mercredi 18 juillet 2012
Affaire Alioua ou la paix séparée et le "Grisbi"
Dans les couloirs de la Brigade de Police Judiciaire de Casablanca, menottes aux poignets, Khalid Alioua, n’en mène pas large.
Cueilli dans son costume tabac, lors de son interpellation, il ne l’a plus quitté depuis.
Délesté de sa cravate, de son ceinturon, de ses lacets de chaussures et encadré par deux policiers, il a la tête de l’emploi. Baissée.
Point de péroraison pour l’ancien porte-parole du gouvernement.
Point de fioritures non plus.
Il ressemble, à ses frères, les escrocs présumés, lorsque les rattrape la justice: très peu fier d’être « tombé », de s’être fait « alpaguer » et d’avoir à rendre des comptes au peuple marocain, même si l’on dit que la justice au Maroc se rend au nom du roi.
Ce n’est pas un vague soupçon qui pèse sur « notre ami », ni l’ombre d’un doute. Ce n’est pas non plus, de la petite rapine ou une de ces occasions qui font le larron, dont il est question, mais plutôt de détournement de fonds, de prise illégale d’intérêts, de vol qualifié. Le parfait répertoire de l’escroc par métier, du criminel en col blanc avec comme circonstance aggravante, un maroquin à l’appui et la préméditation qui va avec.
Autant le dire, le chef d’accusation est long comme le bras. Tellement long, qu’on se dit que l’ex-ministre aura tant à raconter que démêler l’écheveau, pointer les responsabilités des uns, définir les complicités des autres et confectionner un dossier pour le tribunal, prendra un temps certain, avant que l'ancien ministre ne puisse s’asseoir enfin sur le banc d’infamie pour connaître sa peine.
Si les contours de cette affaire semblent se préciser, Khalid Alioua ne s’expliquera sans doute, jamais, sur la manière dont lui et ses complices se sont appropriés les millions de dirhams de frais de fonctionnement des départements dont il avait la charge et qui sont partis en fumée, en frais de bouche, factures de téléphone, achat de véhicules, bons d’essence, frais de déplacement, primes diverses et caisse noire.
Une brigade entière de policiers n’y suffirait pas.
A moins que, comme de coutume, dans ce merveilleux pays qui en a le secret, les choses ne finissent par s’arranger et notre homme et sa clique de finir blanchis, comme d’autres avant eux
D’ailleurs, ce dernier semble, à ce point, acquis à cette certitude, qu’il en est à tenir ce langage qui confirme la triste réalité de voyou qui est la sienne: il se lamente, pleurniche sur son sort et clame à qui veut l’entendre qu’il va faire « éclater la grenadine ». Une expression typiquement marocaine, lourde de sens qui équivaut à un aveu de culpabilité, utilisée en règle générale par les malfrats qui se tiennent les uns les autres par des secrets inavouables et qu'ils menacent de révéler si la solidarité venait à leur faire défaut. La confirmation qu'une véritable association de malfaiteurs se serait emparée des organes vitaux du pays, pour en piller les ressources.
On se doutait bien qu’il n’y avait rien de bon chez ces gauchistes qui avaient choisi de pactiser avec leur ancien pourfendeur et le bourreau du peuple marocain.
Je me souviens avoir trouvé quelque chose d’indécent et de misérable, dans cette photographie officielle qui unissait, alors, le bourreau souriant d’avoir réussi son coup, à ses anciennes victimes. Elle semblait, à mes yeux, sceller un pacte avec le diable en personne et m’avait mis au désespoir.
Tant d’années de luttes de nos aînés prenaient ainsi, lamentablement fin, par le truchement de cette paix séparée, aux allures de reddition sans condition et de trahison sans nom. Une spécialité désormais avérée et assumée, semble-t-il par nos élites. De le pure traîtrise, au moment même où le régime était isolé et agoni de toutes parts, par la communauté internationale qui avait, enfin réussi à démasquer le dictateur finissant.
Grâce au combat d’une poignée de justes, le monde avait soudain découvert que le jardin secret du roi retentissait des supplications du petit Abdelllatif Oufkir et des siens et que Hassan II était ce pervers narcissique qui avait enrichi son inclination pour la dictature, d’un florilège de raffinements dont le sadisme n’était pas le moindre et qui le faisait tuer ses semblables à petit feu, dans son arrière-cour.
Les révélations qui pleuvent comme vache qui pisse, nous ramènent à cette sordide réalité que ce que nos politiciens toutes tendances confondues, idolâtrent par-dessus tout, c’est l’oseille, l’avoine, le Grisbi dans ce qu'il a de plus glauque, de plus sombre et de plus sordide.
L’affaire Alioua, les échanges de bons procédés entre Salaheddine Mezzouar et Nourreddine Bensouda, l’enrichissement de Taoufik Hjira et de Yasmina Baddou sont autant d’aveux que quelque chose s’est définitivement grippé dans le système politique marocain et que la vénalité éloigne tout autant nos élites de leur véritable travail de politiciens, qu’elle les rapproche des desseins de vulgaires mafieux.
On ne regrettera qu’une chose dans cette affaire indigne, c’est que l’ex-ministre, ce présumé escroc et voleur à la petite semaine, soit désormais, logé à la même enseigne que Mouad Belghouat, Alias « Lhaqed » et Younes Belkhdim, Alias « Le poete du peuple », la prison de Oukacha.
