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vendredi 4 décembre 2009

Le Maroc perd son sang-froid


Par Mohamed Touati, Lexpressiondz, 3/12/2009


L'appel signé par les 150 élus européens, en faveur du retour de la militante sahraouie des droits de l'homme au sein de sa patrie, n'a pas du tout été apprécié par les autorités marocaines.
Rabat a vu rouge! Son ambassadeur auprès des communautés européennes a été chargé de le faire savoir.
«Le Maroc rejette totalement les allégations de certains milieux qui se sont empressés de recourir à la désinformation, faisant état notamment d'enlèvement, d'arrestation, de pression ou encore de violation de la légalité internationale» , a écrit Menouar Alem dans une correspondance adressée aux différentes institutions européennes, selon une dépêche rapportée par l'agence de presse officielle du Royaume, MAP.
La diplomatie marocaine, visiblement à court d'argument, s'emmêle les pinceaux. Elle voit dans la démarche de cet important groupe d'élus européens, encore une fois, la main...d'Alger. La capitale algérienne a bon dos ces jours-ci. «Cette campagne est inscrite dans le cadre de la stratégie d'obstruction méthodiquement mise en œuvre par l'Algérie et le Polisario», a ajouté le diplomate marocain. Menouar Alam pousse sa paranoïa jusqu'à voir dans cette interpellation du gouvernement marocain par les 150 eurodéputés, le résultat d'une connexion entre les responsables sahraouis et algériens. Il semble tomber des nues tout en manifestant son regret au sujet de ces «démarches des membres d'un intergroupe informel constitué au sein du Parlement européen contre le Royaume du Maroc, et qui s'affairent laborieusement, depuis plusieurs jours, à démarcher des eurodéputés sur la base d'informations erronées faisant état de mauvais traitements qu'auraient subis des citoyens marocains dans les provinces du Sud».
Ce que tente d'escamoter le diplomate marocain, ce sont les visées expansionnistes du Royaume alaouite qui veut annexer par la force le Sahara occidental en foulant aux pieds la légalité internationale. Ces citoyens marocains dont il fait mention ne sont, en fait, que des Sahraouis, qui vivent dans des territoires occupés par les forces armées royales: ils symbolisent la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance. Ils sont l'objet d'une répression féroce pour les faire renoncer à leur droit consacré par les résolutions votées par le Conseil de sécurité à disposer librement de leur destin, à travers la tenue d'un référendum d'autodétermination sous l'égide des Nations unies. Ce message délivré par Aminatou Haïdar et tous les défenseurs des droits de l'homme sahraouis, a été reçu cinq sur cinq par la communauté internationale.
Les 150 parlementaires européens s'en sont fait l'écho. «Nous, parlementaires européens, appelons instamment les autorités marocaines à permettre, sans aucun délai, le retour d'Aminatou Haïdar auprès des siens», ont demandé aux autorités de Rabat les élus européens qui ont aussi souhaité la libération des sept militants sahraouis des droits de l'homme arrêtés le 8 octobre 2009 à l'aéroport de Casablanca après leur retour d'une visite qu'ils avaient effectuée dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques sahraouis.
L'ambassadeur marocain auprès des communautés européennes fait la sourde oreille. Il s'enfonce dans la stratégie, désormais usée, adoptée par son pays qui consiste à faire de l'Algérie sa principale cible dès que le Royaume est épinglé sur la question des droits de l'homme au Sahara occidental. Pour lui, ces militants des droits de l'homme ne sont que «des individus qui ont rencontré des responsables "de premier rang" des services de sécurité algériens et des officiels du Front Polisario. La gravité des faits qui leur sont reprochés ne permet plus aucune marge de tolérance.
Des éléments de réponse édifiants peuvent certainement être trouvés du côté de l'Algérie qui prodigue son appui financier et son encadrement diplomatique et médiatique à ces actions dont les protagonistes n'en sont en fait que des exécutants». D'un trait de crayon, Menouar Alem veut élargir les frontières du Royaume et réduire le noble combat du peuple sahraoui pour son indépendance à une affaire de «délinquance politique».
La réponse appropriée à ce chapelet d'injures et de calomnies est venu par le biais d'une déclaration du prix Nobel de littérature. «Il est temps que la communauté internationale, représentée par l'ONU, impose au Maroc l'obligation de respecter les résolutions onusiennes.. .», a souligné José Saramago.

