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mercredi 25 janvier 2017

Revue L’Anticapitaliste n°83 : Dossier "Maroc"




ÉDITORIAL
Galia Trépère Alep, les crimes de la contre-révolution

RUSSIE 1917 : LA REVOLUTION
Laurent Ripart La Russie à la veille de la révolution Quand « ceux d’en bas » ne veulent plus et « ceux d’en haut » ne peuvent plus
 

ACTUALITÉ
Samuel Farber Fidel Castro et l’Etat qu’il a créé

Manon Labaye, Alexandre Raguet, Mélenchon, de L’Humain d’abord à L’Avenir en commun
 

DOSSIER
Chawqui Lotfi Du Makhzen précolonial au pouvoir absolu de la monarchie

Chawqui Lotfi De quoi la monarchie est-elle le nom ?

Chawqui Lotfi Une instabilité sociale et politique

Mohamed Aboud Un nouveau cycle de luttes sociales

Tahani B., Ouadie E., Mohamed J.  Le Maroc : pays des droits, dites-vous ? 
Karim Oub La question amazighe

Secteur Femmes de La Voie démocratique - Paris Femmes au Maroc : entre patriarcat et exploitation

Points de vue de la gauche radicale marocaine
Abdallah Harif Le 4e congrès national de La Voie démocratique

Nour Samad (courant Almounadil-a) Quelques éléments sur la situation politique au Maroc 
Amin Saber (Tahadi) La gauche marocaine : des défis nombreux 

LECTURES
Michael Löwy Le Voyage en terres d’espoir d’Edwy Plénel

Georges Ubbiali 1920, le Congrès des peuples d’Orient 
 

FOCUS
Séverin Lechelle Quand La Poste casse les postiers

vendredi 4 novembre 2016


Maroc : Le roitelet, le violeur et la benne à ordures 

Par la NPA, 2/11/2016


Au Maroc, depuis plusieurs jours, des manifestations de masse ont lieu dans plusieurs villes. Moins d’un mois après la mascarade électorale largement boycottée, le peuple reprend le chemin de la rue.

L’élément déclencheur aurait pu être un simple « fait divers » : un vendeur de poisson, Mouhsine Fikri, âgé d’une trentaine d’années, a vu ses biens confisqués par la police, le privant ainsi de son gagne-pain, en dehors de toute procédure légale. Cherchant à les récupérer dans la benne à ordures, il a été broyé sur l’ordre, semble-t-il, des mêmes agents d’autorité.

jeudi 15 octobre 2015

Dossier Sahara Occidental par APSO



14/102015

Dossier Sahara Occidental, Afriques en lutte n°30

http://www.afriquesenlutte.org/IMG/pdf/AfriL_AELn30_der.pdf
Bulletin Afriques en lutte N°30 le 13 octobre 2015
Edito Burkina Faso : Non à la peur qui fait fuir !
Brèves Mauritanie- Namibie- Congo Brazzaville- Burundi- Madagascar- France
Nouvelles du Continent Burkina Faso : Un putsch réactionnaire ! RDC : 3ème mandat d’emprisonnement desjeunes des Lucha et Filimbi
Françafrique Côte d’Ivoire : Interview de Fanny Pingeaud
Dossier Sahara Occidental : un territoire à décoloniser
Culture La Bataille d’Einaudi


LE SAHARA OCCIDENTAL : un territoire à décoloniser

Le Sahara Occidental est rarement l’invité de nos médias français populaires, et ne doit une certaine attention qu’à quelques personnes vigilantes. Et pourtant la situation est embourbée depuis des décennies sur fond de concessions sur le droit international.

Le pays quasi désertique de 266 000 km2 est situé sur la côte nord-ouest de l’Afrique, bordé par 1000 km de côtes à l’ouest, limitrophe du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie. Ses frontières sont internationalement reconnues et légales. Elles sont celles héritées du colonialisme. Dès 1963, le pays est inscrit sur la liste onusienne des territoires à décoloniser, il l’est toujours. Représenté par son Front de libération, le Polisario (Front pour la libération de Saguia el Hamra, et Rio de Oro), le peuple sahraoui est reconnu par l’ONU, qui tente de résoudre une situation embourbée, depuis des décennies, dans les bas-fonds de concessions sur le droit international. Sa langue nationale est le hassanya.
En 1884, la conférence de Berlin répartit l’Afrique entre puissances coloniales et le Sahara Occidental devient espagnol. La présence espagnole, essentiellement concentrée sur quelques points de la côte, et en mer, laisse libre cours à la vie traditionnelle nomade des Sahraouis, et aux échanges commerciaux qui transitent à travers le désert. L’opposition à l’occupant est constante, régulièrement réprimée.

