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lundi 17 février 2014

Morts à la frontière de Ceuta - L’AEDH exige l’ouverture d’une commission d’enquête


Morts à la frontière de Ceuta - L’AEDH exige l’ouverture d’une commission d’enquête

Bruxelles, 11 février 2014

Jeudi 6 février, 15 personnes au moins ont trouvé la mort en tentant de traverser la frontière qui sépare Ceuta du Maroc. Cette nouvelle tragédie révèle, une fois de plus, comment les politiques européennes, et plus précisément, dans ce cas, la politique du gouvernement espagnol, portent gravement atteinte aux droits de l’Homme et sont à l’origine des souffrances et de la mort de centaines de personnes chaque année.

Les nombreuses tentatives de franchir les barrières de Ceuta et Melilla, au cours de ces derniers jours, témoignent du désespoir de personnes qui traversent une grande partie de l’Afrique pour essayer d’atteindre le territoire européen, à la recherche d’une vie meilleure et plus digne. Cela témoigne également de la cruauté et de l’inhumanité de gouvernants qui installent  des lames tranchantes sur ces barrières, dans le but de blesser intentionnellement ceux qui tenteront de les franchir, et qui n’hésitent pas à utiliser des balles de caoutchouc et des bombes lacrymogènes contre les migrants qui tentent malgré tout de passer la frontière. En effet, différentes sources ont dénoncé l’utilisation de ces balles de caoutchouc en direction des migrants, trouant les bouées qu’ils utilisaient pour franchir la frontière à la nage et, provoquant ainsi la noyade de plusieurs d’entre eux.

Par ailleurs, il a été démontré, de manière irréfutable, la pratique de refoulements illégaux de migrants à la frontière, aussi bien à Ceuta qu’à Melilla. Contrevenant à la législation espagnole portant sur les étrangers comme à la directive européenne 2008/115/CE, les autorités espagnoles reconduiraient des migrants à la frontière avec le Maroc, sans même avoir procédé à une analyse de leur situation, alors que nombre des subsahariens qui tentent de passer la frontière sont des réfugiés, des demandeurs d’asile, et / ou des victimes de trafic d’êtres humains.

Le ministre de l’Intérieur espagnol en personne, Jorge Fernández Díaz, a reconnu l’existence de tels procédés, « dans des cas ponctuels ». Mais il n’en a pas tiré les conséquences, n’a pas pris les mesures nécessaires pour faire cesser ces pratiques dont des enregistrements vidéos témoignent du caractère quotidien, n’a pas sanctionné leurs auteurs  ou envisagé de présenter sa démission.  

Face à ces évènements dramatiques, les explications fournies par le gouvernement espagnol sont, non seulement, insuffisantes mais, qui plus est,  contradictoires entre elles et infirmées par les témoignages.

En conséquence, diverses ONGs espagnoles (dont l’APDHA, membre de l’AEDH), ont exigé l’ouverture d’une commission d’enquête par le Parlement Européen, afin de déterminer les responsabilités dans la mort de ces 15 migrants et les violations de la législation, mais également pour prendre acte des conséquences d’une politique migratoire contraire aux droits de l’Homme, notamment lors du contrôle des frontières de Ceuta et Melilla.

L’AEDH réitère, avec la plus ferme vigueur, son refus d’une politique migratoire européenne, fondée  sur la lutte contre la délinquance organisée et le terrorisme. Il est urgent de rompre avec cette volonté obsessionnelle de fermeture des frontières et de rejet de tout étranger, sans prendre en considération des questions d’ordre humanitaire, ou le respect du droit d’asile. Ce dernier, au lieu de viser à préserver les droits des personnes en recherche d’une protection internationale, est dévoyé par la mise en place de moyens de contrôle et de répression criminelle, si chers à l’UE et dont les lames tranchantes de Ceuta et Melilla ne sont que l’un des derniers avatars.

L’AEDH apporte tout son soutien aux associations espagnoles et exige que la lumière soit faite sur les circonstances réelles des évènements de Ceuta et Melilla. Avec l’APDHA, elle entend donc se joindre à leur demande d’ouverture d’une commission d’enquête par le Parlement Européen et dénoncer ces faits devant les organisations internationales de défense des droits de l’Homme.