jeudi 3 décembre 2009

Dans de nombreux pays inquiétudes pour la santé d'Aminatou Haïdar


La « Gandhi du Sahara » tient tête à l'Espagne et au Maroc
France : Par Elodie Cuzin | Journaliste, Rue 89, 02/12/2009
Une militante pacifiste pour l'indépendance du Sahara occidental poursuit une grève de la faim depuis plus de deux semaines dans un aéroport espagnol. « Si Aminatou Haidar ferme les yeux, le gouvernement espagnol sera, avec le Maroc, son bourreau », écrit l'acteur Javier Bardem, l'un de ses nombreux soutiens. L'exécutif peine à résoudre la situation.
Le visage émacié de la « Gandhi du Sahara », comme la surnomment ceux qui la soutiennent, hante les médias espagnols avec une urgence grandissante à mesure que les jours passent depuis le début de sa grève de la faim, le 15 novembre.
Cette militante pacifiste pour l'indépendance du Sahara occidental, au nord-ouest de l'Afrique, a installé son QG de fortune aux pieds des sièges bleus du hall de l'aéroport de Lanzarote, dans les îles Canaries (Espagne), d'ordinaire destinés aux touristes qui viennent profiter de ses plages de sable noir. (...)
Sa destination, El Aaiun, n'est pas anodine puisqu'il s'agit de la principale ville du Sahara occidental, une zone sous administration espagnole jusqu'en 1975 et disputée depuis au Maroc par les indépendantistes. L'ONU l'a classée comme territoire « non-autonome » et a déployé des casques bleus sur place en 1991 dans l'attente d'un référendum sur son futur statut qui tarde à venir. C'est là qu'elle réside, avec sa mère et ses deux fils.(...)
Entamée dès le lendemain, sa grève de la faim l'a déjà profondément affaiblie et elle tient à peine sur la chaise roulante qu'elle doit désormais utiliser, selon son comité de soutien.
« Elle va très mal », a déclaré aujourd'hui l'acteur Willy Toledo, membre de la plateforme de soutien qui l'accompagne dans l'aéroport.
Son entourage rappelle qu'elle a passé quatre ans dans des prisons marocaines où, selon eux, elle aurait été victime de tortures. Les séquelles de ce « séjour » aggraveraient d'ailleurs son état actuel. Dans un entretien récent à El País, elle déclarait :
« J'ai deux fils mais j'ai aussi ma dignité. Entre mes fils et ma dignité, je préfère la dignité. Eux vivront sans mère mais dignement »
Le gouvernement espagnol patine
La position est délicate pour le gouvernement espagnol. Voisin stratégique, le Maroc accuse la militante d'appartenir au Front Polisario, un mouvement qui réclame le contrôle du Sahara. Il lui propose de réclamer un nouveau passeport marocain pour entrer à nouveau sur le territoire mais elle s'y refuse, arguant qu'elle dispose déjà d'un passeport, celui qui lui a été confisqué.
Ce n'est qu'après presque deux semaines de grève de la faim que le ministère des affaires étrangères a finalement envoyé un émissaire, samedi dernier, pour lui offrir une solution exceptionnelle : lui attribuer la nationalité espagnole. Il lui a également offert le statut de réfugiée politique en Espagne. Offres qui devraient toutes deux lui permettre de rentrer chez elle mais qu'elle a refusées, selon son avocate, pour ne pas devenir « étrangère dans sa propre maison ».
L'administration Obama préoccupée par sa santé
Alors que le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, s'est agacé publiquement lundi de ces refus en bloc, le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a assuré le lendemain, lors d'une conférence de presse, qu'il faisait « tout ce qui était en son pouvoir » et recherchait de nouvelles solutions, ajoutant ensuite :
« La clef de ce conflit qui dure depuis des décennies se trouve dans un accord que seules les Nations Unies peuvent trouver. »
L'administration Obama s'est inquiétée publiquement de « la santé et du bien-être » de l'activiste la semaine dernière tandis que près d'un millier de personnes sont venues assister dimanche à un spectacle de soutien organisé à Rivas-Vaciamadrid, près de la capitale espagnole et mené par des dizaines d'artistes, dont Pedro Almodovar.
Le prix Nobel de littérature José Saramago s'est rendu sur place, à Lanzarote, mardi et le réalisateur britannique Ken Loach co-signe le 1er décembre une lettre ouverte commémorant la date anniversaire du jour où Rosa Park refusa de céder sa place à un passager blanc aux Etats-Unis, et comparant son combat à celui d'Aminatou Haidar.

