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lundi 18 avril 2011

Maroc : Attac-Maroc, une ONG altermondialiste boycotte la commission de révision de la Constitution

APS, 17/4/11
Une ONG altermondialiste marocaine Attac-Maroc a rejoint le camp des associations et organisations ayant refusé de répondre favorablement à l’invitation de la commission ad hoc chargée de réviser la Constitution marocaine.

Attac-Maroc, ONG non reconnue mais tolérée, très active dans les rassemblements initiés par le mouvement Jeunes du 20 février, réclamant des changements politiques profonds au Maroc, a justifié son refus par «l’illégitimité de cette commission». Dans un communiqué elle a estimé que les propositions de cette commission consultative «peuvent être ignorées». «Nous aurions souhaité contribuer à la réflexion autour d’une nouvelle Constitution. Mais malheureusement, les conditions de démocratie ne sont pas réunies dans cette commission», fait remarquer Attac-Maroc. Avant le boycott de cette ONG, le Parti socialiste unifié (PSU), l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), les Jeunes du 20 février et la Ligue marocaine pour la défense des droits de l’homme (LMDH) avaient annoncé qu’ils rejetaient l’appel de la Commission consultative de révision de la Constitution. Ils ont considéré cette commission comme «non élue», «non démocratique», «non légitime» et «ne reflétant pas la volonté du peuple marocain».

Du 28 mars jusqu’au 7 avril, la commission ad hoc, composée de 18 membres, avait consacré ses travaux à l’écoute des propositions et des conceptions des partis politiques et des syndicats sur la révision de la Constitution à laquelle avait appelé le 9 mars dernier le roi Mohammed VI. Après cette date, les séances consultatives de la commission se poursuivaient par l’écoute des organisations de jeunes et des acteurs associatifs, culturels et scientifiques marocains.
Elle devrait achever ses travaux le 15 juin prochain avant de remettre ses résultats au roi le lendemain (le 16 juin) qui décidera de la date du référendum pour la révision de la Constitution.
La décision de révision de la Constitution est intervenue après les différentes manifestations qui se sont déroulées à travers le pays pour réclamer des changements politiques. Malgré la décision de réforme de la loi fondamentale, les marches et rassemblements se sont poursuivis, le discours royal n’ayant pas convaincu les manifestants qui réclament des changements démocratiques, notamment l’instauration d’une monarchie parlementaire dans laquelle «le roi règne mais ne gouverne pas». D’autres marches sont prévues pour le 24 avril.
http://www.elwatan.com/international/une-ong-altermondialiste-boycotte-la-commission-de-revision-de-la-constitution-17-04-2011-120847_112.php

samedi 9 avril 2011

L'AMDH boycotte Mannouni


Par lakome.com, 9/4/2011

Après le refus du PSU et du mouvement du 20 février, l'association marocaine des droits de l'homme a rejeté l'invitation de la Commission de révision de la Constitution. L'AMDH n'ira pas chez Mannouni. 
 Dans une lettre adressée à celui-ci, l'Association marocaine des droits de l'homme a décliné l'invitation de celui-ci à se rendre en audition devant la Commission de révision de la Constitution. Selon l'association de Khadiga Ryadi, la révision de la Constitution actuelle, telle qu'elle se prépare, ne garantira pas l'instauration d'une réelle souveraineté populaire, et ne donnera pas le pouvoir au peuple. "Nous constatons que l'approche adoptée par le roi ne respecte pas le principe de la souveraineté populaire. C'est une approche dépourvue d'un pilier démocratique" poursuit la lettre "Et donc, les conditions pour l'élaboration d'une Constitution démocratique ne sont pas réunies".
Et concernant la Commission dirigée par Mannouni, l'AMDH rappelle qu'elle ne répond pas aux critères de représentativité populaire et manque de crédibilité démocratique. L'AMDH signale également qu'à sa constitution, beaucoup de constitutionnalistes et de spécialistes de renommée en ont été exclus," juste pour leurs positions de contestation des formes d'autocratie contenues de l'actuelle constitution, et leur volonté d'un changement profond".

lundi 14 mars 2011

Discours royal: le diable se cache dans les détails


Ali Amar pour Slate Afrique, par SaharaDoc, 13/3/2011 :
Mohammed VI a annoncé une «réforme constitutionnelle globale». Reste à savoir si son allocution à portée historique apaisera pour autant la contestation.

