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dimanche 12 février 2017

Voie Démocratique Paris : Solidaire des luttes et résistances du RIF et de tout le Peuple marocain






Communiqué de La Voie Démocratique Paris

Solidaire des luttes et résistances du RIF et de tout le Peuple marocain face à la prédation et la répression.

, par Annahj Parisdimanche 12 février 2017


Le conseil local de la Voie Démocratique Paris s’est réuni le samedi 4 février 2017. Ses militantes et militants suivent de près la situation sociale et politique du Maroc. Elle se caractérise par la difficulté des classes dominantes à constituer un gouvernement de gestion depuis plus de trois mois. Ce qui exprime, non pas uniquement une crise de gouvernement, mais aussi et surtout une crise de pouvoir. 

Le régime n’arrive pas -plus- à trancher une orientation précise ; garder ou se débarrasser de la combinaison politique de 2011 qui a permis de contenir le mouvement du 20 février et ses aspirations populaires et démocratiques. La situation actuelle renforce la position de boycott des élections législatives défendue par la Voie Démocratique et d’autres courants politiques, et la nécessité d’un front démocratique large face au despotisme et la corruption généralisée.

samedi 11 février 2017

devant l'ambassade du Maroc à Paris en solidarité avec le RIF et ses habitant-e-s.

Rassemblement dimanche 12 février 2017 à 15h devant l'ambassade du Maroc à Paris en solidarité avec le RIF et ses habitant-e-s. Pour la Dignité, contre la Hogra et pour la libération des prisonniers politiques.

dimanche 25 décembre 2016

Au moins 15 Marocains ont été brûlés par le feu cette année pour protester contre le comportement de l'administration de la makhzen

Par Francisco Peregil, Rabat 25/12/2016
Traduit de : Espagnol
 
Chaîne d'immolations au Maroc contre les humiliations du makhzen
Au moins 15 marocains ont mis le feu cette année seulement pour protester contre le traitement de l'administration

Après que le vendeur tunisien Mohamed Bouazizi se soit suicidé en décembre 2010, s'immolant par le feu et déclenchant avec sa mort le printemps arabe, au Maroc, il y a eu plus de 30 cas de personnes qui ont été brûlées immolées. La plupart de ces suicides a enlevé la vie dans un espace public, en signe de protestation devant une prétendue injustice, violation par l'administration. Il n'y a pas de chiffres officiels sur le phénomène, mais le site numérique  Desk a comptabilisé au total 15 personnes au moins qui ont été brûlées "à la bonze" cette année au Maroc.

Au cours des quatre premiers mois de cette année, le Desk énumérait neuf cas de suicides avec le feu, ce qui dépassait en deux les enregistrés en 2011, l'année de printemps arabe. Et depuis avril jusqu'à maintenant ce journal a dit plus de six cas, dont au moins quatre se terminèrent par la mort. Vos données indiquent qu'il y a eu jusqu'à 29 immolation depuis 2011 jusqu'en avril 2016. Et je pensais que le chiffre était très en deçà de la réalité, car il n'étudie pas les faits reflétés dans la presse électronique, où presque jamais ne sont publiées les tragédies qui ont eu lieu dans les endroits les plus isolés.

Le Président de l'association marocaine des droits de l'homme (amdh), Ahmed El Haij, affirme que la plupart d'entre eux se sont suicidés pour protester contre l'humiliation de la hogra, terme que l'arabe dialectal marocain désignant les vexations qu' inflige l'administration vers le citoyen du monde. Les cris contre la hogra se répandirent sur tout le pays en novembre, à la suite de la mort du vendeur de poisson Mouhcine Fikri, qui est mort écrasé dans un camion-poubelle à Al Hoceima quand il essayait d'empêcher la destruction de la  demi-tonne de poissons-épée qui lui avaient été confisqués.

