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mardi 23 février 2016

Barbelés à Figuig : La population ne comprend pas


images d'illustration
 
La population de Figuig ne cache pas son incompréhension. Selon un média local, les autorités auraient commencé la semaine dernière, à ériger une barrière et à creuser des fossés le long de la frontière avec l'Algérie.
Toujours selon la même source, la clôture devrait entourer toute la ville à l'exception de la route nord ce qui risque d'enclaver la ville et de la séparer de ses terres. "Ce tracé de clôture a été déterminé uniquement sur la base des besoins sécuritaires, et la décision d’encager la ville a été prise sans la moindre étude d’impact sur les conséquences économiques et sociales des populations locales, sédentaires et nomades, vivant dans la région. Les habitants, déjà fragilisés par leur condition semblable à celle des réfugiés, sont en train de perdre leurs repères et les théories du complot commencent à prospérer sur cette crise de confiance sujette à variations", développe la même source.
Devant l'inquiétude et l'incompréhension face à cette nouvelle clôture et ces remparts, les habitants de Figuig ont lancé une pétition pour faire reculer les autorités. Affaire à suivre.

dimanche 20 janvier 2013

Figuig : Eau potable à l’amiante !!!

  A vos cancers Figuiguiens !

Figuignews,com18/1/2013
 
Un malheur n’arrive jamais seul et à tous les malheurs qui se sont abattus sur Figuig s’ajoute un autre qui touche cette fois l’eau que nous buvons. L’eau de notre chère et morne oasis est réputée pleine de calcaire et salée ! Ceci est un fait douloureux mais apparemment, il y a pire que cela !
 
Eau potable à l’amiante !

A Figuig, nous buvons l’eau à l’amiante ! Eh oui, notre eau passe par des canaux à l’amiante faits de ce fameux fibrociment banni partout dans le monde sauf, bien sûr, chez nous à Figuig ! Le canal principal qui alimente tout Figuig est fabriqué à base de l’amiante tout comme plusieurs autres grands canaux (artères) attestés à l’intérieur de la ville. Nous buvons donc une eau qui nous tuera un jour d’un cancer ! C’est la triste vérité ! Après les essais chimiques de l’armée française tout près de chez nous, nous nous trouvons face à cette chimie cancérigène qui nous écimera un jour collectivement !
Des cancers de pères en fils ! Voilà le mérite des pauvres oasiens !
Nous brillons déjà par le triste record de nombre de personnes atteintes de cancer au Maroc !
Un mal peut en cacher un autre : Figuig est en proie à toutes sortes de maux fruits d’une terrible hogra infernale de tout un peuple et d’un groupe d’arrivistes tous azimuts !
Heureusement que nous allons tous disparaître et ensemble ! Mais malheureusement de cancer … !
Faut-il rappeler que selon l’INSERM, toutes les variétés d’amiante sont cancérigènes ?
 
Amiante, amiante !
 
Ici, au moins, il n’y a pas d’amiante !
Et ce n’est pas fini ! Il faut encore aller voir nos écoles aux classes bien amiantées !
Les cancers s’attrapent donc de nos robinets et des murs de nos écoles !

Ecole amiantée ! L’horreur d’être écolier !
N’est-ce pas un scandale de santé publique ?
N’est-ce pas l’heure de désamianter Figuig ?


  1. extraits de commentaires : bitty, Hassi,  Bouhou,
    Je suis scandalisée !!! ce serait une deuxième cause de propagation des cancers à Figuig, après les essais nucléaires à coté, en voila un autre crime contre l’humanité,que dire? que faire? ne nous somme pas un peuple désiré, on dirait qu’on veut notre mort à petit feu,il ne faut pas rester les bras croisés, je pense qu’on doit faire quelque chose, car toutes les raisons sont bonnes pour frapper à toutes les portes il faut secourir nos familles, nos amis, no chères habitants de Figuig, que justice soit faite, STOP,LA HOGRA !! CA SUFFIT !! jour après jour, nous assistons à des faits dramatiques parvenant de notre oasis, mais personne ne bouge!! il faut qu’on disparaisse tous pour rénover Figuig en  une future destination pour le tourisme, cet épisode de l’amiante doit pousser à réagir avant que ça soit trop tard, il faut sauver ce qu’on peut sauver.

