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vendredi 17 juillet 2015

Deux mois de prison avec sursis pour les personnes ayant rompu le jeûne en public à Marrakech




Publication:
MARRAKECH
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JUSTICE – Les cinq personnes arrêtées lundi 6 juillet à Marrakech pour avoir rompu le jeûne en public sur la place Jemaâ El Fna n'iront pas en prison. Les six accusés ont été condamnés à deux mois de prison avec sursis, nous apprend Omar Arbib, militant de l'AMDH à Marrakech.
"Nous sommes satisfaits de ce jugement, même si l'on espérait qu'ils soient innocentés", affirme le militant pour les droits humains qui insiste sur la nécessité "d'annuler l'article 222 du code pénal criminalisant la rupture du jeûne en public pendant ramadan".
"Dans le procès verbal, aucun article du code pénal pour lequel ils ont été poursuivis n'a été mentionné. C'est sur cela que la défense à basé sa plaidoirie", rapporte-t-il.
Rappelons que l’article 222 du code pénal prévoit "l’emprisonnement d’un à six mois ainsi que d’une amende" à tout citoyen "notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane" qui "rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion".

jeudi 16 juillet 2015

Maroc : La DGST écarte la gendarmerie de la surveillance des palais et du siège de la DGED


Mohammed Jaabouk, 14/7/2015
Pol. nationale

La direction générale de la surveillance du territoire élargit ses prérogatives. Elle ajoute la surveillance des locaux de la DGED et des palais à ses attributions. Une mission qui était du ressort de la gendarmerie royale.
La DGST continue de gagner du galon au détriment de son grand rival, la gendarmerie. La création, en mars, du Bureau central des investigations judiciaires (une sorte de FBI marocain) était un élément révélateur du nouveau rapport de force qui est en train de s’opérer au Maroc en faveur des agents de Hammouchi. Une tendance qui se confirme avec ce que rapporte le quotidien Assabah dans son édition d’aujourd’hui.
Mettre un terme à une pratique vieille de 42 ans
Le journal arabophone affirme que la surveillance du siège général de la DGED et de toutes ses sections à travers le royaume est désormais assurée par la DGST et non plus par les hommes de général Hosni Benslimane. De « hautes instructions », explique Assabah, sont à l’origine du changement de taille qui met un terme à une pratique vieille de plus de quatre décennies. C’est en 1973, c'est-à-dire une année après la tentative du coup d’État menée par la général Oufkir contre Hassan II, que la gendarmerie avait été chargée de surveiller l’armée et protéger le roi.
Depuis, ce corps a largement diversifié ses champs d’actions et ses interventions sur terre, en mer et même dans les airs au point de devenir une armée dans l’armée. Il bénéficie de moyens importants et de ressources humaines compétentes qui lui permettent de remplir ses missions. Au lendemain des attentas du 16 mai 2003, les agents de Hosni Benslimane se sont vus confier la mission de traquer les groupes terroristes.
Par ailleurs, la même source ajoute que les gendarmes qui travaillaient pour la sécurité de palais et des résidences royales ont reçu des ordres de ne plus se rendre à leurs anciens lieux de travail. Là aussi, ce sont des éléments de la Direction général de la surveillance du territoire qui ont pris la relève aux côtés de parachutistes et de membres de la Garde royale.
Il y a deux semaines des médias s’interrogeaient sur la disparition des gendarmes du palais de Casablanca. La piste d’une « colère royale » avait été alors avancée.

Copyright Yabiladi.com

mercredi 15 juillet 2015

Livre : Dos de femme, dos de mulet. Les oubliées du Maroc profond

Par Hicham Houdaïfa, Juillet 2015
Barmaids de Casablanca contraintes de sombrer dans l’alcoolisme, saisonnières exploitées professionnellement et sexuellement, mineures « prêtées » à des hommes contre quelques milliers d’euros, victimes du mariage coutumier, jeunes femmes captées par des réseaux de prostitution dans les pays du Golfe... 
 Avec les reportages de Dos de femme, dos de mulet, au titre emprunté à une expression de l’Atlas, le journaliste Hicham Houdaïfa montre comment le laxisme des institutions, les contraintes familiales et le poids des traditions semblent se liguer pour infliger aux femmes des violences et des injustices insupportables. Bien que révisée, puis promulguée en 2004, la moudawana (code de la famille) est encore insuffisante, et les autorités, au minimum passives, apparaissent comme les principales responsables d’une oppression tenace. Celle-ci se nourrit largement de l’abandon scolaire précoce, notamment en milieu rural. De ce constat très dur émerge une lueur d’espoir : le travail de fourmi des associations locales, auquel ce petit ouvrage rend, en creux, un hommage indispensable.
Emmanuel Riondé
En toutes lettres, Casablanca, 2015, 110 pages, 13 euros.