Dans un audacieux discours à la Nation, le roi du Maroc a apporté sa réponse à la plus importante revendication exprimée dans le royaume: une réforme globale de laConstitution que le monarque place avant tout dans le sillage «grands chantiers» qu’il a initiés pour la«modernisation [...] (des) institutions» et qui est, a minima, censée corriger les «dysfonctionnements» de l’architecture institutionnelle actuelle.

La promesse d’un séisme institutionnel

Cette anticipation du Palais a néanmoins été imposée par levent de révolte qui a déjà balayé plusieurs pays arabes. Le 20 février, plusieurs centaines de milliers de Marocains, inspirés par les révolutions tunisienne et égyptienne, étaient descendus dans les rues pour réclamer des réformes politiques majeures, dénoncer la prédation économique et les abus de pouvoirs de l’entourage royal et du gouvernement.

Une première dans le royaume, car jamais la Couronne n’avait été ainsi mise sur la sellette par la rue.
Mohammed VI avait d’abord répondu par la fermeté et fait savoir qu’il refusait de «céder à la démagogie et à l’improvisation». A contrario, son discours du 9 mars, le plus prospectif qu’il a eu à prononcer depuis son accession au trône en 1999, promet un véritable séisme institutionnel.
Il constitue incontestablement un tournant dans l’histoire du Maroc moderne. Le roi a ainsi annoncé la formation d’une commission chargée de préparer des propositions d’ici le mois de juin en concertation avec les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile.
L’émergence de la notion de citoyenneté
La future Constitution devra répondre à un catalogue précis d’impératifs de séparation et d’équilibre des pouvoirs: un Parlement issu d’élections libres, un gouvernement émanant de la volonté populaire exprimée à travers les urnes, un Premier ministre aux prérogatives renforcées et chef d’un Exécutif effectif nommé au sein du parti politique arrivé en tête des élections, une justice élevée au rang de pouvoir indépendant, des instances locales réellement représentatives et la garantie des libertés individuelles et collectives dans leur acception universelle.
Tout cela va dans le sens du renforcement de l’Etat de droit, consacrant ainsi l’émergence de la notion de citoyenneté, en opposition au statut actuel du Marocain, toujours considéré comme un sujet de Sa Majesté.
Faut-il rappeler que si le Maroc se définit comme une monarchie constitutionnelle, celle-ci demeure dans les faits de droit divin, et que le roi, personne sacrée et inviolable, dispose de pouvoirs considérables, dont celui de dissoudre le Parlement, de décréter l’état d’urgence et de choisir le Premier ministre?

L’allocution royale pourra-t-elle apaiser les actions de protestation?
Les revendications exprimées notamment par le «Mouvement du 20 février» auxquelles répond indirectement le roi —il fait en effet référence à la jeunesse— sont en réalité anciennes. Elles ont été portées par la majorité des partis constituant ce que l’on appelait jusqu’à récemment l’opposition historique.
La réponse royale abonde dans leur sens parce qu’elle rompt, sur le principe, avec le concept de monarchie exécutive, le cœur du mode de gouvernance défendu jusqu’ici par Mohammed VI. Cependant, il n’est pas question de changement de régime: ce que propose le roi n’est pas une monarchie parlementaire.
Des non-dits qui appellent à la vigilance

