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dimanche 19 décembre 2010

NÉGOCIATIONS MAROC-FRONT POLISARIO : Ça passe ou ça casse!

Par Mohamed TOUATI, l'Expression, 18/12/2010
Le champ pour la paix, en cas de nouvel échec, devrait dangereusement se rétrécir.
Baisser de rideau aujourd’hui sur l’acte IV des discussions informelles de Greentree, à Manhassets dans la banlieue de New York, entamées en août 2009 à Durnstein près de Vienne, en Autriche.
Le conflit du Sahara occidental entrera-t-il dans une phase de confrontation? Tous les ingrédients semblent être réunis pour que cela explose! Violences, répression, arrestations arbitraires... sont le lot quotidien que subissent les militants sahraouis des droits de l’homme.
Le procès de sept d’entre eux devait s’ouvrir hier. Brahim Dahane, Ahmed Nassiri, Ali Salem Tamek, Lachgare Degia, Yahdih Ettarrouzi Rachid, Sghavar Lebaïhi et Saleh ont été arrêtés sur le tarmac de l’aéroport Mohammed V de Casablanca le 8 octobre 2009 après leur retour des camps de réfugiés sahraouis de Tindouf.
La quatrième rencontre informelle entre les deux délégations, qui s’est déroulée du 16 au 18 décembre, s’est tenue sous le signe de la violation des droits de l’homme. Elle a de fortes chances de s’achever en queue de poisson. Une autre bonne raison de mettre les nerfs qui sont déjà à vif à rude épreuve.
D’autre part, il faut souligner qu’aucune avancée notoire n’a été décelée depuis que des pourparlers directs ont été engagés, en juin 2007, entre les négociateurs marocains et sahraouis sous l’égide de l’Organisation des Nations unies.
Les discussions butent sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination qui garantirait au peuple sahraoui de pouvoir s’exprimer librement quant à son avenir. Dans la sémantique utilisée par le pouvoir marocain et la presse qui lui est inféodée, le Sahara n’est plus occidental mais «marocain».
Une autre façon pour le Makhzen de dire qu’il ne cédera pas d’un pouce sur sa proposition de large autonomie qu’il a concoctée pour les territoires qu’il a annexés, et qu’il rejette de facto celle du Front Polisario qui s’appuie sur les résolutions 1813 (2008), 1871 (2009) et 1920 (2010) votées par le Conseil de sécurité. Que dit la dernière d’entre elles (1920, Ndlr) adoptée le 30 avril 2010? Elle demande aux parties de «poursuivre les négociations sous les auspices du secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts faits depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies et prend note du rôle et des responsabilités des parties à cet égard».
Le texte est clair, net et précis. Le souverain marocain l’a compris comme il l’a voulu. «Le Maroc continuera à défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale sans renoncer au moindre pouce de son Sahara», a indiqué Mohammed VI au mois de juillet 2010, à l’occasion de la célébration du 11e anniversaire de son accession au trône.
Le Front Polisario, qui a toujours privilégié le dialogue, a fermement répondu à ce type de provocation.
«Que le Maroc de Mohammed VI soit convaincu que les Sahraouis ont la volonté, la décision et les capacités pour reprendre le combat», avait indiqué Bachir Sayed (frère du chahid El-Ouali Mustapha Sayed membre fondateur de la Rasd, dont il fut le premier président, tombé au champ d’honneur le 9 juin 1976), en marge des festivités commémoratives du 35e anniversaire de la Déclaration de l’union du peuple sahraoui. «Au cas où l’option des négociations ne permet pas au peuple sahraoui de réaliser ses objectifs, nous allons revenir au fusil», a prévenu le président de la Rasd.
Le SG du Polisario a appelé le secrétaire général de l’ONU à intervenir rapidement pour «stopper la campagne de diffamation chauvine et raciste menée par le gouvernement marocain contre le peuple sahraoui et en finir avec le climat de peur et de terreur sévissant dans les territoires occupés par le Maroc», peut-on lire dans un message publié par l’agence de presse officielle sahraouie daté du 16/12/2010.
«L’attaque de Gdeim Izik nous porte à croire que le pire reste à venir», a souligné Mohamed Abdelaziz.
Dans une lettre ouverte adressée au roi du Maroc, il attire l’attention du souverain chérifien sur d’éventuelles désastreuses retombées. «Vous pouvez imaginer les conséquences fâcheuses que connaîtrait la région si le gouvernement marocain ne cédait pas à la volonté populaire sahraouie et à la volonté de la communauté internationale d’organiser un référendum d’autodétermination et approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU en 1991», a averti le président sahraoui.
Rabat qui estime que la tenue d’un référendum qui inclurait l’option de l’autodétermination est «inapplicable», pourrait signer l’arrêt de mort des négociations.
http://www.lexpressiondz.com/article/5/2010-12-18/83926.html

