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mardi 19 avril 2011

Maroc : Bienvenue au siège de la DST à Témara

Par Demain online, 19/4/2011
Le siège de la DST à Témara, dans la banlieue de Rabat, n’est pas seulement un simple complexe de bureaux. Il est étalé sur plusieurs hectares où sont installées des antennes satellitaires. On peut remarquer également d’autres types d’antennes et même une sorte de route à deux voies qui peut permettre l’atterrissage de petits avions, genre Cessna.

Ce que l’on ne voit pas, par contre, c’est la prison souterraine dont les cellules servent de salles de torture comme ont pu témoigner plusieurs hôtes, marocains et étrangers, qui y ont été « invités ».
(Ecoutez le témoignage de la vidéo http://www.demainonline.com/?p=2545).
Photo satellitaire du siège de la DST à Témara
D’ailleurs, si on regarde bien, le siège de la DST est ceinturé par une double fortification, et sûrement une cloison. Ce qui prouve que c’est bel et bien une prison.

Communiqué de l'AEDH : "Accueillir les migrants: l'UE face à ses responsabilités"

Bruxelles, le 11 avril 2011

Combien de disparitions tragiques en mer Méditerranée faudra-t-il encore pour que l’Union européenne se décide à assumer ses engagements internationaux et à accueillir les migrants qui, venant du Maghreb, se présentent actuellement à ses frontières ?
L’AEDH déplore la disparition des centaines de migrants somaliens et érythréens après que leur embarcation a chaviré près de l’île italienne de Lampedusa le 6 avril dernier. Elle reconnaît que l’Union européenne n’a certes pas pu anticiper le flux de migrants que génèreraient les révolutions du monde arabe, mais elle estime que les États membres n’en ont pas moins la responsabilité d’accueillir dignement les migrants arrivés en Europe ces dernières semaines et de proposer des solutions pour contribuer à la réinstallation des dizaines de milliers de réfugiés qui, tentant de fuir la Libye, n’ont pas d’autre issue que de rejoindre la Tunisie ou l’Égypte.
La politique de sécurisation des frontières de l’Europe s’avère lourde de conséquences puisque, contraints de prendre toujours plus de risques pour éviter les contrôles, nombre de migrants trouvent chaque année la mort en tentant de déjouer les barrages dressés devant eux. Que l’Union européenne, par la voix de la Commissaire chargée des questions d’immigration, Cecilia Malmström, envisage de renforcer, une fois de plus, les moyens de Frontex témoigne du peu de prix que l’Europe attribue à la vie des « étrangers ».
Qu’en cette période - difficile mais réjouissante - de reconstruction démocratique et économique de la Tunisie, elle s’obstine à vouloir lui imposer le contrôle de ses frontières et le retour de ses ressortissants montre le peu d’ambition qu’elle accorde au partenariat euroméditerranéen.
L’AEDH rappelle que nul ne peut être privé du droit à quitter son pays. Migrer, quitter son pays, quel qu’en soit le motif est toujours un choix douloureux, mais un choix personnel qu’aucune mesure étatique, y compris d’enfermement, ne pourra empêcher dans un monde où circulent librement marchandises, services et capitaux et où la liberté de circulation des personnes est et doit être un droit.

L’AEDH considère que l’Europe ne peut se décharger de sa responsabilité d’accueil des requérants sur les pays tiers et doit garantir un accès au territoire européen des migrants en quête d’asile ou de protection, du fait de la situation dans leur pays d’origine. L’accueil des migrants par les Etats membres ne doit pas se limiter à tolérer leur présence sur leur territoire mais doit concrètement engendrer l’octroi d’un titre de séjour. Dans ce contexte, elle estime choquant et indigne le jeu de ping-pong auquel se livrent certains États.
L’AEDH demande, en conséquence, au Conseil de l’Union de mettre en oeuvre et sans délai le dispositif permettant d’accorder la protection temporaire prévue par la directive du 20 juillet 20011 à toutes les personnes pouvant s’en prévaloir.
L’AEDH appelle également l’Union européenne et les États membres à témoigner de leur solidarité internationale et de leur engagement à faire vivre la convention de Genève par l’accueil des réfugiés sub-sahariens ainsi qu’à la solidarité entre Etats membres dans l’accueil des migrants.
Contact :
Pierre Barge, Président
AEDH, Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme
33, rue de la Caserne. B-1000 Bruxelles
Tél : +32(0)25112100 Fax : +32(0)25113200 Email : aedh@aedh.eu
L'Association Européenne pour la Défense des Droits de l'Homme (AEDH) regroupe des ligues et associations de défense des droits de l'Homme des pays de l'Union Européenne. Elle est membre associé de la Fédération internationale pour la défense des droits de l'Homme (FIDH). Pour en savoir plus, consultez le site www.aedh.eu
1 Directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l'octroi d'une protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil

lundi 18 avril 2011

Maroc : Attac-Maroc, une ONG altermondialiste boycotte la commission de révision de la Constitution

