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jeudi 21 novembre 2013

Drames de la migration Niger-Algérie : Rencontre et témoignages


RENCONTRE

Par Jean-françois Debargue, Ghardaïa, novembre 2013

Photo JFD
Une petite centaine. Autant que de cadavres retrouvés dans cette partie du désert, entre le Niger et l’Algérie. Essentiellement des femmes, petites, fluettes, maigres, accompagnées d’enfants, à peine adolescents pour les plus âgés, comme les restes de ceux trouvés entre Sahel et Sahara. On les signale dans plusieurs villes d’Algérie. Leur provenance ? Le Niger, dernier pays au monde au classement de l’indice de développement humain, pays pourtant fournisseur d’uranium, d’or, de pétrole et de fer. A qui profite le développement ?
La petite centaine de femmes et de jeunes enfants, accompagnée de moins d’une dizaine d’hommes vient de la région de Zinder. Habituellement les migrations de cette région essentiellement agricole étaient saisonnières et en cas de difficultés plutôt tournées vers la Libye. La sécheresse et les conflits depuis 2011 ainsi que la révolution libyenne les ont poussés vers l’Algérie. 
Depuis une année, ils sont arrivés à Ghardaïa. Après avoir posé leurs haillons le long du mur de la gare routière et dans l’Oued, les voilà déplacés plus discrètement dans un terrain vague, près de la poste. Par petits groupes de trois enfants ou d’une femme accompagnée de deux enfants, ils mendient toute la journée dans Ghardaïa.
Après la prière du soir, nous sommes allés les rencontrer. En sortant de l’oued nous avons vu leurs quatre à cinq feux. Les pauvres baluchons alignés le long du mur pendant la journée délimitaient chaque foyer autour desquels vingt à trente personnes s’étaient regroupées. Quelques toutes petites filles revenaient de la gare, des bouteilles d’eau en équilibre sur la tête. Nous étions brusquement dans un village de la région de Zinder. Comme chaque soir cette petite caravane, qui avait traversé nous ne savions comment le Sahara, rapportait au bivouac quelques pièces d’aumône et de quoi se restaurer.
 La plus belle natte a été dépliée pour les trois visiteurs que nous étions, rois mages aux mains vides. Les rares hommes nous ont accueillis, puis quelques femmes ont approché leurs nattes. En quelques minutes seulement, nous étions devenus le noyau d’un fruit  de femmes et d’enfants. Le plus ancien de nous trois ayant vécu au Niger, connaissant leurs traditions et parlant Haousa  fit naitre sourires, puis rires et applaudissements en cherchant parfois ses mots ou en les mimant. Notre situation de dépendance rétablissait une forme de partage. C’est eux qui venaient à notre aide. De notre côté, nous avions du mal à croire que ces femmes aient pu changer leur plainte mendiante en une parole retrouvée. De leur côté, certaines nous ayant croisé durant la journée ont dû aussi s’étonner de ne plus voir sur nos visages une indifférence gênée, mais un vrai regard.
 A cet instant précis, nous étions les invités des personnes les plus pauvres de la terre. Au moment de partir, une heure plus tard, les mains se sont tendues, non plus horizontalement mais verticalement. La dignité se joue parfois à un quart de tour. Nous avons serré des dizaines de mains vivantes.
Puis nous sommes montés, sur la colline éclairée par la pleine lune, de l’autre côté de l’Oued. Une bonne demi-heure de marche pour arriver aux ghettos. Autre visage de la migration. Des hommes jeunes exclusivement, la plupart entre 16 et 30 ans, du Libéria, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Mali, du Congo,  de Centre-Afrique… Certains suivent les routes séculaires d’une migration saisonnière qui mêle le caractère initiatique et le besoin économique, d’autres ont fuit des massacres comme au Libéria et en Sierra Leone, ont trouvé un refuge provisoire dans des pays voisins avant d’être à nouveau chassés. D’autres encore cherchent à gagner l’Europe par le Maroc, ou reviennent expulsés. Leurs espoirs, leurs déceptions, la fatigue se lisaient sur la quarantaine de visages.  Avant le lever du jour les hommes partent sur les chantiers, certains y vivent la semaine, remplaçant les bétonnières, d’autres travaillent dans les palmeraies. Certains économisent pour poursuivre la route, d’autres renvoient l’argent au pays.
De la présence du peuple Sahraoui exilé sur son sol depuis 38 ans, aux Harragas, jeunes algériens fuyant le mal vivre, en passant par les migrations subsaharienne ou du Moyen-Orient, l’Algérie continue d’être pays de transit et devient  pays d’accueil forcé de ces différentes formes de migration. Six mille kms de frontières désertiques ou minées sont limitrophes de pays en guerre ou en grande difficulté. Et après la mortelle traversée du Sahara, l’ultime frontière, la Méditerranée, est devenue un véritable  cul de sac renforcé par l’externalisation des frontières.  Veut-on faire du plus grand pays d’Afrique, ou du Maghreb un centre de rétention à ciel ouvert, un terminal de la migration ? Rappelons que  l’Afrique est le continent où les flux migratoires internes sont les plus importants.
 Nous étions là, dans cette pièce cimentée d’une carcasse d’immeuble, à nous demander si nous aurions accepté de mourir légalement chez nous, de famine, de guerre ou de simple misère ou  de survivre « irrégulièrement » au-delà des frontières tracées par ceux-là même qui étaient entrés « légalement » pour coloniser et qui aujourd’hui encore, par les multinationales et la mondialisation, « développillent » et entretiennent l’insécurité dans cette même Afrique.
Je suis resté touché par la dignité et l’humanité de ces personnes rencontrées. Et pourtant  nous avons vu ce soir là ceux qui font trembler  l’Europe.  Ces hommes, ces femmes et ces enfants qui justifient que  Frontex, Eurosur et autres agences déploient drones et matériels de haute technologie, non pas pour sauver des vies mais pour protéger la citadelle Europe. Ces mêmes agences de l’UE qui  ont également la barbarie d’envisager de réinstaller des lames coupantes au sommet de la triple clôture frontalière de Melilla.
Nous avons partagé des moments de convivialité, des échanges simples bien loin des grands discours, la possibilité de vivre décemment, dans le respect des Droits. Une journée ordinaire de mendicité, de travail, d’espoir d’une vie meilleure. Une journée que l’on peut choisir d’ignorer ou de simplement partager.
 En quittant nos hôtes, cette constatation. Pourquoi  ne croise-t-on pas les gens censés trouver des solutions sous les tentes Sahraouies, dans les ghettos ou les pateras ? Pourquoi avoir intérêt à transformer un phénomène en problème ? Pourquoi choisir de gérer toujours plus les conséquences et refuser de s’attaquer aux causes ? A qui profite la situation ?




