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jeudi 3 décembre 2009

Bastia : Sans-papiers : une vie faite de peurs et de frustrations


Par Corse Matin,1/12/ 2009

Au local bastiais de la CGT, Jean-Pierre Battestini aide les travailleurs immigrés qui le sollicitent à être régularisés.
Ils se nomment Hamid, Khaled, Djelloul, Mustapha, Samir ou Hassan et tous ont leurs racines en Afrique-du-Nord.
95 % des travailleurs sans-papiers vivant en Corse viennent en effet d'un pays du Maghreb.
Parmi la douzaine d'entre eux qu'il nous a été donné de rencontrer au local bastiais de la CGT (syndicat membre du collectif défendant leurs intérêts) il n'en est pas un seul qui n'ait pas constitué un dossier, dûment déposé en préfecture et visant à voir leur situation être régularisée.
Un précieux sésame que certains attendent depuis de nombreuses années. Comme une délivrance. En se disant que le jour où ils l'obtiendront sera assurément « le plus beau de leur vie ».
Leur vie, parlons-en justement pour faire un inventaire, non exhaustif, de tout ce dont sont privés ces hommes qui travaillent pourtant durement, très durement même, pour la plupart. Que ce soit dans le bâtiment ou l'agriculture, secteurs qui sont l@e plus amenés à faire appel à eux. Compte tenu de leur pénibilité, il n'y a, il est vrai, pas vraiment foule au portillon de ces métiers.


Photo : Gérard Baldocchi
Des portes qui ne peuvent s'ouvrir
Sans-papiers. Un terme que l'actualité a fini, comme beaucoup d'autres avant lui, par banaliser. Au point que le citoyen n'ayant pas à mener cette existence clandestine ne saurait, sauf à réfléchir un petit moment à la question, s'imaginer combien il dissimule de peurs et de frustrations.
Si nombreuses au demeurant que cette vie n'en est pas vraiment une. Celle, du moins, d'un être humain du XXIe siècle, étant entendu qu'elle ne saurait, comme celle d'une bête, se résumer à ces trois activités principales que sont manger, dormir et travailler. Et encore ne parle-t-on ici que d'un animal de labeur, celui de compagnie étant en effet dispensé de la troisième !
La vie d'un homme, ce doit effectivement être « autre chose » en ce sens qu'elle doit pouvoir lui procurer un minimum de plaisir. Celui, notamment, de pouvoir accéder à certaines activités socialisantes, de nature à le divertir ou à l'enrichir sur le plan intellectuel.
Notion qui renvoie à un très grand nombre de portes dont le seuil reste infranchissable pour un « sans papiers ».
Lequel, on l'a dit, a pour premier compagnon, la peur. D'abord celle d'être contrôlé au détour d'une rue, à la sortie d'un commerce (le faciès aidant) ou même sur son lieu de travail. Et, par voie de conséquence - devenue presque systématique - d'être expulsé.
À cette peur de tous les instants, s'ajoute celle, revenant plus ponctuellement à la charge dans les esprits, de tomber malade et de devoir être hospitalisé. Sans assurance sociale, comment payer ? Comment accéder aussi à une rééducation parfois indispensable pour retrouver tous ses moyens physiques et pouvoir de nouveau travailler ?
La mort plutôt que l'expulsion
À ces deux grandes angoisses vient donc se greffer toute une kyrielle de frustrations liées à l'impossibilité de mener une vie plus ou moins normale. Celle, en l'occurrence, d'un immigré en situation régulière... pas toujours rose, mais dont ils rêvent pourtant.
Passer son permis de conduire, acheter une voiture, contracter un crédit : autant de chemins, parmi tant d'autres, sur lesquels il leur est ainsi interdit de s'engager.
Mais il y a plus douloureux encore pour ces déracinés. A savoir, l'impossibilité d'effectuer des séjours dans leur pays, y compris en cas d'événements tragiques tels la perte d'un être cher (un père, une mère, une épouse ou un enfant).
Autant de spoliations morales de nature à provoquer la fragilisation psychologique de ces hommes, comme en témoigne le tragique épisode du 15 novembre dernier à la prison de Borgo, où un jeune ressortissant marocain a choisi de mettre fin à ses jours.
Quand on parle de « travail au noir », c'est ainsi à la même couleur qu'il convient de faire référence pour ce qui concerne la vie de ces hommes, dont la seule et vraie aspiration, aujourd'hui, se résume à l'obtention d'un document.
Une simple feuille de papier qui leur permettrait de sortir de l'ombre. Et tout simplement d'exister... autrement que pour trimer.

MartyrEs, vous êtes toujours parmi nous !

Par  Ali Fkir,1/12/2009

Le samedi 5 décembre 2009, les militantEs de la gauche marocaine en général et les militantEs d'ANNAHJ ADDIMOCRATI en particulier, commémoreront les martyrEs du combat pour la liberté, pour la démocratie, les martyrEs du combat pour l'épanouissement du peuple marocain, les martyrEs du combat pour un autre Maroc, le Maroc des travailleurs.
Ils commémoreront les martyrEs du peuple marocain en général et les martyrEs de l'organisation marxiste léniniste marocaine ILAL AMAM (aujourd'hui ANNAHJ ADDIMOCRATI) en particulier.
ANNAHJ et tous les militantEs marxistes réaffirmeront par là leur volonté de ne jamais oublier les camarades tombéEs dans la champs de bataille pour une société sans exploitation de l'Homme par l'Homme, d'aller en avant et de ne jamais laisser tomber


يخلد النهج الديمقراطي ذكرى الشهداء و ذلك:
- تحت شعار :
"جميعا من أجل الكشف عن مصير
الشهيد عبد اللطيف زروال و كل المختطفين"

- يوم السبت 5 دجنبر 2009 على الساعة الثالثة و النصف
- بمركب ثورية السقاط، درب غلف، الدار البيضاء

