Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est nettoyage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est nettoyage. Afficher tous les articles

jeudi 25 novembre 2010

Il ne reste plus de trace du camp de Gdeim Izik...Reportages accablants.

Un peuple toujours privé de ses droits 
Par B.H. el moudjahid, 24/11/2010
Les rares quotidiens étrangers qui ont été autorisés par Rabat à se rendre au Sahara occidental, publient depuis plusieurs jours des reportages accablants sur la violence quotidienne qui prévaut au Sahara occidental, où les autorités marocaines ont complètement nettoyé le camp de Gdeim Izik, dont il ne reste plus de trace. Alors que les témoignages les plus crédibles des organisations humanitaires et civiles viennent confirmer chaque jour ce que les journalistes ont constaté sur place le 8 novembre dernier, avant d’être chassés du Sahara occidental, l’administration marocaine tente de faire accréditer l’idée que la situation est des plus calme sur le terrain. Mieux, elle a tenté de faire accréditer sa fantaisiste thèse à laquelle personne ne croit d’ailleurs, que c’est l’Algérie qui a tout planifié. Une thèse que même l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), la seule qui jouit à l’étranger d’un semblant de crédibilité, n’a pas retenue au terme de l’enquête qu’elle avait effectuée le 12 novembre à Al Ayoune, en estimant dans son rapport qu’aucun indice n’existe sur la prétendue implication de l’Algérie dans ces événements.
Rabat a été interpellé par les institutions de l’Union européenne sur la mort de 36 civils sahraouis, au moins, confirmée par les témoins sur place, sur les disparitions et sur la pratique systématique de la torture contre les dizaines de personnes qui ont été arrêtées depuis le 8 novembre avant d’être transférées à la tristement célèbre « Prison noire » d’Al Ayoune. Une rare brutalité dénoncée par tous les journaux du monde qui se déroule, hélas, sous les yeux de nombreux gouvernements européens qui ont choisi, pour la sauvegarde de leurs intérêts économiques avec le Maroc, de brader leurs propres principes en matière de respect de droits de l’homme, en observant un silence dit « prudent » qui a pris l’allure de complicité. La communauté internationale doit donc se préoccuper de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental et agir sans délai pour une solution au conflit opposant le Maroc et le Front Polisario, basée sur le respect du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. C’est pour cette position que de nombreux parlementaires européens se battent à Strasbourg où depuis, hier, s’est ouvert, enfin, un débat autour de la situation qui prévaut au Sahara occidental. Les Eurodéputés devraient adopter une résolution réclamant l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur ce qui se passe au Sahara occidental et inviter les gouvernements des « 27 » à rompre leur silence sur la tragique réalité des droits de l’homme dans l’ancienne colonie espagnole.
Les actes de protestation contre la « passivité » de certains gouvernements occidentaux se multiplient à travers le monde. Seront-ils écoutés par la communauté internationale ? Les Nations unies finiront-elles par assumer leurs responsabilités envers le peuple du seul territoire en Afrique dont la décolonisation n’a pas encore eu lieu ? Des réponses à ces deux questions et du respect de la légalité internationale, auxquels l’Algérie a toujours appelé, dépend le sort du peuple sahraoui.
* Publié dans :* Sahara occidental

