienvenue à Eric Besson. Et pourront toujours lui livrer quelques conseils en matière de construction de murs. Mais Besson risque d’être moins bien accueilli par ces drôles de journalistes qui écrivent tellement de bêtises.

dimanche 15 août 2010

Roms évacués : la Loire applique la consigne présidentielle

CAMP ILLÉGAL À SAINT-ETIENNE
Par Sélim Batikhy, Le Progrès, 7/8/2010
122 policiers et CRS ont procédé hier matin à Saint-Etienne, à l'évacuation d'un camp illicite. Cette opération intervient une dizaine de jours seulement après les annonces sécuritaires de Nicolas Sarkozy
"Dans les trois mois, je veux qu'au moins la moitié des implantations sauvages de ce type aient disparu du territoire français ». L'injonction formulée vendredi 30 juillet par Nicolas Sarkozy n'est pas tombée dans les oreilles d'un sourd. Hier matin, Pierre Soubelet a été le premier préfet de France a appliquer la consigne présidentielle, ordonnant l'évacuation d'un campement illicite occupé par 135 Roms, rue Florent Evrard, à proximité de la SPA de Saint-Étienne.
L'opération d'évacuation, rendue possible par la délivrance d'une ordonnance d'expulsion prononcée par le tribunal de grande instance de Saint-Étienne, a été menée par 122 policiers. Certains issus de la compagnie républicaine de sécurité, ont été appelés en renfort pour l'occasion.
C'est à 7 h 15 que les policiers ont procédé à l'expulsion des Roms de Roumanie, dont un peu moins de la moitié, sans doute prévenus de l'imminence d'une intervention, avaient quitté les lieux avant l'arrivée des forces de l'ordre. À l'issue de l'évacuation, qui s'est terminée aux alentours de 11 h 30, 44 personnes ont « fait l'objet d'une mesure d'éloignement » indique la préfecture de la Loire. Selon le cadre légal, toute personne européenne ne peut séjourner plus de trois mois dans un pays régi par le principe de libre circulation s'il ne parvient pas à justifier de ressources suffisantes.
Ces personnes sont donc désormais dans « l'obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois », a indiqué hier après-midi le préfet au cours d'une conférence de presse à laquelle participaient de nombreux médias nationaux. Passé ces délais, ces personnes seront sous le joug d'une reconduite à la frontière. « 10 adultes accompagnés de 8 enfants, indique le préfet, ont accepté un retour volontaire ». Cette mesure, mise en place par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, prévoit un « dédommagement » de l'ordre de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant en plus du billet d'avion, aux personnes qui n'ont jusqu'ici jamais bénéficié de ce « retour aidé ». Dans l'absolu, rien n'empêche celles-ci de revenir en France.
Le préfet de la Loire a indiqué que cette opération entrait parfaitement dans le cadre légal déjà existant. Une application rigoureuse des textes établis. « Nous sommes typiquement dans l'application des lois, a-t-il expliqué aux journalistes, ne cachant pas pour autant la corrélation de cette opération avec les récentes déclarations du président en matière de durcissement de la politique sécuritaire de l'Etat. « Il est clair que ce que j'ai fait ce matin est dans la ligne de la consigne présidentielle. Il y a des consignes récentes qui visent à demander aux Roms de rentrer chez eux», a affirmé le préfet. Le haut fonctionnaire de l'État a expliqué qu'aucune obligation de quitter le territoire français n'avait été notifiée au cours des dixprécédentes évacuations de squats effectuées depuis janvier à Saint-Etienne. La raison: ne pas donner aux Roms «de signe qui ne soit pas immédiatement coercitif».
« Il n'y a pas d'avenir en France pour les Roms en situation irrégulière », a répété le préfet, indiquant que des opérations de ce type allaient se multiplier durant les prochains mois dans les autres départements. Au cours de cette période, la police et la gendarmerie devraient entreprendre le démantèlement de deux à trois cents camps illégaux, afin, selon les termes employés par le président de la République, de régler « les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms ».
REPERES
- C'est la 11e évacuation d'un campement de Roms à Saint-Etienne depuis le début de l'année. De source préfectorale, aucune n'avait eu lieu en 2009, contre une seule en 2008.
- Entre la SPA et cimetière, le campement de Montmartre a été peuplé en deux vagues: le 20 mai puis le 18 juin soit au total 135 personnes.
- 10 adultes accompagnés de 8 enfants ont accepté un retour volontaire, selon la préfecture. 3 mères de famille avec de jeunes enfants sont hébergées jusqu'au mercredi 11 août, date de leur retour en Roumanie.
- 122 policiers dont une compagnie républicaine de sécurité sont intervenus  pour évacuer le campement stéphanois.
- Le problème des Roms est un casse-tête à Saint-Etienne depuis plus de cinq ans. Le dernier recensement sur l'agglomération fait état de 218 adultes et 129 enfants.
- Selon la préfecture, il reste encore cinq ou six squats roms constitués de cinq à vingt personnes à Saint-Etienne.
- Lors d'un sondage auprès de nos internautes sur leprogres.fr publié le 3 août, 1808 personnes soit 87% ont estimé qu'il fallait être plus sévère avec les campements illicites.
Réactions
-  Un Rom trentenaire expulsé
« Ya écrit gitan, là? (NDLRen sortant sa carte d’identité).Ils font vraiment comme si on était des insectes, ils nous écrasent.Qu’est-ce qu’ils veulent? On va mourir de froid cet hiver ».
-  Un père de famille rom
« Les Sarko et tout, ils nous disent de partir, mais ce soir, je sais pas où je dors.J’ai trois enfants, ça fait cinq ans que je suis en France. Mais maintenant, il y a Sarko qui dit : tout le monde dégage! »
-  Une riveraine de la rue Martin-Luther-King
« Il n’y avait pas nécessité d’évacuer le terrain. Personne ne les voyait, ils ne gênaient personne.Je leur apportais des vêtements de la nourriture, mais la situation ne pouvait plus durer quand même ».
_  Georges Günther, membre du Réseau de Solidarité avec les Roms
« Je suis indigné, on foule les Droits de l’homme.C’est contraire aux principes d’accueil et de solidarité. Les rapatriements coûtent de l’argent pour rien.Les Roms partent et reviennent directement avec l’Union européenne. Cet argent devrait être utilisé pour les reloger. On ne compte que 400 Roms sur l’agglomération stéphanoise, ce n’est pas beaucoup. Mais ils sont sous pression, le préfet veut être bon élève.Il a dû réaliser au moins la moitié des expulsions qu’il doit faire dans l’année. C’est vrai qu’ils vivaient dans une situation déplorable avec seulement cinq WC chimiques et deux points d’eau pour 130 personnes.Mais maintenant, c’est encore pire.On va aller vers des drames ».