Appel pour répondre à la crise, aux enjeux et défis planétaires et redonner confiance à nos concitoyens : OSER LA DÉMOCRATIE !
Par Oser la Démocratie !
L’élection au suffrage universel du Président de la
République a personnalisé, à un point tel le débat politique, que celui
ci est désormais sous la dictature des sondages, des petites phrases,
des experts et du marketing médiatique.
Les citoyens sont réduits à un rôle de
simples spectateurs/consommateurs d’images, alors que tout devrait être
mis en œuvre pour que ceux-ci soient les vrais acteurs de la démocratie.
En faisant, avec la 5éme République, du présidentialisme le cœur de la
vie politique, on a dépolitisé celle-ci, tout en hyperinstitutionalisant
les comportements. On attend du Président et/ou de l’élu en charge
d’une collectivité qu’il règle tout à la fois des problèmes d’ordre
général mais aussi privé. Le présidentialisme est une machine à
déresponsabiliser. Nous sommes dans une conception consumériste et non
citoyenne de la politique.
De ce fait la politique, ou plus exactement le politique n’inspire
plus confiance, mais plutôt le rejet, avec, comme conséquence, une
abstention de plus en plus massive aux élections, notamment dans les
milieux populaires.
On retrouve aussi, au niveau de nombreuses grandes
collectivités, la démarche présidentielle et autocratique de la 5éme
République, renforcée par la décentralisation telle qu’elle a été mise
en oeuvre. La « course aux places » et les enjeux de pouvoir se
substituent fréquemment à la bataille des idées, renforcés par la
spécificité bien française du cumul des mandats.
La personnalisation du pouvoir est devenue le
coeur de notre démocratie. Le « JE » a pris le pas sur le « NOUS ».Le
collectif a cédé le pas à l’individuel.
Dans ces conditions, la participation réelle et
active des citoyens à la gestion des collectivités, et à la vie publique
en général, est pratiquement inexistante en France.
Pourtant la complexité croissante des rapports
sociaux, la crise systémique, les enjeux et défis planétaires rendent
indispensable l’intervention de l’ensemble des citoyens, y compris les
plus en difficultés, dans tous les aspects de la vie de notre pays. Car
ce qui est désormais en jeu, c’est l’émergence d’un autre type de
développement, humain, écologique et démocratique, à l’échelle du monde
et des territoires, pris dans leurs diversités. Cela appelle des
réponses concrètes afin de construire une société plus fraternelle, une
société plus respectueuse des hommes, des femmes et de l’environnement.
Et ce n’est pas un homme (ou une femme) seul, même président de la
République qui est en capacité de le faire ! Celle-ci ne pourra
se construire que dans une mobilisation consciente et collective du
peuple citoyen. La participation de tous au pouvoir de décision et
d’orientation de la société est le plus fort facteur de cohésion sociale
et de dynamisme.
Des propositions novatrices pour une nouvelle ère de la démocratie
Il est temps de sortir des formules
incantatoires sur la démocratie, pour commencer à la mettre concrètement
en actes, dans des pratiques de participation citoyenne, aux côtés d’un
système représentatif reconstruit et revivifié. C’est crucial pour
l’avenir de la démocratie.
Il est impératif :
De mettre fin au présidentialisme et de refonder la République en
mettant un terme à la Véme République, en exigeant la convocation d’une
Assemblée Constituante afin de construire, avec l’ensemble des
citoyens, une nouvelle Constitution pour une 6éme République
démocratique,laïque,social et écologiste pour notamment :
- donner au Parlement de véritables pouvoirs et le contrôle sur
l’exécutif, assurer la participation et le contrôle du peuple sur les
lois, repenser l’organisation des territoires et la gouvernance de
ceux-ci, développer la démocratie partout dans tous les domaines et à
tous les niveaux.
De repenser et de revivifier le modèle représentatif,
en sortant du carriérisme en politique, en concevant l’engagement
électif comme un engagement temporaire au service de l’intérêt général.
Ce sera le moyen d’entraîner la participation d’un plus grand nombre à
l’exercice d’un mandat d’élu, de favoriser le rajeunissement et la
mixité sociale.Des pistes d’évolution, parmi d’autres, vont dans cette
voie :
- scrutin proportionnel à toutes les élections. Le scrutin majoritaire
favorisant la notabilité, la sur-reprèsentation masculine et le
carriérisme politique.
