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mercredi 23 octobre 2013

Manifestation de demandeurs d'asile afghans à Bruxelles: 170 arrestations

    Par Anne-Marie Dieu, vice-présidente de la Ligue des familles, 22 octobre 2013





    La manifestation des Afghans demandeurs d'asile s'est terminée de façon musclée par 170 arrestations et un blessé, rue de la Loi à Bruxelles. Le bâtiment situé à Ixelles que 150 afghans occupaient depuis le 9 octobre dernier a été évacué. Une dizaine de personnes seulement, principalement des familles, se trouvaient alors sur place, car les autres occupants manifestaient. La police a mis fin à leur sit in qui bloquait le carrefour Arts-Loi.
     
    Près de 200 demandeurs d'asile afghans ont manifesté mardi matin devant le parlement fédéral, où se tenait la présentation du rapport 2012 du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides.
    Les manifestants se sont déplacés près du cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo et ont appris l'évacuation du bâtiment qu'ils occupaient rue du Trône, à Ixelles.
    Manifestation de demandeurs d'asile afghans à Bruxelles: 170 arrestationsC'est déjà la deuxième fois que ces demandeurs d'asile afghans sont évacués de ce bâtiment. Ils en avaient en effet été expulsés une première fois en septembre dernier.
    Les manifestants ont entamé un sit in au carrefour Arts-Loi qu'ils voulaient occuper tant qu'une solution de ré-hébergement n'était pas trouvée. La circulation a été fortement perturbée sur la petite ceinture. Les carrefours Belliard et Loi ont été fermés de même que les tunnels de l'avenue de Tervuren en direction Loi.
     
    Manifestation de demandeurs d'asile afghans à Bruxelles: 170 arrestations 
    Par Kevin Van den Panhuyzen
    L'intervention policière a été musclée. Pour la police, il fallait dégager la chaussée rapidement, mais les Afghans, excédés par l'évacuation ont pris un peu trop de temps pour lever le camp au goût des policiers.
    La police a fait usage des gaz lacrymogènes, mais aussi de matraques, selon Anne-Marie Dieu, vice-présidente de la Ligue des familles, qui se trouvait parmi les manifestants. Il y a eu un blessé, explique-t-elle.

    Anne-Marie Dieu, vice-présidente de la Ligue des familles

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     Europe, citadelle assiégée, forteresse-vide


    L'État c'est la violence, et cette violence s'exprime avec une brutalité qui n'en finit pas de surprendre. Sûr que si elle surprend encore, c'est qu'c'est pas bien rentré dans les têtes, et qu'même qu'c'est pour ça qu'c'est le Ministre de la Violence de l’État qui est le personnage le plus important de l'état avant qu'il ne devienne le Premier Français quant il sera élu. 
    Parce que pour être élu-président, premier français,  c'est mieux d'avoir été Ministre de la Violence de l’État, c'est plus facile quand on a été le personnage le plus important de l’État.(...)

    Lire le long article sur mediapart :

    Situation dramatique des réfugiés afghans en Belgique



    A travers une motion, la Conseillère ECOLO Ana Rodriguez propose au Conseil communal du jeudi 24 octobre de soumettre à la Secrétaire d’Etat à la politique de migration et d’asile une série de recommandations relatives à la situation dramatique des réfugiés afghans à Ixelles.




















    Texte de la motion

    Conseil communal d’Ixelles du 24 octobre 2013 Motion relative à la situation de demandeurs/euses d’asile Afghans en Belgique Déposée par Ana Rodríguez, conseillère communale

    Considérant que depuis quelques années, un certain nombre d’Afghans en situation irrégulière en Belgique mènent des occupations voire des grèves de la faim pour ne pas être renvoyés de force vers leur pays en guerre ;

    Considérant que bien que le taux de protection accordé aux Afghans avoisine les 60% en Belgique, il subsiste des problèmes dans l’examen des demandes d’asile de ces derniers ;

    Considérant qu’un certain nombre de personnes sont vulnérables et courent un danger réel de persécution en cas de retour en Afghanistan. C’est le cas notamment des enfants, des jeunes garçons en âge de combattre, des femmes et des filles, des minorités ethniques, religieuses et sexuelles, des personnes perçues comme occidentalisées ou contrevenant aux normes sociales etc. Or, la question de l’intérêt supérieur des enfants et celle des femmes ne semblent pas être examinées de manière rigoureuse et prises en considération dans la demande de protection ;

    Considérant la recommandation du HCR (Haut-commissariat pour les réfugiés) selon laquelle les Afghans font partie des profils à risque dans les nouvelles instructions d’août 2013.