Mais avant cette mort déjà il y a eu un autre cas a été dénoncé. Le 9 avril, un fonctionnaire de Kenitra, à 40 km de Rabat, a confisqué le chariot de petits bonbons pour les enfants à la vendeuse ma Fatiha Fatiha (mère) et lui a arraché aussi le mouchoir de la tête. Les bonbons coûtaient deux centimes d'euro et la valeur de sa marchandise ne dépassait pas les trois euros. Fatiha a pris feu devant le bureau du fonctionnaire qui a pris le charriot  et le foulard. Depuis le bâtiment municipal quelqu'un a filmé de manière impassible l'agonie de la vendeuse qui criait et se tordait dans le sol. Deux jours plus tard, Fatiha mourait dans un hôpital de Casablanca en disant à sa fille : "ils m' ont humiliée". Sa mort a déclenché des manifestations à Kenitra et la révocation d'un fonctionnaire.

Le 3 juin, un imam a été soigné avec des blessures de troisième degré après la brûlure à Sidi Kacem après avoir été viré de son poste par les autorités religieuses. Quelques semaines plus tard, une nouvelle tragédie bouleversait le pays. Khadidja Essouid, une Marocaine de 17 ans, avait été agressée par huit hommes en Nzalet le Adam, un petit village au nord de Marrakech. Elle a été violée et les violeurs ont filmé la scène en vidéo. Elle les a dénoncés, mais pendant le procès, l'un des violeurs l'a menacée de diffuser la vidéo pour qu'elle retire la plainte. Leurs agresseurs sont sortis en liberté conditionnelle et Khadidja a brûlé en pleine rue le 29 juillet. Elle est morte deux jours plus tard. L'autopsie a révélé qu'elle était enceinte.

Le goutte à goutte tragique a continué. Le 4 septembre, deux jeunes ont mis le feu devant le domicile du ministre de la fonction publique, Mohamed Moubdii, Fkih Bensaleh. Le 15 septembre, une femme de 56 ans a succombé à ses blessures, après une semaine à l'hôpital, après avoir brûlé devant le tribunal de première instance de Larache. Le 2 novembre, un homme de 50 ans, père de quatre enfants et sans emploi,  s'est suicidé avec le feu devant la préfecture de Laayoune. Deux jours plus tard, un autre homme a également essayé d'enlever sa vie dans une station-service de la même ville. Le 14 novembre, quelqu'un a mis le feu après un arrêté de 25 ans à Berkane et il est mort deux jours plus tard. Le 29 novembre est décédé un employé
d'environ 60 ans de l'institut spécialisé du cinéma et de l'audiovisuel à Rabat,  qui a été brûlé dans le bâtiment de l'institut pour protester contre son licenciement.
 
Cette liste ne comprend pas le cas du Marocain qui a pris feu le 7 décembre, devant l'ambassade du Maroc à Madrid pour protester contre sa situation en Espagne. D'autres tentatives dont a à peine  la presse en arabe n' a qu'à peine  parlé.

Le politique Mounia Chaïbi-Bennani et la directrice de l'œuvre collective "Résistance et protestations dans les sociétés musulmanes", expliquent que les victimes sont généralement des personnes isolées, sans ressources sociales pour organiser une protestation  ou une manifestation. " cette augmentation de l'immolation peut être influencée par le suicide de Bouazizi, en Tunisie, qui a provoqué le printemps arabe. Mais il ne suffit pas d'une immolation par le feu pour déclencher une révolution. Derrière la mort et ces émeutes il y a toujours beaucoup d'autres éléments ".

Chaïbi-Bennani estime que bien que les manifestations qui ont eu lieu au Maroc à la suite du printemps arabe n'ont pas réussi à changer le régime politique, elles ont réussi à tisser un réseau de protestations qui est latent dans la société et qui peut être effective à tout moment. " C'est ce qu'on a mis en évidence dans les protestations de alhucema, à la suite de la mort du vendeur ambulant de poisson ", ajoute Chaïbi Bennani." Le régime marocain a réussi à affaiblir les partis politiques, mais  n'a pas affaibli les mouvements qui se déplacent en marge de la politique institutionnelle ".

Seulement quand l'injustice est très flagrante, comme dans le cas de la jeune femme violée ou la vendeuse à la qu'on lui a enlevé le poste et le foulard, les gens sortent dans la rue et l'administration prend des mesures. Pendant ce temps, ces suicides continuent, et sont traités  par la presse et de l'administration, comme des événements isolés et non pas comme un problème social.
 