- interdiction du cumul des mandats et limitation dans le temps de l’exercice du mandat (maximum de 2 mandatures)
- gouvernance collégiale et partage du pouvoir dans les collectivités,
rotation des responsabilités,co-présidences, présidence tournante dans
les intercommunalités,etc.
- séparer dans les collectivités, le pouvoir législatif (assemblée) du pouvoir exécutif
- interdire la présidence de deux exécutifs, ainsi que la présidence
d’un exécutif, avec un mandat de parlementaire et le cumul d’un exécutif
d’une commune avec l’exécutif d’une intercommunalité
- Favoriser un développement territorial, multi-niveaux, multi-acteurs
et multi secteurs ayant en son cœur la mutualisation, la coopération et
la participation citoyenne
- Introduction du mandat impératif ou introduction du référendum
révocatoire à mi-mandat, qui obligerait les élus à respecter leurs
engagements,
- Evaluation,chaque année,de l’action du Président de la
République,des ministres,des parlementaires , des exécutifs des
collectivités, par des jurys citoyens indépendants désignés par tirage
au sort
- Mise en place d’un statut de l’élu, permettant à chaque citoyen quel
que soit son statut social d’exercer un mandat sans risque d’être
pénalisé,notamment dans l’évolution de sa carrière professionnelle. Le
statut de l’élu doit aussi concerner le syndicalisme et le secteur
associatif
- Parité dans toutes les strates institutionnelles et droit de vote
aux étrangers résidants dans notre pays depuis un certain nombre
d’années, afin d’éviter le repli communautaire et renforcer le vivre
ensemble.
- De construire une
nouvelle culture politique avec le peuple au centre. Renforcer
l’intervention des citoyens sur tous les territoires, du local au
mondialLa démocratie n’est pas seulement un mode de
désignation des représentants, c’est surtout une manière de vivre
ensemble, l’expression même de la dignité ; c’est de décider des
affaires communes, de les mettre en œuvre et de se construire un destin
commun, basé sur la solidarité, l’équité, la justice sociale, le respect
des hommes, des femmes et de la nature, la coopération, l’ouverture au
monde et aux autres cultures.Un tel idéal démocratique ne peut
s’envisager et se construire que dans la durée, par une pratique longue
visant à faire prévaloir l’intérêt général sur l’intérêt privé, par une
culture de la citoyenneté et de la responsabilité, avec :
- Le droit à la participation citoyenne inscrit dans la Constitution,
une loi qui en formulera les modalités d’application et une charte de la
démocratie participative dans toutes les assemblées
- L’instauration de la citoyenneté et de la démocratie dans les entreprises (publiques et privées)
- Des dispositifs multiples :droits de pétitions des citoyens pour
faire inscrire une question à l’ordre du jour des délibérations du
parlement et des assemblées délibératives, forums participatifs,
conférences de citoyens, assemblées citoyennes, jurys citoyens, comités
d’initiatives citoyennes, conseils de quartier, droit de saisine,
budgets participatifs, observatoires locaux des engagements,
observatoires de la démocratie participative, conseils de développement
participatifs, référendum d’initiative populaire, comités d’usagers
participatifs, etc.
