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jeudi 21 novembre 2013

Drames de la migration Niger-Algérie : Rencontre et témoignages


RENCONTRE

Par Jean-françois Debargue, Ghardaïa, novembre 2013

Photo JFD
Une petite centaine. Autant que de cadavres retrouvés dans cette partie du désert, entre le Niger et l’Algérie. Essentiellement des femmes, petites, fluettes, maigres, accompagnées d’enfants, à peine adolescents pour les plus âgés, comme les restes de ceux trouvés entre Sahel et Sahara. On les signale dans plusieurs villes d’Algérie. Leur provenance ? Le Niger, dernier pays au monde au classement de l’indice de développement humain, pays pourtant fournisseur d’uranium, d’or, de pétrole et de fer. A qui profite le développement ?
La petite centaine de femmes et de jeunes enfants, accompagnée de moins d’une dizaine d’hommes vient de la région de Zinder. Habituellement les migrations de cette région essentiellement agricole étaient saisonnières et en cas de difficultés plutôt tournées vers la Libye. La sécheresse et les conflits depuis 2011 ainsi que la révolution libyenne les ont poussés vers l’Algérie. 
Depuis une année, ils sont arrivés à Ghardaïa. Après avoir posé leurs haillons le long du mur de la gare routière et dans l’Oued, les voilà déplacés plus discrètement dans un terrain vague, près de la poste. Par petits groupes de trois enfants ou d’une femme accompagnée de deux enfants, ils mendient toute la journée dans Ghardaïa.
Après la prière du soir, nous sommes allés les rencontrer. En sortant de l’oued nous avons vu leurs quatre à cinq feux. Les pauvres baluchons alignés le long du mur pendant la journée délimitaient chaque foyer autour desquels vingt à trente personnes s’étaient regroupées. Quelques toutes petites filles revenaient de la gare, des bouteilles d’eau en équilibre sur la tête. Nous étions brusquement dans un village de la région de Zinder. Comme chaque soir cette petite caravane, qui avait traversé nous ne savions comment le Sahara, rapportait au bivouac quelques pièces d’aumône et de quoi se restaurer.
 La plus belle natte a été dépliée pour les trois visiteurs que nous étions, rois mages aux mains vides. Les rares hommes nous ont accueillis, puis quelques femmes ont approché leurs nattes. En quelques minutes seulement, nous étions devenus le noyau d’un fruit  de femmes et d’enfants. Le plus ancien de nous trois ayant vécu au Niger, connaissant leurs traditions et parlant Haousa  fit naitre sourires, puis rires et applaudissements en cherchant parfois ses mots ou en les mimant. Notre situation de dépendance rétablissait une forme de partage. C’est eux qui venaient à notre aide. De notre côté, nous avions du mal à croire que ces femmes aient pu changer leur plainte mendiante en une parole retrouvée. De leur côté, certaines nous ayant croisé durant la journée ont dû aussi s’étonner de ne plus voir sur nos visages une indifférence gênée, mais un vrai regard.
 A cet instant précis, nous étions les invités des personnes les plus pauvres de la terre. Au moment de partir, une heure plus tard, les mains se sont tendues, non plus horizontalement mais verticalement. La dignité se joue parfois à un quart de tour. Nous avons serré des dizaines de mains vivantes.