jeudi 31 janvier 2013

Les Français s’éclairent et se chauffent grâce au travail de centaines de mineurs nigériens

Les Français s’éclairent et se chauffent grâce à leur travail : ces centaines de mineurs nigériens qui ont passé 20 ou 30 années de leur vie à extraire de l’uranium pour Areva. De l’uranium qui, importé en France, alimente ensuite nos 58 réacteurs nucléaires. Souvent victimes des effets des radiations, ils souffrent et meurent aujourd’hui dans l’indifférence. Pas question de reconnaître leurs maladies professionnelles. Combien de temps le leader français du nucléaire continuera-t-il à les mépriser ?

L’extraction minière d’uranium au Niger serait-elle l’une des activités les plus sûres au monde ? Areva y exploite deux mines depuis le début des années 1970 [1], et emploie aujourd’hui 2 600 personnes. Or, en un demi-siècle, seuls sept dossiers de maladies professionnelles d’employés travaillant dans les mines d’uranium d’Arlit et Akokan, dans le Nord-Niger [2], ont été validés par la sécurité sociale nigérienne. Et sur les sept travailleurs victimes de pathologies professionnelles, cinq sont des expatriés français, indique Ousmane Zakary, du Centre de sécurité sociale de Niamey. Seuls deux mineurs nigériens sont concernés, alors que le personnel nigérien constitue 98% des employés d’Areva sur place. Une performance sanitaire !
L’extraction d’uranium ne serait-elle pas plus dangereuses pour la santé des travailleurs que la culture d’oignon ou de mil ? Les Français, dont une large part de l’électricité est produite grâce au minerai nigérien – qui alimente un tiers des 58 réacteurs nucléaires – doivent-ils se réjouir de l’attention portée par Areva à la santé de ses salariés ?« Les mineurs d’uranium sont exposés à des radiations ionisantes tant par irradiation externe qu’interne. Ils sont exposés dans les carrières d’uranium, les mines souterraines, les usines d’extraction de l’uranium, mais aussi à leur domicile et en ville », décrit pourtant Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Commission d’information et de recherche indépendantes sur la radioactivité (Criirad). L’organisme a réalisé de nombreuses analyses sur la présence de gaz radioactifs dans l’air, l’eau et l’alimentation à Arlit. Dans cette zone, 35 millions de tonnes de déchets radioactifs sont empilés à l’air libre depuis le début de l’exploitation. Au gré du vent, du gaz radon et ses dérivés s’en échappent. Des substances « classées cancérigènes pour l’homme par l’IARC [Centre international de recherche sur le cancer] dès 1988 », précise l’ingénieur en physique nucléaire.
 Pas de suivi médical pour les anciens mineurs
Pourquoi n’y a-t-il pas plus de maladies professionnelles déclarées ? Soit Areva est effectivement exemplaire, soit ces maladies professionnelles sont dissimulées, écartées des études et des statistiques. Au Centre de sécurité sociale de Niamey, la capitale nigérienne, Ousmane Zakary esquisse une réponse. C’est le médecin des filiales d’Areva en charge de l’extraction (la Somaïr et la Cominak) qui doit alerter la sécurité sociale de l’existence d’une maladie professionnelle au sein de son personnel. Puis un médecin du travail mène une contre-expertise. Or « de nombreux ouvriers se plaignent que le médecin de la Cominak leur pose des problèmes pour déclarer leur maladie professionnelle. On essaye de leur cacher leur situation de santé », témoigne Ousmane.
Pire : seuls les mineurs en activité peuvent recevoir une prise en charge sanitaire de l’État nigérien. « Il n’y a pas de suivi médical pour les anciens mineurs. Pourtant les maladies liées à la radiation se déclarent souvent des années plus tard, décrit Ousmane. « Il y a quatre ans, le directeur adjoint d’Areva au Niger et son DRH sont venus pour en savoir plus sur la situation des anciens mineurs ». Cette visite n’a rien changé : les anciens travailleurs des mines d’uranium du Niger ne sont toujours pas couverts par leur ancienne entreprise ou par l’État.
 « Ils sont tous morts ! »
Pourtant, les témoignages de malades ou de familles d’anciens mineurs décédés affluent.« Mon mari faisait partie des premiers agents de la Somaïr. Tous ses collègues sont morts, de cancers, de problèmes de reins, de foie… Parmi ceux qui sont restés, beaucoup sont malades ou paralysés.
Mais on ne peut pas dire que c’est lié directement à l’irradiation, il aurait fallu faire des études ! », se désole Hamsatou Adamou, sage-femme, responsable de la maternité du centre médical d’Arlit, puis de la Cominak.
Elle participe chaque semaine à la réunion de l’Association des anciens travailleurs du secteur minier et leur famille (ATMSF), créée en 2009 par Boureima Hamidou. Cet ancien échantillonneur de la Cominak, victime de ce qu’il considère comme un licenciement abusif, cinq ans avant sa retraite, a décidé de se mobiliser pour les mineurs. Dans le local exiguë de l’association, des sexagénaires patientent, tous atteints de paralysie, souffrant d’insuffisance rénale ou de troubles pulmonaires. Des survivants. La plupart des mineurs d’Arlit et Akokan qui ont travaillé entre les années 1970 et 1990 pour le compte d’Areva ne sont plus là pour témoigner. « Ceux qui ont pris leur retraite début 1990 n’ont pas tenu deux ans. Ils sont tous morts ! C’était comme une épidémie ! », décrit Cissé Amadou, qui a travaillé vingt ans comme cadre pour la Somaïr à Arlit.