Algérie : El Watan, 2/12/2009.
Retour de Aminatou Haïder chez elle au Sahara occidental: 150 eurodéputés lancent un appel au Maroc
Cent cinquante eurodéputés ont signé un appel dans lequel ils demandent « instamment » aux autorités marocaines d'autoriser le défenseur des droits de l'homme au Sahara occidental Aminatou Haïdar de revenir chez elle et de libérer les prisonniers politiques sahraouis.
« Nous, parlementaires européens, appelons instamment les autorités marocaines à permettre, sans aucun délai, le retour d'Aminatou Haïdar auprès des siens », écrivent-ils dans cet appel. L'activiste sahraouie et ex-prisonnière politique Aminatou Haïdar a été arrêtée par les autorités marocaines le 14 novembre 2009 à l'aéroport d'El Ayoun et expulsée vers Lanzarote, Espagne, alors qu'elle rentrait d'un voyage à travers plusieurs continents, notamment les Etats-Unis, où elle a reçu le « prix du courage civil 2009 » attribué par la Train Fondation. Ces eurodéputés demandent également aux autorités marocaines de « se conformer à l'article 9 de la Constitution marocaine et à leurs obligations au titre de l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques en respectant la liberté d'expression en libérant immédiatement Ahmed Alnasiri, Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi, Saleh Labihi, Dakja Lashgar, Rachid Sghir et Ali Salem Tamek ainsi que tous les autres prisonniers politiques sahraouis ».
Ils appellent aussi à la liberté d'accès et de circulation dans le territoire pour les observateurs internationaux et les envoyés des médias, et de prendre des mesures concrètes pour que tous les Sahraouis puissent exercer pleinement leur droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion inscrit dans le droit international. Le Maroc est appelé par les eurodéputés à permettre aux défenseurs sahraouis des droits humains de recueillir et diffuser des informations et des opinions sur les questions de droits humains sans craindre d'être poursuivis, harcelés ou soumis à des tentatives d'intimidation, conformément à la déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998
Le comédien français Pierre Richard appelle le Maroc et l'Espagne à permettre le retour de Mme Haidar dans son pays
France, 02/12/2009 (SPS) La star de la comédie française Pierre Richard a appelé les autorités marocaines et espagnoles à permettre à Mme Aminetou Haidar qui observe une grève de la faim à l'aéroport de Lanzarote (Iles des Canaries) de retourner parmi les siens dans son pays, le Sahara Occidental occupé, après son expulsion arbitraire par les autorités marocaines.
Dans une lettre adressée à Mme Aminetou Haidar publiée, Pierre Richard a exprimé son admiration pour le courage et la résistance de la militante sahraouie qui observe une grève de la faim.
Le comédien français a indiqué dans sa lettre à la militante sahraouie des droits de l'homme "je salue votre courage et votre forte détermination qui force le respect".
M. Pierre Richard a participé l'année dernière au festival culturel dans les camps de réfugiés sahraouis aux côtés de nombreux comédiens du cinéma français. De nombreux artistes et comédiens de différentes régions du monde ont annoncé dernièrement le lancement d'une campagne internationale en faveur du retour de la militante Aminetou Haidar dans son pays dans la ville sahraouie d'El Aaiun occupée.
Le président de l'ordre des avocats d'Afrique de l'Ouest appelle à la libération immédiate des activistes sahraouis
Niger :Abuja, 02/12/2009 (SPS) Le président de l'ordre des avocats d'Afrique de l'Ouest, le nigérian Fimi Falana a alerté le rapporteur spécial de l'ONU en charge de la situation des défenseurs des droits de l'Homme à Genève, Mme Margaret Sekaggya, sur l'état des sept activistes sahraouis arrêtés par les autorités marocaines le 8 octobre dernier à leur retour d'une visite dans les camps des réfugiés sahraouis.
L'avocat Falana a demandé, dans un message adressé à Mme Margaret Sekaggya, au nom de l'ordre des avocats d'Afrique de l'Ouest, de "faire pression sur le Gouvernement marocain pour qu'il procède à la libération immédiate des sept détenus et cesse toute poursuite ou menace à leur encontre".
Il a en outre souligné la nécessité d'avertir Rabat que ses "violations des droits de l'Homme au Sahara Occidental ne sont plus tolérables".
Fimi Falana a également appelé la responsable onusienne à "ne ménager aucun effort pour assurer la protection des droits de l'Homme au Sahara Occidental ainsi que la sécurité des défenseurs sahraouis des droits de l'Homme et leur droit à défendre les revendications légitimes de leur peuple comme le prévoit la Déclaration onusienne des défenseurs des droits de l'Homme de 1998". (SPS)