و الدعوة عامة

Dans de nombreux pays inquiétudes pour la santé d'Aminatou Haïdar


La « Gandhi du Sahara » tient tête à l'Espagne et au Maroc
France : Par Elodie Cuzin | Journaliste, Rue 89, 02/12/2009
Une militante pacifiste pour l'indépendance du Sahara occidental poursuit une grève de la faim depuis plus de deux semaines dans un aéroport espagnol. « Si Aminatou Haidar ferme les yeux, le gouvernement espagnol sera, avec le Maroc, son bourreau », écrit l'acteur Javier Bardem, l'un de ses nombreux soutiens. L'exécutif peine à résoudre la situation.
Le visage émacié de la « Gandhi du Sahara », comme la surnomment ceux qui la soutiennent, hante les médias espagnols avec une urgence grandissante à mesure que les jours passent depuis le début de sa grève de la faim, le 15 novembre.
Cette militante pacifiste pour l'indépendance du Sahara occidental, au nord-ouest de l'Afrique, a installé son QG de fortune aux pieds des sièges bleus du hall de l'aéroport de Lanzarote, dans les îles Canaries (Espagne), d'ordinaire destinés aux touristes qui viennent profiter de ses plages de sable noir. (...)
Sa destination, El Aaiun, n'est pas anodine puisqu'il s'agit de la principale ville du Sahara occidental, une zone sous administration espagnole jusqu'en 1975 et disputée depuis au Maroc par les indépendantistes. L'ONU l'a classée comme territoire « non-autonome » et a déployé des casques bleus sur place en 1991 dans l'attente d'un référendum sur son futur statut qui tarde à venir. C'est là qu'elle réside, avec sa mère et ses deux fils.(...)
Entamée dès le lendemain, sa grève de la faim l'a déjà profondément affaiblie et elle tient à peine sur la chaise roulante qu'elle doit désormais utiliser, selon son comité de soutien.
« Elle va très mal », a déclaré aujourd'hui l'acteur Willy Toledo, membre de la plateforme de soutien qui l'accompagne dans l'aéroport.
Son entourage rappelle qu'elle a passé quatre ans dans des prisons marocaines où, selon eux, elle aurait été victime de tortures. Les séquelles de ce « séjour » aggraveraient d'ailleurs son état actuel. Dans un entretien récent à El País, elle déclarait :
« J'ai deux fils mais j'ai aussi ma dignité. Entre mes fils et ma dignité, je préfère la dignité. Eux vivront sans mère mais dignement »
Le gouvernement espagnol patine
La position est délicate pour le gouvernement espagnol. Voisin stratégique, le Maroc accuse la militante d'appartenir au Front Polisario, un mouvement qui réclame le contrôle du Sahara. Il lui propose de réclamer un nouveau passeport marocain pour entrer à nouveau sur le territoire mais elle s'y refuse, arguant qu'elle dispose déjà d'un passeport, celui qui lui a été confisqué.
Ce n'est qu'après presque deux semaines de grève de la faim que le ministère des affaires étrangères a finalement envoyé un émissaire, samedi dernier, pour lui offrir une solution exceptionnelle : lui attribuer la nationalité espagnole. Il lui a également offert le statut de réfugiée politique en Espagne. Offres qui devraient toutes deux lui permettre de rentrer chez elle mais qu'elle a refusées, selon son avocate, pour ne pas devenir « étrangère dans sa propre maison ».
L'administration Obama préoccupée par sa santé
Alors que le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, s'est agacé publiquement lundi de ces refus en bloc, le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a assuré le lendemain, lors d'une conférence de presse, qu'il faisait « tout ce qui était en son pouvoir » et recherchait de nouvelles solutions, ajoutant ensuite :
« La clef de ce conflit qui dure depuis des décennies se trouve dans un accord que seules les Nations Unies peuvent trouver. »
L'administration Obama s'est inquiétée publiquement de « la santé et du bien-être » de l'activiste la semaine dernière tandis que près d'un millier de personnes sont venues assister dimanche à un spectacle de soutien organisé à Rivas-Vaciamadrid, près de la capitale espagnole et mené par des dizaines d'artistes, dont Pedro Almodovar.
Le prix Nobel de littérature José Saramago s'est rendu sur place, à Lanzarote, mardi et le réalisateur britannique Ken Loach co-signe le 1er décembre une lettre ouverte commémorant la date anniversaire du jour où Rosa Park refusa de céder sa place à un passager blanc aux Etats-Unis, et comparant son combat à celui d'Aminatou Haidar.

Algérie : El Watan, 2/12/2009.
Retour de Aminatou Haïder chez elle au Sahara occidental: 150 eurodéputés lancent un appel au Maroc
Cent cinquante eurodéputés ont signé un appel dans lequel ils demandent « instamment » aux autorités marocaines d'autoriser le défenseur des droits de l'homme au Sahara occidental Aminatou Haïdar de revenir chez elle et de libérer les prisonniers politiques sahraouis.
« Nous, parlementaires européens, appelons instamment les autorités marocaines à permettre, sans aucun délai, le retour d'Aminatou Haïdar auprès des siens », écrivent-ils dans cet appel. L'activiste sahraouie et ex-prisonnière politique Aminatou Haïdar a été arrêtée par les autorités marocaines le 14 novembre 2009 à l'aéroport d'El Ayoun et expulsée vers Lanzarote, Espagne, alors qu'elle rentrait d'un voyage à travers plusieurs continents, notamment les Etats-Unis, où elle a reçu le « prix du courage civil 2009 » attribué par la Train Fondation. Ces eurodéputés demandent également aux autorités marocaines de « se conformer à l'article 9 de la Constitution marocaine et à leurs obligations au titre de l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques en respectant la liberté d'expression en libérant immédiatement Ahmed Alnasiri, Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi, Saleh Labihi, Dakja Lashgar, Rachid Sghir et Ali Salem Tamek ainsi que tous les autres prisonniers politiques sahraouis ».
Ils appellent aussi à la liberté d'accès et de circulation dans le territoire pour les observateurs internationaux et les envoyés des médias, et de prendre des mesures concrètes pour que tous les Sahraouis puissent exercer pleinement leur droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion inscrit dans le droit international. Le Maroc est appelé par les eurodéputés à permettre aux défenseurs sahraouis des droits humains de recueillir et diffuser des informations et des opinions sur les questions de droits humains sans craindre d'être poursuivis, harcelés ou soumis à des tentatives d'intimidation, conformément à la déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998
Le comédien français Pierre Richard appelle le Maroc et l'Espagne à permettre le retour de Mme Haidar dans son pays
France, 02/12/2009 (SPS) La star de la comédie française Pierre Richard a appelé les autorités marocaines et espagnoles à permettre à Mme Aminetou Haidar qui observe une grève de la faim à l'aéroport de Lanzarote (Iles des Canaries) de retourner parmi les siens dans son pays, le Sahara Occidental occupé, après son expulsion arbitraire par les autorités marocaines.
Dans une lettre adressée à Mme Aminetou Haidar publiée, Pierre Richard a exprimé son admiration pour le courage et la résistance de la militante sahraouie qui observe une grève de la faim.
Le comédien français a indiqué dans sa lettre à la militante sahraouie des droits de l'homme "je salue votre courage et votre forte détermination qui force le respect".
M. Pierre Richard a participé l'année dernière au festival culturel dans les camps de réfugiés sahraouis aux côtés de nombreux comédiens du cinéma français. De nombreux artistes et comédiens de différentes régions du monde ont annoncé dernièrement le lancement d'une campagne internationale en faveur du retour de la militante Aminetou Haidar dans son pays dans la ville sahraouie d'El Aaiun occupée.
Le président de l'ordre des avocats d'Afrique de l'Ouest appelle à la libération immédiate des activistes sahraouis
Niger :Abuja, 02/12/2009 (SPS) Le président de l'ordre des avocats d'Afrique de l'Ouest, le nigérian Fimi Falana a alerté le rapporteur spécial de l'ONU en charge de la situation des défenseurs des droits de l'Homme à Genève, Mme Margaret Sekaggya, sur l'état des sept activistes sahraouis arrêtés par les autorités marocaines le 8 octobre dernier à leur retour d'une visite dans les camps des réfugiés sahraouis.
L'avocat Falana a demandé, dans un message adressé à Mme Margaret Sekaggya, au nom de l'ordre des avocats d'Afrique de l'Ouest, de "faire pression sur le Gouvernement marocain pour qu'il procède à la libération immédiate des sept détenus et cesse toute poursuite ou menace à leur encontre".
Il a en outre souligné la nécessité d'avertir Rabat que ses "violations des droits de l'Homme au Sahara Occidental ne sont plus tolérables".
Fimi Falana a également appelé la responsable onusienne à "ne ménager aucun effort pour assurer la protection des droits de l'Homme au Sahara Occidental ainsi que la sécurité des défenseurs sahraouis des droits de l'Homme et leur droit à défendre les revendications légitimes de leur peuple comme le prévoit la Déclaration onusienne des défenseurs des droits de l'Homme de 1998". (SPS)