 De l’uranium à pleines mains
Ancien ouvrier de la Cominak, Mamane Sani fait partie de ces chanceux qui ont survécu. Mais à quel prix… C’est l’heure de la prière. Le frêle homme vêtu de son boubou ne parvient pas à laver son pied gauche, selon le rituel musulman des ablutions. Depuis 1992, il est paralysé du côté gauche. Une maladie qui s’est déclarée « trop tard » pour être reconnue. La Cominak n’a pris en charge aucun frais de santé, malgré 25 ans passés à travailler pour la société minière. Dans son travail, Mamane était au contact direct avec le « yellowcake », un concentré d’uranium qui, une fois enrichi, permet de produire de l’énergie nucléaire.
Plusieurs anciens mineurs pointent l’absence de protection : « Je maniais directement l’uranium. Au début, les gants, on ne savait même pas ce que c’était. Il n’y avait pas non plus de masques. Tout ça est venu après », raconte Islam Mounkaïla, président de l’ATMSF, et opérateur de fabrication dans l’usine de transformation de la Cominak pendant 20 ans. Des témoignages assez éloignés des déclarations d’Areva, premier employeur privé du pays, qui affirme avoir « intégré la sécurité comme une composante de son métier et [mettre] en place une politique de prévention depuis le début de son implantation au Niger. »
Areva condamnée pour « faute inexcusable »
Areva a bien créé un comité de santé et sécurité au travail… En 1999, 45 ans après l’ouverture de sa première mine. Le port de gants et de masques de protection est aujourd’hui obligatoire pour tous les travailleurs miniers, souligne Boureima Hamidou, qui dénonce cependant le manque de formation chez les employés. Un progrès bien tardif. « Pour une maladie professionnelle reconnue chez un salarié français ayant travaillé au Niger, combien de morts et de malades dus à la radioactivité – rendus invisibles par les choix d’organisation du travail – chez les travailleurs du Niger et dans la population riveraine des mines et des usines d’uranium dans ce pays ? » s’interroge Philippe Billard, de l’association Santé sous-traitance du nucléaire-chimie. L’ancien « nomade du nucléaire » réagissait à la mise en accusation d’Areva, devant le tribunal des Affaires sociales de Melun, concernant le décès de Serge Venel, cadre de la Cominak de 1978 à 1985, mort d’un cancer. Areva a été jugée coupable de « faute inexcusable » par la justice française. L’entreprise s’est empressée de faire appel.
 Vers une action juridique d’envergure ?
Islam Mounkaïla, le président de l’ATSMF, se souvient bien de Serge Venel : « C’était mon chef opérateur. Nous étions beaucoup plus exposés que lui : en tant que mécanicien, il n’intervenait qu’en cas de panne ou d’incident, tandis que nous étions en permanence en contact avec le minerai », explique-t-il, entre deux crises de toux.
Si les anciens mineurs nigériens ont souffert des mêmes pathologies que celle qui a emporté Serge Venel, une action juridique d’envergure serait envisageable pour obtenir réparation.
« S’ils dédommagent la veuve de Serge Venel, nous sommes des milliers de personnes au Niger à partager son sort, en pire », avertit Boureima, qui attend avec impatience le résultat du procès en appel, qui aura lieu le 4 Juillet 2013 à la Cour d’appel de Paris.
Ce procès servira-t-il la cause des travailleurs nigériens ? « La jurisprudence du Tribunal des Affaires de sécurité sociale de Melun pourrait parfaitement être transposée (…). Dans ce cas, la juridiction compétente serait le Conseil de Prud’hommes, en considérant, comme l’a fait le tribunal de Melun, que la société Areva était leur co-employeur. Cette demande pourrait être présentée par les travailleurs eux-mêmes ou par leur famille en cas de décès », explique l’avocat Jean-Paul Teissonnière, spécialisé sur ces questions.
 Toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium
Une véritable bombe à retardement qu’Areva s’est empressé de désamorcer en créant en décembre 2010 l’Observatoire de Santé de la région d’Agadez (OSRA), en réponse aux revendications croissantes de la société civile d’Arlit, de Médecins du Monde et de l’association Sherpa. Ces ONG dénoncent depuis 2003 les atteintes à l’environnement et à la santé des travailleurs des mines d’Areva au Gabon et au Niger. L’objectif : offrir « un suivi post-professionnel des anciens collaborateurs exposés à l’uranium », décrit Areva sur son site internet. Avec une consultation médicale – examen clinique, radiographie pulmonaire pour ceux exposés au minerai, analyse sanguine – tous les 2 ans. L’OSRA doit également assurer un suivi sanitaire des populations de la zone minière, avec une analyse des données indépendantes et scientifiques (registres médicaux des maladies constatées, rapports des hôpitaux, études de cas…) disponibles. Et doit conduire « une étude sur la mortalité des mineurs de 1968 à 2005 afin d’assurer une totale transparence sur l’impact sanitaire de l’activité minière actuelle et passée ».