Le groupe des Verts au Bundestag appelle le MAE à agir pour un retour immédiat de Aminetou Haidar
Allemagne : Berlin, 02/12/2009 (SPS) Le groupe parlementaire des Verts au Parlement allemand (Bundestag) a appelé le MAE, M. Guido Westerwelle à "agir pour trouver une solution rapide, afin de sauver l'état de santé d'Aminetou Haidar", en grève de la faim depuis plus de deux semaines à l'aéroport de Lanzarote (Espagne) où elle a été déportée de force depuis El Aaiun (Sahara Occidental) par le Maroc.
"Je vous appelle, Monsieur le Ministre, à tout faire pour le retour rapide de Mme Haidar à son pays, l'apaisement du conflit entre le Maroc et le Polisario et à soutenir les efforts des Nations Unies pour la tenue d'un référendum sur l'avenir du Sahara Occidental", a écrit le groupe des Verts, dans une lettre au MAE allemand, parvenue à SPS.
Il a également exprimé son inquiétude face à l'escalade du conflit entre le Polisario et le Maroc ainsi que de la détérioration de l'état de santé d'Aminetou Haidar, a ajouté la même source. (SPS)
Des Eurodéputés demandent à la ministre suédoise Cecelia Malmstrom de faire pression pour le retour d'Aminetou Haider chez elle
Bruxelles, 02/12/2009 (SPS)- Des Eurodéputés de la gauche européenne, la portugaise Ana GOMES et les espagnols Willy Meyer et Antonio Masip Hidalgo, ont demandé à la ministre suédoise Cecilia Malmstrom, en sa qualité de membre de la Présidence de l'UE en exercice, de faire pression sur les autorités marocaines pour autoriser Aminetou Haider a retourner auprès des siens.
"Nous vous demandons instamment, en votre qualité de membre de la présidence de l'UE en exercice, de prendre des mesures urgentes pour faire pression sur les autorités compétentes marocaines pour qu'elles permettent à Aminetou Haidar de retourner au Sahara occidental", écrivent-ils dans leur lettre.
Ils se sont dits "extrêmement préoccupés" pour la santé de l'activiste des droits humains au Sahara occidental, en grève de la faim depuis plus de dix jours, après avoir été déportée de son pays d'origine par les autorités marocaines.
Son passeport a été confisqué et elle a été déportée vers l'Espagne après avoir refusé de d'écrire la nationalité marocaine sur le formulaire de police à son arrivée à l'aéroport d'El Aaiun, quand elle rentrait des Etats-Unis, où elle a été reçue par la Train Fondation Civil Courage Prize.
Aminetou Haidar qui est considérée par certains de ses partisans comme la "Gandhi sahraouie", a affirmé à la presse internationale qu'elle "poursuivrait la grève de la faim jusqu'à ce que je sois autorisée à retourner dans ma patrie, où mes enfants vivent, ou je meurs".
L'Espagne demande l'intervention de Ban Ki-Moon pour trouver une solution à la situation d'Aminetou Haidar
Espagne : Madrid, 02/12/2009 Le gouvernement espagnol a demandé l'intervention du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon afin de trouver une solution à la situation de la militante sahraouie des droits de l'homme, Aminetou Haidar, en grève de la faim illimitée pour exiger son retour à El Aauin occupé, d'où elle a été expulsée par le Maroc, a annoncé mardi à Lanzarote (Iles Canaries), le directeur de Cabinet du MAE, Agustin Santos.
Le responsable espagnol s'était rendu dimanche à Lanzarote, pour essayer de trouver une solution à la situation de Haidar qui a rejeté encore une fois la proposition du gouvernement espagnol de lui accorder soit la nationalité espagnole, le statut de réfugiée politique ou demander un nouveau passeport marocain.
La militante sahraouie lui a réitéré que la "seule chose" qu'elle demande est de pouvoir retourner chez elle au Sahara occidental car, "c'est un problème crée par les gouvernements espagnol et marocain qui ont violé mes droits et le droit international" , a-t-elle expliqué.
"Je rentre à Madrid pour informer le ministre des Affaires étrangères (Moratinos) de la situation de ces jours passés à Lanzarote et, tenter en même temps d'avoir des contacts avec les autorités marocaines à Madrid, avec l'ambassade" , a-t-il déclaré à la presse.
"Ces contacts font suite à d'autres démarches menées auprès des autorités marocains sans que nous ayons obtenu jusqu'à l'heure des résultats satisfaisants" , a ajouté M. Santos.
A cet égard, il a souligné que "le gouvernement espagnol veut réitérer sa disposition à poursuivre ces démarches, a informé l'ONU et demandé également l'intervention de son secrétaire général pour engager un dialogue avec les autorités marocaines pour trouver une solution à ce problème".
Tout en souhaitant que le Maroc "réponde de la manière la plus rapide possible", le responsable espagnol a invité de nouveau Aminetou Haidar à accepter une proposition de solution suggérée par le gouvernement espagnol.
Pour Mme Haidar, il s'agit "d'un complot ourdi par le gouvernement espagnol tendant à prolonger son calvaire", estimant que Madrid "viole les droits de l'homme, du droit international, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment l'article 12. C'est aussi une violation flagrante du droit espagnol".
Le gouvernement sahraoui a averti, lundi à Alger, des conséquences "très graves" pour le processus de négociation, le maintien du statu quo et la stabilité de toute la région du Maghreb, si la situation de Mme Haidar fini catastrophiquement.