dimanche 19 octobre 2014

NPA : Maroc, un régime despotique et répressif


Maroc : un régime despotique et répressif


Confronté à la montée de la contestation sociale et démocratique, dans un contexte marqué par l’approfondissement de la crise et les effets du Mouvement du 20 février (M20F) né en 2011, le pouvoir révèle de plus en plus ouvertement sa nature dictatoriale.

Depuis 2011, les « marges démocratiques » arrachées après des décennies de lutte se ferment les unes après les autres.

Interdictions, emprisonnements et grèves de la faim
De nombreux mouvements n’ont toujours pas reçu d’agrément légal : c’est le cas par exemple de l’Association nationale des diplômés chômeurs, d’Attac Maroc, de l’association « Freedom Now » tournée vers la défense de la liberté de la presse, de l’Union marocaine du travail/courant démocratique et bien d’autres.
D’autres, bien que reconnues, voient maintenant leurs activités publiques interdites. Ainsi, l’Association marocaine des droits humains s’est vue refuser toute activité, à commencer par ses colonies de vacances et la tenue de réunions publiques. C’est aussi le cas d’Amnesty International-Maroc ou de La ligue marocaine de défense des droits de l’homme. Des initiatives, comme les caravanes de solidarité envers les migrants subsahariens, sont harcelées ou refoulées. Les journalistes indépendants, les artistes critiques sont bâillonnés et traduits en justice sous des prétextes fallacieux.
À leur tour, les « résistances ordinaires » des habitants des quartiers populaires qui refusent la démolition de leur logement, celle des « farachas » qui survivent du petit commerce dans la rue, des habitants des régions marginalisées privés de droits ou des travailleurs qui luttent contre la précarisation de leurs conditions de travail, sont quotidiennement réprimées.
Les prisons regorgent par centaines de militants étudiants, chômeurs, activistes du M20F, Sahraouis, syndicalistes et grévistes, et de simples citoyens qui un jour ou l’autre ont protesté. Et lorsque ces activistes portent plainte contre les mauvais traitements subis, ils sont condamnés lourdement.
Signe de ce durcissement global, la recrudescence des « grèves de la faim ». C’est le cas de militants de l’Union nationale des étudiants marocains, qui luttent pour l’amélioration de leurs conditions de détention, le droit de poursuivre leurs études et leur reconnaissance comme « prisonniers politiques » et dont les demandes sont ignorées par le pouvoir. Après 72 jours de grève de la faim, Mustapha Meziani, est mort « sous observation médicale » au CHU de Fès, ainsi que Hassana Elouali Aaleya, militant sahraoui, membre du Comité contre la torture de Dakhla, décédé lui aussi « sous observation médicale ».
La liste des exactions commises par ce régime est bien longue... alors qu’il se prépare à organiser le Forum mondial des droits de l’homme en novembre prochain, après avoir été élu l’année dernière au conseil des droits de l’homme des Nations unies !

Un tournant répressif assumé
Le gouvernement actuel s’était donné pour tâche de « rétablir l’autorité de l’État » après les secousses produites par le M20F. Le ministère de l’Intérieur a accusé nombre d’organisations de « ternir la réputation du pays, d’entraver l’action des forces de sécurité dans leur lutte contre le terrorisme et d’œuvrer pour des agendas extérieurs ».
En réalité, il y a un épuisement de la « façade démocratique » et des mécanismes d’allégeance et de cooptation qui servaient d’amortisseur de la crise politique. Le système politique apparaît à une échelle de masse comme un espace despotique, parasitaire, corrompu et où rien n’a changé. Cette perception s’est renforcée avec le M20F qui a ouvert un espace de contestation plus ample où la monarchie n’est plus un tabou.
À son tour, l’ agenda des politiques anti populaires se resserre : démantèlement de la caisse de compensation des prix, réforme radicale du régime de retraite, remise en cause du droit de grève, nouvelles vagues de compression des dépenses publiques, etc. alimentant un ras-le-bol déjà profond. Le pouvoir cherche à fermer les espaces de contestation car il sait que la mèche peut s’allumer n’importe quand.
Se greffe aussi la question du Sahara occidental : la pression internationale pour l’extension des missions de la Minurso ( Mission de Nations unies pour le référendum au Sahara occidental) au contrôle des droits humains constitue une difficulté majeure pour le pouvoir, compte tenu du niveau de répression que subissent les Sahraouis.
Dans ce contexte, une large campagne de solidarité internationale contre la répression contribuerait à isoler le régime. L’enjeu est la création d’un vaste mouvement d’opinion solidaire des combats sociaux et démocratiques du peuple marocain, mais aussi contre l’impunité encouragée par l’État français qui voit dans la dictature un allié fidèle pour le maintien de la Françafrique et une chasse gardée pour les entreprises du CAC 40.
Chawqui Lotfi