  2. Le fibrociment contient certainement de l’amiante mais est ce que l’eau qui y passe le contient aussi ? Je ne suis un expert en la matière mais d’après mes informations l’amiante devient dangereuse lorsqu’on la manipule et on la respire . j’espère avoir raison et ça n’empêche pas de changer ces canaux dans les plus brefs délais (ajouter cela aux revendications) MAIS commençons d’abord par réaliser des analyses de l’eau du robinet figuiguien dans des laboratoires vraiment indépendants.

  3. Des eaux très agressives peuvent attaquer la matrice en ciment des conduits et causer par conséquent l’émission de fibres d’amiante dans l’eau que attufeyey boivent. Certes, l’inhalation de fibres d’amiante est à l’origine de cancers broncho-pulmonaires (cas des classes préfabriquées). Tout cela peut être derrière le record de nombreuses personnes (sédentaires et à la diaspora) atteintes de cancer à Figuig. Ses dangers ont été identifiés clairement et dès lors  l’utilisation de l’amiante est interdite dans de nombreux pays qui respectent leurs citoyens.
    Je vous propose cher journal de formuler une pétition qui vise à désamianter Figuig.


jeudi 10 janvier 2013

Lettre de soutien au mouvement populaire à Figuig

Montréal, 7/1/2013
Par la présente, l’Association de Figuig au Canada, au nom de la communauté figuiguienne résidant au Canada exprime son soutien inconditionnel aux revendications de la population lors des derniers mouvements populaires qu’a connus la ville de Figuig.
La communauté figuiguienne au Canada suit de près l’évolution de cet événement historique et présente ses félicitations pour toutes les Figuiguiennes et tous les Figuiguiens pour les résultats qui commencent à se faire voir. L’opération TAWMAT organisée pour dissoudre les conflits entre les ksour en était un des fruits nobles de ces mouvements populaires. Toutes nos espérances pour que cette fraternité reste éternelle. Par ailleurs, nous restons toujours inquiets et vigilants vis-à-vis des réactions des autorités concernées pour la concrétisation des revendications de la population figuiguienne.
Nous apportons tout notre soutien et notre encouragement pour les gens qui crient haut et fort pour la dignité et le bien-être des Figuiguiens, notamment le comité bénévole qui assure l’encadrement de ce mouvement et nous sollicitons toutes les communautés figuiguiennes à l’extérieur de Figuig de se mobiliser pour apporter leur soutien à nos compatriotes sur le terrain.


jeudi 3 janvier 2013

Ce Figuig qu’ils n’osent jamais montrer

par figuignews 2/1/2013
La Contestation Populaire à Figuig a exprimé lors de certains sit-in son indignation face à ces médias marocains de la censure très soucieux de montrer une image d’un Figuig exotique, pays de dépaysement, pays de millions de tonnes de dattes aziza, de tonnes de truffes, de miel qui coule à flot, de population aisée et d’hommes préhistoriques dignes de documentaires comme celui de Souq-Ennsa. 
Ces médias n’ont jamais osé montrer, selon eux, ce Figuig de la grogne sous silence, de la misère, de la restriction de mouvement, de la dépossession, de la hogra, des bouches muselées, de la poubelle partout, des ruines, des ksour désertés, de la jeunesse chassée, des postes militaires omniprésents, de la bureaucratie au top de la perfection, de la corruption et de tant de malaises…

 
Ksar déserté ! Toute une Histoire qui s’effondre !