Le Roi a également dénoncé les abus de pouvoir

La Hogra, le sentiment d'impuissance face à des injustices des autorités devient parfois si évidente au Maroc que le roi Mohamed VI a dénoncé dans son discours d'ouverture du Parlement le 14 octobre, la négligence et l'abus d'autorité de certains fonctionnaires qui ne parviennent pas à comprendre quel est leur devoir. Le Roi a fait allusion aux citoyens qui ont recours à lui au milieu de tout acte officiel dans la rue pour lui faire parvenir leurs plaintes ou demandes. En effet, en juin, un Marocain a été condamné à un an de prison pour s'être jeté sur la décapotable en marche du monarque dans un quartier de Rabat.

" Mais, est-ce que les gens me demanderaient d'intervenir si l'administration ne  s'acquitte pas de son devoir ?", demandait le roi dans son discours. "Ils se tournent vers moi parce qu' ils se trouvent face à huis clos ou parce que l' administration agit avec négligence ou même pour se plaindre d' une injustice dont ils ont souffert".

http://internacional.elpais.com/internacional/2016/12/20/actualidad/1482193796_926096.html
Voir l’original

internacional.elpais.com|Par Francisco Peregil

dimanche 13 novembre 2016

Titres sur https://solidmar.blogspot.com du 6 au 13/11/2016

Non, le Sahara Occidental n’est pas marocain


dimanche 6 novembre 2016

Titres sur https://solidmar.blogspot.du 30/10 au 6/11/2016


     La mort de Mohcine Fikri broyé dans le camion à ordures est devenu un symbole pour le peuple marocain broyé dans sa dignité

       Les Sahraouis connaissent aussi la Hogra
   La Cop22 et le grave pillage illégal du Sahara Occidental par le Maroc

vendredi 4 novembre 2016


Maroc : Le roitelet, le violeur et la benne à ordures 

Par la NPA, 2/11/2016


Au Maroc, depuis plusieurs jours, des manifestations de masse ont lieu dans plusieurs villes. Moins d’un mois après la mascarade électorale largement boycottée, le peuple reprend le chemin de la rue.

L’élément déclencheur aurait pu être un simple « fait divers » : un vendeur de poisson, Mouhsine Fikri, âgé d’une trentaine d’années, a vu ses biens confisqués par la police, le privant ainsi de son gagne-pain, en dehors de toute procédure légale. Cherchant à les récupérer dans la benne à ordures, il a été broyé sur l’ordre, semble-t-il, des mêmes agents d’autorité.

De nouveaux rassemblements pour la dignité et contre la Hogra au Maroc sont prévus en France, Paris, Montpellier

CNT: toujours au rdv.
La mobilisation se poursuit au Maroc, la solidarité internationale aussi !!
De nouveaux rassemblements pour la dignité et contre la Hogra au Maroc ont eu lieu en France à Paris lundi 31 octobre et Lille ce 2 Novembre.
Le Secrétariat International de la CNT-F appelle à se mobiliser pour
exprimer sa solidarité avec le peuple marocain qui se soulève suite
l'assassinat de Mohcine Fikri !

Nous appelons à se joindre aux prochains rassemblements à :
- Montpellier : samedi 5 novembre, 17h, Place de la Comédie
- Paris : dimanche 6 novembre, 15h, Place République
Solidarité internationale,
Le Groupe de Travail Afrique
du Secrétariat International de la CNT-F


CNT - Secrétariat International | Prochains Rassemblements pour la dignité et contre la Hogra au Maroc !
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jeudi 3 janvier 2013

Ce Figuig qu’ils n’osent jamais montrer

par figuignews 2/1/2013
La Contestation Populaire à Figuig a exprimé lors de certains sit-in son indignation face à ces médias marocains de la censure très soucieux de montrer une image d’un Figuig exotique, pays de dépaysement, pays de millions de tonnes de dattes aziza, de tonnes de truffes, de miel qui coule à flot, de population aisée et d’hommes préhistoriques dignes de documentaires comme celui de Souq-Ennsa. 
Ces médias n’ont jamais osé montrer, selon eux, ce Figuig de la grogne sous silence, de la misère, de la restriction de mouvement, de la dépossession, de la hogra, des bouches muselées, de la poubelle partout, des ruines, des ksour désertés, de la jeunesse chassée, des postes militaires omniprésents, de la bureaucratie au top de la perfection, de la corruption et de tant de malaises…

 
Ksar déserté ! Toute une Histoire qui s’effondre !


