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vendredi 24 avril 2015

Migrants en Méditerranée : 32 organisations à travers l’UE en appellent au Conseil européen

Bruxelles, 22/4/2015
Les organisations signataires ont pris connaissance avec consternation des décisions adoptées ce lundi 20 avril par le Conseil des ministres de l’UE
A l’exception d’un engagement réaffirmé de faciliter la réinstallation de réfugiés et de développer les initiatives de relocalisation, le Conseil s’enferme dans une rhétorique qui non seulement a apporté la démonstration de son inefficacité mais conduit à des drames humains croissants aux frontières maritimes de l’Europe. Devant les tentatives des migrants de sauver leur vie et leur liberté en tentant d’atteindre l’Europe, parce que c’est la terre d’asile la plus proche d’eux, on attendait des ministres des États membres qu’ils prennent des mesures d’urgence. Le seul objectif qui vaille, dans ces circonstances, c’est d’assurer l’acheminement sécurisé de ces exilés.
Mais, témoignant d’un entêtement aveugle, le Conseil des ministres en a décidé autrement. Non seulement, les moyens de Frontex seront, une fois de plus, accrus mais les pays tiers, voisins de la Libye seront mis à contribution. En somme, les réfugiés érythréens, soudanais, syriens, notamment, n’auraient pas leur place sur notre territoire…

lundi 27 octobre 2014

Algérie : une frontière et des dangers












































Algérie résistance

Algérie : une frontière et des dangers

Par Mohsen Abdelmoumen, 26/10/2014



L’Algérie face au danger terroriste. D.R.




L’Algérie a une frontière commune avec sept pays africains, sur une longueur totale de plus de 6300 km, ce qui constitue un facteur géostratégique très important. Cependant, elle fait face en ce moment à un siège qui ne dit pas son nom, allant de sa frontière Est à celle du Sud, pendant qu’à l’Ouest, le régime monarchique du Maroc mobilise ses troupes de contrebandiers de la drogue et du carburant dans une manœuvre pernicieuse visant l’Algérie. 