Figuig n’est, pour nos médias officiels, rien d’autre qu’une réserve à images exportables et ses hommes une curiosité « ethnographicotouristique ». Ces médias très boudés ont vu leurs images se ternir encore plus qu’ils ne l’ont jamais été ces derniers jours. Les contestataires ont appelé à montrer au monde ce Figuig qu’on ne veut jamais montrer.

En voilà un aspect de ce « Figuiguiroshima » selon les termes même des contestataires en photos !

Quelques photos parmi une grande quantité, aussi terrifiantes pour l'avenir les unes que les autres (ndlr)

 
Annexe de Zenaga agonisante !

 
Garage agrée par le Ministère de la Santé en guise d’hôpital et médecin affecté au café L’Buvette !

 
Après le souk !


 
Une administration hantée par les fantômes !
 
Nous avons même une cour de justice (guichet pour agence de voyage Figuig-Bouarfa.) Remarquez ce titre qui rappelle les temps de la colonisation !
 
Nos routes ! C’est le meilleur de nous-mêmes ! Par là, passe au moins la moitié des Figuiguiens !


 
Les 4X4 de nos responsables ne passeront jamais par là !

 
C’est une place publique bien sûr ! Les ordures font bon ménage avec les hommes !

Logements sociaux !

 
On y habite et de là, on se connecte au monde via la télévision !
Résidence de luxe !
 
Quartier résidentiel !
On y vit ! Chiffon-ville !
Logements sociaux ! Bidons-ville, chiffons-ville etc.
Une famille de cinq personnes y habite !
 
Cuisine pour servir une famille de cinq personnes !
Nous y survivons !
 
Nos maisons tombent sur nous !
De ruines en ruines !
 
Contraints de la quitter !
On ne restaure pas des comme ça !

Lieux du culte

 
Après la prière ou avant, un bain de poubelle !
 
Msella, c’est ici que tout Figuig se réunit lors de sa prière de l’Aïd

Environnement !

 
Palmeraie agonisante ou déjà morte !
Figuiguiroshima ! Le Maroc Vert passe par là !
 
Toutes les palmeraies, aucune n’est épargnée !
 
La mort ! La mort !
La mort s’empare de tout !
 
Au feu les palmiers !
 
Vestiges du travail   des hommes qui fertilisaient le roc !
 
C’est bien cela les subventions des fellahs !

 
C’est ce qu’on appelle l’Atlas Saharien !
 
Déchèterie écologique !

Poubelle de proximité !
Aux portes des déserts !
 
Une des nombreuses « poubellemeraies » de Figuig !

 
Ce n’est pas une femme voilée !
 
Le Maroc Vert ! Ce fellah ne sera jamais soutenu par les services concernés car ils s’occupent de leurs chiffres d’affaires personnelles !

 
Des projets qui s’effritent un mois après leur achèvement !
 
Voilà comment ils prétendent contrecarrer nos oueds ! Ils appellent cela un projet !

Figuig sous embargo !

 
Figuig, la ville aux mille et un postes militaires !
 
Des caméras dont le seul souci est de contraindre les Figuiguiens à se terrer dans leurs ksour !
 
Des barrages, des barrages ! Bienvenus à Figuig, le pays sous embargo !
 
Le plus grand bâtiment à Figuig est un commissariat de police !
 
Peuple chassé de ses terres, dépossédé, jamais reconnu, jamais indemnisé ! 
Une partie des terres confisquées depuis 1976 !
 
Des ksour dévastés, désertés et une population contrainte à l’exode et à l’exile !

Ce n’était qu’un aspect de ce Figuig qu’on ne veut jamais montrer au monde !

Bonne et heureuse année 2013 à ces braves gens qui survivent dans de telles conditions !
http://figuignews.com/?p=3346#more-3346

Relire : Figuig, Morne oasis

samedi 29 décembre 2012

Figuig, Morne oasis

Par Salah Elayoubi, demainonline, 29/12/2012

Vue aérienne de Figuig
Vue aérienne de Figuig
Opinion. Aucun train n’ira jamais jusqu’à Figuig. Ni le mythique et si controversé TGV, ni le  «Lucky Luke», baptisé ainsi par le petit peuple, pour sa grande ressemblance, avec celui de la bande dessinée du même nom.
Trop loin du «Maroc utile». Trop cher !