Une véritable insulte à ces deux héros du printemps marocain
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succès de la séance d'ouverture du troisième congrès national d'Annahj Addimocrati ( la Voie Démocratique Maroc)
En plus des centaines des congressistes du troisième congrès d'Annahj Addimocrati, des dizaines des militants, de sympathisants, des représentants des forces communistes et progressistes étrangères (Palestine, Tunisie, Afrique, Turquie, Europe...); de même que les représentants des forces démocratiques marocaines (PADS, CNI, PSU, UMT,CDT, AMDH, Mouvement 20 février, Assossiation des femmes progressistes, la fédération des ligues démocratiques des droits de la femme ...) ont assisté à cette grandiose cérémonie.
La séance d'ouverture a été caractérisée par l'enthousiasme des militantes et militants, et aussi par une discipline exemplaire.
Les congressistes ont repris leurs travaux à l'EST (Ecole supérieure de technologie) avec plus de détermination et de rigueur.
Après le dîner, les militantes et les militants se sont retrouvés dans l'amphi de l'école, où ils ont écouté puis discuté les rapports politique et financier. Le premier a été adopté sans aucune opposition, le deuxième avec une seule opposition.
Après le retrait de l'ancien secrétariat national, les congressistes ont désigné sans problème aucun, la présidence du congrès.
Le samedi 14 juillet 2012, les militantEs se sont répartiEs en ateliers pour approfondir et enrichir les projets de résolution...les dits-projets ont été discutés dans les sections, puis dans le pré-congrès d'avril 2012...et sont publiés dans un document (sous forme de livre) et distribués aux congressistes.
La discusion/débat se déroule dans un climat où règne la camaraderie la plus émouvante.
Les invités d'ANNAHJ ADDIMOCRATI suivent directement les travaux du 3ème congrès d'ANNAHJ ADDIMOCRATI sans restriction aucune.
BRAVO militantes et militants
Bravo ANNAHJ ADDIMOCRAT
Message de la Conférence Internationale des Partis et Organisations Marxistes-Léninistes (CIPOML)
au 3e Congrès de la Voie Démocratique de Maroc
Par Hama Hammami
Chers camarades de la Voie Démocratique
Chers camarades des partis marxiste-léninistes, des partis révolutionnaires, des partis et organisations démocratiques, anti impérialistes, présents ici:
À travers vous, camarades de la Voie Démocratique, nous saluons la classe ouvrière, la jeunesse, la paysannerie et le peuple marocain en général, qui développe une lutte courageuse et persistante, depuis des décennies, contre la tyranie corrompue du Makhzen.
Nous vous remercions de nous avoir donné l’occasion d’intervenir dans la tribune de votre troisième congrès, qui a suscité l’inquiétude du régime.
La réaction est au Maroc le fer de lance de l’impérialisme européen et nord-américain, qui se jettent au pillage des ressources naturelles de la région d’une façon de plus en plus agressive.
À mesure que la lutte des peuples arabes se développait et que tombaient des tyrans dans les pays voisins, le terreur croissait au sein du régime. Les gouvernements de France,d’Espagne et des États-Unis, parmi tant d’autres, ont serré les rangs pour la défendre, de peur qu’elle ne subisse le même sort que les régimes de Ben Ali et Mubarak. Pressé par les mobilisations ouvrières et populaires, le régime a consenti une Constitution faussement démocratique ; mais ce geste montre la puissance que la protestation populaire, habilement dirigée par nos camarades de la Voie Démocratique, a atteint au Maroc. Et cela montre aussi la faiblesse de la tyrannie, qui aurait été incapable de résister face au peuple sans le soutien de l’impérialisme. Parce que le Maghreb est une pièce fondamentale dans la lutte inter impérialiste pour le contrôle des richesses du continent africain, cette lutte prends de plus en plus des formes agressives.
Cela a été démontré par l’invasion de la Lybie ; une intervention qui, de même que celle qui pèse actuellement sur la Syrie, met en relief que l’impérialisme ne va pas tolérer que les peuples se libèrent eux-mêmes et conquièrent leur pleine indépendance, la démocratie et la justice sociale pour avancer vers le Socialisme.
Également, la position de la réaction marocain démontre que leur régime, à l’instar de ceux de Ben Alí et Mubarak, est un soutien important du régime sioniste d’Israël. Dans cette lutte, et malgré qu’il y a encore des opportunistes qui nient les réussites du processus révolutionnaire dans le monde arabe, le mouvement ouvrier et l’ensemble du peuple acquièrent des leçons précieuses pour continuer á avancer dans leur lutte finale. Peut-être une des plus importantes leçons est que les partis islamistes ont révélé finalement leur véritable nature de classe : Justice et Développement au Maroc, Ennahda en Tunisie, et on peut supposer aussi les Frères Musulmans en Égypte, appuyés par des forces étrangères, comme le Conseil de Coopération du Golfe, deviennent les nouveaux garants des intérêts de l’impérialisme et des bourgeoisies les plus réactionnaires, bien qu’ils utilisent le vernis «social» traditionnel de l’islamisme pour contenir le malaise des masses.
C’est une situation, donc, qui pose de nouveaux défis aux communistes, pour faire avancer les revendications ouvrières et populaires.
Chers camarades, chers amis :
Nous ne doutons pas que la Voie Démocratique saura affronter ces défis avec la plus grande audace, comme le démontre la longue histoire des marxistes-léninistes marocains. Vous avez contre vous le soutien de fer que les impérialistes donnent à la tyrannie du Makhzen, car ils ont envie de s'approprier les richesses de la région : la pêche, le pétrole, les phosphates, la terre. On peut percevoir, cependant, que le même développement capitaliste au Maroc renforce les rangs de la classe ouvrière, et développe à son tour les contradictions sociales.