mardi 14 juillet 2015

Etats-Unis, France et Grande-Bretagne ont donné leur accord au massacre de Srebrenica

Par Camille Tang Quynh, 10/7/2015

Le 11 juillet 1995, 8.000 hommes et adolescents étaient exécutés par les forces du général Mladic. Un massacre qui ne doit rien au hasard, révèle la journaliste Florence Hartmann, 20 ans plus tard.

Srebrenica se trouve dans une vallée verdoyante, en Bosnie orientale, au milieu des montagnes qui entourent la rivière Drina. Mais il y a 20 ans, le 11 juillet 1995, Srebrenica se transforme en véritable enfer. Les forces bosno-serbes, dirigées par le général Ratko Mladić, s’emparent de cette enclave musulmane, séparent les hommes et les femmes et massacrent, dans les jours qui suivent, tous les hommes âgés entre 16 et 60 ans. Au total, cela représente 8.372 victimes, dont les corps sont enterrés dans des charniers. La « lâcheté » et le « dysfonctionnement onusien » sont pointés du doigt pour ce véritable massacre, reconnu comme génocide par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.

Accord d’entraide judiciaire entre le Maroc et la France dénoncé par l'AMDH

Communiqué du 13 juillet 2015
L’AMDH Paris dénonce l’amendement au protocole d’entraide judiciaire entre le Maroc et la France qui a été voté par l’Assemblée Nationale le 23 juin 2015. Le projet de loi passera au vote au sénat français le 15 juillet 2015.
Rappel de la cause de la rupture de la coopération judiciaire entre le Maroc et la France.
Ce texte intervient après le rétablissement samedi 31 janvier de la coopération entre le Maroc et la France. Cette coopération judiciaire avait été suspendue pendant dix mois suite à une convocation par un juge d’instruction français du directeur  de la Direction générale de la surveillance du territoire (la DGST - le contre-espionnage marocain), Abdelatif Hammouchi. Plusieurs plaintes avaient été déposées contre lui pour torture et complicité de torture.
Suite à la suspension du Maroc de cet accord de coopération judiciaire et bien que le chef du contre-espionnage marocain était toujours poursuivi par la justice française pour acte de torture, le ministre de l’intérieur français, Bernard Cazeneuve, a exprimé la volonté de la France de décorer Abdelatif Hammouchi de la légion d’honneur. Continuant à ignorer les soupçons d’actes de torture commis par de hauts responsables marocains et privilégiant la reprise de la coopération judiciaire entre le Maroc et la France, le gouvernement français a déposé en procédure accélérée un nouvel accord d’entraide judiciaire.
Contenu du nouvel accord
Le projet de loi n°2725 obligerait chaque pays d’informer l’autre en cas de procédure pénale ouverte sur son territoire et engageant la responsabilité d’un ressortissant de l’autre pays. De plus, si l’autre pays décide d’ouvrir sa propre procédure contre son ressortissant, le premier pays devrait prioritairement renvoyer le dossier à l’autre pays ou clore le dossier.
Ce texte remet en cause le principe de  « compétence universelle », qui est un engagement international de la France, imposé par la Convention de 1984 contre la torture. Il est à rappeler que la compétence universelle est un principe de droit international donnant compétence aux juridictions nationales de juger des actes graves commis n’importe où dans le monde et par quiconque. L’idée est que les auteurs de crimes graves ne trouvent refuge nulle part.
Plusieurs organisations non gouvernementales (Amnesty, HRW, ACAT, FIDH, Syndicat de la Magistrature, etc.) ont pointé du doigt ce danger (la remise en cause de la compétence universelle) : cet amendement détourne le droit international, ici la Convention de 1984 contre la torture, et crée un précédent dangereux (un accord bilatéral détourne une convention internationale). D’autres pays, aussi peu soucieux de la lutte contre la torture que le Maroc, pourront demander, en fonction des circonstances, des accords semblables. Cela peut constituer un pas vers le morcellement des conventions internationales. En plus du volet juridique, le pouvoir politique français exprime, à travers cette concession, un soutien fort aux tortionnaires au Maroc.
Positionnement de la section
Nous estimons que ce protocole réduit les chances des victimes de crimes contre l’humanité de poursuivre les auteurs présumés de ces crimes dans le cadre d’un procès équitable. Ainsi, cet amendement au protocole d’entraide vise à renforcer les liens entre le Maroc et la France  au détriment de potentielles victimes d’actes de tortures. Il protège de potentiels tortionnaires. Il est du devoir des deux pays de respecter leurs engagements internationaux respectifs, contribuer à la défense des droits humains et surtout lutter contre les crimes contre l’humanité.
Le Bureau de l’AMDH-Paris/IDF
Association Marocaine des Droits Humains Paris/Ile-de-France                                        
Tél : 06 18 66 15 58
Facebook: AMDHParis
Site web: www.amdhparis.org
Twitter : @AMDHParis
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RAPPEL : 
 http://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/torture-un-projet-de-loi-pour-donner-priorite-a-la-justice-marocain