Transparence, donc. Mais après un an de consultations médicales, toujours aucune trace de maladie liée à l’uranium ! « Nous avons relevé quatre dossiers problématiques, dont deux révélant des anomalies. Après analyse, le comité médical de l’OSRA a indiqué qu’il n’y avait pas de lien avec l’exposition à l’uranium, mais nous avons souhaité les prendre en charge tout de même. Et là, on entre dans l’action de santé publique, car on leur un offre un suivi médical, même s’il s’avère qu’ils n’ont pas de maladie professionnelle », se félicite Alain Acker, directeur médical d’Areva.
 Le sable, plus dangereux que l’uranium...
Dans un rapport [3], Greenpeace met pourtant en évidence une pollution radioactive dans l’air, dans l’eau et dans les nappes phréatiques, et un manque de sensibilisation de la population à Arlit, où « le taux de mortalité des maladies respiratoires (16%) est deux fois plus élevé que la moyenne nationale (8,5%) ». Areva réagit en publiant son propre rapport, Areva et le Niger, un partenariat durable. On y apprend que « la communication de Greenpeace repose essentiellement sur les peurs du public et la désinformation », tandis que les affections allergiques sont dues « aux actions agressives du sable pour les yeux et les poumons et non à l’activité minière comme le laisse supposer Greenpeace » !
Quand le journaliste Dominique Hennequin revient du Niger et du Gabon avec un reportage à charge, Uranium, l’héritage empoisonné, diffusé sur la chaîne Public Sénat, il est rappelé à l’ordre par le porte-parole d’Areva pour avoir osé affirmer que l’accueil organisé par la société minière lui rappelait la Corée du Nord… Mais comment parler de transparence, quand l’OSRA est financé à 100 % par Areva ? « Moins d’un tiers des anciens travailleurs des mines a été recensé : 472 à Arlit et 39 à Agadez. Sur ce tiers, seule une centaine a reçu une visite médicale, décrit Cissé Amadou, l’ancien cadre de la Somaïr.
 Opération de communication
« Le pire, c’est que les visites ont été supervisées par le docteur Barazé, médecin de la Cominak pendant des années.
Comment un docteur qui n’a jamais relevé de pathologie liée à l’irradiation chez des ouvriers, qui ont tous trépassé deux ans après leur départ de la mine, pourrait revenir sur son diagnostic aujourd’hui ? », poursuit Cissé Amadou. Après trois ans de partenariat avec l’OSRA, l’association Sherpa a annoncé le 18 décembre 2012 son retrait.
Pour l’ONG, la nouvelle direction d’Areva a « réduit pour l’essentiel l’exécution des accords à une opération de communication, sinon d’affichage. ». L’avenir de ce « dialogue exemplaire et sans précédent entre des Autorités nationales, les organisations non gouvernementales (ONG) et un partenaire industriel responsable », selon les mots d’Alain Acker, directeur médical d’Areva, semble bien compromis.
Pour Bruno Chareyron, de la Criirad, le suivi post-professionnel de l’Observatoire de santé est de toute manière biaisé, Areva ne prenant en compte qu’une « liste périmée et incomplète » de maladies professionnelles induites par la radioactivité, estime l’ingénieur. « Les connaissances actuelles sur les effets des expositions chroniques à de faibles doses de rayonnement montrent que les atteintes à la santé concernent de nombreux types de cancers et l’ensemble des fonctions vitales. Il peut s’agir d’atteintes cardiovasculaires, de maladies rénales ou d’affections neurologiques, et pas seulement de cancer broncho-pulmonaire, de sarcome osseux ou de leucémie. » Autant de mots posés sur les maux d’Islam, qui souffre de « lourdeur dans la joue, la main et le genou droit », de Mamane, à moitié paralysé, d’Aboubacar Ilitimine, foreur à la Somaïr depuis 1976, qui souffre d’insuffisance rénale… Comme de nombreux anciens travailleurs miniers nigériens.
Ces anciens travailleurs pourraient aussi faire jouer leur « préjudice d’anxiété », pour obtenir des dommages et intérêts, comme ceux reconnus [4] pour les salariés non malades exposés à l’inhalation de poussières d’amiante. « Dans l’hypothèse où le lien de causalité serait trop difficile à établir, nous pourrions envisager devant le Conseil de Prud’hommes des demandes au titre du préjudice d’anxiété lié à une exposition fautive à la radioactivité, dans des conditions de danger que l’employeur, en l’occurrence Areva, ne pouvait ignorer », expose Jean-Paul Teissonnière. L’avocat, spécialisé sur les questions sanitaires vient d’obtenir entre 5.000 et 30.000 euros de dommages et intérêts pour les salariés de la société Eternit non malades exposés à l’amiante. Qu’elle soit juridique ou politique, la solution qui permettra aux anciens travailleurs miniers nigériens d’obtenir une prise en charge médicale doit être trouvée au plus vite.


