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jeudi 3 septembre 2015

Contre l'indifférence meurtrière! samedi à Paris, Place de la République, à 17 h. Ce sont les pousses de notre humanité qu'on assassine...


A tous ceux qui pensent que seul l'Etat a sa responsabilité dans la prise en charge de ceux qui fuient la guerre. Nous sommes TOUS responsable de la mort de cet enfant
Photo de Patrick Le Hyaric.
Quelle femme, quel homme de cœur peut accepter cela? Quel humaniste peut continuer à se taire face à cette image de l'enfant mort sur une plage de Turquie fuyant avec son papa, sa maman la barbarie, la dictature, la guerre. Ce sont les pousses de notre humanité qu'on assassine pendant que nos gouvernements palabrent, font des comptages et des quotas au chaud de bureaux capitonnés. Leur cœur est-t-il devenu si froid qu'il ne bat plus aux violences et aux désastres de ce monde. N'acceptons pas ! Crions partout notre humanité! Ne laissons pas les idées de haine, de divisions, de rejet envahir les plages, nos rues, nos ondes et nos cœur.

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Le bon moment pour revoir le procès d'Eichmann et la banalisation du mal sous couvert de défendre l'économie ou l'État. 
Quand on questionnait ce "spécialiste" de la déportation, il répondait froidement : "On vivait dans une époque où le crime était légalisé par l’État. C'était la responsabilité de ceux qui donnaient les ordres."
Quand on lui demandait pourquoi il s'estimait être idéaliste en programmant froidement la mort de millions de personnes ? Il répondait : "J'entendais par là l'adhésion au nationalisme qui était prêché, et en tant que nationaliste, faire mon devoir en accord avec mon serment."
Si vous n'entendez pas au loin le bruit des bottes, il est temps d'ouvrir vos livres d'histoire.
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=w18pKKQfveg
Infos & Débats | Mr Mondialisation

vendredi 24 avril 2015

Morts en Méditerranée : le déshonneur du Conseil européen

Communiqué commun
Bruxelles, le 24/4/2015



En ce mauvais jour du 23 avril 2015, le Conseil européen qui devait enfin « agir » sur une situation « dramatique » en Méditerranée, s'est contenté de tenter de mettre l’Union européenne et ses États membres à l’abri des migrants en renforçant la protection de ses frontières. 

A ces milliers d'êtres humains, femmes, hommes et enfants qui risquent la mort, et souvent la trouvent, en tentant de rejoindre des lieux pour se reconstruire et vivre, les chefs de gouvernement européens, réunis à grand bruit, n'ont eu qu'un seul message à leur envoyer : « Sécurité ! ». Ils n'ont pas cherché à sortir d'une concurrence entre les États membres, essayant chacun de prendre le moins possible des migrants après avoir rejeté tous les autres. Quant au mot « accueil », il ne fait pas partie du vocabulaire des chefs de gouvernement.

Lutte contre l’émigration avec l’appui des pays tiers, reconduite à la frontière, refoulement, rétention dans les centres spécialisés, pénalisation de l'entrée... Voilà ce que vont connaître les survivants quand elles et ils auront fini de compter leurs morts. Le Conseil européen en prenant ces mesures honteuses considère que sa responsabilité n’est pas engagée. Il ajoute ainsi aux morts son propre déshonneur.

Les associations et organisations qui à travers l'Europe défendent les droits de toute personne à vivre quelque part en sûreté, ne peuvent l'accepter et décideront dans les semaines à venir des moyens pour s'opposer à cette politique mortifère.

 Signataires :

Migrants en Méditerranée : 32 organisations à travers l’UE en appellent au Conseil européen

Bruxelles, 22/4/2015
Les organisations signataires ont pris connaissance avec consternation des décisions adoptées ce lundi 20 avril par le Conseil des ministres de l’UE
A l’exception d’un engagement réaffirmé de faciliter la réinstallation de réfugiés et de développer les initiatives de relocalisation, le Conseil s’enferme dans une rhétorique qui non seulement a apporté la démonstration de son inefficacité mais conduit à des drames humains croissants aux frontières maritimes de l’Europe. Devant les tentatives des migrants de sauver leur vie et leur liberté en tentant d’atteindre l’Europe, parce que c’est la terre d’asile la plus proche d’eux, on attendait des ministres des États membres qu’ils prennent des mesures d’urgence. Le seul objectif qui vaille, dans ces circonstances, c’est d’assurer l’acheminement sécurisé de ces exilés.
Mais, témoignant d’un entêtement aveugle, le Conseil des ministres en a décidé autrement. Non seulement, les moyens de Frontex seront, une fois de plus, accrus mais les pays tiers, voisins de la Libye seront mis à contribution. En somme, les réfugiés érythréens, soudanais, syriens, notamment, n’auraient pas leur place sur notre territoire…