Les luttes des ouvriers agricoles à Dakhla, à Chlihat, des ouvriers de Roca, des miniers de Bouarfa, nous montrent le développement important de la lutte de classes, où les communistes ont un rôle fondamental. En même temps, ces luttes montrent la nécessité d’un syndicalisme de classe et combattant, une question que vous n’avez pas éludé à l’intérieur de l’UMT, contre l’opportunisme et le défaitisme. Un rôle essentiel, vous incombe dans la lutte pour la démocratie au Maroc, avec la dénonciation de la répression du régime, la défense tenace des droits humains et l’organisation d’une vaste opposition au Makhzen autour du Mouvement de 20 Février.
Vous avez en plus, la force de la théorie marxiste-léniniste et la détermination et l’abnégation de vos militants : des ouvriers, paysans, intellectuels, des femmes, et aussi vos courageux, et vaillants jeunes, étudiants, qui n’ont pas hésité á tout sacrifier pour la révolution dans leur pays, comme l’a fait le martyr Abdellatif Zeroual et beaucoup d’autres et qui jouent un rôle principal dans les grèves de faim contre l’oppression du régime dans les prisons, qui dénoncent sans arrêt les violations des droits humains au Maroc, au Sahara, contre les migrants subsahariens… Oui, le peuple marocain s’est proposé de construire son histoire, et nous savons que, pour cette tâche il a une direction révolutionnaire forgée dans une lutte ouverte contre le régime semi-féodal et contre l’impérialisme.
Camarades, au nom de la Conférence Internationale des Partis et Organisations Marxiste-Léninistes, au nom des partis marxistes-léninistes présents ici, nous vous disons : Sans aucun doute, ce troisième Congrès indiquera les directives qui permettront de faire avancer le processus révolutionnaire au Maroc, pour renforcer le parti, pour l’enraciner plus encore parmi les masses et renfoncer sa direction des luttes ouvrières et populaires. Vous pouvez être sûrs, camarades, que nous sommes à votre côté dans ce combat. Vive le Congrès de la Voie Démocratique ! Vive l’internationalisme prolétaire !
Hama Hammami http://youtu.be/jIqgyJZdHTM
Les invités d'ANNAHJ ADDIMOCRATI au 3ème congrès: autres déclarations
Burkina Faso http://youtu.be/0Z3gE0LQyIc
Turquie : http://youtu.be/_mxtMZ6cHuk
NPA, France http://youtu.be/h-ipp6yMy_w
En savoir plus sur le congrès : http://www.annahjaddimocrati.org/index.php/fr/http://www.annahjaddimocrati.org/index.php/fr/
À mesure que la lutte des peuples arabes se développait et que tombaient des tyrans dans les pays voisins, le terreur croissait au sein du régime. Les gouvernements de France,d’Espagne et des États-Unis, parmi tant d’autres, ont serré les rangs pour la défendre, de peur qu’elle ne subisse le même sort que les régimes de Ben Ali et Mubarak. Pressé par les mobilisations ouvrières et populaires, le régime a consenti une Constitution faussement démocratique ; mais ce geste montre la puissance que la protestation populaire, habilement dirigée par nos camarades de la Voie Démocratique, a atteint au Maroc. Et cela montre aussi la faiblesse de la tyrannie, qui aurait été incapable de résister face au peuple sans le soutien de l’impérialisme. Parce que le Maghreb est une pièce fondamentale dans la lutte inter impérialiste pour le contrôle des richesses du continent africain, cette lutte prends de plus en plus des formes agressives.
Cela a été démontré par l’invasion de la Lybie ; une intervention qui, de même que celle qui pèse actuellement sur la Syrie, met en relief que l’impérialisme ne va pas tolérer que les peuples se libèrent eux-mêmes et conquièrent leur pleine indépendance, la démocratie et la justice sociale pour avancer vers le Socialisme.
Également, la position de la réaction marocain démontre que leur régime, à l’instar de ceux de Ben Alí et Mubarak, est un soutien important du régime sioniste d’Israël. Dans cette lutte, et malgré qu’il y a encore des opportunistes qui nient les réussites du processus révolutionnaire dans le monde arabe, le mouvement ouvrier et l’ensemble du peuple acquièrent des leçons précieuses pour continuer á avancer dans leur lutte finale. Peut-être une des plus importantes leçons est que les partis islamistes ont révélé finalement leur véritable nature de classe : Justice et Développement au Maroc, Ennahda en Tunisie, et on peut supposer aussi les Frères Musulmans en Égypte, appuyés par des forces étrangères, comme le Conseil de Coopération du Golfe, deviennent les nouveaux garants des intérêts de l’impérialisme et des bourgeoisies les plus réactionnaires, bien qu’ils utilisent le vernis «social» traditionnel de l’islamisme pour contenir le malaise des masses.
C’est une situation, donc, qui pose de nouveaux défis aux communistes, pour faire avancer les revendications ouvrières et populaires.
Chers camarades, chers amis :
Nous ne doutons pas que la Voie Démocratique saura affronter ces défis avec la plus grande audace, comme le démontre la longue histoire des marxistes-léninistes marocains. Vous avez contre vous le soutien de fer que les impérialistes donnent à la tyrannie du Makhzen, car ils ont envie de s'approprier les richesses de la région : la pêche, le pétrole, les phosphates, la terre. On peut percevoir, cependant, que le même développement capitaliste au Maroc renforce les rangs de la classe ouvrière, et développe à son tour les contradictions sociales.