A moins que, par miracle, un gisement ne soit découvert et que par le pactole alléché, on ne voie accourir, à la vitesse du vent, une faune venue faire main basse sur le filon, comme ce fut le cas lorsqu’un crieur mal avisé, avait claironné que les sous-sols de Talsint regorgeaient de pétrole.
D’ici là, la palmeraie continuera d’agoniser au soleil et la province de mourir de sa belle mort. D’ailleurs, la population ne l’a-t-elle pas déjà portée en terre,  lors de funérailles symboliques, le 23 décembre dernier ?
Une manifestation monstre qui a erré à travers la ville*, s’arrêtant devant chacune des administrations, pour en huer les responsables et conspuer l’incurie des uns ou l’absentéisme des autres.
Comme à chaque fois que des évènements secouent une région ou une ville, les organes d’information officiels, se fendent d’articles ou de documentaires aux antipodes des préoccupations du citoyen ou de ses revendications, histoire de noyer le poisson.  La première chaîne n’aura pas dérogé à la règle, avec ce film à la limite du ridicule, dépeignant le « Souk Dlil » ou le « Souk Enssa », le souk des femmes. Un non évènement, aux allures de provocation, en ces temps de colère. Indigence et sinistrose assurées.
De fantomatiques  silhouettes, drapées de blanc venues dès l’aube, vendre le produit de leur artisanat : des burnous et des djellabas, pour quelques misérables dirhams. La plupart repartiront bredouilles et je ne serais pas étonné que les rares transactions qui se sont effectuées ce matin-là, sous l’œil indiscret des caméras,   l’aient été, à l’instigation des journalistes. Comme par enchantement, ceux-ci ont pu dénicher, au saut du lit, une représentante de la gente féminine  qui explique, dans un arabe classique châtié et avec le plus grand sérieux, la profondeur de la crise régionale : le marché du burnous et de la djellaba « a eu payé ! » Il ne paie plus, à Fijij, dit-elle, comprenez Figuig. Car dans ce pays où la schizophrénie des gouvernants est avérée, les choses ne sont jamais ce qu’elles vous semblent être. Les noms des villes non plus, qui ne s’écrivent pas comme elles se prononcent !
Fin pitoyable du reportage, sans un mot, ni une allusion à l’omniprésence de la police et de l’armée dans les rues de la ville, la destruction des palmeraies, l’éloignement forcé des populations de leurs lopins de terre, l’installation de caméras de surveillance. Pas une bribe, non plus, sur les abus de pouvoir des agents d’autorité, les trafics d’influence, le népotisme, la corruption et tout le reste,  qu’une bible ne suffirait pas à quantifier.
Ce que le reportage a occulté c’est que à Figuig personne ne veut plus venir et ceux qui y sont nés refusent d’y revenir. Le temps semble s’y être définitivement figé, en mode misère   Ni fonctionnaires, ni enseignants, ni médecins, ni personnels hospitaliers ne veulent officier dans cette région qui fait fonction de mouroir. Une affectation dans le secteur a signification de parenthèse brutale, car le risque est grand d’y être à tout jamais oublié par l’administration centrale, trop heureuse d’avoir trouvé candidat à  tel exil.
L’oasis ne s’est, en réalité, jamais remise de la guerre des sables qui  opposa, un court moment, le Maroc et l’Algérie, en  octobre 1963, puis de celle qui mit le Maroc aux prises avec le Polisario, soutenu par Alger. Pas plus qu’elle ne semble s’être remise des « focos » de 1973, initiés ici par les opposants à Hassan II, pour  embraser l’Atlas et emporter le régime. Les contrôles policiers, in situ et ceux de la gendarmerie sur la route de Bouarfa sont là pour en témoigner.