jeudi 23 avril 2015

Sommet européen sur les migrations : de fausses solutions, sécuritaires et répressives

http://www.cncd.be/Sommet-europeen-sur-les-migrations
Ce jeudi, à l’occasion du sommet extraordinaire du Conseil européen sur les politiques migratoires, le CIRÉ, le CNCD-11.11.11, Amnesty International et d’autres organisations marcheront dans le quartier européen de Bruxelles. Une marche silencieuse qui entend toutefois faire passer un message : une autre politique européenne d’asile et d’immigration basée sur le respect des droits des personnes migrantes est urgente et nécessaire.
Sommet européen sur les migrations : de fausses solutions, sécuritaires et répressives
© Giovanni Cancemi / Shutterstock

mercredi 22 avril 2015

De la Méditerranée à Calais

 Calais, Ouverture et Humanité...Et quand ils seront arrivés à Calais, on leur expliquera qu'ils doivent vivre sur une ancienne décharge, ne pas franchir les barbelés, chier dans les bosquets et si possible repartir d'où ils viennent... Parce que "la France a déjà SES pauvres"...L'émotion a cette particularité d'être toute relative. On s'émeut de voir des enfants mourir noyés dans de telles circonstances, on s'émeut beaucoup moins quand les enfants qui ont survécu sont contraints de vivre dans les boues toxiques calaisiennes... Cet hiver, des mômes ont survécu sous des bâches avec un repas par jour, dans des conditions insupportables... Ces enfants risquent des agressions et des viols. Qui s'en inquiète ? La plupart des exilés sont des gamins...

‪#‎PHOTOS‬ - 400 migrants disparus : une des pires tragédies au large de l'Italie >> http://bit.ly/1GNAS6M

vendredi 4 avril 2014

Italie :730 migrants secourus en 24 heures


par AFP, 




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Image de la marine italienne, mardi, lors d'opération de sauvetage de migrants en Méditerranée. /AFP
Image de la marine italienne, mardi, lors d'opération de sauvetage de migrants en Méditerranée. /AFP
La marine militaire italienne a sauvé environ 730 migrants, dont 124 femmes et 29 mineurs, au cours des dernières 24 heures au sud de la Sicile, selon un communiqué publié mercredi. Ces femmes et hommes tentaient de traverser la Méditerranée à bord de deux embarcations, en provenance des côtes nord-africaines.
L'opération de sauvetage a été rendue indispensable par le fait que les embarcations étaient “surchargées” alors que les personnes à bord “ne disposaient pas de gilets de sauvetage”, selon la même source.
Tous les réfugiés, dont la nationalité n'a pas été précisée, ont été embarqués à bord du San Giorgio et seront conduits dans la journée dans le port sicilien de Porto Empedocle.
4.000 migrants sauvés en 4 jours
Lors de ces quatre derniers jours, plus de 4.000 candidats à l'immigration clandestine ont été secourus en mer, au large de l'Italie. Le pays tente d'éviter un nouveau drame comme celui d'octobre dernier, où 366 Érythréens avaient péri noyés dans le naufrage de leur bateau, au large de l'île italienne de Lampedusa, à mi-chemin entre la Sicile et la Tunisie.
Dans le même temps, la Chambre des députés a adopté, mardi, en première lecture un projet de loi dépénalisant l'immigration clandestine, sauf pour les étrangers expulsés par le gouvernement et qui reviendraient illégalement dans la péninsule.
La loi doit encore être adoptée par le Sénat avant d'entrer en vigueur. “C'est une excellente nouvelle”, s'est réjoui le vice-ministre de l'Intérieur, Filippo Bubbico.
Depuis le début de l'année, plus de 10.000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes : dix fois plus que sur la même période de 2013 (900), a récemment indiqué le Conseil italien des réfugiés (CIR).