jeudi 25 novembre 2010

ATTAQUE DU CAMP DE GDEIM IZIK Le Maroc passe aux aveux

Par Mohamed Touati, 24/11/2010
La vérité éclate au grand jour
132 Sahraouis ont été arrêtés tandis que le nombre de disparus demeure ignoré, ont déclaré, dimanche dernier à la presse espagnole, des représentants du Makhzen.
El Aâyoune en état de siège. El Pais et El Mundo brisent le mur du silence. Les deux quotidiens espagnols ont révélé que les chefs de l’administration coloniale de la ville occupée d’El Aâyoune ont reconnu que «le nombre de prisonniers est de 132 personnes et que les disparus, dont le nombre est inconnu, sont des personnes qui ont fui vers le désert de peur qu’elles ne soient emprisonnées».
Mohamed Jelmouss, le gouverneur d’El Aâyoune a même poussé la confidence un peu plus loin pour livrer quelques détails. «117 prisonniers sont à la Prison noire à El Aâyoune. Parmi eux, 113 seront jugés par la cour d’appel alors que quatre autres comparaitront devant des tribunaux de première instance.
Huit autres détenus ont été transférés à Rabat pour être jugés par des tribunaux militaires en tant que responsables de la mort de 11 policiers tués dans les émeutes», a confié au journal espagnol El Pais, le wali de la capitale du Sahara occidental sous domination marocaine, un proche de l’ex- ministre délégué à l’Intérieur Fouad Ali el-Himma (1999-2007).
Des déclarations sous forme d’aveux. Ces arrestations massives attestent de l’ampleur et de la férocité de l’attaque planifiée par les forces d’occupation marocaine, le 8 novembre 2010 à l’aube, contre le camp des réfugiés sahraouis de Gdeim Izik. «Les déclarations des représentants du Makhzen constituent un aveu de l’ampleur de l’assaut violent contre le campement de Gdeim Izik et de la brutalité de la répression qui s’abat jusqu’à maintenant sur la population civile d’El-Aâyoun», a indiqué lundi dans un communiqué le ministère sahraoui de l’Information.
Selon un bilan provisoire établi par le Front Polisario, l’assaut meurtrier contre le camp de Gdeim Izik, aurait fait des dizaines de morts et plus de 4 500 blessés. Le pouvoir marocain n’a cessé de le contester pour tenter de faire croire, à travers une fallacieuse campagne médiatique, que cette expédition militaire punitive n’était qu’une simple opération de maintien de l’ordre.
Le Conseil des ministres sahraoui a demandé, lundi, l’envoi «en urgence» d’une mission d’enquête internationale. «Le gouvernement marocain tente de mettre à profit le blocus et le temps qui passe pour effacer les traces de ses crimes à Gdeim Izik», a indiqué un communiqué de ce Conseil présidé par le secrétaire général du Front Polisario Mohamed Abdelaziz.
Aujourd’hui, les langues commencent à se délier. A El Aâyoune, le traumatisme encore vivace s’est transformé en cauchemar. «La terreur cloue les Sahraouis dans leurs demeures», a mentionné dans son reportage l’envoyé spécial du quotidien d’El Pais, à El Aâyoune. «Un calme tendu règne dans la ville qui a été le théâtre d’une manifestation sanglante de deux jours pour protester contre l’assaut donné par les forces militaires marocaines contre le camp de Gdeim Izik, à l’aube du 8 novembre dernier», ajoute le journaliste espagnol qui a été le seul avec celui de son confrère d’El Mundo, a avoir été autorisé à pénétrer à El Aâyoune, plus de dix jours après l’agression des forces d’occupation marocaines contre le camp de Gdeim Izik.
Les habitants d’El Aâyoune vivent encore la peur au ventre. «La peur est palpable parmi les Sahraouis qui fuient les contacts avec le journaliste par peur de représailles», a constaté le journaliste d’El Pais. Ses minces contacts sur place lui ont fait part de «dizaines de morts».
On ne saura sans doute jamais toute la vérité sur ces dramatiques événements tant que le Maroc maintiendra son black-out sur la ville martyrisée d’El Aâyoune pour l’isoler du reste du monde. Il faut dire que c’est une stratégie dont a fait preuve, dans un passé pas si lointain, le trône marocain qui est aujourd’hui pris en flagrant délit de récidive.
«Le Maroc a nié officiellement, pendant plus de 20 ans, l’existence des bagnes de Tazmamart, Kalaât Megouna, Agdez et tant d’autres où des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans le secret le plus total», ont déclaré à l’unisson les responsables de la République sahraouie et ceux du Front Polisario.
Une autre manière de dire que, tôt ou tard, toute la lumière sera faite sur l’attaque sanglante menée par les forces d’occupation marocaines contre le camp de Gdeim Izik. Le Maroc finira par être rattrapé par un triste pan de son histoire.