mercredi 29 septembre 2010

La fourmi de dix-huit mètres du désert

par Ayman El Kayman, Coups de dent n° 133, 28/9/2010
Qui a enlevé les sept employés d’AREVA et de SATOM au Niger ? Officiellement, un groupe terroriste répondant au joli nom poétique d’Al Qaïda au Maghreb islamique, ou, comme le disent tous les « experts » invités sur les plateaux de télévision, AQMI (prononcer « akmi »). Tous ces « experts » nous parlent d’ « akmi » comme de vieilles connaissances, avec lesquelles ils auraient gardé les chameaux dans leur enfance. Bref, ils ont l’air de bien les connaître. Où les ont-ils rencontrés ? Dans les brasseries du Faubourg  Saint-Germain ?
Moi, AQMI, j’connais pas. « Abou Zeid » – leur chef , paraît-il -, je ne sais pas à quoi il ressemble, sous son chèche et derrière sa barbe. Pour moi, donc Al Aqäida au Maghreb islamique, c’est comme  la « fourmi de 18 mètres » de Robert Desnos  : « ça n’existe pas, ça n’existe pas ».
Diverses hypothèses ont été émises sur les auteurs de ces enlèvements et leurs motivations. J’en ajoute une à la liste :
Et si « Abou Zeid » n’était, tout comme Djamel Zitouni, ou « Abderrazk El-Para » ou « Tarek » ou bien d’autres encore, qu’un vulgaire officier du DRS algérien ? Comment, vous ne savez pas ce qu’est le DRS ? Et si je vous dis : la SM, ça vous aide ? Allez, je donne ma langue au chat : le DRS, c’est le Département de renseignement et de sécurité algérien, l’ex-Sécurité militaire, bref les moukhabarat. Cet organe, comme le KGB dans la défunte Union soviétique, fait la pluie et le beau temps en Algérie depuis presque 50 ans. Il fait et défait  -et parfois assassine – les présidents, les élections, les affaires en tous genres. Djamel Zitouni, le marchand de poulets censé avoir enlevé en 1996 les moines français de Tibéhirine, finalement assassinés – on ne sait toujours pas par qui -, était l’un de leurs agents. Tout comme le fameux « Tarek », le grand artisan des attentats du métro et du RER à Paris en 1995. Zitouni comme Tarek, ont disparu sans laisser de traces. Officiellement, morts au combat ou en détention.  Ou peut-être en goguette à travers le Sahara, comme « Abderrazak El-Para », prédécesseur de « Abou Zeid » dans le rôle du MBD (méchant barbu du désert)…
L’Algérie des généraux, des colonels et des commandants du DRS, qui sont tous des hommes d’affaires (juteuses) a décidé depuis plusieurs années d’établir une alliance stratégique militaire - et économique - avec les USA  et, secondairement, la Chine. Un des objectifs de cette alliance est de balayer définiivement la présence et l’influence française dans la région sahélo-soudanaise, de la Mauritanie au Tchad, en passant par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Les multinationales anglo-américano-australo-sudafricaines lorgnent sur l’uranium du Niger , le pétrole de Mauritanie et du Tchad et les autres richesses du sous-sol. Les multinationales chinoises aussi. AREVA, qui exploite l’uranium du Niger, est une épine dans leur pied. Tout est bon, donc, pour faire fuir les Français. Par exemple, des enlèvements.
Scénario : d’ici quelques jours, vous allez voir que l’armée algérienne va annoncer triomphalement avoir « libéré les sept otages » au cours d’une brillante opération où non seulement tous les preneurs d’otage ont trouvé la mort (il vaut mieux éliminer ce genre de témoins gênants), mais aussi les otages, malheureusement (ce genre de témoins peut aussi être gênant). Pas difficile de libérer – et de tuer, par inadvertance - des gens qu’on a capturé.
Ayman El Kayman, Président du Comité Sauvons la Françafrique !
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