Puis nous sommes montés, sur la colline éclairée par la pleine lune, de l’autre côté de l’Oued. Une bonne demi-heure de marche pour arriver aux ghettos. Autre visage de la migration. Des hommes jeunes exclusivement, la plupart entre 16 et 30 ans, du Libéria, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Mali, du Congo,  de Centre-Afrique… Certains suivent les routes séculaires d’une migration saisonnière qui mêle le caractère initiatique et le besoin économique, d’autres ont fuit des massacres comme au Libéria et en Sierra Leone, ont trouvé un refuge provisoire dans des pays voisins avant d’être à nouveau chassés. D’autres encore cherchent à gagner l’Europe par le Maroc, ou reviennent expulsés. Leurs espoirs, leurs déceptions, la fatigue se lisaient sur la quarantaine de visages.  Avant le lever du jour les hommes partent sur les chantiers, certains y vivent la semaine, remplaçant les bétonnières, d’autres travaillent dans les palmeraies. Certains économisent pour poursuivre la route, d’autres renvoient l’argent au pays.
De la présence du peuple Sahraoui exilé sur son sol depuis 38 ans, aux Harragas, jeunes algériens fuyant le mal vivre, en passant par les migrations subsaharienne ou du Moyen-Orient, l’Algérie continue d’être pays de transit et devient  pays d’accueil forcé de ces différentes formes de migration. Six mille kms de frontières désertiques ou minées sont limitrophes de pays en guerre ou en grande difficulté. Et après la mortelle traversée du Sahara, l’ultime frontière, la Méditerranée, est devenue un véritable  cul de sac renforcé par l’externalisation des frontières.  Veut-on faire du plus grand pays d’Afrique, ou du Maghreb un centre de rétention à ciel ouvert, un terminal de la migration ? Rappelons que  l’Afrique est le continent où les flux migratoires internes sont les plus importants.
 Nous étions là, dans cette pièce cimentée d’une carcasse d’immeuble, à nous demander si nous aurions accepté de mourir légalement chez nous, de famine, de guerre ou de simple misère ou  de survivre « irrégulièrement » au-delà des frontières tracées par ceux-là même qui étaient entrés « légalement » pour coloniser et qui aujourd’hui encore, par les multinationales et la mondialisation, « développillent » et entretiennent l’insécurité dans cette même Afrique.
Je suis resté touché par la dignité et l’humanité de ces personnes rencontrées. Et pourtant  nous avons vu ce soir là ceux qui font trembler  l’Europe.  Ces hommes, ces femmes et ces enfants qui justifient que  Frontex, Eurosur et autres agences déploient drones et matériels de haute technologie, non pas pour sauver des vies mais pour protéger la citadelle Europe. Ces mêmes agences de l’UE qui  ont également la barbarie d’envisager de réinstaller des lames coupantes au sommet de la triple clôture frontalière de Melilla.
Nous avons partagé des moments de convivialité, des échanges simples bien loin des grands discours, la possibilité de vivre décemment, dans le respect des Droits. Une journée ordinaire de mendicité, de travail, d’espoir d’une vie meilleure. Une journée que l’on peut choisir d’ignorer ou de simplement partager.
 En quittant nos hôtes, cette constatation. Pourquoi  ne croise-t-on pas les gens censés trouver des solutions sous les tentes Sahraouies, dans les ghettos ou les pateras ? Pourquoi avoir intérêt à transformer un phénomène en problème ? Pourquoi choisir de gérer toujours plus les conséquences et refuser de s’attaquer aux causes ? A qui profite la situation ?