APS, 17/4/11
Une ONG altermondialiste marocaine Attac-Maroc a rejoint le camp des associations et organisations ayant refusé de répondre favorablement à l’invitation de la commission ad hoc chargée de réviser la Constitution marocaine.

Attac-Maroc, ONG non reconnue mais tolérée, très active dans les rassemblements initiés par le mouvement Jeunes du 20 février, réclamant des changements politiques profonds au Maroc, a justifié son refus par «l’illégitimité de cette commission». Dans un communiqué elle a estimé que les propositions de cette commission consultative «peuvent être ignorées». «Nous aurions souhaité contribuer à la réflexion autour d’une nouvelle Constitution. Mais malheureusement, les conditions de démocratie ne sont pas réunies dans cette commission», fait remarquer Attac-Maroc. Avant le boycott de cette ONG, le Parti socialiste unifié (PSU), l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), les Jeunes du 20 février et la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’homme (LMDH) avaient annoncé qu’ils rejetaient l’appel de la Commission consultative de révision de la Constitution. Ils ont considéré cette commission comme «non élue», «non démocratique», «non légitime» et «ne reflétant pas la volonté du peuple marocain».

Du 28 mars jusqu’au 7 avril, la commission ad hoc, composée de 18 membres, avait consacré ses travaux à l’écoute des propositions et des conceptions des partis politiques et des syndicats sur la révision de la Constitution à laquelle avait appelé le 9 mars dernier le roi Mohammed VI. Après cette date, les séances consultatives de la commission se poursuivaient par l’écoute des organisations de jeunes et des acteurs associatifs, culturels et scientifiques marocains.
Elle devrait achever ses travaux le 15 juin prochain avant de remettre ses résultats au roi le lendemain (le 16 juin) qui décidera de la date du référendum pour la révision de la Constitution.
La décision de révision de la Constitution est intervenue après les différentes manifestations qui se sont déroulées à travers le pays pour réclamer des changements politiques. Malgré la décision de réforme de la loi fondamentale, les marches et rassemblements se sont poursuivis, le discours royal n’ayant pas convaincu les manifestants qui réclament des changements démocratiques, notamment l’instauration d’une monarchie parlementaire dans laquelle «le roi règne mais ne gouverne pas». D’autres marches sont prévues pour le 24 avril.
http://www.elwatan.com/international/une-ong-altermondialiste-boycotte-la-commission-de-revision-de-la-constitution-17-04-2011-120847_112.php

La ligue marocaine pour la défense des droits de l'Homme présente sa conception des réformes constitutionnelles


Par Maghreb Arabe Presse, 14/4/2011

Dans un mémorandum remis à la presse à cette occasion, la LMDH a préconisé la constitutionnalisation de l'ensemble des volets civils, politiques, socio-économiques, culturels et environnementaux des droits de l'Homme et la consécration de la primauté des conventions internationales sur les lois nationales.

La ligue a plaidé également pour la constitutionnalisation du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) en tant qu'institution nationale indépendante, et de l'Institution du médiateur, insistant sur l'impératif de renforcer les droits à la vie, la protection de la dignité humaine, la liberté de culte, et le droit d'accès à des médias publics ouverts sur tous les courants politiques.
Elle a souligné aussi l'impératif de constitutionnaliser les droits culturels et linguistiques, proposant à cet égard l'officialisation de l'Amazighe en tant que langue nationale.

D'autre part, la Ligue a suggéré le renforcement des attributions du gouvernement en conférant à son chef la capacité de désigner les ministres et de procéder à des remaniements gouvernementaux.
Pour renforcer l'indépendance de l'autorité judiciaire, la LMDH a proposé que la présidence du Conseil supérieur de la magistrature soit confiée au premier président du Conseil.

La Ligue a tenu souligner qu'elle compte suivre le débat national engagé autour des réformes constitutionnelles, notant que l'objectif de cette dynamique réformatrice est d'instaurer un Etat de droit.