Egalement disponible sur le site Internet de l’AEDH : http://www.aedh.eu/Morts-a-la-frontiere-de-Ceuta-L.html

AEDH, Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme
33, rue de la Caserne. B-1000 Bruxelles
Tél : +32(0)25112100 Fax : +32(0)25113200 Email : info@aedh.eu

L'Association Européenne pour la Défense des Droits de l'Homme (AEDH) regroupe des ligues et associations de défense des droits de l'Homme des pays de l'Union Européenne. Elle est membre associé de la Fédération internationale pour la défense des droits de l'Homme (FIDH). Pour en savoir plus, consultez le site www.aedh.eu
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mardi 19 avril 2011

Communiqué de l'AEDH : "Accueillir les migrants: l'UE face à ses responsabilités"

Bruxelles, le 11 avril 2011

Combien de disparitions tragiques en mer Méditerranée faudra-t-il encore pour que l’Union européenne se décide à assumer ses engagements internationaux et à accueillir les migrants qui, venant du Maghreb, se présentent actuellement à ses frontières ?
L’AEDH déplore la disparition des centaines de migrants somaliens et érythréens après que leur embarcation a chaviré près de l’île italienne de Lampedusa le 6 avril dernier. Elle reconnaît que l’Union européenne n’a certes pas pu anticiper le flux de migrants que génèreraient les révolutions du monde arabe, mais elle estime que les États membres n’en ont pas moins la responsabilité d’accueillir dignement les migrants arrivés en Europe ces dernières semaines et de proposer des solutions pour contribuer à la réinstallation des dizaines de milliers de réfugiés qui, tentant de fuir la Libye, n’ont pas d’autre issue que de rejoindre la Tunisie ou l’Égypte.
La politique de sécurisation des frontières de l’Europe s’avère lourde de conséquences puisque, contraints de prendre toujours plus de risques pour éviter les contrôles, nombre de migrants trouvent chaque année la mort en tentant de déjouer les barrages dressés devant eux. Que l’Union européenne, par la voix de la Commissaire chargée des questions d’immigration, Cecilia Malmström, envisage de renforcer, une fois de plus, les moyens de Frontex témoigne du peu de prix que l’Europe attribue à la vie des « étrangers ».
Qu’en cette période - difficile mais réjouissante - de reconstruction démocratique et économique de la Tunisie, elle s’obstine à vouloir lui imposer le contrôle de ses frontières et le retour de ses ressortissants montre le peu d’ambition qu’elle accorde au partenariat euroméditerranéen.
L’AEDH rappelle que nul ne peut être privé du droit à quitter son pays. Migrer, quitter son pays, quel qu’en soit le motif est toujours un choix douloureux, mais un choix personnel qu’aucune mesure étatique, y compris d’enfermement, ne pourra empêcher dans un monde où circulent librement marchandises, services et capitaux et où la liberté de circulation des personnes est et doit être un droit.

L’AEDH considère que l’Europe ne peut se décharger de sa responsabilité d’accueil des requérants sur les pays tiers et doit garantir un accès au territoire européen des migrants en quête d’asile ou de protection, du fait de la situation dans leur pays d’origine. L’accueil des migrants par les Etats membres ne doit pas se limiter à tolérer leur présence sur leur territoire mais doit concrètement engendrer l’octroi d’un titre de séjour. Dans ce contexte, elle estime choquant et indigne le jeu de ping-pong auquel se livrent certains États.
L’AEDH demande, en conséquence, au Conseil de l’Union de mettre en oeuvre et sans délai le dispositif permettant d’accorder la protection temporaire prévue par la directive du 20 juillet 20011 à toutes les personnes pouvant s’en prévaloir.
L’AEDH appelle également l’Union européenne et les États membres à témoigner de leur solidarité internationale et de leur engagement à faire vivre la convention de Genève par l’accueil des réfugiés sub-sahariens ainsi qu’à la solidarité entre Etats membres dans l’accueil des migrants.
Contact :
Pierre Barge, Président
AEDH, Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme
33, rue de la Caserne. B-1000 Bruxelles
Tél : +32(0)25112100 Fax : +32(0)25113200 Email : aedh@aedh.eu
L'Association Européenne pour la Défense des Droits de l'Homme (AEDH) regroupe des ligues et associations de défense des droits de l'Homme des pays de l'Union Européenne. Elle est membre associé de la Fédération internationale pour la défense des droits de l'Homme (FIDH). Pour en savoir plus, consultez le site www.aedh.eu
1 Directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l'octroi d'une protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées et à des mesures tendant à assurer un équilibre entre les efforts consentis par les États membres pour accueillir ces personnes et supporter les conséquences de cet accueil