jeudi 31 juillet 2014

inculpation du camarade Alain Pojolat, membre du NPA, pour maintien de manifestation interdite.

Communiqué de l’AMDH-Paris-IDF suite à l’inculpation du camarade Alain Pojolat, membre du NPA, pour maintien de manifestation interdite.
Nous venons d’apprendre avec stupéfaction l’inculpation du camarade Alain Pojolat pour maintien de manifestation interdite. Sa comparution devant le Tribunal de Grande Instance de Paris est prévue pour le 22 octobre 2014.
Alain Pojolat, militant au sein du NPA, étant le dépositaire de la déclaration à la préfecture de police de Paris de la manifestation de soutien au peuple palestinien du 23 juillet 2014 Place de la République pour l’ensemble des organisations se trouve ainsi poursuivi pour tenue d’une manifestation interdite.
L’Association Marocaine des Droits Humains Paris-Ile-de-France exprime son entière solidarité avec Alain Pojolat dans cette épreuve judicaire et dénonce par la même occasion une machination visant à priver un citoyen de son droit constitutionnel d’expression libre de ses opinions politiques pacifistes.
Ce procès honteux que subit le camarade Alain Pojolat dénote une volonté de criminalisation par les pouvoirs en France de tout élan citoyen de solidarité avec le peuple palestinien dans sa lutte pour la reconnaissance de ses droits sur ses terres occupées par l’entité sioniste. Cette entité étant coupable de crimes contre l’Humanité dans la bande de Gaza, notamment depuis plus de vingt jours avec plus de 1 300 victimes, principalement des civils, femmes et enfants.
L’AMDH Paris- IDF en renouvelant sa solidarité avec A. Pojolat et toutes les personnes arrêtées abusivement pour leur participation aux manifestations « interdites » du 19 et 26 juillet, exige l’arrêt de ce procès inique et exprime sa profonde inquiétude quant à la répression que subissent les droits de manifestation et d’expression pourtant reconnus droits constitutionnels en France.
L’AMDH Paris-IDF dénonce la position officielle prise par la France au sujet de l’agression sioniste, cautionnant le massacre des populations civiles par l’armée d’occupation. L’AMDH Paris-IDF interpelle le gouvernement français afin d’exiger la fin de cette agression et la levée du blocus de Gaza.
Enfin, l’AMDH Paris-IDF se joint à la manifestation du samedi 02 Aout 2014 de Denfert-Rochereau jusqu'aux Invalides appelée par plusieurs associations, partis politiques, syndicats, etc. pour dénoncer les crimes commis par l’Etat sioniste et pour soutenir les résistances légitimes du peuple palestinien.

Le Bureau de l’AMDH-Paris/Ile-de-France
A Paris, le 30 juillet 2014

lundi 24 juin 2013

Contre l'extrême droite, solidarité et lutte collective

Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 199 (13/06/13)

Jean-Marc Ayrault a décidé d’engager une procédure en vue de la dissolution du groupuscule d’extrême droite Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) dont étaient issus les agresseurs de Clément Méric. Il prétend ainsi « tailler en pièces, de façon démocratique, sur la base du droit, ces mouvements d’inspiration fasciste et néonazie, qui font tort à la République et qui font tort à la France ». Comme s'il suffisait d'invoquer les valeurs républicaines pour éradiquer les menaces de l'extrême droite, et d'interdire un groupuscule fascisant pour lui barrer la route. 