La LMDH a par ailleurs expliqué son boycott des consultations tenues par la Commission consultative de révision de la constitution, par sa volonté de protester contre la façon dont a été constituée ladite Commission.

14/04/2011 17:23.
(MAP) Maghreb Arabe Presse,

Interview : Kacem El Ghazzali, blogueur et libre penseur marocain


Par LePost, 10/4/2011

Bien que n’ayant que 20 ans, Kacem El Ghazzali occupe des postes importants dans plusieurs associations de défense des Droits de l’Homme dans son pays. Il est le responsable de la section "Jeunesse" du Centre Marocain des Droits Humains et fait partie du bureau de l’Association des Blogueurs Marocains. Il a également créé le « bahmut blog », un des blogs les plus polémiques du monde arabe, et a été victime de menaces de mort. Kacem est un fervent défenseur de la séparation de la religion et de l’État et vient de lancer un blog en anglais (http://atheistica.wordpress.com/) pour ceux qui s’intéressent à l’athéisme et aux minorités du monde arabe mais ne parlent pas cette langue.

- Bonjour Kacem. Quel est ton rapport avec la religion ?
J’ai grandi dans une famille musulmane soufiste où la religion était quelque chose d’essentiel. Prier et apprendre le Coran étaient devenus tellement naturels pour moi que mon père rêvait que je devienne imam ou faqih. C’est pour cela que j’ai arrêté l’école pendant 2 ans pour être envoyé dans un institut spécialisé dans l’étude du Coran et de la tradition coranique. Il fallait que j’apprenne le Coran et beaucoup de Hadiths par cœur. Nous ne posions jamais de questions et n’osions pas débattre de ce qu’on apprenait ; notre seul souci était de mémoriser et d’obéir aux enseignements du Coran et de la Tradition. Pendant ces deux années, je n’ai pas pu mettre de shorts : je portais toujours l’habit traditionnel islamique et j’ai même dû suivre des enseignements ridicules comme couper le bas des jambes de mon pantalon pour qu’elles arrivent juste au-dessus des chevilles, parce que Mahomet nous l’avait ordonné.
Je ne me suis jamais senti à l’aise dans cet endroit ; j’avais la nostalgie de mon école où j’apprenais les maths et la philosophie, et mes amis et ma famille me manquaient car je ne pouvais les voir qu’une fois par mois.
Ce fut une période décisive dans mon rejet ultérieur de l’Islam, et de la religion en général.
En quelques mots, et pour ne pas répéter ce que tous les ex-musulmans disent, je pense que la vie est une graine qui ne peut pas pousser dans le sol de l’Islam. L’Islam est un poison mortel qui empêche la plante de grandir et de combler les besoins de nos sens.
Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours posé plein de questions – des questions existentielles qui avaient tendance à me perturber. Je n’ai jamais considéré le Coran comme un texte sacré mais plutôt comme un objet de la maison comme un autre. J’ai souvent demandé à ma mère pourquoi elle gardait un Coran dans ses affaires alors qu’elle ne sait ni lire ni écrire… C’est peut-être pour cela que j’ai vu la lecture et la récitation du Coran comme n’importe quelle autre habitude ou tradition culturelle que l’on fait au quotidien et que j’ai dissocié ces activités de toute signification religieuse ou spirituelle ; pour moi, c’était juste quelque chose que l’on faisait de manière répétitive comme aller aux toilettes ou porter tel ou tel vêtement…
C’est peut-être aussi ce qui a facilité ma capacité à analyser et à débattre du contenu de ce livre avec une approche sceptique, logique et scientifique.
Du coup, je me suis forgé des positions très tranchées envers la religion et les concepts qui y sont associés tels que "dieu", "punition", "récompense", et cela a engendré des changements considérables dans ma vie et mes relations avec les autres.

