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dimanche 12 juillet 2015

La grève de la faim, l’arme qui reste aux opprimés (Maroc)

« … J'ai décidé d'entamer une grève de la faim préventive de 48h à partir du 8 juillet. Je réitère ma demande aux organisations des droits de l'homme nationales et internationales de dénoncer les exactions graves dans les prisons marocaines, et je réclame l’amélioration des conditions dans les prisons marocaines afin qu’elles soient des centres d’apprentissage et d’insertion et non des lieux de destruction de l’humain. » Waafa Charaf, activiste politique et militante des droits de l’homme, le 7 juillet 2015.


Waafa Charaf

Faux semblants, silences, fins de non-recevoir
« Des lieux de destruction de l’humain », elle sait ce que cela veut dire Waafa, emprisonnée pour deux ans à Tanger. Le motif pour lequel la justice marocaine l’a condamnée : « dénonciation calomnieuse » de tortures exercées sur sa personne, alors qu’elle a porté plainte contre X. X s’est donc reconnu et senti calomnié. Qui X peut-il bien être ?
A cette mascarade s’en ajoutent d’autres. Soulignées par le journaliste Ali Lmrabet, qui mène une grève de la faim illimitée depuis le 24 juin devant le Palais des Nations à Genève, pour obtenir ses papiers d’identité marocaine. On refuse de les lui faire sous prétexte qu’il n’habiterait pas à l’adresse qu’il donne à Tanger (chez son père), alors qu’il a quitté depuis 2011 l’Espagne où il avait dû s’expatrier pour avoir été interdit pendant 10 ans d’exercer au Maroc son métier de journaliste (en 2005). 10 ans après, et alors qu’il s’apprêtait à lancer un nouveau journal satirique dans son pays, il ne peut user de son droit à son identité nationale…


Ali Lmrabet

Immanquablement, on pense à septembre 1991, lorsque le militant marocain de gauche Abraham Serfaty, qui venait de passer dix-sept ans en prison après avoir été enlevé et torturé pendant de longs mois, était libéré par Hassan II mais expulsé vers la France comme « brésilien » !
Sur quels fondements juridiques peut donc s’appuyer aujourd’hui au Maroc un citoyen qui sait sa liberté ou sa vie menacée ? Ali Lmrabet l’éclaire dans un article publié le 4 juillet sur son site Demainonline :
« Enfin, pour ceux qui nous invitent à déposer plainte contre l’État marocain à chaque fois que nos droits civiques sont violés, il faut savoir que si le Maroc a ratifié le « Pacte international relatif aux droits civils et politiques », qui comprend les droits et libertés classiques qui protègent les particuliers contre les ingérences de l’État, comme le droit à la vie, l’interdiction de la torture, de l’esclavage et du travail forcé, le droit à la liberté, etc., il n’a pas voulu ratifier le protocole facultatif qui permet à des particuliers, c’est-à-dire vous et moi, de déposer des « communications » (plaintes) individuelles au sujet du respect du Pacte par les États qui ont ratifié ce protocole additionnel.
C’est-à-dire quoi ? C’est-à-dire qu’un Marocain qui se verrait privé arbitrairement d’un droit fondamental par son État ne peut pas se diriger à l’ONU pour obtenir gain de cause. »
Vouloir disposer de soi-même ? C’est interdit
Récupérer le corps de son enfant ? C’est impossible
Les Marocains sont ainsi maltraités par leur État.
Et pour les Sahraouis, c’est pire. Le Sahara Occidental ex-espagnol est un territoire non autonome, dont le peuple n’a pu s’autodéterminer jusqu’à maintenant – bien qu’il s’agisse en terme de décolonisation d’un droit inaliénable –, et sur lequel le royaume, quoi qu’il en dise, ne peut exercer aucune souveraineté internationalement reconnue.
Dans leur territoire occupé par le Maroc depuis 1975, les Sahraouis subissent une forte répression (tabassages, enlèvements, torture, incarcérations sans jugement) dès qu’ils manifestent en faveur de l’autodétermination, ce qu’ils font régulièrement depuis 2005. Les manifestations en ce sens sont tout simplement interdites par la loi marocaine.
Et à la brutalité des policiers s’ajoute la présence de nombreux colons – dont certains sont venus au Sahara plus ou moins contraints et forcés, pour augmenter le nombre de votants potentiellement favorables au Maroc lors du référendum à venir. Ces colons marocains peuvent être simplement indifférents, mais aussi parfois franchement hostiles à la population sahraouie.
C’est ainsi qu’à El Aïoun, le 31 janvier dernier, un jeune activiste de 21 ans, Mohamed Lamine Haidala, s’est fait agresser près de chez lui par cinq hommes qui lui ont donné des coups, balancé des pierres et surtout transpercé le cou avec une paire de ciseaux. Les secours ont tardé, à l’hôpital on lui a recousu sa blessure sans anesthésie semble-t-il, puis il a été emmené de force à plus de 500 km de là au commissariat d’Agadir. Sa plaie s’est envenimée et il est décédé le 8 février.
Sa mère, Takbar Haddi, qui vit aux Canaries, est arrivée le lendemain de sa mort pour réclamer le corps de son fils. Elle voulait qu’une autopsie soit faite pour que les causes réelles du décès de Haidala soient rendues publiques, mais on le lui a refusé, et elle n’a pu récupérer le corps. Mise dans l’impossibilité de faire son deuil, après trois mois de démarches sans résultat, elle a décidé d’entamer une grève de la faim illimitée, le 16 mai, devant le Consulat du Maroc à Las Palmas de Gran Canaria, réclamant aussi que les présumés coupables soient poursuivis.