- Des modalités pratiques : tirage au sort et/ou panel de citoyens
respectant la réalité sociale, la parité et l’échelle des âges, avec une
animation territoriale à la participation citoyenne
- des moyens de communications : radios et TV locales, web TV,
journaux, gérés par des collectifs citoyens dans les territoires de
proximité, en toute indépendance,
- création d’un observatoire national et d’observatoires régionaux de la participation citoyenne
- D’informer et de
former : le renouveau de l’éducation populaire et citoyenne est une
exigence. Que chaque citoyen devienne maître de son destinIl
faut favoriser l’accès de tous aux informations liées aux politiques
publiques, et créer les conditions d’une appropriation collective des
questions et problématiques soulevées par les citoyens. Tout citoyen
bien formé et informé est capable s’agir en politique et de gérer, aux
côtés des élus, toutes les affaires du local au mondial. Il faut développer une intelligence individuelle et collective Il est nécessaire :
- de favoriser l’émergence de médias pluralistes et indépendants des groupes de pression
- de multiplier les universités populaires et citoyennes pour
re-donner de la vitalité au civisme, favoriser les prises de conscience
émancipatrice individuelles, augmenter la puissance d’agir de chacun,
œuvrer à la transformation sociale et politique d’une société qui ne
peut rester en l’état
- de disposer d’une formation initiale qui inclurait des modules de
formation à la citoyenneté active, dès l’école élémentaire (préparer les
jeunes à être des citoyens responsables et actifs)
- De mettre en place une évaluation démocratique des politiques publiques sans laquelle il n’y a pas de citoyenneté activeIl
ne peut y avoir de véritable démocratie participative active si le
citoyen n’est pas assuré que les choix faits et discutés avec les
décideurs sont bien appliqués, et donnent des résultats ; s’ils
correspondent bien aux objectifs de départ, à l’intérêt général, à la
cohésion sociale, sociétale et territoriale.
Nous sommes au début d’un long processus
et ce d’autant plus que la démocratie entend relier entre elles toutes
les échelles, du local au mondial, qu’elle porte sur tous les défis
auxquels notre pays est confronté, qu’elle est au cœur de la gouvernance
multi-niveaux, multi-acteurs et multi-secteurs de l’approche
territoriale et qu’elle s’articule avec un projet politique global,
constructeur d’autres rapports sociaux, d’autres institutions et d’une
autre civilisation.
Il n’y a pas d’autres voies et alternatives pour répondre aux défis planétaires et à la survie de l’humanité.
Alors il est temps d’OSER LA DEMOCRATIE !
Les premiers signataires : Paul Ariès, politologue,
directeur du Sarkophage, Francis Combes, écrivain, Patrick Coulon,
co-auteur de « Démocratie participative et transformation sociale »,
Jean Claude Depoil, syndicaliste paysan,responsable agricole FDSEA03,
Catherine Gégout, ancienne élue à Paris, Marc Lacreuse, co-animateur du
collectif national Education populaire et transformation sociale,
AlainLaurent,consultant,président de « Territoires responsables » Jean
Claude Mairal, ancien président du Conseil général de l’Allier,
Christian Maurel, sociologue,co-fondateur du collectif national
Education populaire et transformation sociale, Yannick Monnet, membre du
Conseil national du PCF, Héloïse Nez, enseignante, Patrick Norynberg,
DGA développement social et territorial, auteur de « Faire la ville
autrement » et « Ville,démocratie et citoyenneté,expérience du pouvoir
partagé », Yves Rémi, directeur du CIDEFE, Julien Talpin, sociologue,
Bernard Teper, co-animateur Réseau d’Education populaire » (REP), Pierre
Thomé, auteur de « Créateurs d’utopies », Bernard Vasseur, philosophe,
Pierre Zarka , association des communistes unitaires.
Républicain
C’est insupportable pour le despote, voyons !.
Il ne doit y avoir d’allégeance que pour lui.
C’est grâce à ce canular annuel qu’il se maintient sur sa chaise pour éléphants. Toute manifestation pour la liberté, pour la dignité, pour la justice sociale, sera brutalement réprimée.
Cette année, il y avait une centaine de manifestants au lendemain de son cérémonial anachronique. L’année prochaine, il y aura des milliers, et encore plus chaque année. Alors, que fera le palais contre l’éveil du peuple marocain, parti à la recherche de sa libération ? C’en est fini de l’imposture, du mensonge et de l’hypocrisie.
Mohamed VI, s’il veut conserver ce titre dans la dignité, doit obligatoirement adopter la même attitude que les monarques d’Europe. C’est la seule alternative honorable pour lui.
Car, au premier coup de feu tiré sur la foule, à la première victime, il sera perdu.
Va t-il être assez lourdaud pour glisser inéluctablement sur la pente de l’affrontement, qui le conduira au déchaînement de la haine féroce du peuple et à sa vindicte ? Va t-il tirer profit de la fin misérable des autres dictateurs arabes disparus ? L’avenir proche va nous le révéler.