Autrefois, la région faisait partie de vastes territoires connus comme marocains depuis des temps immémoriaux et  exploités par les autochtones, pour leur agriculture vivrière, leurs palmeraies et leurs oliveraies. Le colonialisme français est passé par là. Dans ses rêves les plus fous d’annexion définitive de l’Algérie, il grappilla du territoire à son profit, amputant le Maroc d’autant. On connaît la suite. L’Algérie ne devint jamais française, les territoires ne furent jamais rendus au Maroc et l’Istiqlal, ce parti  qui rêvait du « Grand Maroc » devra se résoudre à remiser son irrédentisme, dans la poche, le mouchoir par-dessus !
Point final de l’histoire ? Sans doute pas, car tel un saillant qui  s’enfonce dans les flancs de l’Algérie, Figuig joue, à son corps défendant et au grand désespoir de ses habitants, le triste rôle de verrou stratégique. La route nationale 17  relie Bouarfa à Figuig. Lorsqu’elle traverse cette dernière de part en part, elle emprunte au défunt Hassan II son nom, avant de se perdre,  tel un affluent dans la nationale 6…… en territoire algérien. Le poste frontière qui reste désespérément clos,   fait donc ressembler la région à un cul de sac.
Dans une monographie  qui date de 2010, le commissariat au plan liste les prétendus atouts de l’Oasis de Figuig. Il écrit :
« L’oasis de Figuig est dotée de magnifiques paysages, constitués essentiellement de parcelles plantées en palmiers-dattiers et sillonnées par des ruisseaux d’eau de source. Etant le plus proche oasis africain de l’Europe, Figuig est prédestiné à devenirun pôle touristique de choix, notamment en matière de tourisme écologique et culturel»
Pure phraséologie, car hélas,  jamais touriste, entrepreneur ou investisseur ne s’aventurera  dans  ce qui ressemble à une zone en état de siège, où chaque détour de rue est synonyme de barrage de police et où le tout sécuritaire prend le pas sur ce qui fait la vie d’une cité: l’administration, la santé, la culture, l’éducation, le transport, les échanges. En un mot tout ce qui fait la dignité, le bien-être des populations et leur fierté d’appartenir à une nation.L’expression « frères ennemis » mérite ici toute sa pertinence. Tout dans la géographie  invite à l’ouverture entre les deux voisins qui se donnent du frère à tout bout de champ, sans jamais arriver à démontrer un minimum de fraternité dans leurs actes politiques. La frontière artificielle tracée par une  plume diabolique, s’appuie sur plusieurs passes magnifiques qui sont autant d’invitations à l’ouverture et que l’on s’obstine  à laisser fermées.Pascal écrivait :  « Je crains que ce qu’on appelle la nature ne soit qu’une somme d’habitude et que l’habitude soit une seconde nature » Comme pour illustrer le propos, à trois cents kilomètres plus au Nord, un autre poste frontière, sur la route reliant Oujda la marocaine à  Maghnia l’algérienne. Un autre cul-de-sac. Le colonisateur ne s’y était pas trompé. Il l’avait baptisé « Zouj Beghal », les deux mules. Essayez d’en faire dialoguer deux !  L’appellation qui prend pourtant des allures d’insulte, dans cette région du monde, colle si bien aux deux protagonistes, qu’ils l’ont officialisée, d’un commun accord, comme pour mieux admettre leur stupide entêtement, face à l’histoire de l’humanité qui s’écrit chaque jour un peu plus, en termes d’ouverture des esprits et des frontières.
Figuig 60Jusqu’à ce que les deux voisins comprennent enfin que le salut de leurs peuples viendra de la paix, la palmeraie continuera de ressembler à une caricature de ville. Et le jour où la paix aura, enfin droit de cité, dans cette partie du monde, ce  jour-là et ce jour là seulement, peut-être une main bienveillante daignera ajouter, les  deux points qui manquent depuis toujours à Fijij cette morne plaine, pour en faire enfin Figuig, la plus belle des oasis !
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=23815