Le groupe des Verts au Bundestag appelle le MAE à agir pour un retour immédiat de Aminetou Haidar
Allemagne : Berlin, 02/12/2009 (SPS) Le groupe parlementaire des Verts au Parlement allemand (Bundestag) a appelé le MAE, M. Guido Westerwelle à "agir pour trouver une solution rapide, afin de sauver l'état de santé d'Aminetou Haidar", en grève de la faim depuis plus de deux semaines à l'aéroport de Lanzarote (Espagne) où elle a été déportée de force depuis El Aaiun (Sahara Occidental) par le Maroc.
"Je vous appelle, Monsieur le Ministre, à tout faire pour le retour rapide de Mme Haidar à son pays, l'apaisement du conflit entre le Maroc et le Polisario et à soutenir les efforts des Nations Unies pour la tenue d'un référendum sur l'avenir du Sahara Occidental", a écrit le groupe des Verts, dans une lettre au MAE allemand, parvenue à SPS.
Il a également exprimé son inquiétude face à l'escalade du conflit entre le Polisario et le Maroc ainsi que de la détérioration de l'état de santé d'Aminetou Haidar, a ajouté la même source. (SPS)
Des Eurodéputés demandent à la ministre suédoise Cecelia Malmstrom de faire pression pour le retour d'Aminetou Haider chez elle
Bruxelles, 02/12/2009 (SPS)- Des Eurodéputés de la gauche européenne, la portugaise Ana GOMES et les espagnols Willy Meyer et Antonio Masip Hidalgo, ont demandé à la ministre suédoise Cecilia Malmstrom, en sa qualité de membre de la Présidence de l'UE en exercice, de faire pression sur les autorités marocaines pour autoriser Aminetou Haider a retourner auprès des siens.
"Nous vous demandons instamment, en votre qualité de membre de la présidence de l'UE en exercice, de prendre des mesures urgentes pour faire pression sur les autorités compétentes marocaines pour qu'elles permettent à Aminetou Haidar de retourner au Sahara occidental", écrivent-ils dans leur lettre.
Ils se sont dits "extrêmement préoccupés" pour la santé de l'activiste des droits humains au Sahara occidental, en grève de la faim depuis plus de dix jours, après avoir été déportée de son pays d'origine par les autorités marocaines.
Son passeport a été confisqué et elle a été déportée vers l'Espagne après avoir refusé de d'écrire la nationalité marocaine sur le formulaire de police à son arrivée à l'aéroport d'El Aaiun, quand elle rentrait des Etats-Unis, où elle a été reçue par la Train Fondation Civil Courage Prize.
Aminetou Haidar qui est considérée par certains de ses partisans comme la "Gandhi sahraouie", a affirmé à la presse internationale qu'elle "poursuivrait la grève de la faim jusqu'à ce que je sois autorisée à retourner dans ma patrie, où mes enfants vivent, ou je meurs".
L'Espagne demande l'intervention de Ban Ki-Moon pour trouver une solution à la situation d'Aminetou Haidar
Espagne : Madrid, 02/12/2009 Le gouvernement espagnol a demandé l'intervention du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon afin de trouver une solution à la situation de la militante sahraouie des droits de l'homme, Aminetou Haidar, en grève de la faim illimitée pour exiger son retour à El Aauin occupé, d'où elle a été expulsée par le Maroc, a annoncé mardi à Lanzarote (Iles Canaries), le directeur de Cabinet du MAE, Agustin Santos.
Le responsable espagnol s'était rendu dimanche à Lanzarote, pour essayer de trouver une solution à la situation de Haidar qui a rejeté encore une fois la proposition du gouvernement espagnol de lui accorder soit la nationalité espagnole, le statut de réfugiée politique ou demander un nouveau passeport marocain.
La militante sahraouie lui a réitéré que la "seule chose" qu'elle demande est de pouvoir retourner chez elle au Sahara occidental car, "c'est un problème crée par les gouvernements espagnol et marocain qui ont violé mes droits et le droit international" , a-t-elle expliqué.
"Je rentre à Madrid pour informer le ministre des Affaires étrangères (Moratinos) de la situation de ces jours passés à Lanzarote et, tenter en même temps d'avoir des contacts avec les autorités marocaines à Madrid, avec l'ambassade" , a-t-il déclaré à la presse.
"Ces contacts font suite à d'autres démarches menées auprès des autorités marocains sans que nous ayons obtenu jusqu'à l'heure des résultats satisfaisants" , a ajouté M. Santos.
A cet égard, il a souligné que "le gouvernement espagnol veut réitérer sa disposition à poursuivre ces démarches, a informé l'ONU et demandé également l'intervention de son secrétaire général pour engager un dialogue avec les autorités marocaines pour trouver une solution à ce problème".
Tout en souhaitant que le Maroc "réponde de la manière la plus rapide possible", le responsable espagnol a invité de nouveau Aminetou Haidar à accepter une proposition de solution suggérée par le gouvernement espagnol.
Pour Mme Haidar, il s'agit "d'un complot ourdi par le gouvernement espagnol tendant à prolonger son calvaire", estimant que Madrid "viole les droits de l'homme, du droit international, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment l'article 12. C'est aussi une violation flagrante du droit espagnol".
Le gouvernement sahraoui a averti, lundi à Alger, des conséquences "très graves" pour le processus de négociation, le maintien du statu quo et la stabilité de toute la région du Maghreb, si la situation de Mme Haidar fini catastrophiquement.