jeudi 3 décembre 2009

Dans de nombreux pays inquiétudes pour la santé d'Aminatou Haïdar


La « Gandhi du Sahara » tient tête à l'Espagne et au Maroc
France : Par Elodie Cuzin | Journaliste, Rue 89, 02/12/2009
Une militante pacifiste pour l'indépendance du Sahara occidental poursuit une grève de la faim depuis plus de deux semaines dans un aéroport espagnol. « Si Aminatou Haidar ferme les yeux, le gouvernement espagnol sera, avec le Maroc, son bourreau », écrit l'acteur Javier Bardem, l'un de ses nombreux soutiens. L'exécutif peine à résoudre la situation.
Le visage émacié de la « Gandhi du Sahara », comme la surnomment ceux qui la soutiennent, hante les médias espagnols avec une urgence grandissante à mesure que les jours passent depuis le début de sa grève de la faim, le 15 novembre.
Cette militante pacifiste pour l'indépendance du Sahara occidental, au nord-ouest de l'Afrique, a installé son QG de fortune aux pieds des sièges bleus du hall de l'aéroport de Lanzarote, dans les îles Canaries (Espagne), d'ordinaire destinés aux touristes qui viennent profiter de ses plages de sable noir. (...)
Sa destination, El Aaiun, n'est pas anodine puisqu'il s'agit de la principale ville du Sahara occidental, une zone sous administration espagnole jusqu'en 1975 et disputée depuis au Maroc par les indépendantistes. L'ONU l'a classée comme territoire « non-autonome » et a déployé des casques bleus sur place en 1991 dans l'attente d'un référendum sur son futur statut qui tarde à venir. C'est là qu'elle réside, avec sa mère et ses deux fils.(...)
Entamée dès le lendemain, sa grève de la faim l'a déjà profondément affaiblie et elle tient à peine sur la chaise roulante qu'elle doit désormais utiliser, selon son comité de soutien.
« Elle va très mal », a déclaré aujourd'hui l'acteur Willy Toledo, membre de la plateforme de soutien qui l'accompagne dans l'aéroport.
Son entourage rappelle qu'elle a passé quatre ans dans des prisons marocaines où, selon eux, elle aurait été victime de tortures. Les séquelles de ce « séjour » aggraveraient d'ailleurs son état actuel. Dans un entretien récent à El País, elle déclarait :
« J'ai deux fils mais j'ai aussi ma dignité. Entre mes fils et ma dignité, je préfère la dignité. Eux vivront sans mère mais dignement »
Le gouvernement espagnol patine
La position est délicate pour le gouvernement espagnol. Voisin stratégique, le Maroc accuse la militante d'appartenir au Front Polisario, un mouvement qui réclame le contrôle du Sahara. Il lui propose de réclamer un nouveau passeport marocain pour entrer à nouveau sur le territoire mais elle s'y refuse, arguant qu'elle dispose déjà d'un passeport, celui qui lui a été confisqué.
Ce n'est qu'après presque deux semaines de grève de la faim que le ministère des affaires étrangères a finalement envoyé un émissaire, samedi dernier, pour lui offrir une solution exceptionnelle : lui attribuer la nationalité espagnole. Il lui a également offert le statut de réfugiée politique en Espagne. Offres qui devraient toutes deux lui permettre de rentrer chez elle mais qu'elle a refusées, selon son avocate, pour ne pas devenir « étrangère dans sa propre maison ».
L'administration Obama préoccupée par sa santé
Alors que le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, s'est agacé publiquement lundi de ces refus en bloc, le chef du gouvernement, José Luis Rodriguez Zapatero, a assuré le lendemain, lors d'une conférence de presse, qu'il faisait « tout ce qui était en son pouvoir » et recherchait de nouvelles solutions, ajoutant ensuite :
« La clef de ce conflit qui dure depuis des décennies se trouve dans un accord que seules les Nations Unies peuvent trouver. »
L'administration Obama s'est inquiétée publiquement de « la santé et du bien-être » de l'activiste la semaine dernière tandis que près d'un millier de personnes sont venues assister dimanche à un spectacle de soutien organisé à Rivas-Vaciamadrid, près de la capitale espagnole et mené par des dizaines d'artistes, dont Pedro Almodovar.
Le prix Nobel de littérature José Saramago s'est rendu sur place, à Lanzarote, mardi et le réalisateur britannique Ken Loach co-signe le 1er décembre une lettre ouverte commémorant la date anniversaire du jour où Rosa Park refusa de céder sa place à un passager blanc aux Etats-Unis, et comparant son combat à celui d'Aminatou Haidar.