Les luttes des ouvriers agricoles à Dakhla, à Chlihat, des ouvriers de Roca, des miniers de Bouarfa, nous montrent le développement important de la lutte de classes, où les communistes ont un rôle fondamental. En même temps, ces luttes montrent la nécessité d’un syndicalisme de classe et combattant, une question que vous n’avez pas éludé à l’intérieur de l’UMT, contre l’opportunisme et le défaitisme. Un rôle essentiel, vous incombe dans la lutte pour la démocratie au Maroc, avec la dénonciation de la répression du régime, la défense tenace des droits humains et l’organisation d’une vaste opposition au Makhzen autour du Mouvement de 20 Février.
Vous avez en plus, la force de la théorie marxiste-léniniste et la détermination et l’abnégation de vos militants : des ouvriers, paysans, intellectuels, des femmes, et aussi vos courageux, et vaillants jeunes, étudiants, qui n’ont pas hésité á tout sacrifier pour la révolution dans leur pays, comme l’a fait le martyr Abdellatif Zeroual et beaucoup d’autres et qui jouent un rôle principal dans les grèves de faim contre l’oppression du régime dans les prisons, qui dénoncent sans arrêt les violations des droits humains au Maroc, au Sahara, contre les migrants subsahariens… Oui, le peuple marocain s’est proposé de construire son histoire, et nous savons que, pour cette tâche il a une direction révolutionnaire forgée dans une lutte ouverte contre le régime semi-féodal et contre l’impérialisme.
Camarades, au nom de la Conférence Internationale des Partis et Organisations Marxiste-Léninistes, au nom des partis marxistes-léninistes présents ici, nous vous disons : Sans aucun doute, ce troisième Congrès indiquera les directives qui permettront de faire avancer le processus révolutionnaire au Maroc, pour renforcer le parti, pour l’enraciner plus encore parmi les masses et renfoncer sa direction des luttes ouvrières et populaires. Vous pouvez être sûrs, camarades, que nous sommes à votre côté dans ce combat. Vive le Congrès de la Voie Démocratique ! Vive l’internationalisme prolétaire !
Hama Hammami http://youtu.be/jIqgyJZdHTM
Les invités d'ANNAHJ ADDIMOCRATI au 3ème congrès: autres déclarations
Burkina Faso http://youtu.be/0Z3gE0LQyIc
Turquie : http://youtu.be/_mxtMZ6cHuk
NPA, France http://youtu.be/h-ipp6yMy_w
En savoir plus sur le congrès : http://www.annahjaddimocrati.org/index.php/fr/http://www.annahjaddimocrati.org/index.php/fr/
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Hama Hammami,
Maroc
mardi 17 juillet 2012
Action Amnesty : L'Italie doit joindre le geste à la parole pour protéger les droits des Roms
Posté par : Benoit Priem, 23/7/2012
Des centaines de familles roms sont prises au piège dans un cycle d'expulsions forcées en Italie. Des enfants, des hommes et des femmes vivant sur des sites d'installation informels sont expulsés quasiment chaque jour sans la moindre protection juridique. Bien souvent, ces expulsions forcées les laissent sans abri.
Même les Roms qui vivent sur des sites où leur installation est autorisée ou tolérée risquent d'être expulsés illégalement.
Le « plan nomades », qui prévoit la fermeture de plusieurs sites à Rome et à Milan, a été élaboré pour mettre en application l'« urgence nomades », un décret d'état d'urgence discriminatoire adopté en mai 2008. Bien que l'« urgence nomades » ait finalement été déclarée illégale en novembre 2011, les autorités sont toujours décidées à appliquer ce plan, au lieu de mettre en place des voies de recours pour les personnes dont les droits ont été bafoués notamment à travers une mise à l'écart dans des campements ne répondant pas aux normes, des expulsions forcées et l'affaiblissement de la sécurité d'occupation.
Le gouvernement italien a pour responsabilité de respecter, de protéger et de concrétiser les droits humains des Roms, y compris leurs droits à un logement décent.
Mais six mois après sa prise de fonctions, le gouvernement doit encore faire la preuve de son engagement en faveur de la protection des droits des Roms, en transformant ses paroles en actions.
POUR SIGNER CLIQUEZ SUR : http://www.isavelives.be/fr/node/9296
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La guerre de l’eau est déclarée !
Par Mohammed Hifad,
15/7/2012
Il y a une grande forêt qui s'étend sur 27 kilomètres environ, limitée au nord par le village de Diabet, au sud par Ouassen, à l’est par Laghazoua et Bilgui et à l’ouest par la mer. C’est une forêt de genévriers ( « taqqa » en tachelhit locale , « tag » en arabe dialectal ) et de thuya( « azoukou » en tachelhit locale et ‘ « l3r3ar » en arabe dialectal) par le passé mais surexploitée avant le protectorat si l’on sait que les toits des maisons aussi bien à la campagne qu’en ville sont faits de poutrelles de genévriers et de bâtons d’arganiers entre elles dits « tasyoute » en tachelhit locale , de 60 à 80 cms de longueur .Le thuya est utilisé pour la fabrication des portes des maisons , des fenêtres et dans l’artisanat pour la marqueterie.