 *

mercredi 26 décembre 2012

Depuis dix jours Figuig proteste contre la marginalisation, la misère, le laisser-aller et la « hogra ».

23-12-2012, devant le Pachalik !

Rue Ladouane, Zenaga !
Rue Ladouane, Zenaga !
Lundi 17-12-2012, la ville de Figue a marqué un arrêt de toute activité et une fermeture de tous les commerces ainsi qu’une marche vers les administrations et les services locaux. Mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi, les protestataires ont marqué des sit-in devant les bureaux du Pachalik et de la municipalité scandant des slogans hostiles à la marginalisation, à la misère, au laisser-aller et à la « hogra ».
Aujourd’hui 23-12-2012, la ville a connu une marche populaire grandiose beaucoup plus grande que la première. Très impressionnante même ! Elle regroupait tous les ksour de Figuig et ses quartiers : hommes, femmes et enfants s’y côtoyaient. Les commerces ont fermé vers 8h 30mn et une marche populaire a été organisée vers 15h 30mn. Les manifestants ont donné rendez-vous à Tachraft à Zenaga où les manifestants de Figuig d’en Haut ont rejoint ceux d’en bas. La marche a ensuite pris la direction de la Douane puis Baghdad pour arriver en fin au quartier administratif. Les manifestants ont parcouru un circuit traversant toutes les administrations et les services pointés du doigt comme, entre autres, responsables de la situation où se trouve la ville.
 
A 8h 30 mn, tout commercé est arrêté !
 
Place Tachraft désertée !
De négociation à l’horizon, on n'en voit guère ! On parle de sages de la ville (entendez riches originaires de la ville) qui viendraient pour calmer le jeu mais apparemment certains d’entre eux, les précoces ou les plus avertis surtout, sont arrivés vite pour s’accaparer les carrières d’extraction de la pierre et du sable pour ainsi réduire à l’état de mendiants toutes les familles de Figuig qui survivent grâce au sable et au roc de cette ville agonisante.
 
Zenaga, attente de l’arrivée des habitants des ksour d’en haut !
 
                                     Arrivée des ksour d’en haut à Zenaga ! (convoie funéraire de Figuig)
Il faut dire que les téléphones portables IAM ont été coupés dans l’ensemble de la ville le mercredi. Certaines communications du téléphone fixe ont ensuite été brouillées vers le vendredi et le journal Figuignews.com a été muselé du samedi au dimanche.
- Au niveau national, la presse écrite indépendante (Al-massae, Al-khabar, Arraey…) couvre ces événements et certains journaux on line en font échos (demainonline.com)
- La télévision nationale a, en guise de couverture des événements que connaît la ville, montré un documentaire sur ce qu’elle appelle Souq-Ennssa (marché aux femmes). Ceci a été accueilli par les Figuiguiens avec beaucoup d’amertume, de colère et de frustration et interprété comme une gifle à Figuig, aux Figuiguiens et à la femme de Figuig surtout. Par ce documentaire, les gens, ici, comprennent que les oreilles officielles sont fermées et le peuple réduit à une curiosité digne d’un documentaire comme celui réservé aux animaux sauvages !

 
En avant ! Longue marche
 
« Après le blocus, Figuig rend l’âme ! Nous sommes à Dieu et à lui nous retournons !»
 Vers le quartier administratif, remarquez les palmes qu’on utilise lors des funérailles
En avant !Longue Marche de colère !
 
Un peuple en colère !
 
Peuple uni !Près de la clinique de feu Hamoudouddou !Très nombreux !
 
Institutions obsolètes
La mort de Figuig !
 

Immense foule devant l’hôpital très médiocre de Figuig,cliniquement mort!

 
Devant la Municipalité et le pachalik ! Nombreux, très nombreux !
Tous unis contre la hogra ! Femmes et enfants, grands et petits !