Non content de cela, le royaume du tourisme sexuel n’a pas hésité à acheter de nombreux journalistes dans des médias français pour discréditer l’Algérie, comme ce fut révélé par le mystérieux Chris Coleman, celui que l’on appelle désormais le Snowden arabe. Celui-ci a détaillé le rapport qu’entretient le Makhzen avec ces journalistes français, chargés d’appuyer la monarchie archaïque du Maroc dans sa gestion du dossier du Sahara Occidental qui, rappelons-le, reste un cas non résolu de colonisation. La campagne de dénigrement du Maroc envers l’Algérie dure depuis des années mais elle a pris un tour nouveau avec une rumeur qui a fait le tour des réseaux sociaux concernant le redessinnement de la frontière algéro-marocaine sous la supervision de militaires français quand, peu avant la fête de l’Aid El Kébir, le Maroc aurait annexé, d’après une information qui émane du Makhzen, une partie du sol algérien à 15 km d’Oujda. Quelque temps plus tard, le Maroc inventait un incident qui se serait produit à la frontière, accusant l’armée algérienne d’avoir tiré sur des ressortissants marocains et d’avoir blessé grièvement l’un d’entre eux. Par ailleurs, les récentes sorties fracassantes de l’avocat des familles des moines de Tibhirine, le français Patrick Baudouin, après la visite en Algérie du juge Trévidic, ont à nouveau propagé la bonne vieille thèse du « qui-tue-qui » si chère à la France, mais sachant qu’il existe une relation douteuse entre l’avocat et la monarchie du Maroc, cet acharnement ne nous étonne pas outre mesure.
En effet, les liens très étroits entre Patrick Baudouin et le franco-marocain Driss el-Yazami qui ont siégé tous deux au sein de la FIDH (Fédération Internationale des ligues des droits de l’homme) et dont ils ont été respectivement président et secrétaire général adjoint, nous démontrent s’il en est besoin que la main du Makhzen traîne en des lieux où elle ne devrait pas être. Surnommé « l’homme du Makhzen », Driss el-Yazami est un proche de la famille royale et il n’a jamais cessé de nier l’existence des centres de détention et de torture au Maroc, malgré un rapport de 6600 pages de la CIA publié en 2014 le contredisant, ce qui est tout de même assez étonnant de la part d’un défenseur acharné des droits de l’homme, qui plus est, récipiendaire de la Légion d’honneur. A travers ces deux compères, Baudouin et el-Yazami, nous assistons donc à autre forme de campagne de dénigrement ciblant l’Algérie et émanant de la monarchie obsolète du Maroc et de la France en déclin. Le Maroc, au lieu de respecter le droit international et les résolutions de l’ONU, met sa tête dans le sable comme l’autruche et persiste à fabriquer un ennemi imaginaire qui n’est autre que l’Algérie qu’il considère comme son ennemi personnel, poussant l’effronterie jusqu’à construire un mur le long de sa frontière, imitant ainsi son bon ami Israël, sous l’œil bienveillant de la France qui joue la double carte, montrant patte blanche à Alger tout en entretenant une crise entre le Maroc et l’Algérie. Plus l’Algérie s’affaiblit sur le plan régional et sur le plan national, plus la France se renforce, que ce soit en décrochant des contrats faramineux, ou en s’implantant de plus en plus en Afrique et en récupérant ses anciennes colonies. Ce n’est pas un hasard si la France est derrière les tentatives du Maroc de vouloir jouer un rôle majeur au Sahel, bien que son ambassadeur pour les Nations Unies, Gérard Araud, ait déclaré en 2011, comme l’a relaté Javier Bardem, le grand défenseur de l’autonomie du Sahara Occidental : « le Maroc est une maîtresse avec laquelle on dort toutes les nuits, dont on n’est pas particulièrement amoureux, mais qu’on doit défendre ». La France coloniale machiavélique n’est savante que dans la division, attisant le feu entre l’un et l’autre tout en assurant son soutien aux deux camps. Jamais les relations entre l’Algérie et la France n’ont été meilleures, pourtant celle-ci continue à alimenter et à soutenir le Maroc dans sa démarche aveugle à vouloir déstabiliser l’Algérie par son plan d’inondation du territoire algérien avec des tonnes de drogue et le trafic des contrebandiers. La stigmatisation de l’Algérie menée par les journalistes français soudoyés par le Makhzen n’est donc pas incohérente et s’accorde parfaitement avec la politique coloniale de la France qui profite plus que certainement de la faiblesse du pouvoir algérien actuel qui a avantagé les entreprises françaises en leur octroyant des contrats mirobolants. En soufflant le chaud et le froid au Maghreb et au Sahel, la France applique à la lettre le « chaos constructif » prôné par Susan Rice. Les néocons seraient-ils au pouvoir à Paris ? La même configuration a eu lieu en Libye où la France a armé des terroristes pour démolir le pays après avoir entretenu des rapports amicaux avec Kadhafi, le recevant à Paris et obtenant de lui des apports financiers juteux. Les deux paradigmes, à savoir l’influence de l’ancien colonisateur et la faiblesse des pouvoirs en place dans les pays africains, nous montre à quel point l’instabilité avec ses différents visages sera une conséquence inévitable pour le continent africain. Pour s’affranchir du néocolonialisme français ou autre, il faut de véritables Etats, solides, avec des gouvernements forts ayant un ancrage populaire. Actuellement le continent africain vit des fléaux comme la pauvreté, l’analphabétisme, les guerres tribales et diverses maladies, ce qui ne l’immunise certes pas contre les manœuvres ordurières de l’ancien colonisateur qui continue à dicter sa loi à des pouvoirs fantoches et faibles, quand ils ne sont pas anti nationaux.
Les gesticulations compulsives de la monarchie marocaine sont loin d’être innocentes et comportent un danger qui vient s’ajouter à l’instabilité totale qui règne le long de la frontière Est longeant la Libye, où des tentatives d’incursions terroristes ne cessent de se produire. L’armée algérienne, l’ANP, fait face à de véritables épreuves, tant dans la lutte contre les terroristes qui cherchent à commettre des attentats en Algérie, que dans la poursuite des contrebandiers qui se sont multipliés après la chute de la Libye dévastée. N‘oublions pas non plus la Tunisie, où les groupes terroristes sévissent à leur guise et où les attentats sont le lot quotidien de la population, et la déclaration du Premier ministre tunisien affirmant que les terroristes basés en Libye ont des plans d’attaque visant la Tunisie et l’Algérie confirme nos propos. En Tunisie, les résultats des élections verront les ex-responsables du régime de Ben Ali et le parti Ennahdha se partager le gâteau, et on nous parle de « révolution » ! Face au retour en force des ex-responsables de Ben Ali, Ennahdha a promis aux Américains de faire profil bas dans le but d’accueillir la confrérie des Frères musulmans chassés récemment du Qatar. En effet, comment expliquer le silence d’Ennahdha, spécialiste des manifestations « spontanées », face au retour des anciens du régime de Ben Ali ? Sans parler de la base secrète américaine sur le sol tunisien concédée par Ennahdha. Encore un pays instable le long de nos frontières immenses. Et les « bobos » rêvant des révolutions à la Gene Sharp d’Otpor nous vantent le modèle tunisien ! Les frontières Sud, quant à elles, sont loin d’être sûres et, bien pire, comportent de nombreux périls, notamment de la part des terroristes qui circulent librement depuis le chaos que la France et l’Otan ont installé en Libye en broyant ce pays. Le président égyptien Al Sissi, dans une lettre transmise par son ministre des Affaires étrangères aux autorités algériennes, évoque un danger visant l’Algérie et l’Egypte à travers la Libye. Un attentat ciblant l’armée égyptienne qui a tué 30 soldats et blessé 29 autres a eu lieu à Al-Ariche, ce vendredi 24, corroborant les avertissements du président égyptien. Un scénario du type Tiguentourine contre l’Algérie n’est pas à exclure, et notre armée déjoue tous les jours des tentatives d’attentats. En réalité, l’Algérie est en guerre permanente sur plusieurs fronts. Ajoutons à ce tableau la crise des réfugiés maliens et subsahariens qui ont afflué par milliers en Algérie avec tous les dangers que cela comporte, tant au niveau sanitaire que sécuritaire. Les autorités algériennes n’étant aucunement préparées à ce flux migratoire, elles ont laissé une énorme quantité de réfugiés se mêler à la population sans contrôle ni organisation, or nul pays au monde ne peut accepter des migrants sans connaître leur origine et leur passé, et sans avoir minutieusement étudié leur cas. Cet afflux de réfugiés comporte un risque supplémentaire allant de la contrebande aux différents trafics, voire même au terrorisme. Aucune mesure sérieuse n’a été prise par le gouvernement algérien dans l’accueil des réfugiés, alors que l’on évoque des cas d’Ebola au Mali.