Cette forêt est utilisée en commun depuis des siècles par les habitants de Diabet, Laghazoua, Ayt Yassine, Ifrane, Bouzmour, Foulouste, Miy, Raman, Boutazarte, Boukhou, Tighanimine, Iskouha,Taziytount, Ouassen et Bilgui , les habitants qui appartiennent à la tribu d'Ida ou Mada qui ont l’habitude d’y laisser leurs bovins et dromadaires presque toute l’année.
Mon père m'a dit qu'ils emmenaient leurs troupeaux même sur la grande île à marrées basses.
Au début du siècle dernier, ils pouvaient y aller à pieds au niveau de Borj El Baroud à l'embouchure de l'oued Ksob
Ils vont juste leur donner à boire de temps en temps.Ils ont creusé un important puits en pleine forêt entre le golf actuel et Ouassen , à l 'est du site sur la côte dit Ma Lahlou,« eau douce » en arabe dialectal. Sur ce dernier , à la plage , l’eau sort à même la plage au point où les animaux sauvages et domestiques se contentent de creuser un trou dans le sable pour boire. Ce site grouille d’animaux jour et nuit : des sangliers, des chacals, des renards, des taureaux, des dromadaires et des gazelles et des mouflons par le passé.
Au début du protectorat, les colons français ont instauré par la force des armes le domaine forestier en expropriant ainsi les autochtones de leur forêt et de leurs vergers d’arganiers dits agdal, terrain ou forêt privés et interdit d’accès au public.
Entre Diabet et Ouassen , ils ont planté des mimosas et des eucalyptus pour fixer les dunes.
Après l’indépendance les responsables marocains ont maintenu les lois qui datent de cette époque et ce fait accompli d’où une infinité de révoltes aujourd’hui partout à travers le Maroc et la dernière en date est celle du Douar de Chlihat près de Larache au Nord.
Chacun est au courant du conflit qui oppose la société espagnol de l’ancien colon de cette région et les habitants amazighs arabisés de ce douar. Ils sont expropriés depuis le protectorat de leurs terres très riches et en protestant uniquement contre l’invasion des moustiques qui viennent des rizières de cette société espagnole à laquelle l’Etat marocain a loué ces terres à des prix dérisoire( 400dh/ha), l’armée a envahi leur village , les a tous matraqués , dépouillés et chassés de leurs maisons et village. Ces habitants ont retrouvé par instinct le comportement de leurs ancêtres et sont allés se réfugier dans la forêt voisine où il y a certainement des points d’eau.
Pourquoi cet exemple ?
Parce que juste après ces événements du Nord, quelqu’un a pollué le plus important puits de la forêt entre le golf et Ouassen en y versant de l’huile à moteur brûlée toxique en en privant ainsi des milliers d’autochtones et Sahraouis venus s’installer là avec leurs troupeaux à cause de la sécheresse.
Les habitants sont obligés de faire venir leurs animaux jusqu’à leurs villages pour les abreuver alors qu’il suffisait avant d’aller sur place avec un seau et une corde .
Qui a intérêt à commettre un tel acte ?
- Les services des eaux et forêts qui voient que cette forêt est complétement dégradée sans espoir du financement d’un nouveau reboisement ce qui va faire avancer les dunes de sable plus à l’intérieur et dévaster les villages, les terres agricoles et les vergers d’arganiers proches ?
- La gendarmerie ou l’armée suite aux événements du Douar Chlihat pour prévoir une éventuelle révolte des habitants de la région qui ont bien des raisons de le faire tôt ou tard ? Nous savons que les services de sécurité, dans leur préparation, se partagent des informations et coordonnent leurs actions et stratégies.
- Les autochtones qui ont fait ainsi pour chasser les Sahraouis de leur territoire ?
Il y a en effet cette année une invasion de la région par des milliers de Sahraouis avec leurs troupeaux. Un cousin m’a affirmé qu’il a compté 900 dromadaires dans un seul troupeau appartenant à un Sahraoui.
C’est dévastateur !
- Est-ce la guerre de l’eau entre la société du golf et les autochtones qui est déclarée ?
Les responsables voudraient bien éloigner du site les animaux des habitants qui consomment comme eux énormément d’eau et constituent à court et à long terme des concurrents indésirables . Il faut ajouter à cela que ces animaux peuvent détruire les clôtures du golf pour aller manger le gazon frais et vert des terrains.
C’est cette dernière hypothèse qui retient surtout notre attention et que nous trouvons la plus probable actuellement.
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guerre de l'eau,
Mohamed Hifad,
Protectorat
Décès de Mr BAJAJA BOUJEMAA
Par Dr EL MANOUZI ABDELKRIM, 17/7/2012
Après de longues souffrances, le vendredi 13 juillet 2012 s'est éteint Mr BAJAJA BOUJEMAA , militant de gauche, et ancienne Victime des années de plomb qui a connu les centres de détentions secrets et la détention arbitraire pendant des années.
Il a toujours été présent lors des diverses manifestations de droits de l’Homme, particulièrement celle du Forum marocain pour la vérité et la justice et lors d’activités de notre Association.
Malade depuis quelques années, il avait bénéficié d’un suivi médical par notre Association.
Ses convictions ont toujours traduit un engagement politique contre l’injustice. Il n’a cessé de lutter pour un Maroc démocratique et un État de droit.
L’équipe de l’AMRVT se souviendra longtemps de celui qui par sa modestie, sa disponibilité, le don de soi, a toujours su être du côté de la justice.