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Le gouvernement voudrait ainsi se dédouaner de ses propres responsabilités. N'est-ce pas sa politique contre les classes populaires, au service du Medef, qui crée le terrain sur lequel prospère le populisme de droite et d'extrême droite ? Ne contribue-t-il pas lui-même à la propagation du nationalisme, du racisme et de la xénophobie par les expulsions des Roms, les rafles de sans-papiers, la dénonciation de l’immigration ?
En menant la même politique que la droite, il nourrit lui-même la démagogie et les surenchères de l'UMP et du FN.
Soucieux eux aussi de se dédouaner de leurs propres responsabilités, Copé et Marine Le Pen ont aussitôt repris la même chanson de la dissolution… pour la retourner contre l'extrême gauche mise dans le même sac. Ils prétendent renvoyer dos-à-dos les « extrêmes » alors qu'ils ont tout fait, l'un et l'autre, pour créer un climat de haine et de violence tout au long de leur combat réactionnaire contre le mariage homo qui a propulsé les groupes fascisants. L'UMP compte dans ses rangs bon nombre d’anciens membres du GUD ou d'autres officines fascisantes. Le FN abrite les militants de ces mêmes officines dont il partage l'essentiel des références politiques. En bons démagogues réactionnaires, ils essayent de retourner la situation contre les victimes.
Les combattre, barrer la route à l'extrême droite et à ses satellites, défendre la démocratie n'est pas une question de loi républicaine.
C'est un combat quotidien, sur les lieux de travail et dans les quartiers, pour faire l'opinion, faire vivre la solidarité, agir collectivement, occuper à tous les niveaux le terrain politique. C'est l'affaire de toutes et tous.

jeudi 7 février 2013

Manifestations à Paris et à Toulouse en soutien au soulèvement en Tunisie après l'assassinat de Chokri Belaïd

En soutien au soulèvement en Tunisie après l'assassinat de Chokri Belaïd MANIFESTATIONS À PARIS :
ce Jeudi soir 18h M° Couronnes
demain Vendredi 18h place de la Fontaine des Innocents et Samedi départ 13h de M° Barbès jusqu'à Opéra
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Assassinat de Choukri Belaïd - Appel à rassemblement


Par  NPA 31, Toulouse, 7/2/2013

Assassinat de Choukri Belaïd
Appel à rassemblement à Toulouse

Chokri Belaïd, un des principaux responsables de la gauche radicale tunisienne, vient d'être abattu par balle ce matin devant chez lui.
Le NPA exprime son horreur face à ce crime odieux. Il apporte son entière solidarité à ses proches ainsi qu'aux militant-es tunisien-ne-s qui partagent son combat.
Chokri Belaïd était le secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifiés (Watad), et à ce titre un des porte-parole du « Front populaire pour la réalisation des objectifs de la révolution ».
Il était l'objet d'une campagne haineuse des islamistes pour son implication dans les mobilisations sociales en cours. Le 2 février, il avait déjà fait l'objet d'une agression par des salafistes à l'occasion du congrès de son parti. La veille de son assassinat, il soulignait à la télévision la responsabilité du gouvernement dirigé par Ennahdha dans les agressions verbales et physiques dont il était l'objet.
Le NPA salue la décision de quatre formations de l'opposition tunisienne, le Front populaire, le Parti républicain, Al Massar et Nidaa Tounes, qui ont lancé un appel à la grève générale demain, jeudi 7 février, et la suspension de leur participation à l'Assemblée nationale constituante (ANC).

Le NPA 31 appelle dans l'urgence à un rassemblement :

vendredi 8 février à 18 h 30 devant le consulat de Tunisie, 19, allées Jean-Jaurès, à Toulouse 

Le NPA 31 propose de s'associer à ce rassemblement toutes les organisations démocratiques toulousaines qui s'étaient mobilisées aux côtés du peuple tunisien lors de sa révolution de janvier 2011 pour renverser la dictature de Ben Ali.
<contact@npa31.org>

jeudi 31 janvier 2013

Nous, opposants à la guerre française.