dimanche 29 novembre 2009

les eurodéputés de gauche mobilisés pour le droit des militants sahraouis


Par Gaël de Santis, l'Humanité, 29/11/2009


L’ancienne prisonnière politique Aminatou Haidar est en grève de la faim depuis près de deux semaines 
pour obtenir le droit de rentrer chez elle, au Sahara occidental occupé depuis 1975 par le Maroc.

Aminatou Haidar, militante sahraouie, est en grève de la faim depuis le 15 novembre. Arrêtée le 13 par les autorités marocaines, à son arrivée à l’aéroport d’El-Ayoune, ville la plus importante du Sahara occidental, puis expulsée illégalement vers l’Espagne, elle réclame des autorités de Madrid d’être renvoyée dans sa patrie, le Sahara occidental. Celui-ci est occupé depuis 1975 par le Maroc, qui fait traîner depuis 1991 la tenue d’un référendum d’autodétermination réclamé par les Nations unies. L’arrestation d’Aminatou Haidar, dont les deux fils vivent à El-Ayoune, advient à la suite d’une tournée internationale au cours de laquelle la militante a reçu, notamment, le prix du courage civil de la Train Foundation.
Le 8 octobre, les autorités marocaines ont déjà fait arrêter sept militants sahraouis, dont Brahim Dahane, président de l’Association sahraouie des victimes des violations des droits de l’homme (ASVDH), qui devait recevoir un prix du gouvernement suédois. Face à une telle dégradation de la situation, trente parlementaires européens socialistes, Verts ou de la Gauche unitaire européenne (GUE) ont lancé un appel aux autorités marocaines en particulier pour « permettre (…) le retour d’Aminatou Haidar auprès des siens », faire respecter les droits civils et politiques des sept militants emprisonnés, « la liberté d’accès et de circulation dans le territoire pour les observateurs internationaux », le droit d’association des Sahraouis, « permettre aux défenseurs sahraouis des droits humains de recueillir et diffuser des informations (…) sur ceux-ci sans crainte d’être poursuivis ». Parmi les signataires français, on trouve, entre autres, le député du Front de gauche, Patrick Le Hyaric, les députés Verts Pascal Canfin, José Bové, etc.
L’Union européenne joue un rôle plus qu’ambigu sur cette question de l’autodétermination du peuple sahraoui. Bruxelles a signé un accord d’association avec le Maroc qui, comme Israël, occupe des territoires en dehors de la légalité internationale. Cela n’empêche pas la Commission européenne d’estimer, dans son document de stratégie 2007-2013 concernant les liens avec le Maroc, que « le nouveau plan de règlement du conflit proposé par les Nations unies en mai 2001 n’a pas encore trouvé l’approbation de toutes les parties », renvoyant dos à dos Rabah et le Front Polisario, l’organisation politique des Sahraouis. La résolution du problème sahraoui n’est même pas mentionnée comme objectif de l’Union européenne, qui privilégie les accords commerciaux. Ainsi, Bruxelles cherche à établir un accord pour que ses pêcheurs puissent exploiter les eaux poissonneuses du Sahara occidental.