Algérie : El Watan, 2/12/2009.
Retour de Aminatou Haïder chez elle au Sahara occidental: 150 eurodéputés lancent un appel au Maroc
Cent cinquante eurodéputés ont signé un appel dans lequel ils demandent « instamment » aux autorités marocaines d'autoriser le défenseur des droits de l'homme au Sahara occidental Aminatou Haïdar de revenir chez elle et de libérer les prisonniers politiques sahraouis.
« Nous, parlementaires européens, appelons instamment les autorités marocaines à permettre, sans aucun délai, le retour d'Aminatou Haïdar auprès des siens », écrivent-ils dans cet appel. L'activiste sahraouie et ex-prisonnière politique Aminatou Haïdar a été arrêtée par les autorités marocaines le 14 novembre 2009 à l'aéroport d'El Ayoun et expulsée vers Lanzarote, Espagne, alors qu'elle rentrait d'un voyage à travers plusieurs continents, notamment les Etats-Unis, où elle a reçu le « prix du courage civil 2009 » attribué par la Train Fondation. Ces eurodéputés demandent également aux autorités marocaines de « se conformer à l'article 9 de la Constitution marocaine et à leurs obligations au titre de l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques en respectant la liberté d'expression en libérant immédiatement Ahmed Alnasiri, Brahim Dahane, Yahdih Ettarouzi, Saleh Labihi, Dakja Lashgar, Rachid Sghir et Ali Salem Tamek ainsi que tous les autres prisonniers politiques sahraouis ».
Ils appellent aussi à la liberté d'accès et de circulation dans le territoire pour les observateurs internationaux et les envoyés des médias, et de prendre des mesures concrètes pour que tous les Sahraouis puissent exercer pleinement leur droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion inscrit dans le droit international. Le Maroc est appelé par les eurodéputés à permettre aux défenseurs sahraouis des droits humains de recueillir et diffuser des informations et des opinions sur les questions de droits humains sans craindre d'être poursuivis, harcelés ou soumis à des tentatives d'intimidation, conformément à la déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998
Le comédien français Pierre Richard appelle le Maroc et l'Espagne à permettre le retour de Mme Haidar dans son pays
France, 02/12/2009 (SPS) La star de la comédie française Pierre Richard a appelé les autorités marocaines et espagnoles à permettre à Mme Aminetou Haidar qui observe une grève de la faim à l'aéroport de Lanzarote (Iles des Canaries) de retourner parmi les siens dans son pays, le Sahara Occidental occupé, après son expulsion arbitraire par les autorités marocaines.
Dans une lettre adressée à Mme Aminetou Haidar publiée, Pierre Richard a exprimé son admiration pour le courage et la résistance de la militante sahraouie qui observe une grève de la faim.
Le comédien français a indiqué dans sa lettre à la militante sahraouie des droits de l'homme "je salue votre courage et votre forte détermination qui force le respect".
M. Pierre Richard a participé l'année dernière au festival culturel dans les camps de réfugiés sahraouis aux côtés de nombreux comédiens du cinéma français. De nombreux artistes et comédiens de différentes régions du monde ont annoncé dernièrement le lancement d'une campagne internationale en faveur du retour de la militante Aminetou Haidar dans son pays dans la ville sahraouie d'El Aaiun occupée.
Le président de l'ordre des avocats d'Afrique de l'Ouest appelle à la libération immédiate des activistes sahraouis
Niger :Abuja, 02/12/2009 (SPS) Le président de l'ordre des avocats d'Afrique de l'Ouest, le nigérian Fimi Falana a alerté le rapporteur spécial de l'ONU en charge de la situation des défenseurs des droits de l'Homme à Genève, Mme Margaret Sekaggya, sur l'état des sept activistes sahraouis arrêtés par les autorités marocaines le 8 octobre dernier à leur retour d'une visite dans les camps des réfugiés sahraouis.
L'avocat Falana a demandé, dans un message adressé à Mme Margaret Sekaggya, au nom de l'ordre des avocats d'Afrique de l'Ouest, de "faire pression sur le Gouvernement marocain pour qu'il procède à la libération immédiate des sept détenus et cesse toute poursuite ou menace à leur encontre".
Il a en outre souligné la nécessité d'avertir Rabat que ses "violations des droits de l'Homme au Sahara Occidental ne sont plus tolérables".
Fimi Falana a également appelé la responsable onusienne à "ne ménager aucun effort pour assurer la protection des droits de l'Homme au Sahara Occidental ainsi que la sécurité des défenseurs sahraouis des droits de l'Homme et leur droit à défendre les revendications légitimes de leur peuple comme le prévoit la Déclaration onusienne des défenseurs des droits de l'Homme de 1998". (SPS)