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Bourse aux armes de Neuvic
Photothèque Rouge/MILO 

Par  Libération - 22/01/2013


Christine Poupin, Olivier Besancenot, Philippe Poutou
Membres de la direction du NPA

Monsieur Hollande, lors d’un point presse, le 15 janvier dernier, vous avez déclaré : « Qu’allons nous faire des terroristes ? Les détruire ! ». Déclaration choc, violente, et guerrière, qui rappellerait presque les intonations de Vladimir Poutine. Déclaration également quelque peu imprudente par son côté péremptoire. Car, au jeu de l’escalade verbale, les faits, eux, suivent un engrenage où, hélas, fréquemment les otages s’additionnent aux otages. La tragique prise d’otages qui s’est déroulé sur le site gazier de Tigantourine, en Algérie, qui nous révolte tous, en a donné, durant son dénouement, la dramatique illustration.
Alors qu’avez vous voulu prouver en utilisant ces mots ? Que vous étiez aussi chef des armées, chef de guerre. Et surtout, que vous assumiez entièrement la guerre au Mali. Comme c’est attristant de constater que le rare domaine où vous ne vous autorisez pas d’hésitations, soit celui de la guerre. Dans la plus grande tradition, vous emboîtez joyeusement le pas de vos prédécesseurs. Qu’on se le dise, vous aussi, postulez à la stature de président de la Françafrique (France « A fric » pour reprendre l’expression de l’association Survie). Comme c’est consternant de se retrancher, comme à l’accoutumée, derrière des raisons humanitaires - qui ne se rappellent à vous que selon les circonstances - pour masquer à l’opinion les vrais intérêts colonialistes que la France défend dans ce conflit.
 Alors, oui, Monsieur Hollande, dans le nord du Mali, des fanatiques religieux cherchent à imposer un régime odieux à la population malienne. Et oui, il y a des raisons de s’en émouvoir et de se sentir solidaires du peuple malien. La seule question qui vaille alors est de savoir si votre intervention militaire, menée en solo, risque d’améliorer ou d’aggraver la situation. Poser cette seule question dérange. Et pour cause. Les premiers applaudissements, rituel des débuts de guerre, qui ont salué votre initiative, s’estompent rapidement et le murmure des premiers doutes s’installe déjà. Aurions-nous, sur ce sujet aussi, perdu la mémoire de notre histoire récente ? Les différentes interventions militaires étrangères de ce type, qui se sont succédées ces 20 dernières années, en Irak, Afghanistan, Somalie, Libye, ont débouché sur une situation politique ingérable, chaotique, et le plus souvent sur une guerre civile doublée d’une catastrophe humanitaire. Car le décompte lugubre des milliers de morts ne s’arrête pas au cessez-le feu décrété par les puissances occidentales ; il déroule inlassablement son lot de nouvelles victimes, énoncé en quelques secondes seulement durant nos journaux télévisés du soir. Au final, ces guerres qui prétendaient stopper, voire « détruire » le terrorisme, n’ont fait que renforcer bien souvent la position des plus déterminés, des plus extrémistes, et des plus radicaux d’entre eux. Quant à la défense du droit des femmes, qui oserait dire qu’elle s’est améliorée ? Et où ? En Irak, Afghanistan, Somalie, Libye ?
Monsieur Hollande, le monde politique vous tresse maintenant des lauriers. De quoi se sentir porté par cet élan d’union nationale probablement recherché. Au point d’en perdre un peu le sens des proportions. Vous êtes vous seulement rendu compte du ridicule de la situation lorsque, sans rire, vous êtes arrivé paré de votre nouvel accoutrement de chevalier universel de la démocratie, arborant fièrement vos belles valeurs - les droits de l’homme, des femmes, la lutte implacable contre l’obscurantisme religieux - pour faire le point sur cette guerre, durant une conférence de presse tenue… aux Emirats arabes unis ? Là-bas, la législation s’applique selon la « charia », et fait encourir la lapidation pour adultère, blasphème ou homosexualité. Mais, qu’importe. La délégation du CAC 40 est sortie repue, gavée de juteux contrats. Et nous voulons tous croire que le sommet sur la défense de l’environnement, sponsorisé par Total et Exon a du tenir des propos percutants et plein de bon sens. Malheureusement, un sujet a cependant empoisonné vos entretiens : s’entendre enfin sur un prix avec la présidence des Emirats afin de vendre 6O avions Rafale. Le groupe Dassault le sait bien : faire la guerre, c’est un métier.