De ce constat accablant, il appert que quelque 6300 km doivent impérativement être surveillés et sécurisés par l’armée algérienne et les garde-frontières, ce qui constitue un défi majeur et pose un véritable problème en terme de charge de travail, sachant que des nations comme la Libye ont quasiment disparu de la carte, et que nous sommes entourés de pays démantelés, pratiquement sans armée, si ce n’est des milices islamistes qui ont prêté allégeance à Daech-ISIS, comme dans le califat de Darna en Libye. La France s’en lave les mains, bien qu’elle ait semé le chaos en Libye, au Sahel, au Mali, en laissant ce cadeau empoisonné à l’Algérie et celle-ci est amenée à jouer un rôle essentiel dans le règlement de ces conflits, car il y va de la stabilité du territoire algérien. Contrairement à ce que croient les politiciens occidentaux dans leur aveuglement à ignorer les menaces réelles, la problématique des frontières algériennes et leur instabilité concerne toute l’Europe. Si aujourd’hui l’Algérie tient bon, c’est grâce à son armée endurcie depuis des années dans la lutte antiterroriste. Cependant, les puissances occidentales n’organisent aucun sommet ou congrès pour évaluer et étudier les implications concernant l’insécurité qui prévaut au Sahel et qui menace la stabilité déjà précaire de tout le continent africain. Au contraire, les gouvernements occidentaux pratiquent une politique de fuite en avant en refusant d’appuyer la feuille de route algérienne pour régler la crise libyenne, les pays occidentaux s’alignant sur la France qui n’a jamais abandonné sa politique Françafrique. On constate une fois de plus avec ahurissement l’arrogance des politiciens français qui osent donner des leçons de démocratie à toute la planète, comme le député UMP Jacques Myard, membre de la Commission des Affaires étrangères du Parlement français et engraissé par l’argent du contribuable, qui lance un appel contre la venue des réfugiés en France. Messieurs les Français, vous semblez oublier que vous avez armé les djihadistes en Syrie et en Libye et que la crise actuelle du Sahel, à laquelle l’Algérie fait face bien malgré elle, n’est que la résultante de votre aventurisme politique ! Allez donc régler la crise du Sahel, Monsieur Myard, et emmenez avec vous Marine Le Pen qui est partie en croisade contre les immigrants à Calais. Devant de tels comportements, il est évident que la droite et l’extrême-droite françaises continuent à jouer sur la fibre de la xénophobie et du racisme primaire, démontrant ainsi que la France n’a pas changé depuis Pétain. Il faut noter par ailleurs que le dispositif Frontex, agence européenne pour la sécurité et les frontières extérieures de l’Union européenne, est un échec monumental imputable aux Européens hypocrites qui pourchassent les réfugiés tout en déstabilisant et détruisant leurs pays d’origine.
L’enjeu des frontières algériennes ne concerne pas que l’Algérie et sachant qu’elle est la porte vers l’Europe, le continent européen doit prendre cette affaire au sérieux au lieu de se livrer à un jeu pervers en affirmant une chose et son contraire.
 Messieurs les Français, on vous attend sur le dossier sahraoui. Pourquoi tenez-vous tant à ce que le Sahara occidental soit marocain à tout prix, et cela en dépit des résolutions de l’ONU ? Il est clair que vous n’appliquez que les règlements qui vous conviennent. Pourquoi ne pas soutenir la feuille de route algérienne dans la résolution de la crise libyenne ? Pourquoi le dossier des réfugiés maliens, libyens et tant d’autres n’a-t-il pas été évoqué dans vos assemblées et vos conseils des ministres qui, au lieu de se pencher sur ces sujets graves, ressemblent de plus en plus à des cours de récréation ? Vos guéguerres partisanes ne sont que des chamailleries de gamins. Un peu de dignité, Messieurs les politiciens français ! Votre pays symbolise le déclin, il faudra bien l’accepter, et il est inutile de chercher des ennemis à l’extérieur alors qu’il est en vous-mêmes, dans votre atavisme de nation colonisatrice. Quel est le bilan de vos opérations militaires Serval et Barkhane ? Nous ne voyons aucun résultat, à quoi a servi votre présence au Sahel ? Qu’avez-vous fait pour combattre le terrorisme ? Donnez-nous des chiffres et pas seulement des bobards ! Ce n’est pas coutumier de la part de « grandes gueules » de pratiquer l’omerta sur leurs conquêtes militaires et votre silence qui ne correspond pas à votre profil de franchouillards arrogants et prétentieux en dit long sur votre fiasco militaire au Mali et au Sahel en général. Réglez les problèmes et les crises que vous avez créés plutôt que de nous transmettre la patate chaude en ignorant vos responsabilités. Prenez en charge les millions de gens que vous avez jetés sur les routes avec vos bombardements et vos interventions criminelles, plutôt que de compter sur l’Algérie pour réparer vos dégâts ! Pendant que vous entraînez l’Afrique dans des conflits sans fin, le troisième round de négociations entre Bamako et les groupes armés du nord Mali s’est ouvert à Alger, ce mardi 21 octobre, dans le but de rétablir la paix dans le nord du Mali. C’est donc encore l’Algérie qui doit assumer une charge dont elle se serait passée et qui vous incombe ! Personne ne voulant prendre la peine de trouver des solutions, il est essentiel pour l’Algérie de régler ces conflits en pesant avec sa diplomatie bien rodée dans des pays comme la Libye ou le Mali. L’Algérie doit jouer un rôle pour que ces crises ne débordent pas d’avantage sur son territoire, la géographie étant primordiale en matière de diplomatie. Cette démarche diplomatique algérienne est vitale, mais il faut aussi apporter des solutions politiques à nos problèmes internes comme celui de la crise de Ghardaïa qui est très dangereuse pour le pays. Le prolongement stratégique de l’Algérie ne peut qu’être africain, et à cette fin il faut intensifier la présence algérienne avec le lobbying partout en Afrique en renouant avec notre art de la diplomatie et en renforçant les relations entre nations, aussi bien par des coopérations que par des investissements qui couvrent tout le continent. Cet objectif ambitieux est à la portée de notre pays qui a les moyens et les compétences nécessaires, à condition qu’il existe une volonté et un courage politique.
Il ne faut pas mésestimer l’exode massif de réfugiés subsahariens qui constitue une véritable bombe à retardement pour l’Algérie et qui s’ajoute à toutes les menaces qui ciblent notre pays. Dans notre enquête de terrain, nous avons vu une situation catastrophique pour les Algériens due à l’ingérence de la France en Afrique. Au lieu d’organiser des ratonnades à Calais, Marine Le Pen et consorts devraient s’occuper de ces immigrés subsahariens. L’Algérie n’a pas l’exclusivité de la résolution des problèmes de ces réfugiés. La France est à l’origine de la crise du Sahel, qu’elle la solutionne ! Qu’elle prenne ses responsabilités en accueillant tous ces gens que sa politique insensée a précipités dans la misère et la détresse ! Le laxisme des autorités algériennes concernant le traitement  de ces réfugiés est plus que douteux, et s’il y a un accord entre le pouvoir algérien actuel faible et la France concernant ce dossier, en l’occurrence l’accueil des migrants subsahariens dont les Maliens sont majoritaires, il ne peut qu’être caduc, car il ne concerne pas le peuple algérien. Si le pouvoir algérien actuel en manque de légitimité avec un président impotent qui ne représente que lui-même s’est porté garant avec son frère cadet des intérêts de la France, il ne représente en rien les intérêts algériens. Messieurs les politiciens français, rendez-nous service, prenez en charge les réfugiés des pays que vous déstabilisez, c’est la moindre de choses.
Mohsen Abdelmoumen
Publié sur Oximity le 26/10/2014:https://www.oximity.com/article/Alg%C3%A9rie-une-fronti%C3%A8re-et-des-1
sur Whatsupic:http://fr.whatsupic.com/sp%C3%A9ciale-monde/alg%C3%A9rie-une45098.html
 