mercredi 2 décembre 2009

«Je dénonce les violations des droits de l’Homme de façon pacifique»-Interview d'Aminatou Haidar, présidente de la CODESA

Par Christophe Guguen, Le Journal Hebdomadaire, 1/12/2009

Vous êtes en grève de la faim depuis dimanche 15 novembre. Que réclamez-vous ?
La revendication légale qui est la mienne: le retour à ma patrie, là où se trouvent mes enfants. Je suis prisonnière en Espagne, j’ai été amenée ici contre ma volonté.

Les autorités expliquent que vous avez «usé et abusé» de votre passeport marocain.
Le Maroc est obligé de délivrer les passeports ! Il y a la quatrième convention de Genève qui oblige toutes les puissances occupantes à donner tous les droits, y compris les papiers, à tous les citoyens qui se trouvent sous la direction de l’occupant. Tous les Sahraouis doivent jouir des droits politiques, sociaux, économiques. Donc les papiers, ce n’est pas un «don» de la part du Maroc, ils sont obligés de le faire! D’ailleurs, jusqu’à 2005 je n’avais pas de passeport, j’en étais privée. Ça ne fait que trois ans que les activistes peuvent faire des conférences à l’extérieur.

Pourquoi alors, selon vous, le Maroc vous a-t-il retiré votre passeport marocain ?

Parce que je dénonce les violations des droits de l’homme commises par l’Etat marocain. Mais je dénonce ces violations de façon pacifique et j’ai le droit de le faire ! J’ai le droit garanti de la liberté d’expression, d’opinion et de liberté de mouvements ! Il y a la Déclaration des droits de l’homme, les conventions signées par le Maroc qui me garantissent ces droits ; Malheureusement, après le discours royal, tous ces droits sont attaqués. C’est une atteinte flagrante au droit international.

Vous vous dites «pacifiste». Quel est le but de votre engagement ?
Je suis une défenseure des droits de l’homme au Sahara occidental. Je revendique le respect de la part du Maroc de tous les droits fondamentaux et élémentaires des Sahraouis et le droit à l’autodétermination, qui est un droit légitime. Moi je le dis toujours, je suis contre la violence, je suis pacifiste. Je n’ai jamais utilisé la force contre la police ou contre qui que ce soit. Je profite de l’occasion pour envoyer un message très clair, une conviction personnelle : je respecte le peuple marocain. Je n’ai aucune haine envers le peuple marocain. Le problème est entre le régime marocain et les Sahraouis et non entre les deux peuples. Ça c’est confirmé par l’expérience de 34 ans au Sahara occidental : jamais il n’y a eu de problèmes d’assassinats ou de mauvais traitements de la part d’un Sahraoui envers un colon marocain. Donc je transmets le message à tout le peuple marocain : la situation est injuste, c’est un problème de décolonisation, qui se traite annuellement à la Quatrième commission des Nations Unies. Le peuple marocain doit dépasser ce tabou, il doit parler librement et défendre ce droit qui est un droit légitime et que le droit international défend. Aucun pays au monde ne reconnaît la souveraineté du Maroc au Sahara occidental, même pas le grand allié du Maroc : la France.

Selon vous, qui représente le mieux les Sahraouis vivant dans la partie du Sahara occidental administré par le Maroc ?
Le seul représentant légitime du peuple sahraoui, c’est le Front Polisario. C’est lui qui est assis à la table des négociations avec le Maroc.

Vous dites défendre les droits de l’homme. Le Front Polisario est pourtant lui aussi accusé de violations graves…
Je n’ai jamais visité les camps de réfugiés. Mais en tant que militante des droits de l’homme, je me réfère aux rapports des ONG internationales comme Amnesty, ou au Haut Commissariat pour les Réfugiés : ils nient qu’il y a des violations des droits de l’homme. Si le Maroc veut accuser le Front Polisario, c’est son affaire. D’ailleurs, pourquoi ne laissent-ils pas les défenseurs des droits de l’homme sahraouis visiter les campements pour voir ce qui s’y passe ? Parce qu’il y a toujours eu des reproches contre nous : «Pourquoi vous ne dévoilez pas les violations commises par le Front Polisario ?» Mais nous ne pouvons pas dénoncer des violations que nous n’avons jamais vues. Sept activistes sahraouis sont allés à Tindouf pour rendre visite à leurs familles et voir la situation de leurs propres yeux. Ils ont été arrêtés à leur retour ! Il y a des visites sous l’auspice des Nations Unies entre les familles qui se trouvent dans les territoires occupés et les familles qui se trouvent dans les campements de réfugiés. À côté de ça, le Maroc demande la libération des «séquestrés» de Tindouf. C’est contradictoire.

Les Sahraouis vivant dans la partie du Sahara occidental administrée par le Maroc peuvent, eux, s’exprimer librement. Il y a des instances représentatives comme le CORCAS.
Non, maintenant, toutes les personnes qui ont eu le courage de dire non à la thèse officielle de Rabat ou qui défendent les droits de l’homme ont été emprisonnées. Les observateurs internationaux ne peuvent plus contacter les activistes sahraouis. Et maintenant, il y a une autre politique qui consiste à expulser les Sahraouis de leur patrie, le Sahara occidental.

Pensez-vous que votre expulsion va changer la situation à Laâyoune et dans la région ?
Oui, certainement, parce que le Maroc est maintenant menacé par les protestations à l’intérieur du Sahara occidental. Des jeunes, même des mineurs, des enfants, refusent de répéter l’hymne marocain dans les établissements scolaires et disent avec courage qu’ils ne sont pas marocains, qu’ils sont sahraouis et qu’ils revendiquent l’indépendance, ils le disent comme ça ! Donc le Maroc a eu peur, il veut arrêter, cette résistance pacifique. Et pour l’arrêter, bien sûr, il doit réprimer ceux qu’il considère lui comme les «grosses têtes», les activistes et les militants des droits de l’homme. Ils doivent commencer par les gens connus pour que les autres se taisent.

Si jamais vous êtes autorisée à rentrer à Laâyoune, que ferez-vous ?
Je veux retrouver mes enfants, ma famille. Et je continuerai le combat. Jusqu’au bout.