ATTAQUE DU CAMP DE GDEIM IZIK Le Maroc passe aux aveux

Par Mohamed Touati, 24/11/2010
La vérité éclate au grand jour
132 Sahraouis ont été arrêtés tandis que le nombre de disparus demeure ignoré, ont déclaré, dimanche dernier à la presse espagnole, des représentants du Makhzen.
El Aâyoune en état de siège. El Pais et El Mundo brisent le mur du silence. Les deux quotidiens espagnols ont révélé que les chefs de l’administration coloniale de la ville occupée d’El Aâyoune ont reconnu que «le nombre de prisonniers est de 132 personnes et que les disparus, dont le nombre est inconnu, sont des personnes qui ont fui vers le désert de peur qu’elles ne soient emprisonnées».
Mohamed Jelmouss, le gouverneur d’El Aâyoune a même poussé la confidence un peu plus loin pour livrer quelques détails. «117 prisonniers sont à la Prison noire à El Aâyoune. Parmi eux, 113 seront jugés par la cour d’appel alors que quatre autres comparaitront devant des tribunaux de première instance.
Huit autres détenus ont été transférés à Rabat pour être jugés par des tribunaux militaires en tant que responsables de la mort de 11 policiers tués dans les émeutes», a confié au journal espagnol El Pais, le wali de la capitale du Sahara occidental sous domination marocaine, un proche de l’ex- ministre délégué à l’Intérieur Fouad Ali el-Himma (1999-2007).
Des déclarations sous forme d’aveux. Ces arrestations massives attestent de l’ampleur et de la férocité de l’attaque planifiée par les forces d’occupation marocaine, le 8 novembre 2010 à l’aube, contre le camp des réfugiés sahraouis de Gdeim Izik. «Les déclarations des représentants du Makhzen constituent un aveu de l’ampleur de l’assaut violent contre le campement de Gdeim Izik et de la brutalité de la répression qui s’abat jusqu’à maintenant sur la population civile d’El-Aâyoun», a indiqué lundi dans un communiqué le ministère sahraoui de l’Information.
Selon un bilan provisoire établi par le Front Polisario, l’assaut meurtrier contre le camp de Gdeim Izik, aurait fait des dizaines de morts et plus de 4 500 blessés. Le pouvoir marocain n’a cessé de le contester pour tenter de faire croire, à travers une fallacieuse campagne médiatique, que cette expédition militaire punitive n’était qu’une simple opération de maintien de l’ordre.
Le Conseil des ministres sahraoui a demandé, lundi, l’envoi «en urgence» d’une mission d’enquête internationale. «Le gouvernement marocain tente de mettre à profit le blocus et le temps qui passe pour effacer les traces de ses crimes à Gdeim Izik», a indiqué un communiqué de ce Conseil présidé par le secrétaire général du Front Polisario Mohamed Abdelaziz.
Aujourd’hui, les langues commencent à se délier. A El Aâyoune, le traumatisme encore vivace s’est transformé en cauchemar. «La terreur cloue les Sahraouis dans leurs demeures», a mentionné dans son reportage l’envoyé spécial du quotidien d’El Pais, à El Aâyoune. «Un calme tendu règne dans la ville qui a été le théâtre d’une manifestation sanglante de deux jours pour protester contre l’assaut donné par les forces militaires marocaines contre le camp de Gdeim Izik, à l’aube du 8 novembre dernier», ajoute le journaliste espagnol qui a été le seul avec celui de son confrère d’El Mundo, a avoir été autorisé à pénétrer à El Aâyoune, plus de dix jours après l’agression des forces d’occupation marocaines contre le camp de Gdeim Izik.
Les habitants d’El Aâyoune vivent encore la peur au ventre. «La peur est palpable parmi les Sahraouis qui fuient les contacts avec le journaliste par peur de représailles», a constaté le journaliste d’El Pais. Ses minces contacts sur place lui ont fait part de «dizaines de morts».
On ne saura sans doute jamais toute la vérité sur ces dramatiques événements tant que le Maroc maintiendra son black-out sur la ville martyrisée d’El Aâyoune pour l’isoler du reste du monde. Il faut dire que c’est une stratégie dont a fait preuve, dans un passé pas si lointain, le trône marocain qui est aujourd’hui pris en flagrant délit de récidive.
«Le Maroc a nié officiellement, pendant plus de 20 ans, l’existence des bagnes de Tazmamart, Kalaât Megouna, Agdez et tant d’autres où des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans le secret le plus total», ont déclaré à l’unisson les responsables de la République sahraouie et ceux du Front Polisario.
Une autre manière de dire que, tôt ou tard, toute la lumière sera faite sur l’attaque sanglante menée par les forces d’occupation marocaines contre le camp de Gdeim Izik. Le Maroc finira par être rattrapé par un triste pan de son histoire.