mardi 15 octobre 2013

La politique de fermeture des frontières mise en cause

Par Nadjia Bouaricha, El Watan, 13/10/13  
L’autel des sacrifices qu’est devenue la Méditerranée, met à nu la politique de l’Europe, forteresse qui de l’Afrique ne tolère que les richesses et obstrue le passage aux personnes en détresse.   
Des personnes, fuyant les dictatures et les conflits, partent chercher la liberté et c’est un accès au «donjon», pour les plus chanceux, auquel ils ont droit. Embarqués dans des felouques meurtrières, ces hommes, ces femmes et ces enfants n’ont pas le même accès que ce gaz transporté dans des pipelines traversant la même mer. Si les régimes abjects et autoritaires poussent des milliers de personnes à fuir en tentant le pire, la fermeture des frontières de l’Europe incite aussi au recours à ces moyens extrêmes d’évasion. Le drame de Lampedusa a provoqué émoi et consternation, mais peu d’actes ont suivi pour mettre un terme à ces convois de mort horrible en Méditerranée.
Une réunion des ministres de l’Intérieur européens s’était tenue la semaine dernière en réaction à cette tragédie humaine pour ne sortir qu’avec la décision de renforcer le dispositif de sécurisation des frontières de l’Europe appelé Frontex. L’approche prohibitionniste l’emporte encore une fois sur celle de la solidarité. La politique européenne de voisinage ne peut continuer à occulter l’échec du volet de la politique d’immigration perçue comme un frein voire une négation de la notion de bon voisinage. «Les politiques de fermeture des frontières et le désengagement vis-à-vis des conventions internationales signées par l’Europe, notamment la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, expliquent le fait que les migrants sont amenés à prendre de plus en plus de risques pour rejoindre l’Europe, à mesure que les contrôles s’intensifient», déclare à BFMTV, Alain Morice, chercheur au CNRS et membre du réseau Migreurop.

Le Parlement européen s’attelle à mettre en place un nouveau système de surveillance des frontières de l’UE, Eurosur, en renforcement du dispositif Frontex qui a montré ses limites. Ce nouveau dispositif, qui sera effectif en décembre prochain, est, selon ses concepteurs, «un système paneuropéen de surveillance des frontières avec trois objectifs principaux : réduire le nombre de migrants irréguliers qui entrent dans l’ UE sans être découverts, réduire le nombre de décès d’immigrés clandestins en sauvant davantage de vies en mer, et augmenter la sécurité intérieure de l’ UE dans son ensemble en contribuant à la prévention de la criminalité transfrontalière».
Le Conseil de l’Europe devrait se pencher, le 24 octobre, sur la mise en application de ce système. «Je suis extrêmement sceptique. Plusieurs dispositifs ont été mis en place en vue de protéger, sécuriser les frontières de l’UE afin d’empêcher les vagues migratoires. Frontex en est un. Et puis il y a eu Eurosur, créé en 2011, encore en discussion en ce moment. Plusieurs personnalités, au niveau européen, estiment que ce nouveau programme va permettre d’organiser des opérations de surveillance. Mais le dispositif peut laisser craindre le pire, car il entend protéger les frontières et non pas les personnes, qui seront amenées à prendre de plus en plus de risques, comme c’est déjà le cas aujourd’hui», note encore Alain Morice sur BFMTV, en soulignant les pratiques purement sécuritaires et non pas de sauvetage des personnes utilisées par les agents de Frontex. Migreurop a dénoncé la logique sécuritaire de l’Europe. «Faut-il rappeler que si des Syriens en fuite tentent, au risque de leur vie, la traversée de la Méditerranée, c’est parce que les pays membres de l’UE refusent de leur délivrer les visas qui leur permettraient de venir légalement demander asile en Europe», note le réseau d’ONG.
Le président du Conseil italien avait lui-même appelé à reconsidérer l’immigration. «Ce n’est plus l’immigration économique des années 1990, mais là, en l’occurrence, il s’agit d’une immigration politique», a-t-il déclaré lors de sa visite à Lampedusa. L’Italie, qui compte revoir sa législation sur le droit d’asile, propose la dépénalisation pure et simple du délit de l’immigration clandestine. L’UE avalisera-t-elle une telle proposition ? Pas si sûr, disent les ONG.

mercredi 9 octobre 2013

Immigration: les députés européens valident le système de surveillance des frontières






AFP ,


International Eurosur doit permettre d'améliorer la détection, la prévention et la lutte contre l'immigration clandestine et la criminalité transfrontalière.