    Considérant la méthodologie inappropriée du CGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides) qui, pour ce qui concerne la protection subsidiaire, a examiné la situation sécuritaire région par région… alors que l’on sait que la situation de violence est volatile et qu’elle s’est ailleurs encore détériorée tant dans les zones rurales qu’à Kaboul.

    Considérant qu’il semble que le CGRA ait, après avoir gelé pour une courte période les dossiers Afghans et suite aux nouvelles instructions du Haut-commissariat pour les réfugies, décidé que ces dernières ne constituaient pas en elles-mêmes un nouvel élément pour réintroduire valablement une nouvelle demande d’asile.

    Considérant qu’il n’y a plus de moratoire sur les expulsions et refoulements d’Afghans comme du temps de M. Wathelet. Qu’il y a de plus en plus de détentions en vue de rapatriements vers Kaboul ce qui a pour conséquence que nombre d’entre eux se retrouvent dans l’illégalité, pendant des années, avec des enfants qui suivent une scolarité et apprennent le néerlandais ou le français.

    Considérant que ces personnes sont dans les faits « inéloignées » et souvent bien intégrées, que leurs enfants sont scolarisés et parfois nés ici et qu’elles proviennent d’un pays en guerre (pas de possibilité d’introduire une demande depuis le pays et pas de poste diplomatique), elles devraient pouvoir demander et obtenir un titre de séjour (provisoire et renouvelable). Problème ici : l’OE considère parfois qu’il est possible d’introduire une demande depuis le pays ou que l’ancrage local durable est insuffisant et qu’il ne constitue pas un critère en soi (appréciation souveraine de l’administration).

    Le Conseil Communal demande au Collège de faire des démarches auprès de la Secrétaire d’Etat à la politique de migration et d’asile pour lui soumettre les recommandations suivantes : 
    • appeler la Secrétaire d’État à la politique de migration et d’asile à développer un véritable dialogue concernant la situation des Afghans afin que des solutions dignes et humaines soient trouvées pour eux ; 
    • demander à la Secrétaire d’État à la politique de migration et d’asile de mettre en place un moratoire sur toutes les expulsions vers l’Afghanistan ; 
    • appeler à un débat parlementaire sur la situation en Afghanistan (clarification) et sur la question des renvois vers l’Afghanistan ; 
     • demander aux instances d’asile d’examiner la demande de protection des Afghans avec toute la rigueur qui s’impose compte tenu de la nature volatile du conflit et des nombreux profils à risque listés récemment par le HCR ; 
    • demander aux autorités belges et aux instances d’asile de prendre en considération l’intérêt supérieur des enfants, dans toutes les prises de décision qui les concernent ;
     • demander à la Secrétaire d’´État à la politique de migration et d’asile qu’une solution digne soit proposée aux Afghans qui ne peuvent être éloignés et qui se trouvent actuellement dans une situation de non droit (en leur octroyant un titre de séjour provisoire).
    Ana Rodríguez, conseillère communale
    Photo RTL : répression de la manifestation des Afghans du 22 octobre 2013
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    http://ecoloxl.be/accueil/actualites/article/nouvel-article-826
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    dimanche 13 octobre 2013

    Aref, l’Afghan, est mort. Pourtant, il n’avait rien à craindre. Expulsions en Belbique aussi...