mercredi 10 novembre 2010

LOURD BILAN DE LA RÉPRESSION MAROCAINE À EL AÂYOUNE

Par Mohamed Touati, 10 /11/2010
Les forces d’occupation marocaines mènent une chasse implacable contre les militants sahraouis, les maisons sont violemment perquisitionnées alors que les arrestations arbitraires se multiplient.
Le bilan de la tuerie contre le peuple sahraoui est accablant: 11 personnes tuées, 723 blessées et 159 autres portées disparues après l’intervention des forces d’occupation marocaines contre un campement de contestataires près de El Aâyoune, chef-lieu du Sahara occidental.
Le souverain marocain sème la terreur dans les territoires occupés. Contrairement à ce que veut faire croire Rabat, c’est un véritable climat de guerre civile qui règne dans la ville occupée d’El Aâyoune. «La situation y est très critique et risque de s’aggraver davantage», indique un communiqué de la Rasd rendu public hier. Les dernières informations, dont nous disposions avant de mettre sous presse, font état de 6 morts dont 5 militaires des Forces armées royales, selon une source officielle marocaine citée par l’AFP. Un premier bilan côté sahraoui signale qu’un jeune sahraoui de 26 ans a été abattu lors de l’offensive menée lundi par les forces marocaines contre le camp de Gudeim Izik alors que des dizaines de blessés, de disparus et de détenus sont déplorés.
Le Conseil des ministres sahraoui a décrété la journée du mardi 9 novembre, journée de deuil national. «Un deuil national sera observé en particulier au sein de la République sahraouie, les camps de réfugiés, les ambassades, les représentations du Front Polisario et dans les territoires libérés où le drapeau national sera mis en berne».
Pris dans la spirale d’une violence qu’il a ouvertement décrétée et qu’il ne contrôle plus, Mohammed VI ne cache pas sa volonté de mettre à genoux le peuple sahraoui qui a pris la décision de s’émanciper de sa tutelle. 
 Pour mater cette résistance pacifique, il a mis le paquet. Il n’a pas lésiné sur les moyens. «Les forces marocaines, qui étaient accompagnées des forces de la gendarmerie, de la police et d’auxiliaires, se sont livrées à une violence inouïe, en utilisant des hélicoptères pour larguer des bombes lacrymogènes et des canons à eau contre les citoyens sahraouis sans défense», témoigne Mohamed Salem Ould Salek. «C’est horrible ce qui se passe là-bas. Il y aura certainement un grand bilan de morts et de blessés», s’est inquiétée Aminatou Haïdar, militante des droits de l’homme et symbole de la résistance sahraouie dans les territoires occupés.
Le bilan ne peut qu’être provisoire, le pouvoir marocain a mis la ville d’El Aâyoune sous un black-out total et distille les informations à sa guise.
«Les informations disponibles actuellement sur les raisons de cette opération, le niveau de force employé, la réaction des personnes du camp, le nombre de victimes parmi les manifestants et les forces de sécurité sont vagues et contradictoires. Manifestement, il y a un certain nombre de morts et de blessés que nous regrettons», a déclaré Martin Nesirky, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, lors d’une conférence de presse.
C’est certainement foutu pour le troisième cycle de négociations informelles qui ont débuté le 8 novembre à Greentree, à Long Island, près de New York.
Le souverain marocain n’en fait qu’à sa tête dans le conflit du Sahara occidental.
Le représentant personnel de Ban Ki-moon, qui a déployé tout son savoir-faire pour tenter de renouer le dialogue entre les deux parties en conflit (Maroc et Polisario), risque de voir ces nouveaux pourparlers tourner en eau de boudin.
Les événements dramatiques du 8 novembre dans les territoires occupés sont considérés comme les plus graves depuis leur occupation par le Maroc en 1975.