Aminatou Haïdar, un parcours sans faute



Surnommée la Gandhi sahraouie, la militante a reçu de nombreuses distinctions internationales dédiées aux droits de l'homme. Expulsée du Maroc le 13 novembre, elle est en grève de la faim aux Canaries où elle s'est retrouvée contre son gré.
L'émergence, ces dernières années, de personnalités sahraouies comme Aminatou Haidar fait mal au régime marocain. Ces "activistes de l'intérieur", nouvelles références de la jeunesse sahraouie, se démarquent de la posture "guerrière" du Front Polisario en concentrant leur action sur la situation des droits de l'homme au Sahara-Occidental. Depuis 2006, Aminatou Haidar parcourt le monde et récolte les prix internationaux dédiés à la défense des droits humains. Quelques jours avant son expulsion vers Lanzarote, celle que ses admirateurs surnomment la "Pasionaria" ou la "Gandhi" sahraouie était ainsi à New York pour recevoir le prix du "Courage civique 2009", décerné chaque année par la Fondation John Train.
Outr
e le soutien de diverses associations pro-Polisario présentes sur le sol américain – notamment la US-Western Sahara Foundation –, Aminatou Haidar peut se prévaloir d'un appui de taille aux Etats-Unis : le Robert F. Kennedy Center. Créée en 1968 par la famille Kennedy pour faire progresser les droits de l'homme dans le monde, cette organisation surveille de près l'évolution de la situation au Sahara-Occidental et a attribué son prix 2008 à l'activiste sahraouie. A chacune des tribunes auxquelles elle est invitée, que ce soit aux Etats-Unis, en France, en Suède, en Espagne ou encore en Italie, Aminatou Haidar dénonce les "exactions" commises par les forces marocaines au Sahara-Occidental et en profite pour rappeler le "droit inaliénable du peuple sahraoui à l'autodétermination" . La portée de ce discours tient autant à sa ligne pacifiste qu'à l'histoire personnelle de celle qui le tient.
C'est en 1987, à l'âge de 20 ans, qu'Aminatou Haidar est arrêtée pour la première fois, suite à une manifestation sahraouie durement réprimée à El Aaiun. Victime de tortures, elle sera portée disparue pendant quatre ans, jusqu'en novembre 1991. A sa libération, Aminatou Haidar reprend la lutte. Depuis El Aaiun, elle multiplie les initiatives – manifestations pacifiques, création de comités de soutien – et étoffe son réseau de contacts à l'étranger. En 2005, lors d'une énième manifestation organisée à El Aaiun, elle est blessée par les forces de l'ordre, qui viennent plus tard l'arrêter à l'hôpital. Elle est de nouveau condamnée et passera sept mois dans la tristement célèbre "prison noire" de El Aaiun. Pendant sa détention, le 11 octobre 2005, le Parlement européen adopte une résolution demandant officiellement sa libération.
Quand elle est relâchée à l'issue de sa peine, en janvier 2006, la militante reçoit un passeport marocain et entame une tournée internationale qui la conduit notamment à témoigner devant la Commission coopération et développement du Parlement européen. "N'eût été votre solidarité, votre interpellation des autorités marocaines, je ne serais peut-être pas là aujourd'hui. Mais mon cas n'est pas unique", explique-t-elle alors aux membres de la Commission. La même année, elle recoit le prix Juan María Bandres, décerné par la Commission espagnole d'aide aux réfugiés (CEAR). En 2007, c'est au tour de l'organisation internationale Solimar de récompenser la militante sahraouie, en lui attribuant le prix Silver Rose. L'année suivante, l'organisation pacifiste américaine American Friends Service Committee propose sa nomination au prix Nobel de la paix.

Le Goncourt de la Poésie 2009 attribué à Abdellatif Laâbi

map, 1/12/2009
Le poète marocain Abdellatif Laâbi a remporté le Prix Goncourt de la Poésie 2009, a annoncé mardi l'Académie française Goncourt.
Abdellatif Laâbi a été primé par cette prestigieuse distinction littéraire française "pour l'ensemble de son œuvre", précise l'Académie Goncourt dans un communiqué transmis à MAP-Paris.
"Ce prix lui sera remis lors du déjeuner de rentrée", mardi 12 janvier 2010, ajoute la même source.
Né en 1942, Laâbi est à la fois poète, romancier, homme de théâtre et traducteur. Il est le fondateur de la revue "Souffles". Ses ouvrages de poésie sont publiés aux Editions "La Différence".
Le jury du Prix comprend Tahar Benjelloun, ancien lauréat du Prix Goncourt du roman en 1987, Françoise Chandernagor, Patrick Rambaud, Michel Tournier, Edmonde Charles-Roux, Robert Sabatier, Jorge Semprun, Françoise Mallet-Joris, Bernard Pivot et Didier Decoin.
Abdellatif Laâbi est l'un des écrivains marocains les plus importants de sa génération qui compte une œuvre à la fois prolifique et plurielle.
Né à Fès en 1942, Abdellatif Laâbi a fait ses études de littérature française à l'université Mohammed V à Rabat, ville à partir de laquelle il avait participé, en 1963, à la création du Théâtre universitaire marocain.
Son écriture recèle une grande humanité toujours soucieuse du combat à mener pour plus de justice et plus de liberté.
Il compte à son actif une vingtaine de recueils de poésie, la plupart aux éditions +La Différence+, en l'occurrence "Tribulations d'un rêveur attitré" (2008), "Mon cher double" (2007), "Oeuvre poétique I" (2006), "Ecris la vie" (2005), "Les Fruits du corps" (2003), "L'automne promet" (2003), "Poèmes périssables" (2000), "Le Spleen de Casablanca" (1996), "L'Etreinte du monde" (1993) et "Le soleil se meurt" (1992).
Le second tome de l'"Oeuvre Poétique (II)", ainsi qu'un récit "Le Livre imprévu" sortiront chez le même éditeur le 14 janvier 2010, a appris MAP-Paris auprès de la Maison "La Différence".
Chez L'Harmattan, Laâbi a signé "L'Ecorché vif" (1986), "Discours sur la colline arabe" (1985) et "Sous le bâillon le poème" (1981).
Il est aussi l'auteur de "Fragments d'une genèse oubliée" (Paroles d'aube, 1998), "Le Règne de barbarie" (Seuil, 1980), "Histoire des sept crucifiés de l'espoir" (La Table rase, 1980), "Tous les déchirements", avec dessins originaux de Jean Bazaine (Messidor, 1990), "Ruses de vivant", accompagné de dessins de feu Mohamed Kacimi (Al Manar, 2004), et "Petit Musée portatif", dessins de Abdallah Sadouk, préfacé par Françoise Ascal (Al Manar, 2002).
En tant que romancier, il a publié notamment "Le Fond de la jarre" (Gallimard, 2002), et "L'îil et la Nuit", (Atlantes -Casablanca 1969) et (La Différence Minos, 2003), qui représente pour lui "une sorte d'acte de naissance littéraire".
Au théâtre, le poète a compte "Rimbaud et Shéhérazade" (La Différence, 2000), un volume réunissant "Le Baptême chacaliste" (1987) "Exercices de tolérance" (1993), et "Le Juge de l'ombre" (1994). Plusieurs de ses œuvres ont été adaptées au théâtre.
Il est également l'auteur de l'anthologie: "La Poésie marocaine, de l'indépendance à nos jours" (La Différence 2005).
Dans le domaine de la presse et des essais, Laâbi était le fondateur, en 1969, de la revue "Souffles" à laquelle collaboraient plusieurs intellectuels marocains notamment Tahar Benjelloun, Mohamed Khaïr-Eddine ou Mostafa Nissaboury.
Dans ses rencontres comme dans son travail d'écrivain, Laâbi œuvre sans cesse pour un véritable dialogue, un réel partage, afin qu'existe la paix entre les différentes cultures.