 Takbar Haddi

Après 36 jours de grève, elle a dû être hospitalisée. Les soutiens espagnols à son action ont alors enclenché une grève de la faim solidaire, par roulement, de 24 h en 24 h. Au 10 juillet, 22 personnes, aux Canaries, en Espagne, au Portugal, au Parlement européen, ont déjà participé à cette chaine ; d’autres s’apprêtent à le faire, avant que Takbar Haddi ne reprenne elle-même son mouvement, à l’issue du Ramadan.

Toutes ces grèves de la faim vont-elles amener le Maroc à mettre en œuvre une vraie justice, qui ne soit plus aux ordres d’un État méprisant ses propres citoyens et plus encore les habitants du Sahara Occidental qu’il colonise ?

Elles devraient, pour le moins, embarrasser l’exécutif français qui s’apprête à remettre la médaille d’Officier de la Légion d’honneur à Abdellatif Hammouchi, patron des services de contre-espionnage marocain, accusé de faits de torture et de complicité de torture par plusieurs personnes franco-marocaines.
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https://youtu.be/UubhpFSry9
 Ajoutée le 13 juil. 2015

https://youtu.be/khkB4u9bdFA

 Le 9 juillet 2015 , devant le Palais des Nations-Unies à Genève, chaque représentant d'ONG a exprimé avec ses convictions et termes propres son soutien à Ali Lmrabet. AB
youtube.com

 https://youtu.be/khkB4u9bdFA

jeudi 25 juin 2015

Une eurodéputée réitère son engagement à défendre la cause sahraouie dans tous les forums internationaux



Las Palmas, 23 juin 2015 (SPS)

 L’eurodéputé du parti de la Gauche unie en Espagne , Paloma Lopez Bermejo a réitéré dimanche  aux Iles Canaries son engagement à défendre la cause sahraouie dans tous les forums internationaux, lors d’une rencontre avec le représentant du Front Polisario en España, Bouchraya Bayoun, accompagné de  Hamdi Mansour, également représentant aux Iles Canaries.

La députée de l’UE a réaffirmé son soutien à la lutte et aux revendications des mères sahraouies qui ont perdu leurs enfants à cause de la répression et la criminalité perpétrée par l'occupation marocaine dans les territoires occupés du Sahara occidental.

Elle a annoncé son intention  de mener une grève de la faim de 24 heures au cours de la prochaine session du Parlement, en signe de solidarité avec la mère sahraouie Takbar Haddi.