Mohamed TOUATI

lundi 8 novembre 2010

MOHAMMED VI PERD LES PÉDALES

LE ROI DU MAROC S’ATTAQUE VIOLEMMENT À L’ALGÉRIE
Par Mohamed Touati, 8/11/2010

Le souverain marocain a tenu un discours extrêmement belliqueux vis-à-vis de l’Algérie dans une allocution adressée à ses sujets à l’occasion du 35e anniversaire de la Marche verte.
La question du Sahara occidental traumatise l’héritier du trône alaouite. Il compte mettre en échec la résistance héroïque et pacifique du peuple sahraoui, qui rejette la domination marocaine dans les territoires occupés, à travers un discours dominateur, démagogique et mégalomane.
«Il est révolu le temps des dérobades où certains pouvaient se soustraire à leurs obligations. L’heure de vérité a sonné pour dévoiler à la communauté internationale les affres de la répression, de l’intimidation, de l’humiliation et des tortures qui sont infligées à nos compatriotes dans les camps de Tindouf, en violation flagrante des principes les plus élémentaires du droit international humanitaire», a déclaré, samedi, Mohammed VI dans un discours destiné à son peuple.
Les réfugiés des camps de Tindouf sont devenus le nouvel enjeu de la politique marocaine au Sahara occidental pour tenter d’imposer son plan de large autonomie. Après avoir chassé tout un peuple de sa patrie en lui infligeant une répression féroce afin de tenter de le soumettre par la force, l’héritier de feu Hassan II se découvre subitement des vertus de défenseur des droits de l’homme.
«Face à cette situation dramatique, Nos fidèles sujets à Tindouf, hommes et femmes, vieillards et enfants, ne cessent d’exprimer courageusement et avec de plus en plus de véhémence, leur opposition croissante à la répression et la tyrannie. Preuve en est que, malgré les contraintes du blocus étouffant qui leur est imposé, ils regagnent massivement leur patrie, le Maroc, se mettant spontanément en phase avec l’Initiative d’Autonomie et l’esprit du projet de régionalisation avancée», poursuit dans son exposé le monarque marocain.
Mohammed VI veut récupérer les réfugiés de Tindouf: des citoyens marocains pris en otage par les Algériens, veut-il faire croire. N’était-ce le drame que vit le peuple sahraoui, la situation tournerait au tragi-comique. Mais ne dit-on pas que «le ridicule ne tue pas»? Une fois de plus, le roi du Maroc ne craint point de s’en couvrir. Pris dans la tourmente de ses arguments, son harangue se détraque: «Nous n’abandonnerons jamais Nos fidèles sujets dans les camps de Tindouf, ni où que ce soit ailleurs. Nous ne ménagerons aucun effort pour qu’ils puissent exercer leurs droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté d’expression, de mouvement et de retour à leur mère-patrie», ajoute-t-il.
A qui s’adressait Mohammed VI ? Aux sept militants des droits de l’homme qui ont été arrêtés en octobre 2009 sur le tarmac de l’aéroport de Casablanca après leur retour d’un séjour parmi leurs familles des camps de réfugiés sahraouis de Tindouf et qui continuent de croupir dans les geôles du royaume au même titre que des centaines de leurs concitoyens?
A moins que le souverain alaouite ne tente de remettre en cause les condamnations des ONG internationales visant sa politique de répression au Sahara occidental, notamment en ce qui concerne l’assassinat de l’adolescent de 14 ans abattu par les militaires marocains près de la ville occupée d’Al Aâyoune.
«Il y a des éléments troublants dans cet homicide qui doit faire immédiatement l’objet d’une enquête transparente [...] Les autorités marocaines doivent faire la preuve qu’elles n’ont pas violé les normes des Nations unies relatives à l’utilisation des armes à feu...», avait souligné Amnesty International dans un communiqué rendu public le 28 octobre 2010. Le roi est pris en flagrant délit. Il nie cyniquement. Délire ou paranoïa, la frontière ténue entre ces deux perturbations, du système de pensée, sont révélatrices des dérapages verbaux dangereux et sans cesse répétés par le pouvoir marocain vis-à-vis de l’Algérie. Pour se sortir du bourbier dans lequel il s’est enfoncé depuis l’annexion du Sahara occidental en 1975, Mohammed VI met en cause, sans gêne, et de façon provocatrice son voisin algérien en s’adressant effrontément aux organisations des droits de l’homme. «Nous les engageons à prendre leurs responsabilités en mettant un terme à la violation persistante des conventions internationales humanitaires par l’Algérie qui a créé une situation aberrante inédite, notamment en refusant d’autoriser le Haut Commissariat aux réfugiés à assurer le recensement et la protection des populations des camps.» Ce type de discours n’est en réalité qu’un aperçu de l’atmosphère dans laquelle baigneront les négociations entre le Front Polisario et le Maroc, qui débuteront demain à New York.
«Notre pays ne tolérera aucune violation, altération ou mise en doute de la marocanité de ces zones (les territoires occupés Ndlr), pas plus qu’il n’admettra de menées provocatrices visant à imposer le fait accompli ou à modifier le statu quo», a prévenu Mohammed VI qui ne jure que par la marocanité du Sahara et à qui convient le «statu quo» dénoncé par Christopher Ross, l’envoyé spécial de l’ONU au Sahara occidental. Quant au fait accompli, le monarque marocain vient d’en célébrer le 35e anniversaire. Il n’est pas à une incohérence près.