Figuig n’est, pour nos médias officiels, rien d’autre qu’une réserve à images exportables et ses hommes une curiosité « ethnographicotouristique ». Ces médias très boudés ont vu leurs images se ternir encore plus qu’ils ne l’ont jamais été ces derniers jours. Les contestataires ont appelé à montrer au monde ce Figuig qu’on ne veut jamais montrer.

En voilà un aspect de ce « Figuiguiroshima » selon les termes même des contestataires en photos !

Quelques photos parmi une grande quantité, aussi terrifiantes pour l'avenir les unes que les autres (ndlr)

 
Annexe de Zenaga agonisante !

 
Garage agrée par le Ministère de la Santé en guise d’hôpital et médecin affecté au café L’Buvette !

 
Après le souk !


 
Une administration hantée par les fantômes !
 
Nous avons même une cour de justice (guichet pour agence de voyage Figuig-Bouarfa.) Remarquez ce titre qui rappelle les temps de la colonisation !
 
Nos routes ! C’est le meilleur de nous-mêmes ! Par là, passe au moins la moitié des Figuiguiens !


 
Les 4X4 de nos responsables ne passeront jamais par là !

 
C’est une place publique bien sûr ! Les ordures font bon ménage avec les hommes !

Logements sociaux !

 
On y habite et de là, on se connecte au monde via la télévision !
Résidence de luxe !
 
Quartier résidentiel !
On y vit ! Chiffon-ville !
Logements sociaux ! Bidons-ville, chiffons-ville etc.
Une famille de cinq personnes y habite !
 
Cuisine pour servir une famille de cinq personnes !
Nous y survivons !
 
Nos maisons tombent sur nous !
De ruines en ruines !
 
Contraints de la quitter !
On ne restaure pas des comme ça !

Lieux du culte

 
Après la prière ou avant, un bain de poubelle !
 
Msella, c’est ici que tout Figuig se réunit lors de sa prière de l’Aïd

Environnement !

 
Palmeraie agonisante ou déjà morte !
Figuiguiroshima ! Le Maroc Vert passe par là !
 
Toutes les palmeraies, aucune n’est épargnée !
 
La mort ! La mort !
La mort s’empare de tout !
 
Au feu les palmiers !
 
Vestiges du travail   des hommes qui fertilisaient le roc !
 
C’est bien cela les subventions des fellahs !

 
C’est ce qu’on appelle l’Atlas Saharien !
 
Déchèterie écologique !

Poubelle de proximité !
Aux portes des déserts !
 
Une des nombreuses « poubellemeraies » de Figuig !

 
Ce n’est pas une femme voilée !
 
Le Maroc Vert ! Ce fellah ne sera jamais soutenu par les services concernés car ils s’occupent de leurs chiffres d’affaires personnelles !

 
Des projets qui s’effritent un mois après leur achèvement !
 
Voilà comment ils prétendent contrecarrer nos oueds ! Ils appellent cela un projet !

Figuig sous embargo !

 
Figuig, la ville aux mille et un postes militaires !
 
Des caméras dont le seul souci est de contraindre les Figuiguiens à se terrer dans leurs ksour !
 
Des barrages, des barrages ! Bienvenus à Figuig, le pays sous embargo !
 
Le plus grand bâtiment à Figuig est un commissariat de police !
 
Peuple chassé de ses terres, dépossédé, jamais reconnu, jamais indemnisé ! 
Une partie des terres confisquées depuis 1976 !
 
Des ksour dévastés, désertés et une population contrainte à l’exode et à l’exile !

Ce n’était qu’un aspect de ce Figuig qu’on ne veut jamais montrer au monde !

Bonne et heureuse année 2013 à ces braves gens qui survivent dans de telles conditions !
http://figuignews.com/?p=3346#more-3346

Relire : Figuig, Morne oasis

jeudi 29 novembre 2012

L’Agora et la « Hogra »

par Salah Elayoubi, 27/11/2012
« En vérité, quand les rois entrent dans une cité, ils la corrompent, et font des plus  honorables de ses citoyens des humiliés. Et c’est ainsi qu’ils agissent. »
Le Coran, Sourate 27, verset 34 : « An-naml » (Les fourmis)

Les grecs, initiateurs de la démocratie avaient très tôt, compris la vertu du dialogue sur l’affrontement. Ils avaient érigé l’Agora en lieu central de leurs débats qu’ils fussent commerciaux, sociaux, politiques, religieux,  militaires ou autres.