En prison pour un jus d'orange qui offense le ramadan !


Cinq jeunes Marocains sont embastillés à Marrakech pour avoir bu un jus d’orange le 6 juillet, place Djemaa el Fna. Accusés d’avoir violé le ramadan, ils passent en procès demain, mardi 14 juillet. Sacrée ambiance dans le royaume...
Marrakech, place Djemaa el Fna - Jonathan Player//REX/SIPA
Il faisait 48°C vers 15 heures, sous le cagnard de la place Djemaa el Fna. Les cinq copains avaient soif, ils ont bu. C’est simple comme la vie, non ? Pas du tout : c’est un outrage car nous sommes au mois de ramadan. Quelques délateurs — des marchands, des passants — se ruent donc vers la police pour signaler le crime commis par ces jeunes assoiffés, manifestement marocains. Les voilà coffrés à la prison de Marrakech, la sinistre centrale Boulmharez, en application de l’article 222 du code pénal qui interdit à tout musulman d’enfreindre le jeûne. Les défenseurs des droits de l’individu demandent son abrogation depuis des années. Ces gens-là ont du mérite : ils prêchent l’humanisme le plus élémentaire dans le vide sidéral d’un pays confit en dévotion irascible. Le royaume, dont on nous vante avec entrain les ébouriffantes réformes, est un enclos de soumission comportementale à des codes archaïques.
Injuriées et molestées parce qu’elles faisaient leurs emplettes en jupe, des jeunes filles d'Inezgane ont aussi eu un procèsL’affaire du jus d’orange de Marrakech succède ainsi à celle des jeunes filles d’Inezgane, près d’Agadir, le 16 juin dernier : injuriées et molestées au souk parce qu’elles faisaient leurs emplettes en jupe, elles aussi sont passées en procès. Leur libération, voici quelques jours, n’est due qu’à une énorme mobilisation des associations féministes dans tout le pays. Il y a eu ensuite le lynchage d’un jeune homosexuel, à Fès, le 29 juin : une foule agglutinée auprès du malheureux sorti de son taxi qui lui avait volé argent et portable. Le chauffeur criait « Travelo ! » pour ameuter la populace. L’homosexualité, ici, est passible de trois ans de prison. En ces temps de salafisation galopante, la criminalisation renforce le préjugé et la haine. Mais devant la vidéo du tabassage qui tourne en boucle, la justice recule et poursuit les agresseurs.
Pour l’affaire de lèse-ramadan, c’est autre chose. « Alors que près d’un millier d’avocats s’étaient portés candidats à la défense des jeunes filles en jupe d’Inezgane, personne n’ose plaider la cause des jeunes au jus d’orange en dehors de nos deux avocats et de celui trouvé par la famille » constate Omar Arbib, responsable de l’Association marocaine des droits de l’homme à Marrakech. Marianne avait déjà rencontré Omar Arbib lors des affaires récurrentes de prostitution d'enfants, fillettes et garçons. Dans le ventre sombre de la ville ocre grouillent la misère, la honte, le non-dit, la corruption (voir Marianne n°745 du 29 juillet 2011). Tout ce qui a forgé la victoire aux législatives de novembre 2011 des islamistes du PJD, le Parti de la justice et du développement. Les seuls islamistes au pouvoir dont, mystérieusement, personne ne semble s’inquiéter dans l’opinion internationale et surtout française. Pourquoi s’en faire puisque Sa Majesté les contrôle ? C’est devenu un dogme médiatique, relayé par toutes les complaisances.