Aux Emirats arabes unis, comme au Mali, vous suivez inexorablement votre mission : assurer le bon commerce de la France. Nous découvrons donc que le Sahel n’est pas qu’un désert mais qu’il est le confluent géostratégique de nombreux échanges, licites comme illicites. Il est aussi la clé d’entrée frontalière fragile qui donne accès à des zones que la France tient à sécuriser, en premier lieu les mines d’uranium qu’exploite au Niger Areva, fleuron français de l’industrie nucléaire.
 Vous n’êtes pas un héros désintéressé dans cette guerre. Ni un pompier volontaire qui serait venu éteindre un feu qui, rappelons-le, a été entretenu sciemment ces dernières années par tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis le début des années 1980. En effet, les politiques libérales, les plans d’ajustements structurels, liés à la dette malienne, dont le remboursement intéresse particulièrement la France, ont désagrégé la société, la privant de ses services publics, de ses industries, et de ses entreprises de services... L’état s’est délité, au point de quasiment disparaître dans le nord du Mali. En outre, les récents événements sont directement liés à la guerre en Libye. Or, l’intervention militaire française en Libye n’a pas consisté à livrer gracieusement des armes à la révolution légitime du peuple libyen. La France est intervenue militairement en tant que puissance extérieure pour rappeler au futur pouvoir toute sa dépendance, et espérer autant de gestes en retour, notamment sur le marché pétrolier. Il a dépossédé par là même la révolution libyenne de la possibilité de s’approprier politiquement le contrôle des régions prises militairement. Ainsi, la région du Sahel a été brutalement déstabilisée et a libéré un afflux de combattants surarmés dans leur pays d’origine, notamment au Mali. Enfin, vous êtes bien placé pour savoir que l’Etat français n’a pas vu d’un bon œil la destitution en mars 2012 du régime corrompu d’Amadou Toumani Touré, par une mutinerie militaire qui s’est transformée en coup d’état. Dès lors, la France n’a eu de cesse de priver l’armée malienne de ses propres appuis logistiques. La Cédéao, dirigée par Alassane Ouattara, qui doit beaucoup à la France pour son accession au pouvoir en Côte-d’Ivoire en 2011, a ainsi décidé d’un embargo, l’été dernier, sur des armes pourtant destinées aux militaires maliens, en bloquant des blindés, des munitions, des armes lourdes dans les ports de Dakar au Sénégal, et de Conakry en Guinée. Se défendre seul devient nécessairement plus compliqué.
Monsieur Hollande, le destin des maliens appartient aux maliens. Et si une guerre est à mener, ce n’est sûrement pas à la France de s'autoproclamer sauveur au Mali. Le paternalisme français en Afrique n’a que trop duré. En France, l’Etat s’intéressait jusqu’alors aux Maliens surtout pour les expulser. Cette France-là serait soudainement touchée par les plus sincères sentiments humanitaires ? Cette France qui n’arrive même pas à reconnaître sa responsabilité dans le génocide Tutsi qui s’est déroulé au Rwanda en 1994. Ne privons pas le peuple malien d’une solution politique que des voix réclament là bas avec insistance : le député Oumar Mariko de l’organisation Sadi (Solidarités, Afrique, démocratie, indépendance), par exemple, ou l’ancienne ministre Aminata Traoré, qui a lancé, il y a plusieurs mois, un manifeste contre cette guerre au nom du droit des femmes. Car la société civile, syndicale et politique est une réalité incontournable au Mali. En France, l’union nationale, au-delà des doutes exprimés sur le mandat français ou le peu de débat parlementaire, semble avoir contaminé quasiment tous les partis. A de trop rares exceptions près. Le meilleur moyen d’aider le peuple malien à mener son combat contre l’obscurantisme religieux, Monsieur Hollande, c’est que l'État français cesse de parler au nom des autres.