 




 

Source : Mohsen Abdelmoumen
http://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/...





jeudi 16 octobre 2014

GRAVE : Mos Maiorum : une vaste opération de police à l’échelle européennes


Les États membres de l’Union européenne (UE) vont mener du une opération de police conjointe de grande envergure du 13 au 26 octobre 2014. Frontex et Europol, une agence de l’UE chargée de lutter contre la criminalité transfrontalière, sont associés aux États membres.

Mos Maiorum : une vaste opération de police à l’échelle européenne

Les États membres de l’Union européenne (UE) vont mener une opération de police conjointe de grande envergure du 13 au 26 octobre 2014. Frontex et Europol, une agence de l’UE chargée de lutter contre la criminalité transfrontalière, sont associés aux États membres. 
L’ONG britannique Statewatch a réussi à obtenir un document officiel du Conseil de l’Union européenne datant du 10 juillet 2014 qui explique les objectifs et modalités de cette opération appelée « Mos Maiorum ».

 Objectifs de l’opération
La finalité de l’opération est premièrement, d’« affaiblir la capacité des groupes criminels organisés qui facilitent l’immigration illégale dans l’UE et se concentrera sur les passages illégaux de frontières » ; et deuxièmement, de collecter de l’information sur les principales routes utilisées par les migrants qui entrent de façon dite « irrégulière » et sur les façons d’opérer des réseaux criminels pour faire passer les personnes dans l’UE.

Cette opération va se traduire par :
  • Des interpellations des migrants en situation irrégulière pour recueillir des informations en vue d’enquêter sur les réseaux criminels ;
  • L’identification, la poursuite en justice et le démantèlement des réseaux criminels ;
  • La recherche et l’analyse des routes utilisées par les migrants et les réseaux (à la fois aux frontières extérieures et au sein de l’espace Schengen) ;
  • À terme, le renforcement des actions afin de lutte contre l’immigration « illégale » (contrôles aux frontières et activités de surveillance).
Les États membres de l’UE et les États de l’espace Schengen sont incités à participer activement à l’opération. Celle-ci sera coordonnée par l’Italie, qui occupe actuellement la présidence du Conseil de l’UE, en lien étroit avec Frontex.