- Tu as été victime de menaces de mort. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Je suis pas le seul à avoir reçu des menaces de mort de la part de protecteurs de la religion islamique ; ce n’est pas nouveau, il y a tellement d’esprits libres qui ont été privé de leur droit sacré à la vie par les guerriers d’Allah. Le croyant qui protège son dieu en assassinant quelqu’un n’a aucun respect pour le dieu en question. Si Allah le tout-puissant ne peut ni faire de moi un croyant ni se protéger lui-même, pourquoi devrais-je donc le vénérer ?
Le croyant insulte Allah sans le savoir lorsqu’il dit “je défends Allah”, car nous ne défendons que celui qui ne peut pas se défendre lui-même.
Hélas, je continue à recevoir des menaces de mort sur mon blog, ou même récemment par téléphone. Ces menaces continueront tant que je dénonce tout ce qui se cache derrière ces bandits de la religion qui ne croient qu’à la violence, au meurtre et au terrorisme. Ils accusent les athées d’insulter la religion mais ne voient-ils pas que cette même religion insulte n’importe quel esprit libre qui en appelle à la logique et à la raison ? C’est comme déclarer la guerre à quelqu’un et s’attendre à ce qu’il ne réagisse pas alors que vous pointez votre fusil sur lui en attendant le signal de le tuer !

-Plus généralement, comment vit-on lorsqu’on est athée dans un pays musulman ?
Une personne douée de raison ne peut pas vivre en paix au sein d’une culture ou avec une religion qui prône d’abandonner tout raisonnement logique et de s’en remettre totalement à des textes religieux qui n’ont jamais été modifiés pour suivre l’évolution du monde. Il vous suffit de réclamer l’application des Droits de l’Homme et de vivre votre vie comme vous l’entendez pour être insulté et menacé, même sans être athée. Et si vous l’êtes, vous risquez la décapitation. Ils le feront avec la joyeuse perspective de trouver toutes ces vierges et ces garçons qui sont censés les attendre au Paradis. C’est la loi de la jungle.
J’affirme que tout musulman rêve d’être un martyr pour avoir sa place assurée au Paradis, mais les gouvernements de ces pays font des choix politiques et en appellent à l’armée pour les en empêcher. Si à l’avenir la situation devait changer, ils tueront les non-croyants.

- Quels sont tes projets ?
J’essaie de trouver un endroit sûr pour vivre, où un système laïque organise la société, où le droit au respect des croyants et des non-croyants et leur égalité devant la loi sont garantis. J’espère aussi avoir la possibilité de reprendre mes études puisque j’ai été exclu du système scolaire à cause de mes engagements anti-religieux.

- Que penses-tu de ce qui se passe en ce moment dans les pays arabes ? Crois-tu que le Maroc sera bientôt concerné lui aussi ?
L’objectif de la révolution est la distribution équitable des richesses sans suivre une orientation politique particulière.
Cette période sera décisive pour le monde arabe s’il arrive à préserver le droit à la différence et ne tombe pas dans le piège de l’idéologie. La dictature est une étape historique essentielle sur le chemin qui mène à la démocratie. Le Maroc a connu cette étape avec Hassan II et le Ministre de l’Intérieur Driss Basri qui été surnommé "le deuxième roi", et qui a continué avec la création du parti soutien du roi "Assala wa Al Mo'assara" ; ainsi le roi a pu rester le chef politique, militaire, économique et spirituel du pays. Les Marocains ont besoin de la royauté, mais il faut que ce soit un monarchie parlementaire, où le roi règne mais ne gouverne pas et laisse le peuple décider pour lui-même, sans limiter ou censurer les opinions d’un groupe ou d’un parti politique.

- J’ai certainement oublié de te poser une question à laquelle tu aurais aimé répondre. Quelle est-elle ?
En toute sincérité, j’aimerais adresser un message au monde libre : il faut appeler à l’abolition de la Shari'a. C’est une loi qui est inspirée du Code d’Hammurabi et que l’islam a copiée des Juifs, et que même les Juifs les plus intégristes n’acceptent plus d’appliquer aujourd’hui. C’est comme une arme de destruction massive. Savez-vous que lorsque la Shari'a a été appliquée au Soudan, plus de 7000 mains ont été coupées ? Sans compter les milliers de mains et de pieds coupés suite à des vols avec arme. Savez-vous qu’à ce jour, plus de 2000 femmes ont été lapidées à mort en Iran ? Nous, les esprits libres de ce monde, ne pouvons accepter qu’une loi qui prône la lapidation, l’amputation et la flagellation continue à exister. Que font les Nations Unies ? Pourquoi le monde ignore-t-il un tel sadisme ?
http://www.lepost.fr/article/2011/04/10/2461639_interview-kacem-el-ghazzali-blogueur-et-libre-penseur-marocain.html

L’Etat français bloque les migrants du Maghreb


Par la LDH fédération des Bouches du Rhône, 17/4/2011

Après avoir proposé ses compétences en matière de « maintien de l’ordre » quand les Tunisiens renversaient leur président dictateur, la France s’illustre en fermant sa frontière italienne aux migrants principalement tunisiens.