samedi 21 novembre 2009

Para/Pour/For Aminatou Haidar

LLAMAMIENTO URGENTE DE LOS EURODIPUTADOS
APPEL URGENT DES EURODÉPUTÉ(E)S
URGENT APPEAL FROM MEPs
Bruselas /Bruxelles/Brussels, 18.11.2009

La defensora saharui de los derechos humanos y antigua prisionera política Aminatou Haidar fue detenida por las autoridades marroquíes en el aeropuerto de El Aaiun el pasado 13 de noviembre y después deportada a Lanzarote. Esto se produjo a su vuelta de un viaje por diversos países del mundo, incluyendo los Estados Unidos, donde había recibido el premio "Civil Courage Award 2009", concedido por la Fundación Train.
Durante este viaje Aminatou Haidar ha denunciado, una vez más, la represión que llevan a cabo las autoridades marroquíes en los territorios ocupados del Sahara Occidental y ha lanzado un llamamiento urgente por la liberación inmediata e incondicional de los siete miembros de diversas organizaciones defensoras de los derechos humanos y otros grupos sociales detenidos el pasado 8 de octubre. Estos militantes, preocupados desde hace largo tiempo por la situación en el Sahara Occidental y ocupados en la recolección de información sobre las violaciones de los derechos humanos allí cometidas, serán juzgados ante un tribunal militar acusados de varios cargos, entre ellos el de atentado contra la seguridad interior y exterior del estado marroquí y el de agresión contra la integridad del reino. Se enfrentan a una posible pena de muerte.
Nosotros, parlamentarios europeos, hacemos un llamamiento urgente a las autoridades marroquíes para que
  • permitan, sin ningún tipo de retraso, el retorno inmediato de Aminatou Haidar con los suyos;
  • cumplan el artículo 9 de la Constitución marroquí, así como las obligaciones derivadas del artículo 19 del Pacto Internacional de derechos civiles y políticos, respetando la libertad de expresión y liberando inmediatamente a Ahmed Alnasiri, Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi, Saleh Labihi, Dakja Lashgar, Rachid Sghir et Ali Salem Tamek así como a todos los demás presos políticos saharuis;
  • permitan la entrada y libre circulación por el territorio de los observadores internacionales y los enviados de los medios de comunicación y tomen medidas concretas para permitir a todos los saharauis el pleno ejercicio de su derecho a la libertad de expresión, de asociación y de reunión, reconocido por el derecho internacional;
  • permitan a los defensores saharauis de los derechos humanos la recolección y difusión de información y opiniones sobre la cuestión de los derechos humanos, sin que por ello sean perseguidos, acosados o víctimas de tentativas de intimidación, derecho recogido en la Declaración sobre el derecho y el deber de los individuos, los grupos y las instituciones de promover y proteger los derechos humanos y las libertades fundamentales universalmente reconocidos, adoptada por la Asamblea General de las Naciones Unidas el 9 de diciembre de 1998.

    APPEL URGENT DES EURODÉPUTÉ(E)S

    L'activiste sahraouie et ex-prisonnière politique Aminatou Haidar a été arrêtée par les autorités marocaines le 13 novembre 2009 à l'aéroport d'El Ayoun et expulsée vers Lanzarote, Espagne, alors qu'elle rentrait d'un voyage à travers plusieurs continents, et notamment les Etats-Unis, où elle a reçu le «prix du courage civil 2009» attribué par la Train Fondation.