 Préoccupations
Derrière l’objectif de démantèlement de réseaux des passeurs, l’interpellation massive de personnes en situation irrégulière est visée. Les contrôles aux frontières extérieures, mais aussi au sein de l’espace Schengen (notamment ports, gares, aéroports) devraient être renforcés pendant cette période.
Le document se garde de préciser le sort réservé aux personnes interpellées, ni la base légale des contrôlées : profil racial, contrôle au faciès ? Des méthodes illégales au regard du droit européen, notamment du code frontières Schengen.
Cela pose aussi des questions en matière de protection des données : quelle utilisation sera faite des données - dont des données personnelles - récoltées ? Les États membres sont censés recueillir le plus de détails possibles sur les migrants interceptés : âge, sexe, nationalité, lieu et date d’entrée, routes utilisées, etc.
Opacité de l’opération est inquiétante. Très peu d’informations sont disponibles et le contrôle démocratique semble avoir été écarté, nous ne disposons pas d’éléments sur l’information du Parlement européen. Quelle sera l’implication concrète des États membres ? L’Espagne a annoncé sa participation. Qu’en est-il de la France ?
Mos maiorum, selon le site belge d’information sur les centres fermés, Getting the voice out, signifierait « mœurs des anciens » ou « coutumes des ancêtres ». Il désigne dans la Rome antique le mode de vie et le système des valeurs ancestrales. Il est souvent pris comme une référence, et est à opposer au spectacle de la décadence du temps présent ! Les cinq fondements de ce concept sont d’un cynisme total au vu des objectifs d'une opération de police :
  • Fides : fidélité, respect de la parole donnée, loyauté, foi, confiance ;
  • Pietas : piété, dévotion, patriotisme, devoir ;
  • Majestas: sentiment de supériorité naturelle d’appartenance à un peuple élu, majesté ;
  • Virtus : qualité propre au citoyen romain, courage, activité politique ;
  • Gravitas : ensemble des règles de conduite du Romain traditionnel, respect de la tradition, sérieux, dignité, autorité.

Au lendemain du triste anniversaire du naufrage de Lampedusa d’octobre 2013, le lancement de cette opération illustre le double discours de l’UE. Les déclarations humanistes sur le sauvetage en mer pèsent bien peu au regard de l’ampleur de cette opération de police menée à l’échelle européenne.
Télécharger le tract édité par Travel warning UE en 8 langues destiné à alerter les personnes étrangères sur la recrudescence de contrôles de police en Europe entre le 13 et le 26 octobre 2014.
 

