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samedi 16 octobre 2010

Maroc : Commissariats et gendarmeries : Des zones de non droit

Par le bureau exécutif de l’ASDHOM, 8/10/2010
Les citoyens marocains qui se sont rendus un jour au l’autre dans un commissariat ou dans une gendarmerie savent ce que représentent ces lieux : de véritables zones de non droit. Un citoyen y est considéré comme « coupable » avant toute chose, et ce quelles que soient les raisons qui l’y ont conduit. Les insultes, les brimades, les intimidations et les mauvais traitements y sont monnaie courante. Et il n’est pas rare que des citoyens payent de leur vie après un bref séjour forcé dans ces lieux.
L’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) a été saisie par des familles marocaines de cas de mort d’un des leurs après un passage par ces endroits.
Les deux histoires dramatiques qui vont suivre illustrent malheureusement la bien triste réalité que connaissent les commissariats et les gendarmeries au Maroc.
Il s’agit d’abord de Mohamed Aït Si Rahal qui a rendu l’âme après un passage à tabac au commissariat de la place Jamaâ Lafna à Marrakech. La famille Aït Si Rahal s’apprêtait à rentrer en France après avoir passé ses vacances estivales au Maroc quand, suite à une altercation banale survenue le 25 juillet 2002, Mohamed Aït Si Rahal s’est vu conduire au commissariat et rouer de coups en présence de sa femme et de son frère. L’épouse du défunt, Zoubida Aït Si Rahal, a porté plainte contre l’officier de police, Mohamed Kharbouch, auteur de ce passage à tabac. Dans un premier jugement prononcé le 1er mars 2005, le tribunal a condamné Mohamed Kharbouch à 10 ans de prison ferme. Au jour d’aujourd’hui, ce jugement reste lettre morte. L’officier incriminé continue à exercer son métier et à bénéficier de promotions en toute impunité, alors que la famille de la victime continue inlassablement et dignement son combat contre les atermoiements de la justice et des administrations.
Ensuite, il y a Faudel Aberkane, ce jeune maçon de 37 ans qui a eu le malheur de passer entre les mains de quelques policiers zélés au commissariat de Salé. Il a été arrêté le 9 septembre 2010 pour consommation de cannabis et passe deux jours au commissariat. Quelques affaires personnelles lui ont été confisquées entre temps. En revenant les réclamer quelques jours après, le ton monte, une altercation éclate et Faudel Aberkane est passé à tabac devant son frère qui l’accompagnait. Il est ensuite arrêté pour « outrage à agent en service » est conduit le 17 septembre à la prison Zaki de Salé où il va passer six heures. Le 18 septembre 2010, pendant son transfert à l’hôpital, Faudel Aberkane meurt des suites des coups qui lui ont été portés.
A travers ces deux exemples qui sont loin d’être isolés, l’ASDHOM dénonce et condamne fermement l’usage de la torture et les traitements cruels, inhumains et dégradants dans les locaux de la police et la gendarmerie marocaines. L’ASDHOM rappelle aux autorités marocaines que le Maroc est partie à la Convention de 1984 contre la torture. Il doit honorer ses engagements en matière de respect des droits de l’Homme. Les deux familles, Aït Si Rahal et Aberkane, réclament justice. L’ASDHOM demande à ce que justice soit rendue à la famille Aït Si Rahal, qu’une enquête impartiale fasse la lumière sur la mort de Faudel Aberkane et que les responsables de ce crime soient traduits devant la justice.

mardi 28 septembre 2010

Les fantômes de Tazmamart sont de retour

Par le groupe de soutien de l’AMDH à Paris, 26/9/2010
Le groupe de soutien de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) à Paris dénonce fermement
la mort du citoyen marocain Faudil Aberkane, 37 ans, sous la torture au commissariat de Salé.
C'est avec une très grande consternation et incompréhension que le groupe de soutien de l’AMDH à Paris a reçu l’information selon laquelle le citoyen marocain Faudil Aberkane, 37 ans, est mort sous la torture au commissariat de Salé.
Cet évènement tragique dément avec force l'ensemble des discours officiels sur l'État de droit au Maroc, et ses prétendus progrès.
La cérémonie d'enterrement a connu la participation volontaire d’un grand nombre de citoyens, que nous saluons vivement pour leur vigilance citoyenne. Ils ont exprimé leur refus et leur révolte contre ces actes qui ne constituent malheureusement pas un cas isolé dans les commissariats marocains. En effet, nous rappelons, par la triste occasion, que plusieurs cas de tortures et de morts continuent d'être signalés dans les commissariats marocains. Citons pour exemple le cas de Feu Ait Si Rahal, Résident Marocain à l’Etranger, décédé suite à sa torture dans le commissariat Jamaâ Lafna de Marrakech.
Pour ces raisons nous exigeons :
● l’ouverture d’une enquête afin de juger les coupables;
● d’abolir cette “tradition” de torture dans les commissariats marocains;
● et le renforcement des lois protégeant le citoyen et préservant sa dignité.
Et appelons toutes les forces démocratiques à participer au combat pour rendre justice à Faudil;
Enfin, le groupe de soutien de l’AMDH à Paris s’engage à poursuivre le combat jusqu’à ce que justice soit faite.
Mail : amdh.paris@gmail.com

RÉPRESSION ET TORTURE À LAÂYOUNE, DAKHLA ET...SALÉ
Par Mohamed Touati, l'expression dz,28 /9/2010
Un jeune Marocain âgé de 37 ans, a rendu l’âme dans un commissariat de la ville de Salé près de Rabat sous la violence des coups qui lui ont été portés par des policiers marocains.