dimanche 17 octobre 2010

ONU :le dossier du Sahara Occidental passé au crible

RÉPRESSION AU SAHARA OCCIDENTAL
Par Mohamed Touati ,l'Expression, 9/10/10 2010
Auditionnée par la commission de l’ONU chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, la délégation algérienne a pris à témoin la communauté internationale. Le dossier du Sahara occidental a été passé au crible mercredi à New York. 
 Les représentants de différentes associations nationales ont porté la voix du peuple sahraoui devant la quatrième commission de l’Organisation des Nations unies. Ils ont dénoncé la violence dont sont victimes les militants des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental ainsi que la revendication légitime de la tenue d’un référendum qui assurerait au peuple sahraoui de s’exprimer librement quant à son indépendance comme consacrée par la dernière résolution, 1920, adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 30 avril 2010. 
Emmenée par Tayeb Zitouni, maire d’Alger-Centre et vice-président du Comité exécutif des cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (Cglua), Maya Sahli, juriste et professeur à l’Institut diplomatique et des relations internationales d’Alger, Saïd Ayachi, vice-président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (Cnasps), Noureddine Benbraham, commandant des Scouts musulmans algériens (SMA), la représentation algérienne est entrée, sans détour dans le vif du sujet. Tayeb Zitouni a tonné de la voix. «Nous sommes ici pour vous abjurer d’user de votre autorité pour que cessent ces violations massives des droits de l’homme par le Maroc dans les territoires occupés du Sahara occidental. Nous avons déjà joint notre voix à beaucoup d’autres pour réclamer l’élargissement du mandat de la Minurso à la protection des droits de l’homme au Sahara occidental», a clamé haut et fort du haut de la tribune de l’ONU le premier magistrat de la capitale algérienne. Il faut rappeler que l’instauration d’un mécanisme qui permettrait à la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental Minurso de superviser et protéger les droits de l’Homme a été tout simplement écartée sous l’influence de pays qui soutiennent ouvertement le plan d’autonomie marocain, à l’instar de la France. Un chèque en blanc que Paris a signé à la politique de colonisation menée par le Maroc dans les territoires occupés du Sahara occidental basée sur la peur et une répression féroce exercée contre les militants des droits de l’homme.
Un combat disproportionné que le peuple sahraoui mène pacifiquement. «Face à la résistance pacifique, à mains nues, que les Sahraouis opposent à l’administration d’occupation marocaine, le Maroc a réagi de façon brutale, sauvage, par une répression fasciste, sanglante faite d’arrestations arbitraires, de bastonnades, de mises au secret, de viols, de déplacements internes de populations, d’exécutions extra judiciaires, de disparitions forcées, de désolation de familles entières, d’enlèvements d’enfants, d’éjection de personnes à partir d’hélicoptères, de tortures inhumaines», a justement signalé le maire d’Alger-Centre pour dénoncer les souffrances endurées par le peuple sahraoui sous l’oeil indifférent des instances internationales et en dépit des nombreuses résolutions votées par le Conseil de sécurité: 1754 (2007), 1783 (2007), 1813 (2008) et 1871 (2009). Tayeb Zitouni n’a pas mâché ses mots pour mettre la communauté internationale face à ses responsabilités: «Cela fait 19 ans que les Sahraouis sont dans l’attente de l’exécution par le Maroc de ces dispositions contractuelles. Toutes les résolutions des Nations unies, notamment celles du Conseil de sécurité, reconnaissent au peuple sahraoui l’exercice de son droit à l’autodétermination». L’organisation des Nations unies qui était à l’écoute, prendra-t-elle enfin en charge les revendications légitimes du peuple sahraoui? La communauté internationale restera-telle encore aussi sourde à ses souffrances, fruit d’une violence féroce pratiquée par les forces d’occupation marocaines? La voix de l’Algérie s’est élevée mercredi à New York contre cette répression sauvage.
«Des centaines de Sahraouis sont détenus, jugés à la suite de procès injustes et emprisonnés dans des centres de détention qui pratiquent impunément les méthodes les plus cruelles de torture physique et psychologique. L’ensemble du Sahara occidental est soumis à un siège militaire et un black-out médiatique puisque les autorités marocaines accordent très difficilement l’accès aux ONG, aux médias internationaux et aux observateurs», a souligné de son côté Saïd Ayachi, vice-président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (Cnasps). Il apparaît clairement dans un tel contexte que les négociations entre le Front Polisario et le Maroc ne reprendront pas de sitôt, à moins que le dossier des droits de l’homme ne soit mis sur la table.

mardi 28 septembre 2010

Les fantômes de Tazmamart sont de retour

Par le groupe de soutien de l’AMDH à Paris, 26/9/2010
Le groupe de soutien de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) à Paris dénonce fermement
la mort du citoyen marocain Faudil Aberkane, 37 ans, sous la torture au commissariat de Salé.
C'est avec une très grande consternation et incompréhension que le groupe de soutien de l’AMDH à Paris a reçu l’information selon laquelle le citoyen marocain Faudil Aberkane, 37 ans, est mort sous la torture au commissariat de Salé.
Cet évènement tragique dément avec force l'ensemble des discours officiels sur l'État de droit au Maroc, et ses prétendus progrès.
La cérémonie d'enterrement a connu la participation volontaire d’un grand nombre de citoyens, que nous saluons vivement pour leur vigilance citoyenne. Ils ont exprimé leur refus et leur révolte contre ces actes qui ne constituent malheureusement pas un cas isolé dans les commissariats marocains. En effet, nous rappelons, par la triste occasion, que plusieurs cas de tortures et de morts continuent d'être signalés dans les commissariats marocains. Citons pour exemple le cas de Feu Ait Si Rahal, Résident Marocain à l’Etranger, décédé suite à sa torture dans le commissariat Jamaâ Lafna de Marrakech.
Pour ces raisons nous exigeons :
● l’ouverture d’une enquête afin de juger les coupables;
● d’abolir cette “tradition” de torture dans les commissariats marocains;
● et le renforcement des lois protégeant le citoyen et préservant sa dignité.
Et appelons toutes les forces démocratiques à participer au combat pour rendre justice à Faudil;
Enfin, le groupe de soutien de l’AMDH à Paris s’engage à poursuivre le combat jusqu’à ce que justice soit faite.
Mail : amdh.paris@gmail.com

RÉPRESSION ET TORTURE À LAÂYOUNE, DAKHLA ET...SALÉ
Par Mohamed Touati, l'expression dz,28 /9/2010
Un jeune Marocain âgé de 37 ans, a rendu l’âme dans un commissariat de la ville de Salé près de Rabat sous la violence des coups qui lui ont été portés par des policiers marocains.