C’est cette culture du verbe et de l’écoute et cette intuition précoce de la vie de la cité qui avaient permis à ce peuple génial et précurseur de bâtir l’empire que l’on sait.  Faire rayonner depuis un lieu géographiquement étriqué et structurellement figé, des débats à géométrie aussi variable que la philosophie ou les affaires militaires, relève du génie et de l’intelligence qui feront plus tard, le distinguo entre les grandes nations et les petites, entre pays évolués et contrées sous développés, entre démocraties et dictatures.
L’empire romain qui prendra plus tard la relève de la Grèce, reconduira, malgré une puissante machine militaire et les conquêtes innombrables qu’elle a autorisées, le même procédé, avec son forum romain où  la parole et le débat avaient tous privilèges.
Des siècles plus tard, la Grande-Bretagne à  l’empire finissant, se convainquait en 1872 de la nécessité de laisser s’exprimer,  hors du Palais de Westminster, siège des institutions parlementaires, les plus obscurs de ses citoyens.

Hyde Park, une audition au « Speakers’ Corner »

 Le « Speakers’ Corner » était né, imité plus tard en Australie, au Canada, aux Etats-Unis, aux  Pays-Bas, à Singapour et ailleurs.
Au Nord-Est de Hyde Park, à Londres, il n’est donc pas rare de voir, ainsi,  s’exprimer le plus librement, les « Speakers » les plus sérieux, comme les plus fantasques. Les plus talentueux comme les plus indigents. Les plus pertinents comme les plus futiles.
Sont abordés les sujets les plus loufoques, comme les plus vitaux.  Déjections canines sur les trottoirs londoniens, réchauffement climatique, guerre d’Irak, indépendance de l’Ecosse ou la dernière tenue de l’épouse du prince Williams. Tout y passe. Tant et si bien qu’il est un sujet que reprennent avec récurrence, dans les allées du célèbre parc londonien, les détracteurs de la couronne britannique, évoquant pêle-mêle son coût de revient, ses dépenses somptuaires, la liste civile de la reine, son train de vie ou encore la fatuité et l’obsolescence de la monarchie.

Au Maroc, où l’on se plaît tant du côté du Méchouar à se comparer à Buckingham Palace, il existe également un « Speakers’ Corner », la place Jemaa El Fna, avec toutefois un bémol notable, que les orateurs s’auto-censurent, évitant, avec une prudence de sioux,  les sujets qui fâcheraient les sicaires pléthoriques de Sa Majesté, toujours en maraude sur la célèbre place.
Cette Agora qui tutoie à la fois l’exotisme et le moyenâgeuse est le tenant et le corollaire de ce « Maroc de la tradition »,  que le régime marocain rêverait de voir se perpétuer à son grand bénéfice. N’y ont droit de cité que la clownerie, la supercherie, la superstition, le contorsionnisme, l’amuse-gueule et la sandwicherie.
Affabulation,  illusionnisme et tagines donc ! Répertoire immuable et indigne servi, jusqu’à la nausée,  par une monarchie prédatrice et confiscatoire qui se plaît volontiers à se comparer à son homologue britannique, mais  qui n’a pas une once de l’humour, ni un soupçon du fair-play de la reine envers ses détracteurs.

Les manifestants qui entendaient s’insurger ce dimanche 18 novembre contre le budget pharaonique du palais royal, l’ont appris à leurs dépens !
Une pure « Hogra »* !
Battus comme plâtre et pourchassés dans les ruelles avoisinant le parlement, comme de vulgaires criminels, les citoyens n’exprimaient pourtant rien de plus que ce que pensent la majorité du peuple marocain étranglé par une misère grandissante et des privations quotidiennes.