Mais le diable se cache dans les détails concernant cette proposition de «compromis» dans la continuité, comme la définit Mohammed VI lui-même.
Il n’y aura pas de Constituante qui mettrait à plat le régime (révocation de l’actuel gouvernement, dissolution du Parlement, etc.) et redéfinirait les contours d’un nouveau pacte social, mais la mise en place d’une commission ad hoc d’experts choisis par le roi, perpétuant la tradition féodale du principe d’imposition par le haut.
Peut-on penser que sa marge de manœuvre est déjà réduite puisqu’elle devra remettre sa copie à l’appréciation du roi avant d’être soumise à référendum? Dans ce cas, le débat public sera-t-il ouvert —sous la coupole du Parlement et dans les médias notamment— pendant sa genèse, ou se limitera-t-il à des tractations en coulisses?
Le Premier ministre, quoiqu’issu d’un processus électif —ce qui, dans la pratique, est déjà le cas— sera toujours nommé par le roi «au sein» du parti vainqueur des législatives, malgré une promesse de «consolidation» du principe de séparation des pouvoirs.
Le Conseil du gouvernement sera certes «constitutionnalisé», mais quid du Conseil des ministres, présidé par le roi? Quel sera le rôle de la kyrielle de Commissions royales consultatives et des Fondations en charge de missions régaliennes?
Les ministères de souveraineté seront-ils bannis? La puissance effective de la Maison royale et du Cabinet royal sera-t-elle confinée aux seules affaires et attributions de la famille régnante?
La sacralité du roi est gravée dans le marbre et demeure non négociable. A qui s’applique alors le « principe de reddition des comptes » ? Le roi définit lui-même le périmètre des réformes acceptables, et la laïcité est écartée puisque l’islam demeure la religion d’Etat.
Sur ce point, le roi parle plutôt de «religion de l’Etat garant de la liberté du culte». Est-ce à dire que le choix confessionnel n’est plus verrouillé à la naissance? C’est-à-dire de naître forcément musulman et de le rester, à défaut d’être juif?
Le roi parle d’«élargissement du champ des libertés individuelles et collectives» et du«renforcement du système des droits de l’Homme». Elargir un champ ou renforcer un système n’implique pas forcément leur consécration totale, telle que définie dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, ou telle qu’inscrite dans les chartes onusiennes.
Pourra-t-on dans ce cas considérer que les libertés seront acquises dans les choix de vie, les lignes rouges effacées du Code de la presse, les délits d’opinion abrogés?
La pluralité de l’identité marocaine sera inscrite dans la Constitution, mais les langues amazighesseront-elles pour autant élevées au rang de langues nationales? Qu’en sera-t-il de l’identité «arabo-musulmane» de la nation, qui va de pair avec le socle de légitimité du monarque, Commandeur des Croyants?
Les recommandations de l’Instance équité et réconciliation (IER) seront-elles totalement appliquées, que ce soit par l’établissement de toute la vérité sur les exactions passées, par la reconnaissance et le pardon prononcés par le chef de l’Etat et par le jugement des tortionnaires et des responsables (dont certains occupent encore des fonctions importantes dans l’appareil sécuritaire)?
Mohammed VI parle de ne retenir que les recommandations «judicieuses» de l’IER, laissant encore possible la sanctuarisation des corps constitués et de l’armée, dont il resterait sans doute le chef suprême.
Enfin, l’option médiane entre large autonomie au Sahara Occidental et régionalisation poussée suffira-t-elle à calmer les ardeurs identitaires? Le cadre d’un modèle d’Etat mi-régional, mi-fédéral voulu par Mohammed VI, et dans lequel des régions autonomes sont scellées au royaume par leur allégeance au monarque pourra-t-il mettre un terme à l’enlisement du dossier saharien?
Autant de questions et bien d’autres encore, comme celle de la gouvernance économique et de l’affairisme de certains au sein des premiers cercles du pouvoir appellent à la vigilance, tant cette «révolution de Palais» n’est que la charpente d’un rééquilibrage des pouvoirs institutionnels attendu depuis des lustres.
Il faudra à ses concepteurs un doigté d’orfèvre pour concilier les ambitions du peuple avec ce qu’est disposé à concéder le roi.

En attendant, le temps de répit que se donne Mohammed VI sera comblé par la relance du débat populaire, y compris dans la rue.