De jeunes militants sahraouis sont venus de Dakhla, Laâyoune, Boujdour, pour dire et montrer à la face du monde leurs blessures: séquestrations, passages à tabac, viols...à Alger, à l’occasion de la tenue de «La conférence internationale sur le droit des peuples à la résistance: le cas du peuple sahraoui». Ils ne pouvaient point se douter qu’au même moment, Fodail Abrkane, un jeune Marocain âgé de 37 ans, avait rendu l’âme dans un commissariat de la ville de Salé près de Rabat sous la violence des coups qui lui ont été portés par des policiers marocains. «J’ai voulu intervenir pour faire cesser les coups meurtriers qui s’abattaient sur lui, des policiers m’ont pris par le bras, m’ont mis dehors et m’ont ordonné de ne jamais revenir au commissariat», a confié à la presse son frère qui était parti lui rendre visite. Un sit-in qui a regroupé plusieurs centaines de personnes a été organisé vendredi devant les locaux du commissariat où ce jeune a été torturé à mort. «A travers cette protestation, nous comptons faire entendre la voix des jeunes et celle de la jeunesse qui appellent à ce que soit mis fin à la torture au Maroc», a témoigné un des participants à cette manifestation.
Les services marocains qui sont devenus maîtres en matière de désinformation, jouent leur va-tout pour tenter de faire diversion sur la question des droits de l’homme, un dossier sur lequel le pouvoir marocain a été déjà épinglé par les instances internationales.
Le Maroc est sans aucun doute en train de livrer une de ses batailles médiatiques parmi les plus féroces. L’Algérie est devenue sa cible privilégiée. Le Makhzen fait des pieds et des mains pour retourner l’opinion internationale en sa faveur à travers une insidieuse campagne médiatique qui tend à faire croire que la capitale algérienne est impliquée dans l’affaire du policier sahraoui «félon» qui s’est rendu dans les territoires occupés du Sahara occidental pour soutenir et faire de la publicité au plan de large autonomie marocain. Les négociations entre le Maroc et le Front Polisario sont dans l’impasse. Cela arrange les affaires de notre voisin de l’Ouest qui est bien décidé à jouer la carte permanente du pourrissement dans le conflit du Sahara occidental. Un satu quo qui lui permet de prolonger indéfiniment la colonisation de ce territoire avec comme moyen de répression, la chasse aux militants de la cause sahraouie. Si les organisations internationales des droits de l’homme s’en sont émues à maintes reprises ce n’est point le cas de la poignée de gouvernements qui soutiennent mordicus pour les uns (la France) et du bout des lèvres pour les autres (l’Espagne) le projet marocain. La presse et certaines «organisations» inféodées au trône marocain en ont fait leurs choux gras en se muant en caisses de résonnance pour faire le plus de tapage médiatique possible en vue de notamment, nuire à l’image de l’Algérie sur le plan international. «Nous exigeons la libération immédiate de Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, arrêté pour avoir eu le courage d’exprimer une opinion constructive sur la question du Sahara, un conflit vieux de plus de trente ans. L’Algérie, en accueillant le Polisario et en permettant que de tels faits aient lieu sur son territoire, se trouve dans l’obligation d’assumer sa responsabilité internationale consistant à surveiller les agissements pour qu’ils ne dérivent pas en actes illégaux» a déclaré une association espagnole «pro-Sahara marocain» dans un communiqué répercuté lundi par une dépêche de l’agence de presse officielle MAP. «Le gouvernement marocain, prenant prétexte de l’arrestation par le Front Polisario de M.Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, inspecteur général de la police dans un camp de réfugiés sahraouis, a lancé une campagne politique et médiatique contre l’Algérie. Cette campagne vise à dénaturer, aux yeux de l’opinion publique internationale, la question du Sahara occidental qui demeure au regard de la légalité internationale une question de décolonisation», ont répliqué les autorités algériennes dans une dépêche publiée par l’APS. Une façon comme une autre de dire à Rabat de cesser de pratiquer la politique de l’autruche et de balayer devant sa porte.
Les séquelles du passé ont la peau dure. Les fantômes de Tazmamart sont de retour.
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2010-09-28/81087.html  
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 Le point de vue de la rédaction SOLIDMAR ;
 Le Maroc, champion en  désinformation et intoxication,
l’Union Européenne complice !!
Ahurissant, le titre de aufaitmaroc "Le Maroc et l'UE partagent les mêmes valeurs de démocratie et de liberté", qui parle de « dialogue régulier en matière de droits de l'homme entre l'Union et le Royaume »*... A mourir de rire ou pleurer de honte quand on fait partie de l’Union Européenne !
Autre titre : Le Discours royal à la 65ème session de l'Assemblée générale de l'ONU, diffusé par Le Matin.ma : «  Le Royaume du Maroc a fait de la protection et de la promotion des droits de l'Homme un choix irréversible"
Jamais, depuis les années de plomb, la répression n’a été aussi féroce, ni les droits de l’Homme autant bafoués, au Maroc et surtout dans les territoires occupés…Et jamais on n’a vu autant d’articles vantant l’exemplarité de cet « État de droit » en matière de lutte contre la pauvreté, pour l’environnement, pour ses réussites en matière d’habitat.
Heureusement, il existe aussi une presse courageuse qui dénonce honnêtement les nombreuses lacunes dans tous ces domaines.