Malgré l’information qu’aucun train n’arriverait d’Italie ce dimanche 17 avril après midi, une trentaine de citoyennes, citoyens, militants associatifs (Cimade, RESF, LDH…) se sont rassemblés à la gare St-Charles de Marseille.
La police était elle aussi au rendez-vous, dans les mêmes proportions.
Après un ou deux mois d’errance ou d’enfermement en Italie, plusieurs milliers de migrants originaires du Maghreb ont enfin reçu des permis de circuler dans l’espace Shengen.
Mais la France, par la voix de son sulfureux ministre de l’Immigration Claude Guéant, a aussitôt indiqué qu’elle ne les laisserait entrer sur son territoire qu’à des conditions draconiennes.

Ainsi, le projet de « Train de la dignité » de Gênes à Marseille ce dimanche 17 avril 2011 a été le prétexte pour fermer toutes les liaisons ferroviaires entre l’Italie et la France et contrôler très sévèrement l’axe routier. Ce soir encore, ces dispositifs policiers sont en place.

A quoi cela sert-il d’afficher une fermeté aussi inefficace que scandaleuse ?
L’Etat français, dans son aveuglement xénophobe, compte-t-il fermer sa frontière italienne pendant 1 jour ? 1 mois ? 1 an ?
Pense-t-il que les migrants maghrébins ou autres ont fui des dictatures et traversé la Méditerranée au péril de leur vie pour s’arrêter aux portes du « pays des droits de l’Homme » parce qu’une opération désespérée de reconquête des voix (re)parties à l’extrême droite est à l’œuvre ?
Quelle honte !

Nous, citoyens marseillais, membres d’organisations pour qui les valeurs de liberté et de fraternité ne sont pas que des mots, nous nous préparons à accueillir et à aider dans la dignité les migrants qui inévitablement arriveront d’Italie dans les prochains jours.
VIDEOS


Abdelhamid Amine à Mohammedia le 21/4/2011

Par Ali Fkir, 18/4/2011
l'AMDH, section de Mohammedia organise une rencontre publique avec le militant Abdelhamid Amine sur la constitution et ce le jeudi 21 avril 2011 à Dar Chabab Ibnou Khaldoun Mohammedia Al Alia à partir de 18h 30

De : azlaf zahra


الجمعية المغربية لحقوق الإنسان

فرع المحمدية

دعوة

في إطار المطالب الأساس للجمعية المغربية لحقوق الإنسان و التي رفعتها منذ سنوات و منها مطلب:" إقرار دستور ديمقراطي يرسخ قيم و معايير حقوق الإنسان الكونية"يتشرف مكتب فرع الجمعية بالمحمدية بدعوتكم لحضور نشاط حقوقي حول الدستور و الذي سيؤطره الأستاذ عبد الحميد أمين نائب رئيسة الجمعية المغربية لحقوق الإنسان.

و سينظم هذا النشاط يوم الخميس 21 ابريل 2011 من الساعة السادسة و النصف بالقاعة 5 بدار الشباب ابن خلدون العاليا- المحمدية.



Syrie, Algérie, Maroc… Des concessions pour calmer la rue

Par Pierre Haski, Rue89,16/4/2011

Alors que le monde arabe continue d'être traversé par l'onde de choc des révolutions tunisienne et égyptienne, certains chefs d'Etat font des concessions de forme pour calmer l'attente de leur population. Le Syrien Bachar al-Assad et l'Algérien Abdelaziz Bouteflika se sont tous les deux adressés à leur pays et ont fait des annonces, tandis que le Maroc libérait des prisonniers politiques.

► Syrie : vers la levée de l'état d'urgence
En Syrie, où les protestations ne faiblissent pas dans plusieurs villes du pays, réprimées au prix de dizaines de morts depuis un mois, le président Assad a annoncé samedi que l'état d'urgence serait levé d'ici une semaine.
Un état d'urgence en vigueur depuis… quatre décennies, depuis que son père, Hafez al-Assad, a pris le pouvoir à la tête du régime baasiste.