Publié dans : Dernières minutes

vendredi 11 mars 2011

Les manifestations du 20 mars sont maitenues au Maroc


Source : Cadena SER, Le Post,  11/3/2011
post non vérifié par la rédaction

La convocation massive de manifestations pour le 20 mars est maintenue

Les jeunes du Mouvement du 20 février maintiennent la convocation massive de manifestations dans tout le pays pour le 20 mars prochain malgré le discours prononcé ce mercredi par Mohamed VI dans lequel il a promis soumettre à un référendum une réforme profonde de l'actuelle Constitution.
"Le discours n'a rien changé, nous allons continuer à manifester le 20 mars prochain avec les mêmes revendications", soutient Oussama Khlifi, l'un des jeunes qui a initié à Facebook le Mouvement du 20 février, instigateur des mobilisations de protestation de dernières semaines au Maroc. Khlifi assure même que dimanche prochain, 20, "les gens qui sortiront dans la rue seront plus ombreux qu'en février".
Ce mercredi, Mohamed VI a bougé une fiche devant ces protestations avec un discours dirigé à la nation dans lequel il qui a promis soumettre à un référendum une réforme profonde de l'actuelle Constitution, qui date de 1996, quand son père Hassan II régnait encore. Avec l'excuse, d'avoir besoin des changements pour pouvoir réaliser le processus de régionalisation, le monarque "a voulu profiter de l'occasion pour annoncer une réforme globale de la constitution marocaine qui se concentre sur la séparation des pouvoirs, sur la garantie de liberté collective et individuelle et sur la protection des droits de l'homme", comme a assuré ce matin dans une conférence de presse Omar Azziman, président de la Commission Consultative pour la Régionalisation (CCR) et ancien ambassadeur marocain en Espagne.
Mohamed VI a assuré dans son allocution être disposé à ne pas nommer au doigt le premier ministre - comme il faisait jusqu'à présent - et à donner à celui-ci la "Responsabilité totale du gouvernement". De plus, il affirme qu'avec ces réformes il essaiera "d'ériger en pouvoir indépendant la justice" et de céder au Parlement les "fonctions de représentation, de législation et de contrôle". Tout avec le désir de consolider "le principe de séparation et l'équilibre de pouvoirs". De plus, le monarque a chargé une commission présidée par l'expert en droit constitutionnel Abdelatif Mennouni de l'étude de ces réformes possibles pour célébrer en juin le référendum. "La commission a été désignée et non choisie. Pour réaliser une constitution démocratique nous devons choisir cette commission, qui inclura tous les partis politiques, une ONG et pourquoi pas de jeunes membres du Mouvement du 20 février", se plaint Nizar Bennamate, membre du groupe convocateur des manifestations.
En réponse à cette demande, Mennouni assure que la réforme sera réalisée dans "une communion avec les partis politiques, les syndicats, les organisations de la société civile et de la jeunesse, les acteurs associatifs et scientifiques".
Il s'agit d'un discours complètement innovateur qui, cependant, n'arrive pas à convaincre certaines couches de la société civile. L'Association Marocaine de Droits de l'homme (AMDH) reconnaît le positivisme de l'initiative, mais elle se plaint du fait qu'il y a encore beaucoup de choses à traiter " la question de la sainteté du roi n'est pas abordée", affirme Khadiya Ryadi, présidente de l'AMDH, par ce que le monarque continue d'être "commandeur de tous les croyants". Selon l'opinion de Ryadi, "cela peut annuler toutes les progressions". Pour elle, on doit complètement abroger l'article 19 de l'actuelle Constitution, qui sanctifie le roi; si non, "tous ces changements ne serviront à rien".

Ali Anouzla pense la même chose, journaliste, fondateur et directeur du portail web indépendant Lakome.com, qui souligne que le fait de que Mohamed VI continue d'être le leader religieux de tous les Marocains "lui attribue des pouvoirs absolus et l'impossibilité de le critiquer, de le controverser". Pour Anouzla, le roi doit renoncer aussi à cette position, pour que le Maroc ne continue pas à vivre une "monarchie absolue". Durant le discours d'hier, le souverain n'a pas fait de référence à cet aspect, ou au "mot magique que tout le monde attendait", selon les termes d'Anouzla, "qui est la monarchie parlementaire".