Le militant BAJAJA BOUJEMAA était de ces hommes désintéressés, pour qui seul comptait le service aux causes nobles.
Adieu BAJAJA BOUJEMAA, nous te remercions d’avoir été pour nous un repère, cet exemple qui nous donne à l’équipe de l’AMRVT la force de continuer, merci pour ces moments partagés, nous ne t’oublierons jamais.
Nos condoléances à sa petite et grande famille.
Pour l'Association Médicale de Réhabilitation des Victimes de la Torture
Dr EL MANOUZI ABDELKRIM
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AMRVT,
Années de plomb,
Bajaja Boujemaa
lundi 16 juillet 2012
WSRW demande à l'ONU de ne pas subventionner le Roi du Maroc au Sahara
Par Western Sahara Resource Watch 28/06/ 2012
Le « Mécanisme pour un Développement Propre » de l'ONU a envisagé de soutenir le travail du roi du Maroc au Sahara Occidental occupé, en partenariat avec la société allemande Siemens. WSRW demande à l'ONU de reconsidérer la question.
Alors que l'ONU travaille dur pour créer la confiance entre les parties pour négocier une solution au conflit, les mêmes Nations Unies étudient actuellement de financer les compagnies personnelles du roi du Maroc qui font du business dans le territoire occupé.
Le Mécanisme de Développement Propre (MDP) a été créé sous le protocole de Kyoto pour promouvoir un développement propre dans les pays en développement.
Le mécanisme est maintenant saisi d'une demande de financement de la construction du projet de parc éolien à Foum El Oued. Le Project Design Document détaille la proposition de construction et d’exploitation de quarante-quatre turbines de 2,3 mégawatt d’«un parc éolien de 100 mégawatts (MW) raccordé au réseau dans la municipalité de Laayoune, 9 km à l'est du quai dans le sud du Maroc [sic] ».
Toutefois, la municipalité mentionnée n'est pas au Maroc, mais dans le territoire que le Maroc occupe illégalement dans le Sahara Occidental, sous la condamnation de l'ONU.
La Holding NAREVA, un groupe industriel et financier marocain sera le propriétaire et l’exploitant de ce parc éolien. Selon un récent ouvrage sur la richesse personnelle du roi du Maroc, Nareva est contrôlé par la famille royale.
Le projet reste actuellement au stade de la validation et n'a donc pas encore à l'heure actuelle reçu l'approbation finale. Le financement du MDP est dit nécessaire pour assurer que le projet est intéressant pour la Holding Nareva par des recettes de la vente des réductions d'émissions certifiées (REC).
Le projet hautement contestable a été mis en doute par beaucoup - y compris par le Front Polisario, mouvement de libération du Sahara Occidental. Le Polisario est actuellement en pourparlers de paix avec le Maroc, exactement sur la question de la gestion des ressources naturelles.
Western Sahara Resource Watch estime que le MDP risque maintenant directement de saboter les pourparlers de paix que l'ONU est censé faciliter.
"Le projet serait réalisé dans un territoire occupé illégalement par le Maroc et tenu par la force armée", a déclaré WSRW dans une lettre au secrétariat de la CCNUCC le 14 mai 2012.
« Nous demandons respectueusement de ne pas valider le financement du projet de parc éolien de Foum el Oued » déclare la lettre.
La demande complète de WSRW pour que le MDP reconsidère la participation au Sahara Occidental est disponible sur les pages Web de la CCNUCC.
Libellés :
éoliennes,
fortune personnelle du roi,
MDP,
ONU,
SAHARA OCCIDENTAL صحراء غربية
Le Maroc : Cette exception sur la voie de la démocratie, dites-vous ?
Par Hayat Berrada-Bousta
Membre du Forum Marocain Vérité et Justice,
6/7/2012
Le 24 juin 2012, pendant la marche des févriétistes à Tanger, une femme d’un âge certain criait : « c’est tout le peuple qui doit sortir dans la rue…sinon… ! »
Cette même semaine à Chlihat, un homme de 53 ans interpelait le ministre de l’intérieur : les
investissements étrangers les ont étouffés alors qu’ils vivaient mieux, auparavant, de la cueillette et
du travail de la terre. Ils les ont marginalisés et les moustiques des rizières implantées par une société
privée espagnole en 1998 les rendent malades. Les jeunes sont au chômage… Ils en ont informé le gouvernement depuis des années, mais rien n’a été fait. Les jeunes ont déserté le village et se cachent dans la forêt avoisinante par crainte de représailles depuis que les 16 et 17 juin 2012 quand les forces
de l’ordre ont envahi ce village, traqué et arrêté des jeunes, bousculé des femmes…
Ce sont là deux des témoignages visuels sur la toile.
Mais n’oublions pas que des Chlihat, il y en
a eu et il y en a toujours, preuve que le système reste inchangé et que la fracture sociale ne cesse
de s’agrandir.
Pour ne revenir que sur certains exemples, 5 années en arrière :
• Le 23 septembre 2007 : à Séfrou, cette petite ville de plus ou moins quarante mille habitants qui manifestaient contre la hausse vertigineuse des prix au Nord du Maroc a vécu pendant le mois de Ramadan un état de siège.
• Le 6 janvier 2008 : les habitants Boumaln Dades, bloqués par la neige, coupés de tout le
monde suite aux coupures d’eau et d’électricité décident de protester contre cet état d’oubli
qui se répète tous les ans. Ce n’était pas la première année que ces habitants de village de
haute montagne, situé en bout de vallée à 2600 mètres d’altitude sont délaissés par le pouvoir.