S'exprimant devant le nouveau gouvernement formé jeudi, Assad a prévenu qu'une fois l'état d'urgence levé, il n'y aurait plus d'« excuse » à la contestation qui secoue le pays :« Après cela, nous ne tolérerons aucune tentative de sabotage. »

Toutefois, de nouvelles manifestations ont été signalées sur les réseaux sociaux dans la foulée du discours du président syrien. Sur YouTube, on pouvait ainsi voir ces images d'une manifestation de femmes qui se serait déroulée à Banyas, sur la côte méditerranéenne, où s'étaient produites de sanglantes confrontations ces derniers jours. (Voir la vidéo)
L'annonce de la levée de l'état d'urgence, si elle est symboliquement importante, n'est certainement pas de nature à changer la donne en Syrie, Etat policier s'il en est, et dont le quadrillage par les Moukhabarat, la police politique, n'en sera certainement pas allégé pour autant. Au contraire, la menace que fait peser sur le régime baasiste la progression spectaculaire du mouvement de protestation né à Deraa, dans le sud du pays, il y a un mois, ne fait qu'accroître le besoin de surveillance et de contrôle.

Vendredi, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) avait accusé les Moukhabarat de s'être livrés à des actes de torture vis-à-vis des personnes interpelées depuis le début du mouvement, et dont certaines ont été libérées et ont pu raconter les sévices subis. HRW cite notamment le cas de trois enfants, et commente :
« Il ne peut pas y avoir de véritables réformes en Syrie tant que les forces de sécurité font subir de tels abus à la population en toute impunité. »

► Algérie : révision constitutionnelle
En Algérie, c'est une toute autre situation, et le discours du président Bouteflika, vendredi soir, apparaît comme une initiative préventive. Le mouvement de protestation politique initié après les révolutions tunisienne et égyptienne n'a pas connu, dans ce pays, l'ampleur qu'on lui a connu ailleurs, laissant une plus grande marge de manœuvre au pouvoir.

Dans son discours, Bouteflika, qui semblait fatigué et aurait enregistré à plusieurs reprises son texte qu'il lisait d'une voix faible, a annoncé une révision de la Constitution, afin de « renforcer la démocratie ». Il a notamment évoqué la révision de la loi électorale, de la loi sur les partis, sur l'information. Il avait déjà annoncé, dans un précédent discours, la levée de l'état d'urgence.

Mais il a, lui aussi, lancé une mise en garde :
« Nul n'a le droit de réinstaller, d'une façon ou d'une autre, la peur dans les familles algériennes, inquiètes pour la sécurité de leurs enfants et de leurs biens ou, plus grave encore, l'inquiétude de toute la nation sur l'avenir de l'Algérie, son unité, son indépendance et sa souveraineté nationale. »

Au même moment, comme en écho à ces paroles, une embuscade attribuée à des islamistes a fait treize morts parmi les militaires algériens en Kabylie, l'un des bilans les plus lourds depuis plusieurs années en Algérie.
La une du site d'El Watan.Les réactions au discours de Bouteflika ont été très mitigées, un « non-événement » pour le quotidien El Watan. Et la plupart des commentaires des Algériens portaient plus sur la forme – la fatigue du chef de l'Etat, qui est agé de 74 ans – que sur le fond, des réformes dont nul ne s'attend à ce qu'elles changent réellement la donne dans le pays.

Maroc : libération de prisonniers politiques

Au Maroc, enfin, où le roi Mohammed VI a déjà pris l'initiative de lancer un chantier de réforme constitutionnelle en réponse aux premières manifestations lancées sur Facebook par des jeunes de la société civile, une grâce royale a été prononcée vendredi en faveur de 190 prisonniers (dont quelques prisonniers politiques ndlr)
Les premiers sont déjà sortis de prison, d'autres ont vu leurs peines réduites ou même, dans certains cas, des peines de mort pour terrorisme commuées en peines de prison.
Le roi veut visiblement garder l'initiative pour marginaliser le mouvement de protestation, qui est divisé sur la voie à suivre alors que le pouvoir donne l'impression de s'ouvrir et de se réformer.
L'éditorialiste du magazine marocain Tel Quel résume ainsi la donne :
« La tiédeur dans laquelle on s'est installé depuis la (formidable) marche du 20 mars est un leurre. Elle ne signifie pas que tout est rentré dans l'ordre et que chacun peut vaquer, après la “parenthèse révolutionnaire”, à ses petites occupations.
Oh que non. Le Maroc bouillonne, même si c'est plutôt de l'intérieur, sous la surface. La parenthèse ouverte depuis le 20 février n'est pas refermée, elle a simplement pris la forme d'une partie d'échecs et ce n'est pas plus mal. Chacun dispose ses pions et essaie de les avancer selon les possibilités qui lui sont offertes, en fonction des moyens et des cartes en sa possession.
Et, à ce petit jeu-là, il est clair que le roi a pris une certaine longueur d'avance. Il a marqué des points. Mais, étant donné que c'est lui et lui seul qui détient (par la Constitution et par les codes qui définissent l'acte politique au Maroc) tous les pouvoirs et toutes les clés, on n'en attendait pas moins de sa part. »
Ces annonces politiques, en Syrie, en Algérie ou au Maroc, sont autant de réponses à un mouvement de fond qui ne faiblit pas dans le monde arabe, malgré les victimes, très nombreuses désormais, qui, en Libye où le soulèvement de la population s'est transformé en guerre ouverte avec la participation des avions de l'Otan, ou dans des pays comme le Yémen, Bahreïn ou la Syrie, qui ont réprimé sans ménagement les protestations.