De jeunes militants sahraouis sont venus de Dakhla, Laâyoune, Boujdour, pour dire et montrer à la face du monde leurs blessures: séquestrations, passages à tabac, viols...à Alger, à l’occasion de la tenue de «La conférence internationale sur le droit des peuples à la résistance: le cas du peuple sahraoui». Ils ne pouvaient point se douter qu’au même moment, Fodail Abrkane, un jeune Marocain âgé de 37 ans, avait rendu l’âme dans un commissariat de la ville de Salé près de Rabat sous la violence des coups qui lui ont été portés par des policiers marocains. «J’ai voulu intervenir pour faire cesser les coups meurtriers qui s’abattaient sur lui, des policiers m’ont pris par le bras, m’ont mis dehors et m’ont ordonné de ne jamais revenir au commissariat», a confié à la presse son frère qui était parti lui rendre visite. Un sit-in qui a regroupé plusieurs centaines de personnes a été organisé vendredi devant les locaux du commissariat où ce jeune a été torturé à mort. «A travers cette protestation, nous comptons faire entendre la voix des jeunes et celle de la jeunesse qui appellent à ce que soit mis fin à la torture au Maroc», a témoigné un des participants à cette manifestation.
Les services marocains qui sont devenus maîtres en matière de désinformation, jouent leur va-tout pour tenter de faire diversion sur la question des droits de l’homme, un dossier sur lequel le pouvoir marocain a été déjà épinglé par les instances internationales.
Le Maroc est sans aucun doute en train de livrer une de ses batailles médiatiques parmi les plus féroces. L’Algérie est devenue sa cible privilégiée. Le Makhzen fait des pieds et des mains pour retourner l’opinion internationale en sa faveur à travers une insidieuse campagne médiatique qui tend à faire croire que la capitale algérienne est impliquée dans l’affaire du policier sahraoui «félon» qui s’est rendu dans les territoires occupés du Sahara occidental pour soutenir et faire de la publicité au plan de large autonomie marocain. Les négociations entre le Maroc et le Front Polisario sont dans l’impasse. Cela arrange les affaires de notre voisin de l’Ouest qui est bien décidé à jouer la carte permanente du pourrissement dans le conflit du Sahara occidental. Un satu quo qui lui permet de prolonger indéfiniment la colonisation de ce territoire avec comme moyen de répression, la chasse aux militants de la cause sahraouie. Si les organisations internationales des droits de l’homme s’en sont émues à maintes reprises ce n’est point le cas de la poignée de gouvernements qui soutiennent mordicus pour les uns (la France) et du bout des lèvres pour les autres (l’Espagne) le projet marocain. La presse et certaines «organisations» inféodées au trône marocain en ont fait leurs choux gras en se muant en caisses de résonnance pour faire le plus de tapage médiatique possible en vue de notamment, nuire à l’image de l’Algérie sur le plan international. «Nous exigeons la libération immédiate de Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, arrêté pour avoir eu le courage d’exprimer une opinion constructive sur la question du Sahara, un conflit vieux de plus de trente ans. L’Algérie, en accueillant le Polisario et en permettant que de tels faits aient lieu sur son territoire, se trouve dans l’obligation d’assumer sa responsabilité internationale consistant à surveiller les agissements pour qu’ils ne dérivent pas en actes illégaux» a déclaré une association espagnole «pro-Sahara marocain» dans un communiqué répercuté lundi par une dépêche de l’agence de presse officielle MAP. «Le gouvernement marocain, prenant prétexte de l’arrestation par le Front Polisario de M.Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, inspecteur général de la police dans un camp de réfugiés sahraouis, a lancé une campagne politique et médiatique contre l’Algérie. Cette campagne vise à dénaturer, aux yeux de l’opinion publique internationale, la question du Sahara occidental qui demeure au regard de la légalité internationale une question de décolonisation», ont répliqué les autorités algériennes dans une dépêche publiée par l’APS. Une façon comme une autre de dire à Rabat de cesser de pratiquer la politique de l’autruche et de balayer devant sa porte.
Les séquelles du passé ont la peau dure. Les fantômes de Tazmamart sont de retour.
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2010-09-28/81087.html  
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 Le point de vue de la rédaction SOLIDMAR ;
 Le Maroc, champion en  désinformation et intoxication,
l’Union Européenne complice !!
Ahurissant, le titre de aufaitmaroc "Le Maroc et l'UE partagent les mêmes valeurs de démocratie et de liberté", qui parle de « dialogue régulier en matière de droits de l'homme entre l'Union et le Royaume »*... A mourir de rire ou pleurer de honte quand on fait partie de l’Union Européenne !
Autre titre : Le Discours royal à la 65ème session de l'Assemblée générale de l'ONU, diffusé par Le Matin.ma : «  Le Royaume du Maroc a fait de la protection et de la promotion des droits de l'Homme un choix irréversible"
Jamais, depuis les années de plomb, la répression n’a été aussi féroce, ni les droits de l’Homme autant bafoués, au Maroc et surtout dans les territoires occupés…Et jamais on n’a vu autant d’articles vantant l’exemplarité de cet « État de droit » en matière de lutte contre la pauvreté, pour l’environnement, pour ses réussites en matière d’habitat.
Heureusement, il existe aussi une presse courageuse qui dénonce honnêtement les nombreuses lacunes dans tous ces domaines.

 *http://www.aufaitmaroc.com/actualites/maroc/2010/9/27/eneko-landaburu-le-maroc-et-lue-partagent-les-memes-valeurs-de-democratie-et-de-liberte