    Les Talibans ont-ils abattu Aref ? Dans quelles circonstances ? On n’en sait rien et cela n’a finalement guère importance. Ce qui est certain, c’est qu’il a été tué par balles en plein jour comme des milliers d’Afghans l’ont déjà été depuis le début du conflit. Un mort de plus. Une mort que notre pays aurait pu éviter et cela aussi est une certitude.
    Aref, 20ans, est arrivé en Belgique en 2009. Pendant quatre ans, il a tenté d’obtenir l’asile mais la réponse du Commissariat général aux réfugiés (CGRA) n’ a jamais varié : sa région, celle de Nangarhar, n’était pas considérée comme dangereuse. Il ne devait pas avoir peur des Talibans qui se contentaient de massacrer seulement dans les provinces voisines et donc il n’avait rien à faire dans notre pays.
    Aref a été persévérant. Il a même réussi un moment à trouver un petit boulot. Il a du survivre à la crise de l’accueil des demandeurs d’asile qui, depuis 2008, contraignait la majorité d’entre eux à squatter des bâtiments ou à dormir dans la rue. Aref a bien connu tous les coins et recoins de la gare du Nord, cette gare située à quelques centaines de mètres de Fedasil, l’agence chargée, par la loi, de trouver un lieu d’accueil pour les demandeurs d’asile comme lui. Il a connu l’attente interminable d’une décision positive dans son dossier. 

     Alors quand en 2012, le CGRA lui a signifié un refus définitif, Aref a fini par jeter l’éponge. Début 2013, il est rentré en Afghanistan dans le cadre d’un retour « volontaire. » Un adjectif qui mérite une triple ration de guillemets car comment peut-on parler d’une démarche volontaire quand on subit une telle pression sociale, quand la précarité et les refus successifs finissent par saper toute énergie physique et psychologique.
    Ses amis afghans présents à Bruxelles disent que le gouvernement belge l’a tué. C’est excessif. Ce n’est pas la Secrétaire d’Etat chargée de l’Asile Maggie De Block qui décide d’accorder ou non l’asile aux Afghans. C’est la responsabilité exclusive du CGRA qui est une instance indépendante, si on excepte le fait que son « patron » est nommé par le gouvernement.
    Le CGRA est donc seul maître à bord pour accorder le statut de réfugié ou la protection subsidiaire, ce statut de réfugié au rabais qui donne un titre de séjour provisoire à ceux qui fuient les zones de conflit généralisé et qui éprouvent de « sérieuses craintes » en cas de retour dans leur pays. A condition évidemment de les croire.
    Cela fait des années que le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers), dont Amnesty fait partie, demande que l’on accorde cette protection subsidiaire à tous les Afghans. En vain jusqu’ici. Interrogé sur la mort d’Aref, le Commissaire général actuel, Dirk Van den Bulck, ne voit toujours pas pourquoi il faudrait le faire.
    « La mort d’Aref, » dit-il, « n’est pas nécessairement un signe que la politique doit être révisée. La Belgique est très prudente dans l’évaluation des demandes d’asile. » Il n’estime pas opportun non plus de refuser systématiquement le renvoi de demandeurs d’asile vers des pays en guerre. Et de préciser que la situation de la Syrie est différente de l’Afghanistan. Pour les Syriens,« 95% des demandes d’asile sont accordées. » Scoop : il y a donc encore des endroits en Syrie où l’on peut encore vivre tranquillement.
    Qu’on ne vienne pas dire non plus qu’accorder la protection temporaire aux Afghans serait une charge insupportable pour les finances publiques. En septembre 2013, il y a eu 1485 demandes d’asile dont 6,6% concernaient des Afghans. Si on calcule bien, cela fait environ 9 Afghans le mois dernier...
    Le gouvernement ne contrôle pas le CGRA, ce qui est très bien mais personne ne contrôle le CGRA même quand il divague dans ses analyses géopolitiques. Le seul contrôle de ses décisions sur des dossiers individuels se fait par des recours devant le Conseil du Contentieux des étrangers, ce qui est insuffisant.
    Le Parlement ne contrôle pas non plus le CGRA. Ecolo avait introduit une proposition de loi pour que cela change mais elle a été rejetée. Les autres partis ont cependant accepté l’idée que les députés puissent procéder à une audition du CGRA et des associations d’aide aux demandeurs d’asile. C’est ce qui est prévu mardi prochain en Commission de l’Intérieur. L’Afghanistan et les risques encourus lors d’un retour, contraint ou non, seront à l’ordre du jour. On signale en passant que les réunions des Commissions sont publiques.
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