Le 18 janvier 2013
Christine Poupin, Olivier Besancenot, Philippe Poutou
Membres de la direction du NPA
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lundi 26 novembre 2012

Communiqué du NPA : Maroc, la matraque et le budget royal


NPA Montreuil, 23/11/2012


Dimanche 18 novembre, une manifestation appelée à Rabat contre la loi budgétaire 2013 par le Mouvement du 20 Février a été sauvagement réprimée. Alors que le gouvernement marocain exige de la population de fournir toujours plus d'efforts et de se serrer la ceinture face à la crise, le palais s’accorde gratis pas moins de 234 millions d’euros comme redevance que les sujets de sa majesté doivent payer, après une « discussion » qui a duré moins de dix minutes en présence de …8 parlementaires !

Comme ailleurs les politiques ultra libérales aboutissent à une explosion des prix, des licenciements de masse, l’augmentation du chômage des diplômés, la marginalisation de régions entières. Pendant ce temps, l’Etat policier défend la sacralité du monarque et de ses profits, les intérêts des prédateurs locaux, exonérés quasiment de tout impôt, et qui ont placé plus de 220 milliards de dirhams dans les banques étrangères pour la seule année 2011 !

Un vaste tournant répressif se développe comme en témoignent les dizaines d’arrestations et de condamnations arbitraires souvent à de lourdes peines. La liste s’allonge jour après jour avec les détenus du Rif, Taza, Chlihat, Imider, Sidi Ifni, Kenitra, Tanger, Agadir, Casa, sans parler de la répression qui s’abat sur les mineurs du consortium des sociétés minières, propriété de la famille royale, ou la chasse à l’homme à l’encontre des migrants, ou des militants du peuple sahraoui.

Cette répression se fait avec la complicité des gouvernements occidentaux qui ne cessent de conseiller, d’équiper et de financer le bras répressif de la dictature. La palme d’or en revient à l’Etat français soucieux de maintenir les profits juteux de ses entreprises du CAC 40 installées au Maroc, sous Hollande comme sous Sarkozy.

Le NPA condamne la répression et apporte tout son soutien aux militants démocratiques et de la gauche radicale, à ceux et celles, nombreux, qui résistent avec détermination dans les prisons, à ceux et celles qui disent tout haut que leur seule allégeance va au peuple pour reprendre un des slogans des manifestants.

 Il appelle l’ensemble des organisations démocratiques et sociales en France à amplifier la campagne de solidarité internationale pour la libération et l’amnistie générale des prisonniers politiques, et à exiger la fin de toute bienveillance envers la dictature de Mohammed 6.
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Des exemples à suivre
Par Fouad Abdelmoumni
 "Le Président français a baissé son salaire de 30%, le roi d'Espagne a demandé qu'on applique la baisse de 7,1% à son traitement, le président tunisien a vendu tous les palais et s'est contenté e moins de 20.000 DH de salaire, le président égyptien a décidé de se contenter de son maigre salaire d'enseignant universitaire égyptien...". Ça ne vous rappelle pas la bastonnade de dimanche passé, pour les rares personnes qui ont demandé la remise en cause de l'ampleur de la liste civile et du coût de la cour royale au Maroc ??

mercredi 26 octobre 2011

Communiqué du NPA : Maroc, la répression tue à nouveau



Mohamed Boudroua est la deuxième victime de la répression policière à Safi. 

Militant du mouvement de masse, Mohamed était fortement impliqué dans la coordination contre la vie chère, l’association marocaine des droits humains, les associations de chômeurs et le mouvement du 20 février pour le changement. Il a été l’un des premiers initiateurs de la solidarité avec la révolution tunisienne dans sa ville. Ces derniers mois son engagement en faveur du droit à l’emploi l’a amené avec ses camarades à initier le mouvement d’occupation et de blocage des centres phosphatiers, avant que s’abatte une lourde répression et la militarisation de la région entière… 
 
Pour Mohamed et ses camarades, la contestation démocratique ne pouvait se séparer de la lutte pour une autre répartition des richesses, et devait aller plus loin que des manifestations hebdomadaires. Lundi 13 octobre, il avait décidé avec ses camarades d’occuper le toit du bâtiment de l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC), dans le cadre d'un sit-in pour réclamer plus de droits et la libération des manifestants emprisonnés. La réponse fut une intervention brutale des forces de l’ordre causant sa chute mortelle et son décès lors de son transfert à l’hôpital. 

Le courant marxiste révolutionnaire perd un de ses militants les plus déterminés. Le NPA s’associe au deuil de sa famille et proches et apporte sa solidarité à ses camarades d’Alternative socialiste. Il condamne la dictature qui n’hésite pas à tuer ceux et celles qui manifestent pour la liberté et la justice sociale et affirme son engagement auprès de tous ceux qui luttent pour mettre fin au despotisme et à l’exploitation. Il travaillera sans relâche à dévoiler les complicités actives de l’impérialisme français avec Mohamed 6 et développer la solidarité militante avec les forces radicales et révolutionnaires marocaines.
Le 26 octobre 2011.


samedi 13 août 2011

« Nous continuons le combat (du mouvement du 20 février) jusqu’à la victoire »