map : 01.12.2009 - 15:35:00

Il est bien dommage que soit oublié dans son parcours de vie son long passage dans les geôles de Hassan II, période pendant laquelle il n'a pas cessé d'écrire , quand il en avait la possibilité. NDLR

TUNISIE : INVITATION CONFÉRENCE DE PRESSE A PARIS


Invitation

La Ligue des droits de l’Homme (LDH), l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (programme conjoint Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) - Organisation mondiale contre la torture (OMCT)) et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) vous invitent à une conférence de presse qui se tiendra le jeudi 3 décembre 2009 à 11h30, au siège de la LDH, 138, rue Marcadet, 75018 Paris, sous la présidence de Michel Tubiana, président d’honneur de la LDH, au cours de laquelle interviendront :
- Maître François-Xavier Matteoli, ancien bâtonnier du barreau des Hauts-de-Seine, mandaté à Tunis, le 19 novembre, par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (programme conjoint FIDH et OMCT) et le REMDH,
- Maître Pradel, avocat mandaté à Tunis, le 24 novembre, par les mêmes organisations
- Maître William Bourdon, avocat
- Maître Léa Forestier, avocat
- Maître Houcine Bardi, mandaté à Tunis, les 19 et 24 novembre, par le CRLDHT

Rendront compte de leur mission en Tunisie à propos des procès des journalistes Taoufik Ben Brik (verdict le 26 novembre), Zouhaïr Makhlouf (verdict le 1er décembre), de Mohamed Soudani (verdict le 24 octobre) et du groupe des étudiants de l’UGET (audience le 30 novembre).
Kamel Jendoubi, président du CRLDHT témoignera du contexte dans lequel se déroule cette répression policière et judiciaire.
Avec le soutien de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), d'Amnesty international (section France) et de l’Association des Tunisiens en France (ATF).
En vous remerciant par avance pour l’intérêt que vous voudrez bien accorder à cette rencontre et nous l’espérons, pour votre présence, veuillez recevoir, l’expression de nos salutations les meilleures.

mardi 1 décembre 2009

ACTION COMMUNE POUR LA LIBÉRATION DE TAOUFIK BEN BRIK ET ZOUHAYR MAKHLOUF


 TUNISIE, TMG, 1/12/2009

Le TMG demande au gouvernement tunisien de libérer des journalistes et de mettre un terme à sa politique de harcèlement

 - Réagissant avec colère aux peines de prison visant les
journalistes Taoufik Ben Brik et Zouhayr Makhlouf, les membres du groupe
d'observation de la Tunisie (TMG) ont demandé aux autorités tunisiennes de
mettre un terme immédiat à l'emprisonnement des journalistes.
Le 26 novembre, Ben Brik a été condamné à six mois de prison ferme. Il est
désormais détenu à la prison de Siliana, à environ 120 km de son domicile
de Tunis - loin de sa famille. Par la suite, Makhlouf a été condamné à
trois mois de prison et une amende de 6 000 dinars tunisiens (4 700 $US) ce
mardi 1er décembre.
Ben Brik, un opposant notoire qui écrit pour des journaux français, a
besoin d'une grande attention médicale en raison d'une maladie chronique.
Les membres du TMG craignent pour sa santé en prison. Il a été incarcéré le
29 octobre suite à la publication d'articles critiques sur la récente
réélection du Président Zine El Abidine Ben Ali pour un cinquième mandat le
25 octobre dernier. Ben Brik était accusé notamment d'une présumée
agression contre une femme, mais les accusations étaient clairement d'ordre
politique.
Makhlouf, un activiste politique et rédacteur du site d'information
tunisien Assabil Online, a quant à lui été arrêté le 20 octobre dernier
après avoir mis en ligne un reportage vidéo sur les problèmes
socio-économiques et environnementaux d'une zone industrielle de la région
de Nabeul.
A cette occasion, le Président du TMG, Rohan Jayasekera (Index on
Censorship), a déclaré: "Tout ceci est clairement le résultat d'une série
d'articles écrits par des journalistes critiques à l'égard du régime
tunisien. Alors que le Président tunisien Ben Ali renforce sa main mise sur
le pouvoir, nous sommes terriblement déçus par le fait qu'il se sente
obligé de punir ceux qui sont en désaccord avec lui", tout en ajoutant :
"Il est ridicule d'imaginer, une seule seconde, que Taoufik Ben Brik ferait
une pause sur le chemin de l'école avec sa fille pour agresser une femme en
pleine rue !"
Au-delà même de ces peines de prison, les membres du TMG sont extrêmement
inquiets au sujet des violations graves du droit à la liberté d'expression
et à la tendance que les autorités tunisiennes ont à recourir à la censure,
à l'intimidation et à la violence.
D'autres journalistes et d'autres activistes ont eu à souffrir de la
répression née des dernières élections. Certains ont été battus, kidnappés
ou détenus. D'autres se retrouvent encerclés par des policiers en civil 24
heures sur 24.
Nous appelons le gouvernement tunisien à libérer Taoufik Ben Brik et
Zouhayr Makhlouf et à cesser les agressions et le harcèlement des
journalistes et activistes indépendants en Tunisie. Les actions punitives
visant leurs familles doivent également s'arrêter, y compris le harcèlement
policier de la famille Ben Brik.
Ces peines de prison et ces agressions apparaissent clairement comme des
représailles suite aux menaces émises par le Président Ben Ali. Ce dernier
avait en effet averti que la loi serait appliquée "contre quiconque émettra
des accusations ou des doutes concernant l'intégrité de l'opération
électorale, sans fournir des preuves concrètes".
Le TMG compte 20 membres de l'Échange international de la liberté
d'expression (IFEX). Cela fait plus de cinq ans que ces derniers suivent de
près les violations de la liberté d'expression en Tunisie ; ils vont
continuer d'exiger du gouvernement tunisien qu'il respecte ses engagements
internationaux dans le domaine des droits de l'Homme et de la liberté
d'expression.