Pourtant, sous la houlette d’Abdellilah Benkirane, le Premier ministre PJD, les islamistes se sont octroyés notamment les portefeuilles de la Justice et de la Communication. Mustapha Ramid, le ministre de la Justice, refuse catégoriquement la dépénalisation de l’homosexualité. Il défend avec acharnement le droit des imams à pondre des fatwas. Il attaque une chaîne de télévision pour avoir retransmis un concert à Rabat de la belle Jennifer Lopez, spectacle jugé « indécent ». Le dernier film de Nabil Ayouch, présenté à Cannes, Much love, qui retrace avec sensibilité et intelligence la tragédie des prostituées marocaines, est naturellement interdit.
Les serpents des forains sont moins dangereux que cette pulsion reptilienne qui a été déculpabilisée par l’obscurantisme religieuxC’est sur cette sinistre toile de fond que les cinq copains de Marrakech ont étanché leur innocente soif. Tout le monde n’était pas beau et gentil sur la place Djemaa el Fna. Les serpents des forains sont moins dangereux que cette pulsion reptilienne qui, comme à Inezgan et à Fès, s’est donnée libre cours, déculpabilisée par l’obscurantisme religieux. Les jeunes gens, venus de Rabat, raccompagnaient l’un des leurs vers l’aéroport d’où il devait rejoindre son père, journaliste marocain installé au Qatar. Pouvaient-ils seulement imaginer qu’un verre de jus les conduirait au cachot ?
« En réalité, l’affaire n’est pas surprenante, la pression du ramadan augmente d’année en année, explique Siham Chitaoui, animatrice avec Ibtissem Lachgar du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI), C’est en 2009 que nous avions organisé notre premier pique-nique public de déjeûneurs du ramadan pour affirmer le droit de manger en public ce mois-là. A l’époque de mes parents, le problème ne se posait absolument pas ! »
Ce grand bond en arrière pour un pays qu’on nous dit poussé vers l’avant par son souverain se traduit ainsi, au quotidien, par ces oukazes jaillis à la fois du code pénal, de l’aveuglement religieux, de l’ignorance (une femme sur deux est analphabète) et du conditionnement des esprits favorisé par le pouvoir islamiste. En profondeur, le salafisme chemine dans un pays déjà éprouvé par les attentats de Casablanca du 16 mai 2003 et celui du café Argana, à Marrakech, le 28 avril 2011. Cette semaine, le magazine américain Foreign Policy s’inquiète des visées de Daech contre la stabilité du royaume. D’où la tentation de Mohammed VI et du PJD d’en remettre dans l’observance outrancière. Alors, même s’il existe une contre-société vigilante et moderne — on l’a vue dans la rue pour défendre les jeunes filles en jupe — est-elle de taille contre ce rabotage des cerveaux ? Va-t-elle se mobiliser le 14 juillet devant le tribunal de Marrakech ?
En attendant, en ce pays de vacances, étancher sa soif ces jours-ci est un crime.  
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    Par Aziz Akkaoui, 17/7/2015
A Marrakech 5 mecs -qui ont pignon sur rue-bouffent du ramadan en plein Jamaa Lfna sont condamnés à 2 mois avec sursis! 

A Lhoucima 2 mecs - roturiers- bouffent du ramadan dans une foret écopent de 2 mois ferme ! 


Comme quoi la politique de 2 poids 2 mesures est aussi une particularité marocaine!
     