jeudi 21 novembre 2013

Drames de la migration Niger-Algérie : Rencontre et témoignages


RENCONTRE

Par Jean-françois Debargue, Ghardaïa, novembre 2013

Photo JFD
Une petite centaine. Autant que de cadavres retrouvés dans cette partie du désert, entre le Niger et l’Algérie. Essentiellement des femmes, petites, fluettes, maigres, accompagnées d’enfants, à peine adolescents pour les plus âgés, comme les restes de ceux trouvés entre Sahel et Sahara. On les signale dans plusieurs villes d’Algérie. Leur provenance ? Le Niger, dernier pays au monde au classement de l’indice de développement humain, pays pourtant fournisseur d’uranium, d’or, de pétrole et de fer. A qui profite le développement ?
La petite centaine de femmes et de jeunes enfants, accompagnée de moins d’une dizaine d’hommes vient de la région de Zinder. Habituellement les migrations de cette région essentiellement agricole étaient saisonnières et en cas de difficultés plutôt tournées vers la Libye. La sécheresse et les conflits depuis 2011 ainsi que la révolution libyenne les ont poussés vers l’Algérie. 
Depuis une année, ils sont arrivés à Ghardaïa. Après avoir posé leurs haillons le long du mur de la gare routière et dans l’Oued, les voilà déplacés plus discrètement dans un terrain vague, près de la poste. Par petits groupes de trois enfants ou d’une femme accompagnée de deux enfants, ils mendient toute la journée dans Ghardaïa.
Après la prière du soir, nous sommes allés les rencontrer. En sortant de l’oued nous avons vu leurs quatre à cinq feux. Les pauvres baluchons alignés le long du mur pendant la journée délimitaient chaque foyer autour desquels vingt à trente personnes s’étaient regroupées. Quelques toutes petites filles revenaient de la gare, des bouteilles d’eau en équilibre sur la tête. Nous étions brusquement dans un village de la région de Zinder. Comme chaque soir cette petite caravane, qui avait traversé nous ne savions comment le Sahara, rapportait au bivouac quelques pièces d’aumône et de quoi se restaurer.
 La plus belle natte a été dépliée pour les trois visiteurs que nous étions, rois mages aux mains vides. Les rares hommes nous ont accueillis, puis quelques femmes ont approché leurs nattes. En quelques minutes seulement, nous étions devenus le noyau d’un fruit  de femmes et d’enfants. Le plus ancien de nous trois ayant vécu au Niger, connaissant leurs traditions et parlant Haousa  fit naitre sourires, puis rires et applaudissements en cherchant parfois ses mots ou en les mimant. Notre situation de dépendance rétablissait une forme de partage. C’est eux qui venaient à notre aide. De notre côté, nous avions du mal à croire que ces femmes aient pu changer leur plainte mendiante en une parole retrouvée. De leur côté, certaines nous ayant croisé durant la journée ont dû aussi s’étonner de ne plus voir sur nos visages une indifférence gênée, mais un vrai regard.
 A cet instant précis, nous étions les invités des personnes les plus pauvres de la terre. Au moment de partir, une heure plus tard, les mains se sont tendues, non plus horizontalement mais verticalement. La dignité se joue parfois à un quart de tour. Nous avons serré des dizaines de mains vivantes.
Puis nous sommes montés, sur la colline éclairée par la pleine lune, de l’autre côté de l’Oued. Une bonne demi-heure de marche pour arriver aux ghettos. Autre visage de la migration. Des hommes jeunes exclusivement, la plupart entre 16 et 30 ans, du Libéria, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Mali, du Congo,  de Centre-Afrique… Certains suivent les routes séculaires d’une migration saisonnière qui mêle le caractère initiatique et le besoin économique, d’autres ont fuit des massacres comme au Libéria et en Sierra Leone, ont trouvé un refuge provisoire dans des pays voisins avant d’être à nouveau chassés. D’autres encore cherchent à gagner l’Europe par le Maroc, ou reviennent expulsés. Leurs espoirs, leurs déceptions, la fatigue se lisaient sur la quarantaine de visages.  Avant le lever du jour les hommes partent sur les chantiers, certains y vivent la semaine, remplaçant les bétonnières, d’autres travaillent dans les palmeraies. Certains économisent pour poursuivre la route, d’autres renvoient l’argent au pays.
De la présence du peuple Sahraoui exilé sur son sol depuis 38 ans, aux Harragas, jeunes algériens fuyant le mal vivre, en passant par les migrations subsaharienne ou du Moyen-Orient, l’Algérie continue d’être pays de transit et devient  pays d’accueil forcé de ces différentes formes de migration. Six mille kms de frontières désertiques ou minées sont limitrophes de pays en guerre ou en grande difficulté. Et après la mortelle traversée du Sahara, l’ultime frontière, la Méditerranée, est devenue un véritable  cul de sac renforcé par l’externalisation des frontières.  Veut-on faire du plus grand pays d’Afrique, ou du Maghreb un centre de rétention à ciel ouvert, un terminal de la migration ? Rappelons que  l’Afrique est le continent où les flux migratoires internes sont les plus importants.
 Nous étions là, dans cette pièce cimentée d’une carcasse d’immeuble, à nous demander si nous aurions accepté de mourir légalement chez nous, de famine, de guerre ou de simple misère ou  de survivre « irrégulièrement » au-delà des frontières tracées par ceux-là même qui étaient entrés « légalement » pour coloniser et qui aujourd’hui encore, par les multinationales et la mondialisation, « développillent » et entretiennent l’insécurité dans cette même Afrique.
Je suis resté touché par la dignité et l’humanité de ces personnes rencontrées. Et pourtant  nous avons vu ce soir là ceux qui font trembler  l’Europe.  Ces hommes, ces femmes et ces enfants qui justifient que  Frontex, Eurosur et autres agences déploient drones et matériels de haute technologie, non pas pour sauver des vies mais pour protéger la citadelle Europe. Ces mêmes agences de l’UE qui  ont également la barbarie d’envisager de réinstaller des lames coupantes au sommet de la triple clôture frontalière de Melilla.
Nous avons partagé des moments de convivialité, des échanges simples bien loin des grands discours, la possibilité de vivre décemment, dans le respect des Droits. Une journée ordinaire de mendicité, de travail, d’espoir d’une vie meilleure. Une journée que l’on peut choisir d’ignorer ou de simplement partager.
 En quittant nos hôtes, cette constatation. Pourquoi  ne croise-t-on pas les gens censés trouver des solutions sous les tentes Sahraouies, dans les ghettos ou les pateras ? Pourquoi avoir intérêt à transformer un phénomène en problème ? Pourquoi choisir de gérer toujours plus les conséquences et refuser de s’attaquer aux causes ? A qui profite la situation ?