Les derniers développements dans la question nationale, en particulier les résultats du 25eme Sommet  des chefs d’État et de gouvernement de l'UA, la visite du chef de cabinet du SG de l’ONU, Susana Malcorra et  les violations flagrantes des droits de l'homme commises par le Maroc dans les territoires sahraouis occupés ont été les principaux sujets abordés lors de la rencontre.

Mme Paloma Lopez Bermejo a effectué une visite au lieu de la protestation de la mère sahraoui pour exprimer son soutien et sa solidarité, rappelle-t-on. (SPS)

093/090TRD 23 13

vendredi 19 juin 2015

CNT : Solidarité avec Takbar Haddi, et le peuple sahraoui ! Justice pour Haidala !

Publié le jeudi 18 juin 2015

Le 30 janvier 2015, le jeune sahraoui Mohamed Lamin Haidala, âgé de 21 ans, a été poignardé et a subit un lynchage de la part de colons marocains à Laayoun, dans les territoires occupés sahraouis. 
 Blessé, il est arrêté par la police marocaine, emmené à l'hôpital pour ses blessures puis il est rapidement transféré à la préfecture de police et placé en garde à vue. Il y subira des violences de la part des officiers. Puis tardivement il est emmené aux urgences sans soins effectifs au final, et cela à deux reprises. A la fin de 72 heures de garde à vue il est emmené à l'hôpital de Laayoun, puis le médecin le fait transférer d'urgence dans un autre hôpital mieux équipé. La famille le fait transférer à ses frais à Agadir. Face au mépris et l'indifférence du personnel, étant sahraoui, la famille décide de l'hospitaliser dans une clinique privée, qui refusera son entrée. De retour à l'hôpital public, Haidala décèdera le 8 février 2015...
Aucune enquête ne sera lancée sur les circonstances de sa mort avant et après son arrestation à Laayoun.
Encore une fois apparaît de façon sanglante le quotidien terrible de l'occupation, à travers la violence des colons, les arrestations arbitraires des sahraouis et la torture, la non indépendance de la justice marocaine, et jusqu'au système de santé qui a toujours été à disposition du pouvoir pour appuyer la répression...
Rappelons que la Mission des Nations Unies au Sahara Occidental (MINURSO) chargée normalement de la mise en place du référendum pour l'autodétermination du peuple sahraoui depuis 1991, ne fait simplement que maintenir le statut quo. Une fois de plus cette année, en avril, a été rejetée, lors du Conseil de Sécurité de l'ONU, la demande d'étendre la mission de la Minurso à la surveillance du respect des droits de l'homme dans les territoires occupés. C'est d'ailleurs la France complice de Rabat qui a à ce titre encore utilisé son veto !
Takbar Haddi, la mère de Haidala, a entamé depuis le 15 mai 2015 une grève de la faim illimitée devant le consulat du Maroc à Las Palmas aux Canaries, exigeant qu'une enquête indépendante soit mise en place sur les circonstances de la mort de son fils. Elle exige également que son corps soit exhumé et qu'une autopsie soit réalisée. La situation de santé de Takbar Haddi ne fait que se détériorer, avec des hospitalisations répétées, dans le mépris total du pouvoir marocain et espagnol.
La CNT-F tient à exprimer toute sa solidarité avec Takbar Haddi pour que justice soit faite sur les circonstances de la mort de son fils ; La CNT-F salue également toutes les actions de solidarité qui se sont produites aux Canaries avec des chaînes humaines, envahissement du consulat, et manifestations qui se poursuivent en Espagne et dans d'autres pays.
Le cas de Haidala n'est pas isolé ! La CNT-F reste solidaire des familles des victimes sahraouies pour que justice soit faite concernant les disparus, et les assassinats perpétrés dans la rue comme pour Saïd Dembar en septembre 2013, ou dans les geôles marocaines suite à des tortures et des manques de soins comme en témoigne la mort de Hassana El Ouali en septembre 2014. Le nombre de ces victimes ne fait qu'augmenter ces dernières années. Et les peines de prison pour actions politiques, ou simple revendication de liberté d'expression et d'autodétermination, sont également de plus en plus lourdes, allant jusqu'à la perpétuité pour certains du groupe des prisonniers de Gdeim Izik. Ces derniers ont d'ailleurs appelé récemment à la multiplication des actions en soutien à Takbar Haddi !
Solidarité internationale et anticoloniale !
Libération de tous les prisonniers politiques sahraouis !
Stop à l'occupation, autodétermination !
Le Secrétariat International de la Confédération Nationale du Travail de France, le 17 juin 2015