Les deux filles d'Inezgane relaxées



MANIFS
JUSTICE – Les deux filles poursuivies pour "outrage à la pudeur" parce qu'elles faisaient leurs courses en robe au marché d'Inezgane ont été relaxées, nous apprend Aziz Sellami, le président de la section d'Agadir de l'AMDH.
Un verdit qui réjouit Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique des droits des femmes (LDDF) qui pointe du doigt le code pénal qui "permet encore ce genre de procès aujourd'hui".
"L'issue de ce procès a prouvé que la société est attachée aux valeurs de liberté. Porter une robe, un short ou une jupe n'a jamais été un crime", déclare-t-elle. Pour la présidente de la LDDF, "il est essentiel d'instaurer une loi dans le code pénal portant sur la violence contre les femmes".
"Le code pénal n'est pas en accord avec la Constitution qui garantit les libertés individuelles", explique Fouzia Assouli. "Il est nécessaire de mettre en place une loi pour protéger les femmes et de former les juges et les policiers à la lutte contre la discrimination afin que ce texte soit appliqué".
Fouzia Assouli critique aussi les circonstances du procès. "Il n'y a pas d'assistance sociale qui a accompagné les filles et les deux accusées avaient besoin d'un soutien psychologique auquel elles n'auraient pas eu droit sans nous", affirme la militante pour les droits des femmes. Après ce qui leur est arrivé, "le regard des gens et leur place dans la société a changé", regrette Fouzia Assouli qui précise que "les filles comptent changer de ville pour tourner la page".
Mais ce fait divers n'est pas encore arrivé à sa fin, puisque "nous poursuivons en justice quatre des hommes qui ont agressé les deux filles pour harcèlement sexuel", nous apprend Fouzia Assouli.
Pour rappel, le 18 juin dernier, le quotidien arabophone Assabah révélait l'affaire de deux jeunes femmes encerclées par une foule de personnes au souk d'Inezgane, qui ont manifesté contre leur tenue jugée "contraire aux bonnes mœurs" et ont appelé la police judiciaire qui n'a pas tardé à les arrêter.
L'affaire a fait couler beaucoup d'encre et suscité l'indignation des associations féministes et des internautes qui ont exprimé leur soutien aux deux jeunes filles. Des sit-in ont également été organisés dans différentes villes du royaume avec comme slogan "Mettre une robe n'est pas un crime".

TV5MONDE : Y a-t-il une place pour la satire au Maroc ?






Ajoutée le 9 juil. 2015             
youtube.com
https://youtu.be/47ZLeOd8tA0
       
Maroc : Journaliste satirique, Ali Lmrabet​ ne ménage pas ses critiques à l'égard de la monarchie. Condamné à plusieurs reprises pour outrage au roi Mohammed VI, il se voit aujourd'hui refuser le nouvellement de ses papiers d'identité, et a entamé une grève de la faim.

Le « Réseau des associations victimes d’interdictions », organise une conférence de presse

Conférence de presse 

mercredi 15 juillet 2015 à 10H30 

à Rabat.

ravi675

Communiqué de presse.
Le « Réseau des associations victimes d’interdictions », organise une conférence de presse mercredi 15 juillet 2015 à 10H30 à Rabat
Le Réseau des associations victimes d’interdictions (RAVI), organise une conférence de presse mercredi 15 juillet 2015 à 10H30 au Club des Avocats (rue Afghanistan, Quartier Océan) à Rabat. Lors de cette rencontre, le RAVI rendra public un rapport préliminaire chiffré sur les violations du droit d’association et de réunion au Maroc ainsi que son futur plan d’action.
Sont invités à cette conférence, journalistes des différents médias audiovisuels, écrits, électroniques, agences de presse internationales et attachés de presse auprès des ambassades étrangères au Maroc.
Créé le 25 juin dernier par plusieurs associations, suite à la campagne de répression à l’égard de la société civile depuis les déclarations du ministre de l’Intérieur devant le Parlement le 15 juillet 2014 contre des associations, le RAVI appelle l’Etat à respecter la Constitution ainsi que ses engagements internationaux en matière de droit d’association et de réunion.
Rabat, le 10 juillet 201.
Signé : Khadija Ryadi, coordinatrice provisoire du RAVI
Associations signataires :
1- Ligue marocaine de défense des droits de l’homme,
2- Association marocaine des droits humains,
3- Amnesty International-Maroc,
4- Instance marocaine des droits de l’Homme,
5- Association Freedom Now,
6- Association marocaine pour le journalisme d’investigation,
7- Association des droits numériques,
8- Ligue marocaine pour la citoyenneté et droits de l’homme,
9- Association Attac-Maroc,
10- Association Racines,
11- Forum des citoyens,
12- Association pour le contrat mondial de l’eau-Maroc,
13- Transparency-Maroc.
14- Observatoire de la Justice au Maroc.