mardi 15 octobre 2013

La politique de fermeture des frontières mise en cause

Par Nadjia Bouaricha, El Watan, 13/10/13  
L’autel des sacrifices qu’est devenue la Méditerranée, met à nu la politique de l’Europe, forteresse qui de l’Afrique ne tolère que les richesses et obstrue le passage aux personnes en détresse.   
Des personnes, fuyant les dictatures et les conflits, partent chercher la liberté et c’est un accès au «donjon», pour les plus chanceux, auquel ils ont droit. Embarqués dans des felouques meurtrières, ces hommes, ces femmes et ces enfants n’ont pas le même accès que ce gaz transporté dans des pipelines traversant la même mer. Si les régimes abjects et autoritaires poussent des milliers de personnes à fuir en tentant le pire, la fermeture des frontières de l’Europe incite aussi au recours à ces moyens extrêmes d’évasion. Le drame de Lampedusa a provoqué émoi et consternation, mais peu d’actes ont suivi pour mettre un terme à ces convois de mort horrible en Méditerranée.
Une réunion des ministres de l’Intérieur européens s’était tenue la semaine dernière en réaction à cette tragédie humaine pour ne sortir qu’avec la décision de renforcer le dispositif de sécurisation des frontières de l’Europe appelé Frontex. L’approche prohibitionniste l’emporte encore une fois sur celle de la solidarité. La politique européenne de voisinage ne peut continuer à occulter l’échec du volet de la politique d’immigration perçue comme un frein voire une négation de la notion de bon voisinage. «Les politiques de fermeture des frontières et le désengagement vis-à-vis des conventions internationales signées par l’Europe, notamment la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, expliquent le fait que les migrants sont amenés à prendre de plus en plus de risques pour rejoindre l’Europe, à mesure que les contrôles s’intensifient», déclare à BFMTV, Alain Morice, chercheur au CNRS et membre du réseau Migreurop.

Le Parlement européen s’attelle à mettre en place un nouveau système de surveillance des frontières de l’UE, Eurosur, en renforcement du dispositif Frontex qui a montré ses limites. Ce nouveau dispositif, qui sera effectif en décembre prochain, est, selon ses concepteurs, «un système paneuropéen de surveillance des frontières avec trois objectifs principaux : réduire le nombre de migrants irréguliers qui entrent dans l’ UE sans être découverts, réduire le nombre de décès d’immigrés clandestins en sauvant davantage de vies en mer, et augmenter la sécurité intérieure de l’ UE dans son ensemble en contribuant à la prévention de la criminalité transfrontalière».
Le Conseil de l’Europe devrait se pencher, le 24 octobre, sur la mise en application de ce système. «Je suis extrêmement sceptique. Plusieurs dispositifs ont été mis en place en vue de protéger, sécuriser les frontières de l’UE afin d’empêcher les vagues migratoires. Frontex en est un. Et puis il y a eu Eurosur, créé en 2011, encore en discussion en ce moment. Plusieurs personnalités, au niveau européen, estiment que ce nouveau programme va permettre d’organiser des opérations de surveillance. Mais le dispositif peut laisser craindre le pire, car il entend protéger les frontières et non pas les personnes, qui seront amenées à prendre de plus en plus de risques, comme c’est déjà le cas aujourd’hui», note encore Alain Morice sur BFMTV, en soulignant les pratiques purement sécuritaires et non pas de sauvetage des personnes utilisées par les agents de Frontex. Migreurop a dénoncé la logique sécuritaire de l’Europe. «Faut-il rappeler que si des Syriens en fuite tentent, au risque de leur vie, la traversée de la Méditerranée, c’est parce que les pays membres de l’UE refusent de leur délivrer les visas qui leur permettraient de venir légalement demander asile en Europe», note le réseau d’ONG.
Le président du Conseil italien avait lui-même appelé à reconsidérer l’immigration. «Ce n’est plus l’immigration économique des années 1990, mais là, en l’occurrence, il s’agit d’une immigration politique», a-t-il déclaré lors de sa visite à Lampedusa. L’Italie, qui compte revoir sa législation sur le droit d’asile, propose la dépénalisation pure et simple du délit de l’immigration clandestine. L’UE avalisera-t-elle une telle proposition ? Pas si sûr, disent les ONG.