jeudi 21 novembre 2013

Drames de la migration Niger-Algérie : Rencontre et témoignages


RENCONTRE

Par Jean-françois Debargue, Ghardaïa, novembre 2013

Photo JFD
Une petite centaine. Autant que de cadavres retrouvés dans cette partie du désert, entre le Niger et l’Algérie. Essentiellement des femmes, petites, fluettes, maigres, accompagnées d’enfants, à peine adolescents pour les plus âgés, comme les restes de ceux trouvés entre Sahel et Sahara. On les signale dans plusieurs villes d’Algérie. Leur provenance ? Le Niger, dernier pays au monde au classement de l’indice de développement humain, pays pourtant fournisseur d’uranium, d’or, de pétrole et de fer. A qui profite le développement ?
La petite centaine de femmes et de jeunes enfants, accompagnée de moins d’une dizaine d’hommes vient de la région de Zinder. Habituellement les migrations de cette région essentiellement agricole étaient saisonnières et en cas de difficultés plutôt tournées vers la Libye. La sécheresse et les conflits depuis 2011 ainsi que la révolution libyenne les ont poussés vers l’Algérie. 
Depuis une année, ils sont arrivés à Ghardaïa. Après avoir posé leurs haillons le long du mur de la gare routière et dans l’Oued, les voilà déplacés plus discrètement dans un terrain vague, près de la poste. Par petits groupes de trois enfants ou d’une femme accompagnée de deux enfants, ils mendient toute la journée dans Ghardaïa.
Après la prière du soir, nous sommes allés les rencontrer. En sortant de l’oued nous avons vu leurs quatre à cinq feux. Les pauvres baluchons alignés le long du mur pendant la journée délimitaient chaque foyer autour desquels vingt à trente personnes s’étaient regroupées. Quelques toutes petites filles revenaient de la gare, des bouteilles d’eau en équilibre sur la tête. Nous étions brusquement dans un village de la région de Zinder. Comme chaque soir cette petite caravane, qui avait traversé nous ne savions comment le Sahara, rapportait au bivouac quelques pièces d’aumône et de quoi se restaurer.
 La plus belle natte a été dépliée pour les trois visiteurs que nous étions, rois mages aux mains vides. Les rares hommes nous ont accueillis, puis quelques femmes ont approché leurs nattes. En quelques minutes seulement, nous étions devenus le noyau d’un fruit  de femmes et d’enfants. Le plus ancien de nous trois ayant vécu au Niger, connaissant leurs traditions et parlant Haousa  fit naitre sourires, puis rires et applaudissements en cherchant parfois ses mots ou en les mimant. Notre situation de dépendance rétablissait une forme de partage. C’est eux qui venaient à notre aide. De notre côté, nous avions du mal à croire que ces femmes aient pu changer leur plainte mendiante en une parole retrouvée. De leur côté, certaines nous ayant croisé durant la journée ont dû aussi s’étonner de ne plus voir sur nos visages une indifférence gênée, mais un vrai regard.
 A cet instant précis, nous étions les invités des personnes les plus pauvres de la terre. Au moment de partir, une heure plus tard, les mains se sont tendues, non plus horizontalement mais verticalement. La dignité se joue parfois à un quart de tour. Nous avons serré des dizaines de mains vivantes.
Puis nous sommes montés, sur la colline éclairée par la pleine lune, de l’autre côté de l’Oued. Une bonne demi-heure de marche pour arriver aux ghettos. Autre visage de la migration. Des hommes jeunes exclusivement, la plupart entre 16 et 30 ans, du Libéria, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Mali, du Congo,  de Centre-Afrique… Certains suivent les routes séculaires d’une migration saisonnière qui mêle le caractère initiatique et le besoin économique, d’autres ont fuit des massacres comme au Libéria et en Sierra Leone, ont trouvé un refuge provisoire dans des pays voisins avant d’être à nouveau chassés. D’autres encore cherchent à gagner l’Europe par le Maroc, ou reviennent expulsés. Leurs espoirs, leurs déceptions, la fatigue se lisaient sur la quarantaine de visages.  Avant le lever du jour les hommes partent sur les chantiers, certains y vivent la semaine, remplaçant les bétonnières, d’autres travaillent dans les palmeraies. Certains économisent pour poursuivre la route, d’autres renvoient l’argent au pays.
De la présence du peuple Sahraoui exilé sur son sol depuis 38 ans, aux Harragas, jeunes algériens fuyant le mal vivre, en passant par les migrations subsaharienne ou du Moyen-Orient, l’Algérie continue d’être pays de transit et devient  pays d’accueil forcé de ces différentes formes de migration. Six mille kms de frontières désertiques ou minées sont limitrophes de pays en guerre ou en grande difficulté. Et après la mortelle traversée du Sahara, l’ultime frontière, la Méditerranée, est devenue un véritable  cul de sac renforcé par l’externalisation des frontières.  Veut-on faire du plus grand pays d’Afrique, ou du Maghreb un centre de rétention à ciel ouvert, un terminal de la migration ? Rappelons que  l’Afrique est le continent où les flux migratoires internes sont les plus importants.
 Nous étions là, dans cette pièce cimentée d’une carcasse d’immeuble, à nous demander si nous aurions accepté de mourir légalement chez nous, de famine, de guerre ou de simple misère ou  de survivre « irrégulièrement » au-delà des frontières tracées par ceux-là même qui étaient entrés « légalement » pour coloniser et qui aujourd’hui encore, par les multinationales et la mondialisation, « développillent » et entretiennent l’insécurité dans cette même Afrique.
Je suis resté touché par la dignité et l’humanité de ces personnes rencontrées. Et pourtant  nous avons vu ce soir là ceux qui font trembler  l’Europe.  Ces hommes, ces femmes et ces enfants qui justifient que  Frontex, Eurosur et autres agences déploient drones et matériels de haute technologie, non pas pour sauver des vies mais pour protéger la citadelle Europe. Ces mêmes agences de l’UE qui  ont également la barbarie d’envisager de réinstaller des lames coupantes au sommet de la triple clôture frontalière de Melilla.
Nous avons partagé des moments de convivialité, des échanges simples bien loin des grands discours, la possibilité de vivre décemment, dans le respect des Droits. Une journée ordinaire de mendicité, de travail, d’espoir d’une vie meilleure. Une journée que l’on peut choisir d’ignorer ou de simplement partager.
 En quittant nos hôtes, cette constatation. Pourquoi  ne croise-t-on pas les gens censés trouver des solutions sous les tentes Sahraouies, dans les ghettos ou les pateras ? Pourquoi avoir intérêt à transformer un phénomène en problème ? Pourquoi choisir de gérer toujours plus les conséquences et refuser de s’attaquer aux causes ? A qui profite la situation ?