Propos recueillis par Rafik Qnouch, NPA, 11/8/2011
Ghali Benmoussa* est un jeune militant âgé de 21 ans, membre actif du mouvement du 20 Février à Hoceima.
Comment le mouvement du 20 Février est-il né ?
L’idée est apparue au lendemain de la chute de Ben Ali et de la révolution tunisienne. Plusieurs groupes sur les réseaux sociaux appelaient à la création de ce mouvement au Maroc, car il nous semblait que des similitudes existaient et que la situation sociale et démocratique au Maroc était catastrophique. Le mouvement est donc né le 20 février avec des premières manifestations. Nous n’avons cessé de grossir depuis avec une centaine de comités dans les villes et les campagnes marocaines.(et quelques uns en France -ndlr)
Quelles sont les principales revendications du mouvement ?
Nous revendiquons la fin des privilèges, de la corruption et de la Hogra**. Nous exigeons la dissolution du Parlement, du gouvernement et la traduction en justice des pilleurs. Nous souhaitons un Maroc nouveau avec une monarchie parlementaire où le roi règne mais ne gouverne pas, un Maroc avec plus de justice sociale, moins de chômage, avec des services publics gratuits et de qualité.
Plus globalement, nous exprimons un ras-le bol partagé par une majorité de la population contre la vie chère.

Qui compose ce mouvement ?
Des jeunes, beaucoup de jeunes… Pour la plupart sans expérience politique, des indignés, des chômeurs, des étudiants, des travailleurs, des femmes. Pour la grande majorité : des Marocains sans engagement qui cherchent à améliorer les conditions de vie du plus grand nombre.
Mais aussi, des partis politiques allant de l’extrême gauche jusqu’aux islamistes d’Al Adl Wa Alihssane.
Il existe aussi des associations des droits de l’homme, des droits des femmes, des syndicalistes etc. Un beau melting-pot qui fonctionne ensemble et qui avance sur des revendications claires et même si ce n’est pas tous les jours facile, nous continuons d’avancer ensemble.

Existe-t-il véritablement une exception marocaine comme le prétendent les médias et les gouvernements occidentaux ?
Une exception ? (rires) Tout le monde ne le sait pas, mais au Maroc nous avons aussi eu des morts lors des manifestations comme Kamal Ammari mort à la suite des violences policières à Safi. Le Maroc a aussi ses martyrs, ses prisonniers politiques et ses persécutés.
Par ailleurs, la répartition des richesses au Maroc est tellement inégalitaire que je ne vois pas où est l’exception.
Non, cela fait partie de la propagande officielle du gouvernement marocain relayée par les gouvernements occidentaux complices, mais comme pour le soutien de Michèle Alliot-Marie à Ben Ali, attention ! Le retour de manivelle pourrait être brutal !

Y a-t-il eu des victoires même partielles ?
Oui, le bilan du mouvement est très positif. La première chose, qui est en soi une victoire, c’est d’avoir réussi à créer un mouvement de masse étendu, d’avoir suscité des débats au sein de la population qui s’est mise à réfléchir, à élaborer, à rêver et à revendiquer, et rien que ça, c’est énorme !
Ensuite grâce à la pression exercée par le mouvement, plusieurs luttes ont pu obtenir quelques victoires, comme l’augmentation des salaires des fonctionnaires, la baisse des prix de certains aliments. Ce n’est pas encore grand-chose mais nous continuerons à lutter et rien ne nous arrêtera, car aujourd’hui il y a deux choses fondamentales qui nous animent : la détermination et la dignité.

Que pensez-vous du référendum et de la victoire du oui à 98, 5 % ?
Ce référendum est une mascarade. Depuis quand organise-t-on un référendum dix jours après le discours du roi, sans débat contradictoire, avec une propagande officielle des plus insupportables ? Nous avons été pour le boycott du scrutin, car cela ressemblait plus à un simulacre de démocratie qu’à autre chose.
Les chiffres annoncés sont plus que contestables, plusieurs observateurs étrangers ont constaté des irrégularités.
Et puis, pour un pays de 35 millions d’habitants, ne compter que 9 millions de prétendus votants c’est plutôt un échec, non ?

Un dernier mot ?
Je tiens à vous remercier de votre soutien à notre lutte et à celle de tous les peuples opprimés dans le monde entier. Pour notre part, nous continuons le combat jusqu’à la victoire.

* Nom modifié à sa demande.
** Terme en arabe dialectal désignant une sorte de mépris exercé par le makhzen (serviteurs de l’État).