Les députés européens ont validé jeudi le système Eurosur de surveillance des frontières extérieures de l'Union. Le système devrait être lancé le 2 décembre 2013 dans onze pays situés aux frontières extérieures méridionales et orientales, avant de s'étendre aux autres pays un an plus tard. Eurosur doit permettre d'améliorer la détection, la prévention et la lutte contre l'immigration clandestine et la criminalité transfrontalière, mais également de sauver la vie des migrants lorsque ceux-ci sont en danger.
L'utilisation de ce système d'échange d'informations devra se faire dans le respect des droits de l'homme, et notamment en respectant le principe de non-refoulement des migrants vers un pays où leur vie ou leurs libertés pourraient être menacées. Les pays devront également respecter la protection des données personnelles.
Eurosur doit permettre le partage de données et d'informations en temps "quasi-réel" entre différents organes de surveillance, dans le giron de Frontex, l'Agence européenne de gestion des frontières extérieures. 
http://www.lalibre.be/actu/international/immigration-les-deputes-europeens-valident-le-systeme-de-surveillance-des-frontieres-5256941035708ce59c7a21ce



Lampedusa : l’Europe assassine








Lampedusa : l’Europe assassine



Le nouveau naufrage dans lequel ont péri ou disparu, tout près de l’île de Lampedusa, au moins 300 personnes parmi les 500 passagers d’un bateau en provenance de Libye, n’est pas dû à la fatalité. En 2010, au même endroit, deux naufrages simultanés avaient provoqué près de 400 victimes. En 2009, 200 personnes se sont noyées au large de la Sicile. Pour les seuls six premiers mois de l’année 2011, le HCR estimait à 1 500 le nombre de boat people ayant trouvé la mort en tentant d’atteindre les rives de l’île de Malte ou de l’Italie. Depuis le milieu des années 90, la guerre menée par l’Europe contre les migrants a tué au moins 20 000 personnes en Méditerranée.
La guerre ? Comment nommer autrement la mise en place délibérée de dispositifs de contrôles frontaliers destinés, au nom de la lutte contre l’immigration irrégulière, à repousser celles et ceux que chassent de chez eux la misère et les persécutions ? Ces dispositifs ont pour nom Frontex, l’agence européenne des frontières, qui déploie depuis 2005 ses navires, ses hélicoptères, ses avions, ses radars, ses caméras thermiques et bientôt ses drones depuis le détroit de Gibraltar jusqu’aux îles grecques pour protéger l’Europe des « indésirables ». Ou encore Eurosur, un système coordonné de surveillance qui, depuis 2011, fait appel aux technologies de pointe pour militariser les frontières extérieures de l’Union européenne afin de limiter le nombre d’immigrants irréguliers qui y pénètrent. Comment nommer autrement la collaboration imposée par l’Europe aux pays de transit des migrants – Libye, Algérie, Tunisie, Maroc – afin qu’ils jouent le rôle de garde-chiourmes et les dissuadent de prendre la route du nord, au prix de rafles, arrestations, mauvais traitements, séquestrations ?
Plus spectaculaire que d’habitude par son ampleur, le nouveau naufrage de Lampedusa n’a pas manqué de susciter les larmes de crocodile rituellement versées par ceux-là même qui en sont responsables. A la journée de deuil national décrétée par l’Italie – pays dont les gouvernants, de droite comme de gauche, n’ont jamais renoncé à passer des accords migratoires avec leurs voisins proches – y compris lorsqu’il s’agissait des dictatures de Kadhafi et de Ben Ali – pour pouvoir y renvoyer les exilés, font écho les déclarations de la commissaire européenne aux affaires intérieures, qui appelle à accélérer la mise en place d’Eurosur, destiné selon elle à mieux surveiller en mer les bateaux de réfugiés. Où s’arrêtera l’hypocrisie ? Peu d’espaces maritimes sont, autant que la Méditerranée, dotés d’un maillage d’observation et de surveillance aussi étroit. Si le sauvetage était une priorité – comme le droit de la mer l’exige – déplorerait-on autant de naufrages entre la Libye et Lampedusa ?
Déjà sont désignés comme principaux responsables les passeurs, mafias et trafiquants d’êtres humains, comme si le sinistre négoce de ceux qui tirent profit du besoin impérieux qu’ont certains migrants de franchir à tout prix les frontières n’était pas rendu possible et encouragé par les politiques qui organisent leur verrouillage. Faut-il rappeler que si des Syriens en fuite tentent, au risque de leur vie, la traversée de la Méditerranée, c’est parce que les pays membres de l’UE refusent de leur délivrer les visas qui leur permettraient de venir légalement demander asile en Europe ?
On parle de pêcheurs qui, ayant vu le navire en perdition, auraient continué leur route sans porter secours à ses passagers, et des voix s’élèvent pour exiger qu’ils soient poursuivis et punis pour non assistance à personne en danger. A-t-on oublié qu’en 2007, sept pêcheurs tunisiens accusés d’avoir « favorisé l’entrée irrégulière d’étrangers sur le sol italien »ont été poursuivis par la justice italienne, mis en prison et ont vu leur bateau placé sous séquestre parce qu’ils avaient porté secours à des migrants dont l’embarcation étaient en train de sombrer, les avaient pris à leur bord et convoyés jusqu’à Lampedusa ?
Non, le drame de Lampedusa n’est pas le fruit de la fatalité. Il n’est dû ni aux passeurs voraces, ni aux pêcheurs indifférents. Les morts de Lampedusa, comme ceux d’hier et de demain, sont les victimes d’une Europe enfermée jusqu’à l’aveuglement dans une logique sécuritaire, qui a renoncé aux valeurs qu’elle prétend défendre. Une Europe assassine.