mercredi 23 octobre 2013

Manifestation de demandeurs d'asile afghans à Bruxelles: 170 arrestations

    Par Anne-Marie Dieu, vice-présidente de la Ligue des familles, 22 octobre 2013





    La manifestation des Afghans demandeurs d'asile s'est terminée de façon musclée par 170 arrestations et un blessé, rue de la Loi à Bruxelles. Le bâtiment situé à Ixelles que 150 afghans occupaient depuis le 9 octobre dernier a été évacué. Une dizaine de personnes seulement, principalement des familles, se trouvaient alors sur place, car les autres occupants manifestaient. La police a mis fin à leur sit in qui bloquait le carrefour Arts-Loi.
     
    Près de 200 demandeurs d'asile afghans ont manifesté mardi matin devant le parlement fédéral, où se tenait la présentation du rapport 2012 du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides.
    Les manifestants se sont déplacés près du cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo et ont appris l'évacuation du bâtiment qu'ils occupaient rue du Trône, à Ixelles.
    Manifestation de demandeurs d'asile afghans à Bruxelles: 170 arrestationsC'est déjà la deuxième fois que ces demandeurs d'asile afghans sont évacués de ce bâtiment. Ils en avaient en effet été expulsés une première fois en septembre dernier.
    Les manifestants ont entamé un sit in au carrefour Arts-Loi qu'ils voulaient occuper tant qu'une solution de ré-hébergement n'était pas trouvée. La circulation a été fortement perturbée sur la petite ceinture. Les carrefours Belliard et Loi ont été fermés de même que les tunnels de l'avenue de Tervuren en direction Loi.
     
    Manifestation de demandeurs d'asile afghans à Bruxelles: 170 arrestations 
    Par Kevin Van den Panhuyzen
    L'intervention policière a été musclée. Pour la police, il fallait dégager la chaussée rapidement, mais les Afghans, excédés par l'évacuation ont pris un peu trop de temps pour lever le camp au goût des policiers.
    La police a fait usage des gaz lacrymogènes, mais aussi de matraques, selon Anne-Marie Dieu, vice-présidente de la Ligue des familles, qui se trouvait parmi les manifestants. Il y a eu un blessé, explique-t-elle.

    Anne-Marie Dieu, vice-présidente de la Ligue des familles

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     Europe, citadelle assiégée, forteresse-vide


    L'État c'est la violence, et cette violence s'exprime avec une brutalité qui n'en finit pas de surprendre. Sûr que si elle surprend encore, c'est qu'c'est pas bien rentré dans les têtes, et qu'même qu'c'est pour ça qu'c'est le Ministre de la Violence de l’État qui est le personnage le plus important de l'état avant qu'il ne devienne le Premier Français quant il sera élu. 
    Parce que pour être élu-président, premier français,  c'est mieux d'avoir été Ministre de la Violence de l’État, c'est plus facile quand on a été le personnage le plus important de l’État.(...)