Ils l’en avaient informé à maintes reprises.
La réponse : état d’urgence décrété, perquisitions nocturnes dans les villages à la recherche
de jeunes par la gendarmerie, 50 personnes interpelées et des arrestations. En février 2008,
certains seront condamnés de 2 à 6 ans de prison ferme.
• Le 7 juin 2008 : à l’aube, les citoyens de la ville de Sidi IFNI dans le sud marocain ont été réveillés par les descentes démesurées des forces de police à leur domicile. Ville encerclée, familles de militants prises en otage, brutalité et menaces contre elles, utilisation de bombes lacrymogènes, déploiement d’hélicoptères à la recherche des militants dans les montagnes et dans la ville. Encore une fois, des balles en caoutchouc furent utilisées, des dizaines de citoyens ont été bastonnés, des femmes molestées, injuriées, des dizaines d’arrestations… Les raisons de cet acharnement répressif : le blocage depuis le 30 mai 2008 du port d’IFNI par des jeunes chômeurs qui depuis 3 ans revendiquaient, entre autre, leur droit au travail et le minima de conditions sanitaires et sociales.
• Janvier 2012 : Taza est la scène d’une véritable chasse à l’homme contre des diplômés chômeurs et la population qui les soutient. Les affrontements font des dizaines de blessés et perdurent le mois de février.
• Les 16 et 17 juin 2012 : encore une fois, parce que les habitants de Chlihat se mobilisent contre l’oubli, le délaissement et les investissements étrangers qui les ont laissés pour compte, les forces de l’ordre arrivent en force employant les mêmes méthodes qu’auparavant…
Au-delà de ces scandales à répétition que l’on a toujours tenté d’occulter, on ne peut plus dire aujourd’hui, grâce aux nouvelles formes de communication, « on ne le savait pas ». Nouvelles formes de communication, certes, mais aussi et surtout cette prise de conscience des populations dans le monde que l’injustice sociale et l’atteinte à la dignité et aux libertés ne peuvent pas perdurer.
Quelles que soient les issues de ces soulèvements ou révolutions dans les mondes arabe et méditerranéen, même si on a « volé » cette révolution à ceux qui l’avaient entamée, même si les alternatives de pouvoir ne répondent pas aujourd’hui aux référentiels des droits humains, ceux d’égalité et liberté dans leur totalité, conditions d’une démocratie; ces manifestations engagées par les tunisiens et qui se sont propagées marquent un tournant dans l’histoire de ces peuples qui seront un jour ou l’autre au rendez-vous d’une démocratie véritable. Alors, comme le scandent les févriétistes : « MAMFAKINCH »
• Le 7 juin 2008 : à l’aube, les citoyens de la ville de Sidi IFNI dans le sud marocain ont été réveillés par les descentes démesurées des forces de police à leur domicile. Ville encerclée, familles de militants prises en otage, brutalité et menaces contre elles, utilisation de bombes lacrymogènes, déploiement d’hélicoptères à la recherche des militants dans les montagnes et dans la ville. Encore une fois, des balles en caoutchouc furent utilisées, des dizaines de citoyens ont été bastonnés, des femmes molestées, injuriées, des dizaines d’arrestations… Les raisons de cet acharnement répressif : le blocage depuis le 30 mai 2008 du port d’IFNI par des jeunes chômeurs qui depuis 3 ans revendiquaient, entre autre, leur droit au travail et le minima de conditions sanitaires et sociales.
• Janvier 2012 : Taza est la scène d’une véritable chasse à l’homme contre des diplômés chômeurs et la population qui les soutient. Les affrontements font des dizaines de blessés et perdurent le mois de février.
• Les 16 et 17 juin 2012 : encore une fois, parce que les habitants de Chlihat se mobilisent contre l’oubli, le délaissement et les investissements étrangers qui les ont laissés pour compte, les forces de l’ordre arrivent en force employant les mêmes méthodes qu’auparavant…
Au-delà de ces scandales à répétition que l’on a toujours tenté d’occulter, on ne peut plus dire aujourd’hui, grâce aux nouvelles formes de communication, « on ne le savait pas ». Nouvelles formes de communication, certes, mais aussi et surtout cette prise de conscience des populations dans le monde que l’injustice sociale et l’atteinte à la dignité et aux libertés ne peuvent pas perdurer.
Quelles que soient les issues de ces soulèvements ou révolutions dans les mondes arabe et méditerranéen, même si on a « volé » cette révolution à ceux qui l’avaient entamée, même si les alternatives de pouvoir ne répondent pas aujourd’hui aux référentiels des droits humains, ceux d’égalité et liberté dans leur totalité, conditions d’une démocratie; ces manifestations engagées par les tunisiens et qui se sont propagées marquent un tournant dans l’histoire de ces peuples qui seront un jour ou l’autre au rendez-vous d’une démocratie véritable. Alors, comme le scandent les févriétistes : « MAMFAKINCH »
Source : l'Humanité
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Sahara occidental : la France doit changer de politique
Les documents du Sahara Occidental
Sahara occidental : Par Jean-Paul Le Marec, secrétaire du Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara occidental (CORELSO) 8/7/2012
Le gouvernement français constitue actuellement le principal obstacle à une solution de la question sahraouie.