Paris : Meeting autour du mouvement du 20 février au Maroc

Khalid Gueddar
Par Ayad Ahram, ASDHOM, 18/4/2011

Le Comité Marocain de Suivi du 20 février organise un meeting à l’annexe de la bourse du travail de Paris (République), vendredi22 avril à 19h,  autour du mouvement du 20 février au Maroc.
Ibtissam Lachgar
Avec la participation de Khalid Gueddar et Ibtissam Lachgar

Voir l’affiche sur le lien suivant :
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Mohammedia : Le combat pour le changemnt continue

 Par Ali Fkir, 17/4/2011
Des centaines d'habitant-es de Mohammedia ont assisté au sit in organisé par la "coordination de Mohammedia pour le changement (liberté, dignité, démocratie)" le dimanche 17/4/2011.
Le sit in a connu un grand succès grâce surtout à la présence des démuni-es en général et des bidonvillois-es en particulier.
Les organisateurs ont annoncé à la fin du sit-in la décision d'organiser le dimanche 24 une marche populaire à Mohammedia
Aucune fausse note n'est à signaler.
La marche pour changement continue
                     
 
 
 
 
 

dimanche 17 avril 2011

Maroc. D’un combat à l’autre. Il faut libérer Zakaria Moumni

Par Ayad Ahram ASDHOM, 17/4/2011

Zakaria Moumni est un jeune sportif marocain qui a décroché, en 1999 à Malte, le titre de champion du monde de Light Contact dans la catégorie Senior à seulement 19 ans (seul Arabe et Marocain qui plus est dans cette discipline de la Boxe thaïlandaise). A ce titre et comme le prévoit le décret du 9 mars 1967 (Dahir royal n°1194-66 de Hassan II), Zakaria avait le droit à une bourse mensuelle. Zakaria n’en a pas vu la couleur et lorsqu’il a réclamé son droit légitime, son combat sur les rings s’est brutalement arrêté, cédant la place à un autre combat contre l’injustice. Il s’est retrouvé victime d’un procès monté de toutes pièces où il a été condamné à 3 ans de prison ferme.

Zakaria a été enlevé le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat à sa descente de l’avion qui le ramenait de Paris où il vit depuis plusieurs années avec sa femme, ressortissante française. Il a été conduit en voiture banalisée, couchée sous une veste, les yeux bandés, au centre de torture de Témara, à quelques kilomètres de Rabat où il va subir les pires sévices durant 96 heures : après avoir été mis nu, il a été torturé à l’électricité, tabassé sur les tibias avec des barres de fer (c'est un champion de Kick boxing, ses jambes c’est sa force pour travailler). On l’a laissé menotté 4 jours sur une chaise, les yeux bandés 24/24, sans jamais lui permettre de se mettre debout, ni de s'allonger. Il n'a pas dormi pendant 4 jours. On l’a également obligé à rester agenouillé toute une nuit. Dès qu'il vacillait, il était frappé. Ils se sont relayés jour et nuit pour "l'interroger" sans jamais le laisser dormir et dès qu'il s'endormait, ils le frappaient. Sous la torture et les yeux toujours bandés, Zakaria a signé des documents qui vont le faire condamner.
Il a enduré cette situation jusqu’à son procès inique qui s’est tenu le jeudi 30 septembre 2010 à huis clos (sans plaignants et sans avocat).