De l'autre côté, celui de ceux qui soutiennent le discours, se trouvent les partis politiques présents au Parlement, qui se sont déjà prononcés à ce sujet. "C'est le commencement d'une nouvelle étape de modernisation et de réhabilitation des structures de l'État", a affirmé le premier ministre et secrétaire général du parti Istiqlal, Abbas Fassi. Tous les partis coïncident que c'est une initiative "historique", bien que ce soit le Parti Socialiste Démocratique qui affirme même que "c'était un discours plus ambitieux que les revendications de réforme exprimées par l'ensemble des sensibilités nationales", selon son secrétaire général Zhor Chekkafi.
L'ensemble de ces organisations politiques applaudissent ainsi l'initiative du monarque alaouite en plus d'assumer leur engagement dans ce processus qui " établit une feuille de route d'un nouveau Maroc fort dans son identité et ouvert à un avenir démocratique", soutient Abdelilah Benkirane, leader du Parti islamiste Justice et Développement (PJD). Une feuille de route qui selon l'opinion du Parti Authenticité et Modernité (PAM), gagnant des dernières élections municipales marocaines, "annonce de nouveaux horizons dans la construction de l'État démocratique moderne, en situant le citoyen dans le coeur de cette dynamique", dans les termes d'un communiqué du parti.
Le Maroc bouge. Au niveau politique, économique et social. Roi et Gouvernement bougent des fiches pour éviter des contagions possibles, au moins à un haut niveau, du reste de révolutions arabes. Cependant, les jeunes du Mouvement du 20 février et les associations qui l'appuient ne font pas marche derrière. Ils veulent plus. Et surtout ils veulent des faits et non pas des paroles.

Projet de régionalisation
Le motif que Mohamed VI a avancé pour annoncer ces réformes se concentre sur les changements dont la Carta Magna a besoin pour mettre en place le projet de régionalisation que le monarque alaouite avait annoncée l'année passée. Après un an de travaux de la CCR, ce jeudi a été présenté le rapport de conclusions. S'y démarquent des sujets comme la composition du Maroc en 12 régions, en incluant deux dans les territoires du Sahara Occidental. Précisément ces zones, appelées par le Maroc "Provinces du sud", seront les premières à expérimenter ce processus, à condition que "le plan d'autonomie n'arrive pas avant que la régionalisation avancée ne s'implante", affirme Omar Azziman. Dans le cas de report dans l'accord du plan d'autonomie, soumis aussi aux négociations avec les Nations Unies, la régionalisation serait "une étape transitoire", conclue Azziman.
Ce nouveau modèle d'État octroiera de plus grands pouvoirs exécutifs aux présidents des Conseils Régionaux, nouvelle figure politique créée au détriment des "walis" ou des gouverneurs qui, selon Azziman, "ne disparaîtront pas" mais ils occuperont d'autres fonctions. De plus, le rapport met en exergue l'engagement du Gouvernement à renforcer le rôle de la femme dans les institutions régionales, dont l'objectif est de garantir son accès "au tiers des fonctions électives, aux bureaux et à d'autres instances des conseils des collectivités territoriales", comme l'on peut lire dans le rapport. Y manque, par exemple, la possibilité ou non de créer des partis régionaux, surtout au Sahara Occidental. Pour Azziman c'est "encore trop tôt" pour savoir cela, parce que ce processus vient de naître et que c'est un aspect que devra discuter la commission chargée de l'élaboration des propositions pour les réformes de la Constitution.
Traduction de l'espagnol : SPS-RASD

Maroc : Qui sont les membres de la Commission consultative de révision de la Constitution ?

Remarques concernant la nouvelle initiative du Makhzen.