Quarante ans après l'évasion de Houcine Manouzi ...


 Fatima El Manouzi a ajouté 2 nouvelles photos — avec Lotfi Louzi et ‎مصطفى المنوزي‎.
 
Photo de Fatima El Manouzi.13 JUILLET 1975 ,quarante ans après l'évasion de Houcine Manouzi du PF3 et sa nouvelle arrestation, aucune nouvelle sur son sort
Pour nous, Houcine est toujours vivant. Tant qu’on ne sera pas fixé sur son sort et tant que les responsables de son enlèvement et de sa séquestration ne seront pas identifiés et jugés, Houcine sera toujours vivant pour sa famille et ses amis. C’est pour cela que nous refusons d'entrer dans le jeu d’une indemnisation faisant fi de notre recherche de vérité et synonyme d’un cautionnement à blanc de pratiques susceptibles de regérence.
Nous ne voulons que la vérité sur le sort de Houcine, rien que la vérité mais toute la vérité. La réconciliation n'aura de sens que si elle s'inscrit dans une logique de vérité et de justice.

lundi 13 juillet 2015

Maroc : "On est loin de Mai 68, mais ça se prépare !"

"En prison à cause de robes trop courtes ?", "Un travesti passé à tabac à Fès", "Faut-il brûler les homos ?" Les titres de la presse marocaine semblent témoigner d'un retour au conservatisme au Maroc. Entretien.

Manifestation pour le droit des femmes à Rabat le 6 juillet dernier. (FADEL SENNA / AFP)Manifestation pour le droit des femmes à Rabat le 6 juillet dernier. (FADEL SENNA / AFP)
Très attendu par l'opinion publique, le verdict de la Cour marocaine concernant les deux jeunes filles inculpées pour atteinte aux bonnes moeurs, sera finalement rendu le 13 juillet prochain. Un regard rapide sur l'actualité marocaine semble attester d'un durcissement des préjugés sociétaux au Maroc. Mehdi Alioua, docteur en sociologie et chercheur au Laboratoire d’Études Politiques et de Sciences Humaines et Sociales de l’Université Internationale de Rabat, nous livre son analyse sur la question. 

Le ministre marocain de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid s'est de nouveau prononcé, le 29 juin dernier, contre la dépénalisation des relations sexuelles hors mariages, de l'homosexualité ou encore de la rupture du jeûne en public. Est-ce révélateur de l'état d'esprit général de la société marocaine aujourd'hui, et plus particulièrement depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes l'an dernier ?
- L'état d'esprit de la société n'est pas aussi vindicatif mais ce discours est révélateur de ce que j'appelle la "dictature des mœurs". Il s'agit d'une partie de la population, surtout des hommes, même si certaines femmes participent à ce processus, qui impose son point de vue à la société pour dire comment bien se tenir, bien se comporter. Les femmes et les jeunes sont les premiers soumis à ce diktat. 
Ce phénomène est très présent dans les grandes villes. Et c'est d'ailleurs dans les endroits où ces dictateurs sont les plus actifs que le parti du ministre de la justice, le PJD [le Parti de la justice et du développement : NDLR], a remporté le plus de suffrages.  

dimanche 12 juillet 2015

La grève de la faim, l’arme qui reste aux opprimés (Maroc)

« … J'ai décidé d'entamer une grève de la faim préventive de 48h à partir du 8 juillet. Je réitère ma demande aux organisations des droits de l'homme nationales et internationales de dénoncer les exactions graves dans les prisons marocaines, et je réclame l’amélioration des conditions dans les prisons marocaines afin qu’elles soient des centres d’apprentissage et d’insertion et non des lieux de destruction de l’humain. » Waafa Charaf, activiste politique et militante des droits de l’homme, le 7 juillet 2015.