 
Toutes les autorités sont huées !Une présence intense !
Les peuples ne se trompent jamais !
Tous présents !
 
Dimanche 23-12-2012, le soleil se couche mais pas le peuple !

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  • Sans détour:

    Seul un inconscient ou un aveugle délibéré pourrait minimiser la portée sociale et politique des récents mouvements sociaux dans Figuig, Tata, Marrakech..., des contrées éloignées du centre politique de l'État centralisateur marocain. Ils montrent que l'exaspération de la population gagne de plus en plus de régions. À ce rythme, la question qui se pose n'est pas de savoir si d'autres zones rejoindront la même dynamique (c'est certain, vue l'état insatisfaisant du pays), mais quand tous ces mouvements se rejoindront pour déboucher sur une transformation politique d'ampleur historique de la fabrique nationale marocaine.
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Tentative de black-out à Figuig ?





    Les habitants de Figuig manifestent depuis une semaine pour protester contre leurs conditions de vie. Les communications téléphoniques ont été brouillées lors des rassemblements et l'unique site d'actus de la ville (figuignews.com) a été fermé pendant plus de 24h.
    « Figuig rend l'âme ! ». Excédés par le manque d'infrastructures et la mauvaise qualité des services publics, les habitants de la petite ville frontalière de Figuig vivent depuis une semaine au rythme des sit-in et des manifestations, le tout sous forte présence policière.
    L'étincelle qui a mis le feu aux poudres, c'est la condamnation d'un habitant le 17 décembre dernier, accusé d'exploiter illégalement une carrière. « Les gens ici ont l'habitude d'exploiter un peu de sable, avec des autorisations provisoires délivrées par la mairie. C'est un moyen de subsistance », explique Abderrahman Dadi, militant associatif de Figuig. Or y a quelques jours, la gendarmerie a arrêté un de ces habitants, qui a été condamné lundi dernier à une amende de 30 000 DH. La population s'est immédiatement mobilisée pour le soutenir.

    Réseau de Maroc Télécom bloqué ?

    Ce sont d'abord les commerces qui ont fermé le 17 décembre, avant une marche vers les administrations et les services locaux. Toute la semaine, « les protestataires ont marqué des sit-in devant les bureaux du Pachalik et de la Municipalité scandant des slogans hostiles à la marginalisation, à la misère, au laisser-aller et à la hogra », relate le site local « Figuig News ».
    Mercredi dernier, le réseau de Maroc Télécom a été bloqué selon plusieurs sources concordantes. La coupure a eu lieu juste avant le début de la manifestation. Plusieurs habitants dénoncent également un brouillage des communications jusqu'au weekend dernier.
    Figuig News, le seul site d'informations de la ville, a lui-même été victime d'une attaque ce weekend. « A partir de samedi matin, le site a été fermé. J'ai essayé de contacter l'hébergeur pour avoir des explications, en vain. Le site n'a été rétablit que le lendemain vers midi », nous explique le responsable de Figuig News, Hassan Amara. Contacté par Lakome, l'hébergeur du site, domicilié à El Jadida, assure de son côté que « personne n'a demandé à ce que ce site soit fermé. Seule une décision de justice le permet. C'est peut être une attaque ». Il n'en dira pas plus. Un autre site de la région, Oujda24.net, qui couvrait également les événements, a lui aussi été attaqué et piraté du vendredi au dimanche...

    Négociations avec les autorités

    Hier dimanche 23 décembre, a eu lieu la plus grande marche organisée depuis le début de la contestation. Les habitants des ksour et quartiers de Figuig se sont rassemblés et ont fait le tour de la ville jusqu'au quartier administratif. Aujourd'hui, la situation semble s'être calmée selon les témoignages recueillis par Lakome. « La délégation provinciale du ministère de l'Intérieur à Bouarfa est venue pour tenter de  négocier», croit savoir un acteur associatif de la ville. Contacté par Lakome, le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, est resté injoignable.