Par Ali Fkir, 11/3/2011

1 - Il s'agit d'une "révision" et non d'un changement de constitution.
La commission créée par le roi pour cette besogne est appelée:
La Commission consultative de révision de la Constitution
2 - La commission est purement consultative
3 - les "travaux" de la commission seront soumis au monarque en juin. Les nouveautés de la révision ont été déjà annoncées par le roi.
4 - la révision doit se faire dans le cadre du sacré et des constantes inabordables:
* L'islam est la religion de l'État
* la monarchie est le régime politique du pays
* le roi est le commandeur des croyants (tout le monde étant croyant)
* Le nationalisme (au sens makhzanien du terme bien sûr)
5 - Tous les membres de la commission (le président + 18) sont désignés par le roi
6 - Les membres de la commission se situent idéologiquement et politiquement dans le référentiel du makhzen.
7 - La commission est composée des gens de dar al mkhzen et des gens qui ont renié leur passé militant.
Je suis loin de discuter "leurs compétences techniques et académiques". La constitution est avant tout autre chose une affaire politique.

Le makhzen a bien su choisir ses "hommes". Au nom des compétences "techniques", il a désigné des personnes qui ne portent en aucun cas dans leurs cœurs les revendications du mouvement de la jeunesse du 20 février, et surtout les revendications de l'opposition militante.

Je ne conçois pas de commission constituante sans Abderrahmane Ben Amr, Abderrahim Berrada, Abdelhamid Amine et tant d'autres.
La "Commission consultative de révision de la constitution" est composée de ceux qui ont rendu les armes et prêté allégeance, et des commis classiques du makhzen

a - les gens qui ont rejoint l'ennemi d'hier:
* le président Abdeltif Mennouni: ex président de l'UNEM (12 ème congrès), ex militant du parti de Mehdi Ben Barka, a collaboré étroitement avec Driss Basri (dans le domaine constitutionnel)
* Lahcen Oulhaj: ex militant du mouvement armé de 3 mars 1973, prisonnier politique, ex militant du parti de Ben Barka
* Brahim Semlali: ex militant du parti de Mehdi Ben Barka
* Amina Messoudi: a abandonné (comme Abdelwahad Radi) les revendications constitutionnelles du parti de Ben Barka des années soixante au profit de l'approche du makhzen
* Ahmed Herzenni: l'un des fondateur du mouvement marxiste léniste marocain, et ancien patron de linkhdoum Achaab maoïste, ancien prisonnier politique
* Mohammed Berdouzi: L'un des fondateur du mouvement marxiste léniniste marocain, ex dirigeant de 23 mars, ex prisonnier politique. A travaillé dans l'entourage ( domaines juridique et économique) de Driss Basri
* Driss El Yazami: ex militant (du moins sympathisant de linakhdoum Achaab), ex exilé politique.
* Abdellah Saaf: ancien cadre de 23 mars, puis de l'OADP a collaboré avec Driss Basri (domaine économique et juridique)
* Amina Bouayach: ex militante du mouvement des familles des prisonniers politique

b- Le produit du makhzen:
* Albert Sasson (Pendant plus de 120 ans, des hommes d’une même descendance ont confectionné les jellabas richement ornées des sultans alaouites. Les Sasson, venus du Moyen-Orient vers la fin du 19ème siècle, pour s’installer dans le Tafilalet, sont “couturiers du sultan” de père en fils): ex doyen de la faculté des sciences de Rabat (1963 - 1969), membre du CCDH depuis 1990, membre de l’Académie Hassan II des Sciences et technologies...
* Abderrahmane Libiek: consulat général du royaume du Maroc à Las Palmas...
* Omar Azziman: ex président du CCDh, ancien ministre, ancien ambassadeur, membre de l'Académie du Royaume du Maroc
*Abdelaziz Lamghari : chargé de mission au sein du conseil constitutionnel
* Nadia Bernoussi: membre fondateur de l'AMDC Albert Sasson
* Rajae Mekkaoui: membre du conseil supérieur des oulémas
* Zineb Talbi: chargée de mission au Secrétariat général du gouvernement
* Mohamed Saïd Bennani: président de chambre à la cour suprême
* Najib Ba Mohamed: vice-président de l'AMDC Albert Sasson

c- Mohamed Tozy: Universitaire, travaille plus au moins dans l'entourage de l'administration et pour d'autres organismes publics (OCP...), ne porte pas dans son cœur tout ce qui est « radical »
A l’horizon, rien de nouveau !
Continuons la lutte pour une assemblée constituante
composée de femmes et d’hommes libres et librement choisiEs par le peuple!