Premiers signataires : Abderrhamane Hedhili, president of Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), Tunisia ; Filippo Miraglia, Associazione Ricreativa e Culturale Italiana (Arci), Italy ; Francis Lecomte, co-president of the Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleur-euse-s Immigré-e-s (FASTI), France ; Geneviève Jacques, president of La Cimade, France ; Karim Lahidji, president of the International Federation of human rights leagues (FIDH) ; Mehdi Alioua, president of the Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (GADEM), Morocco ; Olivier Clochard, president of Migreurop ; Stéphane Maugendre, president of the Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), France – members of the coalition Boats4People.
Alexis Deswaef, president of the Human Right League (LDH), Belgium ; Ahmed El Haij, president of the Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), Morocco ; Antoine Cassar, Passaport Project and Le monde n’est pas rond, Luxembourg ; Christophe LEVY, secretary general of the Groupe Accueil et Solidarité (GAS), France ; Driss Elkerchi, president of the Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), France ; Helmut Dietrich, Forschungsgesellschaft Flucht und Migration e.V. (FFM), Germany ; Jean-Eric Malabre, co-president of the Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), France ; Julija Kranjec, executive board of the Center for Peace Studies, Croatia ; Lorenzo Trucco, president of the Associazione Studi Giuridici sull’immigrazione (Asgi), Italy ; Mamadou M’Bodje, project manager of the Association de Solidarité et d’Information pour l’Accès aux Droits des étrangers (ASIAD), France ; Manuel Malheiros, president Liga-Civitas, Portugal ; Michala Bendixen, chairman of Refugees Welcome, Denmark ; Michel Tubiana, president of the Euro-Mediterranean Network for Human Rights (EMNHR) ; Serge Kollwelter, president of the Association européenne pour le défense des droits de l’Homme (AEDH) ; Tarek Benhiba, president of the Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), France
Signatures individuelles : Etienne Corbaz ; Martina Tazzioli ; Virginie Baby Collin
Photo Sara Prestianni http://www.flickr.com/photos/saraprestianni/



qui sommes-nous ?

Migreurop est un réseau européen et africain de militants et chercheurs dont l’objectif est de faire connaître et de lutter contre la généralisation de l’enfermement des étrangers et la multiplication des camps, dispositif au coeur de la politique d’externalisation de l’Union européenne. La suite