Le journal électronique Lakome.com s’est livré à un sondage d’opinion format réduit auprès d’un échantillon de trois mille trois cent quarante deux citoyens, (3342) à propos du budget du palais. A une majorité écrasante de plus de quatre vingt cinq pour cent, (85%) les sondés estiment que le budget est trop élevé et mériterait une révision à la baisse. Le résultat, pour accablant qu’il est, ne reflète pourtant pas toute la réalité, tant les réflexes de peur et de prudence tenaillent encore nos compatriotes, compte tenu de la répression sévère qui s’en prend avec sauvagerie à tous ceux qui contestent à la monarchie l’un ou l’autre de ses privilèges exorbitants.
Le budget que s’apprêtent à voter, sans coup férir les parlementaires est de deux milliards six cent millions de dirhams, (2,6 milliards), soit deux cent trente quatre millions d’euros (234 millions).
 
Comparaison de quelques budgets avec celui de la monarchie marocaine

C’est le premier concerné, le roi lui-même qui détermine ses prévisions budgétaires d’année en année, avant de les faire inscrire, dans le projet de loi de finances à voter par le parlement. Si la procédure ne fait jusque là, pas exception à la règle qui prévaut partout ailleurs, dans le monde, c’est sur la forme et sur le fond que réside la particularité du cas marocain.
En effet, si les budgets des ministères sont discutés rubrique par rubrique, ligne par ligne et au cas par cas, par le ministère des finances et les commissions parlementaires, celui de la monarchie relève du tabou et sa reconduite tient de l’automatisme.  L’indexation sur le coût de la vie aussi.
Plus grave, alors que les ministères bataillent sans discontinuer tout au long de l’année budgétaire, pour faire passer leurs bons de paiement auprès de contrôleur des engagements et dépenses d’un ministère des finances sourcilleux, puis auprès du contrôleur de la trésorerie générale, l’administration du palais a droit à un traitement de faveur qui la dispense des rejets des organes de contrôle. Et si d’aventure, malgré les dépenses somptuaires et le train de vie fastueux, le palais n’arrivait pas à consommer toutes ses lignes de crédit, les avoirs sont ainsi reconduits d’une année à l’autre. Les autres départements ne peuvent pas en dire autant, beaucoup des lignes de crédits non consommés sont purement et simplement supprimées, pour le plus grand malheur des départements comme la santé, l’éducation nationale, l’équipement, l’habitat………
Enfin degré supplémentaire dans l’injustice, l’arrogance et le mépris, le palais a toute latitude pour décider de la création des postes budgétaires qu’il entend, sans jamais avoir à les justifier.
Ainsi, dans ce drôle d’ »Etat de droit », comme ils disent, dans cette démocratie d’exception, trente millions de marocains, dont une grande partie flirte avec la misère, se voient dans l’obligation d’entretenir l’un des monarques les plus riches au monde. Et si, comme ce fameux dimanche, il leur prenait l’envie de lui contester son train de vie, il leur en cuirait à la minute même où il le manifesterait. Autant le dire, cette étrange conception de la démocratie nous renvoie aux méthodes d’extorsion de la mafia.

Place Jamaa El Fna, à Marrakech

Dire que Mohamed VI participe à l’appauvrissement de son peuple relève du plus édulcoré et du plus doux des euphémismes.  Jamais un titre royal n’aura été à ce point mérité que celui de « Roi des pauvres ».
Malgré l’énormité de la ficelle, l’intéressé ne manifeste pourtant aucune gêne, pour l’effet d’aubaine dont il profite honteusement.
Et tel un coulis de boue nauséabonde,  l’exemple de cette monarchie cupide, affairiste et arrogante dégouline sur la pyramide du pouvoir et de la société marocaine et contamine, progressivement les moindres de leurs rouages. Comment s’étonner de la course à l’enrichissement et le mépris de la chose publique qui se sont emparés de nos politiciens et de nos élites ?
Personne ne semble même plus s’étonner de voir se constituer des empires financiers aux origines les plus sombres, à l’ombre de l’institution monarchique.

Ce dimanche  18 novembre fut, somme toute, un dimanche comme les autres en terre marocaine : alors que les tenants de la démocratie étaient en quête d’une Agora digne de ce nom, pour y prêcher la justice et la dignité au nom de leurs semblables, ceux du despotisme officiaient pour dispenser les invectives, les coups et  la proverbiale « Hogra »  makhzenienne !
L’histoire qui s’est irrémédiablement mise en marche, se chargera un jour, de séparer le bon grain de l’ivraie.
 *Hogra : mépris