JOINT ACTION – TUNISIA ,1 /12/ 2009

TMG urges Tunisian government to free journalists and cease harassment

(IFEX-TMG) - Tunisia must immediately stop jailing journalists, say members
of the Tunisia Monitoring Group (TMG) reacting angrily to the sentencing to
prison of journalists Taoufik Ben Brik and Zouhayr Makhlouf.
On 26 November, Ben Brik was sentenced to six months in prison with no
chance to appeal. Regrettably, he has been transferred to a prison in
Siliana - nearly 120km away from his family in Tunis. Then on 1 December,
Makhlouf was sentenced to three months in prison and a fine of 6,000 dinars
(US$4,700.)
Ben Brik, a well-known critic who writes for newspapers in France, requires
medical attention for a chronic ailment and TMG members fear for his
well-being in prison. He was arrested on 29 October following publication
of critical articles on the recent re-election of President Zine El Abidine
Ben Ali on 25 October for a fifth term. The charges involve the alleged
assault of a woman but were clearly politically motivated.
Makhlouf, a political activist and contributor to Assabil Online, a
Tunisian news site, was arrested on 20 October after posting a video report
on the Internet about environmental, economic and social problems in an
industrial area of Nabeul.
"This is clearly the result of articles written by journalists who were
critical of the regime. Even after President Ben Ali has consolidated his
grip on power, we are terribly disappointed that he feels the need to
punish those who don't agree with him," said TMG Chair Rohan Jayasekera of
Index on Censorship. "It's ridiculous to think that Taoufik Ben Brik would
pause on his way to school with his daughter to assault a woman in the
street!"
In addition to the sentencing, TMG members are extremely concerned about
serious violations of the rights to freedom of expression, and the Tunisian
authorities' tendency to resort to censorship, intimidation and violence.
Other journalists and activists have suffered because of the clampdown
surrounding the elections – some having been beaten, kidnapped or detained,
others finding themselves surrounded 24 hours a day by plainclothes police.
We call on the Tunisian government to release Taoufik Ben Brik and Zouhayr
Makhlouf, and to stop attacking and harassing independent journalists and
activists in Tunisia. Furthermore, punitive actions against their families
must cease, including the police harassment and surveillance of Ben Brik's
family.
Clearly these sentences and assaults are reprisals after direct threats
voiced by President Ben Ali, who warned critics that the law would be
"brought to bear on anyone casting accusations or doubts on the integrity
of the electoral process without solid evidence."
The TMG is composed of 20 members of the International Freedom of
Expression Exchange (IFEX). After monitoring free expression violations in
Tunisia for over five years, TMG members will continue to press the
Tunisian government to respect its international human rights commitments.

ARTICLE 19: Global Campaign for Free Expression
Arabic Network for Human Rights Information
Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d'Information
Association mondiale de radiodiffuseurs communautaires
Bahrain Center for Human Rights
Cairo Institute for Human Rights Studies
Canadian Journalists for Free Expression
Cartoonists Rights Network International
Fédération Internationale des Journalistes
Index on Censorship
International Federation of Library Associations and Institutions
International PEN Writers in Prison Committee
International Press Institute
International Publishers' Association
Journaliste en danger
Maharat Foundation (Skills Foundation)
Media Institute of Southern Africa
Norwegian PEN
The Egyptian Organization For Human Rights
World Press Freedom Committee

_________________________________________________________________
DIFFUSÉ(E) PAR LE SECRÉTARIAT DU RÉSEAU IFEX,
L'ÉCHANGE INTERNATIONAL DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION
555, rue Richmond Ouest, Bureau 1101, B.P. 407
Toronto (Ontario) M5V 3B1 Canada
tél: +1 416 515 9622 téléc: +1 416 515 7879
courrier électronique: alerts@ifex.org boite générale: ifex@ifex.org
Internet site: http://www.ifex.org/
_http://www.ifex.org/tunisia/2009/12/01/makhlouf_sentenced/fr/
Pour tout renseignement complémentaire:
Le groupe d'observation de la Tunisie
Rohan Jayasekera, Chair
c/o Index on Censorship
London United Kingdom
rj (@) indexoncensorship.org
tél: +44 20 7324 2522
http://campaigns.ifex.org/tmg

Khalid Gueddar convoqué en appel


Par La Rédaction de Bakchich, 1er /12/2009
Notre ami et collaborateur Khalid Gueddar était convoqué mardi 1er décembre à 9h au tribunal d’appel de Casablanca.
Khalid a été condamné pour avoir publié dans le quotidien Akhbar al Youm un dessin représentant un cousin du roi, le prince Moulay Ismaïl, sur fond d’emblème national. Résultat : 3 millions de dirhams de dommages et intérêts à son altesse (environ 270 000 euros) solidairement avec le directeur du journal Taoufik Bouachrine. Les deux hommes ont également été condamnés à trois ans de prison avec sursis. Taoufik Bouachrine avait lui aussi fait appel.
Mais ce n’est pas tout, ils ont tous deux été condamnés à un an de prison avec sursis et à 100.000 dirhams d’amende (environ 9.000 euros) pour « outrage au drapeau ». Toujours pour le même dessin.
La cour a en outre décidé la "fermeture définitive" des locaux du journal. Il ne s’agit toutefois pas de l’interdiction du journal à proprement parler, avait précisé Taoufik Bouachrine à l’AFP.
Les deux hommes avaient annoncé sans attendre qu’ils faisaient appel de l’ensemble de leurs condamnations. Bakchich continue bien sûr de les soutenir.