Le groupe des Verts au Bundestag appelle le MAE à agir pour un retour immédiat de Aminetou Haidar
Allemagne : Berlin, 02/12/2009 (SPS) Le groupe parlementaire des Verts au Parlement allemand (Bundestag) a appelé le MAE, M. Guido Westerwelle à "agir pour trouver une solution rapide, afin de sauver l'état de santé d'Aminetou Haidar", en grève de la faim depuis plus de deux semaines à l'aéroport de Lanzarote (Espagne) où elle a été déportée de force depuis El Aaiun (Sahara Occidental) par le Maroc.
"Je vous appelle, Monsieur le Ministre, à tout faire pour le retour rapide de Mme Haidar à son pays, l'apaisement du conflit entre le Maroc et le Polisario et à soutenir les efforts des Nations Unies pour la tenue d'un référendum sur l'avenir du Sahara Occidental", a écrit le groupe des Verts, dans une lettre au MAE allemand, parvenue à SPS.
Il a également exprimé son inquiétude face à l'escalade du conflit entre le Polisario et le Maroc ainsi que de la détérioration de l'état de santé d'Aminetou Haidar, a ajouté la même source. (SPS)
Des Eurodéputés demandent à la ministre suédoise Cecelia Malmstrom de faire pression pour le retour d'Aminetou Haider chez elle
Bruxelles, 02/12/2009 (SPS)- Des Eurodéputés de la gauche européenne, la portugaise Ana GOMES et les espagnols Willy Meyer et Antonio Masip Hidalgo, ont demandé à la ministre suédoise Cecilia Malmstrom, en sa qualité de membre de la Présidence de l'UE en exercice, de faire pression sur les autorités marocaines pour autoriser Aminetou Haider a retourner auprès des siens.
"Nous vous demandons instamment, en votre qualité de membre de la présidence de l'UE en exercice, de prendre des mesures urgentes pour faire pression sur les autorités compétentes marocaines pour qu'elles permettent à Aminetou Haidar de retourner au Sahara occidental", écrivent-ils dans leur lettre.
Ils se sont dits "extrêmement préoccupés" pour la santé de l'activiste des droits humains au Sahara occidental, en grève de la faim depuis plus de dix jours, après avoir été déportée de son pays d'origine par les autorités marocaines.
Son passeport a été confisqué et elle a été déportée vers l'Espagne après avoir refusé de d'écrire la nationalité marocaine sur le formulaire de police à son arrivée à l'aéroport d'El Aaiun, quand elle rentrait des Etats-Unis, où elle a été reçue par la Train Fondation Civil Courage Prize.
Aminetou Haidar qui est considérée par certains de ses partisans comme la "Gandhi sahraouie", a affirmé à la presse internationale qu'elle "poursuivrait la grève de la faim jusqu'à ce que je sois autorisée à retourner dans ma patrie, où mes enfants vivent, ou je meurs".
L'Espagne demande l'intervention de Ban Ki-Moon pour trouver une solution à la situation d'Aminetou Haidar
Espagne : Madrid, 02/12/2009 Le gouvernement espagnol a demandé l'intervention du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon afin de trouver une solution à la situation de la militante sahraouie des droits de l'homme, Aminetou Haidar, en grève de la faim illimitée pour exiger son retour à El Aauin occupé, d'où elle a été expulsée par le Maroc, a annoncé mardi à Lanzarote (Iles Canaries), le directeur de Cabinet du MAE, Agustin Santos.
Le responsable espagnol s'était rendu dimanche à Lanzarote, pour essayer de trouver une solution à la situation de Haidar qui a rejeté encore une fois la proposition du gouvernement espagnol de lui accorder soit la nationalité espagnole, le statut de réfugiée politique ou demander un nouveau passeport marocain.
La militante sahraouie lui a réitéré que la "seule chose" qu'elle demande est de pouvoir retourner chez elle au Sahara occidental car, "c'est un problème crée par les gouvernements espagnol et marocain qui ont violé mes droits et le droit international" , a-t-elle expliqué.
"Je rentre à Madrid pour informer le ministre des Affaires étrangères (Moratinos) de la situation de ces jours passés à Lanzarote et, tenter en même temps d'avoir des contacts avec les autorités marocaines à Madrid, avec l'ambassade" , a-t-il déclaré à la presse.
"Ces contacts font suite à d'autres démarches menées auprès des autorités marocains sans que nous ayons obtenu jusqu'à l'heure des résultats satisfaisants" , a ajouté M. Santos.
A cet égard, il a souligné que "le gouvernement espagnol veut réitérer sa disposition à poursuivre ces démarches, a informé l'ONU et demandé également l'intervention de son secrétaire général pour engager un dialogue avec les autorités marocaines pour trouver une solution à ce problème".
Tout en souhaitant que le Maroc "réponde de la manière la plus rapide possible", le responsable espagnol a invité de nouveau Aminetou Haidar à accepter une proposition de solution suggérée par le gouvernement espagnol.
Pour Mme Haidar, il s'agit "d'un complot ourdi par le gouvernement espagnol tendant à prolonger son calvaire", estimant que Madrid "viole les droits de l'homme, du droit international, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment l'article 12. C'est aussi une violation flagrante du droit espagnol".
Le gouvernement sahraoui a averti, lundi à Alger, des conséquences "très graves" pour le processus de négociation, le maintien du statu quo et la stabilité de toute la région du Maghreb, si la situation de Mme Haidar fini catastrophiquement.