 *http://www.aufaitmaroc.com/actualites/maroc/2010/9/27/eneko-landaburu-le-maroc-et-lue-partagent-les-memes-valeurs-de-democratie-et-de-liberte 

lundi 31 mai 2010

DÉCOLONISATION DU SAHARA OCCIDENTAL : Ban Ki-moon sous pression

Par Mohamed TOUATI, 30/5/2010
L’Afrique du Sud, l’Union africaine et autres...ont apporté leur soutien au peuple sahraoui.
La question de la décolonisation du Sahara occidental a tenu le haut du pavé ces derniers jours. Les Nations unies ont été appelées par des démocrates de premier plan et des formations politiques progressistes à la mise en œuvre d’un référendum d’autodétermination qui puisse garantir aux populations sahraouies de se prononcer librement quant à leur destin. Comme le stipule, sans aucune ambiguïté, la résolution 1920 adoptée par le Conseil de sécurité le 30 avril 2010. 
 Vendredi, au terme de ses 42es assises, le SPD (Parti social-démocrate finlandais) dont est issue l’actuelle présidente de la République, Tarja Halonen, élue en 2000 puis portée de nouveau à la magistrature suprême en 2006, a voté une motion de soutien en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui. Le texte, approuvé à l’unanimité par les congressistes, exige «la décolonisation du Sahara occidental, en permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination» tout en précisant qu’il demeure «la dernière colonie en Afrique». 
Le document a également mis en exergue «les violations flagrantes des droits de l’homme commises par l’Etat marocain contre les citoyens sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental, documentées par de nombreux rapports d’organisations internationales telles que Human Rights Watch, Amnesty International et bien d’autres», malgré les nombreux appels de la communauté internationale pour mettre fin à ce conflit qui dure depuis plus de 35 ans.
La sortie la plus remarquée est cependant, sans aucun doute, à mettre à l’actif de l’emblématique militante sud-africaine, Winnie Mandela. Elle s’est prononcée jeudi dans la capitale espagnole pour la décolonisation du Sahara occidental, qu’elle a qualifié de «dernière colonie qui subsiste encore en Afrique». Elle a, en outre, fustigé le Royaume marocain qu’elle n’a pas hésité à comparer au «régime fasciste de l’apartheid». La fin du conflit doit nécessairement passer par des étapes incontournables: «... à savoir, l’autodétermination et l’indépendance basées sur l’application des résolutions légitimes des Nations unies et les principes internationaux reconnus», a précisé l’icône sud-africaine de la lutte contre l’apartheid lors des 4es Journées des universités publiques madrilènes sur le Sahara occidental qui ont débuté le 26 mai. «Le Sahara occidental est la dernière colonie qui subsiste encore en Afrique alors que nous célébrons le 50e anniversaire de la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies qui est la pierre angulaire du processus de décolonisation placé sous l’égide de l’ONU dans le cadre du droit international, ainsi que des principales indépendances dans le continent africain», a justement fait remarquer Winnie Mandela, qui préside la plate-forme internationale des femmes pour le soutien à la cause sahraouie. Le pouvoir marocain en a pris pour son grade: «Tout le monde est convaincu que le Maroc affiche les mêmes tendances fascistes que le régime de l’apartheid en Afrique du Sud», a-t-elle tenu à souligner, tout en appelant à une conséquente mobilisation internationale pour que soient appliquées les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU au Sahara occidental. 
L’UE a reçu le message cinq sur cinq. «Depuis le début de ce conflit à ce jour, le rôle de l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA), devenue Union africaine (UA), est d'œuvrer étroitement avec l’ONU afin d’atteindre le seul objectif qui vaille: la résolution pacifique du conflit à travers le référendum d’autodétermination supervisé par les Nations unies et l’UA», a déclaré jeudi à Madrid, le chargé d’Affaires de l’Union africaine à Bruxelles, Cheikh Tidiane Niang
Izquierda Unida (IU-Gauche Unie) et l’Union Progrès et Démocratie (UPD), deux formations politiques espagnoles, ont pointé du doigt, mercredi à Madrid, le «double langage» du gouvernement Zapatero qui s’appuie sur une position ambivalente dans ce conflit: tantôt pour le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et tantôt soutenant le projet marocain de large autonomie. 
Le président sahraoui a, de son côté, vigoureusement dénoncé la position de l’Union européenne qu’il n’a pas manqué d’interpeller. «Nous exprimons notre profond regret devant l’absence du gel par l’UE du statut avancé octroyé au Royaume du Maroc, alors qu’il viole gravement les fondements et les idéaux mis en place par l’Union européenne, à travers son occupation illégale du Sahara occidental et ses violations flagrantes des droits de l’homme», a souligné Mohamed Abdelaziz, lors de son discours prononcé devant la 42e session du Parti social-démocrate de Finlande qui a pris fin vendredi dernier. 
Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies qui ambitionne de faire asseoir, à la même table de négociations, le Front Polisario et le Maroc, a vraisemblablement du pain sur la planche. Il ne peut faire la sourde oreille à la voix du peuple sahraoui qui tonne de plus belle à travers le monde.
source :L'Expression, 30 mai 2010