Waafa Charaf

Faux semblants, silences, fins de non-recevoir
« Des lieux de destruction de l’humain », elle sait ce que cela veut dire Waafa, emprisonnée pour deux ans à Tanger. Le motif pour lequel la justice marocaine l’a condamnée : « dénonciation calomnieuse » de tortures exercées sur sa personne, alors qu’elle a porté plainte contre X. X s’est donc reconnu et senti calomnié. Qui X peut-il bien être ?
A cette mascarade s’en ajoutent d’autres. Soulignées par le journaliste Ali Lmrabet, qui mène une grève de la faim illimitée depuis le 24 juin devant le Palais des Nations à Genève, pour obtenir ses papiers d’identité marocaine. On refuse de les lui faire sous prétexte qu’il n’habiterait pas à l’adresse qu’il donne à Tanger (chez son père), alors qu’il a quitté depuis 2011 l’Espagne où il avait dû s’expatrier pour avoir été interdit pendant 10 ans d’exercer au Maroc son métier de journaliste (en 2005). 10 ans après, et alors qu’il s’apprêtait à lancer un nouveau journal satirique dans son pays, il ne peut user de son droit à son identité nationale…


Ali Lmrabet

Immanquablement, on pense à septembre 1991, lorsque le militant marocain de gauche Abraham Serfaty, qui venait de passer dix-sept ans en prison après avoir été enlevé et torturé pendant de longs mois, était libéré par Hassan II mais expulsé vers la France comme « brésilien » !
Sur quels fondements juridiques peut donc s’appuyer aujourd’hui au Maroc un citoyen qui sait sa liberté ou sa vie menacée ? Ali Lmrabet l’éclaire dans un article publié le 4 juillet sur son site Demainonline :
« Enfin, pour ceux qui nous invitent à déposer plainte contre l’État marocain à chaque fois que nos droits civiques sont violés, il faut savoir que si le Maroc a ratifié le « Pacte international relatif aux droits civils et politiques », qui comprend les droits et libertés classiques qui protègent les particuliers contre les ingérences de l’État, comme le droit à la vie, l’interdiction de la torture, de l’esclavage et du travail forcé, le droit à la liberté, etc., il n’a pas voulu ratifier le protocole facultatif qui permet à des particuliers, c’est-à-dire vous et moi, de déposer des « communications » (plaintes) individuelles au sujet du respect du Pacte par les États qui ont ratifié ce protocole additionnel.
C’est-à-dire quoi ? C’est-à-dire qu’un Marocain qui se verrait privé arbitrairement d’un droit fondamental par son État ne peut pas se diriger à l’ONU pour obtenir gain de cause. »
Vouloir disposer de soi-même ? C’est interdit
Récupérer le corps de son enfant ? C’est impossible
Les Marocains sont ainsi maltraités par leur État.
Et pour les Sahraouis, c’est pire. Le Sahara Occidental ex-espagnol est un territoire non autonome, dont le peuple n’a pu s’autodéterminer jusqu’à maintenant – bien qu’il s’agisse en terme de décolonisation d’un droit inaliénable –, et sur lequel le royaume, quoi qu’il en dise, ne peut exercer aucune souveraineté internationalement reconnue.
Dans leur territoire occupé par le Maroc depuis 1975, les Sahraouis subissent une forte répression (tabassages, enlèvements, torture, incarcérations sans jugement) dès qu’ils manifestent en faveur de l’autodétermination, ce qu’ils font régulièrement depuis 2005. Les manifestations en ce sens sont tout simplement interdites par la loi marocaine.
Et à la brutalité des policiers s’ajoute la présence de nombreux colons – dont certains sont venus au Sahara plus ou moins contraints et forcés, pour augmenter le nombre de votants potentiellement favorables au Maroc lors du référendum à venir. Ces colons marocains peuvent être simplement indifférents, mais aussi parfois franchement hostiles à la population sahraouie.
C’est ainsi qu’à El Aïoun, le 31 janvier dernier, un jeune activiste de 21 ans, Mohamed Lamine Haidala, s’est fait agresser près de chez lui par cinq hommes qui lui ont donné des coups, balancé des pierres et surtout transpercé le cou avec une paire de ciseaux. Les secours ont tardé, à l’hôpital on lui a recousu sa blessure sans anesthésie semble-t-il, puis il a été emmené de force à plus de 500 km de là au commissariat d’Agadir. Sa plaie s’est envenimée et il est décédé le 8 février.
Sa mère, Takbar Haddi, qui vit aux Canaries, est arrivée le lendemain de sa mort pour réclamer le corps de son fils. Elle voulait qu’une autopsie soit faite pour que les causes réelles du décès de Haidala soient rendues publiques, mais on le lui a refusé, et elle n’a pu récupérer le corps. Mise dans l’impossibilité de faire son deuil, après trois mois de démarches sans résultat, elle a décidé d’entamer une grève de la faim illimitée, le 16 mai, devant le Consulat du Maroc à Las Palmas de Gran Canaria, réclamant aussi que les présumés coupables soient poursuivis.