mercredi 9 octobre 2013

Lampedusa : l’Europe assassine








Lampedusa : l’Europe assassine



Le nouveau naufrage dans lequel ont péri ou disparu, tout près de l’île de Lampedusa, au moins 300 personnes parmi les 500 passagers d’un bateau en provenance de Libye, n’est pas dû à la fatalité. En 2010, au même endroit, deux naufrages simultanés avaient provoqué près de 400 victimes. En 2009, 200 personnes se sont noyées au large de la Sicile. Pour les seuls six premiers mois de l’année 2011, le HCR estimait à 1 500 le nombre de boat people ayant trouvé la mort en tentant d’atteindre les rives de l’île de Malte ou de l’Italie. Depuis le milieu des années 90, la guerre menée par l’Europe contre les migrants a tué au moins 20 000 personnes en Méditerranée.
La guerre ? Comment nommer autrement la mise en place délibérée de dispositifs de contrôles frontaliers destinés, au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière, à repousser celles et ceux que chassent de chez eux la misère et les persécutions ? Ces dispositifs ont pour nom Frontex, l’agence européenne des frontières, qui déploie depuis 2005 ses navires, ses hélicoptères, ses avions, ses radars, ses caméras thermiques et bientôt ses drones depuis le détroit de Gibraltar jusqu’aux îles grecques pour protéger l’Europe des « indésirables ». Ou encore Eurosur, un système coordonné de surveillance qui, depuis 2011, fait appel aux technologies de pointe pour militariser les frontières extérieures de l’Union européenne afin de limiter le nombre d’immigrants irréguliers qui y pénètrent. Comment nommer autrement la collaboration imposée par l’Europe aux pays de transit des migrants – Libye, Algérie, Tunisie, Maroc – afin qu’ils jouent le rôle de garde-chiourmes et les dissuadent de prendre la route du nord, au prix de rafles, arrestations, mauvais traitements, séquestrations ?
Plus spectaculaire que d’habitude par son ampleur, le nouveau naufrage de Lampedusa n’a pas manqué de susciter les larmes de crocodile rituellement versées par ceux-là même qui en sont responsables. A la journée de deuil national décrétée par l’Italie – pays dont les gouvernants, de droite comme de gauche, n’ont jamais renoncé à passer des accords migratoires avec leurs voisins proches – y compris lorsqu’il s’agissait des dictatures de Kadhafi et de Ben Ali – pour pouvoir y renvoyer les exilés, font écho les déclarations de la commissaire européenne aux affaires intérieures, qui appelle à accélérer la mise en place d’Eurosur, destiné selon elle à mieux surveiller en mer les bateaux de réfugiés. Où s’arrêtera l’hypocrisie ? Peu d’espaces maritimes sont, autant que la Méditerranée, dotés d’un maillage d’observation et de surveillance aussi étroit. Si le sauvetage était une priorité – comme le droit de la mer l’exige – déplorerait-on autant de naufrages entre la Libye et Lampedusa ?
Déjà sont désignés comme principaux responsables les passeurs, mafias et trafiquants d’êtres humains, comme si le sinistre négoce de ceux qui tirent profit du besoin impérieux qu’ont certains migrants de franchir à tout prix les frontières n’était pas rendu possible et encouragé par les politiques qui organisent leur verrouillage. Faut-il rappeler que si des Syriens en fuite tentent, au risque de leur vie, la traversée de la Méditerranée, c’est parce que les pays membres de l’UE refusent de leur délivrer les visas qui leur permettraient de venir légalement demander asile en Europe ?
On parle de pêcheurs qui, ayant vu le navire en perdition, auraient continué leur route sans porter secours à ses passagers, et des voix s’élèvent pour exiger qu’ils soient poursuivis et punis pour non assistance à personne en danger. A-t-on oublié qu’en 2007, sept pêcheurs tunisiens accusés d’avoir « favorisé l’entrée irrégulière d’étrangers sur le sol italien »ont été poursuivis par la justice italienne, mis en prison et ont vu leur bateau placé sous séquestre parce qu’ils avaient porté secours à des migrants dont l’embarcation étaient en train de sombrer, les avaient pris à leur bord et convoyés jusqu’à Lampedusa ?
Non, le drame de Lampedusa n’est pas le fruit de la fatalité. Il n’est dû ni aux passeurs voraces, ni aux pêcheurs indifférents. Les morts de Lampedusa, comme ceux d’hier et de demain, sont les victimes d’une Europe enfermée jusqu’à l’aveuglement dans une logique sécuritaire, qui a renoncé aux valeurs qu’elle prétend défendre. Une Europe assassine.

Premiers signataires : Abderrhamane Hedhili, president of Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), Tunisia ; Filippo Miraglia, Associazione Ricreativa e Culturale Italiana (Arci), Italy ; Francis Lecomte, co-president of the Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleur-euse-s Immigré-e-s (FASTI), France ; Geneviève Jacques, president of La Cimade, France ; Karim Lahidji, president of the International Federation of human rights leagues (FIDH) ; Mehdi Alioua, president of the Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (GADEM), Morocco ; Olivier Clochard, president of Migreurop ; Stéphane Maugendre, president of the Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), France – members of the coalition Boats4People.
Alexis Deswaef, president of the Human Right League (LDH), Belgium ; Ahmed El Haij, president of the Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), Morocco ; Antoine Cassar, Passaport Project and Le monde n’est pas rond, Luxembourg ; Christophe LEVY, secretary general of the Groupe Accueil et Solidarité (GAS), France ; Driss Elkerchi, president of the Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), France ; Helmut Dietrich, Forschungsgesellschaft Flucht und Migration e.V. (FFM), Germany ; Jean-Eric Malabre, co-president of the Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), France ; Julija Kranjec, executive board of the Center for Peace Studies, Croatia ; Lorenzo Trucco, president of the Associazione Studi Giuridici sull’immigrazione (Asgi), Italy ; Mamadou M’Bodje, project manager of the Association de Solidarité et d’Information pour l’Accès aux Droits des étrangers (ASIAD), France ; Manuel Malheiros, president Liga-Civitas, Portugal ; Michala Bendixen, chairman of Refugees Welcome, Denmark ; Michel Tubiana, president of the Euro-Mediterranean Network for Human Rights (EMNHR) ; Serge Kollwelter, president of the Association européenne pour le défense des droits de l’Homme (AEDH) ; Tarek Benhiba, president of the Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), France
Signatures individuelles : Etienne Corbaz ; Martina Tazzioli ; Virginie Baby Collin
Photo Sara Prestianni http://www.flickr.com/photos/saraprestianni/



qui sommes-nous ?

Migreurop est un réseau européen et africain de militants et chercheurs dont l’objectif est de faire connaître et de lutter contre la généralisation de l’enfermement des étrangers et la multiplication des camps, dispositif au coeur de la politique d’externalisation de l’Union européenne. La suite