vendredi 4 décembre 2009

Le Maroc perd son sang-froid


Par Mohamed Touati, Lexpressiondz, 3/12/2009


L'appel signé par les 150 élus européens, en faveur du retour de la militante sahraouie des droits de l'homme au sein de sa patrie, n'a pas du tout été apprécié par les autorités marocaines.
Rabat a vu rouge! Son ambassadeur auprès des communautés européennes a été chargé de le faire savoir.
«Le Maroc rejette totalement les allégations de certains milieux qui se sont empressés de recourir à la désinformation, faisant état notamment d'enlèvement, d'arrestation, de pression ou encore de violation de la légalité internationale» , a écrit Menouar Alem dans une correspondance adressée aux différentes institutions européennes, selon une dépêche rapportée par l'agence de presse officielle du Royaume, MAP.
La diplomatie marocaine, visiblement à court d'argument, s'emmêle les pinceaux. Elle voit dans la démarche de cet important groupe d'élus européens, encore une fois, la main...d'Alger. La capitale algérienne a bon dos ces jours-ci. «Cette campagne est inscrite dans le cadre de la stratégie d'obstruction méthodiquement mise en œuvre par l'Algérie et le Polisario», a ajouté le diplomate marocain. Menouar Alam pousse sa paranoïa jusqu'à voir dans cette interpellation du gouvernement marocain par les 150 eurodéputés, le résultat d'une connexion entre les responsables sahraouis et algériens. Il semble tomber des nues tout en manifestant son regret au sujet de ces «démarches des membres d'un intergroupe informel constitué au sein du Parlement européen contre le Royaume du Maroc, et qui s'affairent laborieusement, depuis plusieurs jours, à démarcher des eurodéputés sur la base d'informations erronées faisant état de mauvais traitements qu'auraient subis des citoyens marocains dans les provinces du Sud».
Ce que tente d'escamoter le diplomate marocain, ce sont les visées expansionnistes du Royaume alaouite qui veut annexer par la force le Sahara occidental en foulant aux pieds la légalité internationale. Ces citoyens marocains dont il fait mention ne sont, en fait, que des Sahraouis, qui vivent dans des territoires occupés par les forces armées royales: ils symbolisent la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance. Ils sont l'objet d'une répression féroce pour les faire renoncer à leur droit consacré par les résolutions votées par le Conseil de sécurité à disposer librement de leur destin, à travers la tenue d'un référendum d'autodétermination sous l'égide des Nations unies. Ce message délivré par Aminatou Haïdar et tous les défenseurs des droits de l'homme sahraouis, a été reçu cinq sur cinq par la communauté internationale.
Les 150 parlementaires européens s'en sont fait l'écho. «Nous, parlementaires européens, appelons instamment les autorités marocaines à permettre, sans aucun délai, le retour d'Aminatou Haïdar auprès des siens», ont demandé aux autorités de Rabat les élus européens qui ont aussi souhaité la libération des sept militants sahraouis des droits de l'homme arrêtés le 8 octobre 2009 à l'aéroport de Casablanca après leur retour d'une visite qu'ils avaient effectuée dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques sahraouis.
L'ambassadeur marocain auprès des communautés européennes fait la sourde oreille. Il s'enfonce dans la stratégie, désormais usée, adoptée par son pays qui consiste à faire de l'Algérie sa principale cible dès que le Royaume est épinglé sur la question des droits de l'homme au Sahara occidental. Pour lui, ces militants des droits de l'homme ne sont que «des individus qui ont rencontré des responsables "de premier rang" des services de sécurité algériens et des officiels du Front Polisario. La gravité des faits qui leur sont reprochés ne permet plus aucune marge de tolérance.
Des éléments de réponse édifiants peuvent certainement être trouvés du côté de l'Algérie qui prodigue son appui financier et son encadrement diplomatique et médiatique à ces actions dont les protagonistes n'en sont en fait que des exécutants». D'un trait de crayon, Menouar Alem veut élargir les frontières du Royaume et réduire le noble combat du peuple sahraoui pour son indépendance à une affaire de «délinquance politique».
La réponse appropriée à ce chapelet d'injures et de calomnies est venu par le biais d'une déclaration du prix Nobel de littérature. «Il est temps que la communauté internationale, représentée par l'ONU, impose au Maroc l'obligation de respecter les résolutions onusiennes.. .», a souligné José Saramago.