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mardi 14 juillet 2015

Les deux filles d'Inezgane relaxées



MANIFS
JUSTICE – Les deux filles poursuivies pour "outrage à la pudeur" parce qu'elles faisaient leurs courses en robe au marché d'Inezgane ont été relaxées, nous apprend Aziz Sellami, le président de la section d'Agadir de l'AMDH.
Un verdit qui réjouit Fouzia Assouli, présidente de la Ligue démocratique des droits des femmes (LDDF) qui pointe du doigt le code pénal qui "permet encore ce genre de procès aujourd'hui".
"L'issue de ce procès a prouvé que la société est attachée aux valeurs de liberté. Porter une robe, un short ou une jupe n'a jamais été un crime", déclare-t-elle. Pour la présidente de la LDDF, "il est essentiel d'instaurer une loi dans le code pénal portant sur la violence contre les femmes".
"Le code pénal n'est pas en accord avec la Constitution qui garantit les libertés individuelles", explique Fouzia Assouli. "Il est nécessaire de mettre en place une loi pour protéger les femmes et de former les juges et les policiers à la lutte contre la discrimination afin que ce texte soit appliqué".
Fouzia Assouli critique aussi les circonstances du procès. "Il n'y a pas d'assistance sociale qui a accompagné les filles et les deux accusées avaient besoin d'un soutien psychologique auquel elles n'auraient pas eu droit sans nous", affirme la militante pour les droits des femmes. Après ce qui leur est arrivé, "le regard des gens et leur place dans la société a changé", regrette Fouzia Assouli qui précise que "les filles comptent changer de ville pour tourner la page".
Mais ce fait divers n'est pas encore arrivé à sa fin, puisque "nous poursuivons en justice quatre des hommes qui ont agressé les deux filles pour harcèlement sexuel", nous apprend Fouzia Assouli.
Pour rappel, le 18 juin dernier, le quotidien arabophone Assabah révélait l'affaire de deux jeunes femmes encerclées par une foule de personnes au souk d'Inezgane, qui ont manifesté contre leur tenue jugée "contraire aux bonnes mœurs" et ont appelé la police judiciaire qui n'a pas tardé à les arrêter.
L'affaire a fait couler beaucoup d'encre et suscité l'indignation des associations féministes et des internautes qui ont exprimé leur soutien aux deux jeunes filles. Des sit-in ont également été organisés dans différentes villes du royaume avec comme slogan "Mettre une robe n'est pas un crime".

mercredi 1 juillet 2015

Affaire d’Inezgane : la majorité réagit enfin !

le20heures, 30/6/2015
C’est un tweet de Nabil Benabdallah, le leader du PPS et ministre de l’habitat et de la politique de la ville qui a annoncé dans la soirée de lundi 29 juin la condamnation des poursuites contre les deux jeunes filles d’Inezgane par la majorité. « Lors d’une réunion des partis de la majorité PJD, RNI, MP et PPS ce soir, dénonciation ferme de la poursuite des deux jeunes d’Inezgane ». Des milliers de citoyens sont sortis dans les rues le week end passé pour dénoncer les dérives obscurantistes et défendre les libertés individuelles de plus en plus menacés. Alors que la robe est devenue symbole de la liberté, des partis de la coalition gouvernementale ont commencé –bien tardivement – à briser le silence en condamnant ce qui s’est passé à Inezgane mais aussi sur une plage d’Agadir où des jeunes ont planté des bannières noires portant l’inscription de « no bikinis ». Le Mouvement populaire a rendu public un long communiqué pour condamner fermement « ces atteintes aux principes de la liberté individuelle et du respect de la liberté d’autrui » ainsi que « l’usurpation par certains du rôle des autorités compétentes en matière d’application de la loi ». Les harakis vont encore plus loin en invitant « toutes les composantes de la société à se mobiliser pour protester contre ces déviations qui commencent à s’affirmer de plus en plus sur la place publique ». La réaction du MP a le mérite d’être claire. Le ministre du tourisme, le haraki Lahcen Haddad, ne doit pas y être étranger. « Le discours de la haine, les conservatismes aigus et les diktats obscurantistes ne peuvent que faire fuir les touristes étrangers. Il y a eu récemment une enquête qui révélait que le Maroc n’était pas une destination idéale pour les femmes seules. », rappelle ce professionnel du tourisme. Au PPS, la première réaction de désapprobation a été enregistrée samedi avec une déclaration de N. Benabdallah. « Il est honteux de poursuivre des jeunes femmes parce qu’elles portaient des robes », lancera-t-il devant ses militants. Le chef de gouvernement aurait demandé la fin des poursuites des deux jeunes femmes coupables d’avoir porté des robes. 
http://telquel.ma/wp-content/uploads/2015/06/Credit-Yassine-Toumi.2.jpg

mardi 30 juin 2015

4 juillet 2015 devant l'ambassade du Maroc à Paris : Mettre une robe n’est pas un crime !

asdhomMettre une robe n’est pas un crime !
Rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris,
samedi 4 juillet 2015 à 15h.


Dans un environnement de régression et d’attaques aux droits et libertés au Maroc : atteinte à la liberté d’expression, liberté de la presse, procès inéquitable où on condamne tout un groupe d’étudiants sans distinction de la responsabilité individuelle comme exigé dans un jugement juste. Les atteintes à la liberté de manifester et même d’avoir une activité associative organisée et pacifique sont devenues monnaie courante.
Nous voilà confrontés maintenant à une attaque sur la façon de s’habiller avec l’arrestation, le 21 juin 2015, de deux jeunes filles au Souk d’ Inezgane, (près d’Agadir) parce que celles-ci portaient des tenues d’été.

Ces deux jeunes femmes sont poursuivies pour avoir porté des habits « attentatoires à la pudeur ».
Elles sont convoquées par le procureur, en état de liberté, à l’audience du lundi 6 juillet 2015 pour atteinte aux mœurs.
Nous ne pouvons pas accepter cette atteinte grave aux droits de la femme marocaine.
Pour dénoncer les atteintes aux libertés et demander l’abandon immédiat des poursuites contre ces deux jeunes filles qui n’ont rien fait d’illégal.

Nous appelons à un rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris,
Le samedi 4 juillet 2015 à 15h
Nous sommes tous concernés ! Mettre une robe n’est pas un crime !
Venez les soutenir avec vos tenues d’été.

Signataires de l’appel : ASDHOM, AMF, ATMF, AMDH-Ile de France & AILES-femmes du Maroc
http://www.tunisiefocus.com/wp-content/uploads/2015/07/jupe-maroc.jpg