    Lire le long article sur mediapart :

    mardi 15 octobre 2013

    La politique de fermeture des frontières mise en cause

    Par Nadjia Bouaricha, El Watan, 13/10/13  
    L’autel des sacrifices qu’est devenue la Méditerranée, met à nu la politique de l’Europe, forteresse qui de l’Afrique ne tolère que les richesses et obstrue le passage aux personnes en détresse.   
    Des personnes, fuyant les dictatures et les conflits, partent chercher la liberté et c’est un accès au «donjon», pour les plus chanceux, auquel ils ont droit. Embarqués dans des felouques meurtrières, ces hommes, ces femmes et ces enfants n’ont pas le même accès que ce gaz transporté dans des pipelines traversant la même mer. Si les régimes abjects et autoritaires poussent des milliers de personnes à fuir en tentant le pire, la fermeture des frontières de l’Europe incite aussi au recours à ces moyens extrêmes d’évasion. Le drame de Lampedusa a provoqué émoi et consternation, mais peu d’actes ont suivi pour mettre un terme à ces convois de mort horrible en Méditerranée.
    Une réunion des ministres de l’Intérieur européens s’était tenue la semaine dernière en réaction à cette tragédie humaine pour ne sortir qu’avec la décision de renforcer le dispositif de sécurisation des frontières de l’Europe appelé Frontex. L’approche prohibitionniste l’emporte encore une fois sur celle de la solidarité. La politique européenne de voisinage ne peut continuer à occulter l’échec du volet de la politique d’immigration perçue comme un frein voire une négation de la notion de bon voisinage. «Les politiques de fermeture des frontières et le désengagement vis-à-vis des conventions internationales signées par l’Europe, notamment la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, expliquent le fait que les migrants sont amenés à prendre de plus en plus de risques pour rejoindre l’Europe, à mesure que les contrôles s’intensifient», déclare à BFMTV, Alain Morice, chercheur au CNRS et membre du réseau Migreurop.

    Le Parlement européen s’attelle à mettre en place un nouveau système de surveillance des frontières de l’UE, Eurosur, en renforcement du dispositif Frontex qui a montré ses limites. Ce nouveau dispositif, qui sera effectif en décembre prochain, est, selon ses concepteurs, «un système paneuropéen de surveillance des frontières avec trois objectifs principaux : réduire le nombre de migrants irréguliers qui entrent dans l’ UE sans être découverts, réduire le nombre de décès d’immigrés clandestins en sauvant davantage de vies en mer, et augmenter la sécurité intérieure de l’ UE dans son ensemble en contribuant à la prévention de la criminalité transfrontalière».
    Le Conseil de l’Europe devrait se pencher, le 24 octobre, sur la mise en application de ce système. «Je suis extrêmement sceptique. Plusieurs dispositifs ont été mis en place en vue de protéger, sécuriser les frontières de l’UE afin d’empêcher les vagues migratoires. Frontex en est un. Et puis il y a eu Eurosur, créé en 2011, encore en discussion en ce moment. Plusieurs personnalités, au niveau européen, estiment que ce nouveau programme va permettre d’organiser des opérations de surveillance. Mais le dispositif peut laisser craindre le pire, car il entend protéger les frontières et non pas les personnes, qui seront amenées à prendre de plus en plus de risques, comme c’est déjà le cas aujourd’hui», note encore Alain Morice sur BFMTV, en soulignant les pratiques purement sécuritaires et non pas de sauvetage des personnes utilisées par les agents de Frontex. Migreurop a dénoncé la logique sécuritaire de l’Europe. «Faut-il rappeler que si des Syriens en fuite tentent, au risque de leur vie, la traversée de la Méditerranée, c’est parce que les pays membres de l’UE refusent de leur délivrer les visas qui leur permettraient de venir légalement demander asile en Europe», note le réseau d’ONG.
    Le président du Conseil italien avait lui-même appelé à reconsidérer l’immigration. «Ce n’est plus l’immigration économique des années 1990, mais là, en l’occurrence, il s’agit d’une immigration politique», a-t-il déclaré lors de sa visite à Lampedusa. L’Italie, qui compte revoir sa législation sur le droit d’asile, propose la dépénalisation pure et simple du délit de l’immigration clandestine. L’UE avalisera-t-elle une telle proposition ? Pas si sûr, disent les ONG.