Nicolas Sarkozy a suivi la voie tracée par Jacques Chirac. Allié inconditionnel du royaume, « Chirac El Alaoui », surnom donné par le journal espagnol El Pais, avait fait des relations entre la France et le Maroc une affaire de famille. Aux Nations unies, le dossier du Sahara occidental était sous-traité par la diplomatie française qui a exigé, dès l’accord de cessez-le-feu en 1991, que la solution au conflit ne soit pas imposée aux deux parties mais soit « mutuellement acceptable ». Cette contrainte a laissé la possibilité au Maroc de bloquer toute solution politique qui ne lui plaisait pas. Et il ne s’en est pas privé !
Nicolas Sarkozy a voulu faire légitimer l’occupation marocaine du Sahara occidental en essayant de mettre au cœur des négociations, entre le Maroc et le front Polisario, le projet marocain d’autonomie qui ne respecte pas le droit à l’autodétermination et permettrait aux autorités marocaines de décider du sort du Sahara occidental en lieu et place du peuple sahraoui.
La France était si peu soucieuse de défendre les droits de l’homme au Sahara occidental que, depuis le déclenchement du soulèvement populaire de mai 2005 dans les territoires occupés et même après le démantèlement du camp de Gdim Izik le 8 novembre 2010, elle a empêché l’extension du mandat de la mission des Nations unies (Minurso) à la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental.
La priorité de Nicolas Sarkozy était de défendre les intérêts commerciaux et financiers des firmes installées au Maroc ou exportatrices. Effectivement, une grande partie de l’économie marocaine est sous le contrôle de capitaux français. D’autres pays comparables, comme la Tunisie de Ben Ali, ont eu ce même type de relations commerciales avec la France. Mais, avec le Maroc, il y a un plus, comme l’a souligné le journaliste Jean-Pierre Tuquoi dans son livre Majesté, je dois beaucoup à votre père… : « La défense des intérêts industriels français n’implique pas forcément le traitement de faveur dont bénéficie le Maroc. Ce dernier doit beaucoup aux compromissions individuelles. (…) Le Maroc est le pays où les ministres français se rendent le plus fréquemment (…), le royaume est un lieu de pèlerinage obligé pour les membres du gouvernement français quelle que soit la couleur politique. »
Élu président de la République en mettant en avant le slogan « Le changement, c’est maintenant », François Hollande a déclaré dans son discours d’investiture : « La France respectera tous les peuples, elle sera partout fidèle à la vocation qui est la sienne, défendre la liberté des peuples, l’honneur des opprimés. »
Le peuple sahraoui, opprimé et colonisé, attend donc un changement de la politique française. Au vu de la campagne électorale et des positions du Parti socialiste, on est en droit de s’interroger sur la volonté du nouveau président. Changera-t-il de cap ou continuera-t-il la même politique que ses prédécesseurs ? La diversité des points de vue au sein du Parti socialiste laisse la porte ouverte. L’Internationale socialiste réaffirme régulièrement « son soutien au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui ». Fidèle à cette position, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale (avant de devenir premier ministre), écrivait le 8 juin 2010 à une association de soutien à la cause sahraouie : « Le PS soutient les efforts accomplis par le secrétaire général de l’ONU pour organiser un référendum d’autodétermination. (…) Ce différend international concerne l’expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. »
Malheureusement, on entend trop souvent un autre son de cloche chez des responsables socialistes. Au cours de sa visite au Maroc en mars 2012, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a déclaré à la télévision marocaine : « Nous avons toujours appuyé l’initiative marocaine d’autonomie et nous continuerons à le faire si on est au pouvoir. » S’inscrivant dans cette démarche, le porte-parole de M. Fabius, ministre des Affaires étrangères, a affirmé le 18 mai : « La France réitère son appui au plan d’autonomie marocain, qui est la seule proposition réaliste sur la table des négociations et qui constitue la base sérieuse et crédible d’une solution dans le cadre des Nations unies. » Les résistances à un changement de politique vis-à-vis du Maroc sont très fortes dans l’équipe de François Hollande qui a reçu le roi du Maroc le 24 mai à l’Élysée. Il est donc nécessaire de poursuivre la mobilisation. Avec l’objectif d’obtenir du gouvernement français un engagement ferme pour la mise en œuvre du référendum d’autodétermination, pour la libération des prisonniers politiques sahraouis et la défense des droits de l’homme au Sahara occidental qui doit être incluse dans le mandat de la mission des Nations unies. Les résultats obtenus au Parlement européen avec le rejet en décembre 2011 de la prolongation de l’accord de pêche UE-Maroc et le soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui réaffirmé le 18 avril 2012 constituent un encouragement et un point d’appui pour de nouvelles campagnes de sensibilisation et des actions (délégations, rassemblements…) pour infléchir la position du gouvernement français et briser le silence des principaux médias qui font preuve de bienveillance, pour ne pas dire de complaisance, à l’égard du Maroc.
Tenant compte de ses liens politiques et commerciaux privilégiés avec le Maroc, la France peut exercer des pressions sur le Maroc pour qu’il accepte le référendum d’autodétermination qui permettrait enfin au peuple sahraoui de décider librement et démocratiquement de son avenir.
Si le gouvernement français continue à empêcher l’application du droit international, il portera la responsabilité de l’utilisation d’autres moyens d’action par le peuple sahraoui comme la reprise de la lutte armée.
ttp://saharadoc.wordpress.com/2012/07/08/sahara-occidental%E2%80%89-la-france-doit-changer-de-politique/
source : L’Humanité
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