 Takbar Haddi

Après 36 jours de grève, elle a dû être hospitalisée. Les soutiens espagnols à son action ont alors enclenché une grève de la faim solidaire, par roulement, de 24 h en 24 h. Au 10 juillet, 22 personnes, aux Canaries, en Espagne, au Portugal, au Parlement européen, ont déjà participé à cette chaine ; d’autres s’apprêtent à le faire, avant que Takbar Haddi ne reprenne elle-même son mouvement, à l’issue du Ramadan.

Toutes ces grèves de la faim vont-elles amener le Maroc à mettre en œuvre une vraie justice, qui ne soit plus aux ordres d’un État méprisant ses propres citoyens et plus encore les habitants du Sahara Occidental qu’il colonise ?

Elles devraient, pour le moins, embarrasser l’exécutif français qui s’apprête à remettre la médaille d’Officier de la Légion d’honneur à Abdellatif Hammouchi, patron des services de contre-espionnage marocain, accusé de faits de torture et de complicité de torture par plusieurs personnes franco-marocaines.
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https://youtu.be/UubhpFSry9
 Ajoutée le 13 juil. 2015

https://youtu.be/khkB4u9bdFA

 Le 9 juillet 2015 , devant le Palais des Nations-Unies à Genève, chaque représentant d'ONG a exprimé avec ses convictions et termes propres son soutien à Ali Lmrabet. AB
youtube.com

 https://youtu.be/khkB4u9bdFA

Israël expulsé du Sommet de l’Union africaine à Malabo

12 juillet 2015
















Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, au Sommet de l’UA à Malabo, en Guinée équatorial, en juin 2013 (DR)

L’information est passée inaperçue. Pourtant, l’action est historique. Après sa soudaine déclaration d’amour envers le continent africain et sa demande aux « intentions douteuses » de faire partie de l’Union africaine (UA), l’Etat d’Israël a envoyé une délégation afin de participer au Sommet de l’Union Africaine qui a eu lieu la semaine dernière, à Malabo, en Guinée équatoriale.
Mais ce passage en force n’a pas été du goût de Mohamed Ould Abdel Aziz, Président mauritanien par ailleurs président en exercice de l’UA. Il s’est opposé à la présence d’une délégation israélienne aux travaux du Sommet de l’organisation africaine. Toutes les délégations des autres pays membre de l’UA se sont également opposées à cette présence israélienne.
Les membres de la délégation de l’État sioniste, qui tenaient à y assister en tant qu’observateurs, ont été expulsés du centre de conférence où se tenaient les travaux, rapporte Maurisahel.
Des messages de félicitations aux dirigeants africains ont afflué d’Amérique latine et d’Asie dans lesquels des leaders se sont réjouit de voir l’Afrique user de sa souveraineté. Il est a rappeler que les textes régissant l’organisation de l’Union africaine sont hostiles aux pays colonisateurs. De plus, les conditions de vie dans lesquelles vit la communauté africaine en Israël ont, à plusieurs reprises, été pointées du doigt par des associations de défense des droits de l’Homme.
« Reste à ce que cette affirmation de souveraineté s’amplifie et qu’elle prenne toutes ses dimensions politiques et économiques vis-à-vis des diktats de la France, des Etats-Unis et de l’Occident », conclut Black-Feelings.com.








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