http://www.cnt-f.org/international/Solidarite-avec-Takbar-Haddi-et-le-peuple-sahraoui-Justice-pour-Haidala.html

mardi 9 juin 2015

Sahara Occidental : Le Conseil portugais pour la paix appelle au respect des droits de l'homme


Le Conseil portugais pour la paix et la coopération (CPPC) a appelé au respect des droits de l'homme au Sahara occidental et à la libération des prisonniers politiques sahraouis des prisons marocaines.PUBLIE LE : 8/6/2015
D.R
Le Conseil portugais pour la paix et la coopération (CPPC) a appelé au respect des droits de l'homme au Sahara occidental et à la libération des prisonniers politiques sahraouis des prisons marocaines.
Dans un communiqué publié vendredi et relayé par l'agence d'information sahraouie (SPS), le CPPC dénonce l'aggravation de la situation dans les territoires occupés du Sahara Occidental, la garde dans les prisons marocaines de plus de 50 militants sahraouis victimes de persécution et de jugements illégaux, ainsi que la violation des droits fondamentaux de la population
sahraouie».
Le CPPC appelle à la solidarité du peuple portugais avec la cause sahraouie conformément aux stipulations de la Constitution portugaise, tout en exprimant sa solidarité avec Takbar Haddi qui observe une grève de la faim depuis plus de 21 jours devant le consulat du Maroc à Las Palmas. Mme Haddi réclame la dépouille de son fils, assassiné dans les territoires occupés du Sahara occidental par des colons marocains avec la complicité des autorités marocaines.
Une délégation du CPPC dirigée par la présidente de la direction nationale Ida Figueredo et Carlos Carvalho, membre de la direction nationale tiendra le 9 juin une réunion avec tous les groupes parlementaires et la commission des affaires étrangères pour «dénoncer le grave situation dans les territoires du Sahara Occidental occupés par le Maroc».

Des associations espagnoles appellent le gouvernement à assumer ses responsabilités
La plateforme nationale d'associations solidaires avec le Sahara (CEAS - Sahara) a appelé le gouvernement espagnol à faire preuve de «décision» et de «courage» à assumer ses responsabilités vis-à-vis du Sahara occidental.  Le collectif pro-sahraoui, dans un communiqué publié sur une réunion de haut niveau hispano-marocaine, tenue samedi à Madrid, a demandé à l'Espagne de s’«impliquer de manière décisive dans la recherche d'une solution politique qui reconnaît les droits légitimes du peuple sahraoui et de ne plus céder au chantage du Maroc et de cesser d'éviter de parler de la décolonisation» du Sahara Occidental.
Il s'agit, selon ce collectif d'associations cité par l'agence de presse sahraouie (SPS),d'«un problème de responsabilité commune qui fera, tant qu'il dure, que les relations entre les deux pays soient basées sur le chantage et la méfiance».
Dans ce sens, CEAS-Sahara a rappelé que le Maroc «ne ménagera aucun effort» pour «traîner» l'Espagne dans un «scénario permanent de violation de la légalité internationale et de violation des droits de l'homme», comme c'est le cas dans le drame de la citoyenne sahraouie Takbar Haddi.
Mme Haddi est en grève de la faim depuis plus de 21 jours devant le consulat du Maroc à Las Palmas pour réclamer la dépouille de son fils, assassiné dans les territoires occupés du Sahara occidental par des colons avec la complicité des autorités marocaines.