ALERTE - GREVE DE LA FAIM DE TAOUFIK BEN BRIK

C.R.L.D.H., Paris, 30/11/2009
اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme


Taoufik Ben Brik est en grève de la faim depuis le mercredi 25 novembre 2009 pour protester contre l'isolement dont il est l’objet. Sa vie risque d’être, à très court terme, en danger.
Après être resté sans nouvelles de Taoufik Ben Brik depuis l’audience du tribunal du 19 novembre 2009, sa femme et ses proches ont enfin appris, dans des conditions de désinvolture et de brutalités érigées en système par l'Etat-RCD, que le journaliste et poète dissident condamné arbitrairement à 6 mois de prison ferme, a été transféré à la prison de Siliana à 200 kms de Tunis.
Ils ont pu lui rendre visite aujourd’hui dans des conditions rocambolesques. Arrivés à 13h à Siliana, son épouse Azza accompagnée de Saida sa sœur et de ses frères Jalel et Fethi ont attendu plus de quatre heures pour pourvoir entrevoir TBB pendant quelques minutes puis ils ont été contraints de quitter la prison sous la pression des matons constamment présents et menaçants.
Visiblement affaibli mais déterminé Taoufik Ben Brik, a annoncé qu’il est en grève de la faim depuis le mercredi 25 novembre pour protester contre les interdictions des visites de ses proches et de ses avocats. Il ne se nourrit que d’eau et de médicaments qui commencent à lui manquer ; les gardiens ayant refusé de lui faire parvenir les médicaments remis par sa famille.
Atteint d’une maladie rare qui nécessite des soins réguliers, TBB ne peut continuer à croupir dans cette prison de Siliana connue pour ses conditions de détention déplorables. Sa vie risque d’être à très court terme en danger s’il ne continue à ne pas s’alimenter et s’il est privé de ses médicaments
Le CRLDHT dénonce cette mesure de représailles inqualifiable. Il réitère l'expression de sa solidarité avec la femme, les enfants, la famille de Taoufik et ses proches qui ont vécu dans l'angoisse ces longues journées au cours desquelles ils n'ont eu aucune information sur Taoufik Ben Brik.
Le CRLDHT alerte l'opinion sur les risques qu'il encourt, dans les conditions de cette grève de la faim, compte tenu de la vétusté de l'infirmerie de la prison de Siliana et de la nature des soins auxquels il est absolument astreint.
Peu importe à la dictature que Taoufik souffre et risque sa vie, bien au contraire, mais notre responsabilité à tous et à toutes est engagée,

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34
contact@crldht.org / www.crldht.org

"Pas d'avenir sans culture", débat à Arcueil

Par Saïd Fawzi, membre du conseil d'orientation de l'UPA, 29/11/2009

Lundi 7 décembre, à 20 h, à Anis Gras , l’Université populaire d’Arcueil reçoit Jack Ralite. Son exposé est intitulé « Pas d’avenir sans culture ! ». 
Dans un contexte où les budgets alloués à l’action culturelle ne cessent de diminuer, où libéralisme et merchandisation menacent la culture et où les artistes sont fragilisés, Jack Ralite livrera son analyse.
Jack Ralite est sénateur de la Seine-Saint-Denis, animateur depuis 1987, des Etats généraux de la culture, membre de la commission parlementaire de la culture, de l’éducation et de la communication,
RER, LAPLACE.

Taoufik Ben Brik en prison : situation inhumaine

Par Khaled Ben M'Barek, 1/12/2009

Azza Ben Brik nous informe de ce qui suit en fin de journée, ce lundi 30
novembre :
Azza, ses beaux-frères Jalel et Fathi et sa sœur Saïda se sont rendus à la
prison de Siliana pour rencontrer Taoufik Ben Brik.Ils ont dû attendre de 
12h00 à près de 17h00. La direction de la prison les a laissé poiroter des
heures durant le temps que tous les autres visiteurs soient partis.
Pas de portable, pas de panier, pas de sac personnel, pas de médicaments,
pas d'échange de linge. Et au bout, la visite n'a pas dépassé les six minutes,
encadrée par 4 agents du côté du détenu et 6 du côté de ses visiteurs, à moins
d'un mètre des interlocuteurs.
L'essentiel de ce qui est à retenir de l'échange c'est que Taoufik était en
grève de la faim depuis mercredi 25 novembre, pour protester contre sa
détention. Ce jour-là, la prison avait prétendu que Ben Brik refusait les
visites, ce qui est évidemment faux.
Autre certitude : Taoufik ne reçoit ni traitement ni médicament. Il est apparu
grandement affaibli et mal en point. Il a justifié sa grève comme étant l'ultime
moyen de se faire entendre.
Les quelques minutes restantes ont été consacrées à supplier le détenu pour
qu'il arrête sa grève de la faim, ce à quoi il semble avoir consenti, mais nul
n'en sait rien. Les visiteurs n'ont donc rien pu savoir de plus sur les
conditions de détention.
Bousculés, chassés, les visiteurs ont protesté à l'annonce de la fin de la
visite.Ils ont été jetés hors de la prison et leur carte de visite, encore valide,
leur a été confisquée.
Siliana est à l'intérieur des terres du côté du nord-ouest de la Tunisie. En
hiver, il y fait très froid et Taoufik a un système immunitaire très diminué,
dossier médical ayant été déposé auprès de l'administration pénitentiaire,
sachant qu'il s'agit justement d'un pénitencier, alors que la peine de Taoufik
n'est pas définitive, ce qui est pour le moins inhabituel...
Ces pratiques, Azza et Jalel en sont convaincus, visent à provoquer la mort de
Ben Brik. Comme ils n'ont pas pu récupérer son linge sale, il devra continuer à
la porter..
Fin de l'info, Azza

lundi 30 novembre 2009

Jérusalem : un témoignage poignant et un film qui ne peut laisser indifférent


De René Naba, 30/11/2009

En direct de Jérusalem pour sa chronique sur France Culture, Clémentine Autain nous livre un témoignage complet sur la situation en Palestine, "au bord de l'explosion", riche en détails d'un système anti-humain développé par un nationalisme israélien ethnocentré et expansionniste.
Un témoignage court, ciselé, précis qui se termine au bord des larmes.

Pour illustrer et compléter ce témoignage, nous vous conseillons de voir le remarquable documentaire :"JERUSALEM THE EAST SIDE STORY"


Après Iron Wall, Mohammed Alatar décrit dans "Jerusalem The East Side Story" de façon très documentée et pédagogique la politique israélienne de confiscation de Jérusalem...Il donne la parole à des responsables palestiniens et israéliens ainsi qu’à des militants pour les droits de l’Homme et des analystes politiques. Le film montre surtout le quotidien des habitants de Jérusalem-Est qui font face à la confiscation de leur terre et à la destruction de leurs biens. 
Mohammed Alatar met en avant l’importance cruciale de la ville : Jérusalem est la clé de la paix : sans Jérusalem, aucune paix ne sera possible, pour personne.
Un extrait du film (en anglais) est disponible sur http://www.youtube.com/watch ?v=fUdYdD96aV8.
N’hésitez pas à contacter la Plateforme au 01 40 36 41 46 ou contact@plateforme-palestine.org.