Alerté par Madame Moumni, Me Abderrahim Jamaï va prendre le dossier en main pour découvrir que Zakaria a été condamné lundi 4 octobre pour « escroquerie » : deux soi-disant plaignants - qui ne se sont présentés, tout comme leur avocat, ni au procès du 30 septembre, ni au jugement du 4 octobre- affirment que Zakaria leur aurait pris de l'argent contre la promesse de contrats de travail en Europe. Personne n’a encore vu ces « plaignants » qui ne se sont jamais présentés aux différentes audiences du procès. Les recherches de Maître Jamaï faites sur leurs identités montrent simplement qu’ils n’existent pas. Me Jamaï a sollicité devant la cour la convocation de ces deux personnages, mais il s’est avéré officiellement qu’ils sont inconnus dans leurs adresses indiquées sur le PV. Me Jamaï a également sollicité la convocation de l’agent de police qui a préparé le PV. Cette dernière a été rejetée. L'appel réclamé par Me Jamaï -après 4 reports successifs, car jamais, ni les plaignants ni leur avocat ne se sont présentés- a confirmé, le jeudi 13 janvier 2011, la peine de prison ferme en la réduisant de six mois.

Zakaria se préparait depuis un an pour participer aux Championnats du Monde WKA de Kick boxing et boxe thaïlandaise qui devaient commencer le 23 octobre 2010 à Edimbourg en Ecosse. Il espérait y défendre les couleurs du Maroc...

Nous, signataires de cette pétition, épris de justice, demandons aux autorités marocaines de réparer cette injustice en rendant immédiatement à Zakaria sa liberté et en le réhabilitant dignement de cette condamnation grave issue de procès absurde et monté de toutes pièces et de mettre fin au calvaire enduré par Zakaria et au cauchemar que vivent son épouse et sa famille.

Vous pouvez envoyer directement votre signature à l’adresse mail suivante en indiquant votre nom, votre prénom, votre qualité, éventuellement votre organisation et le pays de votre résidence
liberez.zakaria.moumni@gmail.com

Appel de soutien et de solidarité euroméditerranéenne



Par Kamel Jendoubi, Président, Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’homme, le 3/4/2011

A Tunis et au Caire, des femmes et des hommes de tous âges et de tous bords se sont levés pour exiger la liberté, la dignité, la justice et la démocratie. Cette révolte des peuples a fait chuter des régimes dictatoriaux, en place depuis des décennies et réputés inamovibles. Elle a prouvé au monde entier la possibilité du changement et suscité un immense espoir de progrès démocratique dans la région.
Les femmes, autant que les hommes, ont joué et jouent un rôle majeur dans ce processus. Sachant que la démocratie ne peut être qu’égalitaire, il est fondamental que les femmes bénéficient d’une citoyenneté pleine et entière, dans la loi et face à la loi . Les droits des femmes sont partie intégrante des droits humains, indivisibles et universels. Dans toutes les sociétés, l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut se concevoir que par la sécularisation du droit et la prééminence absolue des droits humains universels sur toute considération culturelle ou religieuse.
Nous appelons les pays euro-Méditerranéens, tous signataires de la Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination envers les femmes (CEDAW), à assurer la citoyenneté pleine et entière des femmes de cette région, sans aucune discrimination. Elles doivent participer, autant que les hommes, aux constructions constitutionnelles, aux instances parlementaires et dirigeantes, et se voir garantir l’effectivité des leurs droits. C’est pourquoi nous appelons les Etats à adopter les mesures visant à garantir l’égalité, promouvoir la parité et protéger les femmes contre toutes les formes de violence contre l’intégrité physique des femmes. Nous dénonçons toutes les formes de répression des mouvements de contestation qui ont entraîné des arrestations, des violences, des viols et des morts par milliers.
Nous appelons l’Union européenne et les gouvernements européens dont certains ont soutenu et continuent à soutenir les régimes dictatoriaux et corrompus de la région, à mettre en oeuvre des politiques respectueuses de la démocratie et des droits fondamentaux, tant dans les accords bilatéraux que multilatéraux, et à encourager les processus de démocratisation dans l’intérêt commun de toute la région.
Nous appelons toutes les forces démocratiques du Sud et du Nord à exprimer leur solidarité avec les révolutions en cours en Tunisie et en Egypte, ainsi qu’avec les mouvements des peuples portés par la jeunesse dans les autres pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Nous soutenons leur lutte pour la dignité, l’égalité, la liberté, la justice et la démocratie, pour rendre ces changements irréversibles et pour concrétiser les aspirations des peuples de la région.
Nous appelons surtout les jeunes, premier-e-s acteurs et actrices de ces révolutions, à construire ensemble de nouvelles sociétés, en imposant le respect intégral du droit et de l’égalité.