    Lors de ce voyage, Aminatou Haidar a une fois de plus dénoncé
     les répressions commises par les autorités marocaines dans les territoires occupés du Sahara occidental et a également lancé un appel urgent pour la libération immédiate et inconditionnelle de sept militants, membres de plusieurs organisations de défense des droits humains et groupes de la société civile, détenus le 8 octobre dernier. Ces militants, qui se consacrent depuis longtemps à la situation au Sahara occidental et à la collecte d’informations sur les violations des droits humains qui y sont perpétrées, ont à répondre devant un tribunal militaire de plusieurs accusations, notamment d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État marocain et d'atteinte à l’intégrité territoriale du royaume et risquent la peine de mort.
    Nous, Parlementaires Européens, appelons instamment les autorités marocaines à:
  • permettre, sans aucun délai, le retour d'Aminatou Haidar auprès des siens
  • se conformer à l'article 9 de la Constitution marocaine et à leurs obligations au titre de l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques en respectant la liberté d'expression en libérant immédiatement Ahmed Alnasiri, Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi, Saleh Labihi, Dakja Lashgar, Rachid Sghir et Ali Salem Tamek ainsi que tous les autres prisonniers politiques sahraouis
  • la liberté d'accès et de circulation dans le territoire pour les observateurs internationaux et les envoyés des médias
  • prendre des mesures concrètes pour que tous les Sahraouis puissent exercer pleinement leur droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion inscrit dans le droit international
  • permettre aux défenseurs sahraouis des droits humains de recueillir et diffuser des informations et des opinions sur les questions de droits humains sans craindre d'être poursuivis, harcelés ou soumis à des tentatives d'intimidation, conformément à la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998

    URGENT APPEAL FROM MEPs
    The Sahrawi activist and former political prisoner Ms. Haidar was arrested by Moroccan authorities on the 13th of November, at the airport, in El Aaiun and was deported to Lanzarote, Spain. The arrest occurred while she was returning from a visit to several countries, including the United States, where she was awarded the "Civil Courage Award 2009" by Train Foundation.
    During this journey, Ms. Haidar has once again denounced the repression perpetrated by the Moroccan authorities in the Occupied Territories of Western Sahara and has also launched an urgent appeal for the immediate and unconditional release of seven activists from advocacy organisations, human rights groups and civil society, who were detained on the 8th of October. These activists, who have gathered information on violations of human rights in Western Sahara, will have to answer before a military tribunal for several charges and they risk the death penalty.

    We, Members of the European Parliament, urge the Moroccan authorities to:
  • allow, without any delay, the return of Ms. Aminatou Haidar to her country, Western Sahara
  • comply with  Article 9 of the Moroccan Constitution and its obligations under Article 19 of International Covenant on Civil and Political Rights, by respecting freedom of expression and by immediately releasing Alnasiri Ahmed Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi Saleh Labihi, Dakja Lashgari, Sghir Rashid, Ali Salem Tamek and all other Saharawi political prisoners
  • allow freedom of access and movement within the territory for international observers and special correspondents
  • take concrete measures in order to ensure that all Sahrawis can exercise their right to freedom of expression, association and assembly enshrined in international law
  • allow Sahrawi's human rights defenders to collect and disseminate information and opinions on human rights issues without fear of being brought to trial, harassed or subjected to intimidation, according to the Declaration on the Right and Responsibility of Individuals, Groups and Organs of Society on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms, as adopted by the General Assembly of the United Nations on the 9th of December of 1998
Firmas/Signatures:
Ana Gomes
Miguel Portas
Raul Romeva
Willy Meyer
Judith Sargentini
Ska Keller
Jill Evans
Barbara Lochbihler
Ulrike Lunacek
Nicole Kiil-Nielsen
Frieda Brepoels
Michael Cashman
Jean-Paul Besset
Françoise Castex
Bart Staes
Oriol Junqueras Vies
Heide Rühle
Norbert Neuser
Rui Tavares
Marisa Matias
Patrick Le Hyaric
Eva-Britt Svensson
Lothar Bisky
José Bové
Linda Mcaven
François Alfonsi
Pascal Canfin
Yannick Jadot
Catherine Grèze
Guido Milana